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  • Au CHU de Nancy, la puissance publique au secours des hôpitaux pour le financement de l’IA

    Lors de la conférence “L’IA au service de l’efficience à l’hôpital : des cas d’usage avec de l’impact“, du 21 mai à SantExpo, plusieurs intervenants ont échangé sur les bénéfices de l’IA Parmi les intervenants figuraient Nasser Amani, Directeur des Services Numériques du Territoire et de l’Ingenierie biomédicale chez Les Hôpitaux Nord-Ouest, Louisse Beyssant travaillant pour Lifen, Jean Christophe Calvo, Chef du Département territorial de la Transformation Numérique et de l’Ingénierie Biomédicale, Olivier Croissant directeur adjoint chez Pulsy, et Dorothée Moisy-Gouarin directrice adjoint chez ELSAN.

    L’IA, une réponse au déficit hospitalier de 1 milliard en 2024

    Les hôpitaux français font face à une crise financière majeure, avec un déficit de 1 milliard d’euros pour les CHU en 2024 et un quart des hôpitaux privés en déficit. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) émerge comme une solution. Elle n’est plus un simple espoir, mais une réalité déjà intégrée dans certains établissements par exemple l’IA, combinée à des outils comme le RPA (Robotic Process Automation), booste l’efficacité des processus. Cependant, la digitalisation est indispensable pour son déploiement car les IA ont besoin de données structurées et accessibles. Les solutions d’IA en location facilitent les expérimentations. Les hôpitaux peuvent ainsi tester sans investir massivement. L’objectif : réduire les coûts tout en améliorant les soins.

    95 % d’appels évités grâce à Ambulys et à la digitalisation

    Des outils comme Ambulys permettent d’éviter 95 % des appels de suivi post-hospitalisation. Cela libère du temps pour les soignants. De même, Lyfen digitalise les comptes rendus, économisant ainsi papier et heures de travail. La digitalisation est un prérequis pour exploiter pleinement l’IA. Chez Elsan, un comité de pilotage teste des solutions adaptées aux besoins du terrain. Si les résultats sont concluants, elles sont déployées à grande échelle. Dans les Hôpitaux du Nord-Ouest, l’IA soutient la logistique via des drones, ces derniers transportent des prélèvements biologiques entre établissements. Le passage à l’échelle reste un défi, les solutions doivent s’appliquer partout, y compris hors des CHU, pour inclure les médecins libéraux limités à une vingtaine de patients par jour.

    L’IA augmente l’humain, sans le remplacer

    L’IA ne remplace pas les soignants, elle les augmente. D’une part l’IA manque d’intuition et de capacité à contextualiser la souffrance d’autre part les professionnels de santé restent décisionnaires Leur rôle est de se concentrer sur le soin et de vérifier les conclusions du système expert, tandis que l’IA gère les tâches répétitives. L’éthique et l’arbitrage humain demeurent irremplaçables. L’innovation managériale est aussi nécessaire pour intégrer ces technologies, par exemple les infirmières, filtrent les appels pour prioriser les urgences, L’IA soutient ce tri, mais ne décide pas.

    30 000 euros pour un GPU : le défi du financement de l’IA

    Le financement de l’IA pose un défi majeur. Un GPU, essentiel pour faire fonctionner ces technologies, coûte 30 000 euros, un investissement lourd pour un hôpital, sans compter les problématiques énergétiques et de sécurité des données. Le CHU de Nancy a construit son propre datacenter pour garantir sa souveraineté numérique, le projet a été soutenu par la région Grand Est sans quoi le projet n’aurait pas pu être réaliser. Les hôpitaux doivent se tourner vers des financements extérieurs pour trouver les fonds nécessaires à leur politique d’innovation, cela peut-être les régions comme dans le cas du CHU de Nancy mais aussi le ministère de la santé ou les ARS. 

  • Fertilité masculine : 2 M$ pour la plateforme d’IA portable d’Illumicell AI

    La start-up helvético-américaine Illumicell AI a obtenu 2 millions de dollars en financement pré-amorçage pour développer une solution portable d’intelligence artificielle pour le diagnostic de la fertilité masculine. Parmi les investisseurs figurent KOFA Healthcare (États-Unis), le Harvard Phoenix Venture Fund, MedTechSyndicates (Suisse) et le Dr Jeremy Teoh (Hong Kong).

    Infertilité masculine : un enjeu mondial

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

    • 186 millions de personnes souffrent d’infertilité dans le monde, incluant environ 48 millions de couples.
    • 55 millions d’hommes sont affectés, soit un taux de 1 354,76 pour 100 000 individus.
    • Aux États-Unis, environ 9 % des hommes âgés de 15 à 44 ans rencontrent des problèmes de fertilité.
    • En Europe, la prévalence est estimée à 7,5 %, avec des variations selon les pays et méthodologies.

