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  • L’IA peut faciliter le partenariat en santé, selon la HAS

    Le guide, publié en décembre 2024, affirme en exergue que « le partenariat en santé est reconnu pour être le plus haut niveau de l’engagement en santé des usagers, dans le domaine des soins comme des accompagnements sociaux et médico-sociaux. »

    Il rappelle tous les progrès déjà acquis dans la participation des usagers et donne des moyens d’aller plus loin, en se référant notamment aux travaux d’autres acteurs, tels que l’Académie de médecine ou France Assos Santé, qui regroupe les associations d’usagers du système de santé, et à la littérature internationale sur le sujet. Il consacre une partie entière à la place de l’IA dans ce processus.

    Des progrès constants dans le recueil de l’expression des usagers

    Les établissements de santé comme les établissements sociaux et médicosociaux ont l’obligation de se doter d’un projet d’établissement, qui doit nécessairement prendre en compte l’expression des usagers dans le cours de son élaboration. Ils ont comme objectif ultime la qualité des soins ou des prestations.

    Les usagers ont leur place dans plusieurs instances au sein des établissements :

    Dans les hôpitaux :

    • La commission des usagers (CDU) ;
    • La commission de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) ;
    • Le comité de liaison en alimentation et nutrition (CLAN) ;
    • Le comité de lutte contre la douleur (CLD).

    Depuis 2015, l’analyse de la satisfaction des usagers des établissements de santé a été systématisée dans le cadre d’une approche confiée à la HAS sous l’appellation e-Satis. Ce recueil systématique de la satisfaction et de l’expérience des patients hospitalisés est complémentaire aux indicateurs de qualité recueillis et évalués par les professionnels.

    Dans les ESSMS :

    • Le comité de vie sociale (CVS) réunit, en présence de la direction, des représentants des usagers. Par le décret du 25 avril 2022 ce comité peut désormais compter des personnes externes à l’établissement et son champ d’action a été élargi.
    • La procédure d’évaluation des ESSMS, a pour objectif de s’assurer d’un accompagnement de qualité pour chaque personne, avec une réponse adaptée à l’expression de ses souhaits, ses besoins et ses projets.

    Elle s’effectue désormais sur la base d’un référentiel national d’évaluation commun à tous les établissements, comportant des critères précis et des objectifs. Un décret à venir précisera les modalités de publication des résultats de cette procédure.

    La place de l’IA

    Plusieurs initiatives privées ont montré l’intérêt de l’utilisation de l’IA pour l’analyse des très nombreuses données relatives à l’expérience-patient, qui s’exprime sous de multiples formes. Une solution publique a émergé en 2021, sous l’égide de la HAS avec le concours des Hospices civils de Lyon ainsi que l’aide de patients partenaires et de représentants des usagers. « L’utilisation d’un algorithme d’analyse textuelle permet de classer dans des thématiques les commentaires des patients, déposés lorsqu’ils répondent aux questionnaires e-Satis. Cela permet de gagner un temps considérable dans l’analyse de cette source d’informations » Les verbatim sont exploités selon quatre thématiques (accueil, prise en charge, prestation hôtelière et sortie) et 29 sous-thématiques.

    L’outil est disponible pour les établissements de santé depuis le 30 septembre 2024. « Un peu plus de 1 000 établissements se sont connectés à la plateforme dédiée en quelques semaines, montrant le vif intérêt des établissements pour cette solution, qui a l’avantage de permettre à ceux parmi les établissements qui ne pouvaient accéder aux offres privées de s’impliquer dans cette dynamique nouvelle ». Dans un souci de transparence, la HAS a rendu publique la partie méthodologique du développement de l’algorithme d’intelligence artificielle.

    Des recommandations aux établissements pour agir avec les usagers

    Le guide se termine par des recommandations, tant pour la conduite de l’action que pour l’analyse des recueils d’expression des usagers et l’évaluation des initiatives mises en place.

