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  • Remboursement des DMN : quelles démarches pour être certifié par l’ANS ?

    Trois modes de financement pour les dispositifs médicaux numériques certifiés

    Les dispositifs médicaux numériques (DMN) intègrent des fonctions de collecte de données qui permettent d’analyser et de transmettre des informations médicales, parfois sous forme d’alertes selon des seuils prédéfinis. Les données de vie réelle générées permettent une médecine plus personnalisée. Depuis le 31 décembre 2023, les DMN doivent être certifiés conformes au Référentiel d’Interopérabilité et de Sécurité de l’Agence du Numérique en Santé (ANS) pour prétendre au remboursement par l’Assurance Maladie.

    Les modes de financement qui sont disponibles pour les DMN :

    • Droit commun : après inscription sur une liste de remboursement (LPPR ou Liste des Activités de Télésurveillance Médicale – LATM) en nom de marque ou en ligne générique.
    • Prise en charge anticipée (PEC-AN) : pour les DMN à caractère innovant.
    • Prise en charge transitoire (PEC-T) : pour les produits de santé présumés innovants ayant une finalité thérapeutique ou de compensation du handicap.

    DMN : comment obtenir le certificat de conformité de l’ANS ?

    Les exploitants de DMN doivent déposer une candidature sur la plateforme Convergence, développée par l’ANS, pour obtenir une certification. Le processus comprend plusieurs étapes, notamment la vérification de l’éligibilité du dispositif, la soumission des preuves de conformité et l’évaluation par un collège de certification.

    Le certificat de conformité au Référentiel d’Interopérabilité et de Sécurité de l’ANS (prévu à l’article L. 1470-5 du Code de la Santé Publique) est délivré aux dispositifs médicaux numériques (DMN) avant leur remboursement par l’Assurance Maladie. Il concerne : les DMN de télésurveillance avant inscription à la LATM (nom de marque ou ligne générique), les DMN hors télésurveillance avant inscription à la LPPR, ainsi que les DMN avant prise en charge anticipée (PEC-AN) ou transitoire (PEC-T).
    Nota : Ce référentiel concerne les DMN à un usage individuel, ayant obtenu le marquage CE (2017/745 ou 2017/746), et impliquant un traitement de données à caractère personnel conformément au RGPD (règlement général relatif à la protection des données n°2016/679 du 27 avril 2016).

    Guide pratique pour les exploitants

    L’ANS met à disposition un schéma et une matrice afin de vérifier si la certification du DMN est possible. Outre une première description des informations utiles à l’ANS pour évaluer la recevabilité (comme la documentation fonctionnelle, la liste des composants, ou encore les pathologies concernées), les candidats devront s’assurer de la validité de plusieurs critères (une réponse négative entraîne une non-recevabilité du DMN) :
    • Le DM est-il pris en charge ou candidat à la prise en charge via la LPPR ?
    • Les fonctionnalités numériques sont-elles incluses dans le périmètre d’un marquage CE ?
    • Le DM est-il à usage individuel (c’est-à-dire à usage d’un seul patient) ?
    • L’utilisation du DMN implique-t-elle soit un traitement des données à caractère personnel soit un hébergement des données de santé ?
    Les certifications de conformité actuellement disponibles pour les Dispositifs médicaux numériques (ANS)

     

    En conclusion, pour prétendre à la certification, les DMN doivent respecter le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et être conformes aux protocoles d’interopérabilité et de sécurité (PORT) du référentiel de l’ANS. Si un DMN utilise un hébergement de données hors stockage local pour ses fonctionnalités, médicales ou non, il doit disposer d’un certificat HDS (Hébergement de Données de Santé). Ce certificat garantit que l’hébergement est conforme aux articles R1111-8-8 à R1111-8-11 et L1111-8 du Code de la Santé Publique. Si le DMN prévoit un accès réservé aux patients nécessitant une identification, il doit répondre aux exigences du PGSSI-S IEU (hors IEU7 et IEU8). Pour les dispositifs prévoyant un accès réservé aux professionnels de santé, des règles spécifiques s’appliquent, notamment le respect des normes PGSSI-S IEPS. Les professionnels concernés incluent :

    • Les professions médicales : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes (articles L4111-1 à L4163-10 du CSP).
    • Les professions pharmaceutiques et physiques médicales : pharmaciens d’officine et hospitaliers, physiciens médicaux (articles L4211-1 à L4252-3).
    • Les auxiliaires médicaux : infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants, orthophonistes, etc. (articles L4311-1 à L4394-4).

