Articles

  • Plannings hospitaliers : l’IA dépasse les méthodes classiques dans un défi organisé par l’Anap

    L’IA prend l’avantage sur les cadres de santé dans un exercice de planification

    L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a organisé un concours visant à tester l’efficacité de l’intelligence artificielle dans l’élaboration des plannings hospitaliers. Baptisé “le Duel”, ce challenge a opposé 20 cadres de santé, répartis en deux groupes : l’un utilisant des tableurs traditionnels, l’autre des solutions d’IA parmi Hopia, Probayes, Swappy, Medhop et Optacare. Quatre des cinq plannings jugés les plus performants ont été générés par des outils d’intelligence artificielle. Cette évaluation a été conduite par un jury composé de professionnels du secteur.

    Des résultats contrastés selon l’outil… et son utilisateur

    Au-delà de la performance globale de l’IA, l’Anap souligne que la qualité des résultats dépend aussi de la maîtrise des outils. Deux participants utilisant la même solution ont obtenu des scores différents, preuve que l’appropriation humaine reste un facteur déterminant. Matthieu Girier, directeur du pôle performance des ressources humaines à l’Anap, précise : « Cela montre également que certaines solutions doivent gagner en précision pour être parfaitement acculturées aux établissements sanitaires et médico-sociaux. » Face à ces résultats, l’Anap prévoit un accompagnement des éditeurs pour améliorer la maturité de leurs outils, ainsi qu’un soutien opérationnel auprès des établissements de santé pour faciliter le déploiement de ces technologies sur le terrain.

    Un Observatoire pour structurer les usages de l’IA en santé

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large. En partenariat avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’Anap lance l’Observatoire des usages de l’IA en santé. Accessible en ligne, cette plateforme recense actuellement une cinquantaine de cas d’usage, couvrant des domaines variés : aide au diagnostic, personnalisation des soins, gestion financière, ou encore expérience patient. Ce répertoire sera enrichi progressivement par une veille active et des contributions professionnelles. Pour Stéphane Pardoux, directeur général de l’Anap, l’enjeu est clair : « faire connaître ces usages, les documenter et les partager pour qu’ils se multiplient dans notre pays. »

    Un événement dédié prévu en octobre 2025

    Enfin, l’Anap organisera le 14 octobre 2025 à Montrouge une journée nationale baptisée Perf.IA, entièrement consacrée aux usages concrets de l’intelligence artificielle en santé. Au programme : retours d’expérience, ateliers thématiques et échanges sur les pratiques à adopter pour intégrer l’IA dans l’organisation des établissements.

  • AAP : Jusqu’à 25 000 € pour des projets de recherche sur la dystrophie musculaire congénitale

    L’appel à projets 2025 soutiendra des travaux biomédicaux, fondamentaux ou translationnels, ciblant spécifiquement la mise au point de stratégies thérapeutiques contre la dystrophie musculaire congénitale par déficit en laminine alpha-2.

    Un partenariat pour stimuler la recherche sur une maladie rare

    La dystrophie musculaire congénitale liée au déficit en laminine alpha-2 (LAMA2-CMD), aussi appelée dystrophie congénitale avec déficit en mérosine de type 1A (MDC1A), est une pathologie neuromusculaire rare qui touche entre 1 et 4 naissances pour 100 000. Elle représente 30 à 40 % des dystrophies musculaires congénitales. D’origine génétique (mutation du gène LAMA2), elle entraîne une dégénérescence musculaire progressive, des retards de développement moteur et une réduction de l’espérance de vie. Malgré une compréhension partielle des mécanismes moléculaires de la maladie, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. Toutefois, depuis plus de dix ans, plusieurs initiatives scientifiques ont été lancées pour structurer la recherche, notamment en constituant des registres, en modélisant la maladie ou en explorant des pistes thérapeutiques.

    Critères d’éligibilité et financement

    L’appel est ouvert à tous les projets biomédicaux, qu’ils soient de recherche fondamentale ou translationnelle, dès lors qu’ils ciblent spécifiquement la LAMA2-CMD ou qu’ils présentent des résultats transférables à cette pathologie. Le projet doit démontrer son originalité, sa faisabilité, et l’adéquation entre la méthodologie et l’expertise de l’équipe.

