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  • Cancer colorectal : une IA identifie des biomarqueurs prometteurs pour le diagnostic in vitro

    • 80 % des cancers sont détectés tardivement.
    • 1 patient sur 3 entre 45 et 64 ans échappe au dépistage.
    • Le dépistage précoce pourrait réduire la mortalité de 60 %.

    Données et performances clés de PANDA

    Basée sur plus de 1 000 échantillons (626 patients et 402 témoins), PANDA analyse 240 métabolites avec une précision diagnostique >94 % (AUC = 0,97).

    • Identification précise des stades tumoraux (T) et ganglionnaires (N).
    • Validation par intégration des données TCGA.
    • Suivi de la progression et de la réponse au traitement.

    Un outil multi-omique combinant statistiques avancées et deep learning

    Le cancer colorectal représente la deuxième cause de mortalité par cancer dans le monde, avec près d’un million de décès en 2020 selon l’OMS et Globocan. Malgré les campagnes de sensibilisation, un tiers des personnes âgées de 45 à 64 ans échappent encore au dépistage. Or, la détection précoce pourrait réduire la mortalité de 60 %. Dans ce contexte, l’équipe de recherche de l’Université d’État de l’Ohio a mis au point PANDA (Predictive Analysis via Neural Discriminant Algorithms), une IA dédiée à l’identification automatisée de biomarqueurs métaboliques spécifiques à la pathologie.

    PANDA repose sur une approche intégrée associant l’analyse discriminante par moindres carrés partiels (PLS-DA) et un réseau de neurones artificiels (ANN). L’outil vise à discriminer les profils métaboliques de patients atteints d’un cancer colorectal par rapport à des témoins sains. L’analyse a porté sur 1 028 échantillons (626 cas et 402 témoins), avec une résolution sur 240 métabolites issus de données biochimiques. Le modèle atteint une aire sous la courbe (AUC) de 0,97, traduisant une précision diagnostique supérieure à 94 %.

    Vers un diagnostic in vitro personnalisé

    PANDA ne se limite pas à la détection : il permet également de différencier les stades tumoraux (T) et ganglionnaires (N), d’assurer le suivi de la progression de la maladie, et de mesurer la réponse au traitement. Le modèle a été validé en intégrant les données ouvertes du projet TCGA (The Cancer Genome Atlas), ce qui renforce la robustesse de ses résultats.

    Une alternative complémentaire à la coloscopie

    Conçu comme un outil de diagnostic in vitro non invasif, PANDA pourrait s’intégrer dans les parcours de dépistage en complément de la coloscopie. L’objectif est de proposer un triage métabolomique précoce, basé sur des tests biologiques simples. Des validations supplémentaires sont en cours avant le passage à une application clinique.

  • Start-up en santé numérique : Bruxelles veut réduire les freins au développement dans l’UE

    L’Europe veut devenir une terre de croissance pour ses start-up technologiques. La Commission européenne a dévoilé une nouvelle stratégie intitulée « Choose Europe to Start and Scale », visant à créer un environnement plus favorable à la montée en puissance des jeunes pousses et des entreprises en expansion en Europe.

    Cinq leviers d’action prioritaires

    Le plan s’articule autour de cinq domaines d’intervention :

    1. Réduction de la fragmentation réglementaire : L’exécutif européen propose un « 28e régime » pour alléger les contraintes liées à l’insolvabilité, au droit du travail ou encore à la fiscalité. Un « portefeuille d’affaires européen » basé sur une identité numérique unifiée doit faciliter les démarches administratives à travers l’UE. Un acte législatif sur l’innovation est également en préparation pour renforcer les expérimentations encadrées, ou regulatory sandboxes.

    2. Renforcement du financement : Afin de pallier le déficit de capital-risque, en particulier dans les technologies dites deep tech, un fonds Scaleup Europe sera lancé. La stratégie prévoit aussi d’élargir et de simplifier l’accès au Conseil européen de l’innovation (EIC), ainsi que de mobiliser les investisseurs institutionnels via un pacte d’investissement volontaire.

