Lors de la conférence “L’IA au service de l’efficience à l’hôpital : des cas d’usage avec de l’impact“, du 21 mai à SantExpo, plusieurs intervenants ont échangé sur les bénéfices de l’IA Parmi les intervenants figuraient Nasser Amani, Directeur des Services Numériques du Territoire et de l’Ingenierie biomédicale chez Les Hôpitaux Nord-Ouest, Louisse Beyssant travaillant pour Lifen, Jean Christophe Calvo, Chef du Département territorial de la Transformation Numérique et de l’Ingénierie Biomédicale, Olivier Croissant directeur adjoint chez Pulsy, et Dorothée Moisy-Gouarin directrice adjoint chez ELSAN.
L’IA, une réponse au déficit hospitalier de 1 milliard en 2024
Les hôpitaux français font face à une crise financière majeure, avec un déficit de 1 milliard d’euros pour les CHU en 2024 et un quart des hôpitaux privés en déficit. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) émerge comme une solution. Elle n’est plus un simple espoir, mais une réalité déjà intégrée dans certains établissements par exemple l’IA, combinée à des outils comme le RPA (Robotic Process Automation), booste l’efficacité des processus. Cependant, la digitalisation est indispensable pour son déploiement car les IA ont besoin de données structurées et accessibles. Les solutions d’IA en location facilitent les expérimentations. Les hôpitaux peuvent ainsi tester sans investir massivement. L’objectif : réduire les coûts tout en améliorant les soins.
95 % d’appels évités grâce à Ambulys et à la digitalisation
Des outils comme Ambulys permettent d’éviter 95 % des appels de suivi post-hospitalisation. Cela libère du temps pour les soignants. De même, Lyfen digitalise les comptes rendus, économisant ainsi papier et heures de travail. La digitalisation est un prérequis pour exploiter pleinement l’IA. Chez Elsan, un comité de pilotage teste des solutions adaptées aux besoins du terrain. Si les résultats sont concluants, elles sont déployées à grande échelle. Dans les Hôpitaux du Nord-Ouest, l’IA soutient la logistique via des drones, ces derniers transportent des prélèvements biologiques entre établissements. Le passage à l’échelle reste un défi, les solutions doivent s’appliquer partout, y compris hors des CHU, pour inclure les médecins libéraux limités à une vingtaine de patients par jour.
L’IA augmente l’humain, sans le remplacer
L’IA ne remplace pas les soignants, elle les augmente. D’une part l’IA manque d’intuition et de capacité à contextualiser la souffrance d’autre part les professionnels de santé restent décisionnaires Leur rôle est de se concentrer sur le soin et de vérifier les conclusions du système expert, tandis que l’IA gère les tâches répétitives. L’éthique et l’arbitrage humain demeurent irremplaçables. L’innovation managériale est aussi nécessaire pour intégrer ces technologies, par exemple les infirmières, filtrent les appels pour prioriser les urgences, L’IA soutient ce tri, mais ne décide pas.
30 000 euros pour un GPU : le défi du financement de l’IA
Le financement de l’IA pose un défi majeur. Un GPU, essentiel pour faire fonctionner ces technologies, coûte 30 000 euros, un investissement lourd pour un hôpital, sans compter les problématiques énergétiques et de sécurité des données. Le CHU de Nancy a construit son propre datacenter pour garantir sa souveraineté numérique, le projet a été soutenu par la région Grand Est sans quoi le projet n’aurait pas pu être réaliser. Les hôpitaux doivent se tourner vers des financements extérieurs pour trouver les fonds nécessaires à leur politique d’innovation, cela peut-être les régions comme dans le cas du CHU de Nancy mais aussi le ministère de la santé ou les ARS.