    Limites des méthodes traditionnelles

    Le diagnostic in vitro classique repose sur l’analyse du sperme en laboratoire, mais :

    • Le coût moyen d’un spermogramme varie entre 100 et 300 euros, avec un délai de plusieurs jours pour les résultats.
    • L’accès est restreint par la nécessité d’équipements spécialisés et de personnel qualifié, surtout en zones rurales ou pays à ressources limitées.
    • Les tests standards ne détectent pas les causes moléculaires, immunologiques ou génétiques, présentes dans près de 50 % des cas d’infertilité.
    • La variabilité inter-laboratoire élevée (20 à 30 %) compromet la fiabilité du diagnostic.

    Une innovation technologique portable

    Illumicell AI a conçu une plateforme intégrée comprenant :

    • Un scanner portable compact (15 × 10 × 5 cm), adapté aux environnements cliniques et décentralisés.
    • Une intelligence artificielle en temps réel, analysant en quelques minutes la morphologie cellulaire et les biomarqueurs.
    • Une base de données de plus de 400 000 points de données sur la santé reproductive masculine, alimentant et améliorant en continu la performance des algorithmes.

    Premiers résultats cliniques prometteurs

    Entre fin 2023 et début 2025, les essais cliniques menés avec des centres hospitaliers universitaires en Suisse et aux États-Unis ont révélé :

    • 95 % : taux de concordance avec les spermogrammes conventionnels, supérieur aux systèmes automatisés (85-90 %) selon une étude interne Illumicell AI (2024)
    • < 10 minutes : temps moyen d’analyse pour un diagnostic complet, contre plusieurs heures à jours avec les méthodes traditionnelles
    • +15 % : sensibilité accrue dans la détection d’anomalies cellulaires subtiles, d’après une étude multicentrique en cours (2024-2025)

    Ces résultats préliminaires prometteurs, issus d’études cliniques conduites en collaboration avec des centres hospitaliers universitaires en Suisse et aux États-Unis, sont en cours de validation pour une soumission réglementaire prévue auprès de la FDA en 2026.

     

  • Maroc : réforme et investissement pour la digitalisation au service de l’intégration territoriale

    Le Maroc se lance dans une réforme d’envergure de son système de santé, avec pour objectif de surmonter les importantes disparités économiques territoriales. Portée par une volonté politique affirmée, cette transformation s’appuie sur des structures comme la Haute Autorité de la Santé et les Groupements Sanitaires Territoriaux, et des investissements importants comme le Plan Santé 2025. Cet article explore les enjeux, les progrès et les défis de cette mutation, de la gouvernance à la cybersécurité, en passant par l’innovation technologique.

    📌 Maroc : une réforme ambitieuse du système de santé face aux inégalités territoriales

    Le Maroc s’engage dans une réforme majeure de son système de santé, porté par une volonté politique forte et des structures comme la Haute Autorité de la Santé et les Groupements Sanitaires Territoriaux pour réduire les inégalités territoriales. Les dépenses de santé représentent 6 % du PIB, mais 66,1 % proviennent des ménages, tandis que le reste à charge reste élevé malgré l’Assurance Maladie Obligatoire (70-90 % de remboursement). Avec seulement 0,68 médecin pour 1 000 habitants, loin des normes de l’OMS, et une forte concentration des professionnels dans les zones urbaines, les déserts médicaux persistent. Cependant, des progrès notables sont enregistrés, comme la réduction de la mortalité maternelle (-78,1 %) et infantile (-65 %).

    👉 H&TI décrit le contexte de la santé au Maroc ici.

    📌 Santé numérique au Maroc : entre avancées législatives et défis persistants de cybersécurité

    Depuis la Loi 09-08 de 2009 encadrant la protection des données personnelles, jusqu’à la récente Loi 06-22 imposant la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, le Maroc a posé les bases légales de la santé numérique. La Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données (CNDP) joue un rôle clé dans la sensibilisation et la conformité, avec des sanctions pouvant atteindre 2 ans de prison et 300 000 dirhams d’amende. Malgré ces avancées, l’absence de standards techniques précis expose les établissements à des risques majeurs de cybersécurité, tandis que l’interopérabilité reste difficile à mettre en œuvre. L’adoption de normes internationales et un cadre légal renforcé sont indispensables pour sécuriser la digitalisation croissante du secteur.

    👉 H&TI dresse l’évolution de réglementaire de la santé numérique au Maroc ici

    📌 Maroc : 150 millions d’euros et 125 mesures pour digitaliser 80 hôpitaux d’ici 2027

    Le Maroc accélère la modernisation de son système de santé avec le Plan Santé 2025, qui regroupe 125 mesures et un budget de 150 millions d’euros pour digitaliser 80 hôpitaux publics d’ici 2027 via le programme e-Himaya, déjà actif dans une trentaine d’établissements. La santé numérique, renforcée par une convention multisectorielle, vise à pallier les inégalités d’accès et à gérer l’augmentation des assurés, passés de 7,5 à 23,2 millions sous la CNSS. Des outils comme le Dossier Médical Partagé et la Feuille de Soins Électronique favorisent l’interopérabilité et réduisent les coûts. Malgré des défis comme la pénurie de personnel (1,51 agents pour 1 000 habitants), le royaume mise sur la télémédecine et la gouvernance des données pour généraliser la couverture sanitaire.

