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  • Grandes tendances de la e-santé : Gen AI, EDS, marché healthtech santé mentale parmi les 10 tendances pour 2025

    Lors de la conférence annuelle “Les grandes tendances de la e-santé” organisée par Interaction Healthcare et  qui s’est tenue le 28 janvier 2025, les dynamiques émergentes et les grands enjeux du secteur du numérique en santé pour les années à venir ont été mis en lumière. Parmi les points clés abordés par Romain Bonfillon, rédacteur en chef de Mind Health, et  Ludmila Potiron, cheffe du pôle “Export Santé” chez Business France Amérique du nord, lors de la dernière session de la matinée, voici les dix grandes tendances qui redéfiniront la santé numérique en 2025 :

    1️⃣ Les jumeaux numériques, leviers de la médecine personnalisée :

    L’un des développements les plus prometteurs dans le domaine de la santé numérique est celui des jumeaux numériques. Ces modèles virtuels d’organes ou de patients entiers permettent de simuler des traitements et d’adapter les soins à chaque individu. Lors de la conférence, plusieurs experts ont souligné l’importance croissante des jumeaux numériques dans la médecine personnalisée, notant que leur développement est indissociable d’une gestion optimisée des données de santé, notamment au travers de “référentiels spécifiques à l’oncologie, à la psychiatrie et à d’autres pathologies.”

    2️⃣ IA générative : quelles régulations après les premiers déploiements ?

    L’intelligence artificielle (IA) générative a fait ses preuves dans plusieurs domaines de la santé, notamment en recherche médicale et en gestion des données. Cependant, après les premiers déploiements, une question essentielle demeure : quelles régulations mettre en place pour encadrer ces technologies ? Les intervenants ont évoqué le besoin d’une gouvernance claire pour garantir la qualité et la sécurité des données traitées par l’IA, soulignant que la mise en place d’une “stratégie nationale” pour les données santé est primordiale.

    3️⃣ Les thérapies digitales ont-elles trouvé leur modèle ?

    L’un des sujets centraux de la conférence a été la place des thérapies digitales dans les parcours de soin. Si leur efficacité ne fait plus de doute, la question de leur modèle économique reste ouverte. Les débats ont porté sur la pérennisation des financements, les acteurs de terrain et le rôle crucial de l’accompagnement des patients. De plus, le recours à la “souveraineté des données” a été mentionné pour assurer la protection des utilisateurs.

    4️⃣ Comment l’IA transforme les essais cliniques en accélérant le recrutement des patients ?

    L’IA se distingue particulièrement dans le domaine des essais cliniques, où elle permet de cibler plus efficacement les patients éligibles, réduisant ainsi le temps et les coûts associés. La conférence a abordé la question de l’optimisation des “entrepôts de données de santé”, facilitant ainsi l’accès rapide et sécurisé aux profils de patients, ce qui pourrait accélérer de manière significative le recrutement.

    5️⃣ Santé mentale : face aux besoins immenses, le marché healthtech décolle-t-il ?

    Le secteur de la santé mentale, avec ses besoins grandissants, bénéficie d’une attention particulière dans le cadre des innovations en healthtech. Lors de la conférence, il a été souligné que la mise en place de “thérapies digitales” adaptées pourrait jouer un rôle clé dans la prise en charge à distance, tout en mettant en avant l’importance de l’adaptation des modèles en fonction des “besoins spécifiques en psychiatrie.”

    6️⃣ Comment la prévention s’ancre dans les parcours de soins ?

    La prévention devient un axe stratégique dans les parcours de soins, notamment grâce aux technologies numériques. Lors des échanges, il a été rappelé qu’intégrer la prévention dans le parcours de soins global nécessite de faciliter l’accès aux “données disponibles” et d’assurer l’interopérabilité des systèmes, en vue d’une prise en charge préventive plus fluide.

    7️⃣ Biomarqueurs digitaux : les nouvelles voies du diagnostic

    Les biomarqueurs digitaux sont en passe de révolutionner les méthodes diagnostiques, en permettant une détection plus précise et en temps réel de certaines pathologies. Les intervenants ont mis en avant l’utilisation des “données artificielles” pour renforcer ces approches, en particulier dans des domaines complexes comme la cancérologie, où la gestion des données d’imagerie est essentielle.

