Articles

  • Orange Business et l’Institut Curie renforcent l’IA TransCUPtomics pour mieux diagnostiquer les cancers rares

    Une IA optimisée pour identifier l’origine des cancers rares

    Orange Business collabore avec l’Institut Curie pour optimiser un outil d’intelligence artificielle dédié au diagnostic des cancers dits « primitif inconnu » (CPI), soit 7 000 cas par an en France. Ces cancers, souvent identifiés à un stade métastatique avancé, sont complexes à traiter en raison de l’absence d’identification de l’organe primaire touché.

    L’Institut Curie, coordinateur national de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dédiée aux CPI, a inscrit 442 patients depuis la création de cette instance en 2020. Face à la rareté et à la difficulté diagnostique de ces cas, un outil IA baptisé TransCUPtomics a été conçu dès 2019 par l’équipe du Dr Sarah Watson. Basé sur le séquençage ARN et un algorithme de deep learning, ce classificateur établit des correspondances entre profils génétiques tumoraux et tissus d’origine.

    Visualisation et interprétation : deux apports d’Orange à l’IA de Curie

    La collaboration actuelle trouve son origine dans l’initiative de Charles Delobel, salarié d’Orange Business et patient atteint d’un CPI. Il a mis en relation les ingénieurs d’Orange avec l’équipe du Dr Nicolas Servant, co-directeur de la plateforme de bio-informatique de l’Institut Curie. Ensemble, ils développent une version améliorée de TransCUPtomics.

    Orange Business apporte son expertise sur deux volets :

    • L’explicabilité des décisions de l’IA, en identifiant les gènes les plus contributifs au diagnostic.
    • Et la visualisation des résultats, notamment par la génération automatique de rapports patients intégrés.

    Un soutien technologique et humain à la recherche

    Outre son implication professionnelle, Charles Delobel soutient la recherche via l’association Rock4Life, qui organise des concerts pour lever des fonds au profit de l’Institut Curie. La Dr Sarah Watson, marraine de l’association, souligne l’impact de ce réseau entre recherche, technologie et mobilisation citoyenne. Pour Claire Scotton, Vice-Présidente Santé B2B chez Orange Business, ce projet incarne le potentiel de l’intelligence artificielle dans la transformation des pratiques médicales, et l’importance des collaborations humaines dans les avancées de la recherche clinique.

  • Anonymiser sans compromettre : quand la protection des données de santé met la recherche à l’épreuve (étude Roche France)

    Une contribution essentielle au débat entre sécurité des données et de utilité scientifique

    Dans un paysage numérique de plus en plus structuré autour de la donnée, les données de santé en vie réelle — ou Real World Data (RWD) — sont devenues une ressource stratégique. Elles nourrissent la recherche clinique, éclairent les politiques de santé, et permettent d’objectiver les usages et l’efficacité des traitements dans des conditions réelles. Mais cette richesse n’est pas sans contraintes. L’encadrement réglementaire, le RGPD en tête, impose une anonymisation rigoureuse pour toute réutilisation à des fins secondaires. Ce processus, destiné à protéger les individus, peut cependant altérer la donnée au point d’en compromettre la valeur scientifique. C’est précisément ce paradoxe que l’étude publiée par Roche France dans la revue PLOS Digital Health vient éclairer.

    Conduite par l’équipe Real World Data de Roche France, cette étude analyse l’effet de cinq méthodes d’anonymisation sur un jeu de données médicales, en évaluant à la fois la capacité de ces techniques à réduire le risque de ré-identification et leur impact sur la qualité des résultats scientifiques produits. La publication marque une avancée significative sur une question rarement abordée avec autant de précision : jusqu’où peut-on aller pour garantir la protection de la vie privée, sans saboter l’exploitabilité de la donnée pour la recherche ?

    Un test grandeur nature sur cinq méthodes d’anonymisation

    L’expérimentation s’est appuyée sur un même corpus de données, passé au crible de cinq méthodes d’anonymisation distinctes. Chaque méthode a été évaluée selon deux axes : le niveau de protection apporté contre le risque de ré-identification d’un individu, et la préservation des caractéristiques statistiques essentielles pour mener des analyses robustes. Ce double regard — sécurité et utilité — permet de dépasser les visions purement techniques ou éthiques, pour entrer dans le cœur du compromis méthodologique.

    Les résultats sont sans appel : toutes les méthodes testées permettent effectivement de réduire le risque d’identification. Certaines atteignent même un niveau de protection très élevé. Mais cet effort de sécurisation se paie souvent d’une dégradation de la qualité des analyses possibles. Dans les cas les plus extrêmes, les méthodes les plus sécurisantes introduisent une distorsion des données suffisante pour remettre en cause la reproductibilité des résultats. Cela signifie concrètement que les conclusions scientifiques tirées des données initiales ne tiennent plus une fois l’anonymisation appliquée — un constat lourd de conséquences pour la validité des études en vie réelle.

    Un équilibre fragile entre éthique, réglementation et science :

    Ce constat alimente un débat central : celui du compromis entre protection des données personnelles et rigueur scientifique. L’étude le rappelle clairement : plus on cherche à atteindre une anonymisation “absolue”, plus on altère les signaux présents dans les données, au risque de les rendre inutilisables. À l’inverse, des techniques plus modérées, qui préservent les dynamiques temporelles, les co-occurrences ou les micro-variations cliniques, laissent subsister un risque résiduel de ré-identification.

