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  • Innolab d’Elsan : « faire plus, faire mieux, avec moins, c’est l’objectif de l’innovation technologique en santé » (M. Combes)

    L’innovation commence par la collaboration

    Pour Laurence Comte-Arassus, présidente du Snitem et présidente non opérationnelle GE Healthcare France, parler d’innovation technologique sans évoquer l’innovation organisationnelle ou la collaboration n’a pas de sens. L’une ne va pas sans l’autre. Les solutions émergentes, notamment en robotique, intelligence artificielle ou imagerie médicale, ne peuvent s’intégrer durablement qu’à condition d’associer tous les acteurs dès leur conception, des professionnels de santé jusqu’aux patients. « On ne fait pas d’innovation sans travailler ensemble », insiste-t-elle, rappelant les collaborations mises en place de longue date entre GE Healthcare et Elsan. Elle pointe également les freins économiques et réglementaires persistants, à l’image des robots chirurgicaux longtemps exclus des modèles de financement. Pourtant, ces innovations permettent souvent de détecter plus tôt les pathologies, de poser des diagnostics plus précis ou d’accompagner les soins avec plus d’efficience.

    Faire plus, faire mieux, avec moins

    C’est par cette formule que Myriam Combes résume l’ambition de l’innovation : faire plus face à une demande croissante de soins, faire mieux en s’appuyant sur les outils numériques et l’IA, et le tout avec des ressources de plus en plus limitées. L’enjeu est double : répondre à une pression démographique croissante tout en optimisant les moyens humains et matériels. Elle cite notamment l’exemple de la télésurveillance en oncologie, qui permet de suivre à distance les patients sous chimiothérapie et d’anticiper les effets secondaires graves, évitant ainsi des hospitalisations inutiles. Mais cette dynamique, avertit-elle, se heurte à un espace-temps de plus en plus contraint : les innovations doivent démontrer rapidement leur valeur ajoutée pour espérer un déploiement à l’échelle. Le temps long de l’évaluation, de la réglementation, du financement, ne correspond plus au rythme d’évolution des solutions technologiques.

    Répondre aux besoins réels, sur les bons territoires :

    Pour Axèle Reberga, l’innovation ne peut être pensée de manière uniforme. Elle doit s’adapter aux réalités territoriales, aux besoins des populations, à l’existant. « Il ne s’agit pas de déployer toutes les innovations partout, mais de le faire là où c’est pertinent », souligne-t-elle. Cela suppose une bonne connaissance des bassins de population, une évaluation rigoureuse de la qualité des solutions proposées, mais aussi des efforts de structuration autour de la donnée de santé. Car derrière l’IA et les technologies de pointe se cache une condition indispensable : une donnée bien collectée, bien stockée, exploitable et de qualité. Elle rappelle également la nécessité de donner du temps à l’évaluation, d’identifier des indicateurs pertinents, et de favoriser le partage d’expériences pour éviter les redondances. L’ARS Île-de-France lance ainsi une quatrième édition de son appel à projets sur l’innovation organisationnelle et numérique, avec un fort accent mis sur l’accompagnement au changement.

    Changer de culture pour faire émerger l’innovation :

    Au-delà des outils, c’est une culture du changement qu’il faut faire émerger. « Nous ne sommes pas un peuple qui aime changer », reconnaît Laurence Comte-Arassus. Il faut intégrer cette culture dans toutes les strates du système de santé. Pour cela, la mesure et l’évaluation sont clés. Elle cite l’exemple d’un partenariat entre GE et Elsan pour optimiser l’usage de certains équipements via un outil d’analyse de l’activité des machines. L’enjeu : identifier les usages réels, ajuster l’implantation, réduire les coûts tout en améliorant les soins. C’est aussi pour cela que des structures comme GE ont mis en place des labs d’innovation : pour tester, échouer, apprendre, corriger.

    Tous s’accordent sur une certitude : l’innovation ne se décrète pas, elle se construit dans le temps, avec les professionnels, pour les patients. Et elle nécessite un accompagnement humain à la hauteur de ses promesses technologiques.

  • Himss 2025, les Etats-Unis une source d’inspiration pour la transition numérique en Europe?

    La transformation numérique en santé, portée par des technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’interopérabilité et la cybersécurité, constitue une opportunité stratégique pour les systèmes de santé. Cependant, son déploiement soulève des défis majeurs : gouvernance, intégration dans les flux de travail et acceptabilité par les professionnels. Les expériences observées aux États-Unis, notamment lors du congrès HIMSS 2025 et des visites à UCLA Health et Cedars-Sinai, offrent des enseignements précieux pour accélérer la transition numérique en France.

    📌 HIMSS 2025 : L’IA en santé, entre opportunités stratégiques et défis opérationnels

    Le congrès HIMSS 2025 à Las Vegas a rassemblé des experts internationaux pour explorer comment l’intelligence artificielle (IA) peut transformer les systèmes de santé. Cette immersion stratégique a révélé des avancées concrètes, comme l’utilisation de l’IA pour automatiser des tâches complexes et améliorer la qualité des soins, tout en mettant en lumière les défis liés à la gouvernance, à l’interopérabilité des données et à la cybersécurité. Plus d’un tiers des établissements de santé américains ont subi une cyberattaque en un an, soulignant l’urgence de stratégies nationales adaptées. En France, l’intégration de l’IA reste freinée par l’hétérogénéité des dossiers patients informatisés (DPI) et le besoin de ressources humaines formées. Les échanges ont confirmé que la clé du succès réside dans une gouvernance éthique et une mise en œuvre centrée sur les besoins concrets des soignants et des patients.

    Chiffre clé : 1/3 des hôpitaux américains ont subi une cyber-attaque l’année passé

    👉 H&TI vous livre le compte-rendu de la table ronde de retour de la learning expedition ici.

    📌 HIMSS, l’organisme internationale spécialisée en transition numérique en santé.

    Fondée en 1961, HIMSS est une organisation mondiale à but non lucratif dédiée à la transformation numérique des systèmes de santé, avec une présence dans plus de 100 pays et plus de 120 000 membres. Elle a évalué plus de 8 000 hôpitaux à travers ses modèles de maturité, notamment l’EMRAM et l’AMAM, qui intègrent des technologies avancées comme l’intelligence artificielle. HIMSS propose également des certifications professionnelles reconnues et organise des événements internationaux majeurs, dont la conférence HIMSS Europe prévue à Paris en juin 2025.

    Chiffre clé : 8000 hôpitaux évalués par les modèles de maturité de HIMSS.

    👉 H&TI vous dresse une description détaillé de cette organisme centrale de la transition numérique en santé ici.

    📌 Accélérer la santé numérique : 5 leçons venues de UCLA Health

    L’immersion au sein de UCLA Health met en lumière un modèle avancé de santé numérique, où l’intelligence artificielle, les outils connectés et l’analyse de données redéfinissent les pratiques hospitalières. Avec plus de 300 programmes numériques actifs, UCLA optimise le parcours patient grâce à des innovations comme le centre de commandement en temps réel, qui gère les flux hospitaliers malgré une capacité dépassant régulièrement 100 %. Cependant, moins de 15 % des médecins utilisent l’IA pour rédiger des messages, soulignant la nécessité d’une intégration adaptée et d’une gouvernance rigoureuse. Le programme MOVERS illustre une autonomie data-driven dans chaque service clinique, soutenue par une formation intensive à la littératie des données. Ce modèle californien, fondé sur une vision stratégique et une mise en œuvre agile, offre des enseignements précieux pour adapter la transformation numérique en France.

