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  • Etude : l’IA démontre son potentiel d’aider les médecins lors des soins urgents virtuels

    L’ intelligence artificielle est-elle associée à une réelle amélioration de la qualité des soins ? La question agite la communauté scientifique depuis plusieurs années. De nombreuses études sont menées, dans des contextes variés, afin d’évaluer la place de l’IA dans la prise en charge et dans quelle mesure elle peut aider le médecin, sans jamais le remplacer.

    Une nouvelle étude dirigée par le Pr Dan Zeltzer, expert en santé numérique à la Berglas School of Economics de l’Université de Tel Aviv, tente d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice. Son but : comparer la qualité des recommandations diagnostiques et de traitement émises par l’intelligence artificielle à celles des médecins au Cedars-Sinai Connect, une clinique virtuelle de soins urgents à Los Angeles. Concrètement, un algorithme basé sur l’apprentissage automatique effectue une première évaluation via un chat dédié, intègre les données du dossier médical du patient et fournit au médecin traitant des suggestions diagnostiques et thérapeutiques détaillées au début de la consultation, y compris des prescriptions, des tests et des références. Ensuite, une consultation vidéo avec un médecin était organisée pour déterminer le diagnostic et le traitement final. Le médecin avait accès aux recommandations de l’IA et pouvaient potentiellement les prendre en compte lors de leur consultation. Il est important de souligner que l’IA ne formulait de suggestions que lorsque son niveau de confiance était élevé. Une fois sur cinq, elle ne délivrait aucune recommandation. Enfin, un panel de quatre médecins avec au moins dix ans d’expérience clinique a noté chaque recommandation sur une échelle de quatre points : optimale, raisonnable, inadéquate ou potentiellement nuisible.

    Quelque 461 consultations en ligne réalisées entre le 12 juin au 14 juillet 2024 ont été prises en compte. Elles concernaient des patients présentant des symptômes respiratoires, urinaires, vaginaux, oculaires ou dentaires avec des dossiers médicaux complets.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 4 avril dans Annals of Internal Medicine et présentés lors de la conférence annuelle de l’American College of Physicians qui s’est déroulé du 3 au 5 avril à la Nouvelle Orléans.

    Résultats : l’IA respecte mieux les recommandations que les médecins

    • Les recommandations initiales de l’IA et les recommandations finales du médecin étaient concordantes dans 56,8 % des cas.
    • Les recommandations de l’IA ont été jugées optimales dans 77 % des cas, contre seulement 67 % des décisions des médecins.
    • Elles ont été considérées comme potentiellement nuisibles dans une proportion plus faible que celles des médecins (2,8 % des recommandations de l’IA contre 4,6 % des décisions des médecins).
    • Dans 20,8 % des cas, les recommandations de l’IA ont été jugées meilleures que celles des médecins contre 11,3 % des cas pour celles des médecins.

    Cette étude met en évidence le potentiel de l’IA pour aider les médecins à prendre des décisions. En fait, les points forts de l’intelligence artificielle sont de plusieurs ordres. Les auteurs de l’étude que l’IA adhère plus strictement aux recommandations officielles, par exemple, en ne prescrivant pas d’antibiotiques pour une infection virale. Autre point fort, l’IA identifie de manière plus exhaustive les informations pertinentes dans le dossier médical. Et « les résultats suggèrent que l’IA a mieux performé dans l’identification des signaux d’alerte critiques », précisent les auteurs. En revanche, les médecins étaient meilleurs pour adapter les recommandations en fonction de l’évolution des informations lors des consultations. Par exemple, si un patient atteint de COVID-19 signale un essoufflement, un médecin peut le reconnaître comme une congestion respiratoire relativement bénigne, tandis que l’IA, basée uniquement sur les réponses du patient, pourrait le référer inutilement aux urgences. En résumé, l’Homme est plus flexible qu’un algorithme !

