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  • Téléconsultation, rééducation, DPI : retour sur six faillites dans la santé numérique en 2024

    H4D : un modèle économique fragile

    La faillite la plus médiatisée de l’année 2024 est sûrement celle de l’entreprise de téléconsultation H4D. Créée en 2008 par le docteur Franck Baudino, elle avait été la première, à l’échelle européenne, à commercialiser une cabine de télémédecine permettant de dialoguer à distance avec un médecin et de réaliser certains examens médicaux. Fin septembre, les 150 cabines de téléconsultation gérées par l’entreprise sont devenues inutilisables, mettant dans l’embarras certains patients et partenaires. En cause : un modèle économique basé sur la rémunération d’une structure externe de médecins, entraînant des pertes croissantes, les revenus des consultations ne couvrant pas les coûts. Paradoxalement, l’explosion des téléconsultations due à la Covid-19 et leur remboursement par la Sécurité sociale ont eu un impact plus négatif que positif pour la société. H4D était une entreprise concentrée sur la partie matériel de la télémédecine, le prix d’une cabine avoisinait les 100 000 euros. La faillite de H4D ne signifie en rien la faillite globale du domaine de la télémédecine, pour preuve l’entreprise de téléconsultation Medadom, qui emploie des médecins et propose la location de cabine ou de bornes, enregistre plus de 200 000 actes par an selon le décompte de l’assurance maladie, soit 15% de la totalité des téléconsultations, 95% de ses dispositifs sont installés dans des pharmacies. 

    Anam’note dépose le bilan, freinée par des blocages réglementaires

    Anam’note, créateur d’un dossier patient informatisé (DPI) s’appuyant sur des technologies d’IA et de modèles de langage (LLM), a fait faillite cette année. Son fondateur, Charles-Antoine Robert, a évoqué la difficulté posée par le délai d’attribution du marquage “CE” et les obstacles à la commercialisation de la solution, qui ont freiné les tentatives de levée de fonds nécessaires à la pérennisation de l’entreprise.

    LNA Santé reprend les actifs de Smart Macadam et relance l’application de rééducation Stand’hop

    Une partie des actifs de la start-up nantaise Smart Macadam, mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes, a été rachetée par LNA Santé, un groupe spécialisé dans la gestion de maisons de santé. Rebaptisée Stand’hop, la solution, en phase de test depuis l’été 2024, devait entrer en phase d’études cliniques dans les mois suivants au CHU de Nantes et d’Angers. Cependant, Smart Macadam n’a pas réussi à convaincre ses investisseurs de poursuivre le financement. Selon un communiqué de LNA Santé, le groupe reprend désormais le projet et intègre deux salariés de la start-up dans cette nouvelle phase. Le projet de Smart Macadam avait mobilisé un consortium incluant le Gérontopôle des Pays de la Loire, LNA Santé, les CHU de Nantes et d’Angers et la BPI.

    Dispositif médical : Myotact dépose le bilan malgré 545 000 euros de financements

    Myotact, fondée en 2022 après trois ans de recherche au sein de l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine (Incia), a également cessé ses activités en 2024. La société avait développé un prototype de bracelet connecté destiné à aider à la rééducation des membres supérieurs après un AVC ou une amputation. Malgré des financements conséquents – 100 000 euros du fonds néerlandais NLC Health, une subvention régionale de 70 000 euros, 375 000 euros via le concours i-Lab et des prêts garantis par Bpifrance – l’entreprise a déposé le bilan en janvier 2024. Le développement du dispositif a pris plus de temps que prévu. À souligner également : un manque d’appétit des investisseurs pour les projets en phase de démarrage, particulièrement dans le secteur des dispositifs médicaux. Ce secteur, soumis à une réglementation européenne plus stricte et à des coûts de production en hausse, est devenu encore plus difficile à financer.

    Sadigh Group ferme : fin d’une ambition de digitalisation du médico-social

    Début octobre 2024, c’est la société Sadigh Group SAS et ses filiales Gridbear, Itio et Quantoom qui mettent la clé sous la porte. Sadigh Group avait développé quatre domaines d’activité, le conseil, la formation, le hardware et le digital, convaincu de l’importance de digitaliser et d’optimiser l’organisation des acteurs du médico-social.

    Pharmasimple : un modèle de financement ambigu

    En 2020, Pharmasimple était entrée en bourse avec un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros, porté par la période Covid, au point d’intéresser le groupe Intermarché qui avait préparé une offre de rachat à hauteur de 39 millions d’euros en 2021. Pour des raisons inconnues, Intermarché est revenu sur sa décision. Alors que Pharmasimple préparait sa vente, l’entreprise n’a plus cherché activement de nouveaux financements, entraînant des problèmes de trésorerie. Elle s’est alors tournée vers Alpha Blue Ocean (ABO) pour un financement structuré en obligations convertibles. Toutefois, selon Michaël Willems, fondateur de Pharmasimple, ce modèle de financement a provoqué une dilution massive et une chute drastique du cours de l’action. D’après lui, ABO aurait utilisé les actions en garantie pour générer du cash, exerçant ainsi une pression sur le cours de l’action. Par ailleurs, Pharmasimple a dû renoncer à son projet de transformation stratégique (achat de pharmacies physiques) en raison de l’absence de financements suffisants.

     

  • US : Bilan des levées de fonds 2024 , entre rebond et équilibre (CBInsight)

    Rebond spectaculaire au quatrième trimestre 2024

    Après plusieurs années de ralentissement marqué, le dernier trimestre 2024 (Q4) a enregistré un volume de financement de 60,8 milliards de dollars répartis sur 2 169 transactions, selon les données de CB Insights. Ce chiffre représente une augmentation significative par rapport aux trimestres précédents et témoigne d’un regain d’optimisme parmi les investisseurs, soutenu par des méga-levées de fonds (deals supérieurs à 100 millions de dollars), qui ont constitué 60 % du financement total.

    Cependant, le nombre de transactions continue de diminuer, atteignant seulement 5 842 deals, reflétant une concentration des capitaux sur des méga-transactions. Ce rebond suggère un regain de confiance des investisseurs malgré un marché encore sélectif.