    Le porteur principal doit appartenir à une structure de recherche publique, en France ou à l’étranger. En l’absence de poste permanent, un contrat couvrant la durée du projet (plus six mois) devra être fourni. Les dépenses éligibles incluent les salaires contractuels (hors personnel administratif), les consommables, les équipements (plafond de 2 000 €), les déplacements (2 000 €), les publications (2 000 €) et certaines prestations limitées (jusqu’à 10 % du budget). Aucun frais de gestion n’est accepté.

    Processus de sélection et suivi

    Les projets seront sélectionnés par un comité commun LAMA2 France – FFRD, sur la base de critères d’intérêt scientifique, de qualité, de faisabilité, du profil du porteur et de la cohérence budgétaire. Les experts et membres du comité sont soumis à un accord de confidentialité et d’absence de conflit d’intérêt. Le financement se déroulera en trois phases :

    • 50 % au démarrage.
    • 40 % après un rapport intermédiaire.
    • 10 % à la remise du rapport final.

    Les porteurs devront produire un résumé en français accessible aux membres de l’association. Une valorisation scientifique des résultats est attendue, avec au minimum une publication en revue à comité de lecture et une participation à une réunion scientifique organisée par LAMA2 France.

    Portail de candidature : Synto | Système de gestion des subventions de recherche

  • Le projet GEAR franchit une étape décisive dans la thérapie génique oculaire avec 4 M€ de soutien public

    Premiers résultats pour la thérapie génique en ophtalmologie

    Lancé en 2024, le consortium GEAR (Gene therapy Evaluation for the retina using AAV and AI-based Rational design) vient d’annoncer une avancée scientifique pour la thérapie génique appliquée aux maladies de la rétine. Porté par l’Institut de la Vision, WhiteLab Genomics et ADLIN Science, le projet a permis d’identifier quatre récepteurs cellulaires spécifiques, dont un servira de cible prioritaire pour développer de nouveaux vecteurs viraux (AAV). Ces protéines, localisées à la surface des cellules rétiniennes, facilitent le guidage des gènes thérapeutiques au sein des cellules malades. Selon Deniz Dalkara, directrice de recherche à l’Institut de la Vision, cette étape ouvre la voie à la création de bibliothèques de vecteurs AAV optimisés, qui seront testés in vivo dans les prochains mois.

    Lever les obstacles de la thérapie génique oculaire

    La localisation des cellules visuelles au fond de l’œil et l’absence de vecteurs spécifiques adaptés ont jusqu’ici freiné les progrès. GEAR vise à contourner ces difficultés en développant des vecteurs capables de franchir les barrières naturelles de l’œil, de cibler précisément les cellules affectées, et de limiter les doses administrées.

    L’IA au cœur de la conception de nouveaux vecteurs

    WhiteLab Genomics, en partenariat avec l’Institut de la Vision, mobilise des techniques d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique pour prédire, concevoir et évaluer in silico des variants de vecteurs viraux. Ces approches rationnelles permettent d’accélérer le développement de vecteurs personnalisés et plus efficaces pour franchir les barrières biologiques complexes de la rétine humaine. David Del Bourgo, CEO de WhiteLab Genomics, souligne que ces travaux illustrent le potentiel de l’IA pour transformer les modalités de développement et d’accès aux thérapies géniques. ADLIN Science apporte une infrastructure numérique centralisée pour gérer et visualiser les données multi-omiques du projet, via sa plateforme ADLIN Workspace. Cette solution facilite la standardisation des analyses de séquençage haut débit et la collaboration entre les équipes scientifiques.

    Un projet soutenu par France 2030 et la Région Île-de-France

    GEAR bénéficie d’un financement de 4 millions d’euros dans le cadre de l’appel à projets régionalisé i-Demo du plan France 2030, opéré par Bpifrance. Il est labellisé par le pôle de compétitivité Medicen. Ce soutien s’inscrit dans la stratégie nationale visant à positionner la France comme un acteur de premier plan dans le développement de biothérapies pilotées par l’intelligence artificielle.

