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  • Philips déploie PIPS 6.0 et renforce son partenariat avec Ibex

    Un partenariat renforcé face aux besoins croissants en pathologie

    Royal Philips et Ibex Medical Analytics annoncent l’élargissement de leur collaboration, amorcée en 2021, avec pour objectif d’intensifier l’usage de la pathologie numérique assistée par intelligence artificielle (IA). Ce partenariat vise à répondre aux pressions croissantes exercées sur les pathologistes, dans un contexte marqué par une pénurie mondiale de spécialistes et une incidence croissante du cancer. Les deux entreprises ont renforcé l’interopérabilité de leurs solutions, facilitant l’intégration de l’IA d’Ibex à la Philips IntelliSite Pathology Solution (PIPS). Cette combinaison permet d’optimiser les workflows diagnostiques, tout en garantissant des résultats reproductibles et objectifs.

    Des gains de fiabilité et de productivité de 37 %

    L’intégration des outils d’IA d’Ibex aux solutions de Philips a permis d’améliorer la productivité des laboratoires de pathologie, avec des gains rapportés pouvant atteindre 37 %. Les cliniciens disposent d’un accès facilité à des fonctionnalités telles que l’aide à la priorisation des cas, la détection automatisée et la génération de rapports assistés par IA. Les pathologistes peuvent désormais utiliser la plateforme pour diagnostiquer les cancers de la prostate, du sein et gastrique. Cette automatisation contribue à renforcer la confiance dans les diagnostics tout en réduisant les délais de réponse.

    Lancement de PIPS 6.0 et nouvelles fonctionnalités IA

    La version 6.0 de Philips IntelliSite Pathology introduit des améliorations techniques. Elle comprend un mode de numérisation complet pour le scanner SG Pathology, une navigation optimisée, un outil de marquage intégré au système de gestion d’images, ainsi que le déclenchement contextuel des outils d’IA. Les listes de travail indiquent désormais le statut de traitement IA. Pour Stéphane Rossat, directeur innovation et scientifique chez Medipath, cette version facilite l’appropriation des outils de pathologie augmentée par les praticiens, et marque une étape vers des “cockpits numériques” destinés à structurer l’environnement de travail des pathologistes. Philips a également annoncé l’intégration de services d’archivage cloud via Amazon Web Services. Cette infrastructure permettra aux laboratoires de stocker, gérer et analyser en toute sécurité de grands volumes de données numériques.

  • Santé respiratoire : un déficit de télésurveillance alors que 350 000 patients pourraient en bénéficier

    Une mobilisation pour accélérer la transformation numérique

    Organisées à Paris Santé Campus, les premières assises du numérique en santé respiratoire ont réuni acteurs publics, professionnels de santé, start-up et industriels autour d’un objectif commun : structurer l’innovation numérique pour améliorer les parcours des patients souffrant de pathologies respiratoires. Le Pr Antoine Tesnière, directeur général de Paris Santé Campus, a rappelé l’importance d’un écosystème intégrant soin, recherche, enseignement, mais aussi ingénierie, science des données et éthique, pour accompagner cette transformation. Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de Santé Respiratoire France, a souligné la nécessité d’impliquer les patients dans le développement des outils numériques, à l’image du Respilab, living lab de co-construction, ou de RespirAgora, plateforme de lutte contre l’isolement. L’association participe également au projet Prédicair, une solution de télésurveillance prédictive des exacerbations de BPCO, portée par BioSerenity avec le soutien de Bpifrance et l’Agence de l’innovation en santé (AIS).

    Des innovations numériques centrées sur l’usage

    Deux dispositifs ont été présentés comme leviers concrets d’amélioration du suivi des patients. D’abord Joé, robot compagnon développé par Ludocare, accompagne les jeunes enfants asthmatiques dans la prise de leurs traitements, avec des rappels, instructions interactives et retours d’observance accessibles aux parents. Virginie V., mère de trois enfants asthmatiques, a décrit une autonomie acquise dès deux ans et demi et une baisse significative de la charge mentale parentale. Viatris, laboratoire pharmaceutique partenaire du projet, explique y voir une continuité naturelle de son rôle dans l’accompagnement thérapeutique. L’enjeu, selon Claire Portefait, est de faire reconnaître ces dispositifs comme des traitements à part entière, appelant à une structuration du remboursement adaptée aux spécificités des outils numériques.