    En synthèse :

    • 2024 a confirmé la résilience et la capacité d’adaptation de l’écosystème de levées de fonds aux États-Unis, tout en soulignant l’importance croissante de l’IA comme moteur d’innovation. Ce bilan laisse présager une année 2025 tout aussi dynamique, portée par les tendances technologiques et les évolutions des marchés ;
    • Tout comme en France, les levées de fonds précoces (early-stage) ont connu un regain d’intérêt, atteignant un montant médian record de 25 millions de dollars. Les startups en phase initiale bénéficient de la capacité à développer des produits avec des coûts réduits grâce aux avancées technologiques, notamment en IA. Cependant, les financements en stade intermédiaire et tardif, bien qu’en légère reprise par rapport à 2023, restent inférieurs aux niveaux de 2021 et 2022 ;
    • En 2024, le temps médian entre le premier financement et l’introduction en bourse pour les startups soutenues par du capital-risque a atteint 7,5 ans, soit deux ans de plus qu’en 2022. Cela reflète des conditions de marché défavorables qui poussent certaines entreprises à privilégier des tours de table supplémentaires ou des ventes d’actions privées pour maintenir leur liquidité ;
    • Les hubs traditionnels tels que la Silicon Valley et New York ont continué de dominer les levées de fonds. Cependant, d’autres régions comme Austin et Miami commencent à émerger, attirant des capitaux importants grâce à des environnements fiscaux favorables et des écosystèmes technologiques en plein essor.

     

    L’Ascension de l’Intelligence Artificielle : redéfinition du paysage de l’investissement, consolidant sa place comme secteur prioritaire pour les investisseurs en capital-risque

    Le rapport note également une augmentation de 150 % des transactions liées à l’IA. Ces technologies, encore à un stade émergent, attirent des investissements massifs, les investisseurs misant sur leur potentiel disruptif.

    Quelques points saillants du rapport :

    1. Hausse historique de la part de l’IA : En 2024, l’IA a capturé 37 % du financement total en capital-risque et 17 % du nombre total de transactions, un record. Cela montre l’engouement croissant des investisseurs pour ce domaine.
    2. Croissance rapide depuis 2015 : La part du financement pour l’IA est passée de 5 % en 2015 à 37 % en 2024, avec une progression particulièrement marquée depuis 2022 (14 % à 37 %).
    3. Transactions majeures : Les 5 plus grandes levées de fonds de l’année ont été réalisées par des entreprises d’IA. Databricks a dominé avec une levée record de 10 milliards de dollars (série J), suivie par OpenAI (6,6 milliards de dollars) et xAI (6 milliards de dollars).
    4. Raisons de cet intérêt : Cette tendance reflète l’importance stratégique de l’IA dans divers secteurs économiques, avec des investisseurs qui cherchent à capturer les bénéfices futurs de ces technologies émergentes
    5. Près de trois transactions sur quatre dans l’IA étaient à un stade précoce (early-stage), soulignant une stratégie claire des investisseurs de miser sur des innovations prometteuses. Ces levées précoces ont attiré des montants record avec une valuation médiane à ce stade atteignant 25 millions de dollars.
    6. Fusions et acquisitions en santé numérique : Une entreprise sur deux acquises en 2024 était spécialisée en intelligence artificielle.

    Santé numérique : Financement à l’équilibre

    Selon les données CBInsight, on observe une baisse marquée du financement et des transactions en santé numérique depuis le pic de 2021 lié à la crise sanitaire (52,8 Mds $ et 2 902 deals) jusqu’à 2024 (15,6 Mds $ et 1 225 deals). Cette tendance reflète un retour à la normalité post-pandémie, avec une stabilisation relative entre 2023 et 2024, les investisseurs se concentrant sur des projets stratégiques.

    Quelques évènements marquants à l’international 2024:

    • Ambience Healthcare lève 70 M$ pour faciliter la prise en charge des maladies pulmonaires : La start-up californienne Ambience Healthcare a annoncé une levée de fonds de 70 millions de dollars en série B, dans un tour de table mené par Kleiner Perkins et OpenAI Startup Fund. La jeune pousse développe des outils d’intelligence artificielle pour aider les médecins à diagnostiquer et à traiter les maladies pulmonaires ;
    • Alaffia Health lève 10 M$ pour développer ses solutions GenAI: Spécialisée dans les solutions d’intelligence artificielle générative (Gen AI) pour les demandes d’assurance santé, Alaffia Health sécurise 10 millions de dollars lors d’un tour de financement de série A, portant son financement total à 17,6 millions de dollars ;
    • Transcarent évaluée à 2,2 M$ après son dernier tour de table et une levée de fonds de 126 M$ : Cette opération, témoigne de la confiance croissante des investisseurs dans les startups technologiques, en particulier dans le secteur de la santé. Fondée en 2020, Transcarent est une startup de santé numérique qui aide les entreprises à réduire les coûts et à gérer efficacement les prestations de soins de santé pour leurs employés en utilisant l’IA pour réduire la complexité ;
    • Xaira Therapeutics lève 1 Md$ pour sa plateforme d’intelligence artificielle : Xaira Therapeutics, une entreprise de découverte et de développement de médicaments basée sur l’IA, a annoncé son lancement avec plus de 1 milliard de dollars de capital. Dirigée par le PDG Dr. Marc Tessier-Lavigne, Xaira se concentre sur la découverte et le développement de médicaments grâce à l’apprentissage automatique et à la modélisation des données ;
    • EvolutionaryScale lève 142 millions de dollars pour son modèle d’IA en biologie : EvolutionaryScale, start-up spécialisée en intelligence artificielle générative pour la biologie, a levé 142 M$ pour soutenir la recherche et le développement de sa solutions en biologie computationnelle, visant à transformer les domaines de la génomique, de la protéomique et de la biochimie. L’objectif est d’accélérer les découvertes scientifiques et d’améliorer les traitements médicaux ;
    • Huma lève 80 M$ et lance une plateforme IAGen: Cette levée de fonds en série D permettra à Huma de lancer sa nouvelle plateforme Huma Cloud, intégrant l’intelligence artificielle générative. Cette initiative vise à accélérer le développement de solutions de santé numérique en réduisant les coûts et les délais, avec des fonctionnalités de configuration sans code et d’hébergement flexible ;
    • Truvian Health lève 74 M$ pour une plateforme de diagnostics sanguins automatisés : Cette levée de fonds permettra d’accélérer la commercialisation de sa technologie, qui vise à fournir des résultats de tests sanguins rapides et précis en point de soins. Cette innovation pourrait transformer la manière dont les diagnostics médicaux sont réalisés, rendant les tests plus accessibles et efficaces pour les patients et les professionnels de santé ;
    • La société de capital-risque Asabys Partners lève 200 M$ pour investir dans l’innovation en santé : a société basée à Barcelone, a levé 180 M€ pour soutenir l’innovation dans la santé numérique. Dirigée par Maite Malet, la firme prévoit d’investir dans 12 à 15 entreprises en Europe, avec des plans d’expansion aux États-Unis, pour accompagner leur croissance de la phase initiale à leur expansion internationale, en particulier dans le domaine de la technologie de santé.