    8️⃣ Financements : le temps des incertitudes

    Bien que de nombreuses innovations en santé numérique aient vu le jour, la question des financements reste une problématique majeure. Comme mentionné lors de la conférence, la pérennisation de ces financements est indispensable, notamment pour maintenir les projets d’envergure qui nécessitent des investissements lourds, sans pour autant compromettre la qualité des soins.

    9️⃣ EDS : les enjeux de leur développement

    Les entreprises de santé digitale sont en pleine croissance, mais leur développement doit faire face à de nombreux défis. L’un des points soulevés lors de la conférence est la question de l’interopérabilité des systèmes et de la gouvernance des données. Pour réussir, il est nécessaire de “fédérer les acteurs de terrain” et d’assurer une gestion collaborative des données à travers des “référentiels communs.”

    🔟 La médecine de précision en oncologie

    La médecine de précision, notamment en oncologie, est l’un des domaines les plus avancés grâce au numérique. L’utilisation des données génomiques et des jumeaux numériques permet d’optimiser les traitements en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les experts de la conférence ont souligné que la mise en place d’une “stratégie de référentiels dédiés à l’oncologie” serait un facteur clé pour accompagner cette évolution.

  • Protection sociale en Europe : la France en tête des dépenses en 2023 (dossier de la DREES)

    Des écarts marqués entre les pays européens

    Les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest investissent davantage dans la protection sociale que ceux d’Europe de l’Est. En moyenne, les prestations sociales s’élèvent à 10 540 euros par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) dans l’UE-27, tandis qu’en France, elles atteignent 12 960 euros PPA. L’Italie et l’Espagne se situent à des niveaux intermédiaires, tandis que les pays d’Europe de l’Est consacrent des budgets nettement inférieurs à la protection sociale.

    Une reprise des dépenses en Europe, mais un recul en France

    Après une baisse de 3,3 % en 2022, les dépenses de protection sociale sont quasi-stables en 2023 dans l’UE-27 (+0,1 % en euros constants). Toutefois, cette tendance reste en deçà de la progression annuelle moyenne de 1,7 % observée entre 2012 et 2022. La Pologne (+8,2 %), la Slovaquie (+7,8 %) et Chypre (+5,9 %) enregistrent les plus fortes hausses. En revanche, la France affiche une baisse des dépenses pour la deuxième année consécutive (-1,9 % en 2023), principalement due à un recul des dépenses pour la maladie (-3,2 %) et la vieillesse-survie (-1,0 %).

    Vieillesse et santé : principaux postes de dépenses

    Le risque vieillesse-survie représente 47 % des prestations sociales dans l’UE-27, essentiellement sous forme de pensions de retraite. En France, ce poste reste dominant, suivi du risque maladie-soins de santé, qui représente 31 % des dépenses, contre 30 % en moyenne en Europe.

    Une structure de financement en évolution

    La protection sociale repose sur deux grandes sources de financement : les cotisations sociales et les contributions publiques issues de l’impôt. Depuis les années 2000, la part des cotisations employeurs tend à diminuer au profit des contributions publiques. En France, la réforme de 2018 a renforcé cette tendance avec le remplacement des cotisations salariales maladie et chômage par une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).

    Alors que la protection sociale constitue un pilier du modèle européen, les écarts de dépenses et de financement reflètent des choix politiques et économiques distincts entre les pays. La France, malgré son niveau de dépenses élevé, connaît une tendance au repli qui interroge sur l’évolution de son modèle social.

    Etude de la DREES : La protection sociale en Europe en 2023

     

  • Rééducation cardiaque numérique : un programme prometteur pour les patients en Asie

    Maladies cardiovasculaires : une cause majeure de décès en Chine et aux Philippines

    Des chercheurs chinois et philippins ont étudié les retours des patients chinois atteints de coronaropathies sur un programme de rééducation cardiaque numérique dirigé par des infirmières.

    La Chine dénombre 290 millions de patients souffrant de maladies cardiovasculaires, dont 11 millions de cas de coronaropathie. Ces pathologies représentent respectivement 46,74 % et 44,26 % des décès en milieu rural et urbain. Aux Philippines, environ 3,5 millions de personnes sont affectées par des maladies cardiovasculaires, qui constituent l’une des principales causes de mortalité, représentant près de 35 % des décès annuels, selon l’Organisation mondiale de la santé.