    👉 H&TI détaille la stratégie nationale du Maroc pour la santé numérique ici.

    📌Orange, Cegedim et 6 autres entreprises françaises pour numériser le système de santé Marocain.

    Huit entreprises françaises du numérique en santé, dont Orange, Cegedim et Numih France (anciennement MipihSIB), s’implantent au Maroc pour moderniser le système de soins. Orange, via DabaDoc, domine la prise de rendez-vous en ligne, tandis que Cegedim emploie 400 collaborateurs à Rabat pour le développement logiciel. Hopimedical soutient la télémédecine en zones rurales et Numih France collabore avec la Fondation Mohammed VI pour des systèmes hospitaliers interconnectés. Ces initiatives, appuyées par des stratégies nationales comme Maroc Digital 2020, visent à réduire les inégalités d’accès aux soins.

    👉 H&TI analyse l’implémentation des entreprises françaises de santé numérique au Maroc ici.

    Visuel de synthèse de l’étude santé numérique au Maroc @HTI
  • Orange, Numih France et Cegedim parmi les 8 entreprises du numérique en santé présentes au Maroc

    Une implantation par paliers

    En quête d’une modernisation de son système de santé, le Maroc attire de plus en plus d’entreprises françaises du numérique en santé. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large de diplomatie sanitaire, soutenue par des structures comme Business France, la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) et le Club Santé Maroc. L’implantation des entreprises françaises dans le royaume suit plusieurs logiques : la création de filiales locales, les partenariats avec des institutions publiques ou privées marocaines, et la réponse à des appels à projets publics dans le cadre des stratégies nationales marocaines (e-Maroc, Maroc Digital 2020, stratégie santé 2025). Cette stratification des présences permet de classer les entreprises selon trois niveaux d’implantation :

    • un premier niveau qui concerne les entreprises qui sont présentes de manière ponctuelle ou possèdent des partenariats en cours de développement dans le pays (niveau 1) ;
    • un deuxième niveau qui concerne les acteurs privés du numérique en santé qui ont une activité opérationnelle ou des partenariats actifs au sein du Royaume (niveau 2) ;
    • un dernier niveau qui concerne les entités qui ont une présence locale forte au Maroc, comme une filiale, un siège, ou des projets structurants (niveau 3).

    3 entreprises sont implantées fortement dans le paysage du numérique en santé marocain :

    Parmi les entreprises françaises les plus solidement implantées au Maroc, trois acteurs se distinguent par une présence locale forte, conjuguée à des projets stratégiques et une insertion durable dans l’écosystème santé du royaume. Leur implantation repose sur une stratégie de long terme, conjuguant investissement humain, technologique et partenarial.

    Orange Middle East and Africa, en alliance avec AXA Assurance Maroc, a acquis une participation majoritaire dans DabaDoc, start-up marocaine pionnière dans la prise de rendez-vous médicaux en ligne. Cette intégration permet non seulement une montée en puissance du numérique en santé au Maroc, mais positionne DabaDoc comme plateforme de référence dans toute l’Afrique. De son côté, Cegedim, présente à Rabat depuis 2008, a renforcé ses effectifs locaux jusqu’à atteindre près de 400 collaborateurs, répartis entre développement logiciel, gestion de données de santé et support opérationnel. Highkaw, enfin, filiale du groupe lyonnais Axeltim, s’est spécialisée dans les parcours patients numérisés et dans l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers. Avec une implantation active à Rabat, elle déploie des solutions adaptées aux besoins spécifiques des établissements marocains, entre efficience des soins et optimisation des flux patients.

    Des partenariats solides pour un ancrage ciblé dans l’écosystème marocain :

    Un second groupe d’entreprises françaises a opté pour une approche plus ciblée, basée sur des partenariats stratégiques avec des institutions publiques marocaines ou des acteurs du secteur privé. Sans disposer nécessairement d’une présence physique permanente, ces entreprises s’engagent dans des projets bien délimités, souvent en soutien à des politiques publiques marocaines de santé numérique.

    C’est le cas d’Hopimedical, entreprise française spécialisée dans la télémédecine, qui a été sélectionnée dans le cadre du programme national marocain de télémédecine. Celui-ci vise à réduire les inégalités d’accès aux soins en zones rurales ou enclavées, en s’appuyant sur les grands plans de connectivité du royaume (e-Maroc 2010, Maroc Digital 2020, stratégie santé 2025). La solution d’Hopimedical permet une prise en charge à distance respectant les standards de confidentialité des données et de traçabilité, facilitant l’interopérabilité avec les systèmes hospitaliers locaux.

    Sur le plan de la sécurité, Nucleon Security s’impose comme un acteur français de référence en cybersécurité des données sensibles. Son partenariat avec Maroc Datacenter vise à doter les infrastructures numériques de santé d’une couche de protection souveraine, dans un contexte de sensibilité accrue à la cybersécurité médicale. Enfin, MipihSIB, devenu récemment Numih France, poursuit une coopération active avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé. Cette collaboration porte sur la modernisation des systèmes d’information hospitaliers dans plusieurs établissements du pays, avec une ambition de créer un réseau numérique hospitalier cohérent, sûr et interopérable à l’échelle nationale.