    Autre exemple, Sitana, développé par Anamnès, plateforme de coordination territoriale utilisée par les CPTS pour mettre en œuvre des protocoles de dépistage et de suivi, notamment pour la BPCO ou la bronchiolite. Jérôme Bourreau, président d’Anamnès, insiste sur l’intérêt d’impliquer un large éventail de professionnels de santé (kinésithérapeutes, infirmiers, etc.) et sur l’intégration de solutions comme Medana, outil de digitalisation des parcours hospitaliers et d’éducation thérapeutique.

    Télésurveillance : un déploiement en retard

    Si l’usage du numérique progresse sur certains aspects, la télésurveillance respiratoire reste largement sous-utilisée. Fin 2024, seuls 400 patients en ont bénéficié selon le Dr Yann-Maël Le Douarin (DGOS), contre près de 25 000 en insuffisance cardiaque ou 15 000 en oncologie. Pourtant, 350 000 personnes seraient éligibles, selon Santé Respiratoire France. Le faible déploiement interroge alors que le cadre de prise en charge a été ouvert avec la création d’une liste des activités de télésurveillance en 2023. Corinne Colignon (HAS) rappelle que cette télésurveillance doit démontrer son intérêt, qu’il soit clinique, organisationnel ou de santé publique. Elle insiste aussi sur la nécessité d’apporter des données d’impact d’ici 2026, échéance prévue pour la réévaluation des modalités de remboursement.

    Une dynamique soutenue mais sous contrainte

    Les représentants de la DGOS, de la HAS et de l’AIS ont tous rappelé la nécessité d’une évaluation rigoureuse pour garantir l’efficience des dépenses publiques. Mais du côté des industriels, comme Viatris ou Anamnès, une frustration émerge : les preuves sont longues à construire, les dispositifs encore peu diffusés, et les processus d’évaluation parfois jugés inadaptés aux spécificités du numérique. Tous s’accordent néanmoins sur un point : sans données, pas d’avancée. Et ces données devront désormais être générées rapidement, sous peine de voir se refermer des opportunités d’innovation pourtant saluées par les patients, les professionnels et les institutions elles-mêmes.

  • France 2030 : 3,4 milliards d’euros déjà investis dans des projets liés à l’intelligence artificielle

    Trois ans après son lancement, le plan d’investissement France 2030 a déjà mobilisé 38 des 54 milliards d’euros prévus pour cinq ans. L’intelligence artificielle, levier stratégique pour la transformation du système de santé, a capté 3,4 milliards d’euros, soit 8,9 % des fonds engagés à ce jour.

    Des usages de l’IA orientés vers la santé

    Parmi les 7457 projets soutenus dans le cadre de France 2030, plusieurs mobilisent l’intelligence artificielle pour répondre à des besoins de santé. C’est le cas de l’entreprise Prophesee, lauréate dans le pilier des technologies numériques souveraines. Elle développe une rétine artificielle destinée à améliorer la robustesse et réduire la latence des capteurs d’image, notamment en environnement médical. Ce pilier, qui regroupe les projets visant à renforcer la souveraineté technologique dans le numérique, bénéficie d’un budget de près de deux milliards d’euros. Il comprend également des investissements dans des solutions de cybersécurité orientées vers la détection précoce d’anomalies dans les données, avec des applications potentielles dans les systèmes de santé connectés.

    Une dynamique renforcée par une nouvelle enveloppe

    Le 10 avril 2025, à l’occasion du Comité interministériel de l’innovation, le Premier ministre a annoncé une nouvelle enveloppe d’1,5 milliard d’euros pour des projets intégrant l’intelligence artificielle et les technologies numériques. Certains de ces projets concernent l’analyse de données ou le développement d’outils d’aide à l’orientation, mais des usages en santé sont également attendus, notamment via l’amélioration des traitements automatisés ou prédictifs des données patients. L’objectif est aussi de structurer l’écosystème français de l’IA, avec la formation de 100 000 diplômés.