    Les limites de la réadaptation cardiaque traditionnelle

    La réadaptation cardiaque conventionnelle inclut :

    • L’entraînement physique supervisé, réduisant la mortalité cardiaque de 26 %
    • L’éducation thérapeutique pour sensibiliser aux facteurs de risque et promouvoir un mode de vie sain
    • Le soutien psychologique pour gérer le stress et l’anxiété

    Cependant, ces programmes sont limités par un accès restreint dû à la disponibilité limitée des centres spécialisés et des disparités régionales.

    Le programme de rééducation cardiaque numérique

    Les chercheurs de l’École des sciences infirmières de Tung Wah College, de l’Université des Philippines et du Département des sciences infirmières de Tongji Hospital en Chine ont développé un programme numérique pour combler les lacunes des services traditionnels et encourager les changements de comportement chez les patients atteints de coronaropathie. Ce programme NeCR (Nurse-led eCardiac Rehabilitation) inclut :

    • Un site web éducatif et des ressources pour les patients
    • Un dispositif de télésurveillance pour suivre les signes vitaux et l’activité physique
    • Une salle de discussion en ligne pour favoriser le soutien entre patients.

    Les résultats de l’étude 

    L’étude, publiée dans Public Health Nursing, a impliqué 167 patients, dont 31 remplissaient les critères d’éligibilité. Finalement, 18 patients ont accepté de participer aux entretiens qualitatifs. La majorité des participants (77,8 %) étaient des hommes, âgés de 55,8 ans en moyenne.
    Les résultats clés sont les suivants :

    • 88,9 % des participants ont enregistré leurs données d’activité physique et leur régime alimentaire
    • Une augmentation moyenne de 3 078 pas par jour a été mesurée deux semaines après l’intervention
    • Seuls 22,2 % ont renseigné leurs scores de stress
    • Tous sauf deux ont rejoint le groupe de discussion sur WeChat.

    Des améliorations nécessaires au programme

    Bien que le programme ait comblé les lacunes des services traditionnels, des améliorations sont nécessaires :

    • Une simplification de l’interface du site
    • Une meilleure gestion des symptômes durant l’exercice
    • Un renforcement de la sécurité des espaces de soutien en ligne pour protéger les données personnelles.

     

  • D4Evolution : IA, données de santé et efficience opérationnelle comme priorité pour Dedalus en 2025

    Une feuille de route 2025 tournée vers l’innovation et l’interopérabilité

    Lors de la 7e édition du D4Evolution, son événement annuel qui a rassemblé plus de 300 clients et 14 partenaires, Dedalus a levé le voile sur ses priorités stratégiques pour 2025. À travers une conférence animée par Guillem Pelissier, directeur général France, et Frédéric Vaillant, directeur général délégué, l’éditeur de solutions numériques pour la santé a affirmé son ambition : accompagner les établissements dans leur transformation et renforcer leur efficience opérationnelle.

    Depuis son arrivée à la tête de Dedalus France il y a un an, Guillem Pelissier a mis en place une dynamique visant à optimiser la performance des structures de soins. L’année 2025 marquera une accélération de cette stratégie, avec une approche résolument tournée vers l’innovation et l’interopérabilité. L’entreprise mise notamment sur la convergence des dossiers patients informatisés avec Care4U, un projet déjà en cours dans plusieurs groupements hospitaliers de territoire (GHT) et qui devrait s’étendre à quinze nouveaux sites. Autre avancée majeure, le déploiement en France du Command Center, une solution de pilotage hospitalier basée sur l’analyse de données, qui sera inaugurée au CHU de Nancy après un premier succès en Espagne.

    Dedalus continue également d’innover dans le domaine du diagnostic avec l’InVitro Diagnostic Cloud, un service qui a déjà séduit des laboratoires de premier plan tels qu’Unilabs, Biogroup et Xlab. La cybersécurité, la dématérialisation des tâches administratives et la gestion des données de santé font aussi partie des axes prioritaires, avec des investissements conséquents dans des solutions comme HYDMédia.

    L’intelligence artificielle au cœur de la transformation

    Si l’IA est aujourd’hui omniprésente dans les discours technologiques, Dedalus entend se démarquer par une approche concrète et pragmatique. Contrairement à de nombreuses entreprises qui affichent l’intelligence artificielle comme une promesse d’avenir sans réelle application, Dedalus l’intègre pleinement dans sa stratégie et dans ses solutions.

