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  • Encadrer l’IA, simplifier les démarches d’exercice des droits… la Cnil publie son plan stratégique 2025-2028

    4 axes pour “protéger les données de chacun”

    L’essor des technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT) ou les identités numériques bouleverse les usages tout en générant de nouvelles vulnérabilités. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’inquiète de l’intensification des cyberattaques et des violations de données, qui menacent autant les particuliers que les organisations. Dans son plan stratégique pour la période 2025-2028 publié le 16 janvier 2025, la Cnil révèle que 61 % des Français déclarent avoir été victimes d’une cyberattaque au cours de l’année écoulée, et que 67 % des vols de données restent indétectés pendant plus de 100 jours. Face à ces chiffres, la Commission a, entre 2022 et 2024, effectué 1 006 contrôles, engagé 495 mises en demeure et prononcé 150 sanctions pour un montant cumulé de 245 669 800 euros.

    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil - @Cnil
    Quelques chiffres clés du bilan 2022-2024 de la Cnil – @Cnil

    “Encadrer l’IA” comme recommandation de la Cnil :

    Le plan stratégique 2025-2028 de la Cnil s’articule autour de quatre axes majeurs, chacun porteur d’objectifs spécifiques pour répondre aux enjeux de la protection des données dans un monde numérique en rapide mutation. Le premier axe vise à renforcer les droits des personnes, en mettant l’accent sur la simplification des démarches pour exercer leurs droits et sur une sensibilisation accrue à la gestion des données personnelles. Le deuxième axe ambitionne d’accompagner les acteurs publics et privés dans leur conformité aux règles de protection des données, en proposant des outils pratiques et en favorisant l’intégration du respect de la vie privée dès la conception des projets.

    Le troisième axe met en avant la sécurisation des usages numériques. La Cnil s’engage à encourager l’adoption de mesures de cybersécurité robustes et à soutenir les initiatives technologiques garantissant la confidentialité des données. Enfin, le quatrième axe est dédié à l’innovation et à l’anticipation des défis émergents : il propose d’encadrer les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et les identités numériques, tout en participant activement à l’élaboration de régulations européennes adaptées aux réalités technologiques. Ces axes, complémentaires, traduisent la volonté de la Cnil de conjuguer protection des droits, accompagnement des acteurs et soutien à l’innovation responsable.

    Développer des solutions technologiques respectueuses de la vie privée des patients

    Le secteur de la santé, particulièrement exposé aux cybermenaces, constitue une priorité stratégique pour la Cnil. L’interconnexion croissante entre dispositifs médicaux, hôpitaux et bases de données génère des opportunités mais aussi des risques majeurs. Une fuite de données de santé peut avoir des conséquences désastreuses, à la fois pour la confidentialité des patients et pour la continuité des soins.

    Pour répondre à ces enjeux, la Cnil soutient le développement de solutions technologiques respectueuses de la vie privée, comme les Privacy Enhancing Technologies (PETs), et encourage l’adoption de bonnes pratiques dès la conception des outils numériques. Elle insiste également sur l’importance de renforcer la sensibilisation des professionnels de santé, souvent en première ligne face aux cyberattaques, et des patients, qui doivent être informés des risques liés à la gestion de leurs données personnelles.

    Faire de chaque citoyen, un acteur de la cybersécurité

    L’un des objectifs clés de ce plan stratégique est de transformer chaque individu et organisation en acteur de la cybersécurité. Dans ce sens, Cnil prévoit de :

    • Développer des outils pédagogiques pour les petites entreprises et collectivités locales, souvent les plus vulnérables aux attaques ;
    • Continuer de contrôler et de sanctionner les acteurs négligents pour faire respecter les normes de sécurité ;
    • Participer à l’élaboration de standards européens pour intégrer les exigences de protection des données dans les certifications.

    Dans le secteur de la santé, la CNIL met l’accent sur la nécessité de créer des solutions innovantes capables de sécuriser les informations sensibles tout en facilitant l’accès et l’usage des données pour les professionnels et les patients.