    Autres exigences techniques

    Les DMN doivent également respecter des critères supplémentaires, tels que le PSC (Protocole de Sécurisation des Communications), l’utilisation de l’INS (Identifiant National de Santé) et d’autres standards spécifiques comme IEU7, IEU8, et ADM.

    Les exploitants sont donc invités à entamer leur démarche de certification, le dépôt et l’analyse des preuves pouvant se faire section par section sans attendre la fin de tous les développements.
  • Cybersécurité : 1,9 million de dollars de pertes par jour pour les établissements hospitaliers aux US

    Des pertes financières massives

    Depuis 2018, 654 cyberattaques individuelles ont ciblé des organisations médicales. Rien qu’en 2024, 143 attaques ont été recensées, exposant plus de 26,2 millions de dossiers patients. L’accès aux données médicales et la prestation des soins deviennent presque impossibles jusqu’à la suppression du ransomware ou le paiement de la rançon exigée. Le coût moyen de cette rançon s’élève à 1,18 million de dollars, mais les pertes totales englobent également des dépenses indirectes, liées à la récupération des systèmes, au recrutement d’experts en cybersécurité, et à la gestion des violations de données.

    Une menace en constante évolution : Rebecca Moody, responsable de la recherche sur les données chez Comparitech, prévoit une augmentation de ces attaques en 2025. La complexité croissante des ransomwares, comme la dernière version de LockBit, renforcent cette menace.

    Un impact systémique pour la santé numérique

    Les interruptions de services ralentissent l’adoption des outils numériques par crainte d’insécurité, tandis que la violation des données nuit à la confiance des patients et des professionnels. La numérisation des soins requiert des investissements importants dans des infrastructures sécurisées et des plans d’urgence efficaces.

    Des mesures de prévention indispensables

    Pour limiter ces impacts, le rapport recommande aux prestataires de santé de se préparer en amont. Les actions prioritaires incluent :

    • La mise en place d’équipes d’intervention en cas d’incident.
    • L’élaboration de plans de communication adaptés aux crises.
    • La réalisation de sauvegardes régulières des données sensibles.

    Ces efforts doivent s’accompagner de formations continues en cybersécurité pour le personnel et de collaborations renforcées avec les autorités et experts en technologies de l’information.

    Selon un rapport publié par l’Anssi, trente hôpitaux français ont été ciblés par des cyberattaques entre 2022 et 2023.

     

  • Santé numérique en 2024 : 337 000 applications, mais des financements sous pression (rapport IQVIA)

    Un marché en mutation, mais sous tension

    Les entreprises de santé numérique ont traversé des périodes difficiles. Les startups ont vu les financements diminuer, tandis que les entreprises disposant de produits approuvés peinent à augmenter leurs revenus et à élargir leur base d’utilisateurs. Certaines ont même cessé leurs activités. Par exemple H4D, spécialisée dans les cabines de téléconsultation médicale, a fermé ses portes après sa mise en liquidation judiciaire. L’innovation ne faiblit pas malgré tout. Les nouvelles technologies numériques destinées à diagnostiquer, traiter et surveiller les patients à distance se lancent sur un marché mondial plus structuré. L’augmentation des voies d’approbation et de remboursement offre de meilleures chances de succès.

