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  • Une correction des biais et de meilleurs cadres réglementaires pour une meilleure utilisation de l’IA en santé (rapport Bipartisan House Task Force)

    La transparence et l’inclusion humaine pour une maximisation des bénéfices de l’IA

    L’intelligence artificielle (IA) se positionne comme une technologie phare capable de redéfinir les contours des politiques publiques et des secteurs stratégiques tels que la santé, l’économie, et la sécurité nationale, du moins, c’est ce que souligne la Bipartisan House Task Force dans son rapport sur l’IA publié en décembre 2024. Pour la task force, cette technologie a la capacité de transformer la société en améliorant la productivité, en accélérant l’innovation et en permettant des solutions plus rapides et moins coûteuses à des problèmes complexes. Toutefois, elle indique que cette révolution technologique s’accompagne de risques majeurs, notamment des biais algorithmiques, des atteintes potentielles à la vie privée et des risques de discrimination.

    Pour maximiser les bénéfices de l’IA tout en limitant ses dangers, la task force propose une gouvernance responsable basée sur des principes tels que la transparence, la protection de la vie privée, et l’inclusion humaine dans les processus automatisés. Cette approche repose sur une flexibilité permettant de s’adapter à l’évolution rapide des technologies tout en assurant que leur déploiement reste centré sur l’humain et ses besoins. L’objectif est de poser les bases d’une adoption éthique et durable de l’IA, alignée sur les priorités économiques et sociétales des États-Unis​.

    Un potentiel dans tous les pans de la santé

    Le rapport explore plusieurs domaines, de la propriété intellectuelle à l’usage gouvernemental, en passant par l’agriculture et l’éducation. Dans le domaine de la santé, il explore en profondeur les avantages, les défis et les opportunités offerts par l’intelligence artificielle. Pour la task force, l’IA s’annonce comme un catalyseur de transformation pour les systèmes de soins, en introduisant des avancées significatives à chaque étape du parcours médical, de la recherche clinique aux soins directs aux patients. Grâce à sa capacité à analyser rapidement de vastes quantités de données, l’IA permet une meilleure précision dans les diagnostics, améliore l’efficacité des processus médicaux et accélère la découverte de traitements innovants. Sur 20 pages, cette partie du rapport montre le potentiel que pourrait avoir une utilisation de l’IA en santé, en explorant plusieurs pans comme le diagnostic, l’usage administratif, la décision clinique, ou encore le développement de dispositifs médicaux.

    L’un des exemples les plus marquants présents dans le rapport est le potentiel de l’IA à optimiser le développement de nouveaux médicaments. En analysant des données massives issues d’essais cliniques et de bases de données génétiques, les systèmes d’IA peuvent identifier des candidats prometteurs plus rapidement que les méthodes traditionnelles. La task force s’est basée sur une étude récente qui montre que ces dernières années, de plus en plus de molécules ont été découvertes grâce à l’IA (67 en 2023) et que désormais certaines ont été lancées sur le marché, alors que précédemment elles se contentaient de participer à des essais cliniques.

    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l'IA et qui sont entrées dans les essais cliniques - @ResearchGate
    Nombre de molécules découvertes par les entreprises de biotechnologie basées sur l’IA et qui sont entrées dans les essais cliniques – @ResearchGate

    Plusieurs obstacles à surmonter : le manque de normes, de confidentialité, les biais…

    Malgré ces avantages, le rapport met en lumière plusieurs défis qui freinent l’adoption généralisée de l’IA dans le secteur de la santé. L’un des principaux obstacles est l’absence de normes harmonisées pour les données médicales et les algorithmes, ce qui limite l’interopérabilité entre les systèmes et complique le partage des informations essentielles. Cette fragmentation freine l’intégration fluide des solutions d’IA dans les infrastructures de santé existantes. De plus, la confidentialité des données des patients demeure une préoccupation majeure, exacerbée par la complexité croissante des systèmes d’IA. Les biais algorithmiques sont également un risque sérieux, susceptibles d’aggraver les inégalités dans les soins si les modèles sont mal conçus ou entraînés sur des données non représentatives.