    TOP 10 des levées de fonds réalisées aux USA en 2024

    Société Montants levés en M$ investisseurs Type de tour Date
    Freenome $254M Roche, Andreessen Horowitz, Artis Ventures, DCVC,
    Perceptive Advisors
    Series F 2024-02-15
    Oura $200M Dexcom Ventures, Fidelity Investments Series D 2024-11-19
    Foodsmart $200M The Rise Fund Series D 2024-06-26
    BioAge Labs $170M Sofinnova Ventures, Andreessen Horowitz, Amgen Ventures,
    Cormorant Asset Management, Lilly Ventures
    Series D 2024-02-13
    Sidecar Health $165M Koch Disruptive Technologies, Cathay Innovation, Drive
    Capital, GreatPoint Ventures, Menlo Ventures
    Series D 2024-06-26
    Abridge $150M Lightspeed Venture Partners, Redpoint Ventures, Bessemer
    Venture Partners, Institutional Venture Partners, Spark
    Capital
    Series C 2024-02-23
    Cellanome $150M General Catalyst, 8VC, Cambridge Innovation Capital,
    Illumina Ventures
    Series B 2024-01-29
    Zing Health $140M CRG, First Trust Capital Partners, Health2047 Capital
    Partners, Newlight Partners, Town Hall Ventures
    Series A 2024-09-25
    Enveda $130M FPV Ventures, Kinnevik, Lingotto Investment
    Management, Lux Capital, Premji Invest
    Series C 2024-11-21
    Transcarent $126M 7wire Ventures, General Catalyst, Threshold Ventures,
    Ally Bridge Group, Alta Partners
    Series D 2024-05-02

     

  • Bilan 2024 des levées de fonds en santé numérique : Aqemia, Alan et Bioptimus dans le top 10 des plus gros montants levés

    Top 10 des levées de fonds de l’année 2024

    🥇 Alan lève 173 millions pour accélérer son développement à l’international :

    La licorne française Alan, spécialisée dans l’assurance santé, a levé 173 millions d’euros lors d’un tour de table mené par la banque belge Belfius en septembre 2024. Cette levée, qui porte le montant levé par la société à 400 millions d’euros, fait passer la valorisation d’Alan à 4 milliards d’euros. Alan prévoit d’accélérer son expansion internationale et de développer des outils basés sur l’IA, tout en maintenant son objectif de rentabilité d’ici 2026.

    🥈 Aqemia lève 66,2 millions d’euros en deux levées de fonds :

    Avec ses deux levées de fonds de 36,2 et de 30 millions d’euros au cours de l’année 2024, la techbio parisienne a franchi la barre des 100 millions de dollars levés et débute son expansion mondiale, avec l’ouverture d’un bureau à Londres en janvier 2025. Aqemia utilisera également ces fonds pour poursuivre l’avancement de sa plateforme qui transforme la découverte de médicaments en concevant des médicaments innovants et surs, plus efficacement.

    🥉 TRICares lève 46 millions d’euros our le développement de sa valve tricuspide :

    TRiCares a annoncé en juillet 2024 avoir levé un financement de 50 millions de dollars (46M€) lors d’un tour de série D, destiné à soutenir le développement de sa valve tricuspide. Ce capital servira à franchir les prochaines étapes cliniques aux États-Unis et en Europe pour son système de remplacement de la valve tricuspide par voie transfémorale (TTVR). Parmi ces étapes figurent la finalisation d’une étude de faisabilité précoce (EFS) aux États-Unis, le lancement d’un essai pivot en Europe, ainsi que l’élargissement de la gamme de tailles de valves pour le système Topaz TTVR et la mise au point d’un système de délivrance de nouvelle génération.

    4️⃣ Uromems lève 44 millions d’euros pour son implant contre l’incontinence urinaire sévère :

    La start-up grenobloise, Uromems, a levé 44 millions d’euros pour financer les études cliniques de son implant destiné à traiter l’incontinence urinaire sévère. Ce dispositif mécatronique, protégé par 150 brevets, se distingue par un sphincter artificiel permettant un contrôle facilité des fuites urinaires. Cette levée de fonds soutiendra le développement jusqu’aux agréments de la FDA et de l’Union européenne, avec une commercialisation prévue après des essais cliniques en 2025. Le marché cible inclut des millions de patients en Europe et aux États-Unis.

    5️⃣ Cintoo obtient 37 millions d’euros de financement pour améliorer sa plateforme SaaS :

    Avec ce nouveau financement, Cintoo prévoit d’améliorer sa plateforme SaaS en élargissant son portefeuille d’intégrations et va doubler ses investissements pour fournir des applications de pointe pour les secteurs de la construction et de l’industrie. Il s’agira notamment de s’appuyer sur sa toute nouvelle expérience de métavers industriel et sur ses capacités de marquage automatique des actifs. Ces efforts favoriseront sa croissance internationale aux États-Unis et en Europe.

    Cintoo est spécialisée dans la transformation de données de scan laser 3D volumineuses en maillages 3D haute résolution 10 à 20 fois plus petits sans sacrifier la précision. Sa plateforme SaaS permet aux organisations utilisant des scanners terrestres, mobiles ou des drones de gérer, partager et collaborer efficacement sur leurs données de Reality Capture.

    6️⃣ Créée par Owkin en 2024, la start-up Bioptimus lève 32,4 millions d’euros :

    Créer des grands modèles de langages (LLM) afin d’accélérer la découverte de médicaments : telle est l’ambition de Bioptimus, la start-up créée par les dirigeants d’Owkin, qui va s’appuyer sur l’expertise de cette dernière en termes de recherche de nouvelles thérapies par l’intelligence artificielle (IA) pour développer des modèles d’IA prédictive. La start-up qui est logée au même siège social qu’Owkin, dans le 9e arrondissement de Paris, a levé 32,4 millions d’euros pour développer le premier modèle d’IA générative spécialisé pour la biologie.

    7️⃣  Resilience lève 23,1 millions d’euros pour devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques :

    Après un financement d’amorçage de 5 millions d’euros puis une série A de 40 millions d’euros, Resilience, société pionnière de la télésurveillance médicale en oncologie, a levé 23,1 millions d’euros (25M$) en 2024. Cette injection financière vise à soutenir son expansion à l’international et sa diversification dans d’autres domaines médicaux, notamment les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, après avoir obtenu un remboursement pour sa solution par la sécurité sociale en 2023.  La société vise à devenir le leader européen de la prise en charge à distance des patients atteints de maladies chroniques.