    Le biomédical, un autre champ d’investissement

    Au-delà de l’intelligence artificielle, France 2030 soutient aussi directement des projets dans le domaine biomédical. Même si le détail des montants investis dans ce secteur n’est pas précisé, il fait partie des priorités identifiées aux côtés de l’industrie, du spatial ou de la mobilité électrique. L’ensemble des projets a permis le dépôt de 6103 brevets et la mobilisation de près de 197 000 emplois. Les PME, ETI et TPE représentent plus de la moitié des bénéficiaires (55 %), devant les grandes entreprises (17 %) et les acteurs publics de la recherche ou de l’enseignement supérieur (28 %).

  • Des chercheurs développent un outil d’intelligence artificielle pour la détection précoce de la dépression chez les seniors

    Des chercheurs de l’Université technologique de Nanyang (NTU) à Singapour, en collaboration avec plusieurs organisations locales, ont mis au point un outil d’intelligence artificielle (IA) destiné à identifier les premiers signes de dépression chez les personnes âgées.

    Le défi de la dépression subsyndromique 

    Selon la Banque mondiale, plus de 13 % des Singapouriens ont plus de 65 ans, contre 2,78 % il y a 60 ans. Les projections estiment qu’en 2030, une personne sur quatre à Singapour aura 65 ans ou plus. La dépression subsyndromique (DSS) est un stade précoce de la maladie où les symptômes sont insuffisants pour diagnostiquer une dépression majeure. Les personnes âgées souffrant de DSS sont cinq fois plus susceptibles de développer une dépression clinique et douze fois plus à risque de souffrir de démence. L’impact réel de la DSS reste sous-estimé, ce qui entraîne un manque de diagnostic et de traitement.

    Détection de la dépression par les biomarqueurs vocaux

    Des chercheurs spécialisés en informatique et sciences des données ont utilisé l’IA pour analyser les changements subtils dans la voix, tels que la hauteur, le ton et le rythme, qui peuvent refléter des modifications physiologiques liées à la DSS. Ces biomarqueurs vocaux permettent une détection précoce grâce à l’IA.

    Un projet collaboratif national financé par la Fondation Lien

    Le projet Soundkeepers, financé par la Fondation Lien à hauteur de 5,6 millions de dollars singapouriens, réunit sept partenaires, dont l’Université NTU, l’École de médecine Lee Kong Chian, et plusieurs établissements du National Healthcare Group, ainsi que des agences de services sociaux.

    Méthodologie de l’étude

    L’étude repose sur une cohorte de 600 seniors fréquentant les polycliniques de Hougang et Woodlands. Le protocole comprend :

    • La collecte d’échantillons vocaux.
    • L’entraînement de l’IA à partir de ces échantillons.
    • L’analyse des caractéristiques vocales.
    • Une intervention communautaire de 24 semaines pour les seniors identifiés à risque qui intègrent des activités sociales et une psychoéducation visant à améliorer leur bien-être mental

    Après validation, ce programme pourrait être étendu à d’autres cliniques et centres de santé, devenant ainsi un élément central de l’écosystème de santé mentale à Singapour.

     

  • Dispositifs médicaux : un nouvel index pour intégrer les critères RSE dans les achats

    Un outil standardisé pour pallier l’absence de cadre dans les achats hospitaliers

    Le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) et le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) ont dévoilé l’Index DM Durable, un outil de notation des dispositifs médicaux (DM) selon des critères environnementaux et sociaux. Destiné à structurer les pratiques d’achat, cet index vise à répondre à la diversité des critères RSE actuellement utilisés, notamment dans les marchés publics, et à accompagner la mise en œuvre des obligations de la loi Climat et Résilience.

    Six vulnérabilités évaluées par un référentiel partagé

    Fruit d’un travail collaboratif entre acheteurs, industriels et experts du développement durable, l’index attribue une note globale et des notes spécifiques selon six axes : émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, gestion des déchets, conditions de travail, toxicité, inclusion et diversité. Des critères précis — tels que le type de matériaux, la présence de matières rares, le lieu de production ou encore les modes de transport — sont utilisés pour objectiver l’évaluation. La méthodologie, construite sous l’égide de l’Afnor, garantit un consensus entre les parties prenantes.

    La publication complète de la méthode est annoncée pour l’été 2025, avec un outil automatisé facilitant le calcul des scores pour les fabricants. Virginie Delay, présidente du groupe RSE du Snitem, souligne la volonté de mettre à disposition un cadre opérationnel partagé entre industriels et acheteurs pour renforcer la durabilité dans le secteur de la santé.