    3. Accélération du transfert technologique : L’initiative Lab to Unicorn soutiendra la valorisation de la propriété intellectuelle issue de la recherche publique. Elle prévoit des schémas directeurs pour les licences, la participation au capital et le partage de revenus avec les établissements académiques, en lien avec les règles d’aides d’État.

    4. Attraction et rétention des talents : L’initiative Blue Carpet s’attaque aux freins fiscaux à l’actionnariat salarié, promeut la directive « carte bleue » et propose une procédure accélérée pour les fondateurs étrangers. L’éducation à l’entrepreneuriat fait également partie du dispositif.

    5. Accès harmonisé aux infrastructures : Enfin, une charte d’accès industrielle sera mise en place pour uniformiser les conditions d’utilisation des plateformes technologiques et de recherche, actuellement hétérogènes selon les États membres.

    Une stratégie à évaluer d’ici 2027

    La mise en œuvre de cette feuille de route fera l’objet d’un suivi via des indicateurs de performance. Un premier bilan est attendu fin 2027. Selon Ekaterina Zaharieva, commissaire en charge des start-up, « cette stratégie vise à transformer la richesse de la recherche européenne en entreprises prospères ». Le vice-président exécutif Stéphane Séjourné a, lui, insisté sur la volonté de « placer l’Europe sur la carte mondiale de l’innovation ».

  • L’EMA et les agences européennes mobilisent données et IA pour transformer la régulation du médicament d’ici 2028

    Une feuille de route pour exploiter les données en santé à l’échelle européenne

    Le 7 mai 2025, l’Agence européenne du médicament (EMA) et le réseau des directeurs des agences nationales du médicament (Heads of Medicines Agencies – HMA) ont publié leur plan de travail commun 2025-2028 pour mettre en œuvre leur stratégie en matière de données et d’intelligence artificielle. Piloté par le Network Data Steering Group (NDSG), ce plan vise à soutenir l’innovation réglementaire en exploitant le potentiel des données massives et des outils d’IA tout au long du cycle de vie des médicaments, humains et vétérinaires.

    Six axes de travail articulés autour de la donnée et de l’IA, dont l’intelligence artificielle

    Le programme s’organise en six volets : stratégie et gouvernance, interopérabilité des données, analyse de données, intelligence artificielle, engagement des parties prenantes, et lignes directrices nationales et internationales. Sur le versant stratégique, les actions incluent la publication de plusieurs feuilles de route sur les données du réseau européen (EMRN), tant en termes de gestion, de standardisation que d’analyse. Celles-ci seront progressivement finalisées entre 2025 et 2026. L’intelligence artificielle est traitée comme un levier de transformation. Des lignes directrices sur l’usage de l’IA dans le cycle de vie des médicaments seront élaborées, notamment en pharmacovigilance et en développement clinique. Un cadre éthique et une terminologie de référence seront publiés dès 2025, tandis que des expérimentations encadrées débuteront à partir du second semestre. Un observatoire dédié à l’IA publiera chaque année un état des lieux des usages, et une stratégie de gestion du changement visera à renforcer l’acculturation des acteurs du réseau.

    Une exploitation des sources de données

    Outre les données cliniques, le plan prévoit d’intégrer des sources émergentes telles que les données génomiques, les données de vie réelle (via le réseau DARWIN EU), les données issues des réseaux sociaux, des technologies mobiles (mHealth), des jumeaux numériques, ou encore des données synthétiques. Le pilotage de ces flux repose sur une interopérabilité organisationnelle et sémantique renforcée, avec une attention portée à la qualité des données. Le plan anticipe la mise en œuvre de plusieurs textes européens majeurs : l’Espace européen des données de santé (EHDS), le paquet pharmaceutique, le règlement sur l’IA et l’Interoperable Europe Act. Des collaborations internationales, notamment via l’ICH et l’ICMRA, permettront d’harmoniser les pratiques sur la scène mondiale.