  • L’Assemblée nationale vote la fin de la liberté d’installation des médecins : 155 voix pour une régulation contestée

    Adoptée dans la nuit du 2 au 3 avril, la réintroduction de l’article 1 de la proposition de loi sur les déserts médicaux place désormais toutes les installations médicales sous la tutelle des ARS, sans distinction de statut.

    Une régulation imposée, rejetée par la profession

    Voté à 23h50 par 155 députés contre 85 dans un hémicycle peu rempli, le texte supprime la liberté d’installation des médecins, qu’ils soient libéraux ou salariés. L’objectif affiché est de lutter contre les déserts médicaux, mais l’article 1, déjà rejeté en commission des affaires sociales, revient par amendement. Il impose désormais aux praticiens de s’implanter uniquement dans des zones considérées comme sous-dotées, selon les critères des Agences Régionales de Santé (ARS).

    Une mesure jugée inefficace et contre-productive

    Cette décision suscite une levée de boucliers. Dix-sept organisations représentatives, dont le Conseil national de l’Ordre des médecins, MG France, la CSMF, la FMF ou encore les syndicats d’internes (ISNI, ISNAR-IMG) dénoncent une réforme « dangereuse » pour l’accès aux soins. Les 4 580 communes non classées sous-dotées, bien qu’éloignées de la sur-dotation, seront exclues des futures installations, en dépit de l’augmentation de la demande de soins et de la démographie locale. Les signataires pointent une mesure qui pourrait aggraver la pénurie médicale en dissuadant les jeunes praticiens de s’installer, ou en les incitant à exercer à l’étranger.

    Un contresens sur les enjeux de terrain

    Les organisations professionnelles et les élus estiment que la mesure ignore les réalités de l’exercice médical : pénurie de praticiens, perte d’attractivité du métier, épuisement professionnel croissant. Selon eux, aucune mesure n’est prévue pour répondre aux difficultés structurelles pourtant régulièrement remontées aux pouvoirs publics. Ils appellent à des solutions concertées, ancrées dans les besoins réels des territoires et fondées sur la confiance entre patients et soignants, plutôt que sur la contrainte réglementaire.

    Une mobilisation annoncée

    Face à ce qu’ils qualifient de « démagogisme électoral », les représentants des médecins, internes, étudiants et élus ruraux annoncent qu’ils poursuivront leur mobilisation. Ils s’engagent à recourir à tous les leviers disponibles pour s’opposer à l’entrée en vigueur de cette réforme. Dans leur communiqué, ils interpellent directement le Premier ministre et les députés sur leur responsabilité politique. « Écoutez les professionnels qui sont au contact des patients chaque jour », concluent-ils.

  • François Bayrou évoque une possible régulation de l’installation des médecins pour répondre aux déserts médicaux

    Des inégalités territoriales persistantes

    S’adressant à la société civile, le Premier ministre a estimé que la situation actuelle ne pouvait plus être tolérée, appelant à une action rapide et concrète pour remédier à l’aggravation des inégalités territoriales en matière d’accès aux soins. « Il est de notre devoir d’entrer dans l’action », a-t-il déclaré, ajoutant que la question était « délicate » et nécessitait d’aborder « tous les ressorts de sa complexité ».

    Vers une régulation comparable à d’autres professions de santé

    François Bayrou a évoqué la nécessité de « sortir de l’enlisement et de l’impasse », estimant qu’« une régulation est probablement nécessaire », à l’image de ce qu’ont déjà décidé certaines professions de santé. Il a cité les chirurgiens-dentistes, qui ont eux-mêmes mis en place un dispositif visant à mieux répartir l’offre de soins sur le territoire.

    Une ouverture aux propositions parlementaires

    Le Premier ministre a également fait savoir que le Gouvernement restait attentif aux initiatives portées par les parlementaires. Il a notamment fait allusion, sans la nommer, à la proposition de loi transpartisane défendue par le député socialiste Guillaume Garot. Ce texte vise à encadrer l’installation des médecins – généralistes et spécialistes – dans les zones sous-dotées, en conditionnant leur autorisation d’exercice à une validation par les agences régionales de santé (ARS).