    Chiffre clé : 300 programmes numériques différents actifs à l’hôpital d’UCLA.

    👉 H&TI vous emmène découvrir les dispositifs numériques à l’UCLA Health ici.

    📌 Cedars-Sinai : L’hôpital plateforme qui redéfinit l’innovation clinique et technologique

    La visite immersive au sein de Cedars-Sinai a révélé un modèle pionnier d’hôpital plateforme, où excellence clinique et stratégie numérique se conjuguent pour transformer les soins. Avec son assistant IA interne, CSGPT, utilisé par plus de 600 professionnels, et ses scribes numériques développés avec la startup française Nabla, Cedars-Sinai réduit significativement le temps de documentation à domicile tout en augmentant la satisfaction des cliniciens. Les projets pilotes en soins infirmiers augmentés, comme le virtual nursing et le virtual sitting, améliorent la prévention des chutes et des escarres tout en diminuant les heures de surveillance humaine. Par ailleurs, son venture studio intégré, Tech Ventures, a permis la création de solutions innovantes telles que Prometheus, rachetée pour 10,8 milliards USD. Enfin, son accélérateur mondial accueille chaque année des startups santé pour les intégrer dans son écosystème. Ce modèle californien, qui s’ouvre à l’international notamment via des collaborations européennes, pourrait inspirer les futurs CHU numériques français.

    Chiffre clé : 600 professionnelles utilisent la solution d’IA interne au Cedars-Sinai.

    👉 H&TI vous livre son retour d’expérience de la visite du Cedars-Sinai ici.

    📌 Prescription médicale par IA : Vers une révolution réglementaire aux États-Unis

    Le projet de loi fédéral Healthy Technology Act of 2025 pourrait autoriser certaines intelligences artificielles à prescrire des médicaments, sous réserve d’une approbation par la FDA et d’un encadrement par les lois des États. Cette initiative suscite des débats intenses sur les performances, les enjeux éthiques et les risques juridiques liés à l’autonomie des IA. Si des outils comme Posos ou Synapse Medicine montrent déjà leur efficacité en tant qu’aides à la prescription sous supervision médicale, une IA totalement autonome soulève des questions complexes. Par ailleurs, les États-Unis renforcent leur cadre réglementaire pour limiter les biais algorithmiques et garantir la transparence, notamment via des lois pionnières en Californie et en Utah. Ces mesures insistent sur la supervision humaine et la traçabilité, tandis qu’en France, le principe de “garantie humaine” reste central dans les réflexions éthiques sur l’IA en santé. Avec 35 textes législatifs en cours, cette évolution pourrait transformer radicalement le rôle de l’IA dans les soins médicaux.

    Chiffre clé : 35 textes législatifs en cours aux Etats-Unis

    👉 H&TI dresse un aperçu un aperçu des évolutions réglementaires en cours ici.

    📌 HIMSS 2025 : L’innovation numérique en santé face aux défis de l’impact et de la sécurité

    Lors de HIMSS 2025, plus de 1 000 exposants et des milliers de professionnels se sont réunis pour discuter des défis et opportunités liés à l’innovation numérique en santé. L’intelligence artificielle, désormais omniprésente, est évaluée sur son impact concret, comme la réduction du temps de documentation grâce à DAX Copilot ou l’aide au diagnostic via Epic. Près de 20 % des failles de cybersécurité dans les hôpitaux proviennent de terminaux mobiles, soulignant l’urgence d’implémenter des solutions comme le Unified Endpoint Management (UEM). L’interopérabilité reste un enjeu majeur, avec des efforts autour des standards FHIR et TEFCA pour fluidifier les échanges de données. Enfin, l’évolution des attentes des patients, où un sur quatre est prêt à changer de prestataire faute de rendez-vous rapide, pousse les systèmes à intégrer des outils numériques mieux adaptés. HIMSS 2025 marque un tournant vers une innovation centrée sur la résolution des problèmes réels plutôt que sur la simple sophistication technologique.

    Chiffre clé : 20 % des failles de cybersécurité dans les hôpitaux proviennent de terminaux mobiles

    👉 H&TI analyse les grandes annonces de cette édition 2025 de Himss ici.

    📌 Santé numérique : Cris Ross appelle à une convergence transatlantique des modèles

    Lors du congrès HIMSS 2025, Cris Ross a souligné les différences fondamentales entre les systèmes de santé américains et européens, tout en plaidant pour une convergence des meilleures pratiques. Aux États-Unis, les dépenses de santé par habitant atteignent 12 474 USD, soit plus du double de la moyenne européenne (5 381 USD), sans garantir une meilleure qualité ou un accès optimisé. Cette inflation est liée aux prix élevés des soins et des médicaments ainsi qu’à une fragmentation causée par l’assurance privée. Cris Ross a également mis en avant le potentiel de l’IA générative comme catalyseur de transformation, tout en avertissant que son déploiement sans gouvernance pourrait aggraver les inégalités d’accès. Il propose des initiatives communes, notamment sur l’interopérabilité et la cybersécurité, pour tirer parti des forces respectives : la vitesse et le financement côté américain, et le cadre éthique et réglementaire côté européen.

    Chiffre clé : Les dépenses de santé aux Etats-Unis par habitant sont 2 fois plus élevées qu’en Europe.

    👉 H&TI vous restitue l’intervention de Cris Ross ancien CEO de la Mayo Clinic ici.

    📌 Quatre start-ups françaises à l’honneur 

    Lors du salon HIMSS 2025, quatre start-ups françaises – Incepto, Rebrain, Enchanted Tools et Tribun Health – ont mis en avant leur expertise en santé numérique sur le pavillon “Choose France”, coordonné par Care Insight. Ces entreprises illustrent la diversité technologique française, allant de l’intelligence artificielle en imagerie médicale à la robotique humanoïde. Incepto prévoit de lever 35 millions d’euros pour renforcer sa présence aux États-Unis avec une équipe locale de 40 personnes. Rebrain, après avoir obtenu le marquage FDA, prépare une étude clinique américaine pour sa plateforme d’aide à la neurochirurgie. Enchanted Tools, déjà adopté par des cliniques américaines, vise une levée de fonds supérieure à ses précédents 15 millions d’euros. Tribun Health, leader européen de l’anatomopathologie digitale, envisage une nouvelle levée équivalente à 15 millions d’euros pour consolider son implantation nord-américaine. Ces chiffres témoignent de l’ambition internationale et de l’innovation portée par ces acteurs français.

    Chiffre clé : 35 millions de levée de fonds visé par Incepto en 2025

    👉 H&TI vous présente les 4 start-ups françaises présentent à Himss ici

    📌 HIMSS Europe 2025 : Paris au cœur de la transformation numérique de la santé européenne

    Du 10 au 12 juin 2025, Paris accueillera pour la première fois le HIMSS European Health Conference and Exhibition, un événement majeur réunissant plus de 4 000 participants et 150 intervenants internationaux. Cette édition mettra en lumière des thématiques clés telles que l’intelligence artificielle responsable, la cybersécurité hospitalière, et la transition écologique du numérique en santé. Avec des délégations institutionnelles et privées venues de toute l’Europe, le sommet s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée autour du futur Espace européen des données de santé. L’espace “France – Europe Crossing”, animé par Care Insight, offrira des opportunités uniques de networking stratégique et de partenariats internationaux pour accélérer l’innovation en santé numérique.