    Pour surmonter ces défis, le rapport insiste sur plusieurs mesures stratégiques. Il recommande de promouvoir des normes rigoureuses pour garantir que les systèmes d’IA soient sécurisés, efficaces et équitables. La gestion des risques associés à ces technologies doit inclure des mécanismes pour identifier et corriger les biais, protéger les données sensibles et prévenir les résultats discriminatoires. Par ailleurs, un soutien accru à la recherche sur l’IA médicale est essentiel pour développer des applications innovantes et améliorer les solutions existantes. Le rapport propose également de clarifier les cadres réglementaires pour déterminer les responsabilités légales en cas de dysfonctionnement ou d’usage inapproprié des systèmes d’IA dans le domaine de la santé.

    La task force soutient que si les recommandations du rapport sont mises en œuvre, l’IA pourrait devenir un pilier central de la transformation des systèmes de santé, renforçant la qualité des soins tout en maintenant la confiance des patients et des professionnels de santé dans ces outils novateurs​.

  • WellTheory lance un programme pour relier maladies auto-immunes et déséquilibres hormonaux chez les femmes

    Une réponse aux besoins des femmes atteintes de maladies hormonales

    WellTheory, société californienne spécialisée en santé numérique, annonce un programme dédié aux femmes souffrant de troubles hormonaux tels que l’endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce programme s’attaque à un point, parfois aveugle, dans les soins : le lien entre les déséquilibres hormonaux et les maladies auto-immunes. L’approche repose sur des tests hormonaux précis (cortisol, métabolites) combinés à un accompagnement. Chaque patiente bénéficie de plans de soins individualisés incluant :

    • Suivi des habitudes en nutrition, stress, sommeil et activité physique.
    • Protocoles de suppléments personnalisés.
    • Accompagnement continu via appels vidéo, messageries et outils de suivi des symptômes.

    Le programme cherche à améliorer non seulement la prise en charge des symptômes, mais aussi la qualité de vie globale des patientes. Les résultats seront mesurés selon des paramètres variés : bien-être rapporté, données cliniques, productivité au travail, entre autres.

    Comprendre le lien entre hormones et immunité

    Des études montrent que les hormones jouent un rôle dans la régulation du système immunitaire. Des perturbations hormonales, par exemple durant la grossesse ou la ménopause, peuvent déclencher ou aggraver des maladies auto-immunes. « Les soins de santé traditionnels abordent rarement ce lien. Nous voulons changer cela » explique Ellen Rudolph, PDG et cofondatrice de WellTheory.

    Une initiative guidée par l’expérience personnelle

    Ce programme a une résonance pour Ellen Rudolph, elle-même confrontée au SOPK dès l’âge de 25 ans, avant un diagnostic de maladie auto-immune. Son expérience personnelle – années de symptômes inexpliqués et absence de réponses claires – a motivé la création d’un programme axé sur la recherche des causes.

    D’après la Autoimmune Association, sur les plus de 50 millions d’Américains qui souffrent d’une maladie auto-immune, 80 % sont des femmes.

  • Carnet de santé de l’enfant : une version numérique non disponible avant 2026

    Une mise à jour dès janvier 2025

    En attendant cette transition numérique, le carnet de santé papier sera actualisé dès le 1er janvier 2025. Élaborée sur les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), cette nouvelle version introduit plusieurs modifications :

    • Renforcement de la prévention : ajout de conseils sur l’exposition aux écrans, l’éducation sans violence, le sommeil et l’introduction des aliments.
    • Dépistage précoce des troubles neurodéveloppementaux : intégration d’outils de repérage dans les vingt examens médicaux obligatoires.
    • Ajout d’un examen obligatoire à 6 ans : dépistage sensoriel, troubles du développement et mise à jour vaccinale (coqueluche, diphtérie, tétanos, poliomyélite).

    Un suivi vaccinal et statistique renforcé

    Le carnet de santé révisé comprendra des pages de suivi vaccinal mises à jour selon les dernières recommandations. Ces pages continueront d’avoir valeur de certificat officiel pour l’entrée en collectivité. Trois certificats de santé sont également inclus, permettant la transmission de données non nominatives pour un suivi épidémiologique national et un suivi individuel par les services de PMI (Protection Maternelle et Infantile).

    Une version numérique disponible en 2026

    Le carnet de santé de l’enfant sera disponible sous format numérique qu’à horizon 2026 dans Mon Espace Santé. Cette évolution centralisera les données de santé de l’enfant, simplifiera le suivi médical et améliorera l’accès aux informations. Le carnet numérique facilitera également la transmission des informations entre les différents acteurs de santé, renforçant la coordination des soins. La version papier restera disponible en parallèle pour garantir l’accessibilité à l’ensemble des familles.