    2 entités en cours d’implantation :

    Enfin, certaines entreprises françaises sont en phase de prospection ou d’amorce de leurs activités au Maroc. Medtrucks, start-up franco-marocaine fondée en 2016, a conçu un projet novateur de camions de dialyse mobile pour améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales du Maroc, ciblant les déserts médicaux et les patients atteints d’insuffisance rénale. Ces unités mobiles, intégrant soins et télémédecine, ont été déployées dans le cadre d’un projet pilote ambitieux. Toutefois, confrontée à des difficultés de financement et à une certaine inertie institutionnelle, Medtrucks a par la suite réorienté ses activités vers la France, en se concentrant sur la cartographie des déserts médicaux et le développement d’outils d’aide à la planification de soins.

    C’est aussi le cas d’Alaxione, spécialisée dans la gestion des rendez-vous et l’optimisation du parcours patient, qui a entamé des discussions avec des distributeurs et établissements de soins marocains, sans implantation formelle à ce jour. Ce niveau reflète l’intérêt croissant du marché marocain, mais aussi les obstacles logistiques, réglementaires ou concurrentiels encore présents pour certains acteurs.

    Cartographie des entreprises du numérique au numérique en santé présents au Maroc

    L’implantation des entreprises françaises du numérique en santé au Maroc est dynamique mais hétérogène. Elle reflète à la fois les priorités sanitaires marocaines, les stratégies d’internationalisation françaises, et les opportunités croissantes d’un marché africain en mutation. Le futur sommet GITEX Future Health Africa prévu à Marrakech en 2026 pourrait offrir un accélérateur d’intégration pour ces acteurs, et une vitrine de l’innovation e-santé franco-marocaine.

    Voici la cartographie des entreprises du numérique au numérique en santé présents au Maroc :

    Cartographie des entreprises du numérique au numérique en santé présents au Maroc
    Cartographie des entreprises du numérique au numérique en santé présents au Maroc
  • De la loi 09-08 à la cybersécurité : Le parcours de la santé numérique marocaine

    La réglementation de la santé numérique au Maroc repose principalement sur la Loi n°09-08, promulguée en 2009, qui encadre la protection des données personnelles, y compris les données de santé. Ces dernières, considérées comme sensibles, bénéficient d’une protection renforcée en raison de leur lien avec la vie privée, un droit garanti par l’article 24 de la Constitution marocaine. Selon cette loi, le traitement des données de santé nécessite le consentement explicite, libre et informé de la personne concernée, sauf dans des cas spécifiques comme la médecine préventive ou la gestion des soins. De plus, une autorisation préalable de la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP) est généralement requise, bien qu’une simple déclaration suffise pour les professionnels de santé soumis au secret professionnel. La loi impose également des obligations d’information claire sur les finalités du traitement et les droits des patients, comme l’accès et la rectification des données. Les sanctions pour non-conformité sont sévères, avec des peines d’emprisonnement de 6 mois à 2 ans et des amendes de 50 000 à 300 000 dirhams (1 euros équivaut à environ 10 dirham). Ce cadre, bien que général, constitue la base de la protection des données dans le secteur de la santé numérique. Cependant, il manque de spécificités techniques pour les systèmes d’information hospitaliers (SIH), ce qui limite son efficacité face aux défis de la digitalisation.

    Évolution récente : la Loi 06-22

    Une avancée dans la réglementation de la santé numérique est marquée par la Loi n°06-22, qui introduit des dispositions spécifiques aux systèmes d’information hospitaliers (SIH). Son article 26 oblige les établissements de santé à disposer de SIH garantissant la confidentialité et la sécurité des données médicales des patients. L’article 27, quant à lui, met l’accent sur l’interopérabilité entre établissements pour faciliter le partage sécurisé des informations et assurer la continuité des soins. Bien que ces mesures représentent un progrès, elles restent trop générales et ne définissent pas de standards techniques précis ni d’obligations d’audit des systèmes. Cette lacune expose les infrastructures numériques de santé à des risques, notamment en termes de cybersécurité. Les experts suggèrent l’adoption de normes internationales comme l’ISO 27799 pour combler ces vides, en proposant des recommandations sur le chiffrement et le contrôle d’accès. La modernisation des infrastructures numériques est en cours, mais un cadre législatif plus contraignant est nécessaire pour garantir la protection des données. La CNDP continue de collaborer avec les acteurs de santé pour renforcer ces aspects.