    Un choix qui se reflète directement dans son organisation interne au niveau monde : le responsable de l’IA est l’un des premiers interlocuteurs du directeur général, Andrea Calcagno, preuve que cette technologie est considérée comme un levier essentiel de développement et non comme un simple outil technique relégué en arrière-plan. L’entreprise a d’ailleurs fait le choix de concentrer ses efforts sur deux applications prioritaires : l’amélioration des processus internes, notamment via l’automatisation du codage, et l’enrichissement des services aux clients grâce à des outils prédictifs performants.

    Depuis quatre ans, Dedalus développe Clinalytix, une suite de solutions basées sur des algorithmes prédictifs. C Ces outils certifiés et opérationnels en Europe pour le marché germanophone et suisse (DACH) permettent d’identifier des évènements ou complications avec un impact fort sur le pronostic vital comme la septicémie ou l’insuffisance rénale aigue et devraient être étendus à 20, puis 50 pathologies dans les années à venir. Loin des effets d’annonce, Dedalus préfère une approche de terrain, en collaborant étroitement avec les établissements de santé pour développer des solutions adaptées à leurs besoins réels.

    Grâce à cette expertise, l’IA chez Dedalus ne se limite pas à une prouesse technologique : elle vise à faciliter le quotidien des professionnels de santé, améliorer la précision des diagnostics et optimiser les parcours de soins. En misant sur des applications concrètes et éprouvées, Dedalus s’impose comme un acteur clé de la transformation numérique du secteur hospitalier.

    Un écosystème en expansion pour un leadership consolidé

    Dedalus ne se contente pas de développer ses propres solutions : l’entreprise entend aussi renforcer l’interopérabilité et la collaboration avec l’ensemble des acteurs du secteur. Le projet ARIANES, visant à améliorer le partage des données en radiologie, illustre cette volonté de construire un écosystème connecté au service des patients et des soignants.

    L’entreprise est également un partenaire clé du Ségur de la Santé, contribuant activement à la modernisation des systèmes d’information hospitaliers. Dans le domaine de l’imagerie, Dedalus continue d’innover avec SMART PACS, Care4U RIS et DRIMBox, des outils qui simplifient le travail des radiologues et fluidifient la gestion des examens.

    Avec un chiffre d’affaires dépassant les 120 millions d’euros en 2024, une croissance de près de 10 % et l’embauche de 200 nouveaux collaborateurs, Dedalus confirme son leadership sur le marché du numérique en santé. En plaçant l’innovation et l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie, l’entreprise s’impose comme un partenaire clé des établissements de santé, leur offrant des solutions adaptées aux défis de demain.

  • Heva obtient l’autorisation de la CNIL pour son entrepôt de données de santé FREiA

    Un entrepôt pour optimiser l’analyse des données de santé

    Leader en analyse des données de santé en vie réelle, Heva se voit attribuer par la CNIL le feu vert pour constituer FREiA, un entrepôt de données de santé intégrant environ 250 variables issues du Système National des Données de Santé (SNDS), avec une profondeur historique de neuf ans. Ce projet vise à réduire les délais d’analyse pour les laboratoires pharmaceutiques et les entreprises medtech.

    Des objectifs de recherche variés

    L’autorisation obtenue couvre divers types d’études et d’évaluations :

    • Analyse des populations cibles, de l’incidence et de la prévalence des pathologies traitées par un médicament ou un dispositif médical.
    • Étude des conditions d’usage des produits de santé dans la pratique clinique courante.
    • Évaluation de l’efficacité et des risques liés aux thérapeutiques, incluant médicaments, dispositifs médicaux et solutions digitales.

    Une autorisation qui renforce les capacités de Heva

    Cette avancée s’ajoute aux autres autorisations déjà détenues par Heva, notamment :

    • L’exploitation de l’échantillon du SNDS (ESND) pour valider la faisabilité d’études.
    • Le traitement des données du PMSI (Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information) dans le cadre de recherches réglementées.
    • L’outil ADAPT permettant d’extraire des indicateurs d’activité hospitalière à partir des données PMSI.

    Grâce à une gouvernance transversale, chaque projet de recherche bénéficiera d’une analyse approfondie pour déterminer la base de données la plus adaptée (ESND, PMSI ou FREiA).