    Six annexes approfondissent les points suivants :

    • Méthode d’élaboration ;
    • Instances et dispositifs dans les établissements de santé, sociaux et médicosociaux ;
    • Liste d’outils de recueil, d’analyse, de décision et d’évaluation ;
    • Modélisations d’actions (hors e-Satis) ;
    • Modélisation d’une action à partir des verbatims e-Satis ;
    • Éléments de langage au service des associations et groupes d’usagers.

    Le guide est complété de fiches-ressources :

    Sur le Conseil de la vie sociale des ESSMS :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045668446

    Guide HAS pour développer l’action des CDU et des CVS /

    https://www.has-sante.fr/jcms/p_3338923/fr/ameliorer-la-participation-des-usagers-dans-les-commissions-des-usagers-et-les-conseils-de-la-vie-sociale

     

  • AÉSIO Santé déploie des infirmiers en pratique avancée pour renforcer les soins en EHPAD

    Une réponse aux défis des EHPAD

    Introduite par la Loi de modernisation de notre système de santé, la pratique avancée élargit les compétences des infirmiers après une formation complémentaire de deux ans. Ces infirmiers en pratique avancée (IPA) peuvent :

    • Renouveler et adapter des traitements.
    • Prescrire des examens complémentaires.
    • Assurer un suivi clinique approfondi.
    • Mener des actions de prévention ou de dépistage.

    Placés sous la supervision des médecins traitants et coordonnateurs, les IPA interviennent auprès de patients dont l’état de santé est stabilisé, avec leur consentement et dans le cadre d’une équipe soignante.

    Déploiement dans cinq EHPAD de l’Ardèche et de la Drôme

    Pour répondre aux besoins croissants en soins des résidents âgés et polypathologiques, AÉSIO Santé a introduit les IPA dans cinq de ses EHPAD :

    • Résidence Les Vergers à Thueyts.
    • Résidence Rochemure à Jaujac.
    • Résidence Roussillon aux Vans.
    • Résidence Les Peupliers au Teil.
    • Résidence Émile Loubet à Montélimar.

    Les IPA y assurent un suivi clinique régulier, ajustent les traitements, et mettent en œuvre des mesures préventives. Leur expertise permet également de gérer des situations complexes et d’éviter des hospitalisations inutiles.

    Un soutien médical renforcé

    Les IPA sont intégrés aux équipes soignantes et collaborent étroitement avec deux médecins du groupe :

    • Dr Alexandra Meneses, médecin coordonnateur dans deux EHPAD de la Drôme.
    • Dr Philippe Terrat, médecin coordonnateur à Saint-Étienne et directeur médical de la filière EHPAD.

    Cette supervision garantit une prise en charge optimale, tout en apportant un soutien aux médecins traitants ayant accepté l’intervention des IPA auprès de leurs patients. Si cette expérimentation s’avère concluante, le groupe envisage d’étendre ce dispositif à d’autres EHPAD.

  • Illumina et Nvidia : un partenariat pour intégrer l’IA dans la recherche multiomique et la génomique

    L’IA au service de la recherche multiomique

    La collaboration entre Nvidia, acteur des technologies de calcul, et Illumina, leader du séquençage génomique, marque une avancée significative dans l’intégration de l’intelligence artificielle dans les sciences de la vie. L’objectif est de combiner les capacités de calcul accéléré et d’IA de Nvidia avec les logiciels et plateformes d’analyse génomique d’Illumina, tels que Dragen et ses outils d’analyse connectée. La recherche multiomique, qui intègre des données provenant de diverses sources biologiques, telles que la génomique, la transcriptomique et l’épigénétique, repose sur des volumes massifs de données. Ce partenariat permettra d’optimiser le traitement et l’interprétation de ces données grâce à des modèles d’IA avancés.