    Dans ce contexte, il n’existe pas de solution universelle. Le choix de la méthode dépend du contexte de recherche, de la finalité de l’étude, des caractéristiques des données et du niveau de risque acceptable. Cette approche contextuelle appelle à un changement de paradigme : au lieu de rechercher une méthode parfaite, il faut concevoir l’anonymisation comme un processus de dialogue entre statisticiens, cliniciens, juristes et délégués à la protection des données. L’étude de Roche illustre cette maturité méthodologique, en plaçant la transparence et l’évaluation continue au cœur de sa démarche.

    Le besoin criant de référentiels partagés :

    L’un des apports les plus significatifs de cette étude réside dans la mise en lumière d’un angle mort majeur : l’absence de standards robustes pour comparer les méthodes d’anonymisation entre elles. Aujourd’hui, il n’existe pas de cadre commun qui permettrait aux chercheurs, industriels ou régulateurs d’évaluer objectivement les effets des transformations appliquées aux données. Chaque projet repose sur des métriques internes, rarement généralisables, et sur des arbitrages implicites parfois difficilement reproductibles.

    Cette absence de standardisation freine la mutualisation des données, la reproductibilité des analyses, et surtout, la confiance dans les résultats. L’appel lancé par Roche à construire des référentiels clairs, à la fois techniques et éthiques, est donc particulièrement bienvenu. Il rejoint les débats actuels sur l’Espace Européen des Données de Santé (EHDS), sur la certification des plateformes de données ou encore sur la gouvernance des entrepôts hospitaliers.

    L’expertise humaine, pilier invisible de l’anonymisation :

    Au-delà des algorithmes et des procédures, l’étude insiste sur un point souvent sous-estimé : la valeur irremplaçable de l’expertise humaine. Car l’anonymisation ne peut être un processus purement automatique. Elle suppose une compréhension fine des données manipulées, de leurs usages, de leur sens clinique. C’est cette expertise — multidisciplinaire par essence — qui permet de détecter les biais, d’anticiper les erreurs d’interprétation, et de s’assurer que les transformations appliquées n’annulent pas l’intérêt même des données.

    L’équipe de Roche le résume en une phrase : « Une anonymisation surveillée aide à identifier des écarts susceptibles de fausser l’interprétation des résultats. » Cette vigilance ne peut être assurée que par des professionnels capables de relier des enjeux techniques à des conséquences concrètes pour la recherche, la santé publique et l’éthique.

  • SantExpo 2025 : les démarches qualités appuient les transformations en santé

    Lors de la conférence intitulée « Comment les démarches qualité peuvent venir appuyer les transformations en santé» le 21 mai 2025 à SantExpo, plusieurs responsables hospitaliers, représentants d’usagers et cadres ministériels ont partagé leurs expériences et visions. Le message principal était que les démarches qualité occupent aujourd’hui une place centrale dans les stratégies de transformation du système de santé. Loin de se limiter à un exercice de conformité, elles deviennent des leviers opérationnels pour améliorer l’organisation des soins, renforcer la pertinence des prises en charge, intégrer les usagers dans la gouvernance et même soutenir des objectifs environnementaux.

    Cette rencontre a réuni des responsables d’établissements comme Nicolas Bougault, directeur du CH de Lisieux, Jean-Marc Faucheux, président de la CME du CH d’Agen, Marie-Thérèse Leccia, présidente de la CME du CHU de Grenoble-Alpes, ainsi que Catherine Geindre, présidente de la Commission de certification des établissements de santé. Le point de vue institutionnel a été apporté par Marie Daudé, directrice générale de l’offre de soins, tandis que Gérard Raymond, représentant de France Assos Santé, a exprimé les attentes et exigences des usagers. Health & Tech Intelligence a assisté à ces échanges qui ont permis de dresser un panorama précis des enjeux actuels liés à la qualité et de proposer des pistes d’action.

    La qualité comme levier stratégique de transformation

    Le consensus partagé par les intervenants est que la qualité ne peut plus être cantonnée à une démarche technique. Elle doit devenir un axe structurant des politiques hospitalières et territoriales. Plusieurs établissements, souvent en difficulté car certifiés avec réserves ou conditions peinent à s’aligner sur les exigences du référentiel. Cela révèle une fracture entre les établissements bien dotés et ceux qui sont isolés et confrontés à une pénurie de ressources.

    Une réponse structurelle est nécessaire : la mise en place d’un dispositif d’accompagnement soutenu, homogène et traçable. Il s’agit notamment d’organiser des suivis, des plans d’actions partagés avec les ARS, de documenter les décisions, et d’ouvrir la voie à des restructurations soutenues plutôt que punitives.

    Un changement de paradigme avec un financement par la qualité

    Le financement des établissements doit évoluer. Le modèle actuel encore très marqué par l’activité (T2A) limite les incitations à la qualité. Une réforme du dispositif « IFAQ » (Incitation financière à l’amélioration de la qualité) est en cours. Elle vise à faire du résultat en qualité un critère de financement à part entière.