    8️⃣ May Health lève 23 millions d’euros pour son traitement innovant contre l’infertilité liée au SOPK :

    Dans un tour de table mené par Bpifrance et Trill Impact Ventures, May Health a levé 23 millions d’euros en série B. Ce financement soutiendra l’étude pivot “rebalance”, visant à évaluer le traitement de rééquilibrage ovarien de la société pour les femmes souffrant d’infertilité due au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

    9️⃣ Nabla lève 22 millions d’euros pour accélérer le déploiement de Nabla Copilot aux USA :

    Dans un tour de table mené par Cathay Innovation et Zebox Ventures, le spécialiste français de la génération automatique des comptes-rendus médicaux, Nabla, a levé 24 millions de dollars (environ 21,95 millions d’euros) en série B en janvier 2024. Après une levée de fonds à hauteur de 17 millions d’euros en 2021 pour diffuser son application dédiée à la santé de la femme et personnalisée grâce à l’IA, cette nouvelle levée de fonds lui permet d’atteindre une valorisation de 180 millions de dollars.  La start-up parisienne a utilisé les fonds récoltés pour continuer de faire évoluer son logiciel Nabla Copilot et d’accélérer son déploiement aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays “où l’IA peut aider à relever les défis auxquels les systèmes de santé sont confrontés”.

    Cartographie des 10 plus grosses levées de fonds de 2024 :

    * Vous pouvez accéder aux fiches des entreprises avec un clic droit “ouvrir le lien dans un nouvel onglet” sur leur logo.

  • Bilan 2024 des levées de fonds en santé numérique : 71 opérations pour 762 M€ levés

    En 2024, plusieurs régions ont émergé comme des pôles majeurs d’innovation en santé numérique Paris et l’île de France s’impose une fois de plus en tête avec plus de 595,7 millions d’euros, soit plus de cinq fois les montants levés dans la deuxième région la plus performante : Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière est suivie par l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine.

    Une dynamique soutenue tout au long de l’année

    Les levées de fonds ont été particulièrement marquées par des pics d’activité au cours de l’année. Le troisième trimestre s’est distingué avec un montant record de 280,9 millions d’euros, porté notamment par la levée d’Alan en septembre. Le quatrième trimestre a également été actif avec 155,6 millions d’euros levés.

    Sur le plan des phases de financement, la série F domine avec 173 millions d’euros. Les séries A et Seed suivent avec respectivement 141,9 millions d’euros et 107,1 millions d’euros, témoignant du dynamisme des investisseurs pour des entreprises en phase de développement initial.

    Quelques faits saillants :