    Gouvernance, formation et engagement des parties prenantes

    Enfin, un effort particulier est prévu sur la montée en compétence du réseau, via des modules de formation sur la data, l’IA et la pharmacogénomique. Des forums multi-acteurs, des hackathons et des ateliers thématiques soutiendront cette dynamique, en lien avec les professionnels de santé, les industriels, les patients et les autorités.

  • Vieillissement : un outil de suivi de la capacité fonctionnelle validé par Nature Aging et bientôt disponible en accès libre

    Un outil clinique inspiré des courbes de croissance infantiles

    Une équipe de chercheurs toulousains, dirigée par le Pr Philippe de Souto Barreto au sein de l’IHU HealthAge, a publié le 13 mai 2025 dans Nature Aging une méthode permettant d’évaluer le vieillissement à partir de la capacité intrinsèque des personnes âgées. Construites à partir des données de 27 706 Français de 60 ans et plus, ces courbes permettent de positionner une personne par rapport à des individus du même âge et du même sexe. Elles fonctionnent comme les courbes de taille et de poids utilisées chez les enfants. Les tests utilisés sont simples — se lever cinq fois d’une chaise, se souvenir de trois mots — et peuvent être réalisés sans équipements spécialisés. L’outil a été validé sur une cohorte brésilienne, renforçant ainsi sa généralisation à d’autres contextes.

    Identifier les risques précocement pour retarder la perte d’autonomie

    Les résultats montrent que les personnes situées dans le 10e percentile ou en dessous présentent un risque important de déclin fonctionnel. Ces individus cumulent plus souvent des pathologies chroniques, une fragilité physique et des limitations dans les activités du quotidien comme se laver, s’habiller ou faire la cuisine. La simplicité du dispositif permet une utilisation par une grande diversité d’acteurs : médecins, infirmiers, professionnels médico-sociaux ou proches aidants. Il représente ainsi un levier pour détecter précocement les premiers signes de perte d’autonomie et initier une prise en charge adaptée.

    Intégration prévue dans l’écosystème ICOPE

    Cet outil sera intégré à l’application mobile ICOPE Monitor et au site ICOPE, pour un usage libre et gratuit. Il s’inscrit dans les travaux du consortium INSPIRE/Open Science, porté par l’IHU HealthAge, labellisé en 2023. Ce dernier regroupe le CHU de Toulouse, l’Inserm et l’Université de Toulouse, et prolonge les recherches du Gérontopôle toulousain depuis plus de vingt ans.

    Nature Aging, 13 mai 2025 – Reference centiles for intrinsic capacity to monitor clinical health outcomes in real-world primary care cohorts

  • Oncologie : la France en tête pour l’usage des thérapies innovantes, les dépenses mondiales atteignent 252 Md$ en 2024 (rapport IQVIA)

    Une dynamique mondiale soutenue par les modalités innovantes

    En 2024, la recherche clinique en oncologie a enregistré 2 162 nouveaux essais dans le monde, marquant une reprise après deux années de recul depuis le pic de 2021. Cette activité est en hausse de 12 % par rapport à 2019, avec une focalisation croissante sur les cancers rares et les tumeurs solides. Les thérapies cellulaires et géniques, les conjugués anticorps-médicaments (ADC) et les anticorps multispécifiques représentent désormais 35 % de ces essais, avec des perspectives d’utilisation croissante en monothérapie ou en association.

    Progrès de la productivité, mais retard sur les autres domaines thérapeutiques

    La productivité du développement clinique en oncologie a progressé de 51 % depuis 2019. Malgré cette amélioration, elle reste inférieure à la moyenne observée dans les autres aires thérapeutiques. Le nombre de lancements annuels de nouvelles substances actives (NAS) reflète toutefois une dynamique soutenue : 25 NAS en 2024, contre une moyenne de 16 entre 2015 et 2019. Au total, 132 nouveaux médicaments ont été introduits au cours des cinq dernières années, et 282 sur vingt ans, avec une accélération notable en Chine depuis 2019.