    Chiffre clé : Plus de 4000 participants pour l’édition 2025 de Himss Europe.

    👉 H&TI vous parle plus en détail de cet événement majeur ici.

  • HIMSS Europe 2025 à Paris : l’Europe de la e-santé vous donne rendez-vous dans la Ville Lumière

    Une édition stratégique pour l’Europe de la e-santé

    Une ambition européenne qui dépasse la technologie

    Alors que les tensions sur les systèmes hospitaliers s’accentuent dans toute l’Europe — entre épuisement des soignants, vieillissement de la population et impératif de soutenabilité économique — l’édition 2025 du HIMSS Europe entend replacer le numérique au cœur de la réponse politique et opérationnelle. L’agenda de cette édition s’annonce dense : les sujets phares incluent la régulation de l’intelligence artificielle en santé, la sécurité des systèmes d’information hospitaliers, la place croissante des patients dans la gouvernance des données, la standardisation européenne des échanges interopérables (FHIR, SNOMED), ou encore les outils numériques pour renforcer la prévention et alléger les parcours de soins.

    Interopérabilité, souveraineté, éthique, durabilité : HIMSS Europe 2025 sera l’occasion de poser les fondations d’une transformation numérique inclusive, résiliente et au service des citoyens. Avec plus de 4 000 participants attendus, des dizaines d’exposants et un foisonnement de contenus, cette édition parisienne pourrait bien devenir l’une des plus influentes de la décennie.

    Parmi les grandes thématiques confirmées :

    – l’intelligence artificielle responsable, notamment dans les parcours oncologiques et la gestion des maladies chroniques ;
    – la souveraineté technologique, avec des débats autour des clouds de confiance et de l’hébergement des données sensibles ;
    – la cybersécurité hospitalière, en réponse aux attaques informatiques qui ont frappé plusieurs établissements en 2024 ;
    – et la transition écologique du numérique en santé, un sujet émergent désormais structurant dans les appels à projets européens.

    Des délégations institutionnelles et privées attendues de toute l’Europe

    L’événement réunira plusieurs centaines d’acteurs issus des agences nationales de santé, ministères, centres hospitaliers universitaires, industriels du secteur medtech, start-ups, cabinets de conseil et représentants des patients. L’édition parisienne s’inscrit dans une dynamique européenne de coopération accrue, avec la perspective du futur Espace européen des données de santé (EHDS), dont les contours législatifs sont en cours de finalisation.

    La Commission européenne, l’Agence européenne des médicaments, ainsi que de nombreuses agences nationales, comme la Haute autorité de santé (HAS), la Direction générale de la santé (DGS) ou la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) côté français, seront invitées à intervenir pour débattre des nouveaux modèles de gouvernance de la donnée de santé, des enjeux d’accessibilité aux services numériques et de la place des dispositifs de santé connectés dans les systèmes de soins.

    Un hub d’innovation tourné vers l’Europe des projets :

    Le European Projects Pavilion, pierre angulaire de l’exposition, proposera une vitrine de projets financés par Horizon Europe et d’autres programmes de financement transnationaux. Il offrira un point de ralliement aux consortiums impliqués dans des expérimentations en e-santé à l’échelle européenne. Cet espace vise à favoriser le networking entre porteurs de projets, chercheurs et industriels, mais aussi à diffuser les bonnes pratiques issues de ces collaborations.

    Un atelier intitulé “Value Co-Creation in Healthcare: Enhancing Socio-Economic Outcomes” ouvrira d’ailleurs le salon avec une série de workshops portant sur la co-construction de l’innovation dans les parcours de soin, l’évaluation médico-économique des solutions numériques, et les nouveaux modèles d’intégration territoriale.

    Des speakers internationaux pour imaginer l’hôpital de demain :

    Plus de 150 intervenants sont attendus, dont plusieurs figures internationales de la transformation numérique en santé. Zayna Khayat (SE Health, Canada), Ricardo Baptista Leite (HealthAI), ou encore des représentants du ministère sud-coréen de la Santé et de la Mayo Clinic figureront parmi les intervenants de haut niveau.

    La France sera représentée par des experts institutionnels et hospitaliers, ainsi que par les principaux architectes de la stratégie numérique nationale, notamment Hela Ghariani, co-responsable de la Délégation au numérique en santé, Raphael Beaufret, CIO de l’AP-HP, ou encore Antoine Tesniere, directeur général de PariSanté Campus. Le programme mettra l’accent sur les retours d’expérience terrain, les politiques publiques fondées sur les données, mais aussi sur l’éthique, la régulation et la co-création avec les professionnels de santé.

    Rejoignez l’espace “France – Europe Crossing” de Care Insight

    À l’occasion de cette première édition parisienne, Care Insight est responsable de l’espace “France – Europe Crossing” qui réunira plusieurs acteurs français et européens du numérique en santé pour mettre en place :

    – du networking stratégique avec des décideurs de plus de 25 pays ;
    – une visibilité accrue pour vos innovations ;
    – des interventions exclusives sur des thématiques clés comme l’IA, l’interopérabilité et le parcours patients ;
    – des partenariats internationaux pour booster votre croissance.

    🎯 Ne manquez pas cette opportunité unique ! 📩 Contactez-nous avant le 15 avril 2025 en envoyant un mail à Vincent Bouic.

  • HIMSS 2025 : quatre pépites françaises du numérique en santé à la conquête des marchés internationaux

    Une plateforme d’accélération pour les start-ups qui veulent transformer les soins

    Orchestré par Care Insight, le pavillon français du salon HIMSS 2025 est bien plus qu’un stand commun : c’est une plateforme d’accélération pour des start-ups qui ambitionnent de transformer les soins de demain. Qu’il s’agisse de pathologie, d’IA, de robotique ou de chirurgie de précision, ces entreprises incarnent la diversité et l’excellence de l’écosystème français en santé numérique.

    Avec une stratégie commune tournée vers l’internationalisation, notamment le marché nord-américain, et une volonté d’inscrire leur technologie dans les usages cliniques concrets, Incepto, Rebrain, Enchanted Tools et Tribun Health ne se contentent pas de participer à HIMSS : elles en tenter d’y tracer les grandes lignes de leur futur.

    Incepto, le catalyseur d’intelligence artificielle en imagerie médicale :

    Fondée en 2018, Incepto développe et distribue des solutions d’IA pour les radiologues. Forte d’une croissance rapide, la scale-up compte aujourd’hui plus de 100 collaborateurs et collabore avec un réseau dense de partenaires technologiques et hospitaliers. L’entreprise propose une plateforme d’intégration d’algorithmes d’IA de différents éditeurs dans les flux de travail cliniques, simplifiant ainsi l’accès à ces outils pour les professionnels de santé.

    Installé depuis 2024 à Washington, Antoine Jomier, co-fondateur et CEO, voit dans le salon international un levier pour consolider sa présence américaine. En partenariat avec Siemens Healthineers pour la distribution, Incepto échange déjà avec une quinzaine d’acteurs de santé américains pour évaluer les usages de l’IA dans l’imagerie. L’objectif : bâtir une équipe de 40 personnes aux États-Unis, soutenue par une levée de fonds attendue de 35 millions d’euros en 2025.