     

  • Appel à candidatures de la HAS : un indicateur pour mesurer la qualité des soins perçue aux urgences

    Composition et mission du groupe de travail

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a mandaté la Haute autorité de santé (HAS) pour élaborer un nouvel indicateur de qualité des soins, basé sur l’expérience patient dans les structures d’urgence. L’objectif est de mieux intégrer la perception des patients dans l’évaluation et l’amélioration des soins. Ce projet s’inscrit dans le prolongement du dispositif e-Satis. Le Collège de la HAS a validé cette initiative en décembre 2024. Elle repose sur la constitution d’un groupe de travail multidisciplinaire chargé de développer un questionnaire spécifique aux urgences. Le groupe définira la population cible de l’indicateur, les thèmes à aborder, les questions à intégrer au questionnaire et les modalités de validation et restitution des résultats.

    Le groupe sera composé de 15 membres, parmi lesquels :

    • Des patients et des proches ayant une expérience récente (moins de deux ans) des soins en urgence, ainsi que des représentants impliqués dans des projets de sécurité et qualité des soins.
    • Des professionnels de santé directement concernés par la prise en charge aux urgences, tels que médecins urgentistes, infirmiers en pratique avancée (IPA), aides-soignants, et infirmiers organisateurs de l’accueil (IOA).
    • Des experts méthodologistes spécialisés dans la validation des questionnaires et responsables qualité.

    Garantir la transparence et l’indépendance des travaux

    Pour garantir l’intégrité des travaux, les participants devront remplir une déclaration d’intérêts publiée sur le site DPI Santé pour les candidats retenus. Ils s’engagent également à respecter la confidentialité et la déontologie imposées par la HAS.

    Calendrier et modalités pratiques :

    • Clôture des candidatures : le 13 février 2025.
    • Première réunion : 13 mars 2025, en présentiel dans les locaux de la HAS à Saint-Denis.
    • Fréquence des réunions : au moins trois entre début 2025 et fin 2026.

    Les candidatures doivent être envoyées avant le 13 février 2025, par e-mail à Laëtitia Cavalière (contact.iqss@has-sante.fr) avec l’objet : « Candidature à un groupe de travail : indicateur de qualité des soins perçue par les patients pris en charge dans une structure des urgences ».

    Documents à fournir :

    • Lettre de candidature : Présentation des expériences, connaissances du candidat et degré de maîtrise du dispositif e-Satis.
    • CV détaillé : Incluant, si pertinent, une liste de titres, travaux ou activités en lien avec des usagers.

    Informations à inclure dans le mail :

    • Identité : Nom, prénom.
    • Coordonnées : Ville de résidence, téléphone.
    • Profession et lieu d’exercice : Type d’établissement et ville.
    • Motivations et disponibilité : Intérêt pour les travaux et disponibilité pour le premier groupe de travail prévu le 13 mars 2025.

    Suite de la candidature : Après réception, un lien vers DPI-SANTE sera envoyé pour remplir une déclaration d’intérêts. Celle-ci ne sera rendue publique que pour les candidats retenus.

    Les participants seront indemnisés (deux vacations par journée de réunion), et les frais de transport et d’hébergement remboursés par la HAS.

    L’ensemble des modalités est disponible via le lien suivant : Haute Autorité de Santé – Développement d’un indicateur de qualité des soins perçue par les patients pris en charge dans une structure des urgences – Constitution d’un groupe de travail

     

  • Le Japon mise sur l’IA pour relever le défi du vieillissement démographique

    Une population vieillissante et un manque de personnel médical

    Le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a lancé un programme national visant à intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes de santé. L’objectif est d’améliorer la qualité des soins aux patients et d’optimiser les flux de travail cliniques.

    Le Japon fait face à un vieillissement démographique important, avec une proportion de 16,1 % de la population âgée de plus de 75 ans, soit environ 20 millions de personnes. Selon les projections démographiques, d’ici 2060, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront près de 40 % de la population totale.
    Parallèlement, les maladies chroniques telles que les pathologies cardiovasculaires, le diabète et les troubles neurodégénératifs connaissent une hausse de leur prévalence, tandis que le pays souffre déjà d’un manque de professionnels de santé. La densité médicale au Japon est relativement faible, avec 184,4 médecins pour 100 000 habitants, contre 270 pour 100 000 en France.