    Une démarche en continuité avec les engagements RSE du secteur

    L’initiative s’inscrit dans la continuité de la charte RSE du Snitem, signée par ses 610 entreprises adhérentes. Selon le baromètre RSE 2025 du syndicat, 78 % des entreprises du secteur déclarent avoir formalisé une stratégie en la matière. Le C2DS, de son côté, anime un réseau de 930 établissements sanitaires et médico-sociaux, qu’il accompagne dans leurs actions environnementales, notamment via le Club Pharma à l’origine de l’idée de cet outil.

  • Pneumo-cancero : le GFPC lance son EDS, en partenariat avec Heva et Euris

    Un entrepôt de données de santé pionnier pour transformer la recherche en oncologie thoracique

    • Le paysage de la recherche clinique en cancérologie thoracique vient de connaître une avancée de taille avec le lancement de Matrix Lung, un entrepôt de données de santé (EDS) dédié à cette spécialité. Autorisé par la CNIL en 2023 et porté par le Groupe français de pneumo-cancérologie (GFPC), en partenariat avec Heva et Euris Health Cloud, ce projet marque une étape stratégique pour l’innovation dans la recherche médicale.

    Une réponse aux limites des essais cliniques classiques :

    Les essais randomisés, longtemps considérés comme le standard en matière d’évaluation thérapeutique, peinent à répondre aux exigences actuelles de la recherche, notamment en oncologie thoracique. Le recrutement de patients reste souvent difficile, en particulier pour les profils rares ou complexes, ce qui retarde les études et limite leur portée. Matrix Lung entend contourner ces freins grâce à une exploitation fine et encadrée des données de vie réelle. L’objectif est double : accélérer la recherche clinique et réduire l’exposition des patients à des traitements inefficaces, tout en facilitant l’inclusion de profils peu représentés dans les essais classiques.

    Un cadre sécurisé et une infrastructure souveraine :

    Matrix Lung s’appuie sur l’infrastructure d’Euris Health Cloud, acteur reconnu de l’hébergement de données de santé. La plateforme déployée repose sur une architecture souveraine, conforme aux exigences du référentiel EDS de la CNIL, garantissant une sécurité maximale. Elle permet également d’exploiter tout le potentiel de l’intelligence artificielle et des nouvelles méthodes analytiques, comme le federated learning ou les approches prédictives. Cette combinaison entre rigueur réglementaire et flexibilité technologique permet d’offrir un environnement de recherche à la fois sécurisé, agile et puissant.

    Un outil ouvert à la collaboration scientifique

    Matrix Lung ne se limite pas à une infrastructure nationale. En s’ouvrant aux projets de recherche externes, il ambitionne de devenir une plateforme de référence à l’échelle européenne et internationale. Cette ouverture favorise les synergies entre établissements, laboratoires et chercheurs, dans une logique de mutualisation et de coopération renforcée. En centralisant des données structurées, de qualité, et en facilitant leur analyse, l’entrepôt joue un rôle central dans l’essor d’une recherche plus rapide, plus collaborative et plus inclusive.

    Une expertise multidisciplinaire pour valoriser les données :

    Le GFPC bénéficie de l’expertise de Heva, filiale de Docaposte et acteur reconnu de la recherche clinique, qui intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur : de la collecte des données à leur visualisation, en passant par l’analyse descriptive, comparative ou prédictive. Heva propose aussi des outils de digitalisation des études, des bras contrôle synthétiques ou encore des solutions data by design exploitant le machine learning et le process mining. L’objectif est clair : tirer le meilleur parti des données disponibles pour optimiser les décisions cliniques et orienter les innovations thérapeutiques.

    En consolidant toutes ces expertises au sein d’une même initiative, Matrix Lung espère inaugurer une nouvelle ère pour la recherche en cancérologie thoracique. L’EDS démontre la capacité de la France à construire des outils souverains, sécurisés et innovants au service de la santé, tout en renforçant sa position dans les collaborations européennes.

  • Health Data Hub : l’hébergement des données de santé françaises à nouveau en question

    Un nouvel appel d’offres pour une relocalisation du cloud

    Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi 9 avril, Clara Chappaz, ministre déléguée au Numérique et à l’Intelligence artificielle, a annoncé le lancement imminent d’un nouvel appel d’offres visant à relocaliser l’hébergement du Health Data Hub (HDH). Depuis sa création en 2019, cette plateforme nationale rassemble les données de santé des assurés français à des fins de recherche. Actuellement, ces données sont stockées par le service cloud Azure de Microsoft.