    Des indicateurs stratifiés sont envisagés. Certains resteront nationaux et d’autres seront construits localement en lien avec les territoires de santé. L’idée est d’aligner les incitations sur des enjeux pertinents pour chaque établissement, dans son contexte réel. Ces réformes sont coordonnées avec les fédérations hospitalières et s’inscrivent dans une logique pluriannuelle.

    Un renforcement de la voix des usagers dans la gouvernance

    La place des usagers ne doit plus être symbolique soutient Gérard Raymond. La commission des usagers (CDU), encore trop souvent perçue comme accessoire doit évoluer vers un organe influent. L’expérience patient est désormais considérée comme un indicateur de qualité à part entière susceptible d’alimenter les évaluations, les projets d’établissements et les parcours de soins.

    Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de former les représentants des usagers, de les recruter en lien avec les filières de soins et de développer des modèles de « patients partenaires » experts de leur pathologie. L’objectif est de professionnaliser leur rôle et d’en faire un maillon de la gouvernance hospitalière au même titre que les directions ou les CME.

    Une convergence nécessaire entre qualité et transition écologique

    Un message fort a été porté autour de la convergence entre qualité des soins et transition écologique. Certains établissements comme le CHU de Grenoble-Alpes ont déjà intégré cette dimension dans leur projet d’établissement. Sans référentiel formel, ils ont utilisé les leviers de la qualité pour avancer sur des sujets comme l’alimentation (réduction des déchets alimentaires, qualité gustative), la consommation médicamenteuse (réduction de l’usage non justifié) ou les émissions de gaz à effet de serre (déplacements, énergie).

    Cette approche est doublement vertueuse car elle redonne du sens au travail des professionnels et répond aux attentes sociétales. La structuration d’instances comme des commissions consultatives de transition écologique permet de formaliser ces dynamiques.

    Le territoire constitue une échelle appropriée pour une transformation durable

    La transformation du système de santé ne peut s’opérer uniquement à l’échelle des établissements. Le territoire est la nouvelle unité d’action. Les dynamiques de CPTS, GHT et projets territoriaux de santé doivent intégrer la qualité comme critère de cohérence des parcours.

    L’exemple des questionnaires d’expérience patient en construction proposés à l’échelle de parcours inter-établissements illustre cette volonté. L’objectif est de mieux capter la continuité des soins en dépassant la segmentation ville-hôpital, public-privé. Une logique de pilotage qualitatif partagé émerge progressivement.

    Professionnalisation des démarches qualité et gouvernance médicale

    La qualité ne peut pas reposer uniquement sur les directions qualité ou les services administratifs. Elle doit être portée par l’ensemble des professionnels, en particulier les médecins. Cela suppose une acculturation forte, un appui méthodologique et une implication de la gouvernance médicale.

    Jean Marc Faucheux met en avant que les futurs présidents de CME doivent être former pour qu’ils puissent mieux comprendre et relayer les enjeux de qualité et de gouvernance dans leurs établissements. Il est aussi important d’intégrer les soignants dans la discussion sur les indicateurs et les résultats, non pas comme objets de contrôle mais comme leviers d’amélioration collective.

    La pertinence des soins est à prendre en compte également

    La question de la pertinence des soins devient un pivot de la transformation. Elle engage à la fois le juste soin pour le bon patient, l’optimisation des ressources et la réduction de l’impact écologique. Trois critères sont évoqués : la pertinence clinique, l’efficience économique et la durabilité environnementale.

    Dans certains établissements, des protocoles ont été mis en place avec l’appui des commissions qualité pour limiter les actes redondants ou peu utiles. Ces actions sont souvent plus efficaces lorsqu’elles sont co-construites avec les professionnels et intègrent les retours d’expérience des patients.

     

  • SantExpo 2025 : le CHSF et Okantis lancent le premier EDSH essonnien

    Une collaboration mûrie de longue date

    Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une coopération entamée dès 2018, fondée sur la refonte progressive du système d’information hospitalier (SIH) du CHSF. Cette trajectoire commune a permis d’aligner les ambitions technologiques avec les réalités du terrain. Philippe Meyer, directeur général d’Okantis, résume ainsi l’esprit du partenariat : « Il n’existait jusqu’ici aucun projet de cette nature sur le territoire. Ce partenariat vise à construire ensemble une solution innovante et pleinement adaptée aux besoins du terrain. »

    Du côté hospitalier, l’implication des professionnels de santé a été décisive. Des profils comme le docteur Philippe Ménager, praticien convaincu du potentiel du numérique, ont largement contribué à faire émerger la démarche. Résultat : le CHSF, bien qu’établissement non universitaire, s’est hissé au 6ᵉ rang national en recherche clinique parmi ses homologues, tout en renforçant son ancrage dans l’écosystème académique du plateau de Paris-Saclay.

    Safe Data, une infrastructure pensée pour la souveraineté

    Le socle technologique du futur EDS repose sur Safe Data, une plateforme conçue par Okantis et déjà en phase de prototypage. Cette infrastructure modulaire permet de capter, structurer et sécuriser les flux de données générés par l’hôpital, indépendamment du SIH principal. Une approche pragmatique, alignée avec les meilleures pratiques de gouvernance de la donnée.