    La France, territoire d’adoption avancée des thérapies de nouvelle génération

    Le rapport souligne la position de la France parmi les trois pays en tête pour l’usage par habitant des inhibiteurs PD-1/PD-L1 et des conjugués anticorps-médicaments. Elle se distingue également dans l’adoption des biosimilaires, avec plus de 8 milliards de dollars d’économies générées à l’échelle mondiale en 2024, notamment dans les pays de l’UE4 et au Royaume-Uni.

    Accès élargi aux nouvelles thérapies et hausse des dépenses

    Les inhibiteurs PD-1/PD-L1 sont désormais utilisés plus précocement dans la trajectoire de soins et pour un éventail plus large de tumeurs. Leur usage croît dans les pays à revenu élevé, tandis que les ADC bénéficient de l’élargissement des critères d’éligibilité et de nouveaux lancements. Ces évolutions contribuent à l’augmentation continue des dépenses mondiales en oncologie, qui atteignent 252 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 441 milliards d’ici 2029. La croissance la plus marquée est attendue sur sept des dix principales tumeurs, bien que la concurrence des biosimilaires des inhibiteurs PD-1/PD-L1 puisse freiner cette progression à partir de 2028.

    Les autorisations de l’EMA en 2024

    L’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé 11 traitements oncologiques en 2024 : 2 pour des cancers hématologiques et 9 pour des tumeurs solides. Parmi eux, 3 sont des inhibiteurs PD-1/PD-L1, et 5 sont des petites molécules administrées par voie orale, réduisant la nécessité de soins hospitaliers par perfusion.

    Global Oncology Trends 2025 – Adopting new therapies as modalities shift and expenditures rise – May 22, 2025
  • US : la télésanté permettrait d’éviter jusqu’à 47 millions de kg de CO₂ par mois

    Un levier pour décarboner le système de santé 

    Les résultats d’une étude menée par UCLA Health et publiée dans The American Journal of Managed Care apportent un nouvel éclairage quantifiable sur l’impact environnemental de la télésanté. Sur la base de données de remboursements multi-assureurs, les chercheurs ont modélisé les émissions de CO₂ évitées grâce aux consultations virtuelles entre avril et juin 2023. Résultat : chaque mois, entre 21,4 et 47,6 millions de kg de CO₂ auraient été évités, soit l’équivalent des émissions mensuelles de 61 255 à 130 076 voitures essence.

    Méthodologie : une extrapolation à l’échelle nationale

    L’étude s’appuie sur des données couvrant 19 % de la population adulte assurée aux États-Unis. En moyenne, 1,48 million de téléconsultations ont été enregistrées chaque mois sur la période étudiée, remplaçant entre 740 765 et 1,34 million de consultations en présentiel. En intégrant les données sur les distances parcourues, la part des véhicules électriques en 2021 et les émissions par mile, les auteurs ont estimé que cela représentait une réduction mensuelle de 4,07 à 7,48 millions de kg de CO₂. Extrapolée à l’ensemble des adultes assurés, cette économie grimpe à près de 48 millions de kg.

    Des limites reconnues, mais des implications politiques interessantes

    Les auteurs soulignent que les résultats peuvent ne pas refléter l’ensemble de la population ni les disparités régionales. Pour autant, les conclusions sont jugées suffisamment robustes pour éclairer le débat législatif en cours aux États-Unis. Le Dr John N. Mafi, co-auteur de l’étude et professeur à la David Geffen School of Medicine (UCLA), rappelle que « ces données doivent être prises en compte par les décideurs alors que le Congrès débat de l’avenir des assouplissements sur la télésanté instaurés pendant la pandémie ». Ces dérogations sont en effet prévues pour expirer le 30 septembre 2025.