    Les 4 leviers de l’IA pour améliorer les soins aux patients âgés au Japon

    Les défis actuels du Japon incluent la gestion efficace des ressources médicales, l’amélioration des diagnostics et la personnalisation des traitements pour répondre aux besoins spécifiques de la population âgée. C’est dans ce contexte que l’initiative gouvernementale associe les institutions de recherche japonaises ainsi que l’écosystème des entreprises technologiques spécialisées en santé. Cette initiative nationale intègre des solutions d’intelligence artificielle (IA) pour :

    • La modélisation et l’analyse prédictive ;
    • Le diagnostic assisté par l’IA, notamment dans le domaine de l’imagerie médicale ;
    • L’aide à la décision médicale ;
    • La gestion des dossiers patients électroniques, optimisant ainsi la coordination des soins grâce à une meilleure gestion des données patients ;

    Quatre étapes pour l’intégration de l’IA dans les soins de santé au Japon

    Les pouvoirs publics japonais déploient leur programme national en quatre phases :

    • Phase de planification : Identifier les besoins cliniques spécifiques et définir le cahier des charges des technologies d’IA adaptées aux contextes identifiés.
    • Phase de développement : Collaborer entre cliniciens, chercheurs et développeurs pour concevoir des modèles d’IA en fonction des besoins cliniques identifiés.
    • Phase de mise en œuvre : Intégrer les solutions d’IA dans les systèmes hospitaliers, accompagnées de formations pour le personnel médical afin d’assurer une adoption efficace.
    • Phase d’évaluation : Suivre les performances des systèmes d’IA, collecter des données sur les résultats cliniques et effectuer les ajustements nécessaires pour optimiser l’efficacité des technologies déployées.

    Premiers résultats préliminaires

    Bien que les données complètes ne soient pas encore disponibles, les premiers rapports indiquent une amélioration de 20% dans la précision des diagnostiques et une réduction de 15% du temps moyen de prise e charge des patients. De plus, une satisfaction accrue du personnel médical a été notée avec 85% des professionnels de santé exprimant une opinion positive sur l’utilisation des outils d’IA.

     

  • La FDA autorise le BPM Pro 2 de Withings : un tensiomètre connecté pour améliorer le suivi des patients

    Répondre à un sujet de santé publique

    L’hypertension et l’insuffisance cardiaque, parmi les principales causes de décès, nécessitent une prise en charge continue et précise. Historiquement, les dosages médicamenteux étaient ajustés à partir de mesures prises en cabinet, une pratique perfectible selon Antoine Robiliard, directeur de la division des solutions de santé de Withings.

    Avec le BPM Pro 2, la société française Withings propose une nouvelle solution. Ce tensiomètre cellulaire permettra aux prestataires de santé de surveiller les patients à distance tout en obtenant des données fiables et contextualisées.

    Combler les lacunes du suivi traditionnel

    Le BPM Pro 2 intègre plusieurs fonctionnalités pour améliorer le suivi des patients :

    • Questions contextuelles programmables : les cliniciens peuvent poser des questions directement sur l’appareil, recueillant des données sur l’observance des traitements et les symptômes des patients.
    • Mesures précises et alertes automatisées : le moniteur détecte les anomalies, incitant les utilisateurs à répéter leurs mesures si nécessaire.
    • Rappels pour les rendez-vous médicaux : l’appareil rappelle aux patients de consulter leurs prestataires, un soutien pour renforcer l’engagement dans les soins.

    Ces fonctionnalités permettent de réduire le temps passé par les équipes de soins à contacter les patients, optimisant ainsi la gestion de la main-d’œuvre, souvent sous tension dans les établissements de santé.

    Améliorer l’observance et l’implication des patients

    En intégrant des fonctionnalités interactives et éducatives, le BPM Pro 2 aide les professionnels de santé à améliorer l’implication des patients et à instaurer des changements de comportement. L’une des particularités de l’hypertension est que de nombreux patients ignorent leur condition ou négligent leurs traitements, les symptômes étant peu visibles.

    Le BPM Pro 2 sera commercialisé aux États-Unis à partir de janvier 2025.

     

  • IA et santé mentale : les données de sommeil pour prédire les troubles de l’humeur

    36 caractéristiques identifiées et analysées

    Des chercheurs sud-coréens ont développé des modèles d’intelligence artificielle capables de prédire les épisodes d’humeur en utilisant des données sur le sommeil et les rythmes circadiens. Les données sont collectées par des appareils portables comme les montres connectées. L’étude, publiée dans la revue npj Digital Medicine de Nature, s’est basée sur 429 jours de données veille-sommeil provenant de 168 patients coréens atteints de troubles de l’humeur, tels que la dépression majeure et les troubles bipolaires. Les chercheurs ont identifié 36 caractéristiques liées au sommeil et au rythme circadien. Ces données ont permis d’entraîner des modèles basés sur l’algorithme d’apprentissage automatique XGBoost.