    L’adaptabilité humaine, une qualité irremplaçable

    « L’IA, basée sur un processus d’évaluation ciblé, peut fournir des recommandations diagnostiques et thérapeutiques qui sont, dans de nombreux cas, plus précises que celles émises par les médecins », résume le Pr Zelter. Cependant, l’étude présente une limite : les chercheurs ne savent pas avec certitude dans quelle mesure ces recommandations de l’IA ont été utilisées par les médecins pour prendre leurs décisions finales. Cet essai suggère donc que l’IA pourrait être un outil précieux pour aider les médecins, surtout pour des recommandations rapides et basées sur des données objectives, mais les médecins restent essentiels pour adapter ces recommandations au contexte particulier de chaque patient.

    *Comparison of Initial Artificial Intelligence (AI) and Final Physician Recommendations in AI-Assisted Virtual Urgent Care Visits.

    Dan Zeltzer, Zehavi Kugler, Lior Hayat, et al.

    Ann Intern Med. [Epub 4 April 2025].

    https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/ANNALS-24-03283

  • Dépenses de santé : 20 Md€ d’économies à identifier pour tenir la trajectoire de l’Ondam d’ici 2029 (Cour des comptes)

    Face à un déficit cumulé de 20,1 Md€ attendu en 2028 pour les trois branches finançant l’Ondam, la Cour des comptes propose des mesures d’économies estimées entre 19,4 et 21,4 Md€, tout en maintenant la qualité des soins.

    Fixé à 265,4 Md€ pour 2025, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) continue de progresser à un rythme soutenu. Hors dépenses liées au Covid, sa croissance moyenne s’établit à 4,8 % par an depuis 2019, contre 2,4 % sur la période 2015-2019. En conséquence, sa part dans le PIB atteint désormais 8,9 %, contre 8,2 % avant la crise sanitaire. Cette dynamique est jugée insoutenable par la Cour des comptes, qui alerte sur la reconstitution d’une dette sociale de plus de 70 Md€ d’ici 2028, ainsi que sur la dégradation financière persistante des établissements de santé.

    Trois leviers d’action pour contenir les dépenses

    Pour répondre à l’enjeu de soutenabilité financière, la Cour recommande d’engager dès la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 un programme pluriannuel de maîtrise des dépenses. Elle identifie trois axes d’économies prioritaires :

    • Resserrer les prises en charge sur les prestations à bon droit
      Les fraudes à l’assurance maladie, estimées jusqu’à 4,5 Md€, n’ont donné lieu qu’à 628 M€ de redressements en 2024. La Cour propose d’élever l’objectif de détection à 1,5 Md€ d’ici 2029 et d’amplifier les contrôles, notamment grâce à la généralisation des outils de data mining et à la coopération avec les complémentaires santé. Elle appelle également à renforcer les moyens juridiques et informatiques des caisses.
    • Accroître la pertinence des soins
      Une meilleure conformité aux recommandations de la Haute Autorité de santé permettrait de limiter les prescriptions ou hospitalisations évitables, comme les séjours liés à des affections chroniques. Des écarts de dépenses standardisées jusqu’à 70 % entre départements soulignent un potentiel d’économies de 2,8 Md€, selon la Cour. La dématérialisation des prescriptions, devenue obligatoire fin 2024, est jugée indispensable pour détecter les pratiques atypiques.
    • Réorganiser l’offre de soins et renforcer la prévention
      La prévention reste marginale dans un système encore centré sur le curatif. La Cour préconise de cibler des actions contre les hospitalisations évitables, notamment liées aux maladies chroniques ou à la perte d’autonomie. Elle recommande aussi d’adapter l’offre médico-sociale, en réduisant les hospitalisations injustifiées en psychiatrie de personnes en situation de handicap vieillissantes.

    Une répartition des efforts à revoir

    La Cour insiste sur la nécessité de mieux équilibrer le financement du système de santé entre les différents acteurs, y compris les complémentaires santé, les employeurs et les assurés. Elle suggère d’envisager des ajustements ciblés des participations financières, dans une logique de responsabilisation partagée.

    Enfin, elle recommande que le suivi des économies, notamment celles prévues dans la convention médicale 2025-2029, soit renforcé par des rendez-vous annuels et un pilotage plus exigeant fondé sur des indicateurs robustes.