  • Horizon Europe : la Commission cherche des experts santé pour évaluer les projets 2025-2027

    HaDEA recrute des professionnels qualifiés pour participer à l’évaluation des projets R&I en santé, notamment en intelligence artificielle, essais cliniques, dispositifs médicaux ou encore santé publique. L’Agence exécutive européenne pour la santé et le numérique (HaDEA), en charge du pilotage du Cluster 1 « Santé » du programme Horizon Europe et de la Mission européenne contre le cancer, prépare l’évaluation des projets candidats pour les années 2025 à 2027. Elle lance un appel à candidatures auprès de professionnels indépendants disposant d’une expertise dans les domaines couverts par ces appels.

    Des profils variés recherchés

    Les domaines d’expertise souhaités couvrent un large spectre :

    • Intelligence artificielle (interaction humain-IA, éthique, apprentissage automatique, modèles de langage, etc.)
    • Essais cliniques et thérapies avancées (médecine régénérative, thérapie génique, biologie synthétique, GMP, QMS, etc.)
    • Sciences environnementales (toxicologie, microplastiques, évaluation des risques)
    • Dispositifs médicaux et imagerie (HTA, ingénierie biomédicale, bioéthique, diagnostics)
    • Pathologies et santé publique (maladies rares, santé mentale, maladies infectieuses, santé numérique)
    • Oncologie (oncologie pédiatrique, médecine translationnelle, nutrition, qualité de vie)
    • Métiers de santé et services sociaux
    • Systèmes de santé et économie de la santé
    • Achats publics innovants
    • Communication scientifique et journalisme

    Conditions et modalités de participation

    Les candidats doivent s’enregistrer ou actualiser leur profil dans la base d’experts de la Commission européenne, en y ajoutant les mots-clés correspondant à leurs domaines de compétence. Une excellente maîtrise de l’anglais, écrit et oral, est requise.

    Les experts sélectionnés seront mobilisés pour des missions de courte durée – entre deux jours et un mois – potentiellement étalées sur plusieurs mois. Ils participeront à l’analyse des propositions soumises dans le cadre des appels à projets Horizon Europe et Mission Cancer, selon un calendrier précisé ultérieurement.

    Rémunération et contact

    Ces missions sont rémunérées. Les détails sur les modalités de paiement sont accessibles via la Commission européenne. Pour toute question, les experts peuvent contacter l’adresse HADEA-HORIZON-EVALUATION@ec.europa.eu en précisant leur numéro d’enregistrement EMI et leur domaine d’expertise.

  • L’offre médico-sociale pour les personnes en situation de handicap doit passer en mode intégré (Igas)

    Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) consacré à « la transformation de l’offre médico-sociale dans les établissements et services accueillant des personnes en situation de handicap » a été rédigé suite à la Conférence nationale du handicap (CNH) d’avril 2023. Le plan « 50.000 solutions », lancé à cette occasion, reconnaissait la nécessité d’une telle transformation afin de passer « d’une logique de places à une logique d’offre de services coordonnés ». Le rapport avec ses 38 propositions propose un cadre opérationnel pour cette transformation.

    Adapter l’offre aux besoins

    La transformation de l’offre est la condition de la liberté de choix de vie des personnes en situation de handicap (PSH). Actuellement le secteur est organisé, sur la base d’autorisations, en plusieurs modes d’intervention professionnelle : hébergement, logement accompagné, accueil de jour et accueil en milieu ordinaire, accueil de jour. L’offre ainsi cloisonnée ne permet pas une adaptation souple aux besoins des PSH et à leur évolution.

    Les dispositifs intégrés, associant plusieurs catégories institutionnelles, ne concernent que 25% des établissements pour jeunes et 3% pour adultes. Cependant les travaux menés par l’Igas ont permis de constater que « Les organismes gestionnaires disposent de structures capables d’assurer la modalité recherchée, si elles sont regroupées avec un projet commun pour 59 à 67% des communes ». Ce qui montre qu’il existe potentiellement une possibilité d’élargir les capacités d’une offre intégrée sur le territoire.