    Des solutions intégrées pour une meilleure adoption 

    Les développeurs combinent divers outils en solutions intégrées, avec des interfaces destinées à la fois aux patients et aux médecins. Cette approche favorise leur adoption par les systèmes de santé. Dans la recherche, les entreprises biopharmaceutiques exploitent des capteurs portables et des outils numériques pour mieux comprendre les effets des médicaments et réduire les risques. Le rapport Digital Health Trends 2024 Implications for Research and Patient Care d’IQVIA (anciennement Quintiles et IMS Health), entreprise mondiale spécialisée dans les données, la technologie et les analyses appliquées au secteur de la santé, nous donne quelques enseignements et des tendances sur le marché.

    Éléments clés du marché de la santé numérique

    • 337 000 applications : le nombre d’applications de santé numérique continue d’augmenter, avec un focus croissant sur des maladies spécifiques et rares, au-delà de la santé mentale et des maladies chroniques.
    • 140 thérapies numériques sur ordonnance sont approuvées pour un usage à domicile, et plus de 220 sont utilisées en clinique ou dans des soins numériques.
    • Biomarqueurs numériques : les capteurs permettant de surveiller les patients sont désormais intégrés dans les soins et la recherche. Les premiers marqueurs numériques validés comme points d’évaluation ont été approuvés par les régulateurs américains et européens.
    • 103 diagnostics numériques : ces outils permettent d’évaluer les risques, de diagnostiquer rapidement et de surveiller la santé des patients, souvent grâce à l’IA et au machine learning.

    Des segments en pleine diversification

    La santé numérique, longtemps centrée sur les applications grand public, évolue vers des solutions pour les professionnels de santé. Parmi elles :

    • Outils d’aide à la décision clinique intégrant des algorithmes et l’IA ;
    • Dispositifs médicaux connectés pour le diagnostic ;
    • Plateformes numériques pour les soins ou la recherche.

    Une forte croissance des thérapies et soins numériques

    Depuis 2021, le nombre de thérapies numériques sur ordonnance a été multiplié par cinq, tandis que les programmes de soins numériques ont presque doublé. Certaines applications validées par des études cliniques apportent des bénéfices tangibles aux patients.

    Surveillance à distance (des outils en pleine expansion) : Les outils de surveillance des patients, comme les capteurs ou les résultats signalés électroniquement (ePRO), s’imposent dans les soins et les essais cliniques. Ces technologies permettent de gérer les maladies chroniques et d’offrir des soins personnalisés grâce à des capacités prédictives avancées.

    Défis pour les thérapies numériques sur ordonnance : Depuis mai 2021, 94 nouvelles thérapies numériques sur ordonnance ont été approuvées dans le monde. Cependant, plusieurs produits ont perdu leur statut de remboursement ou disparu en raison de faillites. Malgré ces défis, de nouveaux produits émergent, comme Luminopia, Leva Pelvic Health System ou encore Rejoyn, récemment lancé pour traiter les troubles dépressifs majeurs.

     

  • Programmes d’éducation thérapeutique patient : L’ARS IDF dévoile une nouvelle version de CART’EP

    Un outil modernisé pour structurer l’offre d’éducation thérapeutique

    L’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à acquérir ou maintenir les compétences nécessaires à la gestion des maladies chroniques.

    Créée en 2009 à l’initiative de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, la plateforme CART’EP (CARTographie des programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient) a été conçue pour répertorier et partager les programmes d’ETP disponibles sur le territoire francilien.

    En collaboration avec le GIP Sesan, le LEPS (Laboratoire Éducations et Promotion de la Santé) de l’Université Sorbonne Paris Nord et d’autres partenaires régionaux, l’ARS a lancé en 2025 une nouvelle version de la plateforme pour mieux répondre aux besoins des professionnels de santé et des patients.

    Trois objectifs clés pour cette version

    La nouvelle mouture de CART’EP poursuit ses objectifs, à savoir :

    • Identifier des programmes ETP de proximité : Faciliter la recherche de programmes adaptés selon la localisation et la pathologie du patient.
    • Favoriser l’interaction entre patients et équipes de soins : Les utilisateurs pourront se mettre en relation avec des équipes formées, y compris des patients experts et partenaires.
    • Proposer des ressources actualisées et validées : Accès à des articles scientifiques, ressources pédagogiques et actualités sur l’ETP.