    Applications et bénéfices pour la santé numérique

    Des outils pour les chercheurs et les industries pharmaceutiques : Grâce à cette collaboration, Illumina intégrera les outils d’IA de Nvidia dans ses flux de travail pour :

    • Améliorer l’analyse des données multiomiques,
    • Faciliter l’accès des chercheurs et entreprises pharmaceutiques à des analyses avancées,
    • Soutenir la découverte de nouveaux médicaments en optimisant l’exploitation des données biologiques.

    Steve Barnard, directeur de la technologie d’Illumina, souligne que ce rapprochement “transformer la compréhension des maladies et à améliorer les chances de succès dans le développement de thérapies innovantes”.

    Développement de modèles biologiques

    Le partenariat prévoit également la création de nouveaux modèles biologiques fondamentaux qui exploiteront la puissance de l’IA générative. Ces modèles seront conçus pour améliorer les processus de découverte de médicaments et renforcer les approches de médecine personnalisée. En parallèle de son partenariat avec Illumina, Nvidia s’est récemment associé à d’autres organisations telles que la Mayo Clinic, Iqvia et l’Arc Institute afin de promouvoir l’usage de l’IA dans des domaines comme la recherche en pharmacologie

     

  • Un test sanguin français en développement pour détecter le cancer du poumon

    Des chercheurs du CHU de Besançon (Doubs) ont mis au point un test sanguin breveté visant à identifier des biomarqueurs spécifiques du cancer du poumon.

    Un cancer fréquent et de mauvais pronostic

    Le cancer du poumon est le plus fréquent au monde, avec 2,5 millions de nouveaux cas chaque année, représentant 12,4 % des nouveaux cas de cancer. Ce cancer est responsable d’un quart des décès par cancer en France, soit environ 30 000 décès par an.
    Actuellement, plusieurs technologies conventionnelles sont utilisées pour détecter les anomalies pulmonaires, mais elles présentent des limites importantes :

    • Diagnostic tardif : Le cancer est souvent détecté à un stade avancé, réduisant les chances de survie.
    • Caractère invasif : Certaines méthodes comportent des risques pour les patients, comme des hémorragies ou des infections.
    • Faux positifs et faux négatifs : Les examens peuvent manquer des anomalies ou conduire à des erreurs diagnostiques.

    Un script informatique breveté

    L’équipe d’oncobiologistes du CHU de Besançon a concentré ses travaux sur l’identification de biomarqueurs spécifiques au cancer du poumon à partir de prélèvements sanguins. Ils ont conçu et breveté :

    • Une technologie de biopsie liquide basée sur un algorithme bioinformatique et l’intelligence artificielle.
    • Un script informatique, nommé MethylScan, établi à partir de l’analyse croisée des données de 400 patients et de plus de 450 000 cibles potentielles
    • Un outil permettant d’identifier six biomarqueurs tumoraux spécifiques, présents en très faible concentration dans le sang des patients atteints de cancer du poumon

    Après une simple prise de sang, les biomarqueurs sont détectés par une technique de PCR digitale, permettant une amplification et une quantification précises des cibles, même à des concentrations extrêmement faibles.

    Première validation via la plateforme technique de l’Université de Franche-Comté

    Les scientifiques ont testé leur technologie via la plateforme EpigeneXp de l’Université de Franche-Comté sur 40 échantillons de sang provenant de 20 sujets sains et 20 patients atteints de cancer. Les résultats ont montré :

    • Une sensibilité élevée : Des traces tumorales ont été détectées dans 95 % des cas chez les patients malades.
    • Une spécificité parfaite : Aucune trace tumorale n’a été détectée chez les sujets sains.

    Des travaux de validation supplémentaires sont en cours aux Hôpitaux Civils de Lyon, sur une cohorte de 70 personnes atteintes de cancer du poumon, représentant un total de 1 000 prélèvements sanguins.

    Un déploiement futur de la technologie de biopsie liquide

    Les chercheurs prévoient d’étendre l’utilisation de cette technologie à haute sensibilité et grande spécificité dans plusieurs domaines :

    • Le dépistage
    • Le diagnostic
    • Le suivi des patients atteints de carcinomes pulmonaires

    Ils envisagent également d’élargir son application à d’autres types de cancers, comme ceux du côlon, du pancréas, de la prostate et des ovaires

  • Évaluation médico-économique de la télésurveillance : quels bénéfices avérés et quelles limites ?