  • Maiia et deuxiemeavis.fr : un partenariat pour simplifier l’accès à l’expertise médicale

    Faciliter la prise en charge des cas complexes

    Maiia, plateforme développée par Cegedim Santé, ajoute une nouvelle fonctionnalité à son service Agenda premium grâce à son partenariat avec deuxiemeavis.fr. Les professionnels de santé pourront demander un avis spécialisé directement depuis le dossier patient. Ce service s’adresse aux cas médicaux complexes nécessitant l’expertise d’un spécialiste. Il repose sur une méthodologie structurée : le patient complète son dossier médical (questionnaire, comptes rendus, imageries) qui est transmis à un expert sélectionné parmi 350 médecins référencés. L’avis est rendu sous 7 jours et transmis au médecin via MSSanté ainsi qu’au patient via un espace sécurisé.

    Un service intégré dans le parcours de soins : Après la demande du médecin, le patient prend ensuite en charge la constitution de son dossier en ligne. Ce fonctionnement offre :

    • Une continuité dans la prise en charge médicale ;
    • Une implication active du patient dans son parcours de soins ;
    • Une assistance pour les professionnels confrontés à des cas complexes.

    Un outil pour renforcer les décisions médicales

    Cette intégration améliore l’accès à l’expertise médicale pour les patients en réduisant les contraintes géographiques ou financières, tout en simplifiant la pratique des professionnels grâce à une interface simple pour gérer les demandes et les retours. Dans 75 % des cas, l’avis spécialisé est conforme à celui du médecin demandeur, apportant une confirmation utile dans des situations souvent délicates. Les divergences donnent lieu à des échanges entre les professionnels et le patient pour ajuster la stratégie de prise en charge.

     

  • BioMérieux enrichit son diagnostic syndromique des infections respiratoires

    Infections respiratoires aigues : plus de 4 millions de décès chaque année dans le monde

    BioMérieux lance aux États-Unis le BioFire Spotfire Respiratory/Sore Throat Panel Mini. Le laboratoire français, leader du diagnostic in vitro, dévoile une nouvelle solution diagnostique syndromique. Récemment autorisé par la FDA via la procédure 510(k) et bénéficiant de la dérogation CLIA, le BioFire Spotfire Respiratory/Sore Throat Panel Mini garantit des diagnostics fiables et rapides, adaptés à tout environnement. Responsables de plus de 4 millions de décès annuels, les infections respiratoires aiguës représentent une cause majeure de mortalité, notamment dans les pays en développement. Parmi les agents les plus virulents figurent le virus de la grippe aviaire H5N1, le coronavirus SARS-CoV et le virus respiratoire syncytial (VRS).

    Les limites du diagnostic in vitro pour les infections respiratoires

    Les méthodes classiques, comme les cultures bactériennes ou les tests sérologiques, présentent des limites :

    • Délais prolongés, nécessitant parfois plusieurs jours pour un résultat.
    • Sensibilité variable, particulièrement au début de l’infection.
    • Manque de standardisation, entraînant des performances inégales entre laboratoires.

    Une avancée en biologie moléculaire : la PCR multiplex

    Le nouveau panel utilise la technologie PCR multiplex pour identifier plusieurs agents pathogènes en un seul test, à partir d’un échantillon unique. Conçu pour une utilisation en point de soins sur la plateforme BioFire Spotfire, il garantit une sensibilité et une spécificité accrues, même dans les infections polymicrobiennes.

    3 Performances clés

    Ce panel cible cinq pathogènes viraux et bactériens majeurs : le VRS, les virus de la grippe A et B, les rhinovirus humains, et Streptococcus pyogenes. Les performances incluent :

    • Sensibilité : 98,7 %
    • Spécificité : 98,4 % sur échantillons nasopharyngés
    • Temps de réponse : résultats en 15 minutes.

    Une dynamique d’innovation continue : Ce nouveau panel complète l’offre de BioMérieux pour les infections respiratoires, après le BioFire Respiratory 2.1 plus (23 pathogènes en 45 minutes) et le BioFire FilmArray Pneumonia Panel Plus (27 agents pathogènes et 7 marqueurs de résistance).

     

  • Déploiement du DUI dans le médicosocial : plus de 1000 nouveaux ESSMS embarqués en 2025 et une réforme à venir du modèle de financement

    Le volet social et médico-social de la stratégie nationale du numérique en santé, lancée en 2021, vise à équiper tous ESSMS d’un dossier usager informatisé (DUI) et à accélérer les usages du numérique au bénéfice des professionnels et des usagers.