    Créer une catégorie unifiée des structures d’accueil et d’accompagnement

    La première recommandation du rapport est de « mettre en extinction les différentes catégories d’ESSMS pour PSH d’ici 2030, au profit d’une catégorie transversale unique ». L’objectif est de faire émerger « une offre modulaire, qui propose les différents modes d’intervention professionnelle et adapte leur intensité dans le temps aux besoins et attentes de la personne ». Celle-ci accéderait, au sein d’un même établissement ou auprès d’un même organisme gestionnaire, à « la palette complète des différents modes d’accueil et d’accompagnement ».

    Cette obligation de réponse aux besoins donne, selon le rapport, une « responsabilité populationnelle territorialisée » aux structures sociales et médico-sociales. L’exercice de cette responsabilité sera facilité par une gouvernance publique coordonnée, dans le cadre du Service public départemental de l’autonomie (SPDA).

    Les moyens à mettre en œuvre

    La transformation du secteur implique :

    • Une modification de l’art 313.1.11 CASF, qui prévoit la procédure d’autorisation des nouveaux projet d’établissements et services sociaux et médicosociaux (ESSMS) et les soumet généralement à l’avis d’une commission d’information et de sélection d’appel à projet, dans le sens d’une simplification ;
    • Le regroupement des ESSMS en un seul ensemble, « structure PSH », au sein duquel aucun regroupement ou transformation ne nécessite un appel à projet sur la base d’une étude de besoin confiée à la DRESS et la CNSA ; l’objectif est le regroupement des ESSMS, par département, à la diligence du gestionnaire ou de plusieurs d’entre eux ou dans le cadre d’un groupement de coopération sociale et médicosociale (GCSMS), selon une procédure simplifiée ;
    • L’intégration dans tout CPOM d’un ESSMS et dans les projets d’établissements d’un axe relatif à la transformation ainsi que le conditionnement des mesures nouvelles à un projet de transformation ;
    • La transformation des systèmes d’information (SI), en assurant notamment l’interopérabilité entre le SI commun MPDH et le SI Via Trajectoire Handicap ;
    • La poursuite du déploiement du dossier usager informatisé (DUI) ;
    • Le remplacement du Programme interdépartemental d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC) et du schéma départemental autonomie par un seul schéma départemental relatif à l’accompagnement des PSH, arrêté conjointement par l’ARS et département. Il devrait être concomitant au Projet régional de santé, dans l’attente de l’élaboration d’ une feuille de route conjointe ARS-CD relative à la transformation de l’offre

    Le financement de la transformation

    Le chiffrage du coût de l’accompagnement de la transformation s’élèverait, selon l’Igas, à 370M€. Des mesures pourraient également faciliter cette réforme :

    • Le décloisonnement des crédits et une fongibilité partielle entre objectifs globaux de dépense (OGD) du champ médicosocial ;
    • L’adaptation de l’équation tarifaire du dispositif d’allocation des ressources SERAFIN-PH pour prendre en compte les ESSMS fonctionnant déjà de manière modulaire ;

    L’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médicosociaux (ANAP) et l’Association nationale des centres régionaux d’étude, d’action et d’Information (CREAI) devraient être en appui de cette transformation par convention avec la CNSA.

    Les recommandations du rapport seront discutées lors du comité de pilotage national de la transformation de l’offre médicosociale, prévu le 30 avril prochain.

    Une préfiguration de la transformation : les dispositifs intégrés

    Cette nouvelle modalité de prise en charge fonctionne déjà dans de nombreux ESSMS pour PSH, de leur propre initiative ou à l’invitation des ARS et principalement pour les enfants. Les jeunes accueillis peuvent y bénéficier d’une offre de services modulaire, en partenariat avec l’éducation nationale et/ou d’autres ESSMS.

    Ces initiatives ont été reconnues par un décret du 5 juillet 2024, qui prévoit notamment une convention cadre élaborée à l’échelon départemental, conclue par les acteurs qui concourent à la mise en œuvre du dispositif intégré. Il existe plusieurs exemples de ces dispositifs dans le rapport.

    A côté de ceux-ci, sont apparues localement d’autres appellations se référant à la transformation de l’offre : « plateforme de services coordonnés », « offre de services coordonnés » ou « offre de services intégrés », qui se développent suivant les mêmes principes et selon plusieurs montages juridiques. Leur recensement est difficile et ils ne sont pas actuellement encadrées par des textes.