    « Dans cette convention, nous apportons la matière grise, l’expertise et le temps de nos médecins pour bâtir, avec l’équipe d’Okantis, un outil conçu dans les règles de l’art », a précisé François Bérard, directeur général du CHSF. Une formule qui illustre la volonté de co-construction du projet, où l’expertise métier est pleinement intégrée à la conception technique.

    Un EDS au service de la recherche, du soin et du pilotage :

    Avec 140 études cliniques menées en 2024 et plus de 1 300 patients inclus, le CHSF est déjà un acteur reconnu dans la production de données de santé en vie réelle. L’EDS ambitionne d’amplifier cette dynamique, en offrant une plateforme capable de soutenir la recherche clinique, mais aussi de générer des outils d’aide à la décision pour le pilotage médico-économique.

    Dans un contexte où la maîtrise des données devient un enjeu stratégique, notamment au sein des GHT, ce type de projet offre une réponse concrète aux défis du pilotage territorial. Il permet de valoriser les données existantes, tout en posant les bases d’une médecine plus précise, plus réactive et mieux coordonnée.

    « Notre objectif est de proposer une solution robuste, agile et évolutive, pensée par et pour les professionnels de santé », résume Philippe Meyer. Une ambition partagée qui pourrait faire du CHSF un modèle pour d’autres établissements périphériques souhaitant structurer leur stratégie data autour d’un entrepôt souverain.

    Une montée en puissance déjà planifiée :

    Cette signature intervenue à SantExpo constitue une étape structurante. Elle sera suivie d’un accord formel qui précisera la gouvernance du projet, les engagements techniques, les échéances et les cas d’usage ciblés. L’objectif est clair : une mise en service opérationnelle dès fin 2025 ou début 2026, portée par une organisation industrielle capable de répondre aux besoins concrets du CHSF dans des délais maîtrisés.

    Ce projet, à la croisée de la stratégie territoriale, de la technologie souveraine et de la recherche clinique, confirme la montée en puissance des EDS hospitaliers comme piliers des systèmes de santé modernes. En Essonne, cette dynamique est désormais lancée.

  • CaloPix de Tribun Health obtient l’autorisation de la FDA pour deux scanners de pathologie numérique

    La plateforme de pathologie numérique CaloPix, développée par la société française Tribun Health, a reçu le feu vert de la Food and Drug Administration pour une utilisation avec deux scanners de lames numériques – le NanoZoomer S360MD d’Hamamatsu et l’Aperio GT450 DX de Leica.

    Une reconnaissance internationale consolidée : une étape pour le marché américain

    L’autorisation américaine vient compléter un parcours réglementaire déjà bien établi pour CaloPix, marquée CE et approuvée par Santé Canada. Tribun Health revendique aujourd’hui plus de 1 000 utilisateurs actifs dans le monde. La compatibilité validée avec deux équipements de numérisation ouvre la voie à une adoption à grande échelle aux États-Unis, premier marché mondial de la santé. Le système de santé américain est confronté à une augmentation constante du volume de cas en pathologie, couplée à une pénurie de personnel qualifié.

    La FDA autorise désormais les hôpitaux et laboratoires à s’appuyer sur CaloPix pour les actions suivantes :

    • Accélérer les délais de diagnostic.
    • Structurer les données pour un usage futur en IA
    • Travailler en réseau via la télépathologie.
    • Gérer des volumes importants avec un archivage centralisé.
    tribun health platform I calopix FR
    @ Tribun Health Calopix

    Une solution interopérable, pensée pour les environnements complexes

    CaloPix se présente comme une plateforme web, prête pour le cloud, intégrable avec les SGL et VNA des établissements. Elle propose des fonctionnalités de collaboration à distance, de contrôle qualité et d’export de données pour la recherche. Ces caractéristiques la rendent adaptée aux exigences d’interopérabilité et de conformité du marché américain. Tribun Health met en avant les distinctions obtenues par CaloPix, dont trois récompenses « Best in KLAS » en pathologie numérique. Ces reconnaissances appuient, selon l’entreprise, la valeur de sa solution dans des environnements hospitaliers à fort volume et hautement réglementés.

    Jean-François POMEROL - CEO / Président Directeur Général - Tribun Health,  AI-Powered Pathology | LinkedIn
    Jean-François Pomerol, PDG de Tribun Health

    « Nous entrons sur le marché américain avec une solution éprouvée, adoptée par des institutions de référence », déclare Jean-François Pomerol, PDG de Tribun Health, qui se dit prêt à renforcer la présence de l’entreprise sur la scène internationale.

    Certification ISO 27001, alliance avec GE Healthcare et levée de fonds de 15 M€ : Tribun Health structure sa croissance

    Récemment, Tribun Health a franchi plusieurs étapes dans sa stratégie de développement. En mai 2025, l’entreprise a obtenu la certification ISO/IEC 27001, attestant de la robustesse de son système de gestion de la sécurité de l’information, en particulier pour sa plateforme CaloPix, utilisée par des laboratoires et hôpitaux à travers le monde. Par ailleurs, l’entreprise a levé 15 millions d’euros lors d’un tour de financement de série B, mené par le Fonds Patient Autonome de Bpifrance, avec la participation d’investisseurs tels que Owkin, Vivalto Family et LBO France.