    Cet outil est destiné aux professionnels de santé qui souhaitent orienter leurs patients vers des programmes adaptés. Et aux responsables de programmes ETP qui souhaitent structurer et visualiser l’offre existante.

    Un projet collaboratif et évolutif

    Depuis sa création, CART’EP est pilotée par le LEPS et a été enrichie au fil du temps pour mieux répondre aux attentes des acteurs du soin. Le projet de refonte lancé en 2024 implique désormais d’autres partenaires, comme le GIP Sesan en tant que maître d’œuvre, le Pôle de ressources ETP Île-de-France et la Coordination 95.

     

  • Ping An Good Doctor déploie la télémédecine en Chine pour combler le fossé rural

    Une répartition inégale des ressources humaines en santé

    Ping An Good Doctor, leader des services de santé en ligne en Chine, déploie 5 000 cabines de télémédecine dans les zones rurales pour répondre aux inégalités d’accès aux soins.

    La Chine, avec 1,4 milliard d’habitants, fait face à plusieurs défis :
    Le vieillissement de la population : 11,9 % des Chinois ont plus de 65 ans.
    L’augmentation des maladies chroniques, liées au mode de vie.
    La pénurie de médecins : 1,8 médecin pour 1 000 habitants, surtout en zones rurales.
    • La concentration des hôpitaux : 72 % des établissements sont situés sur la côte est du pays.

    Des technologies avancées pour des soins accessibles en temps réel

    La plateforme de Ping An Good Doctor utilise l’IA et des capteurs biométriques pour proposer :
    • Des consultations médicales en ligne disponibles 24 h/24
    • Des services de gestion de santé incluant check-up en ligne, plans de santé personnalisés et suivi des maladies chroniques
    • Une pharmacie en ligne avec livraison à domicile en une heure

    50 millions de résidents ruraux bénéficieront de ce déploiement

    Le déploiement des 5 000 cabines de télémédecine bénéficiera à 50 millions de ruraux, améliorant l’accès aux soins. Ce projet vise à :
    Détecter précocement les maladies en zone rurale grâce à des diagnostics à distance
    Combler le manque de médecins dans les régions rurales
    Réduire les inégalités de santé entre zones urbaines et rurales

    Ce projet est soutenu par le gouvernement chinois dans le cadre du plan national « Healthy China 2030 ».

  • EP PerMed : un appel à projets de 35 millions d’euros pour la pharmacogénomique en médecine personnalisée

    Renforcer la médecine personnalisée

    EP PerMed, soutenu par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon Europe, a annoncé la prépublication de son appel à projets JTC2025. Ce programme vise à financer des projets de recherche multinationaux axés sur la pharmacogénomique et la personnalisation des traitements, afin d’accélérer l’intégration de la médecine personnalisée dans les pratiques cliniques européennes. Le budget alloué est estimé à 35 millions d’euros. 

    Les propositions devront concerner :

    • L’identification et la validation de biomarqueurs pharmacogénomiques à partir de données multi-omiques.
    • L’optimisation des traitements personnalisés en ajustant posologie et gestion des risques d’effets indésirables.
    • L’intégration de méthodologies interdisciplinaires (bioinformatique, économie de la santé, recherche clinique et préclinique).

    Calendrier

    • Mi-décembre 2024 : Publication officielle de l’appel.
    • 18 février 2025 : Clôture des pré-propositions.
    • Juin 2025 : Dépôt des propositions complètes.
    • Fin 2025 – début 2026 : Démarrage des projets sélectionnés.

    Une journée d’information dédiée à la communauté scientifique est prévue le 9 janvier 2025.

    Collaboration et participation attendue

    L’appel encourage les consortiums interdisciplinaires et intersectoriels, incluant :

    • Universités et instituts de recherche.
    • Secteur clinique et de santé publique.
    • Partenaires privés, PME et organisations de patients.