    • 71 opérations réalisées par les startups de la santé numérique et plus de 762 M€ levés en 2024 ;
    • Le ticket moyen est de 11,2M€ ;
    • Alan réalise le seul megadeal (> 100M€) avec un ticket de 173M€ ;
    • Plus de la moitié des entreprises ayant levé des fonds au premier trimestre 2024 ont recueilli des montants entre 5 et 30 millions d’euros, avec plus de 44 % des opérations réalisées en amorçage. Ce bilan au premier trimestre 2024 est marqué par l’absence de mega deals : aucune levée de fonds ne dépasse les 30 millions d’euros.;
    • Au deuxième trimestre, le ticket maximum est de 44 millions d’euros, près de la moitié des opérations réalisées ont été faites en amorçage tout comme au premier trimestre ;
    • Au troisième trimestre, le ticket maximum est de 44 millions d’euros, près de la moitié des opérations réalisées ont été faites en amorçage ;
    • Intelligence artificielle (IA) : L’IA reste un moteur majeur d’innovation, appliquée notamment à la découverte de médicaments, avec des levées importantes comme celle de AQEMIA (36,2 millions d’euros);
    • Certaines entreprises comme inheart et Aqemia ont réalisé plusieurs levées au cours de l’année, témoignant de leur solidité et de la confiance des investisseurs.
    Entreprise Montant en M€ Thématique & technologie Investisseurs Date de levée série de financement region
    AdEchoTech 4 Robot, Echographie à distance Banque des territoires, Crédit Agricole Régions Investissement, UI Investissement, IDEC Invest Innovation, Clery oct-24 NC Centre-Val de Loire
    AI4Dental 0,5 IA Provence Business Angels oct-24 amorçage Provence-Alpes-Côte d’Azur
    AKIVI 0,6 IA formation BA nov-24 seed Pays de la Loire
    Alan 173 Assurance santé Belfius Bank, Ontario Teachers Pension Plan, Temasek, Coatue Management, Lakestar sept-24 serie F Paris
    ALOGIA Groupe 6,5 Silver Économie, Prevention  la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts), GSO Innovation et Crédit Agricole Aquitaine Expansion (fonds régionaux de Crédit Agricole), NACO et AQUITI Gestion janv-24 amorçage Nouvelle-Aquitaine
    AQEMIA 36,2 drug discovery , Gen AI cathay innovation déc-24 serie A Île-de-France
    Aqemia 30 Artificial Intelligence (AI)
    Biotechnology
    Generative AI
    Life Science
    Machine Learning
    Pharmaceutical
    Eurazeo, Bpifrance, alaia, wendel group janv-24 serie A Paris
    Archeon medical NC IA, ventilation Pulmonaire BNP Paribas, Caisse d’Epargne juil-24 serie A Bourgogne-Franche-Comté
    AVATAR MEDICAL 5 VR, chirurgie plug and play , go capital, acorn pacific venture, genitz, rives croissance févr-24 seed Paris
    Axomove 1,6 Physiothérapie Faraday Venture Partners, Santélys, Groupe JLO sept-24 amorçage Bourgogne-Franche-Comté
    AZMED 15 IA Techstars, Teampact Ventures, maison worm févr-24 serie A Paris
    Biolevate 6 IA documentation EQT Ventures, BA nov-24 seed Paris
    Biomemory 17 Data Bpifrance, via les fonds French Tech Seed et Deep Tech 2030, gérés pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030 déc-24 serie A Paris
    Biophta 6,5 Drug delivery, Medical Device UI investments, Elaia, Go Capital juin-24 amorçage Paris
    Bioptimus 32,4 IA biologie Sofinnova Partners, Bpifrance, Frst, Cathay Innovation, Headline, Hummingbird, NJF Capital, Owkin, Top Harvest Capital, business angels févr-24 seed Paris
    Bodysense 5,5 MD European Innovation Council, Swiss Diabetes Venture Fund avr-24 amorçage Toulouse
    Cintoo 37 jumeau numérique Partech, Amavi Capital, Armilar Venture Partners nov-24 série B Île-de-France
    Cure51 15 IA, Data cancer Sofinnova Partners, avec la participation de Hitachi Ventures, Life Extension Ventures, Xavier Niel et Datadog. févr-24 seed Paris
    DEEMEA 4 IA Karista, YZR Capital mai-24 amorçage Paris
    deeplife 9,5 jumeau numérique, drug discovery genAI  YZR Capital, Relyens , Beiersdorf, Prunay Impact déc-24 serie A Normandie
    DIABELOOP 15 IA Diabète LBO, Terumo Corporation, Innovacom, CERITD, CEMAG Invest, Kreaxi, Supernova Invest, AGIR A DOM, Crédit Agricole, Odyssée Ventures, UI Investissements, Promontoires mars-24 LATE STAGE Auvergne-Rhône-Alpes
    Doado 0,4 IA, application, TMS BPI, de la Région Nouvelle-Aquitaine et de Business Angels Français et Américains. nov-24 seed Nouvelle-Aquitaine
    D’un Seul Geste 0,4 RV, Formation, prevention NC juin-24 NC Île-de-France
    ELIXIR HEALTH 2 PMA business angels mars-24 amorçage Grand Est
    En Carta Diagnostics 1,5 DM Femtech CentraleSupélec Venture mai-24 amorçage Paris
    Feel 0,8 application , santé mentale BA avr-24 amorçage Paris
    hepta medical 5,7 DM cancerologie BPI France,  M&L Healthcare and Clery IG. sept-24 serie A Paris
    IMADIS Groupe et Deeplink 10 Développement médical, Télémedecine radiologues exerçant en interne sept-24 série A Auvergne-Rhône-Alpes
    Indienov 1,5 IA, IOT Business angels juil-24 amorçage Provence-Alpes-Côte d’Azur
    inheart 10,2 Medical device, cardiologie nvestisseurs : VESALIUS Biocapital IV, Elaia Partners, Nouvelle-Aquitaine Co-investissement, Sagana, Sofia Angel Ventures, CWR Funds, Webit Investment Network mai-24 serie A Nouvelle-Aquitaine
    inheart 0,8 IA Cardiologie SWEN Capital Partners nov-24 serie A Nouvelle-Aquitaine
    Jinko 2,2 Bien-être des patients cancéreux 360 Capital, avec la participation d’Alliance for Impact, le fonds à impact de Ventech, ainsi que de 10 business angels sept-24 amorçage Paris
    kenko 1,2 insurtech Business Angels juil-24 serie A Paris
    kinvent 16 big data, medical device Eurazeo, unifund, raphael varane, sofilaro janv-24 series B Occitanie
    Kiwee.care 0,9 support Business angels, dette juil-24 amorçage Paris
    KLAVA 1 deeptech angels bay invest févr-24 seed Paris
    Klineo 2 Essais cliniques Bpifrance, business angels avr-24 amorçage Paris
    kor 3,5 santé au travail, prévention Raise, AFI Ventures, Evolem, business angels avr-24 amorçage Paris
    Liberlo 2,2 Parcours de soins Groupe APICIL nov-24 amorçage Paris
    Life Plus 3 silverTech, objets connectés Banque des Territoires et Tsinor Venture Studio févr-24 serie B Île-de-France
    May 7 Infertilité Eurazeo et Ring Capital,  InnovAllianz et Racine² sept-24 serie A Paris
    May Health 23 DM Femtech Investisseurs : Bpifrance, Trill Impact Ventures, Sofinnova Partners, Avestria Ventures, Kidron Capital Assets LP mai-24 série B Paris
    Medinbox NC Imagerie Arbevel, IRDI Capital Investissement, GSO Innovation sept-24 NC Occitanie
    Metyos 2,3 capteurs biometriques Cenitz, Kima Ventures, Laboratoire Advans, Bpifrance, business angels mars-24 amorçage Paris
    Nabla 22 IA, plateforme, traitement et analyse de données Cathay Innovation avec la participation de Zebox Ventures (incubateur de CMA CGM) janv-24 serie B Paris
    Neosyad NC Robotique, reconstruction mammaire Business angels août-24 NC Provence-Alpes-Côte d’Azur
    NeuroClues 5 neurologie Investisseurs : White Fund, EIC Accelerator, Invest BW, business angels avr-24 amorçage Paris
    Next neurotech 0,8 IA, DM CALYSEED et SOFILARO Innovation, BPI France juil-24 NC Occitanie
    OMENA 0,8 Femtech 50 Partners Impact janv-24 seed Île-de-France
    omnidoc 6 Télé expertise Alven, Kurma Partners déc-24 série A Paris
    Orakl Oncology 11 essais cliniques, Data Singular, avec le soutien de Bpifrance déc-24 seed Paris
    pixacare 3 MD Elaia Partners, 50 Partners, business angels, French Tech Seed avr-24 seed Grand Est
    PraxySanté 0,6 IA NC sept-24 amorçage Île-de-France
    Primaa 4,5 IA Diagnostic Cenitz, Leia Capital, Clery, business angels nov-24 amorçage Paris
    Quantiq io 2,6 IA, Medical Device Telesuivi The moon Venture, Graine de Boss juin-24 NC Île-de-France
    Raidium 16 Radiologie, IA Newfund, Kurma Partners, Founders Future, Galion.exe, Techmind, Debiopharm, EIC nov-24 seed Paris
    Rebrain 3,7 traitement Karista, avec la participation de Nouvelle Aquitaine Co-Investissement (Naco) et d’investisseurs existants, févr-24 seed Nouvelle-Aquitaine
    Resilience 23,1 oncologie télésuivi Picus Capital, Red River West, Seaya Ventures, Singular, Cathay Innovation mai-24 série B Paris
    Reverto 1,2 RV Humans Matter avr-24 NC Auvergne-Rhône-Alpes
    skezi 1,9 Data cohortes Bpifrance, business angels nov-24 amorçage Auvergne-Rhône-Alpes
    SORELLA CARE 5 femtech blisce Vorwek ventures mars-24 amorçage Paris
    spinem robotics 10 robotique Spineart mai-24 serie A Auvergne-Rhône-Alpes
    Spotlight Medical 6,2 IA, cancer, Médecine Personnalisée Kurma Partners, Heal Capital juil-24 amorçage Paris
    SurgAR 11 Réalité augmentée chirurgicale Mutuelles Impact, XAnge, Elaia Partners, MH Innov’, Bpifrance, UI Investissement, Crédit Agricole Capital Innovation, BNP Paribas, Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes sept-24 NC Provence-Alpes-Côte d’Azur
    Surge 7,5 medecine de précision  Eurazeo  Kima, Teampact et MH Innov’ juin-24 amorçage Paris
    Swaive 2,2 Santé numérique Business angels juil-24 seed Paris
    Therasonic 1 Dispositif médical robotisé pour les maladies neurologiques. M2care mai-24 amorçage Paris
    Theremia 2 medecine personnalisée, IA Eurazeo, Salica Investments, Tiny VC, Entrepreneur First, Better Angle, business angels nov-24 amorçage Paris
    TRICares 47 DM Andera Partners juil-24 serie D Paris
    uromems 44 DM EIC, Credit Mutuel Innovation juin-24 serie C Auvergne-Rhône-Alpes
    Womed 6 femtech, Medical device IRDI SORIDEC Gestion janv-24 serie A Occitanie

     

    Une année 2025 prometteuse

    L’année 2024 s’achève avec des résultats prometteurs pour les entreprises de la santé numérique en France. Les levées de fonds témoignent de l’intérêt croissant des investisseurs pour ce secteur, marqué par des innovations technologiques et des solutions de santé connectées.