    Une expertise renforcée et un gain de temps considérable

    Pour obtenir cette autorisation, Heva a pu s’appuyer sur son expertise acquise avec l’EDS Agoria Santé et les infrastructures souveraines et sécurisées de Docaposte. Avec FREiA, l’entreprise consolide son rôle de pôle d’excellence en données de santé, combinant expertise médicale, gestion de projets cliniques et intelligence artificielle appliquée aux données. D’ici 2025, Heva fêtera ses 20 ans et finalisera sa fusion avec Axonal-Biostatem, acteur de la recherche clinique en France. Alexandre Vainchtock, Directeur général adjoint d’Heva, souligne l’impact immédiat de FREiA : « Nous pourrons désormais créer des espaces projets en deux mois au lieu de dix à douze actuellement, permettant à nos clients d’obtenir des résultats en 6 à 8 mois pour alimenter leurs dossiers réglementaires. » Avec cette autorisation, Heva franchit une étape dans l’optimisation de l’analyse des données de santé en vie réelle, répondant ainsi aux enjeux de rapidité et de précision des industriels du secteur.

     

  • Etude : un modèle d’IA identifie des gènes à risque potentiel pour la maladie de Parkinson (Nature)

    Parkinson : l’urgence à trouver des thérapies

    C’est la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue et pourtant les traitements contre la maladie de Parkinson font cruellement défaut. « Malheureusement, nous ne disposons pas encore de moyens pour ralentir ou stopper sa progression. Aujourd’hui, les traitements existants se limitent à gérer les symptômes à mesure qu’ils apparaissent, explique le Dr Lijun Dou, auteur principal d’une étude sur le sujet parue le 22 janvier dans Nature Parkinson’s Disease. Il est donc crucial de développer de nouvelles thérapies modifiant l’évolution de la maladie.” Mais la composante génétique de la pathologie reste à explorer.

    En effet, beaucoup des mutations génétiques connues associées à la maladie de Parkinson se situent dans des régions non codantes de l’ADN, et non dans les gènes eux-mêmes. “Nous savons que ces variantes peuvent influencer le fonctionnement de certains gènes, mais nous ignorons lesquels sont affectés dans la maladie de Parkinson, ”explique le Dr Lijun Dou.

    Le pari de la “biologie des systèmes”

    C’est pourquoi cette équipe de chercheurs du Cleveland Clinic Genome Center a adopté une nouvelle méthode. Concrètement, ils ont adopté la “biologie des systèmes”, qui utilise l’intelligence artificielle pour intégrer et analyser différentes sources d’informations : données génétiques, protéomiques, pharmaceutiques et cliniques. Grâce à cette méthode, il devient possible de détecter des liens cachés entre ces données, qui ne seraient pas visibles si elles étaient étudiées individuellement. Cette approche leur a donc permis de déduire quels gènes cérébraux étaient affectés par des mutations situées dans des régions non codantes de l’ADN.

    Résultats : réutiliser des médicaments existants

    • 175 gènes de risque potentiels ont été identifiés, dont SNCA et LRRK2, déjà connus pour leur rôle dans l’inflammation cérébrale.
    • Des médicaments déjà commercialisés pourraient être repositionnés dans la maladie de Parkinson.
    • La simvastatine (médicament utilisé pour traiter l’hypercholestérolémie) est associée à une réduction du risque de développer la maladie de Parkinson.
    • Son utilisation est corrélée à une diminution de 9 à 12 % du risque de chute et de démence chez les patients atteints de Parkinson.

    Ces résultats prouvent que l’approche par réseaux et intelligence artificielle permet d’identifier des nouvelles cibles génétiques et des médicaments repositionnables dans la maladie de Parkinson. “Avec les méthodes traditionnelles, chaque étape de ce processus – identifier les gènes, analyser leurs effets, et tester des médicaments – demanderait énormément de temps et de ressources, précise le Dr Dou. Grâce à notre approche, nous avons pu accélérer considérablement ce travail et identifier plusieurs candidats thérapeutiques, augmentant ainsi nos chances de découvrir de nouvelles solutions.”

    La prochaine étape va donc consister à tester l’effet de la simvastatine en laboratoire, ainsi que plusieurs médicaments immunosuppresseurs et anxiolytiques qui méritent d’être étudiés plus en profondeur.

    *A network-based systems genetics framework identifies pathobiology and drug repurposing in Parkinson’s disease.