    Un appel à projet national est lancé chaque année par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Délégation du numérique en santé (DNS). Des appels à projets régionaux sont par ailleurs publiés par les agences régionales de santé afin de déployer cette stratégie.

    40 projets nationaux, embarquant près de 4500 ESSMS, ont ainsi été financés, essentiellement en investissement, mais selon des modalités différentes suivant la taille des structures.

    En 2024 suite au nouvel appel à projets national lancé en mai, les ESSMS ont pu de nouveau déposer un dossier de demande d’adhésion au programme ESMS numérique.

    « Pour sécuriser ces projets, qui sont par nature complexes et risqués », les ESSMS ont été invités à se regrouper. L’appel à projet visait à « encourager les organismes gestionnaires de grande taille ou des regroupements de 50 ESSMS ou plus à déployer une solution de DUI dans leurs établissements et services sur plusieurs régions voire sur l’ensemble du territoire ».

    La commission de sélection des projets nationaux a retenu 7 projets, qui seront financés pour un montant de plus de 8 millions d’euros. Ils embarquent 1019 structures sur tout le territoire :

    • Près de 700 services à domicile gérés par la Croix Rouge Française, l’Union nationale des ADMR et DomusVi ;
    • Plus de 260 établissements ou services du secteur de l’insertion, avec des projets portés par Cités Caritas, Emmaüs Solidarités et l’association Aurore ;
    • Plus de 70 établissements et services pour personnes en situation de handicap, gérés par la Croix Rouge Française.

    Le prochain appel à projets national sera publié le 15 février 2025 pour poursuivre la généralisation du programme ESMS numérique sur tout le territoire. Il s’agira du dernier financé par le Ségur.

    La DNS en faveur d’une refonte du modèle de financement des programmes du numérique dans les ESSMS

    Plusieurs dispositifs de financement soutiennent la transformation numérique des établissements de santé et médico-sociaux:

    • SONS (système ouvert et non sélectif), qui finance la mise à jour des logiciels respectant des critères établis par les pouvoirs publics ;
    • SUN-ES (Ségur usage numérique en établissements de santé), qui finance sa suite Hop’EN 2 dans les établissements, sous réserve de l’atteinte de cibles d’usage, ;
    • HospiConnect, qui vise à sécuriser et simplifier l’identification électronique des professionnels dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ;
    • Les différentes vagues d’appels sur les tiers-lieux d’expérimentation.

    « Une grande partie de ces programmes se base sur un modèle de calcul basé sur l’activité », qui génère « quantité de situations qui ne paraissent pas adaptées » et parfois même des « aberrations que nous remonte l’écosystème », a expliqué Matthieu Faure, directeur de projets, lors du Conseil du numérique en santé (CNS) le 17 décembre dernier. La DNS lancera au premier trimestre 2025 des travaux afin de « remettre à plat le modèle de financement actuel ».

    Sur l’appel à projet 2024 :

    https://www.cnsa.fr/appels-projets/esms-numerique-appel-projets-national-2024

    Sur le Ségur du numérique en santé pour le secteur social et médico-social :

    https://esante.gouv.fr/sites/default/files/media_entity/documents/fiche-pratique-segur-numerique-medicosocial-mars24-%281%29.pdf

  • AWS et General Catalyst : une alliance stratégique pour transformer la santé grâce à l’IA

    ployer l’IA pour des soins personnalisés et une efficacité accrue

    AWS et General Catalyst s’allient pour codévelopper des outils intégrés qui exploitent les capacités de l’IA générative et des technologies cloud. Cette collaboration vise des avancées dans plusieurs domaines, soins prédictifs et personnalisés, interopérabilité des données de santé, efficacité opérationnelle et clinique, diagnostics avancés, engagement des patients tout au long de leur parcours de soins.

    Les solutions seront alimentées par des technologies comme Amazon Bedrock, Anthropic et Mistral AI, avec des modèles spécifiques. Selon AWS, cette alliance permet de tirer parti de l’étendue de ses services cloud et de son expertise en IA, offrant flexibilité et sécurité pour des déploiements rapides à grande échelle.