    Rebrain, l’IA au service de la neurochirurgie de précision :

    Spin-off issue de l’université de Bordeaux et de l’Inria, Rebrain a été fondée en 2021. Elle développe une plateforme SaaS basée sur l’intelligence artificielle destinée à accompagner les neurochirurgiens lors des interventions de stimulation cérébrale profonde. La solution repose sur une analyse croisée des données morphologiques et cliniques pour offrir des repères précis tout en laissant place à l’expertise humaine.

    Avec une équipe de 18 personnes (dont une basée aux États-Unis), Rebrain vient tout juste d’obtenir le marquage FDA pour sa technologie. Présente à HIMSS pour la première fois en 2025, la jeune pousse y a vu une occasion d’apprentissage : se familiariser avec les standards de cybersécurité américains et les workflows propres aux établissements de santé nord-américains. L’objectif : préparer le lancement d’une étude clinique aux États-Unis dès la fin 2025.

    Enchanted Tools, la robotique humanoïde au service du soin :

    Mi-robot, mi-personnage de jeu vidéo, le robot développé par Enchanted Tools ne passe pas inaperçu. Capable de se mouvoir, d’interagir, d’orienter ou de porter des objets, il est conçu pour assister les professionnels de santé sur les tâches à faible valeur ajoutée. L’entreprise, créée en 2021, rassemble environ 130 collaborateurs et a d’ores et déjà séduit des structures américaines.

    Deux cliniques du réseau Zeno, à New York, utilisent déjà son robot. Des hôpitaux pédiatriques sont également en contact pour des projets pilotes de recherche clinique. Contrairement aux salons technologiques traditionnels, HIMSS a permis à Enchanted Tools d’aborder les usages cliniques concrets plutôt que la seule performance technologique. L’entreprise vise des intégrateurs (VAR) capables de contextualiser ses solutions selon les spécificités de terrain. Une levée de fonds plus ambitieuse que les 15 millions d’euros de 2021 est en cours pour accélérer sa présence américaine.

    Tribun Health, habitué du salon et leader européen de l’anatomopathologie digitale :

    Déjà bien installée à l’international, Tribun Health s’est imposée comme un acteur majeur de la pathologie numérique. Avec 45 salariés, la société développe des logiciels permettant la numérisation, l’analyse et l’interprétation d’images pathologiques. Sa solution est utilisée notamment par l’université McGill à Montréal et la société espère capitaliser sur cette implantation nord-américaine pour pénétrer plus fortement le marché des États-Unis.

    Habituée du salon HIMSS, Tribun Health y voit une opportunité stratégique pour renforcer ses liens avec des géants comme Microsoft, GE ou Canon, partenaires technologiques incontournables du secteur. Elle y a présenté son savoir-faire aux grandes institutions hospitalières, mais n’a pas réussi à brader un quatrième trophée consécutif de “Best in KLAS” dans la catégorie “digital pathology”. Pour soutenir sa dynamique de croissance, une nouvelle levée de fonds équivalente aux 15 M€ levés en 2023 est à l’étude.

    Bilan stratégique & ambitions des 4 stat-ups post HIMSS25 :

    Bilan stratégique & ambitions des 4 stat-ups post HIMSS25
    Bilan stratégique & ambitions des 4 stat-ups post HIMSS25
  • HIMSS : Une organisation à but non lucratif pour soutenir la transformation numérique de la santé

    L’Healthcare Information and Management Systems Society (HIMSS) est une organisation mondiale à but non lucratif, dédiée à l’amélioration des systèmes de santé grâce à l’innovation numérique. Fondée en 1961, HIMSS s’est imposée comme un leader dans la promotion de l’adoption des technologies de l’information en santé (Health IT). Avec plus de 120 000 membres, des centaines d’organisations partenaires et une présence dans plus de 100 pays, HIMSS joue un rôle central dans l’adoption du numérique par les établissements de santé. 

    Portée mondiale : Plus de 8 000 hôpitaux dans le monde ont participé à l’évaluation EMRAM, dont 6 000 en Amérique du Nord, 2 000 en Europe et 900 en Asie

    HIMSS est mondialement reconnu pour ses modèles de maturité, tels que l’EMRAM (Electronic Medical Record Adoption Model) : un cadre qui guide les hôpitaux dans l’adoption des dossiers patients informatisés. Le modèle définit huit niveaux de maturité numérique (de 0 à 7), le niveau 7 représentant un environnement entièrement dématérialisé où les dossiers médicaux électroniques (EMR) sont intégrés de manière transparente aux flux de travail cliniques et aux processus décisionnels.  

    Zoom sur le nouveau référentiel AMAM et son intégration de l’IA dans les systèmes de santé 

    Le Analytics Maturity Assessment Model (AMAM), développé par HIMSS, est un modèle de maturité conçu pour évaluer et guider l’adoption des outils d’analyse avancée et de l’intelligence artificielle (IA) dans les systèmes de santé. Contrairement aux autres modèles, AMAM met l’accent sur l’impact concret des initiatives analytiques sur la qualité des soins, la sécurité des patients, et la performance opérationnelle globale.

    Spécificités liées à l’IA : 

    • Analyse prédictive et décision clinique : Aux niveaux 6 et 7 du modèle, les établissements de santé intègrent des outils d’IA pour fournir un support décisionnel en temps réel aux cliniciens. Ces systèmes utilisent des algorithmes de machine learning pour anticiper les besoins des patients et optimiser les parcours de soins.
    • Suivi des résultats en santé publique : AMAM permet aux organisations d’utiliser l’IA pour surveiller les résultats en matière de santé populationnelle, identifier les disparités et développer des programmes d’équité en santé.
    • Flexibilité du cadre : Le modèle est conçu comme une feuille de route stratégique, permettant aux établissements de santé d’adapter leurs stratégies en fonction de leurs besoins spécifiques tout en intégrant progressivement des technologies avancées comme l’IA.

    Les autres modèles de maturité, INFRAM, CCMM … proposent des échelles sur des briques différentes, toujours dans la logique d’appui aux professionnels pour établir une feuille de route. 

    Certifications et formations pour monter en compétence aux standards internationaux.

    HIMSS Europe propose une gamme de certifications professionnelles reconnues internationalement, conçues pour accompagner les professionnels dans leur développement de compétences en santé numérique et les aider à se démarquer dans un secteur en pleine transformation. Ces certifications couvrent des domaines stratégiques tels que les systèmes d’information en santé, la stratégie de transformation numérique et l’adoption des technologies innovantes. Zoom sur 3 certifications pertinentes disponibles en Europe.

    CAHIMS® (Certified Associate in Healthcare Information and Management Systems) : Destinée aux professionnels débutants ou en reconversion dans le domaine des systèmes d’information en santé, Cette certification permet d’acquérir une base solide de connaissances sur les technologies de santé et leur gestion.

    CPHIMS® (Certified Professional in Healthcare Information and Management Systems) : Conçue pour les professionnels expérimentés, cette certification reconnaît leur expertise dans la gestion des systèmes d’information en santé. Elle met l’accent sur des compétences avancées en analyse, conception, mise en œuvre et gestion des technologies de l’information dans le secteur de la santé.

    CPDHTS® (Certified Professional in Digital Health Transformation Strategy) : Spécifiquement dédiée à la stratégie de transformation numérique, cette certification cible les leaders qui souhaitent piloter le changement au sein des organisations de santé. Elle couvre des thématiques clés telles que la gouvernance numérique, l’amélioration continue et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus cliniques. 

