💸 Contexte : bientôt le remboursement effectif d’un DM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques ?
Si en juillet 2023, le remboursement de la la télésurveillance médicale pour l’insuffisance cardiaque (et d’autres pathologies) était entrée dans le droit commun, jusqu’alors, aucune avancée n’avait été constatée et aucune solution n’avait obtenu un avis positif pour être inscrit à la LATM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques. Mais le 11 mars 2024, la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS) de la HAS a laissé aux ministres en charge de la Santé et de la Sécurité sociale le choix d’inscrire la première solution pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques à la liste des activités de télésurveillance médicale en vue de son remboursement.
En effet, NP Medical, dont la solution Satelia Cardio est déjà inscrite à la LATM de manière générique, a demandé l’inscription de son dispositif phare pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques, afin que les patients puissent obtenir un meilleur remboursement de la part de l’Assurance maladie. Après avoir souligné que l’intérêt de Satelia Cardio pouvait également être apprécié au regard de son impact clinique, notamment par la réduction de la mortalité, la commission ne s’est pas prononcée sur son inscription à la LATM pour la télésurveillance des insuffisants cardiaques. Elle a toutefois laissé cette décision aux ministres en charge de la Santé et de la Sécurité sociale, en leur recommandant d’inscrire ce dispositif médical à la LATM au plus tard jusqu’en juin 2026, date correspondant à la fin de la prise en charge de la ligne générique pour la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, laquelle doit faire l’objet d’une réévaluation d’ici fin 2025.
📊 Les chiffres clés de la cardiologie
Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès dans le monde et sont à l’origine d’environ 17,9 millions de décès chaque année d’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce chiffre regroupe un ensemble d’affections du cœur et des vaisseaux sanguins, notamment les maladies coronariennes, les maladies cérébrovasculaires et les cardiopathies rhumatismales. Plus de 4 décès sur 5 consécutifs à une maladie cardiovasculaire sont liés à des crise cardiaques et à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), et un tiers de ces décès surviennent prématurément chez des personnes de moins de 70 ans.
En France, ces maladies sont la deuxième cause de mortalité derrière le cancer, et la première pour les personnes âgées de plus de 85 ans. Chaque année, elles provoquent le décès de 140 000 personnes. En 2022, 5,6 millions de personnes étaient traitées pour une maladie cardio-neurovasculaire, dont plus de 430 000 pour maladie aigüe (chiffres de la Caisse nationale de l’assurance maladie)
5,4 millions de Français touchés par une maladie cardio-neuro-vasculaire :
Lors de sa dernière campagne de sensibilisation à l’insuffisance cardiaque de novembre 2024, la Cnam a indiqué que cette pathologie touche 1,5 million de Français, notamment les plus de 60 ans. Elle a aussi expliqué qu’avec le vieillissement de la population, ce chiffre pourrait croître de 25 % tous les 4 ans, mais aussi que malgré sa progression dynamique, cette maladie et ses symptômes restent peu connus de la population et qu’entre 400 000 et 700 000 Français en souffrent sans le savoir.
Sur la plateforme « Data pathologies » de la Cnam, les données montrent que les maladies cardio-neuro-vasculaires (dont fait partie l’insuffisance cardiaque) touchaient 5,4 millions de personnes en 2022 (dernières données à ce jour), ce qui représente 7,80 % de la population de cette année, pour des dépenses à hauteur de 19,75 milliards d’euros, soit une augmentation des dépenses de l’Assurance maladie de près de 25 % depuis 2015 (15,81 milliards d’euros).
Le nombre de cardiologues pour 100 000 habitants en baisse depuis 2022 :
Alors que les chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) de 2022 indiquaient que la France comptait 7 335 cardiologues ce qui représentait 10,9 cardiologues pour 100 000 habitants, les derniers chiffres du Cnom (janvier 2025) montrent une baisse du nombre de cardiologues, qui ne sont désormais plus que 6 347, ce qui représente 7,86 médecins pour 100 000 habitants (contre 7,9 en 2024). Il est important de noter qu’il y a une disparité du nombre de cardiologues en fonction des différentes régions.
La ville de Paris est le département français qui compte le plus de cardiologues pour 100 000 Français (23,3). À l’inverse, la Lozère est le département qui compte le moins de cardiologues pour 100 000 habitants (uniquement 1,3 %), alors qu’il était plutôt bien classé en 2010, avec ses 7,8 médecins pour 100 000 Français. Ces chiffres ont aussi montré que l’âge moyen des cardiologues est légèrement supérieur à celui des médecins Français (52 ans contre 51) et que la cardiologie est l’une des spécialités où la féminisation est la plus importante puisque 71 % des praticiens sont des femmes contre 49 % des médecins Français.

En plus de cela, les derniers chiffres de la Cnom ont également mis l’accent sur la proportion des cardiologues en fonction de leur mode d’exercices qui a bien évolué depuis 2010 : l’atlas de la démographie médicale en France montre les proportions de cardiologues qui sont salariés hospitaliers (+ 14,9 %) et qui sont salariés mixtes (+ 6,8 %) ont augmenté depuis 2010, alors la proportion des cardiologues en activité régulière a fortement baissé pour les autres modes d’exercices. La proportion des salariés hors hospitaliers a baissé de 53,1 %, quand la proportion des libéraux a baissé de plus de 6 % en 15 ans. Les cardiologues se distinguent donc par leur modes d’exercices : alors que le mode d’exercice le moins préféré par les médecins est le mode d’exercice mixte avec seulement 10,6 % des médecins en 2025, 24,17 % des cardiologues (1 534) ont choisis ce mode d’exercice, ce qui faisait des cardiologues salariés hospitaliers les moins représentés dans la fonction. Le mode d’exercice libéral est leur mode préféré avec 44,3 % (2 814), ce qui ne diffère pas de la moyenne globale des médecins (42,4 %).
💊 Les médicaments et les DM les plus remboursés (Cnam)
Les médicaments les plus prescrits et remboursés :
En 2021, la molécule la plus prescrite en cardiologie était l’Amiodarone, notamment le générique produit par Viatris (ex Mylan) avec presque 1 millions de boîtes remboursées par l’Assurance maladie, et plus de 6 millions d’euros de dépenses prises en charge.
Amiodarone :
- boîtes remboursée : 2 550 205 ;
- montant remboursé : 17 536 003 €.
Dans le détail :
- Amiodarone Viatris : 926 437 boîtes remboursées et 6 377 463 € remboursés ;
- Amiodarone Biogaran : 894 032 boîtes remboursées et 6119 482 € remboursés ;
- Amiodarone Zentiva : 398 152 boîtes remboursées et 2 765 202 € remboursés ;
- Amiodarone Teva : 331 584 boîtes remboursées et 2 273 856 € remboursés.
Les DM les plus prescrits et remboursés en 2021 :
Parmi les DM les plus prescrits, on retrouve principalement deux types de produits :
1️⃣ les guides de mesures de la Fraction du flux de réserve coronarien, utilisé pour les coronarographies :
- 6 625 prescrits ;
- 2 643 296 € remboursés ;
2️⃣ les ballons actifs à élution de paclitaxel; un système de dilatation coronaire qui permet de délivrer
une drogue antiproliférative pour diminuer la resténose (rétrécissement d’un tissu artérielle préalablement traité) :
- 1 571 prescrits ;
- 761 233 € remboursés.