    Des données convergentes dans d’autres contextes cliniques

    Cette étude s’inscrit dans une tendance de publications récentes documentant l’impact environnemental favorable de la télémédecine. Une étude de 2023 avait déjà montré que le recours à un modèle hybride (présentiel/virtuel) permettait de réduire les émissions de carbone de 25 % et la consommation d’eau de 35 %. En 2024, le Dana-Farber Cancer Institute rapportait une baisse de 81,3 % des émissions liées aux soins oncologiques via la téléconsultation. Dans un contexte rural, une autre étude de 2024 sur la télésanté pédiatrique a montré que 20 845 consultations à distance avaient permis d’éviter 1,56 million de miles en trajets aller-retour. Cette distance économisée correspondait à 262 911 litres de carburant, soit 618 tonnes métriques de CO₂ évitées sur un an.

    Weber, E., Miller, S. J., Astha, V., Janevic, T., & Benn, E. (2023). Impact of Telemedicine Use on Outpatient-Related CO₂ Emissions: Estimate From a National Cohort. The American Journal of Managed Care, 29. https://www.ajmc.com/view/impact-of-telemedicine-use-on-outpatient-related-co2-emissions-estimate-from-a-national-cohort

  • Métavers et santé : la Corée du Sud investit 2 Md€ pour transformer ses soins

    Une stratégie nationale centrée sur l’écosystème technologique

    La Corée du Sud fait du métavers un pilier de sa transformation numérique post-pandémie. Avec le programme Digital New Deal, le gouvernement engage près de 2 milliards d’euros d’ici 2025 pour structurer un écosystème compétitif, en ciblant particulièrement les applications immersives en santé. Dès 2021, 23 millions d’euros ont été mobilisés sous forme de subventions. À cela s’ajoutent 400 millions d’euros consacrés à la recherche, au développement et à la formation. L’objectif est double : soutenir l’émergence de 220 entreprises stratégiques dans le métavers, dont un nombre significatif dans le champ médical, et positionner la Corée du Sud parmi les cinq plus grands marchés mondiaux dans ce domaine.

    Former les professionnels de santé via des environnements immersifs

    Le déploiement commence par l’enseignement. Des universités comme Kyung Hee intègrent déjà des cursus en réalité virtuelle et augmentée. Ces outils permettent aux étudiants d’explorer l’anatomie en 3D ou de simuler des gestes médicaux complexes dans des environnements interactifs. Ce modèle d’apprentissage immersif vise à renforcer la préparation clinique et à standardiser les compétences dans un format numérique accessible.

    Des applications concrètes déjà en service

    La Corée du Sud expérimente également des usages opérationnels du métavers en santé :

    • Rééducation à distance dans des environnements virtuels.
    • Sécurisation des données via blockchain.
    • Analyse personnalisée des parcours de soins avec l’intelligence artificielle.
    • Surveillance en temps réel par objets connectés.
    • Accès mobile généralisé via smartphone.

    Ces solutions sont conçues pour s’insérer dans un parcours de soin hybride, interconnecté et centré sur le patient.

    Une gouvernance hybride et ouverte à l’innovation

    Le gouvernement s’appuie sur un modèle public-privé réunissant grandes entreprises technologiques (chaebols), startups medtech et acteurs de la e-santé. Dix-sept entreprises ont été sélectionnées pour piloter des projets sur la simulation médicale, la connectivité immersive ou encore la création d’environnements hospitaliers en réalité virtuelle. La régulation reste volontairement légère, avec un recours à l’auto-régulation pour favoriser l’agilité et l’expérimentation.

    Premiers résultats chiffrés du plan

    Le programme produit déjà des résultats mesurables :

    • 5 765 services de télésanté ont été délivrés via des plateformes métavers.
    • 5 500 professionnels de santé formés aux technologies immersives.
    • 507 000 bénéficiaires ont eu recours à ces services numériques.