    La santé numérique reste un secteur clé, attirant des capitaux importants et stimulant l’innovation en France. Les investissements réalisés en 2024 montrent une dynamique forte, tant au niveau des technologies développées que des capacités de ces entreprises à répondre aux besoins croissants en solutions de santé connectée et personnalisée.

    Avec un écosystème en pleine expansion et des entreprises prometteuses, 2025 pourrait être une année décisive pour confirmer le leadership de la France dans ce secteur stratégique.

     

  • CES 2025 : 2 solutions françaises primées, plusieurs innovations et partenariats dévoilés… (bilan)

    49 solutions de santé numériques récompensées d’un award

    Lors de cette édition 2025 du CES, 47 dispositifs du numérique en santé ont obtenu un “innovation award – honoree” et seulement deux ont reçu un prix “best of innovation“. Ces deux solutions sont Hormometer d’Eli Health et la thérapie digital TD Square développée par l’université sud-coréenne d’Hanyang.

    ➡️ Pour ce qui est du Hormometer développé par la société canadienne, Eli Health, c’est un dispositif qui permet de fournir des informations en temps réel sur la santé hormonale grâce à l’analyse de la salive sur le smartphone du patient, grâce à un écouvillon. En trois étapes seulement, les utilisateurs peuvent collecter un échantillon de salive, scanner le test avec l’application Eli, et recevoir immédiatement des résultats détaillés sur leur smartphone. Ces résultats sont accompagnés d’analyses et de recommandations en temps réel pour équilibrer efficacement les niveaux hormonaux. Les premiers tests disponibles mesureront le cortisol, un marqueur clé du stress, et la progestérone, essentielle à la santé reproductive, avec d’autres hormones prévues à l’avenir. Accessible et facile d’utilisation, le Hormometer ambitionne de faire du suivi hormonal une routine aussi simple et courante que la vérification de sa fréquence cardiaque. Cette innovation ouvre la voie à une ère nouvelle de santé personnalisée, où les hormones deviennent un pilier central de l’optimisation du bien-être.

    ➡️ Pour ce qui est de la thérapie digital TD Square (TD2), il redéfinit le traitement des acouphènes en combinant thérapie cognitive, intelligence artificielle et réalité virtuelle (VR) pour offrir une alternative non médicamenteuse et sans effets secondaires. Ce dispositif utilise des systèmes de retour auditif, visuel et tactile, associés à des environnements immersifs en VR, pour réduire et contrôler les symptômes d’acouphènes grâce à des sons stéréophoniques générés par l’IA. Contrairement aux traitements traditionnels basés sur des médicaments souvent accompagnés d’effets indésirables, le TD2 propose une approche personnalisée. Dans l’environnement VR, les utilisateurs sont exposés à des stimuli sonores qui aident leur cerveau à réévaluer la perception des acouphènes, favorisant ainsi une diminution progressive des symptômes. Ce dispositif ouvre la voie à une gestion plus efficace et mieux tolérée des acouphènes, une condition qui touche environ 10 à 15 % de la population mondiale. En intégrant les technologies immersives et les algorithmes d’IA, le TD2 offre une solution prometteuse pour améliorer la qualité de vie des patients souffrant de cette affection souvent invalidante.

    Deux solutions françaises récompensées par un “innovation award – honoree” :

    Parmi les 47 solutions a avoir obtenu un “innovation award – honoree“, deux sont françaises :

    ➡️ le BPM Pro 2 de Withings, qui est le premier tensiomètre cellulaire conçu pour transformer la surveillance à distance des patients. Alliant technologie de pointe et suivi personnalisé, cet appareil offre trois fonctionnalités principales : des mesures cardiovasculaires avancées, des informations patients contextualisées et des recommandations de santé personnalisées.

    Le BPM Pro 2 permet aux utilisateurs de mesurer leur tension artérielle et permettra, dès 2025, d’effectuer des électrocardiogrammes (ECG) directement depuis le dispositif. La fonctionnalité Patient Insights” enrichit ces mesures en contextualisant les données grâce aux réponses des patients. Les équipes médicales peuvent poser des questions spécifiques via l’appareil pour mieux comprendre l’état de santé général, l’efficacité des traitements ou encore la qualité de vie des patients.

    Avec les Personalized Health Nudges, le BPM Pro 2 va plus loin en délivrant des messages motivationnels et des rappels personnalisés directement sur l’écran de l’appareil. Cette approche proactive soutient l’engagement des patients dans leur suivi médical, tout en facilitant la communication avec les professionnels de santé ;

    ➡️ les lunettes Nuance Audio OTC Hearing Aid d’EssilorLuxottica qui offrent une solution inédite aux personnes souffrant d’une perte auditive légère à modérée, tout en répondant à leurs besoins visuels. Ce dispositif révolutionnaire se situe à l’intersection de la vue et de l’audition, permettant à ses utilisateurs de bénéficier d’une expérience sonore optimale grâce à la technologie de formation de faisceau. Celle-ci capte les conversations avec une clarté surprenante, tout en filtrant les bruits de fond. Les lunettes Nuance Audio ne se contentent pas de corriger la vision et l’audition, elles redéfinissent la manière dont ces deux sens peuvent être améliorés simultanément, offrant ainsi une nouvelle liberté et un confort au quotidien.

    De nombreuses annonces pour le numérique en santé :

    Plusieurs grandes annonces dans le suivi :

    Parmi les grandes annonces, Withings a présenté l’Omnia Health Screening Mirror, un miroir intelligent capable d’analyser la santé cardiaque, pulmonaire, et bien d’autres paramètres, en combinant des capteurs de pointe et une interface vocale intuitive. Abbott a dévoilé Lingo, un capteur de glycémie portable pour mieux comprendre les facteurs influençant les pics de glucose et aider à prévenir le diabète.

    Le Digital Health Summit, précédent le CES, a également été l’occasion d’annoncer des partenariats stratégiques : Withings s’associe à Amazon Alexa pour intégrer le suivi vocal dans ses dispositifs connectés, tandis que Philips collabore avec BioIntelliSense pour intégrer des capteurs de surveillance continue dans ses solutions de télésanté.

    3 innovations robotiques présentées :

    Le CES 2025 a aussi mis en avant des solutions robotiques pensées pour améliorer l’autonomie et alléger le travail des soignants. German Bionic a dévoilé son exosquelette Apogee+, conçu pour aider les professionnels de santé à réduire les efforts physiques, tandis que Biomotum Spark a présenté un dispositif robotique révolutionnaire pour restaurer la mobilité des personnes ayant des troubles de la marche.