    L’activité de Himss repose également sur l’animation de communautés et propose des  événements de grande renomée.  HIMSS organise chaque année des conférences internationales majeures, aux Etats Unis notamment ou encore la conférence européenne HIMSS Europe, qui se tiendra à Paris du 10 au 12 juin 2025.   

    L’empreinte mondiale d’HIMSS en essor

    HIMSS a établi une forte présence internationale grâce à ses bureaux régionaux : 

    • Amérique : Siège mondial à Chicago. 
    • Europe : Rotterdam (Pays-Bas) pour coordonner les activités européennes. 
    • Asie-Pacifique : Bureau régional à Singapour. 
    • Moyen-Orient : Bureau régional à Dubaï. 

    En Europe, HIMSS collabore avec des institutions comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour soutenir les initiatives numériques dans les systèmes de santé nationaux. 

    Impact en Europe 

    En Europe, HIMSS joue un rôle clé dans l’accélération de la transformation numérique en soutenant l’Europe dans la mise en place de l’EHDS et en proposant aux gouvernements des modèles de maturité à grande échelle. 

    • En Allemagne, HIMSS collabore avec le ministère de la santé des hôpitaux pour intégrer ses modèles de maturité numérique (comme EMRAM) tout en soutenant la montée en compétences via les certifications CPHIMS et CPDHTS. 
    • En Italie, HIMSS accompagne les établissements privés et publics dans leur adoption des technologies numériques grâce à des formations ciblées et à la certification CPDHTS, qui est particulièrement adaptée aux projets nationaux alignés avec l’Espace Européen des Données de Santé (EHDS) 

    Un management tourné vers l’Europe

    L’association Himss est dirigée par un duo italo-américain depuis 2022. Hal Wolf et Elena Sini incarnent deux figures majeures du leadership en santé numérique.  Hal Wolf est le Président et CEO de HIMSS depuis 2017. Sous sa direction, HIMSS a élargi son empreinte mondiale et renforcé ses initiatives en matière d’interopérabilité, de cybersécurité et d’indicateurs de maturité numérique. Elena Sini préside le board de Himss depuis 2022. Elena est une experte en informatique de santé acquise au sein d’établissements publics et privés en Italie. Depuis 2019, elle occupe le poste de Group CIO chez GVM Care & Research, un groupe privé majeur opérant des établissements de santé en Italie et dans plusieurs pays européens. Ils s’appuient sur un comité international et des boards régionaux parmi lesquels le board Europe où la France est représentée par Jean-François Goglin.

     

  • USA : des IA bientôt autorisées à prescrire ?

    Comme en Europe, l’intelligence artificielle (IA) est en train de transformer le secteur de la santé aux États-Unis. Son adoption rapide a conduit à la création de nouvelles réglementations importantes, tant au niveau fédéral qu’étatique. La capacité des IA à prescrire des traitements médicaux est au cœur des débats réglementaires.

    Des questions de performance, d’éthique et de réglementation

    Les partisans du projet fédéral d’autorisation de prescription pour l’IA, le Healthy Technology Act of 2025 estiment que l’IA a déjà suffisamment démontré sa capacité à faire des prescriptions pertinentes pour que cette prérogative lui soit attribuée. Les détracteurs du projet soulignent quant à eux que si certaines solutions, comme celles développées par Posos ou Synapse Medicine, sont déjà capables de suggérer des traitements alternatifs ou d’adapter les posologies en fonction du dossier patient, ces outils fonctionnent toujours sous la supervision d’un médecin. Ils soulignent aussi qu’une IA intégralement autonome dans ces prescriptions amènerait à des questions juridiques complexes en cas d’erreur médicale. Ils mettent également en doute les capacités des algorithmes à prendre en compte les préférences du patient. En France aucun projet similaire n’est en discussion et les réflexions éthiques vont contre l’idée de l’autonomie de l’IA. Par exemple le modèle de “garantie humaine” d’Ethik-IA qui garantit la présence humaine vis-à-vis de l’IA de la conception à l’utilisation a été intégré à l’article 17 de la loi de bioéthique d’août 2021. Si jamais l’autorisation de la prescription autonome pour les IA venait à être autorisée, les solutions d’aide à la prescription comme celles mentionnées précédemment pourraient être un tremplin important pour l’accès à ce marché.

    35 textes législatifs en cours

    Cependant, les changements réglementaires aux Etats-Unis ne vont pas uniquement dans le sens de la déréglementation. Par exemple le Department of Health and Human Services (HHS) a renforcé son cadre réglementaire pour lutter contre les biais algorithmiques dans les outils d’aide à la décision médicale. La règle HTI-1 impose désormais aux développeurs de technologies IA de mettre en œuvre des protocoles transparents pour identifier et corriger les risques liés aux discriminations potentielles. De plus, la Section 1557 interdit explicitement toute discrimination fondée sur des critères comme l’ethnie, le sexe ou le handicap dans les outils d’IA utilisés par les programmes de santé financés par le gouvernement.

    Les États jouent également un rôle important dans la régulation de l’IA en santé, avec des approches souvent plus spécifiques et innovantes que celles du gouvernement fédéral. La Californie est particulièrement pionnière dans ce domaine. Depuis janvier 2025, deux lois majeures sont en vigueur : La loi SB 1120 qui oblige les assureurs à superviser les décisions prises par l’IA via un médecin agréé afin que chaque évaluation repose sur l’historique médical individuel du patient plutôt que sur des modèles généralisés. Et la loi AB 3030 impose aux établissements de santé qui utilisent l’IA générative pour communiquer avec leurs patients d’inclure un avertissement clair indiquant que l’information a été produite par une machine. Les patients doivent également avoir toujours la possibilité de contacter un professionnel humain.

    L’Utah a également pris des mesures pour garantir une transparence accrue dans l’utilisation de l’IA. La Utah AI Policy Act exige que tout système utilisant l’intelligence artificielle dans une profession réglementée informe clairement ses utilisateurs et leur offre une option pour interagir avec un humain.

    Le point commun entre toutes ces réglementations est l’accent mis sur la transparence et la supervision humaine. Les législateurs insistent sur le fait qu’un professionnel qualifié doit intervenir lorsque des décisions critiques sont prises par une IA, notamment celles qui concernent la santé ou le bien-être des patients.

  • HIMSS 2025 : IA, cybersécurité, interopérabilité… ce qu’il faut retenir de l’édition de Las Vegas

    L’exigence d’impact clinique remplace la fascination technologique

    Du 3 au 6 mars, au Venetian Expo de Las Vegas, l’édition 2025 de la conférence HIMSS a réuni plus de 1 000 exposants et des milliers de décideurs de la santé autour d’un message fort : les outils numériques ne suffisent plus à impressionner, ils doivent démontrer leur utilité, leur intégration fluide dans les flux de travail, et leur capacité à améliorer réellement l’expérience de soin. Les interventions de responsables hospitaliers et de développeurs ont convergé vers une critique lucide du passé : les promesses des technologies « brillantes » doivent désormais laisser place à des déploiements plus réfléchis, plus mesurés, centrés sur les besoins métiers concrets. Une stratégie de l’innovation utile plutôt que spectaculaire.