    Rôle central de la CNDP : sensibilisation et conformité

    La Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP) est un acteur incontournable dans la régulation de la santé numérique au Maroc. Elle organise des conférences et des activités de sensibilisation, comme celle tenue à Tanger en 2022, pour mettre en lumière les enjeux de la protection des données de santé dans un contexte de digitalisation croissante. La CNDP collabore avec divers acteurs, notamment le ministère de la Santé, les CHU et les ordres professionnels, pour élaborer des guides de conformité adaptés à chaque métier, comme celui destiné aux médecins dentistes du secteur privé. Ces guides visent à clarifier les responsabilités des professionnels dans la collecte, le stockage et l’échange des données personnelles. De plus, des partenariats, comme celui signé en 2024 avec la Société Marocaine des Sciences Médicales (SMSM), renforcent l’encadrement de la gestion des informations médicales. La CNDP impose également des mesures de sécurité strictes, telles que le contrôle d’accès et la prévention des intrusions non autorisées dans les systèmes de traitement des données sensibles. Ces initiatives visent à instaurer une culture de conformité et à protéger la confiance des citoyens face aux risques numériques.

    Défis persistants : cybersécurité et interopérabilité

    Malgré les efforts législatifs, la santé numérique au Maroc fait face à des défis majeurs, notamment en matière de cybersécurité et d’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers (SIH). Des solutions comme HOSIX, ENOVA ou DXCARE ont été déployées à l’échelle nationale, mais avec des disparités régionales et sans encadrement technique suffisant. L’absence de standards précis dans la Loi 09-08 et la Loi 06-22 fragilise la sécurité des données médicales, exposant les établissements à des cyberattaques et à des fuites d’informations. Les professionnels, tels que les médecins dentistes, doivent s’assurer que les logiciels utilisés sont sécurisés et que les données ne sont pas hébergées à l’étranger, une tâche complexe sans directives claires. L’interopérabilité, bien que mentionnée dans la Loi 06-22, reste difficile à mettre en œuvre sans protocoles uniformes. Les recommandations internationales, comme l’ISO 27799, pourraient pallier ces insuffisances en offrant des méthodologies pour la gestion des incidents et le chiffrement. Une réglementation plus robuste et des audits réguliers sont essentiels pour garantir la pérennité des services hospitaliers digitalisés et la confiance des patients.

    Perspectives : vers un équilibre entre innovation et protection

    L’avenir de la santé numérique au Maroc repose sur un équilibre délicat entre innovation technologique et protection des données des patients. La transformation numérique des établissements de santé progresse, mais les lacunes réglementaires actuelles freinent une mise en œuvre sécurisée et efficace. Les initiatives de la CNDP, comme l’élaboration de guides spécifiques et les partenariats avec les ordres professionnels, sont des pas dans la bonne direction. Cependant, l’adoption d’un cadre législatif complémentaire intégrant des standards internationaux reste cruciale pour répondre aux enjeux de cybersécurité. Les professionnels de santé, conscients de leurs responsabilités, demandent des outils pratiques pour se conformer aux exigences légales. Le renforcement du rôle des autorités de régulation, comme la CNDP, est également nécessaire pour assurer des audits réguliers et une conformité généralisée. Enfin, la sensibilisation des acteurs et des citoyens aux limites d’usage des données personnelles est un levier pour bâtir la confiance. Le Maroc est sur la voie d’une modernisation numérique en santé, mais des efforts supplémentaires sont indispensables pour garantir la sécurité et l’efficacité des systèmes.

  • Maroc : un système de santé mixte confronté aux défis de l’équité territoriale

    Le système de santé marocain connaît depuis plusieurs années une dynamique de réforme visant à améliorer l’accès aux soins, réduire les inégalités territoriales et renforcer les infrastructures. Cet article fournit une vue d’ensemble factuelle et structurée du système de santé marocain, à jour des principales évolutions et met en lumière les spécificités de son organisation, son financement et ses ressources.

    Un système de santé mixte en pleine réforme

    Le système de santé marocain repose sur une structure mixte articulée autour de deux secteurs principaux : le secteur public piloté par le Ministère de la Santé et de la Protection sociale et un secteur privé en croissance, concentré dans les grandes agglomérations. Les prestataires non lucratifs comme les fondations complètent l’offre dans certains domaines spécifiques.

    Depuis les réformes initiées sous l’impulsion du Roi Mohammed VI en 2024, la gouvernance du système connaît une refonte progressive. La création de la Haute Autorité de la Santé (HAS), autorité indépendante chargée de réguler, d’évaluer les établissements et de superviser l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) marque un tournant. L’objectif est d’ancrer les politiques sanitaires dans une logique d’efficience, de transparence et d’équité.

    Dans une dynamique de régionalisation avancée, le Maroc a également mis en place les Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), structures censées fédérer les établissements de santé au niveau régional pour harmoniser l’offre de soins, améliorer la coordination et répondre aux besoins spécifiques des territoires, notamment en milieu rural.

    Les dépenses de santé représentent 6% du PIB

    Le financement de la santé au Maroc repose sur un modèle mixte. Selon les données de l’OMS (2014), les dépenses de santé représentent environ 5,91 % du PIB. Toutefois, la structure de financement demeure déséquilibrée :

    • 66,1 % des dépenses proviennent du secteur privé essentiellement des ménages (paiements directs) ;
    • Dépenses publiques : seulement 6,03 % des dépenses publiques totales sont consacrées à la santé.