    General Catalyst prévoit d’intégrer ses entreprises partenaires, telles que Commure et Aidoc, aux capacités d’IA et de données d’AWS. Commure apporte sa suite Copilot, qui centralise les flux de travail des soins de santé pour une meilleure coordination. Et Aidoc, avec sa plateforme aiOS, propose des solutions de diagnostic assistées par l’IA, particulièrement utiles pour les images médicales.

    Une vision commune pour transformer les soins

    Matt Garman, PDG d’AWS, souligne que cette collaboration répond à un objectif commun, à savoir “améliorer les résultats des patients et démocratiser l’accès à des soins de qualité grâce à l’IA”. De son côté, Hemant Taneja, PDG de General Catalyst, affirme que l’IA, lorsqu’elle est déployée à grande échelle, peut “révolutionner” les systèmes de santé.

    Des initiatives alignées sur une tendance plus large

    • En 2024, GE HealthCare a collaboré avec AWS pour intégrer l’IA dans ses flux de travail diagnostiques, en utilisant notamment les modèles d’Amazon Bedrock et SageMaker.
    • General Catalyst a levé 8 milliards de dollars pour financer des projets innovants, incluant l’IA et les soins de santé.
  • Miniaturisation et automatisation, au cœur des innovations en diagnostic médical en 2024

    Immunoessais : Multiplexage, nanoparticules et intelligence artificielle

    Les immunoessais de nouvelle génération ont considérablement amélioré la précision des tests immuno-enzymatiques et immunologiques à flux en 2024. Ces avancées comprennent :

    • Des tests multiplexés permettant de détecter plusieurs biomarqueurs à partir d’un seul échantillon.
    • L’utilisation de nanoparticules pour amplifier les signaux.
    • L’intégration de l’intelligence artificielle pour optimiser l’analyse des résultats.

    Ces innovations ont permis d’atteindre des niveaux de sensibilité supérieurs à 98 % dans certains tests, notamment pour la détection de pathogènes, et une spécificité de 93 % dans le diagnostic de certaines infections.

    Biologie moléculaire : Séquençage de Nouvelle Génération, Lab-on-a-Chip

    Les nouveaux diagnostics moléculaires, tels que le séquençage de nouvelle génération, intègrent des technologies lab-on-a-chip. Ces évolutions ont conduit à :

    • La miniaturisation des appareils de PCR et de séquençage, facilitant leur utilisation en clinique et en point de soin.
    • Une réduction de 50 % du temps de diagnostic pour certaines maladies rares, telles que les maladies neuromusculaires, les syndromes génétiques complexes (comme le syndrome de l’X fragile et la maladie de Huntington), et les maladies métaboliques héréditaires.

    Trois partenariats emblématiques de l’année écoulée

    • Owlstone Medical a lancé en septembre 2024 un partenariat stratégique avec la FDA pour développer des méthodes validées d’identification des biomarqueurs COV dans l’haleine, facilitant ainsi la création de dispositifs diagnostiques respiratoires portables. Ces appareils non invasifs offriront des perspectives nouvelles pour la détection précoce des maladies respiratoires.
    • C2N Diagnostics s’est associé au réseau Unilabs pour étendre l’accès aux tests sanguins Precivity™, permettant d’identifier des protéines associées aux plaques amyloïdes cérébrales, un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer. Ce partenariat signé en août 2024 facilite l’accès à ces tests dans plus de 75 pays, transformant le diagnostic précoce de cette pathologie neurodégénérative.
    • Bosch et Randox Laboratories ont investi conjointement 150 millions d’euros en 2024 dans la plateforme d’analyse Vivlaytic. Ce partenariat unique combine l’expertise de Bosch en miniaturisation technologique et celle de Randox dans la conception de tests diagnostiques. Vivlaytic, grâce à sa technologie ultra-sensible et automatisée alimentée par l’intelligence artificielle, permet une détection rapide et précise des biomarqueurs. Cette solution de diagnostic rapide au point de soin sera déployée sur plus de 40 marchés mondiaux.