    L’intelligence artificielle s’installe dans les usages

    Sujet omniprésent à HIMSS 2025, l’IA a été abordée sous l’angle de l’efficacité plus que de la rupture. De nombreux panels ont rappelé que son rôle n’est pas de remplacer les professionnels, mais de leur permettre de se recentrer sur leur cœur de métier. Charity Darnell (Cook Children’s) a présenté l’usage de DAX Copilot pour réduire le temps de documentation des infirmières, tandis que Philips et Epic ont montré comment des assistants IA embarqués peuvent faciliter la détection de cancers, la rédaction de comptes rendus ou encore la gestion des traitements.

    Des solutions comme Bryte (UKG) ciblent quant à elles l’optimisation des plannings et la détection des signaux précoces de burn-out grâce à l’analyse prédictive. Epic a dévoilé une suite de fonctions IA embarquées dans ses DSE ; agents conversationnels pour l’accueil patient, synthèse automatique des consultations, ou encore interprétation d’images médicales et données génomiques. L’essor des capacités multimodales a d’ailleurs marqué l’événement.

    Interopérabilité : la normalisation comme prérequis à l’innovation

    Autre pilier récurrent des discussions : la nécessité de structurer les données pour permettre leur circulation fluide. L’outil technologique, aussi puissant soit-il, reste inutile sans accès aux informations en temps réel et sans standard d’échange partagé. MEDITECH, Hyland, Epic ou encore Wolters Kluwer ont mis en avant leurs efforts en matière d’API FHIR, de connecteurs ouverts, et d’alignement sur les cadres d’interopérabilité existants, dont TEFCA aux États-Unis ou les standards européens.

    Cybersécurité : la menace des terminaux mobiles et des deepfakes en ligne de mire

    Face à la montée des risques cyber, les stratégies de protection se réorganisent autour de la gestion des points d’accès, désormais omniprésents dans les pratiques de soins mobiles. Selon Joyal Bennison (ManageEngine), près de 20 % des failles proviennent de la perte ou du vol de terminaux mobiles. De nouveaux enjeux émergent : l’usurpation d’identité via clonage vocal (deepfake audio), les intrusions par ingénierie sociale ou encore l’exigence de conformité aux nouvelles régulations de traçabilité. Les solutions UEM (Unified Endpoint Management) apparaissent comme une réponse, avec fonctions de géolocalisation, d’effacement à distance, de gestion des accès et d’audit intégré. Des chariots connectés aux badges vocaux (Baxter), tout objet connecté doit désormais intégrer des couches de sécurité natives.

    Accès au soin : un levier stratégique dans un paysage concurrentiel

    Le comportement des patients évolue : un sur quatre est prêt à changer de prestataire s’il ne parvient pas à obtenir un rendez-vous à temps. Cette attente d’instantanéité a été largement commentée lors des sessions dédiées au « consumerisme » en santé. Orlando Health, par exemple, a détaillé ses stratégies de fidélisation via des outils de planification en ligne, une amplitude horaire élargie et des systèmes de rappels automatisés. Les technologies d’automatisation des prescriptions ou de coordination pharmaceutique ont aussi été citées comme accélérateurs de réactivité.

    Vers des systèmes plus intégrés : fin des “îles technologiques”

    L’un des messages récurrents du salon a été la mise en garde contre les implémentations non planifiées. Tye Cook (Tegria) a rappelé que chaque outil numérique mal intégré peut devenir un point de rupture dans le parcours de soins. Les exemples d’automatisation des pharmacies ont montré que des solutions conçues spécifiquement pour les besoins hospitaliers à grand volume peuvent générer plus de valeur que des outils adaptés a posteriori à partir du retail. Une logique de “fit-for-purpose” prévaut désormais dans les stratégies d’équipement.

    Une industrie qui cherche son cadre réglementaire

    Si l’Europe a pris une avance en matière de régulation de l’IA en santé (AI Act), les États-Unis évoluent dans un cadre encore flou. Cela pousse certains industriels à se caler directement sur les normes européennes pour leurs développements globaux. Tom Leary (HIMSS) a d’ailleurs souligné le risque de perte d’influence des États-Unis dans la définition des standards mondiaux, en raison de l’absence d’un cadre unifié en matière de cybersécurité et d’IA.

    Le matériel aussi se réinvente : LG, Zoom, InterSystems à l’offensive

    Du côté des industriels, les stands ont confirmé l’essor d’un hardware conçu pour les usages cliniques spécifiques. LG a présenté ses clients légers cloud-ready, ses écrans RFID multisession ou ses moniteurs de diagnostic calibrés DICOM, pensés pour les environnements hospitaliers exigeants. Zoom a officialisé une version dédiée aux cliniciens avec génération automatique de comptes rendus à partir d’appels vidéo. InterSystems a lancé un DSE natif IA (IntelliCare), intégrant synthèse automatique des antécédents, génération de notes et préremplissage des codes de facturation.

    Le bilan de HIMSS 2025 confirme un basculement : les innovations numériques ne seront plus jugées sur leur sophistication technique mais sur leur capacité à résoudre des problèmes réels. L’intégration fluide, la preuve d’impact, la gouvernance responsable et l’expérience utilisateur deviennent les nouveaux critères de sélection. Dans un contexte de tension sur les ressources humaines, de pression financière et d’exigence accrue des patients, les systèmes de santé doivent arbitrer. Les solutions retenues seront celles qui permettent de libérer du temps clinique, de sécuriser les opérations et de renforcer l’engagement patient, tout en s’inscrivant dans une architecture interopérable, évolutive et sécurisée.

  • Accélérer la santé numérique : 5 leçons venues de UCLA Health

    Accueillis par les équipes de la direction et des systèmes d’information, nous avons plongé dans les coulisses d’un système de santé à la fois structuré, ambitieux et ancré dans une culture technologique très avancée. Voici les enseignements clés que nous avons retenus.

    L’IA au service des cliniciens : oui, mais avec méthode

    « L’intelligence artificielle n’est pas magique. Elle soulève autant de promesses que de défis éthiques et organisationnels. » – Dr Eric Cheng, Chief Medical Informatics Officer, UCLA Health

    UCLA Health expérimente l’IA générative dans deux cas d’usage concrets : la rédaction assistée de messages aux patients (via un outil de type ChatGPT) et l’ « ambient scribe », un assistant qui résume les échanges médecin-patient pour pré-rédiger la note clinique.

    Mais le bilan est contrasté :

    • Moins de 15 % des médecins utilisent l’IA pour rédiger leurs messages, car « ça ne sonne pas comme eux ».
    • L’outil de transcription vocale (ambient scribe) soulage certains cliniciens, mais demande beaucoup de personnalisation et de rigueur.

    À retenir pour la France : L’IA n’est utile que si elle est intégrée aux pratiques et soutenue par une gouvernance rigoureuse. UCLA a mis en place un AI Council multidisciplinaire incluant médecins, juristes, éthiciens, data scientistes.

    Connected Health : une expérience numérique fluide, pensée pour les patients

    Avec plus de 300 programmes numériques actifs, UCLA Health ne se contente pas de proposer des outils digitaux : elle redéfinit le parcours de soin. Sa stratégie repose sur cinq piliers :

     

    De la téléconsultation gériatrique à domicile sur iPad, aux consultations spécialisées inter-hospitalières via robot de téléprésence, le numérique est au service de l’accès équitable et personnalisé.