    23 pays et 10 régions européennes sont impliqués, parmi lesquels l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie. Chaque équipe sera financée par son organisme national ou régional. EP PerMed prévoit également un outil de partenariat pour faciliter la mise en relation des équipes de recherche.

     

  • Google lance un accélérateur pour des solutions d’IA générative à impact social : un appel mondial de 30 millions de dollars

    Un soutien pour des projets à fort impact

    En 2023, Google a investi dans 15 projets alimentés par l’IA, incluant des initiatives en santé numérique pour améliorer l’accès aux soins et l’expérience des prestataires. Chaque initiative a bénéficié de 3 millions de dollars en assistance technique, financement direct et crédits Google Cloud, certains projets bénéficiant même de bourses Google, mobilisant des employés à temps plein. Désormais, c’est au tour des initiatives à impact social de bénéficier du même programme, avec une dotation de 30 millions de dollars pour identifier et accompagner des organisations à but non lucratif, des entités civiques, des institutions académiques et des entreprises sociales souhaitant exploiter l’IA générative (GenAI) à des fins d’impact social. Les initiatives retenues bénéficieront d’un programme structuré de six mois comprenant mentorat, formation technique et crédits Google Cloud.

    Les candidats devront démontrer une utilisation pertinente et innovante de la GenAI pour répondre à des problématiques dans trois domaines prioritaires de Google :

    • Connaissances et apprentissages : créer des outils permettant aux individus d’acquérir des compétences et des connaissances pour prospérer.
    • Progrès scientifiques : accélérer les percées scientifiques grâce à l’IA et renforcer les collaborations entre universités, instituts de recherche et ONG.
    • Communautés résilientes : développer des solutions pour construire des sociétés plus solides, améliorer la sécurité en ligne et renforcer la résilience face aux crises.

    Processus de sélection et accompagnement

    L’évaluation des candidatures se fera sur des critères tels que la faisabilité, l’efficacité de l’utilisation de la GenAI, le potentiel d’évolutivité et la capacité à tirer parti de l’accélérateur. Outre le financement, les projets retenus recevront un soutien de la part des employés de Google, qui travailleront bénévolement aux côtés des équipes participantes.

    Google souligne également l’importance de la formation technique pour aider ces organisations à concrétiser leurs projets.

  • Commure acquiert Memora Health pour renforcer la personnalisation des soins de santé

    Une collaboration pour des soins mieux adaptés

    Cette alliance technologique ouvre la voie à une gestion plus fluide et plus personnalisée des soins. L’intégration des outils de navigation des soins de Memora Health au moteur CommureOS renforcera la personnalisation des parcours de soins. Commure, qui propose une plateforme de développement conforme aux standards FHIR, et Memora, spécialisée dans la gestion automatisée des besoins complexes des patients, s’unissent pour offrir une solution combinée.

    La plateforme améliorée permettra aux prestataires de santé d’optimiser la coordination des soins grâce à des rappels automatisés, des communications simplifiées et des outils de suivi adaptés. L’objectif est de simplifier les flux de travail des professionnels et d’améliorer le soutien apporté aux patients tout au long de leur parcours.

    Une acquisition qui complète un portefeuille existant

    Pour Commure, cette acquisition renforce un portefeuille de solutions bien diversifié, comprenant notamment Scribe, un outil de documentation clinique alimenté par l’intelligence artificielle, et des badges connectés pour la sécurité des travailleurs de la santé. Memora vient enrichir cette offre dans les domaines de l’engagement des patients, de la gestion des revenus et des systèmes de localisation en temps réel.

    Les dirigeants des deux entreprises ont souligné les bénéfices de ce rapprochement. Tanay Tandon, PDG de Commure, évoque “une opportunité d’accroître l’impact des outils numériques sur la qualité des soins”. De son côté, Kunaal Naik, cofondateur de Memora Health, met en avant la capacité de cette intégration à “toucher des millions de patients à travers des solutions de nouvelle génération.”