     

  • QALO dévoile un anneau intelligent (sans frais d’abonnement) en silicone pour le suivi de la santé

    Un nouvel acteur sur le marché des anneaux intelligents

    Après Oura ou Happy Health, c’est au tour de QALO, entreprise spécialisée dans les anneaux en silicone, d’annoncé la sortie de son anneau connecté QRNT, un dispositif de suivi de santé sans frais d’abonnement. L’anneau, équipé de nanotechnologie, permet de mesurer plusieurs paramètres biométriques comme la fréquence cardiaque et sa variabilité, la saturation en oxygène, les phases de sommeil, ou encore le niveau de stress.

    Les données collectées sont accessibles via une application gratuite, ce qui distingue le QRNT de nombreux concurrents nécessitant des abonnements mensuels. Pour une touche esthétique, QALO propose des housses interchangeables pour personnaliser son anneau.

    « En combinant notre matériau en silicone signature avec une technologie de pointe, nous avons créé un produit qui incarne notre vision de rendre le style personnalisé et le bien-être accessibles à tous. » Jacob Brewer, président de WIN Brand Group, propriétaire de la marque QALO.

    Reste à voir si cette stratégie saura séduire un public de plus en plus attentif à la simplicité d’usage et à la gestion des données personnelles dans les dispositifs connectés.

    Selon Research and Markets, le marché des anneaux intelligents est évalué à 232,12 millions de dollars en 2023, et devrait atteindre 455,56 millions de dollars d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel de 11,90 %.

     

  • Etude : l’IA générative pour combler le fossé linguistique dans les récits médicaux

    Données médicales non structurées : une mine à explorer

    Les récits médicaux sont essentiels pour identifier correctement l’état de santé d’un patient, car ils fournissent des informations sur sa situation actuelle ainsi que sur l’évolution de son état de santé. Cependant, ces récits sont souvent vagues et difficiles à catégoriser. En effet, les données non structurées, telles que les récits médicaux, restent difficiles à générer. Cependant, elles sont importantes, car le contexte narratif fournit des informations essentielles.

    Les modèles de langage peuvent être utilisés pour extraire des éléments de ces récits. Cependant, un problème majeur réside dans le manque de données pour entraîner ces modèles dans des langues autres que l’anglais. Cela peut entraîner un biais lorsqu’il s’agit de former des modèles. Il est donc nécessaire de développer une méthode pour créer des récits synthétiques de haute qualité.

    Générer des récits fictifs grâce à l’IA

    Des chercheurs allemands du Stuttgart Cancer Center et de l’université de Stuttgart ont donc mené une étude afin d’évaluer la capacité l’IA générative à créer des récits médicaux synthétiques en allemand à partir de données réelles de patients, tout en protégeant leur confidentialité. En effet, la plupart des ensembles de données biomédicales annotées sont disponibles en anglais. Ce manque de données freine le développement de modèles d’IA biomédicale pour des langues autres que l’anglais. L’objectif de leur étude était donc de tirer parti des outils d’IA générative comme ChatGPT pour créer un jeu de données ressemblant étroitement à des récits cliniques authentiques et démontrer que la génération de données peut constituer une alternative viable à l’accès à des données qui, autrement, seraient indisponibles. Les normes strictes de protection des données de santé les rendant par ailleurs difficiles d’accès.

    Si l’utilisation de l’IA pour générer des textes médicaux a montré un énorme potentiel, elle soulève cependant des questions éthiques, notamment en ce qui concerne la protection des données personnelles et la production de contenu trompeur ou incohérent.

    Concrètement, les chercheurs ont donc mis au point une méthode pour générer des récits médicaux en allemand, décrivant l’état de patients imaginaires, à partir de données issues d’un groupe de patients réels. Ces récits médicaux générés ont ensuite été annotés automatiquement, ce qui permet de former des outils de reconnaissance d’entités nommées. Ce que la Cnil définit comme une « sous-tâche d’extraction d’informations qui cherche à localiser et classifier les mentions d’entités nommées dans du texte non structuré en catégories prédéfinies ». L’évaluation de la performance de ces outils repose sur 3 mesures :

      • La précision : C’est la proportion des entités correctement identifiées parmi celles que le modèle a classées comme pertinentes.
      • Le rappel : C’est la proportion des entités réellement présentes dans le texte et que le modèle a bien identifiées.
      • Le score F1 : il combine la précision et le rappel en une seule métrique.