  • AAC : L’ARS Île-de-France mobilise des fonds en 2025 pour moderniser l’offre médico-sociale destinée aux personnes en situation de handicap

    Un appel pour transformer et adapter l’offre médico-sociale

    Dans le cadre de sa stratégie régionale d’investissement en santé, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France ouvre un nouvel appel à candidatures (AAC) en 2025. Ce dispositif vise à accompagner la modernisation et la transformation de l’offre médico-sociale destinée aux personnes en situation de handicap. Face à une pression croissante sur les capacités d’accompagnement, en lien avec la démographie et l’allongement de l’espérance de vie des publics concernés, l’ARS cible des projets portés par des établissements souhaitant rénover, restructurer ou adapter leurs structures.

    Objectifs de l’investissement

    L’aide financière apportée par l’ARS doit permettre de mettre en œuvre des solutions techniques et organisationnelles dans plusieurs domaines :

    • La rénovation ou la restructuration des établissements pour optimiser l’organisation et améliorer l’accompagnement des usagers ;
    • La mise aux normes sanitaires ;
    • La création de chambres simples.

    Les opérations doivent répondre aux conditions définies par l’instruction de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) du 23 avril 2021. Sont éligibles uniquement les projets dont les travaux n’ont pas encore démarré.

    Nature des opérations éligibles

    Les établissements médico-sociaux accueillant des enfants ou des adultes en situation de handicap peuvent proposer des opérations portant sur :

    • Restructurations ou constructions neuves concernant uniquement les capacités autorisées ;
    • Création de nouvelles places ou l’extension de capacités ;
    • Mises aux normes techniques, de sécurité, d’accessibilité et d’adaptation à la gestion de crise sanitaire ;
    • Projets intégrant des critères environnementaux, notamment en matière de performance énergétique ;
    • Remplacement d’équipements thermiques ou énergétiques dans le cadre d’un investissement global
    • Montages en VEFA ou CPI, sous réserve que le gestionnaire en soit l’acquéreur
    • Projets dont le gestionnaire est le maître d’ouvrage.

    Sont également éligibles les études de faisabilité et autres prestations intellectuelles préalables à des projets complexes, notamment en vue d’une restructuration dans une logique d’amélioration continue de la qualité.

    Modalités et calendrier : L’appel à candidatures est ouvert depuis le 5 mai 2025. Les établissements intéressés doivent transmettre leurs dossiers à l’ARS Île-de-France avant le 15 juillet. Les résultats seront notifiés aux porteurs de projets au cours du dernier trimestre 2025.

  • Trophées de l’Innovation FHF 2025 : Médecine, logistique, prévention … 10 lauréats distingués par le fonds FHF

    Chirurgie augmentée, essais cliniques ciblés, IA logistique : des innovations récompensées pour améliorer soins, conditions de travail et pilotage hospitalier

    Le 20 mai, lors du salon SantExpo, les Trophées de l’Innovation, organisés par le Fonds FHF avec le soutien de la MGEN, ont récompensé les projets les plus prometteurs. Le jury a valorisé l’impact terrain, l’engagement des porteurs et la capacité à transformer durablement les pratiques. Les innovations sont regroupées autour de dix axes opérationnels, comme l’aide au diagnostic, la gestion des données, la prévention, le bien-vieillir, la médecine personnalisée, ou encore la logistique hospitalière. Chaque projet s’inscrit dans une logique de déploiement rapide et de collaboration avec les établissements.

    Une chirurgie augmentée et des soins mieux orientés : Dans la catégorie “bloc opératoire de demain”, la start-up Surgar a été primée pour U-Surgar, logiciel de réalité augmentée dédié à la chirurgie gynécologique. L’outil fusionne en temps réel le jumeau numérique de la patiente avec la vue opératoire, afin de guider le geste chirurgical. Autre lauréat, dans la catégorie « médecine de demain » : la plateforme Klineo, qui met en relation patients et médecins avec des essais cliniques en oncologie adaptés à chaque profil. L’objectif est d’optimiser l’accès aux innovations thérapeutiques.

    Protection et ergonomie au service des soignants : Du côté des professionnels de santé, Well With Waves a reçu un trophée dans la catégorie « amélioration de l’expérience soignant ». Son nouveau tablier de radioprotection, adaptable à toutes les morphologies, vise à réduire les troubles musculo-squelettiques en conservant une efficacité équivalente aux équipements traditionnels.

    Anticiper les ruptures, fiabiliser l’hôpital : Sur le volet organisationnel, la solution Optacare a été distinguée dans la catégorie « approvisionnement et logistique ». Ce logiciel s’appuie sur l’intelligence artificielle pour anticiper les risques de rupture de stock et atteindre un taux de service de 99 %, tout en limitant les surcoûts liés au surstockage.

    Palmarès des finalistes et des organismes partenaires : 

    1. Amélioration de l’expérience soignant

    • Partenaire : Microsoft
    • Les trois finalistes : Hopia, Holicare – Relyens, Well With Waves
    • Lauréat : Well With Waves
      Well With Waves crée des tabliers de radioprotection médicale adaptés à toutes les morphologies. L’objectif : réduire le risque de troubles musculosquelettiques chez les soignants exposés aux rayonnements.