    L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) | Cour des comptes

  • La Maison Blanche redéfinit les politiques d’acquisition et d’usage de l’IA

    Le Bureau de la gestion et du budget (OMB) de la Maison Blanche a publié deux nouvelles directives (M-25-21 et M-25-22) encadrant l’utilisation et l’acquisition de l’intelligence artificielle (IA) par les agences de l’exécutif fédéral. Ce cadre actualisé, aligné sur un décret présidentiel signé en janvier 2025 par Donald Trump, remplace les précédentes notes M-24-10 et M-24-18 de l’administration Biden, tout en en conservant certaines dispositions.

    Trois priorités pour les usages de l’IA

    La première directive (M-25-21) fixe les priorités suivantes pour les agences fédérales : encourager l’innovation, renforcer la gouvernance, et préserver la confiance du public. Elle insiste sur la nécessité de réduire les lourdeurs administratives afin d’accélérer l’intégration de l’IA dans les processus décisionnels.

    Les agences sont invitées à optimiser les investissements publics en réutilisant les données, les modèles et le code existants, tout en donnant la priorité aux solutions développées aux États-Unis. Une attention particulière est demandée pour les usages dits à fort impact, définis comme les systèmes d’IA influençant directement des décisions ayant des conséquences juridiques, matérielles ou significatives sur les personnes, notamment en matière de santé ou de sécurité.

    Dans le secteur de la santé, cette définition couvre l’aide au diagnostic, l’évaluation des risques, la planification des traitements, la gestion des soins dans le cadre de programmes publics, ou encore la détermination des coûts d’assurance.

    Les principes hérités de l’administration précédente sont maintenus, tels que la désignation obligatoire de responsables IA (Chief AI Officers), la création d’un conseil inter-agences et un processus de supervision spécifique pour les systèmes à fort impact.

    Nouvelle orientation pour les achats publics d’IA

    La seconde note (M-25-22) établit un cadre pour les acquisitions d’IA par l’administration. Elle conserve l’approche structurée sous Biden – reposant sur la concurrence, la gestion des performances et l’engagement interdisciplinaire – mais introduit une nouvelle orientation politique : la règle du “Buy American”. Celle-ci vise à privilégier les solutions conçues et produites sur le territoire national.

    Cette directive confie également à la General Services Administration (GSA), en collaboration avec l’OMB, la mission de développer d’ici 200 jours un répertoire en ligne dédié aux agences exécutives. Cet outil doit centraliser les ressources, bonnes pratiques et informations utiles à l’achat et à l’implémentation de technologies d’IA.

    Trump a justifié ce revirement par la nécessité de préserver l’avance technologique des États-Unis, qu’il estime portée par les marchés libres et le secteur privé, à l’abri de tout “agenda social imposé”.

  • Déserts médicaux : la CDD propose un nouveau statut d’Assistant Territorial pour renforcer l’offre de soins dès 2025

    Un nouveau statut pour agir rapidement dans les zones sous-dotées

    La Conférence des doyens des Facultés de médecine (CDD) propose une série de mesures pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins. Elle alerte sur le fait que près de 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant et avance une mesure prioritaire : la création d’un statut d’Assistant Territorial. Ce dispositif, soutenu par l’Ordre des médecins, l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France) et l’ISNI (Intersyndicale nationale des internes), vise à renforcer la présence médicale dans les territoires en tension.

    Ce nouveau statut permettrait à de jeunes médecins, toutes spécialités confondues, d’exercer dès la fin de leur internat dans les zones identifiées comme sous-denses par les ARS, en libéral ou en salarié hospitalier. En contrepartie, ils bénéficieraient d’une prime d’exercice territorial, d’un accès ultérieur au secteur II régulé (OPTAM) ou à une embauche au 4e échelon des praticiens hospitaliers selon leur mode d’exercice. Ce dispositif pourrait être lancé dès fin 2025.

    Former sur place et dès le début de l’exercice

    Les facultés proposent que ces assistants soient formés à la maîtrise de stage universitaire dès leur prise de poste, afin d’accueillir rapidement des internes et docteurs juniors dès mai 2026. L’objectif est d’ancrer la formation dans les territoires pour favoriser l’installation future des professionnels de santé.