    Du programme ETAPES à la généralisation : l’essor de la télésurveillance médicale

    Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques comme le diabète, l’insuffisance cardiaque ou les maladies respiratoires, les systèmes de santé doivent relever le défi d’assurer un suivi régulier et personnalisé.  Les maladies chroniques touchent environ 15 millions de personnes en France. Un quart des 45 – 54 ans cumule au moins deux pathologies chroniques.

    La télésurveillance médicale, définie comme un acte de télémédecine permettant à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi d’un patient, connaît un essor ces dernières années. Cette pratique associe une surveillance médicale à l’utilisation de dispositifs médicaux numériques (DMN) capables de collecter, analyser et transmettre des données physiologiques, cliniques ou psychologiques du patient.

    Les expériences menées, notamment dans le cadre du programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé), ont permis de s’apercevoir que la télésurveillance s’est révélée bénéfique pour le suivi des patients atteints de maladies chroniques, comme l’insuffisance rénale, en permettant une détection précoce des complications et une réduction des hospitalisations non programmées, et a montré son intérêt en compensant un relatif isolement médical.

    Sur le plan médical, la télésurveillance vise à améliorer la qualité des soins en permettant une prise en charge plus réactive et personnalisée. D’un point de vue organisationnel, elle pourrait optimiser le parcours de soins, notamment pour les patients géographiquement isolés ou à mobilité réduite. Économiquement, elle pourrait contribuer à réduire les coûts liés aux hospitalisations évitables et aux transports. Enfin, à noter la nécessité de développer des DMN fiables, interopérables et respectueux de la protection des données personnelles.

    Dans cette étude, nous analyserons les enjeux, les évolutions et les bonnes pratiques de la télésurveillance médicale, en mettant en lumière les défis liés à son déploiement, son cadre réglementaire, son impact sur l’organisation des soins et les perspectives qu’elle ouvre pour l’avenir du suivi médical à distance.

    @ Health & Tech Intelligence

    Contenu de l’étude :

    1. Télésurveillance et maladies chroniques : les leçons du programme ETAPES

    Après plusieurs années d’expérimentation, le programme ETAPES a permis d’analyser les bénéfices cliniques et économiques de la télésurveillance pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou de diabète. Depuis juillet 2023, son remboursement en droit commun marque une étape dans l’intégration de la télésurveillance médicale.

    2. Télésurveillance : 72 % des études montrent une amélioration de la qualité de vie (des solutions efficaces mais encore à structurer)

    La télésurveillance médicale s’impose progressivement dans les parcours de soins, notamment en faveur des maladies chroniques. Des études récentes montrent des réductions importantes en termes de mortalité et d’hospitalisations, tout en optimisant les coûts. Son application varie cependant en fonction des pathologies ciblées, chaque aire thérapeutique bénéficiant de résultats spécifiques.

    3. Comprendre la télésurveillance médicale : dispositifs, opérateurs et conditions de prise en charge

    Il y a 3 conditions à réunir pour que la télésurveillance soit prise en charge par l’assurance maladie. La pathologie doit faire partie de la liste des pathologies ayant reçu un avis favorable de la HAS, l’opérateur de la télésurveillance doit être enregistré auprès de l’ARS, et le dispositif médical numérique (DMN) doit avoir été validé par des instances de contrôle.

    4. Vers un modèle économique plus global et intégré de la télésurveillance

    La télésurveillance médicale (TLS) est une technologie qui transforme les systèmes de santé en répondant aux besoins liés à la prise en charge des maladies chroniques, à la pénurie de professionnels de santé et à la réduction des coûts dans un contexte de pression budgétaire. Son déploiement soulève des questions, notamment en matière de financement et d’organisation.