    2. Amélioration de l’expérience et résultat patient

    • Partenaire : Intuitive
    • Les trois finalistes : Mon parcours aux urgences, WEchalleng – Maé, Lifebloom
    • Lauréat : Lifebloom
      Lifebloom développe une unité de marche innovante pour la rééducation neurologique. Elle associe fauteuil, exosquelette et plateforme, permettant aux patients de retrouver une marche autonome sans allonger le temps de rééducation.

    3. Transition énergétique

    • Partenaire : Engie Solutions
    • Les trois finalistes : Éco Synergie, Eisox Smart Building Solutions, Novair
    • Lauréat : Novair
      Novair propose des générateurs d’oxygène sur site, sans compresseur, pour une production autonome et ultra pure. Plus besoin de livraison, moins de coûts, plus de sécurité.

    4. Bloc opératoire de demain

    • Partenaire : Medtronic
    • Les trois finalistes : HAPO Effortless, Magnitude Surgical – T.O.M., Surgar – U-SurgAR
    • Lauréat : Surgar – U-SurgAR
      Surgar utilise la réalité augmentée pour améliorer la visibilité des chirurgiens. Le logiciel crée un jumeau numérique du patient, affichant l’anatomie interne pendant l’intervention.

    5. Gestion, usage et protection des données de santé

    • Partenaire : Agence de l’innovation en santé
    • Les trois finalistes : e-Astreinte, Alia Santé, Sclépios IA
    • Lauréat : Sclépios IA
      Sclépios IA automatise la cotation des actes médicaux et améliore la qualité des dossiers patients. L’outil sécurise la facturation et évite les erreurs, notamment aux urgences.

    6. Bien-vieillir

    • Partenaire : Centre d’Innovation et d’Usages en Santé
    • Les trois finalistes : Citana – Anamnèse, Life Plus – Dona Care, HRV Simulation – Cycléo
    • Lauréat : HRV Simulation – Cycléo
      Cottos Medical propose Cycléo, un vélo interactif qui stimule l’activité physique adaptée grâce à des jeux vidéo, pour maintenir les capacités motrices et cognitives des seniors.

    7. Médecine de demain

    • Partenaire : Novartis
    • Les trois finalistes : Biomérieux, RDS – MultiSense, Klineo
    • Lauréat : Klineo
      Klineo facilite l’accès aux essais cliniques en oncologie. Sa plateforme met en relation patients et médecins avec les essais adaptés à leur profil médical.

    8. Approvisionnement et logistique

    • Partenaire : RESAH
    • Les trois finalistes : Optiale, Where It, Optacare
    • Lauréat : Optacare
      Optacare utilise l’intelligence artificielle pour anticiper les ruptures de stock en pharmacie hospitalière. La solution réduit les coûts de stockage et sécurise l’approvisionnement.

    9. Aide et performance diagnostique

    • Partenaire : Roche Diagnostics
    • Les trois finalistes : Dalia Care, Virtuosis AI, MSInsight – MSIcare
    • Lauréat : MSInsight – MSIcare
      MSInsight propose un logiciel d’aide à l’interprétation des données génomiques pour les oncologues. Il détecte le biomarqueur MSI, facilitant le diagnostic et l’accès à des traitements personnalisés.

    10. Prévention et responsabilité populationnelle

    • Partenaire : Roche Diagnostics
    • Les trois finalistes : Inn’pulse, KanopyMed, Depist&vous
    • Lauréat : Depist&vous
      Depist&vous est une plateforme digitale qui guide les utilisateurs dans leur parcours de dépistage, avec des recommandations personnalisées et des ateliers de prévention

     

  • SantExpo 2025 : IA à l’hôpital – du projet pilote à la stratégie d’établissement

    Recherche, soins, stratégie : une structuration progressive des usages de l’IA

    Il y a deux ans encore, les projets IA étaient souvent impulsés par des médecins pionniers, portés par l’envie d’innover. Aujourd’hui, ce sont les directions générales qui s’emparent du sujet. La question n’est plus « peut-on tester ? » mais bien « comment structurer et intégrer intelligemment l’IA au service de la stratégie de l’établissement ? » Guillaume Couillard résume cette évolution : « Nous avons identifié deux axes : la recherche en santé mentale, foisonnante mais exigeant une robustesse scientifique, et les outils cliniques destinés à améliorer la vie des soignants et la prise en charge des patients. » Son établissement a ainsi mis en place une gouvernance ad hoc, associant médecins, administratifs, direction des achats et comité scientifique, pour évaluer la pertinence des projets et garantir un cadre éthique.

    Table ronde animée par Care Insight à Santexpo, réunissant des hôpitaux pionniers en matière d’IA appliquée aux soins : le GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences (Dr Guillaume Couillard), l’Hôpital Foch (Alexandre Drezet), le Groupement des Hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille – GHICL (Dr Arnaud Hansske), et Roche Diagnostics (David Pellegrin), partenaire de nombreuses collaborations public-privé en santé numérique.