    Des propositions complémentaires pour les internes et les étudiants

    La CDD défend aussi une prime revalorisée pour tous les internes exerçant en zones sous-denses, indépendamment de leur spécialité ou statut (libéral ou salarié). Elle s’oppose toutefois à un paiement à l’acte pour les docteurs juniors, afin de préserver l’attractivité des postes en libéral comme en salarié. Pour les étudiants, elle plaide pour une augmentation du nombre de stages et d’enseignements hors campus hospitalo-universitaires. Cela implique la création de postes d’enseignants hospitalo-universitaires territoriaux et de maîtres de stage dans toutes les spécialités, intégrés aux équipes facultaires pour garantir la cohérence pédagogique.

    Concernant les PADHUE, la CDD souhaite confier aux facultés la validation du Parcours de Consolidation des Connaissances (PCC), avec un accent sur la qualité de la formation pour permettre une pratique conforme aux standards français.

    Numerus apertus : une croissance à accompagner

    La CDD rappelle que l’augmentation des effectifs en médecine est déjà en cours : +18 % entre 2020 et 2024, avec 11 500 étudiants inscrits en 2024 contre 9 700 en 2019. Elle appelle à une planification nationale encadrée par une Conférence nationale de santé pour poursuivre cette croissance, en tenant compte des besoins démographiques, des évolutions technologiques et des pratiques professionnelles.

    Mais elle alerte sur le manque de moyens humains et matériels pour accompagner cette hausse : le nombre d’étudiants en santé a triplé depuis 1996 tandis que les effectifs d’enseignants hospitalo-universitaires ont diminué de 3 %. Elle demande donc un renforcement immédiat des équipes pédagogiques et administratives, ainsi que des infrastructures universitaires.

    Position sur les étudiants formés à l’étranger

    La CDD s’oppose à la réintégration automatique des étudiants français en formation en Europe. Elle estime que leur formation est inégale, comme le montrent leurs faibles résultats aux examens français de 6e année. Elle dénonce également une sélection par l’argent, ces formations à l’étranger étant souvent coûteuses, et considère cette réintégration comme injuste pour les étudiants non admis en France.

    Encadrer la première année et universitariser les formations paramédicales

    Enfin, les doyens souhaitent consolider l’organisation actuelle de la première année (PASS/LAS), déjà disponible dans 75 % des départements. Ils jugent irréaliste son déploiement généralisé sans ressources supplémentaires. Parallèlement, ils soutiennent l’universitarisation des formations paramédicales et le développement de la pratique avancée, appelant à la création de postes d’enseignants-chercheurs pour accompagner ces évolutions.

  • Régulation numérique : la CNIL formalise sa stratégie européenne et internationale

    Trois axes pour une action internationale renforcée

    Dans sa stratégie européenne et internationale 2025-2028, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) formalise son ambition de renforcer la protection des données personnelles au-delà des frontières nationales. Ce plan s’articule autour de trois axes principaux : fluidifier la coopération européenne, promouvoir des standards internationaux élevés et consolider l’influence de la CNIL.

    Coopération européenne : efficacité et sanctions renforcées

    La CNIL entend jouer un rôle au sein du Comité européen de la protection des données (CEPD) afin de fluidifier les mécanismes de coopération prévus par le RGPD. L’objectif est d’accélérer l’adoption de lignes directrices communes, d’avis ou de décisions de sanction dans un contexte de renouvellement du cadre réglementaire numérique européen (paquet numérique, IA, cybersécurité, identité numérique). La stratégie prévoit également un renforcement des actions répressives sur des dossiers à forts enjeux, avec une participation active aux opérations conjointes menées au niveau européen, en tant qu’autorité cheffe de file ou concernée.

    Vers des standards internationaux convergents

    Au niveau international, la CNIL poursuit son engagement dans plusieurs instances intergouvernementales comme le Conseil de l’Europe (Convention 108), l’OCDE, ou encore des forums de coopération comme la GPA, l’AFAPDP ou le G7. Elle prévoit d’intensifier sa présence dans de nouveaux espaces comme l’ASEAN, l’APEC, le Global CBPR Forum ou le RIPD. Elle souhaite ainsi diffuser le modèle européen fondé sur les droits fondamentaux, en contribuant à la définition de standards mondiaux. En parallèle, elle entend renforcer son rôle de conseil auprès du gouvernement français pour les positions à adopter dans les discussions internationales.