    5. 33 solutions numériques de télésurveillance médicale : les dispositifs pour les pathologies cardiaques dominent

    Les maladies cardiaques, le diabète et l’oncologie font parties des pathologies pour lesquelles des solutions de télésurveillance médicale sont déployées en France et utilisées par les médecins pour le suivi de leurs patients. Dans cette étude, Health and Tech Intelligence dresse la cartographie de ces 35 solutions numériques de télésurveillance médicale.
  • IA dans les hôpitaux US : 65 % utilisent des modèles prédictifs, mais seulement 44 % évaluent les biais

    65 % des hôpitaux intègrent l’IA à leurs dossiers de santé électroniques (DSE)

    Selon les données de l’enquête annuelle de l’American Hospital Association Information Technology Supplement, 65 % des hôpitaux américains utilisent l’intelligence artificielle ou des modèles prédictifs intégrés dans leurs systèmes de dossiers de santé électroniques (DSE). Ces outils sont principalement employés pour :

    • Prédire les trajectoires de santé ou les risques des patients hospitalisés (92 % des cas).
    • Identifier les patients à haut risque nécessitant des soins de suivi (79 %).
    • Optimiser la prise de rendez-vous (51 %).

    En termes de provenance, 79 % des modèles proviennent des développeurs de DSE, 59 % d’outils tiers, et 50 % des hôpitaux ont développé leurs propres modèles.

    Un manque d’évaluation des biais et de la précision

    Parmi les hôpitaux qui utilisent des modèles prédictifs, 61 % ont évalué leur exactitude avec des données locales, et 44 % ont procédé à une analyse des biais. Les chercheurs soulignent que les modèles prédictifs entraînés sur des données spécifiques peuvent ne pas être efficaces ou appropriés dans d’autres contextes, augmentant ainsi les risques d’inégalités de santé. L’absence de telles évaluations est particulièrement sensible pour les modèles administratifs, souvent perçus comme moins risqués, bien que des études aient montré leur impact négatif potentiel sur les patients, notamment en matière de gestion des paiements ou de planification des soins.

    Un cadre réglementaire encore insuffisant

    Les régulateurs commencent à adresser ces problématiques. La FDA a récemment publié des directives sur les informations que les développeurs d’IA doivent inclure dans leurs soumissions pour appareils médicaux. Une règle adoptée en janvier 2023 exige également que les entreprises informatiques de santé fournissent des détails sur la validation des modèles et les approches visant à réduire les biais, même pour les outils non réglementés en tant que dispositifs médicaux. Les chercheurs estiment que ces mesures ne couvrent pas l’ensemble des risques liés aux modèles prédictifs, notamment ceux développés en interne par les hôpitaux, qui échappent parfois à la réglementation fédérale.

    Soutenir les hôpitaux indépendants

    Les hôpitaux indépendants ou disposant de ressources limitées sont vulnérables face à ces enjeux. L’étude appelle à un soutien accru pour garantir que tous les établissements puissent déployer une IA précise et impartiale. Elle invite également les décideurs à considérer l’impact croissant des modèles prédictifs internes, encore peu encadrés, pour prévenir les risques d’iniquités.

     

  • Bow Medical et Enovacom : une collaboration pour optimiser les données biomédicales en soins critiques

    Une intégration au service des soins critiques

    Bow Medical, spécialiste des logiciels pour les soins critiques, intègre la solution Enovacom Patient Connect à sa plateforme Diane. Cette collaboration centralise et d’intégrer en temps réel les données biomédicales issues des équipements présents dans les blocs opératoires et les unités de réanimation. La solution assure une corrélation immédiate entre les données des dispositifs médicaux et les événements cliniques consignés dans Diane. Résultat : un affichage précis sur la feuille d’anesthésie et le module de réanimation, réduisant ainsi les risques d’erreurs et soutenant des décisions médicales éclairées.