    À Foch, l’IA se déploie à condition d’être discutée, encadrée et adaptée au soin

    Alexandre Drezet souligne un enjeu : la confrontation à l’usage. « Des outils de génération automatique de comptes rendus ou d’aide à la planification ont été testés. Les promesses étaient fortes, mais le paramétrage initial et les limites relationnelles humaines – que l’IA ne remplace pas – freinent parfois la valeur ajoutée. » Face à ces constats, l’Hôpital Foch a adopté une démarche itérative : des tests encadrés, une charte d’utilisation votée en instances, et un accompagnement des professionnels. « Il faut créer des espaces de discussion continue pour ne pas se laisser aveugler par la nouveauté, mais aussi pour former, partager les retours d’expérience – y compris sur les échecs – et structurer l’adoption, » insiste-t-il.

    Au GHICL, l’innovation s’organise chaque mercredi autour des besoins du terrain

    Le GHICL s’est illustré par une organisation singulièrement rigoureuse. Arnaud Hansske décrit un modèle où les mercredis matins sont sanctuarisés pour l’innovation, avec un comité réunissant soignants, médecins, administratifs. « Tout projet doit répondre à un besoin exprimé du terrain. Nous l’instruisons collectivement, et testons aussi bien de nouveaux outils que de nouvelles organisations. » Certains projets sont passés en routine – par exemple dans la chirurgie robotique ou la détection assistée en imagerie – avec un pilotage axé sur la qualité, le gain de temps et l’acceptabilité. Une gouvernance décisionnelle a été formée, y compris le comité de direction, pour intégrer pleinement l’IA dans la feuille de route stratégique.

    Interopérabilité, impact, gouvernance : les trois conditions pour déployer l’IA en établissement

    Du côté industriel, David Pellegrin rappelle que l’IA se joue à trois niveaux : conception (recherche hospitalière), industrialisation (interopérabilité, normes CE), et mise sur le marché (expérimentation, retour sur investissement). Roche, par exemple, accompagne les hôpitaux dans la validation scientifique des modèles, leur portage réglementaire, et la mesure de leur impact médico-économique. L’IA ouvre des perspectives fortes, notamment en prévention personnalisée et en diagnostic prédictif. Mais sa valeur ne se concrétise que si les données sont accessibles, sécurisées, et produites dans une logique de qualité. « L’évaluation est clé : ce n’est pas seulement une question de budget, mais de bonne allocation des ressources humaines et de pertinence clinique, » conclut-il.Cette table ronde a mis en lumière un tournant décisif : l’IA en santé ne doit plus être abordée comme une expérimentation isolée, mais comme un levier structurant au service de la transformation des établissements. Une IA bien déployée, c’est une IA utile, éthique, alignée avec les besoins métiers et intégrée à une gouvernance claire. La maturité organisationnelle fera la différence entre une promesse technologique et une révolution concrète.

  • SantExpo 2025 : Value-Based Procurement – vers un nouveau pacte entre hôpital et industrie

    Animée par Sandrine Degos (Care Insight), cette table ronde organisée par le Fonds FHF a mis en lumière une transformation attendue des achats hospitaliers : le Value-Based Procurement (VBP). Objectif : acheter non pas au moindre coût, mais à la meilleure valeur pour le patient. Un enjeu de culture, de méthode… et de collaboration.

    « Plus le patient va bien, plus on paye cher. C’est contre-intuitif, mais porteur de sens. » — Dr Virginie Luce-Garnier, AP-HP

    Du prix à la valeur : un changement culturel profond

    Le VBP place le résultat de santé au cœur de la commande publique. Pour le Dr Luce-Garnier, cette approche renverse les logiques traditionnelles : on ne rémunère plus le volume, mais la pertinence des soins. L’objectif est de faire converger les intérêts des hôpitaux, des soignants, des industriels… et surtout, des patients.

    Le modèle Resah : une approche pragmatique en trois temps

    Louis Potel (Resah) a détaillé un modèle d’expérimentation « dégradé mais réaliste », structuré en trois cycles : Une logique cyclique permet aux industriels non sélectionnés de réintégrer le processus après avoir amélioré leurs solutions.

    • Phase 0 : Appel d’offres sur dossier, avec sélection selon la promesse de valeur.
    • Phase 1 : Évaluation en vie réelle, via la collecte de données de résultats (PROMs) dans des établissements pilotes.
    • Phase 2 : Attribution du marché final, aux fournisseurs ayant démontré une amélioration tangible des résultats de santé.

    Côté industriels : une maturité hétérogène, un besoin d’accompagnement

    Natacha Cormorant (SNITEM / W. L. Gore) a rappelé que 93 % des entreprises du dispositif médical sont des PME. Si l’intérêt est réel, les capacités d’engagement varient : acculturation, indicateurs, temps d’évaluation… tout cela suppose un soutien renforcé. Des solutions émergent : privilégier des indicateurs déjà disponibles dans le PMSI, réduire la charge des établissements, et simplifier le monitoring. « Il faut éviter que ce nouveau modèle ne profite qu’aux grands groupes. Nous défendons une montée en compétence collective, au service d’un accès équitable à l’innovation. »

    Données de santé : un bien stratégique à partager

    Le modèle VBP s’appuie sur une donnée qualifiée, mesurée, partagée. Pour la Dr Luce-Garnier : « La donnée vaut de l’or. Elle est au cœur du système, mais son coût et sa valeur doivent être répartis entre les acteurs. » L’enjeu est double : faire du recueil un outil clinique utile, et organiser une gouvernance éthique et équitable de la donnée.