    Une doctrine renforcée pour mieux peser

    La CNIL veut consolider sa doctrine sur les transferts de données et anticiper les évolutions juridiques, technologiques et économiques liées à la mondialisation des flux. Elle vise aussi à maintenir un lien étroit avec les autres autorités afin de favoriser la reconnaissance de ses positions, et à développer une expertise capable d’orienter les débats internationaux.

  • Health Data Hub : Clara Chappaz relance la promesse d’une migration hors de Microsoft, sans avancer de date

    Une promesse renouvelée, mais toujours sans échéance

    L’intervention  de Clara Chappaz faisait suite à une question du député Emmanuel Maurel, qui s’inquiétait du manque de souveraineté entourant le HDH et du choix de Microsoft comme fournisseur cloud. La récente validation par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) du projet européen Darwin EU, hébergé sur Azure pour des raisons de compatibilité technique avec le HDH, a ravivé les critiques. En particulier, le risque juridique de voir les données de santé françaises exposées au CLOUD Act américain reste au cœur des préoccupations.

    Clara Chappaz a donc réaffirmé l’engagement de l’exécutif à sortir du giron de la big tech. Elle assure que le ministère de la Santé et celui du Numérique travaillent conjointement à un appel d’offres pour basculer vers un hébergeur plus conforme aux exigences de souveraineté. Mais comme ses prédécesseurs, la ministre n’a fourni ni calendrier précis, ni échéance, laissant planer le doute sur la concrétisation réelle du projet.

    Un chantier repoussé de gouvernement en gouvernement :

    Depuis la création du Health data hub, plusieurs annonces similaires ont été faites. Olivier Véran, alors ministre de la Santé, avait évoqué dès 2020 une solution alternative sous 18 mois. En 2022, le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, renvoyait à “après la présidentielle” toute décision concrète. En parallèle, le HDH lui-même n’a cessé d’assurer qu’une solution souveraine était en préparation, évoquant récemment une “solution intercalaire” en 2025 pour entamer une transition.

    Malgré ces annonces répétées, la Cnil continue de rappeler l’absence d’appel d’offres et le retard accumulé. Dans sa délibération du 13 février 2025, l’autorité de protection des données exprimait à nouveau ses regrets sur l’absence de prestataire conforme, capable de garantir la protection des données du SNDS vis-à-vis d’un État tiers.

    Des enjeux stratégiques pour l’autonomie numérique française :

    Pour Clara Chappaz, l’enjeu dépasse le seul cas du HDH. Il s’agit d’un test grandeur nature pour la politique de souveraineté technologique que la France entend incarner en Europe. “La solution viendra de l’innovation et de nos offres françaises”, a-t-elle martelé à l’Assemblée. L’objectif affiché est clair : permettre le développement d’une intelligence artificielle de confiance, entraînée sur des données de santé sécurisées et hébergées localement, en conformité avec le droit européen.

    Mais sans calendrier défini, la promesse reste suspendue. Et les acteurs du cloud souverain en France — qui assurent depuis plusieurs années être prêts à prendre le relais — attendent toujours un signal fort. D’ici là, la migration du Health Data Hub reste, une fois encore, une promesse plus politique qu’opérationnelle.

  • IA : la Commission européenne lance un plan d’action à cinq piliers pour faire émerger un leadership technologique

    Un cap stratégique face aux géants mondiaux

    Alors que les États-Unis et la Chine dominent largement l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle, la Commission européenne a officialisé son Plan d’action du Continent IA, dévoilé le 10 avril. Présenté comme un levier pour positionner l’Europe parmi les leaders de l’IA, il s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du Sommet pour l’action sur l’IA de février 2024. L’objectif est de transformer l’industrie européenne et son vivier de talents en favorisant l’innovation.