    Une dynamique de croissance pour les deux entreprises

    Commure, valorisée à 3,5 milliards de dollars après plusieurs levées de fonds en 2021, a précédemment acquis Karuna Health, consolidant son expertise dans les solutions de communication pour les soins. Memora a levé 30 millions de dollars en 2022 avec le soutien de General Catalyst et d’autres investisseurs, tout en nouant des partenariats stratégiques comme celui avec PeriGen pour la santé périnatale.

  • Entretien : « l’utilisation de l’IA améliore la survie des patients ayant des métastases d’origine inconnue » (Dr Sarah Watson, Institut Curie)

    Dr. Sarah Watson, oncologue médical à l’Institut Curie, est spécialisée dans la prise en charge des cancers rares. Elle partage son temps entre la clinique et la recherche, travaillant notamment sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) en oncologie.

    Chaque année, 7 000 patients en France développent des métastases d’un cancer de primitif inconnu (CUPI). Ces cancers posent un défi majeur : sans connaître leur origine, il est difficile de définir un traitement efficace et approprié. Cela laisse ces patients dans une impasse thérapeutique. Pour répondre à cette problématique, l’Institut Curie a développé un outil basé sur l’IA. Cet outil utilise des données moléculaires pour identifier l’origine des cancers avec une précision inégalée jusqu’à présent. Utilisé à grande échelle notamment lors des réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) nationales, il est déjà d’une aide précieuse pour les cliniciens, apporte des solutions thérapeutiques personnalisées et améliore les perspectives de survie des patients. Cependant, des défis subsistent : améliorer l’accessibilité à ces outils, élargir les datasets et garantir leur adoption par les professionnels de santé. Comme le souligne Dr. Watson, l’IA ne remplacera pas les médecins mais elle devient un allié indispensable pour ceux qui l’intègrent dans leur pratique.

    Classification et identification de l’origine des CUP

    Comment a été conçu l’outil d’IA ?

    L’outil d’IA développé par l’Institut Curie se base sur une idée simple : chaque tumeur possède une « empreinte moléculaire » unique. En analysant les profils génétiques des métastases, il est possible de retrouver des indices sur leur origine. Pour cela, l’équipe du Dr Watson a constitué une base de données qui rassemble plus de 20 000 profils moléculaires de cancers. Ces données, normalisées et anonymisées, couvrent une large variété de types tumoraux. L’algorithme de deep learning a été entraîné sur ce dataset pour apprendre à reconnaître les signatures associées à plus de 200 cancers différents.

    Quels sont les résultats obtenus en clinique ?

    Lors des premiers tests, l’outil a été utilisé sur une cohorte de 50 patients présentant des métastases d’origine inconnue. L’IA a réussi à identifier l’origine probable du cancer dans 80 % des cas avec des scores de probabilité élevés. En termes pratiques, ce processus est rapide et compatible avec les délais cliniques : un séquençage ARN prend environ une semaine et les résultats peuvent ensuite être intégrés aux discussions lors des RCP.

    Depuis sa mise en œuvre en 2020, cet outil a transformé la prise en charge des cancers d’origine inconnue. Les patients diagnostiqués grâce à l’IA bénéficient de traitements plus ciblés ce qui se traduit par une augmentation significative de leur survie : jusqu’à 46 % d’amélioration dans certains cas.

    Quelles sont les limites de cet outil d’IA ?

    Premièrement, il nécessite des prélèvements tumoraux congelés pour effectuer le séquençage ARN. Or, dans de nombreux centres hospitaliers les échantillons sont conservés en paraffine rendant cette technologie inaccessible à certains patients.

    Deuxièmement, comme tout système d’IA, l’algorithme est tributaire de la qualité et de la diversité de son dataset. Si un type de cancer est absent des données d’entraînement alors l’outil ne pourra pas le reconnaître. Dr. Watson explique que l’équipe travaille actuellement sur une nouvelle version dont l’objectif est d’élargir le dataset, et à le rendre applicable à des échantillons conservés en paraffine. Ces améliorations permettront de rendre l’outil plus performant et plus inclusif au niveau national.

    Vers une oncologie plus précise grâce à l’intégration des données moléculaires

    Comment l’outil permet d’améliorer les décisions thérapeutiques ?