    Dou, L., Xu, Z., Xu, J. et al.   npj Parkinsons Dis. 11, 22 (2025). https://doi.org/10.1038/s41531-025-00870-y

  • Pair-aidance : la HAS lance un groupe de travail pour structurer cette pratique d’entraide

    Vers une reconnaissance et un encadrement de la pair-aidance

    La pair-aidance, qui repose sur l’intervention de personnes ayant une expérience vécue d’un trouble ou d’une situation spécifique, s’intègre progressivement dans les parcours de soin et d’accompagnement. Son cadre reste encore peu structuré. La future recommandation de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) vise à :

    • Clarifier les rôles, missions et compétences des pair-aidants ;
    • Identifier les outils et les bénéfices de cette approche ;
    • Définir des bonnes pratiques pour garantir la qualité des interventions ;
    • Faciliter l’intégration de la pair-aidance dans les équipes professionnelles ;
    • Favoriser une réflexion sur la place et l’impact des pair-aidants.

    Destinée aux professionnels de santé, aux travailleurs sociaux, aux structures gestionnaires, aux associations et aux pair-aidants eux-mêmes, cette recommandation doit assurer une intégration cohérente et efficace de la pair-aidance dans les dispositifs d’accompagnement.

    Un groupe de travail pluridisciplinaire

    Pour élaborer cette recommandation, la HAS met en place un groupe de travail composé d’experts issus de disciplines variées : anthropologues, sociologues, médecins, travailleurs sociaux, responsables associatifs, psychologues, pair-aidants et usagers bénéficiaires.

    Les réunions se dérouleront entre avril et décembre 2025, en présentiel et en visioconférence. Des sous-groupes de travail approfondiront cinq thématiques spécifiques :

    • Santé mentale et psychiatrie,
    • Addictologie,
    • Pathologies chroniques et cancérologie,
    • Inclusion et handicap,
    • Précarité et vulnérabilités sociales.

    Indépendance et modalités de candidature

    Les experts sélectionnés devront respecter des règles strictes de neutralité et déclarer tout lien d’intérêt via la plateforme officielle dpi.sante.gouv.fr.

    Les candidatures sont à envoyer avant le 21 février 2025, par courriel (rbpp.pair-aidance@has-sante.fr) ou par courrier à la HAS. Le dossier doit inclure une lettre de candidature et un CV. La liste des experts retenus sera finalisée début avril 2025.

    Avec cette initiative, la HAS entend structurer la pair-aidance et renforcer son rôle dans l’accompagnement des patients et des personnes en situation de vulnérabilité.

     

  • Le Health Data Hub publie des fiches pour renforcer la connaissance des standards de données de santé

    Favoriser l’interopérabilité des données de santé

    Les études multicentriques jouent un rôle dans la recherche médicale, mais elles nécessitent des données normalisées et compréhensibles. Pour répondre à cet enjeu, diverses communautés nationales et internationales ont développé des standards de données de santé, incluant des structures de données et des terminologies médicales de référence.

    Dans cette optique, le Health Data Hub, en collaboration avec Veltys et plusieurs experts, a produit des fiches informatives sur les principaux standards de données de santé. Ces fiches décrivent les caractéristiques des standards syntaxiques (structure des données) et sémantiques (terminologies médicales) afin d’encourager leur adoption. Elles seront mises à jour régulièrement pour refléter les évolutions de ces référentiels. Le projet a bénéficié des contributions de l’ANS, l’ATIH, l’AP-HP, le CépiDC, le CHU de Bordeaux et l’INRAE.

    Un accompagnement pédagogique avec formations et webinaires

    En complément, la Cnam, l’Atih et le Health Data Hub proposent des supports pédagogiques sur les nomenclatures du Système national des données de santé (SNDS). Ces nomenclatures classent les données médicales (Cim-10, ALD, CCAM, ATC…) et permettent aux chercheurs d’identifier et d’analyser les parcours de soins sur une période de 20 ans.

    Le Health Data Hub propose également des modules de formation sur ces référentiels, notamment :

    • Les diagnostics et motifs médicaux (Cim-10, ALD)
    • Les actes médicaux et de biologie (CCAM, NABM, NGAP)
    • Les médicaments et dispositifs médicaux (ATC, UCD, CIP, LPP)

    Des webinaires sont organisés, comme celui du 22 janvier sur la transparence dans l’utilisation des données du SNDS, ou celui du 23 janvier sur les procédures d’accès aux données personnelles de santé. D’autres formations et replays sont disponibles, notamment sur les règles d’accès et les nomenclatures du SNDS. Enfin, un support dédié à la classification médico-économique des groupes homogènes de malades (GHM) sera prochainement ajouté aux ressources proposées.

    Avec ces initiatives, le Health Data Hub entend renforcer l’acculturation des professionnels aux standards de données de santé, contribuant à une meilleure exploitation des données pour la recherche et l’innovation médicale.