    Interopérabilité et sécurité des données au cœur du partenariat

    Depuis sa création, Enovacom se distingue dans l’interopérabilité des données de santé. Ce partenariat avec Bow Medical traduit cet engagement, en connectant de manière fluide les dispositifs biomédicaux aux systèmes d’information hospitaliers (SIH). Selon Laurent Moulin, directeur de la Business Line Échange et Partage chez Enovacom, cette synergie permet “de simplifier les processus, d’éliminer les erreurs de transcription et de libérer du temps pour les soignants”. En outre, Enovacom, filiale d’Orange Business, garantit la souveraineté et la sécurité des données transmises, un enjeu central pour les établissements de santé.

    Un impact concret pour les professionnels de santé

    Grâce à cette collaboration, les équipes médicales bénéficient d’une visualisation en temps réel des données biomédicales, renforçant ainsi l’identitovigilance et l’efficacité clinique. Cette intégration contribue à :

    • Optimiser les parcours de soins en rendant les données accessibles et cohérentes,
    • Faciliter la recherche clinique grâce à une collecte structurée des informations,
    • Améliorer la précision des diagnostics et traitements dans les contextes critiques.

    Bow Medical équipe aujourd’hui 70 % des consultations d’anesthésie informatisées en France via sa solution Diane, utilisée dans plus de 450 établissements.

     

  • OPTI-DEPIST-MUT : Une étude pilote pour intégrer l’IA dans le dépistage du cancer du poumon

    Un enjeu de santé publique majeur

    Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France, avec un diagnostic souvent tardif. Plus de 50 % des cas sont détectés à un stade métastatique, où les chances de survie à 5 ans sont très faibles. Pourtant, un dépistage précoce, suivi d’une intervention chirurgicale lorsque cela est possible, offre une survie de plus de 85 % à 5 ans. Malgré les résultats d’études internationales démontrant que le suivi par scanner peut réduire de 20 à 40 % la mortalité liée au cancer du poumon, aucun programme de dépistage organisé pour ce cancer n’existe en France. L’étude OPTI-DEPIST-MUT, lancée le 6 janvier 2025, s’inscrit dans le cadre de la stratégie décennale de lutte contre le cancer de l’INCa pour répondre à cette lacune.

    Un modèle innovant pour le dépistage organisé

    Recrutement et parcours patient optimisés : L’étude, pilotée par l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris, prévoit de recruter 500 participants sur 18 mois via une campagne d’information et une plateforme en ligne. Les personnes à risque (50-74 ans, fumeurs ou anciens fumeurs sevrés depuis 10 ans ou moins) pourront vérifier leur éligibilité grâce à une auto-évaluation numérique. Les participants éligibles seront orientés vers l’un des 10 centres investigateurs pour effectuer un scanner dans un délai de 4 semaines. Les suivis sont programmés à 1 an, 3 ans et 5 ans, offrant une analyse détaillée des résultats à long terme.

    L’apport de la santé numérique dans l’étude

    Au-delà du dépistage, l’étude met en avant les possibilités offertes par les outils numériques pour :

    • Optimiser la lecture des scanners : Grâce à l’intelligence artificielle et à l’analyse d’images, il sera possible d’améliorer la détection des anomalies et de réduire les erreurs d’interprétation.
    • Mieux cibler les populations à risque : L’IA permettra d’affiner les critères de sélection et d’identifier les personnes les plus susceptibles de développer la maladie.
    • Faciliter la prise en charge : Les outils numériques intégreront les données des scanners pour accompagner les équipes médicales dans le suivi des patients ayant un dépistage positif.

    Ces innovations répondent aux enjeux d’organisation et d’efficacité d’un programme de dépistage à grande échelle, tout en soutenant la personnalisation des soins.