    Le système d’assurance maladie s’est unifié autour de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), qui comprend trois principaux régimes :

    • CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) : salariés du privé ;
    • CMAM (Caisse Marocaine d’Assurance Maladie) : fonction publique et étudiants ;
    • RAMED (Régime d’Assistance Médicale) : populations en situation précaire.

    Depuis 2023, l’ensemble des régimes tend à être gérés par la CNSS pour simplifier les démarches et améliorer la performance. Les remboursements AMO varient de 70 % (ambulatoire) à 90 % (hospitalisation). Néanmoins, le reste à charge des ménages reste élevé (54 %).

    Principaux chiffres clés

    Indicateur (2024) Valeur
    Nombre total de médecins 32 665 (15 452 publics, 17 213 privés)
    Ratio médecin / habitant 1 / 1 156 (OMS recommande 1 / 434)
    Nombre d’hôpitaux publics 155–159
    CHU 5
    Hôpitaux psychiatriques 11 (1 512 lits)
    Cliniques privées 384–439 (environ 14 500 lits)
    Centres de santé primaire publics 2 178 (869 urbains, 1 309 ruraux)
    Nombre total de lits hospitaliers 22 146
    Ratio infirmiers/sages-femmes / hab. 0,84 pour 1 000
    Taux de couverture vaccinale DTC3 99 % (OMS, 2016)
    Espérance de vie (2015) 75,8 ans (77,4 ans femmes, 74,2 ans hommes)

    Des enjeux marqués par une forte disparité entre les territoires et des inégalités d’accès aux soins

    Le Maroc traverse une transition épidémiologique marquée par la prédominance croissante des maladies non transmissibles responsables de 75 % des décès (cancers, maladies métaboliques, cardiovasculaires).

    Par ailleurs, les efforts entrepris depuis les années 1990 ont permis de réduire significativement la mortalité maternelle (-78,1 %) et infantile (-65 %). Toutefois, les inégalités d’accès aux soins entre zones urbaines et rurales combinées à la pénurie de personnel médical (notamment dans les régions périphériques) freinent l’équité du système.

    La densité médicale (0,68 médecins pour 1 000 habitants) reste très inférieure aux normes internationales (OMS : 2,3 pour 1 000). Ce manque structurel est aggravé par une forte concentration des professionnels de santé à Casablanca, Rabat et sur l’axe atlantique accentuant les déserts médicaux ailleurs dans le pays.

    Le secteur privé, mieux doté en équipements et personnel devient de plus en plus attractif, notamment pour les classes moyennes et les expatriés français. À l’image de la France, un mouvement vers une complémentarité entre assurance publique et couverture privée se dessine.

    Enfin, les grandes orientations actuelles visent :

    • la généralisation de la couverture santé ;
    • l’amélioration de la qualité des soins via la digitalisation ;
    • la montée en compétences du capital humain ;
    • la souveraineté pharmaceutique ;
    • l’amélioration de la gouvernance locale avec les GST.

     

  • Fin de vie : la HAS confirme l’impossibilité de définir un pronostic vital individuel « à moyen terme »

    Saisie par le ministère de la Santé, la Haute Autorité de santé conclut à l’absence de consensus médical pour définir un pronostic vital individuel à moyen terme, notion envisagée comme critère d’accès à l’aide à mourir.

    Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la fin de vie, le ministère chargé de la Santé a demandé à la Haute Autorité de santé (HAS) d’éclairer les notions de « pronostic vital engagé à moyen terme » et d’« affection en phase avancée ou terminale », régulièrement évoquées comme critères d’éligibilité à l’aide à mourir. La HAS publie le 6 mai 2025 les résultats d’un travail mené par un groupe pluridisciplinaire s’appuyant sur la littérature scientifique, les législations internationales et des auditions d’experts.

    Absence de définition objective

    Il ressort de cette analyse qu’il est aujourd’hui impossible de définir, avec une certitude suffisante, un pronostic vital à l’échelle individuelle. Aucun outil ou indicateur médical ne permet d’anticiper de manière fiable la durée de vie restante, en raison du caractère évolutif des pathologies, de la diversité des symptômes et de la singularité des parcours de soins. Les instruments utilisés par les professionnels présentent une marge d’erreur importante et ne tiennent pas compte des biais émotionnels ou subjectifs des patients et des soignants. En Europe, aucun pays n’a retenu un critère temporel dans la définition du « moyen terme ». Le Québec, après l’avoir adopté, y a finalement renoncé.

    Une « phase avancée » définie par le parcours de soins

    Concernant la notion de « phase avancée » ou « terminale » d’une maladie incurable, la HAS rappelle qu’elle ne se rapporte pas à l’échéance du décès, mais plutôt au type de prise en charge requis. La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 mentionne cette expression sans la définir précisément. Pour la HAS, elle correspond à l’entrée dans un processus irréversible d’aggravation de l’état de santé, altérant la qualité de vie.