    Cet outil d’IA a comme principaux atouts sa précision et sa rapidité. Une fois que l’origine probable du cancer est identifiée, les oncologues peuvent adapter les traitements en conséquence. Cela inclut la sélection de chimiothérapies spécifiques ou l’intégration de thérapies ciblées en fonction des caractéristiques biologiques de la tumeur. En pratique, cet outil a été intégré à la RCP nationale dédiée aux CAPI. Dans ce cadre, le séquençage ARN est effectué sur les plateformes nationales SeqOIA et Auragen sur des échantillons congelés envoyés depuis différents centres hospitaliers à travers la France. Une fois le séquençage réalisé, les données sont passées dans l’algorithme d’IA pour proposer un diagnostic potentiel accompagné d’un score de probabilité. Les résultats sont intégrés aux autres caractéristiques de la maladie et le diagnostic final probable ainsi qu’une proposition thérapeutique sont rendus par les médecins experts dans le cadre de la RCP nationale.

    Quelles sont les perspectives pour améliorer cette IA ?

    Chaque nouveau cas enrichit la base de données afin d’affiner le modèle d’IA et d’améliorer ses performances. Par ailleurs, des projets complémentaires explorent d’autres possibilités : par exemple, prédire la réponse des patients à certains traitements en analysant leurs données cliniques et génomiques. Ces approches s’inscrivent dans une vision à long terme à l’Institut Curie : celle d’une oncologie entièrement personnalisée où chaque patient bénéficie d’un traitement optimisé.

    Quelles sont les autres applications de l’IA en oncologie à Curie ?

    Le Dr Watson explique qu’outre cet outil, l’Institut Curie utilise l’IA pour plusieurs autres applications. En radiothérapie, des algorithmes automatisent des tâches comme le contourage des tumeurs ce qui réduit la charge de travail des cliniciens et améliorant la précision des traitements. Dans l’analyse d’images médicales, l’IA détecte des lésions cancéreuses avec une excellente précision. Ces outils, bien qu’encore en phase de développement pour certaines applications ont un fort potentiel pour la pratique clinique.

     

  • Cyber : la Cour des comptes recommande d’instaurer des audits périodiques des établissements de santé (Rapport)

    Des infrastructures vieillissantes qui n’aident pas dans un paysage de menaces croissantes

    Depuis plusieurs années, la Cour des comptes s’intéresse aux systèmes d’information hospitaliers (SIH), notamment avec un rapport en 2016 sur leur modernisation et une analyse des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en 2020. Son rapport publié en janvier 2025 concerne la sécurité informatique des SIH et dresse des observations sur les exercices 2019 à 2023. Ce rapport intervient aussi dans un contexte marqué par l’intensification des cyberattaques, comme celles ayant touché les centres hospitaliers de Cannes et d’Armentières en 2024.

    Le rapport s’ouvre sur un constat : en 2023, les hôpitaux représentaient 10 % des victimes de rançongiciels en France, une proportion alarmante. Parmi les causes de l’augmentation des cyberattaques en direction des systèmes d’informations hospitaliers, la Cour des comptes pointe des infrastructures numériques vieillissantes, avec plus de 20 % des équipements informatiques obsolètes. Les budgets alloués au numérique, représentant seulement 1,7 % des dépenses d’exploitation des établissements de santé (contre 9 % dans le secteur bancaire), accentuent la vulnérabilité. Ces failles engendrent des interruptions de service prolongées, des vols de données sensibles et des coûts financiers importants, jusqu’à 10 millions d’euros par crise, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros de pertes de recettes dans certains cas.

    La Cour qui salue une réponse qu’elle qualifie de tardive :

    Après avoir dresse l’état des SIH en France, la Cour explore les mesures nécessaires pour renforcer la réponse nationale face à ces menaces. Elle met en lumière l’évolution récente du cadre juridique européen, notamment avec la directive NIS 2, qui impose des standards élevés de cybersécurité aux établissements de santé. En France, une réorganisation de la gouvernance a été amorcée, mais le rapport insiste sur la nécessité de la parachever.