    Quelques exemples concrets

    • Programme pour parents de nouveau-nés (suivi personnalisé)
    • Dispositif TytoCare pour examens à distance
    • Robots télémédecine InTouch pour soins intensifs neurologiques

    Le centre de commandement patient : data et action en temps réel

    « Chaque jour, UCLA dépasse 100 % de capacité. Nous devons gérer comme une tour de contrôle. »

    – Scott Jahnke, Sr Director of Operations, Patient Flow Command Center

    Face à une pression hospitalière permanente, UCLA a mis en place un Patient Flow Command Center centralisé et digitalisé. Objectif : optimiser les flux, gérer les lits, et éviter les admissions aux urgences grâce à des admissions directes depuis les cliniques.

    Ce hub réunit tous les acteurs concernés dans un même lieu : coordination médicale, transports, régulation, admission, sécurité… alimentés en temps réel par les données du SI.

    À retenir pour la France : Le concept du centre de commandement patient, déjà en expérimentation dans certains CHU, pourrait être étendu à une échelle régionale.

    Analytics & qualité des soins : quand chaque service pilote sa performance

    Le programme MOVERS (Measurement Of Value, Effectiveness, Results and Safety) illustre une culture data-driven poussée à l’échelle institutionnelle. Objectif : chaque service clinique dispose d’une plateforme d’analyse en libre service, pour suivre ses indicateurs, benchmarker, et améliorer ses pratiques.

    Mais cette autonomie repose sur un énorme travail de pédagogie interne : formation à la littératie des données, visualisation intuitive, co-développement avec les utilisateurs.

    À méditer

    • Un bon tableau de bord ne suffit pas
    • Il faut former, accompagner et valoriser l’usage
    • Data literacy = compétence stratégique

    La recette californienne : vision, gouvernance, agilité

    Ce qui impressionne le plus ? Moins les technologies utilisées que la capacité d’alignement entre vision stratégique, gouvernance, et mise en œuvre rapide. Quelques principes observés :

    • L’IT est au service des soins et du patient, pas l’inverse.
    • Chaque projet numérique part d’un vrai besoin métier, pas d’une solution.
    • Les patients sont intégrés dans la conception des outils (usability testing).
    • Les projets sont pilotés petit, mesurés, puis déployés à l’échelle.

    Conclusion : Un modèle inspirant, mais à adapter

    Ce voyage à UCLA Health a confirmé que l’innovation en santé n’est pas qu’une affaire de technologie. Elle repose sur :

    • Une vision partagée,
    • Une organisation cohérente,
    • Des outils utiles, portés par les professionnels et les patients.

    En France, nous avons les talents, les valeurs et les infrastructures pour réussir cette transformation. À nous de nous inspirer du meilleur de ce modèle pour bâtir une santé numérique humaine, équitable et performante.

     

  • Retour sur HIMSS 2025 : l’IA en santé entre promesses concrètes et défis systémiques

    Du 3 au 7 mars 2025, Care Insight a organisé une Learning Expedition à l’occasion du congrès HIMSS à Las Vegas, réunissant une délégation française composée de représentants du ministère de la Santé, d’agences nationales, de fédérations hospitalières, de groupements d’achat, d’établissements publics de santé et d’experts du numérique en santé. Cette immersion stratégique au cœur de l’écosystème américain a permis à notre communauté de découvrir des innovations concrètes, de confronter les modèles d’organisation, et de nourrir la réflexion sur l’intégration responsable de l’IA dans les systèmes de santé.

    Le 3 avril, le Think Tank Health&Tech s’est retrouvé à l’Hôpital National des Quinze-Vingts pour une session de restitution collective, afin de partager les enseignements de ce voyage d’étude et ouvrir un dialogue sur les leviers de transformation du système de santé français.

    L’IA comme levier de transformation… au service des soignants

    Loin d’un fantasme de substitution du médecin, l’IA s’affirme aujourd’hui comme un outil d’assistance visant à améliorer les conditions de travail. Outils d’aide à la décision, transcription vocale, assistants virtuels, avatars : les usages explorés visent à soulager la charge mentale et administrative, et à recentrer les soignants sur leur mission clinique.
    Un point de consensus fort a émergé : l’acceptabilité de l’IA repose sur sa capacité à rendre la pratique médicale plus fluide, plus agréable et mieux coordonnée. Il ne s’agit pas d’automatiser la relation de soin, mais de la préserver et de la renforcer.

    Gouvernance, intégration, interopérabilité : les vrais défis du déploiement

    La réussite de l’IA en santé passe par une gouvernance claire à l’échelle des établissements. Aux États-Unis, la gouvernance de l’IA est déjà bien structurée dans les hôpitaux visités, avec des comités d’éthique, des référentiels de gouvernance et des politiques d’implémentation rigoureuses.
    En France, les témoignages ont mis en lumière les freins persistants : hétérogénéité des DPI, interopérabilité encore limitée, difficultés à intégrer les innovations dans les workflows, et besoin urgent de ressources humaines formées. Le sujet du DPI reste central, à la fois comme socle et comme verrou. Le modèle américain EPIC fascine autant qu’il interroge : son efficacité en matière de données est indéniable, mais son coût et son enfermement dans un écosystème fermé posent question.

    Cybersécurité : une inquiétude croissante, un besoin de stratégies nationales

    À mesure que les systèmes deviennent plus interconnectés et que les usages de l’IA se multiplient, la menace cyber grandit. Le HIMSS Annual Cybersecurity Survey a révélé que plus d’un tiers des établissements de santé ont subi une attaque ces 12 derniers mois. Un appel clair a été lancé pour des stratégies nationales de cybersécurité dotées de financements adaptés.

    Données de santé : vers un usage secondaire stratégique

    L’un des sujets les plus inspirants reste la capacité des hôpitaux américains à exploiter la donnée à la fois pour le soin et pour la recherche. La stratégie de données de santé observée à UCLA et Cedars-Sinai témoigne d’une maturité avancée, avec des entrepôts de données intégrés dans les systèmes cliniques, une gouvernance éthique forte et un usage réfléchi de l’IA pour améliorer la qualité des soins.
    L’initiative Palantir, présentée lors de la session, illustre bien le potentiel de l’agentic AI pour automatiser des tâches complexes dans la gestion hospitalière – planning, revenue cycle, gestion de lits – tout en gardant l’humain au centre des décisions.

    Un écosystème en transition, entre innovations incrémentales et ruptures

    Au-delà des promesses, les échanges ont souligné la maturité encore inégale du marché. Beaucoup de solutions sont en phase d’évaluation, d’autres peinent à passer à l’échelle. La réglementation européenne (AI Act, MDR) offre un cadre protecteur, mais peut ralentir l’innovation si elle n’est pas accompagnée.
    En France, les initiatives du ministère, de la DNS ou de l’UGAP vont dans le bon sens, en favorisant l’expérimentation, en accélérant les procédures de référencement et en soutenant les acteurs émergents. Mais l’écosystème hospitalier devra gagner en vélocité s’il veut rester compétitif face aux leaders internationaux.

    En conclusion

    Ce retour d’expérience collectif a mis en lumière l’opportunité stratégique que représente l’IA pour nos établissements de santé. Les outils existent. Les exemples inspirants se multiplient. La clé réside désormais dans notre capacité à les intégrer intelligemment, à structurer leur gouvernance et à mettre l’humain – professionnel comme patient – au cœur de la transformation.

    Verbatims clés

    Nicolas Péju – Directeur Général, Hôpital National des 15-20

    Mot de bienvenue dans un lieu emblématique de l’histoire hospitalière française et aujourd’hui à la pointe de la recherche en ophtalmologie. Nicolas Péju a rappelé l’ambition de son établissement de conjuguer excellence clinique, innovation technologique et transformation numérique. Il a souligné l’importance d’un numérique utile, centré sur l’humain et simplificateur pour les équipes soignantes.