    Un choix initial contesté dès l’origine

    Le recours à un acteur américain, bien que validé à l’époque, n’a jamais fait consensus. Plusieurs institutions et collectifs dénoncent depuis des années un risque d’ingérence lié au droit américain, en particulier au Cloud Act. Ce cadre juridique permet aux autorités américaines de réclamer l’accès à des données, même si elles sont stockées hors des États-Unis, dès lors qu’elles sont hébergées par une entreprise américaine. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) conditionne strictement l’usage du HDH. Elle refuse à ce jour de donner un feu vert global et ne l’autorise que pour des projets spécifiques et pour des durées limitées.

    Une pression croissante pour une solution souveraine

    L’hébergement des données stratégiques de santé reste un sujet sensible, notamment dans le contexte géopolitique actuel. Plusieurs acteurs, dont le collectif Interhop — composé de professionnels de santé et de chercheurs — appellent à une solution exclusivement hébergée en Europe, voire en France. Dans une tribune du 3 avril, le collectif souligne la nécessité de soumettre ces données uniquement au droit de l’Union européenne, évoquant une perte de confiance vis-à-vis des partenaires transatlantiques.

  • Données de santé : la CNIL a traité 619 demandes d’autorisation en 2024, en hausse de 20 %

    Une hausse du nombre de demandes, portée par les projets de recherche

    En 2024, la CNIL a reçu 619 demandes d’autorisation pour des traitements de données de santé, soit une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente. La majorité de ces demandes (472) concernaient la mise en œuvre de projets de recherche, contre 147 pour des traitements hors recherche. Cette tendance s’inscrit dans la continuité des efforts de la CNIL pour accompagner les acteurs du secteur dans la mise en conformité de leurs traitements.

    Des dossiers de meilleure qualité et moins de rejets

    Sur l’ensemble des demandes reçues, 397 ont donné lieu à une autorisation, soit 65 % du total. Trois demandes ont été refusées et 174 classées sans suite, un taux en baisse de 7 % par rapport à 2023. Cette diminution s’explique en partie par une amélioration de la qualité des dossiers : les demandeurs identifient désormais plus systématiquement les points de non-conformité avec les référentiels applicables. Les classements sans suite concernent principalement des dossiers incomplets ou des traitements ne nécessitant pas d’autorisation préalable, notamment lorsqu’ils respectent déjà un référentiel de la CNIL. Les rares refus portent essentiellement sur les garanties insuffisantes en matière de sécurité des données, comme la pseudonymisation ou le respect du principe de minimisation.

    Un accompagnement renforcé par la CNIL

    Pour améliorer la qualité des demandes, la CNIL a poursuivi en 2024 les actions engagées l’année précédente, notamment par la diffusion de fiches pratiques et l’organisation d’un webinaire. Elle a mis l’accent sur plusieurs axes : l’information des personnes concernées, la minimisation des données, l’encadrement des finalités interdites dans le cadre de l’utilisation du SNDS, la conformité des circuits d’appariement, ainsi que les modalités de pseudonymisation, d’anonymisation et de sécurisation des accès (authentification multifacteur). Les retours issus des cas d’usage permettent à la CNIL d’enrichir sa doctrine et d’alimenter la mise à jour de ses référentiels santé.

    Des délais d’instruction en recul

    L’amélioration des dossiers a permis de réduire significativement les délais d’instruction. Pour les projets de recherche, le délai moyen est passé de 73 jours en 2023 à 65 jours en 2024. Un tiers des demandes (33 %) ont été traitées en moins de 30 jours. Pour les traitements hors recherche, le délai moyen a chuté de 65 à 49 jours, avec 62 % des dossiers traités en moins d’un mois, contre 37 % en 2023.

    De nouveaux outils à venir en 2025

    Afin de poursuivre cette dynamique, la CNIL prévoit la mise en ligne d’un nouveau formulaire de demande d’autorisation d’ici mi-2025. Elle finalise par ailleurs son programme de travail pour la mise à jour de ses référentiels santé, en s’appuyant sur les contributions recueillies lors de sa récente consultation publique.