    Dans le domaine de l’assistance personnelle, BODY and More a révélé switleBODY, un outil permettant de laver les patients immobilisés sans mouiller les draps, une innovation pensée pour les soins à domicile et les hôpitaux.

    La santé mentale aussi à l’honneur :

    La santé mentale était également à l’honneur avec des dispositifs comme le Moonbuddy, conçu pour aider les enfants à gérer leur anxiété grâce à des exercices de respiration tactile, ou le pendentif PieX AI, intégrant une intelligence artificielle embarquée pour accompagner les utilisateurs dans leur bien-être émotionnel et psychologique.

    De nombreuses technologies médicales avancées présentées :

    Des innovations marquantes ont également émergé dans le domaine médical. Apneal propose une solution basée sur l’IA pour diagnostiquer l’apnée du sommeil via un simple smartphone, tandis que Netri révolutionne la recherche pharmaceutique avec ses mini-organes humains sur puce, permettant de prédire les effets secondaires des médicaments.

    Dans un autre registre, L’Oréal a dévoilé Cell BioPrint, un dispositif analysant la protéomique de la peau pour prédire son vieillissement et évaluer la réactivité aux ingrédients actifs. Enfin, EssilorLuxottica a annoncé le rachat de Pulse Audition, renforçant sa position sur le marché des lunettes connectées intégrant des solutions auditives de pointe.

    Des dispositifs non invasifs, comme ELIXIR pour l’analyse sanguine ou le tensiomètre connecté sans brassard d’Accurate Meditech, ont montré comment la technologie peut simplifier les diagnostics et rendre les soins plus accessibles. NeuroClues, pour sa part, utilise le suivi oculaire basé sur l’IA pour diagnostiquer rapidement des maladies neurodégénératives.

    Dassault Systèmes a, quant à lui, marqué le CES avec son expérience interactive sur les jumeaux virtuels, illustrant comment cette technologie pourrait transformer la prévention, le traitement et la santé publique. Dans le même esprit, MoveR a présenté une thérapie immersive 3D pour la rééducation des troubles liés à la neurodiversité, sans casque VR ni capteurs.

     

  • La CNIL veille à rendre conforme la SE au RGPD

    La CNIL va ainsi auditionner les candidats à son 4ème appel à projets « bac à sable », dédié cette fois au secteur de la SE, dont les trois lauréats seront connus courant février.

    Le pack conformité de la SE est devenu obsolète

    Le pack de conformité Silver économie et données personnelles actuel de la CNIL date de novembre 2017. Il a été élaboré sur la base des dispositions de la loi Informatique et libertés de 1978. Or depuis cette date, l’Union européenne a élaboré le règlement général de protection des données (RGPD), rendu applicable en mai 2018. Suite à cela, la loi de 1978 a aussi été modifiée la même année par la loi relative à la protection des données personnelles.

    Le pack de conformité de 2017 est ainsi en partie obsolète avec l’entrée en vigueur de la réglementation européenne et il doit être mis à jour.

    Le RGPD et la SE

    Lors de l’élaboration de nouveaux dispositifs destinés aux seniors, de nombreuses questions se posent, par exemple :

    • Comment protéger les personnes tout en respectant leur droit à la vie privée et à la dignité ?
    • Comment informer de manière compréhensible les personnes sur les soins les concernant ?
    • Comment rendre compatibles les outils utilisant l’intelligence artificielle avec le respect des principes du RGPD ou de la loi relative à la protection des données personnelles ?

    Le règlement général de protection des données (RGPD) a été conçu autour de trois objectifs :

    • Renforcer les droits des personnes ;
    • Responsabiliser les acteurs traitant des données ;
    • Crédibiliser la régulation grâce à une coopération renforcée entre les autorités de protection des données.

    Le dispositif « bac à sable »

    Ce dispositif est mis en place par la CNIL pour la quatrième fois. Il est destiné à apporter une aide à la fois juridique et technique aux trois lauréats, les entreprises ou organismes qui seront désignés à l’issue de la procédure d’audition et de sélection en cours.

    C’est dans le même temps une manière, explicitement recherchée par la CNIL, de travailler de concert avec les entreprises ou organismes sélectionnés dans le but de parfaitement adapter au contexte particulier de la SE les dispositions du RGPD. Les enseignements qui pourront être tirés de cette collaboration devraient être utiles à l’actualisation du Pack conformité de la SE. C’est le sens de la démarche du bac à sable.

    L’identité nationale de santé (INS)

    Toujours dans le même souci de fiabilisation et de protection des données des personnes dans les systèmes sanitaires et médico-social, un nouveau référentiel de l’INS vient d’être publié par arrêté du 12 décembre. Il précise les règles qui s’appliquent à l’intégration dans les logiciels existants ou à construire de la prise en compte de l’INS.

     

    Pack silver économie de la CNIL : https://www.cnil.fr/sites/cnil/files/atoms/files/pack_silver_economie_v4.pdf

    Appel à projets 2024 de la CNIL : https://www.cnil.fr/fr/bac-sable-donnees-personnelles-la-cnil-lance-un-appel-projets-pour-la-silver-economie

    Sur l’INS : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000050771440/

  • L’OMS annonce la première préqualification d’un test de diagnostic de la tuberculose

    Un quart de la population mondiale infectée par le bacille tuberculeux

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a préqualifié le test moléculaire Xpert® MTB/RIF Ultra de Cepheid. C’est le premier test de diagnostic de la tuberculose et de la sensibilité aux antibiotiques pour adultes et enfants conforme aux normes de préqualification de l’OMS.

    Selon l’OMS, la tuberculose est redevenue la principale cause de décès liée à un agent infectieux unique :

    • Plus de 11 millions de personnes ont contracté la tuberculose l’an dernier, dont 6 millions d’hommes, 3,6 millions de femmes et 1,3 million d’enfants
    • Un quart de la population mondiale est infecté par le bacille de Koch.
    •  Chaque jour, près de 4 400 personnes meurent de cette maladie.

    Un diagnostic rapide et précis de la tuberculose

    Le test Xpert MTB/RIF Ultra, conçu pour le système GeneXpert, utilise des cibles multiples et des courbes de fusion pour détecter le matériel génétique de Mycobacterium tuberculosis. Il offre plusieurs avantages :

    • Résultats rapides : diagnostics disponibles en quelques heures.
    • Détection des résistances : identifie les mutations liées à la résistance à la rifampicine, un marqueur clé de la tuberculose multirésistante.
    • Ciblage précis : destiné aux patients dépistés positifs, n’ayant pas commencé ou ayant suivi moins de trois jours de traitement antituberculeux récemment.

    La préqualification OMS, un levier pour l’accessibilité

    La préqualification de l’OMS repose sur :

    • Des données probantes émergentes.
    • La précision diagnostique.
    • L’accessibilité et l’équité.