    98% de précision pour prédire les épisodes maniaques

    Cette méthode se distingue des autres modèles d’IA qui nécessitent des données plus variées comme la fréquence cardiaque, ou encore l’exposition à la lumière. Ces informations peuvent être difficiles à collecter. En se concentrant uniquement sur les données veille-sommeil, les chercheurs ont simplifié le processus tout en gardant une applicabilité clinique. Les modèles ont atteint une précision de 80 % pour prédire les épisodes dépressifs, 98 % pour les épisodes maniaques et 95 % pour les épisodes hypomaniaques. Les résultats montrent que des variations quotidiennes du rythme circadien sont des indicateurs pertinents pour prédire certains troubles mentaux. Par exemple, un rythme retardé peut annoncer un épisode dépressif, tandis qu’un rythme avancé peut augmenter le risque d’un épisode maniaque.

    Les dispositifs portables ouvrent de nouvelles perspectives avec l’IA

    Selon Kim Jae Kyoung, chercheur principal et professeur au KAIST, ces modèles pourraient être complétés par des thérapies numériques. Ces outils pourraient évaluer les risques quotidiens de rechute et encourager des cycles veille-sommeil équilibrés grâce à des rappels personnalisés. D’autres recherches internationales explorent également l’utilisation des données circadiennes pour prédire des pathologies. À Singapour, des chercheurs ont développé un modèle similaire pour identifier les personnes à haut risque de dépression. Au Japon, une équipe a conçu un modèle d’IA capable de prédire la maladie d’Alzheimer à partir de données collectées par des dispositifs portables. Ces innovations montrent le potentiel des technologies basées sur l’IA et les données portables en faveur du diagnostic et de la prise en charge des troubles mentaux et autres maladies chroniques.

    À l’échelle mondiale, environ 280 millions de personnes souffrent de dépression.

     

  • Convention médicale 2024-2029 : revalorisation des consultations et nouvelles mesures dès 2025

    Revalorisation des consultations et nouveaux tarifs

    Dès le 22 décembre 2024, plusieurs revalorisations tarifaires entreront en vigueur. L’objectif est de réduire les inégalités de rémunération entre spécialités et de rendre la médecine libérale plus attractive.

    • Médecins généralistes : la consultation passe de 26,50 € à 30 €.
    • Gynécologues : consultation portée à 37 €, puis à 40 € au 1er juillet 2025.
    • Psychiatres : revalorisation à 55 €, puis 57 €.

    Prise en charge pédiatrique renforcée

    Les consultations pour les enfants sont également revalorisées. Une consultation d’expertise pédiatrique (60 €) est créée dès juillet 2025, accessible sur orientation médicale pour le suivi de situations complexes.

    • Suivi pédiatrique de 0-2 ans : 39 € (puis 40 € en juillet 2025).
    • Suivi pour les 2-6 ans : 35 €.
    • Consultation obligatoire avec certificat : 60 € (contre 47,50 € actuellement).

    Mesures spécifiques pour les patients âgés

    Dès janvier 2026, les patients de plus de 80 ans pourront bénéficier d’une consultation longue, facturée 55 €, dans trois situations. Un forfait annuel de 100 € est également prévu pour le suivi des patients âgés en affection longue durée (ALD).

    • Sortie d’hospitalisation.
    • Orientation vers un accompagnement social (APA).
    • Réduction des traitements en cas de polymédication.

    Encouragement à l’installation dans les zones sous-dotées

    Pour améliorer l’accès aux soins dans les territoires en tension, la convention prévoit :

    • Aide à l’installation : 10 000 € dès janvier 2026.
    • Valorisation des consultations ponctuelles : 200 € par demi-journée pour les interventions hors cabinet.
    • Soutien à l’emploi d’un assistant médical : objectif de suivre 20 % de patients supplémentaires.

    Vers une médecine de ville plus responsable

    La convention introduit des mesures de prescription raisonnée.

    • Objectifs de réduction des antibiotiques, IPP et analgésiques.
    • Encouragement à l’utilisation des biosimilaires.
    • “Bonus sobriété” de 1 000 € pour les médecins appliquant des pratiques de prescription responsable dès janvier 2025.