    En résumé : 5 points à retenir

    • Changer de logique : on n’achète plus « moins cher », on achète « plus utile ».
    • Tester, mesurer, itérer : un modèle en cycles, basé sur des résultats en vie réelle.
    • Impliquer les PME : accompagner la transition industrielle avec équité.
    • Faire parler les données : définir des indicateurs pertinents, accessibles et partagés.
    • Avancer ensemble : acheteurs, cliniciens, industriels et établissements doivent co-construire ce nouveau cadre.

    Prochaine étape : un appel d’offres pilote envisagé d’ici fin 2025

    • Thématique pressentie : chirurgie de la cataracte.
    • En concertation avec les établissements volontaires et les industriels engagés.
  • SantExpo 2025 : « Une première collaboration extrêmement positive », retex de la collaboration entre Heva et le CHU de Nancy

    Une étude sur le vaccin grippe, de l’analyse populationnelle à la donnée clinique

    Cette session a permis de mettre en lumière un retour d’expérience concret sur la mise en place et l’exploitation d’un entrepôt de données de santé (EDS) hospitalier. Ce retour terrain, issu de la collaboration entre le CHU de Nantes et Heva (filiale de La Poste Santé & Autonomie), s’est structuré autour d’un projet de recherche appliquée sur les hospitalisations liées à la grippe chez les personnes âgées. Il illustre de manière exemplaire comment structurer une demande de données hospitalières, conduire une étude de faisabilité rigoureuse et dégager des résultats exploitables dans une logique de santé publique.

    Le projet présenté prolonge une première étude menée par Heva sur l’efficacité du vaccin antigrippal haute dose (HD) par rapport à la version standard (SD). Cette étude, réalisée sur plus de huit millions de personnes à partir des données du SNDS, avait montré une efficacité vaccinale supérieure du HD, avec une réduction significative des hospitalisations liées à la grippe. Pour aller plus loin et renforcer la robustesse scientifique des résultats, Heva a souhaité valider ses hypothèses sur un entrepôt hospitalier, en croisant les diagnostics issus du PMSI avec des données cliniques disponibles dans le système d’information interne du CHU.

    Une méthodologie rigoureuse portée par le CHU de Nantes

    Anne-Sophie Le Bonniec, chargée de la valorisation des données au CHU de Nantes, a exposé le processus structuré mis en place par l’établissement pour répondre à ce type de sollicitation. Le processus débute par une étude de faisabilité associant experts cliniques, data scientists, épidémiologistes et ingénieurs en santé publique. Cette première étape permet de clarifier la demande, de vérifier la disponibilité des données dans l’EDS et d’évaluer les capacités techniques à y répondre dans un calendrier raisonnable. Dans le cas de cette étude grippe, le CHU a pu instruire la demande en environ six semaines. La faisabilité portait sur l’identification, à partir de l’entrepôt, des patients de plus de 65 ans hospitalisés pour grippe entre 2021 et 2024, en croisant le diagnostic PMSI avec des données biologiques (tests PCR ou tests rapides), ainsi que le statut vaccinal récupéré par text mining dans les comptes rendus.

    Au terme de cette analyse, 497 patients ont été inclus dans la cohorte. Les résultats ont montré que, sur les 1 523 séjours initialement repérés, les deux tiers ont été exclus pour âge ou absence de consentement. Ce travail a permis de valider en vie réelle le diagnostic de grippe hospitalière à partir de données hospitalières enrichies, démontrant l’intérêt de coupler PMSI, biologie et comptes rendus dans une logique d’analyse épidémiologique.

    Une démarche collaborative au bénéfice de l’efficacité :

    Pour le CHU de Nantes, cette première collaboration avec un partenaire industriel a été jugée très positive. Anne-Sophie Le Bonniec a souligné l’importance des études de faisabilité dans le cadre d’une relation partenariale. Elles permettent, selon elle, de mieux cadrer les projets, de sécuriser les engagements réglementaires et budgétaires, et d’optimiser l’adéquation entre la demande industrielle et la réalité des données hospitalières. Elle a également insisté sur la nécessité de bien formuler la question initiale, condition essentielle à l’efficacité du processus.

    Du côté de Heva, Fanny Raguideau a partagé le même enthousiasme, en saluant la qualité du dialogue, la structuration du processus et la perspective d’aller plus loin. Elle a évoqué l’intérêt croissant des industriels pour les données hospitalières, tout en rappelant les points de vigilance récurrents : qualité des données, délais de traitement, contraintes budgétaires. Elle a également insisté sur l’importance de se projeter vers des collaborations multicentriques et l’exploitation de données issues d’autres sources, comme les biocollections ou les data catalogues.

    Une illustration concrète de la valorisation maîtrisée des EDS :

    Cette session a donc permis d’illustrer concrètement comment un CHU peut structurer une gouvernance de la donnée à des fins de recherche, tout en s’inscrivant dans une logique d’innovation ouverte, rigoureuse et maîtrisée. Elle confirme que les entrepôts de données hospitaliers, lorsqu’ils sont bien encadrés, peuvent devenir des leviers puissants pour produire de la connaissance, nourrir des évaluations médico-économiques et accompagner des stratégies de santé publique.