    Une opportunité pour structurer un dépistage national

    L’étude OPTI-DEPIST-MUT, unique en France, offre une opportunité d’évaluer les conditions nécessaires pour généraliser le dépistage du cancer du poumon. Les résultats attendus contribueront à déterminer les leviers et obstacles à une telle initiative, notamment en matière de logistique, de sensibilisation et d’évaluation des outils numériques. Le Professeur Nicolas Girard, coordinateur de l’étude, souligne l’enjeu de santé publique : « Réduire l’incidence du cancer du poumon passe par la prévention, mais aussi par un diagnostic précoce rendu possible grâce à des programmes de dépistage bien structurés. »

    L’étude OPTI-DEPIST-MUT : curie.fr/opti-depist-mut

     

  • E-santé : un programme d’auto-gestion réduit la sévérité des symptômes du syndrome de l’intestin irritable au Japon

    Des chercheurs de huit universités japonaises ont démontré l’efficacité d’un programme d’auto-gestion basé sur l’e-santé pour atténuer les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII).

    Une forte prévalence du SII au Japon

    Le SII est particulièrement répandu au Japon, avec un taux de 14,9 %, selon une étude publiée dans Neurogastroenterology & Motility, contre une moyenne mondiale de 9,4 %. Cette pathologie, caractérisée par des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit intestinal (constipation ou diarrhée), entraîne :

    • Une réduction de la qualité de vie des patients, avec des scores diminués de 30 à 40 % par rapport à la population générale.
    • Des consultations régulières auprès de professionnels de santé, en moyenne 2 à 3 fois par an, pour la gestion des symptômes.

    Première étude randomisée sur un programme d’auto-gestion e-santé

    Un essai contrôlé randomisé a été mené par des experts de huit universités japonaises. Le programme d’auto-gestion e-santé, accessible sur ordinateurs et appareils mobiles, se composait de :

    • Textes au format e-book
    • Vidéos explicatives
    • Quiz à la fin de chaque chapitre

    L’objectif était d’évaluer l’efficacité du programme sur la réduction des symptômes du SII. L’étude a comparé 40 étudiantes japonaises atteintes de SII (selon les critères de Rome IV), âgées de 18 à 36 ans, utilisant le programme d’e-santé à un groupe recevant un traitement habituel.

    Réduction des symptômes et impact sur le microbiote intestinal

    Après huit semaines, les chercheurs ont évalué plusieurs critères :

    • L’indice de sévérité du SII
    • La qualité de vie générale
    • La puissance des ondes alpha et bêta à l’EEG
    • La composition du microbiote intestinal

    Les résultats, publiés dans Scientific Reports, montrent :

    • Une réduction significative de la sévérité des symptômes dans le groupe e-santé comparé au groupe traitement habituel.
    • Des scores de sévérité plus faibles dans le groupe e-santé après 8 semaines.
    • Une différence notable dans la variation du phylum Cyanobacteria, un groupe de bactéries contribuant à la diversité du microbiote intestinal.

    L’étude suggère que le programme d’e-santé a eu un impact positif sur la composition du microbiote intestinal. Les chercheurs concluent que les outils d’e-santé peuvent offrir des solutions prometteuses pour aider les patients à mieux gérer le SII au quotidien, en complément des traitements traditionnels.

     

  • EHDS : rendre public les projets de recherche, localiser les données de santé de l’UE… le comité citoyen émet 52 propositions sur l’intégration du règlement européen

    Un comité d’où sont sorties 52 propositions pour l’intégration en droit français du règlement sur l’EHDS

    Nous y sommes : le Conseil de l’Union européenne a enfin adopté le règlement sur l’Espace européen des données de santé (EHDS) le 22 janvier 2025 et il entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Au même moment au Jardin des plantes, la quatrième édition des assises citoyennes du numérique en santé a eu lieu et avait cette année comme question “dans le cadre de l’intégration dans le droit français du règlement européen sur les données de santé, quelles sont les règles et conditions de mise en œuvre propres à la France qui permettront une bonne utilisation de ces données tout en générant la confiance des citoyens ?”.