    Demandes d’autorisation en santé : bilan pour l’année 2024 de l’action de la CNIL | CNIL

  • Téléconsultation : la Cour des comptes préconise une intégration renforcée au système de soins

    La Cour des comptes vient de publier un rapport sur l’usage de la téléconsultation en France, salué par Qare. Ce document dresse un état des lieux détaillé des pratiques actuelles et formule plusieurs recommandations pour favoriser un développement pérenne de cet outil, dans l’intérêt des patients comme des professionnels de santé.

    3,5 % des actes, le rapport veut changer la donne

    Le rapport identifie plusieurs leviers pour mieux intégrer la téléconsultation à la coordination des soins. Il propose notamment de renforcer son rôle au sein du Service d’Accès aux Soins (SAS) et de la Permanence des soins ambulatoires (PDSA), de l’utiliser comme alternative pour limiter les passages aux urgences, et de soutenir les téléconsultations accompagnées, notamment par les infirmiers ou en EHPAD. Ces propositions visent à étendre l’accès aux soins, en particulier dans les zones d’intervention prioritaires. À ce jour, la téléconsultation représente environ 3,5 % des consultations en France, un taux bien inférieur à celui observé dans certains pays comparables, où elle atteint jusqu’à 30 %.

    Vers une feuille de route nationale

    Le Dr Julie Salomon, directrice médicale de Qare, rappelle que ces mesures pourraient contribuer à alléger la pression sur le système de santé tout en améliorant l’accessibilité. Qare entend poursuivre ses échanges avec les pouvoirs publics afin de soutenir un usage pertinent et durable de la téléconsultation. L’entreprise espère que les recommandations du rapport alimenteront les prochaines Assises de la téléconsultation et permettront de structurer les politiques publiques en matière de santé numérique autour d’une feuille de route claire.

    Les téléconsultations | Cour des comptes

  • Naissance de la Société Francophone de Santé Numérique : une société savante pour structurer les pratiques numériques en santé

    Une nouvelle ambition

    Annoncée le 8 avril 2025 à Montpellier, la création de la Société Francophone de Santé Numérique (SFSN) marque une nouvelle étape dans l’évolution des instances francophones dédiées à la télésanté et à la santé numérique. Cette nouvelle société savante prend la suite de l’Association Nationale de Télémédecine (ANTEL), devenue successivement Société Française de Télémédecine (SFT-Antel), puis Société Française de Santé Digitale (SFSD). Elle entend fédérer une communauté transdisciplinaire et pluriprofessionnelle, à l’échelle de l’espace francophone.

    Des missions axées sur l’éthique, la recherche et les bonnes pratiques

    Présidée par le Pr Maurice Hayot, entouré d’un bureau composé de médecins, universitaires, juristes et experts du numérique, la SFSN se donne pour missions de diffuser les bonnes pratiques en télésanté, de promouvoir l’utilisation éthique du numérique et de l’intelligence artificielle en santé, et d’accompagner le déploiement de solutions innovantes au service des patients. L’approche se veut transversale, impliquant professionnels de santé, chercheurs en sciences humaines et associations d’usagers.

    Des objectifs concrets à court terme

    La SFSN inscrit son action autour de plusieurs priorités :

    • Renforcer les partenariats scientifiques au sein du monde francophone.
    • Favoriser la recherche et la formation en santé numérique.
    • Formaliser et diffuser des recommandations de bonnes pratiques, notamment autour de la télésanté et de l’usage de l’intelligence artificielle.
    • Organiser les premières assises francophones de santé numérique d’ici fin 2025.

    Structuration et relais d’information

    Fondée en janvier 2025, la SFSN prévoit également de mettre en place des groupes de travail dédiés à la recherche, la formation et aux soins à distance. Elle entend jouer un rôle actif de veille et de diffusion sur les actualités du secteur, avec un ancrage affirmé dans le monde francophone. Sa présence en ligne sera prochainement accessible via le site sfsn.fr et LinkedIn. Parmi les membres de son bureau figurent, aux côtés du Pr Hayot, Loïc Finat (secrétaire général), Dr Agnès Caillette-Beaudoin (trésorière), ainsi que six vice-présidents dont le Pr Thierry Moulin et la juriste Pr Lina Williatte.