    Structurer l’accès aux données

    La Commission entend déployer plusieurs gigafactories dotées de 100 000 puces IA de dernière génération, une capacité quatre fois supérieure à celle des 13 usines en cours d’installation autour des 9 supercalculateurs du réseau EuroHPC. Sur les 200 millions d’euros alloués via le fonds Invest AI, 20 millions seront investis dans cinq de ces nouvelles infrastructures. Par ailleurs, le futur “Cloud and AI Development Act” vise à tripler la capacité des centres de données européens d’ici cinq à sept ans. Afin de garantir l’efficacité des modèles IA, la Commission prévoit la création de Data Labs pour centraliser, structurer et enrichir des jeux de données variés. Une “Data Union Strategy”, attendue pour 2025, doit favoriser la constitution d’un véritable marché intérieur des données, facilitant le développement de solutions IA à l’échelle du continent.

    Encourager l’usage de l’IA dans les secteurs stratégiques

    Avec seulement 13,5 % des entreprises européennes utilisant actuellement des technologies IA, la Commission lance la stratégie Apply AI. Celle-ci vise à stimuler l’adoption de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques et les secteurs industriels prioritaires. Pour répondre à la pénurie d’experts IA, plusieurs initiatives sont prévues. Le Talent Pool, l’action Marie Skłodowska-Curie “MSCA Choose Europe”, ainsi que les programmes de bourses de la future AI Skills Academy, visent à ouvrir des voies de migration légale aux spécialistes étrangers et à inciter les chercheurs européens à revenir travailler sur le continent.

    Simplifier l’environnement réglementaire

    Enfin, un guichet unique baptisé AI Act Service Desk sera mis en place pour aider les entreprises à se conformer au cadre réglementaire européen sur l’intelligence artificielle, notamment dans la mise en œuvre de l’AI Act récemment adopté.

  • La CNSA vote un budget rectificatif

    Le budget 2025 de la CNSA avait été voté le 12 décembre, alors que la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) n’était pas encore votée. Il était donc attendu un budget rectificatif pour financer les mesures qui ont été adoptées lors du vote de la loi de financement le 28 février 2025.

    Parmi ces mesures qui n’avaient pas pu être adoptées au budget primitif :

    • Une augmentation de 200 M€ des concours aux départements, faisant suite à la modification des modalités de calcul de l’APA et de la PCH ;
    • Un fonds d’urgence de 300 millions d’euros pour le soutien aux Ehpad et aux services de soins infirmiers à domicile en difficulté ;
    • Le démarrage de la réforme de la fusion des concours CNSA, qui s’accompagne d’une enveloppe de 200 millions d’euros au bénéfice des départements ;
    • Le fonds de 100 millions d’euros, qui permettra aux départements de soutenir la mobilité des aides à domicile ;
    • Les mesures portant sur l’expérimentation de la fusion des sections soins et dépendance des Ehpad, (Cf. article du 25 mars) pour lesquelles la CNSA dispose d’une recette nouvelle issue de la taxe sur les conventions d’assurance.

    Bien que ce budget intègre « une première partie de reports de crédits non consommés en 2024 sur plusieurs dispositifs, (il) conduit à un déficit prévisionnel de la branche Autonomie à hauteur de 762,9 millions d’euros, contre un résultat 2024 à + 1,288 milliard d’euros », selon les termes mêmes de la CNSA.

    https://www.cnsa.fr/actualites/adoption-du-premier-budget-rectificatif-de-2025-de-la-branche-autonomie

  • Le Royaume-Uni approuve le premier traceur PSMA-SPECT en Europe pour le cancer de la prostate

    Une première mondiale pour un traceur PSMA-SPECT

    La Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni a délivré la première autorisation mondiale à RoTecPSMA (99mTc-MIP-1404), un agent d’imagerie développé par la société allemande Rotop pour la détection des lésions chez les patients atteints de cancer de la prostate. Ce traceur cible l’antigène membranaire spécifique de la prostate (PSMA) et s’utilise en combinaison avec le technétium-99m dans le cadre d’un kit de détection par tomographie par émission monophotonique (SPECT).

    Trois indications cliniques validées

    L’autorisation britannique porte sur trois indications spécifiques :

    • La stadification du cancer de la prostate à haut risque avant traitement.
    • La détection des récidives chez les patients présentant des niveaux détectables d’antigène prostatique spécifique (PSA).
    • L’évaluation de l’éligibilité des patients aux thérapies ciblées.