     

  • Quelle sera la politique de santé du ministre Neuder ?

    Docteur en médecine et cardiologue, responsable du pôle thorax et vaisseaux du CHU de Grenoble, Yannick Neuder a hérité du ministère de la Santé et de l’accès aux soins au sein du gouvernement Bayrou. Septième ministre de la Santé du Président Macron, il ne dispose pas, contrairement à sa prédécesseure, Geneviève Darrieussecq, d’un ministère de plein exercice, mais d’un ministre délégué avec une ministre de tutelle, Catherine Vautrin, chargée d’un portefeuille étendu Travail, Santé, Solidarités et Familles. Cette dernière dispose d’un autre ministre délégué, Charlotte Parmentier-Lecocq, en charge de l’Autonomie et du Handicap.

    Yannick Neuder a débuté son ministère par deux déplacements, le premier à Mayotte et de retour en métropole, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris aux cotés des professionnels de santé restés mobilisés le 31 décembre. Il souhaite restaurer la confiance avec les professionnels de santé et ambitionne de réformer la formation du secteur pourformer plus et mieux“. Il évoque également l’amélioration des mesures d’attractivité pour le secteur hospitalier en réétudiant les rythmes, temps et conditions de travail.

    Une implication locale

    Ancien élu local, Yannick Neuder, souhaite territorialiser toutes ses décisions” et renforcer le lien avec les acteurs locaux concernant les problématiques de la santé, et en particulier avec les élus locaux : ” On ne peut pas envisager de réforme structurelle du système hospitalier sans recréer cette offre de soins de proximité.” S’appuyant sur les centres de soins non programmés qu’il a participé à créer en Isère, il évoque le triptyque “consultation médicale, paramédicale, accès à la biologie et l’imagerie pour créer des unités primaires de soins qui évitent d’avoir recours systématiquement à l’hospitalisation“.

    Plus de prévention et de souveraineté

    Le nouveau ministre souhaite renforcer la prévention pour améliorer la prise en charge des patients, limiter les facteurs de risques et dépister plus et mieux. Sur un autre aspect de sa politique à venir, il parle de réindustrialisation du secteur médical afin de fabriquer nos médicaments et matériels de santé. Ancien élu de l’Isère, il dit souhaiter “suivre de près” l’avancement de l’usine de production de paracétamol du groupe Seqens lancé début 2023 sur la plateforme chimique des Roches/Roussillon.

    Il évoque en outre son souhait de conserver la santé mentale comme grande cause nationale, de supprimer le numerus clausus apertus et d’étudier la voie du cannabis thérapeutique.

  • Biologie médicale : hausse de 1,75 % pour certains tarifs (accord 2025-2026)

    Un compromis après les tensions de 2024

    Malgré le fait que les biologistes envisageaient de fermer leurs laboratoires en fin d’année, l’Assurance Maladie et trois syndicats de biologistes médicaux ont conclu, le 20 décembre 202′, un accord qui fixe les conditions d’application du protocole signé en juillet. Ce protocole, pensé pour 2025-2026, visait trois objectifs : maîtriser les dépenses en biologie médicale, garantir la visibilité économique des professionnels et promouvoir l’innovation et la prévention. Le contexte de 2024, marqué par une baisse des tarifs en septembre et un ralentissement des volumes d’actes, a nécessité des ajustements pour stabiliser la filière. L’accord de décembre acte ainsi une hausse de 1,75 % des tarifs pour les deux prochaines années, une mesure destinée à répondre aux préoccupations des biologistes.

    Stabilité économique et suivi renforcé

    Cet accord offre une visibilité aux acteurs du secteur. En plus de la stabilité des tarifs, il prévoit la mise en place d’un comité de pilotage mensuel. Ce dernier, présidé par une personnalité extérieure, devra suivre des indicateurs comme :

    • L’évolution des volumes d’actes ;
    • La répartition des prescriptions entre médecins de ville et hospitaliers ;
    • L’impact des épidémies et des politiques de santé publique.

    Ce pilotage associe l’Assurance maladie et les syndicats.

    Un rôle élargi pour les biologistes médicaux

    Au-delà des enjeux économiques, l’accord met aussi l’accent sur l’évolution des missions des biologistes. Un programme de travail sera lancé pour développer leur rôle dans la prévention et le dépistage. Ce repositionnement vise à renforcer leur contribution aux politiques de santé publique, notamment dans la gestion des maladies chroniques et les campagnes de dépistage précoce.