    Christina Roosen – VP International, Care Insight

    Christina a présenté les grandes tendances observées à HIMSS 2025 : l’omniprésence de l’IA, les enjeux d’interopérabilité, la cybersécurité, et le besoin croissant de modèles économiques soutenables. Elle a insisté sur la nécessité pour les solutions d’IA de démontrer une valeur tangible et mesurable pour les hôpitaux.

    Louisa Stüwe, Directrice de Projets – Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS)

    Louisa a partagé ses réflexions sur l’écart entre le système français et les pratiques américaines, notamment sur la réutilisation des données de santé à des fins de recherche. Elle a souligné la nécessité de structurer une gouvernance de l’IA en santé en France, sur le modèle des grandes institutions américaines.

    Claire Vigier, Directrice de Projets  – Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS)

    Claire a insisté sur l’importance d’un dialogue entre les professionnels de terrain et les équipes techniques pour réussir l’implémentation de solutions numériques. Elle a mis en lumière l’intérêt croissant pour les données synthétiques comme levier d’innovation responsable.

    Ludovic Voilmy – Directeur Général, Centre hospitalier de la Dracénie

    Ludovic a identifié trois priorités : les assistants virtuels pour soulager les soignants, l’intégration de l’IA dans les DPI, et l’optimisation des process hospitaliers via l’automatisation. Il a alerté sur les freins liés à l’interopérabilité, à la gouvernance interne et à la surcharge cognitive induite si les outils ne sont pas bien intégrés dans les pratiques quotidiennes.

    William Rolland – Directeur Délégué au numérique en santé, SNITEM

    William a replacé les innovations dans le cadre réglementaire européen, rappelant que toute IA en santé sera bientôt considérée comme à haut risque. Il a appelé à une vigilance sur la sur-réglementation qui freinerait les usages tout en saluant l’émergence de cadres standardisés favorisant l’interopérabilité.

    Hélène Marin –Directrice générale déléguée, Ethik-IA

    Hélène a mis en évidence les initiatives américaines en matière de gouvernance de l’IA, en soulignant que la régulation n’est pas l’unique voie vers l’IA de confiance. L’éthique, l’usage et le terrain doivent guider les développements technologiques.

    Thomas Jan – Directeur général adjoint en charge de la stratégie numérique d’UniHA et de la C.A.I.H

    Thomas a insisté sur l’importance d’accélérer l’adoption des solutions numériques via des dispositifs d’achat innovants, agiles et rapides. Il a rappelé le besoin d’évaluer rigoureusement les solutions en amont, avec des indicateurs clairs, pour favoriser leur intégration et leur déploiement à grande échelle.

    Élodie Lagarde–Directrice de la transformation, Hôpital National des 15-20

    Élodie a insisté sur l’importance d’identifier les cas d’usage prioritaires avant de sélectionner une solution d’IA. Selon elle, la pertinence des outils dépend fortement de leur adéquation avec les besoins concrets des équipes cliniques. Déployer une technologie sans vision claire de son utilité opérationnelle risque de générer du rejet et de l’inefficacité.

    Joseph Tedesco– Directeur Général, CNEH

    Josef a partagé trois raisons fondamentales pour lesquelles l’IA peut réussir à l’hôpital : d’abord, la nécessité d’une vision stratégique portée par la direction ; ensuite, l’existence d’un pilotage transversal et agile de l’innovation ; enfin, la capacité à embarquer les équipes autour d’un projet porteur de sens. Il a souligné que l’IA ne doit pas être vue comme un gadget mais comme un levier structurel de transformation.

    Pauline Bouvier – Responsable des opérations, Palantir

    Pauline a présenté la vision de Palantir sur l’agentic AI, capable d’automatiser des workflows complexes tout en laissant la décision finale à l’humain. Elle a montré des cas concrets d’application dans la gestion hospitalière : planification des lits, gestion du cycle de facturation, anticipation des besoins logistiques. Selon elle, les technologies sont prêtes, mais leur adoption dépend de la capacité des établissements à changer leur organisation.

     

  • Cedars-Sinai – Quand l’hôpital devient un laboratoire de l’innovation santé

    Repenser le rôle de la technologie dans les soins

    Le Dr Shaun Miller (Chief Health Informatics Officer) a rappelé combien la technologie, si elle est mal intégrée, peut devenir un fardeau pour les cliniciens. L’objectif de Cedars-Sinai : rendre la technologie invisible et utile, au service de la fluidité du soin. L’IA générative, les scribes numériques, la télémédecine et l’automatisation deviennent des leviers concrets de transformation.

    CSGPT & scribes numériques : l’IA au chevet du patient

    Cedars-Sinai a développé son propre assistant IA, un assistant IA interne, basé sur la technologie GPT et entraîné sur des données internes. Utilisé par plus de 600 professionnels, il ouvre la voie à une IA clinique sécurisée, éthique et pertinente.

    Côté clinique, la solution de scribe numérique développée avec Nabla (startup française) a montré des résultats très prometteurs :

    • Réduction significative du temps de documentation à domicile,
    • Adoption rapide chez les cliniciens,
    • Satisfaction élevée.

    Soins infirmiers augmentés : virtualisation et prévention assistée par IA

    Lisa Stephenson et Julien Brohan ont présenté deux projets pilotes innovants :

    • Virtual nursing (HelloCare) : tâches administratives assurées par des infirmiers à distance, via caméras murales.
    • Virtual sitting : détection de risque de chute ou de sortie non assistée du lit, grâce à une IA embarquée dans des caméras mobiles.

    Les résultats attendus :

    • Réduction des escarres et des chutes.
    • Diminution des heures de surveillance humaine.
    • Amélioration de la satisfaction des équipes et des patients.

    De l’invention au marché : Tech Ventures, un modèle d’hôpital investisseur

    Julien Brohan dirige Tech Ventures, un modèle unique de venture studio intégré à l’hôpital :

    • Détection d’innovations internes,
    • Prototypage,
    • Réglementation,
    • Investissement (jusqu’à la série B),
    • Implémentation clinique.

    Parmi les succès :

    • Prometheus, spin-off rachetée par Merck pour 10,8 milliards de dollars,
    • Xaia, assistant clinique en réalité augmentée, né de ChatGPT et des Apple Vision Pro.

    Un accélérateur mondial pour startups santé

    Samantha Shobash a présenté le Cedars-Sinai Accelerator, qui accueille chaque année des startups santé du monde entier pour un programme intensif :

    • Coaching personnalisé,
    • Mise en relation avec des sponsors internes,
    • Pitch final devant des investisseurs et décideurs hospitaliers.

    « L’objectif n’est pas seulement de pitcher. C’est de valider un sponsor interne, sécuriser un pilote et intégrer la solution dans notre écosystème. » Samantha Shobash, Manager, Cedars-Sinai Accelerator

    Une ouverture forte à l’international… et à la France

    La collaboration avec la startup française Nabla illustre l’ouverture de Cedars-Sinai à l’innovation européenne. D’autres fonds d’investissement liés à Cedars sont désormais implantés à Londres, Amsterdam, Singapour, et le modèle d’innovation hospitalière développé à Los Angeles pourrait bien inspirer les futurs CHU numériques français.