    Ces indications répondent à des besoins cliniques non couverts, dans un contexte où le dosage du PSA reste un outil diagnostique répandu mais peu fiable.

    Un accès facilité grâce au technétium-99m

    Julian Beach, directeur exécutif par intérim de la qualité des soins à la MHRA, a souligné que RoTecPSMA est le premier traceur PSMA autorisé en association avec le technétium-99m, isotope déjà largement disponible dans les services de médecine nucléaire du NHS. Cette compatibilité devrait faciliter l’intégration de la solution dans les parcours diagnostiques existants.

    Résultats cliniques et impact sur l’accès aux soins

    L’approbation repose sur une étude menée auprès de 105 patients atteints de cancer de la prostate, dans laquelle RoTecPSMA a démontré une sensibilité de 94,2 % pour la détection des lésions tumorales et une spécificité de 83,3 % dans l’identification des zones saines. Pour le Pr Ken Herrmann, spécialiste en médecine nucléaire à l’hôpital universitaire d’Essen (Allemagne), cette avancée répond à la forte demande en imagerie PSMA, qui engendre déjà des retards dans la prise en charge dans plusieurs régions. Il estime que l’arrivée de RoTecPSMA contribuera à combler ce déficit d’accès.

    Un contexte épidémiologique en mutation

    Selon l’organisation Prostate Cancer UK, le cancer de la prostate est désormais le plus fréquent en Angleterre, avec une hausse de 25 % des cas entre 2019 et 2023. Le nombre de diagnostics a dépassé celui des cancers du sein pour la deuxième année consécutive, un phénomène en partie lié au rattrapage des cas non détectés durant les confinements liés à la pandémie. Avec cette autorisation, le Royaume-Uni devient le premier pays européen à valider un traceur PSMA compatible SPECT, renforçant ainsi ses capacités diagnostiques face à une pathologie en forte progression.

  • Prévention santé : Wellpharma expérimente un parcours de vaccination du voyageur dans ses officines

    Un nouveau service structuré autour de deux rendez-vous personnalisés

    Wellpharma, groupement de pharmacies de La Coopérative Welcoop, devient le premier en France à structurer un parcours de prévention santé à destination des voyageurs. Une expérimentation est en cours dans douze pharmacies, intégrées à des CPTS ou MSP, pour proposer une prise en charge incluant conseils médicaux et vaccination. Ce service repose sur un partenariat avec le laboratoire Valneva, spécialiste des solutions vaccinales, et s’accompagne d’une formation certifiante de 7 heures pour les pharmaciens, conçue par Atoopharm, filiale e-learning de la Coopérative Welcoop. Elle comprend cinq modules dédiés aux risques sanitaires en voyage et aux gestes de vaccination conformes aux normes réglementaires.

    Un parcours simplifié

    Le dispositif répond à une attente forte des Français. Selon une étude Ipsos pour Valneva (2024), 63 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à recevoir leurs vaccins directement en pharmacie, face à la complexité actuelle du parcours vaccinal (délais, accès à l’information). Le parcours proposé par Wellpharma s’organise en deux étapes : un premier rendez-vous pour analyser la destination, les risques sanitaires et les vaccins nécessaires ; un second pour l’administration des vaccins et la remise de conseils personnalisés (prévention du paludisme, trousse santé, hygiène, MST, etc.).

    Une offre de vaccination élargie selon les risques du voyage

    Les vaccinations couvrent l’ensemble des risques infectieux liés aux voyages, selon quatre modes de transmission :

    • Vectorielle : chikungunya, dengue, fièvre jaune, encéphalite japonaise et à tiques
    • Hydrique ou alimentaire : choléra, fièvre typhoïde, leptospirose, hépatite A, poliomyélite
    • Interhumaine : COVID-19, rougeole, tuberculose, méningocoques, hépatite B, MPOX
    • Par morsure : rage

    Ce projet permet aux officines Wellpharma de diversifier leur offre de soins et de renforcer leur rôle dans la prévention de proximité. Il contribue aussi à l’attractivité du métier de pharmacien en valorisant des missions cliniques et en répondant aux tensions en matière de recrutement dans le secteur officinal.