    Vers une logique d’anticipation plutôt que de prédiction

    En conclusion, la HAS indique qu’aucune définition ou critère objectif ne peut actuellement fonder une évaluation individuelle du pronostic vital à moyen terme. Elle préconise, quel que soit le cadre législatif à venir, de privilégier une logique d’anticipation centrée sur la qualité du reste à vivre, plutôt qu’une tentative de prédiction temporelle. Le groupe de travail appelle également à structurer un processus d’accompagnement et de délibération collective, en amont de toute demande d’aide à mourir.

  • HIMSS25 Europe : l’IA, les données et la transformation numérique au cœur des débats à Paris (du 10 au 12 juin 2025)

    Intelligence artificielle, gouvernance des données et santé des femmes : les priorités d’HIMSS25 Europe

    L’événement HIMSS25 Europe, qui se tiendra du 10 au 12 juin 2025 au Palais des Congrès de Paris, mettra l’accent sur trois enjeux structurants pour l’avenir des systèmes de santé européens : l’intelligence artificielle, la gouvernance des données, et la santé des femmes. Organisée par la Healthcare Information and Management Systems Society (HIMSS), cette conférence réunit chaque année décideurs publics, professionnels de santé, industriels et acteurs de l’innovation. Voici les thèmes abordés durant l’événement :

    • Régulation européenne et applications opérationnelles : L’impact des politiques européennes sur les systèmes de santé sera au cœur des discussions, notamment les implications de l’EU AI Act, du Cyber Resilience Act et de l’Espace européen des données de santé (EHDS). Les sessions proposées s’adressent aux responsables d’institutions nationales et régionales, avec un objectif : comprendre les leviers concrets de mise en œuvre de ces cadres réglementaires dans les établissements de santé.
    • IA et technologies immersives : vers des usages cliniques : L’intelligence artificielle fera l’objet de nombreuses interventions centrées sur ses usages concrets : détection précoce des pathologies, réduction des délais de diagnostic, analyse des données massives pour améliorer la prise en charge. Des applications en réalité virtuelle, notamment en pédiatrie, et des outils de gamification seront également présentés aux professionnels de santé, entrepreneurs et stratèges numériques.
    • Données de santé : interopérabilité, éthique et gouvernance : Les questions de gouvernance, de transparence et de sécurité des données seront discutées sous l’angle de la représentativité des jeux de données en IA, de l’interopérabilité entre systèmes et des mécanismes de partage sécurisés. Ces enjeux concernent les responsables informatiques, juristes, data analysts et spécialistes de santé publique.
    • Santé des femmes : visibilité et innovations ciblées : La santé féminine sera abordée sous l’angle des inégalités de diagnostic et de traitement, avec la présentation de technologies spécifiques : outils de dépistage de l’endométriose ou plateformes de suivi thérapeutique en temps réel. Des pistes seront également explorées pour mieux intégrer les professionnelles de santé et patientes dans la conception des dispositifs.
    • Feuille de route vers la maturité numérique : Les modèles de maturité HIMSS serviront de base aux discussions sur les trajectoires de transformation numérique des établissements. Les intervenants partageront leurs retours d’expérience sur l’intégration des infrastructures numériques, l’analyse de données et les soins communautaires. Cette session cible les décideurs et responsables de transformation.
    • Ressources humaines et attractivité des métiers : Face aux tensions sur les effectifs et aux nouvelles attentes des professionnels, les débats porteront sur les politiques de formation, le bien-être au travail et l’adaptation des organisations aux outils numériques. Des solutions pour renforcer l’attractivité des carrières seront détaillées.

    Outre les conférences et keynotes, HIMSS25 proposera des sessions interactives, des démonstrations de technologies validées cliniquement, et des ateliers sur l’interopérabilité et les applications de l’IA. Des représentants de l’OMS, du ministère français de la Santé, d’Amazon Web Services, de GE Healthcare ou encore de l’Université de Cambridge prendront part aux échanges.

    Inscription, programmes et listes des intervenants disponibles sur le site officiel de HIMSS25 Europe.

  • Maroc : 125 mesures, 1,5 milliard de dirhams pour moderniser 80 hôpitaux et structurer l’accès aux soins d’ici 2025

    Inégalités et pénuries poussent à l’innovation numérique

    Portée par le Plan Santé 2025, la réforme du système de santé marocain entend réorganiser l’offre de soins, renforcer la lutte contre les maladies et moderniser la gouvernance. En dépit de certains progrès — hausse de l’espérance de vie, recul des maladies transmissibles —, le secteur reste confronté à des défis structurels : pénurie de professionnels (1,51 agents pour 1 000 habitants), inégalités régionales et croissance rapide du nombre d’assurés. Le recours à la santé numérique s’impose ainsi comme levier pour généraliser l’accès et rationaliser les ressources.