    Les résultats de leur étude ont été publiés le 28 décembre dans la revue BMC Medical Informatics and decision making.

    Résultats : précis mais loin d’être exhaustif

      • Le modèle de reconnaissance d’entités nommées obtient une précision de 0,8. Cela signifie que 80 % des entités que le modèle a identifiées étaient correctes.
      • Dans tous les scénarios, le rappel restait faible, ce qui indique que les modèles sont « prudents » et ont du mal à reconnaître toutes les entités biomédicales sur des données réelles.
      • Le score F1 était de 0,3, ce qui suggère que le modèle n’identifie qu’une faible partie des entités.

    Ces résultats montrent que les modèles sont prudents et ne marquent que les entités pour lesquelles il est presque certain.  Ils privilégient la précision au détriment de l’exhaustivité. En outre, les auteurs mentionnent plusieurs limitations : des récits générés manquant des nuances, un style naïf, ne correspondant pas à l’expertise requise dans la documentation médicale…

    Cependant, ils estiment que cette méthode qu’ils surnomment le « standard en aluminium » a le potentiel de synthétiser des données non structurées et de les utiliser pour l’entraînement de modèles de machine learning tout en protégeant la confidentialité des patients. Ainsi « certaines tâches dans les hôpitaux, comme la rédaction des lettres de sortie, pourraient être automatisées, réduisant ainsi la charge de travail des professionnels de santé. »

    * The aluminum standard: using generative Artificial Intelligence tools to synthesize and annotate non-structured patient data.

    Diaz Ochoa, J.G., Mustafa, F.E., Weil, F. et al.

    BMC Med Inform Decis Mak 24, 409 (2024). https://doi.org/10.1186/s12911-024-02825-4

     

  • Santé : François Bayrou annonce un soutien budgétaire renforcé et des priorités pour 2025

    Une hausse budgétaire pour répondre à la crise des établissements de santé

    Entre inflation, hausse des charges et déficit structurel, les établissements de santé connaissent une crise financière profonde. En 2024, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) prévoit un déficit de 460 millions d’euros, reflétant une situation généralisée dans le secteur. Pour y répondre, François Bayrou a annoncé une augmentation notable de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), qui passera à 3,3 % en 2025, contre 2,8 % initialement prévus. Cette hausse représente près d’un milliard d’euros supplémentaires pour les hôpitaux, l’équivalent de 15 000 postes de soignants. Les établissements médico-sociaux, notamment les EHPAD et structures pour personnes handicapées, bénéficieront également de cette augmentation, dans un contexte marqué par des attentes fortes en matière de revalorisation salariale et de financement.

    Une logique budgétaire pluriannuelle pour plus de visibilité

    Pour pallier l’instabilité chronique du financement de la santé, François Bayrou propose d’adopter une logique de financement pluriannuelle. Ce cadre permettra aux acteurs de la santé publique et privée de planifier leurs investissements et leurs priorités stratégiques sur le long terme. Le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) et le Leem (Les entreprises du médicament) saluent cette mesure, soulignant qu’elle pourrait renforcer l’innovation et la résilience du système de santé face aux mutations sociétales et technologiques.

    Santé mentale, formation et équité dans l’accès aux soins

    La santé mentale, qui touche un Français sur cinq selon les données nationales, est confirmée comme grande cause nationale pour 2025. Cette priorité, déjà amorcée par le prédécesseur de François Bayrou, Michel Barnier, devrait s’accompagner d’une coordination interministérielle pour agir sur l’éducation, le logement et le sport. La question de la formation des soignants est également une des priorités. François Bayrou souhaite travailler avec les élus locaux et réformer les études médicales et infirmières pour répondre aux besoins de santé des territoires. En matière d’accès aux soins, le gouvernement renonce à la mesure de déremboursement de certains médicaments et consultations médicales envisagée par le précédent exécutif. La part de remboursement par l’Assurance Maladie reste fixée à 70 %, une bonne nouvelle pour les patients et les professionnels.