     

  • IA : l’Europe à la traîne face aux US, faute de formations adéquates (rapport Forrester)

    Un indicateur pour mesurer l’adoption de l’IA dans les entreprises

    Le rapport « European Employees Are Falling Behind US Workers On AI Skills » publié par Forrester alerte sur le retard croissant des entreprises européennes face à leurs homologues américaines dans l’intégration de l’intelligence artificielle. Pour évaluer cette dynamique, le cabinet introduit l’AI Quotient (AIQ), un indicateur qui mesure la capacité d’adaptation, la cohérence des formations, la rapidité d’adoption, mais aussi la confiance des employés dans l’usage de l’IA au sein des organisations. Cet AIQ révèle un écart entre les deux continents. Alors que les États-Unis ont investi 62,5 milliards d’euros dans l’IA en 2023, l’Union européenne plafonne à 9 milliards. Ce différentiel d’investissement se traduit notamment par des formations disparates, des salaires moins compétitifs (le taux de salaire en France atteint seulement 37 % de celui observé aux États-Unis dans les métiers de l’IA), et une confiance plus faible envers les outils d’IA.

    Des formations inégales et une adoption ralentie

    Forrester souligne que seules 52 % des entreprises européennes proposent des formations cohérentes à l’IA, contre 62 % aux États-Unis. Ce déficit accentue le sentiment d’incertitude. Les salariés européens affichent pourtant une motivation comparable à leurs homologues américains, mais leur confiance reste inférieure : 48 % déclarent se sentir à l’aise avec l’IA, contre 59 % aux États-Unis. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, c’est l’acculturation aux usages de l’IA qui reste incomplète. La maîtrise du prompt engineering et la compréhension des implications éthiques ne sont pas encore suffisamment intégrées dans les cursus.

    Un objectif commun : la productivité, mais des moyens divergents

    L’utilisation de l’IA générative pour améliorer la productivité constitue une priorité partagée. Toutefois, 36 % des entreprises américaines ont déjà déployé des outils de GenAI, contre 32 % seulement en Europe. De même, 43 % des entreprises aux États-Unis considèrent l’adoption des nouvelles technologies comme une priorité absolue, contre 37 % en France. Le rapport met également en évidence un décalage de perception entre les décideurs – techniques et commerciaux – et les autres employés sur la pertinence des formations en IA, suggérant un besoin de programmes plus inclusifs et réguliers.

    Une feuille de route pour rattraper le retard

    Pour l’analyste principal Indranil Bandyopadhyay, l’amélioration de l’AI Quotient des employés européens est désormais une nécessité stratégique. Elle passe par la mise en place de formations structurées, une meilleure intégration éthique de l’IA dans les processus métiers et la consolidation de la confiance des salariés vis-à-vis des systèmes d’IA. À défaut de réagir rapidement, conclut-il, l’Europe pourrait s’exposer à un décrochage durable en matière de productivité et d’innovation.

  • AAC : Un sixième centre d’excellence sur les troubles du neurodéveloppement (AAC ouvert jusqu’au 13 juin)

    Structurer un réseau renforcé autour des TND

    Un appel à candidatures vient d’être lancé pour la création d’un sixième Centre d’Excellence sur les troubles du neurodéveloppement (TND), dans le cadre de la stratégie nationale 2023-2027. Portée par la Délégation interministérielle à la stratégie TND (DITND), en partenariat avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI), cette initiative vise à densifier le réseau national en recherche, soins et accompagnement. Les TND regroupent plusieurs pathologies telles que ;

    • Les troubles du spectre de l’autisme (TSA).
    • Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH.
    • Les troubles « Dys » (dyslexie, dyspraxie, etc.).
    • Et les troubles du développement intellectuel (TDI).

    L’objectif affiché de ce nouvel appel est de soutenir un projet combinant excellence scientifique et expertise clinique, dans un contexte où ces troubles constituent un enjeu de santé publique à large spectre.

    Nouveaux axes de recherche et intégration territoriale

    Le futur centre devra non seulement compléter les expertises existantes, mais aussi impulser de nouvelles thématiques de recherche, contribuer à la diffusion des bonnes pratiques, et renforcer les liens entre les champs sanitaire, médico-social, éducatif et de ville. Les projets candidats sont attendus sur leur capacité à s’inscrire dans une logique de réseau national, à articuler recherche et soins, et à proposer une dynamique intersectorielle forte.