    Le numérique en santé intégré dans la feuille de route

    Depuis 2008, la santé numérique figure dans les stratégies sectorielles du royaume. Son intégration s’est renforcée après la crise sanitaire liée au Covid-19. Le Livre blanc sur la e-santé, coordonné par l’Université Mohammed V de Rabat, formule plusieurs recommandations : généraliser la télémédecine, structurer un système national d’information, adapter le cadre juridique, développer les compétences numériques, promouvoir la culture digitale et assurer l’inclusion des professionnels comme des usagers. Ces orientations rejoignent les priorités d’une stratégie multisectorielle fondée sur la fiabilité des outils, la sécurité des données et une coordination renforcée. L’ensemble s’inscrit dans un contexte régional concurrentiel, où le Maroc cherche à rattraper son retard en matière d’attractivité HealthTech par rapport à l’Égypte ou à la Tunisie.

    @ Health & Tech Intelligence

    Une convention pour interconnecter les systèmes et fluidifier les parcours

    Début 2024, une convention-cadre a été signée entre le ministère de la Santé et de la Protection sociale (MSPS), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Agence du développement du digital (ADD). Elle prévoit une interopérabilité entre le Dossier Médical Partagé (DMP) et la Feuille de Soins Électronique (FSE), grâce à une interface nationale intégrée dans les systèmes d’information publics et privés. Cette mesure accompagne l’élargissement de la base d’assurés gérée par la CNSS, passée de 7,5 à 23,2 millions avec l’intégration des non-salariés. La dématérialisation des soins vise ici à raccourcir les délais, réduire les coûts et limiter les fraudes. Le DMP, en cours de déploiement, cible d’abord médecins et pharmaciens, avant une généralisation aux autres acteurs de soins.

    E-Himaya : un programme pour digitaliser les hôpitaux publics

    Le programme e-Himaya, lancé par le MSPS avec un budget de 1,5 milliard de dirhams, prévoit la digitalisation de 80 hôpitaux d’ici 2027. Déjà en cours dans une trentaine d’établissements, il s’appuie sur des outils numériques pour assurer la traçabilité des actes médicaux, la gestion logistique des ressources et le pilotage en temps réel des performances. Outre la gestion des stocks et des consommables, le programme intègre des dispositifs de qualité et de sécurité, avec automatisation des procédures et tableaux de bord décisionnels. Un volet formation est prévu pour accompagner la montée en compétence des équipes hospitalières. Le programme prévoit aussi une interconnexion avec les autres briques du système d’information, notamment le DMP et la facturation.

    Une réforme structurée autour de 125 mesures

    Le Plan Santé 2025 regroupe 125 actions articulées autour de trois piliers : accès aux soins, lutte contre les pathologies, et gouvernance. Il inclut la création d’agences publiques (santé, médicament, sang), la généralisation de la médecine de famille, le déploiement de la santé mobile, la promotion des génériques, et la mise en œuvre d’un système d’information centralisé, avec un Data Center et un cadre de cybersécurité. Enfin, des réformes touchant les statuts et la formation des professionnels sont prévues, avec l’instauration d’une fonction publique sanitaire et la refonte de la gestion hospitalière. Le Maroc mise sur une convergence entre infrastructure numérique, réforme institutionnelle et gouvernance des données pour soutenir la généralisation de la couverture sanitaire.

  • IA : Un agent vocal pour alléger la gestion téléphonique des cabinets dentaires

    Une réponse technologique à un besoin organisationnel

    Le téléphone reste un point d’entrée central dans les cabinets dentaires. Pourtant, la gestion des appels est souvent source de désorganisation et de surcharge pour les équipes. Pour répondre à cette problématique, DentalCall IA prend en charge les appels entrants, enregistre les messages des patients, les retranscrit de façon synthétique, et les classe automatiquement par typologie : demandes de rendez-vous, urgences, questions administratives, etc. L’ensemble est envoyé au cabinet sous forme de compte rendu structuré par e-mail sécurisé, conformément aux normes HDS.

    Fonctionnalités et avantages pour les professionnels de santé

    Parmi les bénéfices immédiats évoqués :

    • Des retranscriptions claires facilitant l’identification du motif des appels.
    • Une réduction du stress et des interruptions pour les assistantes, qui peuvent se recentrer sur l’accueil physique et l’organisation des soins.
    • Une amélioration perçue du service pour les patients, dont les messages sont systématiquement pris en compte.
    • Une gestion facilitée des rappels grâce aux créneaux horaires laissés par les appelants.
    • La garantie de ne manquer aucun appel, y compris en cas de fermeture ou d’indisponibilité.

    Une collaboration entre experts du numérique et de la voix

    Stéphanie Delestre, fondatrice de Volubile.ai, souligne que cette solution prouve la pertinence des technologies vocales d’IA dans le domaine médical. Xavier Kergall, président de Webdentiste, insiste sur l’impact de cette solution sur l’organisation des cabinets, avec une promesse d’efficacité sans compromettre la qualité de l’accueil.

    Offre de lancement limitée

    Une offre est actuellement proposée aux 200 premiers cabinets inscrits, incluant :

    • Une mise en service garantie sous 3 semaines.
    • Les frais de configuration offerts (valeur de 490 €).
    • Un mois d’essai gratuit (valeur de 149 €).