    Ces dispositifs, quels que soient leur nom, constituent à la fois une préfiguration de la transformation de l’offre mais également son avenir, si l’on se réfère à la conférence nationale du handicap 2023, qui affichait l’objectif de « passer d’une logique de places à une logique d’offre des services coordonnés ».

    Pour accompagner cette transformation, qui emporte notamment des conséquences pour les professionnels, l’ANAP publie un guide de bonnes pratiques.

    Rapport Igas :

    https://www.igas.gouv.fr/handicap-comment-transformer-loffre-sociale-et-medico-sociale-pour-mieux-repondre-aux-attentes-des-personnes

    Sur les dispositifs intégrés :

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049889025

    Guide de bonnes pratiques de l’ANAP :

    https://anap.fr/s/transformation-offre-ph

     

  • Tessan déploie son IA médicale dans les cabines de téléconsultation et en pharmacie

    Une collecte automatisée des symptômes pour affiner le diagnostic médical

    Lancée le 10 mars 2025, la solution Tessan IA s’inscrit dans la continuité des outils de téléconsultation proposés par l’entreprise française Tessan. Elle vise à soutenir les professionnels de santé tout au long du parcours de soins. Avant même la mise en relation avec un médecin, l’IA dialogue avec le patient, recueille ses symptômes et constitue un dossier médical transmis au praticien. Ce dispositif permet de sécuriser et fiabiliser la phase de recueil d’informations.

    Un assistant intelligent pour les pharmaciens

    Tessan déploie également son IA dans les officines. Intégrée au comptoir, elle assiste les pharmaciens dans leurs délivrances en proposant des recommandations personnalisées, en temps réel, à partir d’une base de données certifiée. Cette technologie permet de croiser les spécificités des produits avec les symptômes signalés et les éventuelles contre-indications, renforçant ainsi la pertinence du conseil apporté au patient.

    Un outil d’aide à la décision, non substitutif au professionnel

    Jordan Cohen, CEO et fondateur de Tessan, insiste sur le rôle complémentaire de l’IA : elle n’a pas vocation à se substituer au professionnel de santé mais à l’assister. Elle sert à éviter les oublis, limiter les erreurs d’interprétation, et améliorer l’expérience patient. L’objectif est de fluidifier les parcours, optimiser le temps médical et enrichir l’analyse clinique sans retirer la responsabilité de la décision au praticien.

    Une extension du modèle médical Tessan dans un contexte de tension

    Déjà active dans la lutte contre la désertification médicale, Tessan renforce avec cette innovation sa proposition pour désengorger les urgences et améliorer l’accès aux soins. L’entreprise revendique une communauté de 300 médecins utilisateurs de ses dispositifs connectés, déployés depuis 2018. En connectant ses cabines de téléconsultation et les pharmacies à une IA médicale, Tessan élargit son champ d’action dans la e-santé et entend structurer un modèle de soins plus fluide et personnalisé.

  • Elypta présente les premiers résultats d’un test pour la détection des récidives du cancer du rein

    Le laboratoire suédois Elypta a dévoilé, lors du 40e congrès annuel de l’Association européenne d’urologie à Madrid, les premiers résultats d’une étude sur un nouveau test urinaire destiné à améliorer la détection des récidives du carcinome rénal à cellules claires.

    Cancer du rein : 400 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année

    Le carcinome rénal à cellules claires (CCRcc) est la forme la plus courante de cancer du rein, représentant 90 % des cas.

    • 400 000 nouveaux cas de cancer du rein sont diagnostiqués chaque année dans le monde.
    • Un cinquième des patients opérés voit la maladie réapparaître dans les cinq ans.
    • La majorité des récidives surviennent dans les deux premières années.

    À ce jour, la surveillance repose uniquement sur la tomodensitométrie (scanner CT) réalisée tous les 6 à 12 mois selon le niveau de risque.