     

  • L’Institut Curie lance FRATHEA, un projet innovant de radiothérapie FLASH

    La radiothérapie FLASH-VHEE : une avancée contre les cancers incurables

    La radiothérapie FLASH repose sur l’administration ultra-rapide de doses élevées de radiation, capable de détruire les cellules tumorales tout en préservant les tissus sains. Bien que cette technique soit déjà explorée avec des faisceaux d’électrons de basse énergie et de protons, son principal défi est l’atteinte des tumeurs profondes. Le projet FRATHEA ambitionne de lever cette barrière grâce à l’utilisation d’électrons de très haute énergie (100 à 250 MeV contre 10 MeV en conventionnel). Ces particules offrent une précision extrême pour cibler des tumeurs situées près d’organes vitaux, là où les traitements actuels sont inefficaces.

    Pr Alain Puisieux, président du Directoire de l’Institut Curie : « L’Institut Curie, berceau historique de la radiothérapie, se positionne aujourd’hui à l’avant-garde de la technologie FLASH. Avec FRATHEA, nous voulons transformer nos avancées scientifiques en solutions thérapeutiques concrètes pour les patients. »

    Un projet structuré autour de trois grandes étapes

    La mise en œuvre de FRATHEA s’étalera sur plusieurs années, avec trois étapes :

    1. Sélection d’un partenaire industriel (été 2025)
      • L’objectif est de concevoir et installer un irradiateur médical FLASH-VHEE au cœur de l’hôpital de l’Institut Curie à Orsay.
    2. Construction et installation de l’irradiateur (2026-2027)
      • L’équipement prendra place dans un espace dédié au sein du centre de protonthérapie de l’Institut Curie, un site historique de la radiothérapie en Europe.
    3. Études précliniques et premiers essais cliniques (dès 2028)
      • L’enjeu est de démontrer la sécurité et l’efficacité de cette nouvelle approche avant d’envisager une utilisation à grande échelle.

    Un projet soutenu par des financements stratégiques

    Le projet FRATHEA bénéficie d’un soutien :

    • 35 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030, visant à positionner la France comme leader dans les technologies de santé,
    • 2 millions d’euros de la Région Île-de-France, via son programme Grands lieux d’innovation.

    Avec cette initiative, l’Institut Curie et le CEA ouvrent une nouvelle ère pour la radiothérapie et offrent un espoir tangible aux patients atteints de cancers jusque-là sans solution thérapeutique efficace.

     

  • Merck s’associe à Opentrons pour automatiser son portefeuille de tests biologiques

    Une plateforme robotique DM Div de dernière génération

    Merck a conclu un partenariat pluriannuel avec Opentrons en vue d’automatiser son vaste portefeuille de tests biologiques destinés au milieu académique, à l’aide d’une station de travail personnalisée. Cette collaboration vise :

    • À améliorer la cohérence des résultats et la productivité
    • À réduire les interventions manuelles et les tâches répétitives
    • À développer un système robotique intuitif et convivial

    Les scientifiques et ingénieurs des deux entreprises travaillent en étroite collaboration pour concevoir, optimiser et valider les flux de travail des tests biologiques de Merck sur la station de travail personnalisée Opentrons Flex.

    La plateforme Opentrons Flex se distingue par trois innovations majeures :

    • Une intelligence artificielle intégrée permettant aux scientifiques de décrire des protocoles en langage naturel, automatiquement convertis en scripts automatisés via l’IA générative et des modèles de langage étendus (LLM).
    • La Flexibilité et la modularité grâce à ses pipettes interchangeables (1, 8, 96 canaux) et son préhenseur autorisant une personnalisation facile grâce à des modules adaptables aux besoins des protocoles expérimentaux.
    • Son accessibilité et son ouverture. Disponible à partir de 26 400 €, elle fonctionne avec des logiciels open source et est compatible avec une grande variété de réactifs et de consommables, offrant une liberté maximale aux chercheurs.

    Disponibilité des postes de travail et kits de tests Merck dès 2025

    Les nouveaux postes de travail et kits de tests développés par Merck seront disponibles à la commande à partir de mi-2025, avec des applications :

    • Préparation d’échantillons de protéines,
    • Workflows moléculaires,
    • Workflows biochimiques et chimiques.

    Le déploiement de ces solutions se fera progressivement tout au long de la durée de l’accord.