    Autres annonces liées à la santé et au social

    • Handicap : remboursement intégral des fauteuils roulants dès 2025.
    • Sport santé : 100 000 bilans d’activités physiques pour les malades chroniques.
    • Enfance : création d’un Haut-Commissariat à l’enfance.
    • Précarité étudiante : construction de 15 000 logements étudiants par an pendant trois ans.

    Professionnels de santé et citoyens attendent désormais des précisions chiffrées sur la répartition de ces crédits et sur les réformes envisagées.

     

  • Levées de fonds health tech : Une dynamique en rebond 761.9M€ levés en France (+17%)

    Activité constante sur l’année , montants records en septembre

    • Périodes fortes : Septembre est le mois record avec 211,1 M€ levés en 9 deals. Novembre affiche le plus grand nombre de deals (10) pour un montant de 71,4 M€.
    • Saisonnalité : Une forte activité est observée en début (janvier) et fin d’année (novembre, décembre);
    • Corrélation partielle : Un grand nombre de deals n’entraîne pas toujours des levées significatives (ex. octobre : 2 deals, 4,5 M€).

    Les levées de fonds ont été particulièrement marquées par des pics d’activité au cours de l’année. Le troisième trimestre s’est distingué avec un montant record de 280,9 millions d’euros, porté notamment par la levée d’Alan en septembre. Le quatrième trimestre a également été actif avec 155,6 millions d’euros levés.

    Sur le plan des phases de financement, la série F domine avec 173 millions d’euros. Les séries A et Seed suivent avec respectivement 141,9 millions d’euros et 107,1 millions d’euros, témoignant du dynamisme des entreprises en phase de développement initial.

     

    Auvergne-Rhône-AlpesOccitanie et Nouvelle-Aquitaine dans le Top 5 des régions attractives

    La répartition géographique des levées de fonds montre une concentration significative autour des grands pôles urbains et économiques. la région parisienne se distingue largement avec un total de 595 millions d’euros, soit plus de cinq fois les montants levés dans la deuxième région la plus performante. Cette domination s’explique notamment par la présence de startups phares comme Alan, qui a levé 173 millions d’euros, et TRICares avec 47 millions d’euros.

    La région Auvergne-Rhône-Alpes arrive en deuxième position avec 92,1 millions d’euros, suivie de l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, avec respectivement 22,8 millions d’euros et 21,6 millions d’euros.

    Un megadeal observé  : alan (173M€)

     

    Exécutive summary

    Dans cet indicateur  retrouvez

    Cartographie : Bilan 2024 des fusions-acquisitions en santé numérique

    En 2024, le secteur de la santé numérique en France a connu une forte activité de fusions et acquisitions, marquée par des opérations comme l’achat d’Amolyt Pharma, société de biotechnologie Lyonnaise spécialisée dans les maladies métaboliques rares, par AstraZeneca pour un montant d’1,05 milliard de dollars. Cette cartographie présente les principales transactions de l’année.

    US : Bilan des levées de fonds 2024 , entre rebond et équilibre (CBInsight)

    L’année 2024 a marqué un tournant dans le paysage des levées de fonds aux États-Unis, selon le rapport State of Venture 2024 de CB Insights. Malgré un contexte économique globalement incertain, les tendances clés révèlent un dynamisme retrouvé, notamment grâce à des secteurs émergents comme l’intelligence artificielle (IA). Voici les principaux enseignements de cette année.

    Bilan 2024 des levées de fonds en santé numérique : 72 opérations pour 762 M€ levés

    Parmi les entreprises les plus remarquables, Alan, spécialisée dans l’assurance santé, a réalisé la plus importante levée de fonds de l’année avec 173 millions d’euros. Elle est suivie par TRICares (47 millions d’euros), active dans le domaine des dispositifs médicaux, et par uromems, qui a levé 44 millions d’euros pour développer des solutions en médecine de précision.

    Bilan 2024 des levées de fonds en santé numérique : Aqemia, Alan et Bioptimus dans le top 10 des plus gros montants levés

    Sur les 761,9 millions d’euros levés par les entreprises françaises du numérique en santé en 2024, 467,7 millions d’euros ont été levés lors des 10 plus grosses levées de fonds de l’année. Alan, Aqemia, Tricares… 9 sociétés ont levé entre 22 et 173 millions d’euros au cours de l’année 2024.