    Détection précoce du cancer du rein : la technologie des glycosaminoglycanes (GAGs)

    Contrairement aux méthodes conventionnelles, telles que l’imagerie médicale, Elypta a développé le test Gagome, une technologie innovante exploitant la signature des glycosaminoglycanes (GAGs) pour une détection précoce du cancer du rein. Cette approche non invasive repose sur :

    • Une simple prise de sang ou d’urine.
    • L’analyse des glycosaminoglycanes circulants.
    • L’interprétation des résultats par algorithmes d’apprentissage automatique.

    L’étude clinique multicentrique sur la détection précoce du cancer du rein

    L’étude clinique AURORAX-0087A vise à évaluer la capacité du test GAGmes à détecter les récidives du CCRcc. Il s’agit de la plus vaste étude menée sur des patients ayant subi une ablation complète du rein.

    • 1 100 patients inclus sur 30 sites aux États-Unis et en Europe.
    • Suivi par tomodensitométrie et tests urinaires trimestriels.
    • Analyse des échantillons urinaires par spectrométrie de masse pour générer un score prédictif comparant test urinaire et tomodensitométrie.

    Les résultats intermédiaires

    Les premières analyses mettent en évidence :

    • Une sensibilité de 90 %, identifiant les récidives tumorales.
    • Une valeur prédictive négative de 97 %, excluant avec fiabilité les récidives.

    Actuellement réservé à la recherche, ce test pourrait réduire de moitié le nombre d’examens postopératoires et s’appliquer à d’autres cancers.

     

  • IA et Cardiologie une technologie déjà centrale pour une discipline clé

    📌 Contexte et chiffres clés de la cardiologie en France

    En France, les maladies cardiovasculaires causent 140 000 décès par an, représentant la deuxième cause de mortalité globale et la première chez les plus de 85 ans. En 2022, 5,4 millions de Français étaient touchés par des maladies cardio-neurovasculaires, générant des dépenses de santé atteignant 19,75 milliards d’euros, en hausse de 25 % depuis 2015. Par ailleurs, le nombre de cardiologues diminue, passant à 6 347 en 2025 (7,86 pour 100 000 habitants). Enfin, l’insuffisance cardiaque touche 1,5 million de Français et pourrait augmenter de 25 % tous les quatre ans avec le vieillissement démographique.

    Chiffre clé : les maladies cardiovasculaires, 2ème cause de mortalité en France.

    👉 H&TI vous propose d’appréhender le contexte de la cardiologie en France en 2025 ici.

    📌 Cardiologie et réglementation, les détails de la télésurveillance

    Entrée de la télésurveillance dans le droit, adoption des conditions techniques de fonctionnement de l’activité interventionnelle sous imagerie, remboursement du défibrillateur automatique et du pacemaker dans les activités de télésurveillance médicale. La réglementation concernant la cardiologie en France évolue au fur et à mesure que les pratiques et le marché des solutions numériques changent.

    👉 Retrouver le les dernières évolutions réglementaire ici.

    📌 L’intelligence artificielle en cardiologie : l’imagerie, la chirurgie et la télésurveillance précurseurs

    L’intelligence artificielle redéfinit la cardiologie en répondant aux exigences critiques de cette discipline. En télésurveillance, elle réduit les faux positifs de 79 % sur les électrocardiogrammes issus des enregistreurs implantables, optimisant ainsi la gestion des urgences. Dans la prédiction des décompensations cardiaques, un algorithme validé par la FDA en 2023 offre des performances deux à trois fois supérieures aux solutions existantes, prévoyant les risques dans un délai de 30 à 60 jours. En chirurgie interventionnelle, l’IA stabilise les instruments médicaux et localise précisément les zones à traiter grâce à des reconstructions 3D. Ces innovations, adoptées par des cardiologues précurseurs, ouvrent la voie à une médecine plus précise et personnalisée, malgré les défis de financement en France.

    Chiffre clé : 79 % de réduction de faux positifs sur les ECG avec Implicity.

    👉 Nous vous restituons les points essentiels des entretiens menés avec Arnaud Rosier et Jean-François Thébaut ici.