    Candidatures ouvertes jusqu’au 13 juin

    Les structures intéressées peuvent déposer leur dossier jusqu’au 13 juin 2025 à 20h. Le cahier des charges complet est accessible ici : Appel à candidatures pour la création du sixième centre d’excellence dans le domaine des troubles du neuro-développement Ce sixième centre viendra ainsi compléter une architecture nationale dont le renforcement est au cœur de la feuille de route gouvernementale sur les TND pour les années à venir.

  • Traitements numériques sans supervision pour le trouble borderline : l’étude EPADIP-BPD fait évoluer la donne

    Un corpus encore restreint

    Jusqu’en 2022, seuls six essais cliniques randomisés avaient évalué l’efficacité d’interventions numériques dans le traitement du trouble de la personnalité borderline (TPB). Ces études rapportaient des effets statistiquement notables, de taille faible à modérée, sur les symptômes du TPB. Toutefois leur validité était affectée par des biais importants, en particulier des taux d’abandon élevés, qui réduisaient la robustesse des conclusions. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’essai EPADIP-BPD, publié en 2024.

    L’essai EPADIP-BPD : Priovi réduit les symptômes du trouble borderline et les tentatives de suicide

    Réalisé en Allemagne, l’essai EPADIP-BPD a inclus 580 patients, répartis entre un groupe recevant l’outil numérique priovi en complément des soins usuels, et un groupe témoin recevant uniquement les soins usuels (TAU). À la différence des études antérieures, priovi était utilisé de manière autonome, sans accompagnement thérapeutique. L’intervention reposait sur la thérapie des schémas, spécifiquement adaptée au TPB. Les résultats montrent un effet statistiquement significatif à 3 mois en faveur du groupe priovi (d = 0,24 ; p = 0,0005), avec un maintien de l’effet jusqu’à 12 mois. Le taux de réponse symptomatique était également plus élevé (24 % vs 16 % ; OR = 1,71), tandis que les tentatives de suicide étaient moins nombreuses (IRR = 0,34). Aucun effet n’a été observé sur la qualité de vie mentale ou le fonctionnement social.

    Vers une montée en qualité des données disponibles

    L’étude EPADIP-BPD apporte une contribution importante à la littérature existante par plusieurs aspects :

    • Elle évalue un usage sans supervision thérapeutique.
    • Elle repose sur un échantillon de taille importante (n=580).
    • Elle affiche un taux d’abandon relativement faible (12 % dans le groupe intervention).
    • Elle applique une méthodologie rigoureuse (analyse en intention de traiter, analyses de sensibilité, évaluation de la sécurité).

    Elle confirme que les thérapies numériques peuvent avoir un effet modeste mais tangible sur les symptômes du TPB, et ce, sans aggraver les risques suicidaires.

    Une littérature encore à consolider

    Malgré ces apports, la littérature reste limitée. Les études antérieures, recensées par Drews-Windeck et al. (2023), étaient hétérogènes dans leurs protocoles, souvent adossées à des soins en présentiel, et peu transparentes sur les critères de sécurité. L’effet moyen observé dans la méta-analyse (d ≈ 0,16–0,37) s’inscrit dans la même gamme que celui de priovi. La pertinence clinique de ces interventions est discutée : selon les méthodologies actuelles, un effet de taille d=0,21 pourrait suffire à produire un bénéfice perçu comme significatif par les patients. Dans ce cadre, les effets mesurés par EPADIP-BPD franchissent ce seuil, tout en posant la question de leur traduction en gains fonctionnels.

    Assmann, N., G. A. Jacob, A. Schaich, A. Hauer, U. Schweiger, A. Arntz, and G. A. Jacob. 2025. “A Digital Therapeutic for People with Borderline Personality Disorder in Germany (EPADIP-BPD): A Pragmatic, Assessor-Blind, Parallel-Group, Randomised Controlled Trial.” The Lancet Psychiatry 12 (5): 366–376. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(25)00063-X.