    Cette évaluation, appuyée par l’expertise de l’Autorité des sciences de la santé (HSA) de Singapour, facilite l’accès mondial au test. Elle encourage gouvernements et partenaires internationaux à financer son déploiement, rendant cette technologie accessible, même dans les régions défavorisées. L’OMS évalue actuellement sept autres tests de dépistages de la tuberculose.

     

  • Ministère de la santé : G. De Vitry et M. Cohen, de nouveau à la tête du cabinet de la ministre

    Geoffroy de Vitry qui continue son bout de chemin au Gouvernement

    Diplômé du double cursus Sciences PoHEC Paris en Corporate & Public Management en 2014, Geoffroy de Vitry a évolué pendant près d’une décennie au sein du Gouvernement. Après des débuts comme administrateur à la Commission des finances de l’Assemblée nationale (2015-2020), où il a accompagné des réformes budgétaires majeures, il a réussi à s’imposer dans les ministères.

    En juillet 2020, il devient le conseiller chargé des lois financières auprès du ministre délégué aux Comptes publics avant de gravir les échelons au sein du ministère du Travail, devenant successivement directeur adjoint puis directeur de cabinet pour la première fois en 2023, lorsqu’Olivier Dussopt était le ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion. Son passage éclair comme Haut-commissaire à l’enseignement et à la formation professionnels (mars-sept. 2024) a également marqué les esprits par sa volonté de dynamiser les parcours d’apprentissage. Après cette expérience, il est de nouveau nommé directeur de cabinet du ministre du Travail à 3 reprises, au sein de Gouvernement Attal, Barnier puis Bayrou. Par un arrêté publié au journal officiel le 11 janvier 2025, il est nommé directeur du cabinet de la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, ministre avec qui il avait déjà collaboré de janvier à septembre 2024, sous le Gouvernement Attal.

    Mathis Cohen, un profil tourné vers l’innovation

    Diplômé de Sciences Po, Mathis Cohen a débuté sa carrière au sein du Gouvernement en 2015, en rejoignant l’équipe d’Emmanuel Macron alors ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Affecté au cabinet du ministre, il a participé à l’élaboration et au suivi de plusieurs réformes économiques stratégiques, notamment autour de l’ouverture des professions réglementées et de la modernisation de l’économie française. Cette expérience marquante lui a permis de développer un sens aigu des politiques publiques, tout en cultivant une méthodologie rigoureuse adaptée aux hautes sphères décisionnelles.

    Après cette première immersion dans l’appareil d’État, Mathis Cohen s’est orienté vers le secteur privé, où il s’est fait un nom dans l’innovation et l’entrepreneuriat. En 2017, il co-fonde Loumi, une start-up dédiée aux solutions numériques pour simplifier la gestion locative. Loumi visait à repenser l’expérience utilisateur dans le secteur immobilier grâce à des outils intuitifs et performants. Le succès de cette entreprise a attiré l’attention de Garantme qui la rachète en 2020. Il rejoint ensuite Aircall, une scale-up spécialisée dans les solutions cloud de téléphonie. Pendant deux ans (2022 à 2024), il contribue à structurer les outils de gestion de produit, jouant un rôle clé dans l’amélioration de l’expérience client et dans l’expansion internationale de l’entreprise. Son goût pour les technologies de pointe le conduit ensuite à intégrer Kinetix, une start-up pionnière dans l’intelligence artificielle appliquée à l’animation 3D. En tant que product manager, il pilote le développement de solutions basées sur le machine learning, permettant de démocratiser l’animation 3D en automatisant des processus complexes. Cette expérience renforce son expertise dans la traduction de l’innovation technique en produits à forte valeur ajoutée.

    C’est pour ses connaissances dans le secteur de l’innovation qu’il est choisi par Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l’Emploi sous le Gouvernement Barnier, pour devenir le chef de son cabinet. Comme Geoffroy de Vitry, il récupère sa place au sein du Gouvernement Bayrou en devenant, le 11 janvier 2025, chef du cabinet de la ministre auprès de Catherine Vautrin, nouvelle ministre du Travail et de la Santé.

     

  • L’ANSM lance une phase pilote de notices dématérialisées pour améliorer l’information et l’usage des médicaments

    Un projet pilote pour moderniser l’information sur les médicaments

    L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) initie un projet de notices numériques enrichies pour faciliter l’accès à des informations pédagogiques et actualisées en temps direct sur certains médicaments. Ce projet, lancé depuis le 17 décembre, repose sur la collaboration avec des laboratoires volontaires sélectionnés à la suite d’un appel à candidatures.

    Le dispositif a pour ambition de répondre à plusieurs besoins :

    • Un accès facilité à l’information : grâce à un QR code imprimé sur les boîtes de médicaments, les patients pourront accéder à la version numérique de la notice à tout moment, via la Base de Données Publique des Médicaments (BDPM).
    • Une information actualisée : les notices dématérialisées seront régulièrement mises à jour, garantissant l’accès aux informations les plus récentes.
    • Des contenus pédagogiques complémentaires : des vidéos explicatives validées par l’ANSM, des dossiers thématiques et des mesures additionnelles de réduction des risques (MARR) seront accessibles depuis l’interface numérique.

    Des expérimentations ciblées et progressives

    La phase pilote prévoit des tests à la fois en ville et à l’hôpital, avec des approches adaptées à chaque contexte :

    • En ville : 93 médicaments seront concernés, incluant le paracétamol, des statines, des vaccins et des inhibiteurs de la pompe à protons. Les boîtes comporteront un QR code renvoyant vers la notice numérique, tout en conservant la notice papier.
    • À l’hôpital : 474 médicaments seront inclus, avec une suppression complète des notices papier, le QR code devenant le seul support d’information.

    Les industriels impliqués devront modifier leurs conditionnements et produire des vidéos validées par l’ANSM, accessibles via un nouvel onglet “bon usage” de la BDPM.

    Pour garantir l’efficacité de cette phase pilote, un comité de suivi composé de représentants des patients, professionnels de santé et industriels se réunira régulièrement. Les indicateurs d’évaluation incluront :

    • L’accessibilité des notices numériques.
    • L’utilisation effective des vidéos pédagogiques.
    • L’impact sur la compréhension et l’usage des médicaments.

    Un calendrier structuré et des engagements précis

    • 17 décembre 2024 : Lancement officiel de la phase pilote.
    • 1er octobre 2025 : Déploiement progressif dans les pharmacies et établissements de santé, date à laquelle un volume suffisant de boîtes modifiées sera disponible.
    • Durée totale : 2 ans à partir du 1er octobre 2025.

    L’ensemble des éléments est disponible sur ce lien : Appel à candidatures – ANSM