    Le programme quinquennal, baptisé Care, qui a été lancé pour financer la modernisation des infrastructures numériques des hôpitaux et qui vise à renforcer la résilience des systèmes jusqu’en 2027 est salué par la Cour. Elle souligne cependant qu’il intervient tardivement et que des axes d’amélioration, notamment dans la coordination des audits techniques et la pérennisation des financements doivent être déployés au-delà de cette échéance. Le rapport appelle ensuite à une stratégie nationale d’audit et de certification renforcée. La montée en puissance d’un volet numérique dans la certification des établissements, piloté par la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence du numérique en santé (ANS), est saluée, mais il reste nécessaire d’harmoniser les démarches d’audit à l’échelle nationale.

    Faire évoluer les pratiques des établissements :

    Dans un deuxième temps, le rapport examine les leviers permettant d’améliorer la cybersécurité au niveau local et régional. Une action clé est d’harmoniser les interventions des agences régionales de santé (ARS) et des groupements régionaux d’appui au développement de l’électronique en santé (Grades). Actuellement, ces réponses varient fortement selon les régions, certaines ARS étant bien mieux équipées en compétences et ressources que d’autres.

    Le rapport insiste également sur la nécessité de mutualiser les compétences dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Cela inclut l’unification des directions des systèmes d’information et la généralisation des bonnes pratiques, comme la segmentation des réseaux ou la sécurisation des accès. La mise en place de dossiers patients informatisés mutualisés, tout en augmentant l’efficacité, doit être accompagnée d’une gestion rigoureuse des risques liés à la convergence des systèmes.

    La formation et la sensibilisation du personnel hospitalier sont identifiées comme des priorités. La rareté des ressources humaines compétentes en cybersécurité appelle à des efforts accrus pour attirer et former des talents.

    L’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé parmi les 4 recommandations de la Cour

    Après avoir alerté sur l’urgence de renforcer la sécurité informatique des hôpitaux pour garantir la continuité des soins et protéger les données des patients et la nécessité de mettre en oeuvre des initiatives prometteuses par le biais de coordinations accrues entre les acteurs nationaux et locaux, un financement pérenne et une mobilisation collective, la Cour des comptes formule quatre recommandations prioritaires pour renforcer la sécurité des SIH.

    1️⃣ Elle propose la création d’un groupe national d’expertise, chargé d’évaluer les pertes de recettes en cas de cyberattaques majeures et de développer des mécanismes d’accompagnement financier pour les hôpitaux les plus touchés. Cette structure permettrait d’assurer un soutien rapide et adapté en cas de crise.

    2️⃣ Le rapport insiste également sur la nécessité de pérenniser le programme Care qui prévoit une enveloppe de 750 millions d’euros sur cinq ans pour moderniser les infrastructures numériques des établissements de santé. La Cour recommande de garantir ce financement jusqu’en 2027, afin de maintenir la dynamique engagée.

    3️⃣ La troisième recommandation porte sur l’instauration d’audits périodiques obligatoires dans les établissements de santé. Ces audits viseraient à évaluer systématiquement leur niveau de cybersécurité et à intégrer leurs résultats dans les critères de certification de la HAS. Cette approche permettrait de renforcer la transparence et d’encourager des efforts constants en matière de protection informatique.

    4️⃣ Enfin, la Cour préconise un renforcement de la gouvernance des groupements hospitaliers de territoire. En dotant les GHT de la personnalité morale, il serait possible de faciliter la mutualisation des ressources et d’accélérer la convergence des systèmes d’information, encore marqués par une hétérogénéité importante.

    La nécessité d’une coordination européenne :

    Le rapport souligne également l’importance d’une mobilisation collective pour relever les défis croissants de la cybersécurité dans les établissements de santé. Il insiste sur l’opportunité offerte par la transposition de la directive européenne NIS 2, qui pourrait permettre de rehausser les standards de protection et de mieux coordonner les efforts à l’échelle nationale et européenne.