    📌 Expérimentation de l’IA pour augmenter la pratique des ECG en France : un enjeu de santé publique

    En France, seulement 28 électrocardiogrammes (ECG) sont réalisés en moyenne par médecin généraliste chaque année, malgré les 13,1 millions de patients atteints de maladies cardiovasculaires et plus de 20 millions de personnes à risque. Pour remédier à cette situation, la CNAM lancera au troisième trimestre 2025 une expérimentation d’un an impliquant 80 médecins généralistes en Haute-Garonne et dans le Val-de-Marne. L’objectif est d’évaluer si des outils d’intelligence artificielle (IA), combinés à des actions de sensibilisation, peuvent augmenter la pratique des ECG et améliorer la prescription d’anticoagulants. Les participants seront répartis en trois groupes pour comparer l’impact de l’IA et de la sensibilisation. Les résultats détermineront si cette initiative sera étendue à l’échelle nationale.

    Chiffre clé : 28 électrocardiogrammes (ECG) sont réalisés en moyenne par médecin généraliste chaque année,

    👉 Plus de détails sur l’expérimentation à lire ici.

    📌 Fibrillation auriculaire persistante : l’IA augmente le taux de succès de l’opération.

    Une étude publiée en 2025 dans Nature Medicine révèle que l’ablation personnalisée assistée par intelligence artificielle (IA) atteint un taux de succès de 88 % chez les patients atteints de fibrillation auriculaire persistante, contre 70 % pour la méthode standard d’isolation des veines pulmonaires (IVP). Cette avancée, testée sur 377 patients dans le cadre de l’étude multicentrique TAILORED-AF, repose sur des algorithmes d’IA capables d’identifier avec précision les zones responsables de l’arythmie cardiaque. Bien que la procédure soit plus longue et nécessite une expertise spécifique, elle n’a pas entraîné d’augmentation des complications graves. Avec 33 millions de patients concernés dans le monde, cette innovation pourrait transformer le traitement des formes persistantes de fibrillation auriculaire, traditionnellement difficiles à soigner.

    Chiffre clé : l’ablation assistée par IA atteint un taux de succès de 88 % pour la fibrillation auriculaire persistante, contre 70% sans.

    👉Notre analyse de l’étude de Nature sur les avancées  permises par la technologie de Volta a retrouvé ici.

    📌 18 cas d’usage pour l’IA en cardiologie

    L’intelligence artificielle transforme la cardiologie avec 18 cas d’usage recensés, couvrant les domaines du diagnostic assisté, de la réduction des délais d’intervention, de la prévention des risques et de la standardisation des pratiques. Ces innovations mobilisent 41 solutions, dont 60 % sont dédiées au diagnostic, notamment par imagerie et ECG. La transversalité est marquée, avec plus de 80 % des cas intégrant plusieurs spécialités comme la cardiologie, la neurologie et les urgences. Bien que certaines solutions soient déjà en production clinique, une majorité reste en phase pilote ou expérimentale, reflétant un écosystème encore jeune et porté par des startups deeptech. Les hôpitaux universitaires jouent un rôle clé dans cette dynamique, mais des freins tels que l’interopérabilité des systèmes, l’accès aux données et la formation des professionnels de santé limitent encore l’adoption généralisée de l’IA en milieu hospitalier.

    👉 Découvrez tous les cas d’usage de l’IA en cardiologie ici :

    📌 37 solutions d’IA pour transformer la cardiologie

    Le secteur cardio-neuro est à l’avant-garde de l’innovation en intelligence artificielle, avec 37 solutions développées par 30 entreprises, dont une majorité créée après 2015. Ces solutions se concentrent principalement sur la cardiologie (70 %), suivie de l’imagerie médicale, des urgences et de la neurologie, avec une forte transversalité entre spécialités. Les principaux objectifs cliniques incluent la réduction des délais d’intervention (15 solutions), la fiabilisation des diagnostics (12) et la prévention des complications (8). Parmi les technologies utilisées, le deep learning domine, mobilisant souvent des données non structurées comme les images médicales ou les signaux ECG. Malgré leur potentiel, seules 6 solutions disposent d’un marquage CE confirmé, soulignant une maturité réglementaire encore en construction. Les hôpitaux français, tels que l’AP-HP et plusieurs CHU régionaux, jouent un rôle clé dans l’expérimentation et la validation de ces outils prometteurs.

    Découvrez la cartographie actualisée des solutions ici

    Visuel de synthèse IA et cardiologie @HTI