    Organisé par l’Agence du numérique en santé (ANS), cet événement annuel vient faire le bilan du troisième comité citoyen qui s’est déroulé durant 3 week-ends du mois d’octobre et de novembre 2024 et qui a réuni 30 citoyens, ainsi que 36 acteurs du numérique en santé – dont les deux responsables de la Délégation du numérique en santé (DNS), Hela Ghariani et David Sainati -, qui sont intervenus à tour de rôle pour éclairer les citoyens, en vue de réaliser des propositions concernant l’intégration dans le droit français du règlement européen sur l’EHDS.

    Au cours des 3 saisons, les comités citoyens ont réuni 90 citoyens, représentants toutes les tranches d’âge, toutes les régions françaises et toutes les catégories socio-professionnelles. Pour cette édition, les 30 acteurs du comité en sont arrivés à 52 propositions réparties en 7 thématiques, allant de la souveraineté à l’impact environnemental des données de santé, et passant par la sensibilisation et les moyens de sécurité et de contrôle des données de santé.

    Rendre publics les projets utilisant des données de santé ainsi que leurs résultats parmi les propositions

    Parmi les priorités identifiées, la souveraineté technologique occupe une place de choix. Le Comité préconise la création d’infrastructures souveraines, soutenues par des financements nationaux et européens, pour assurer la maîtrise des données sensibles. Par exemple, il recommande de localiser les données en priorité au sein de l’Union européenne (proposition 5) et d’instaurer des audits réguliers pour évaluer la conformité des services de stockage aux normes de sécurité (proposition 4).

    En matière de sécurité, le Comité appelle à un contrôle renforcé des entreprises gestionnaires de données. Cela passe par des audits systématiques, mais aussi par des sanctions dissuasives pour les acteurs en infraction (proposition 8). Parallèlement, des systèmes d’incitation, comme des récompenses pour les signalements de failles de sécurité, pourraient encourager une vigilance accrue (proposition 7).

    Pour permettre aux citoyens de mieux maîtriser leurs données, le Comité propose des outils pratiques et accessibles. L’idée phare est la création d’une plateforme centralisée où chacun pourrait consulter les usages faits de ses données, modifier ses autorisations ou même visionner des vidéos explicatives pour mieux comprendre les implications de ses choix (proposition 11). Il insiste également sur la nécessité de garantir le pseudonymat dans les recherches médicales (proposition 12) afin de protéger la vie privée des citoyens tout en facilitant les travaux scientifiques.

    Sur le plan national, une meilleure coordination entre les systèmes d’information des hôpitaux, des médecins et de l’assurance maladie est jugée essentielle (proposition 13). À l’échelle européenne, le Comité plaide pour une harmonisation des normes de sécurité et la mise en place d’un comité éthique européen (propositions 17 et 18), chargé de superviser les usages des données dans tous les États membres.

    Le Comité accorde également une attention particulière à l’information des citoyens. Il propose d’utiliser un langage simplifié et pédagogique pour vulgariser des notions complexes comme l’utilisation primaire ou secondaire des données de santé (proposition 27). De plus, il suggère de rendre publics les projets utilisant des données de santé ainsi que leurs résultats, dans un souci de transparence (proposition 31).

    Enfin, l’enjeu environnemental n’a pas été oublié. Le Comité recommande, par exemple, d’obliger les entreprises gérant des données de santé à publier un rapport d’impact écologique (proposition 46) et d’optimiser l’utilisation des données pour éviter les doublons inutiles (proposition 51).

    L’importance de convertir ses propositions en des actions

    Lors de cette édition des assises citoyennes du numérique en santé, Hela Ghariani a mis l’accent sur l’importance de convertir ses propositions en des actions. Elle a indiqué que les propositions émises par les citoyens lors de ce comité sont là pour que ce règlement européen ne soit pas “une règle de plus qui descend de Bruxelles”, mais qu’il puisse être traduit en droit national, grâce aux citoyens et à leurs avis. Lors des deux premiers comités citoyens, la majorité des propositions ont été converties en actions : sur les 64 propositions de la première édition, 78 % ont été intégrés, ainsi que 55 % des 44 propositions de la deuxième édition du comité.