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  • Parcours de soin des insuffisants rénaux : les orientations pour l’expérimentation en régions (JO)

    Les orientations nationales pour l’élaboration des cahiers des charges régionaux pour l’expérimentation visant à améliorer le parcours de soins des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique ont été fixées par l’arrêté du 17 mai 2016 publié au JO le 27 mai. L’arrêté détaille également la liste des régions choisies pour l’expérimentation.

    Afin d’alléger la coordination entre les intervenants, y compris le patient, l’arrêté précise les outils de communication simples et dématérialisés (messagerie sécurisée, hotline, télémédecine…) et les outils d’information qui doivent être mis en œuvre.

    L’arrêté détaille les dispositions à prendre en matière de protections des informations personnelles et des données de santé récoltées dans le cadre de l’expérimentation.

    Les outils de communication

    • PPS
    • Dossier communiquant (DMP, dossier pharmaceutique)
    • Messagerie sécurisée
    • Plates-formes d’échange
    • Outils de télémédecine
    • Web-conférences

    Les outils d’information

    • Outils digitaux, vidéos et plaquettes d’information provenant des associations de patients
    • Outils spécifiquement conçus pour l’information des patients dans le cadre de l’expérimentation.

    Informations et données personnelles

    • La transmission dématérialisée d’informations notamment via un système de messagerie sécurisée garantit la non-diffusion sur Internet des données et permet également une authentification des échanges. (Identification certaine de l’émetteur et du destinataire).
    • Un hébergement sécurisé des données de santé à caractère personnel doit être mis en place via un hébergeur agrée ASIP garantissant la sécurisation de ces données (confidentialité, traçabilité, protection contre les intrusions).
    • Le professionnel de santé, après avoir informé la personne, doit recueillir son consentement sur les modalités de transmission d’informations dans le cadre du projet pilote et le cas échéant, d’hébergement des données de santé à caractère personnel.
    • L’expérimentation doit prévoir, après confirmation de l’éligibilité, les modalités précises de l’information et du recueil du consentement exprès  » du patient pour l’entrée dans le dispositif ainsi que pour le recueil, la transmission et l’hébergement des données le concernant. Ce consentement peut être recueilli soit par le médecin traitant soit par le néphrologue référent, selon les choix des expérimentateurs.

    Les régions concernées

    • Alsace,Champagne-Ardenne et Lorraine ;
    • Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes ;
    • Auvergne et Rhône-Alpes ;
    • Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ;
    • Pays de la Loire ;
    • La Réunion.
  • E-santé : Singapour attire les acteurs de la santé numérique

    En Asie du Sud-Est, Singapour attire les acteurs de la santé numérique pour sa fiabilité et son positionnement stratégique au cœur de la zone Pacifique. Exemple le plus récent : le partenariat annoncé en janvier 2016 entre la branche e-santé de Philips et l’agence gouvernementale en charge du développement économique de la cité-État, l’EDB (The Economic Development Board). Objectif : aider les petites et moyennes entreprises centrées sur la santé numérique à se développer dans la région.

    Comment expliquer cet attrait pour la « little red dot », comme on la surnomme ici ? Les Dr. Eddy Lee et Kevin Yap, experts en e-santé, exposent pour H&TI leurs points de vue sur le marché.

    Singapour : un marché ouvert sur l’Asie du Sud-Est

    « Je pense que l’une des raisons pour lesquelles les acteurs de la santé digitale s’intéressent à Singapour c’est parce que nous sommes réputés pour notre excellent niveau en technologies de l’info-com », estime le Dr. Yap, maître de conférences à l’Université de Singapour et spécialiste en cyber-pharmacie.

    Il évoque aussi le rôle joué par le programme « Healthcare 2020 vision », mis en place par l’État en 2012 pour améliorer le système de santé, en partie grâce à des outils numériques. « L’une des stratégies utilisées par le gouvernement pour faire de Singapour une « Smart City » est d’attirer des entreprises étrangères pour co-développer des solutions innovantes. » Philips a été séduit par la formule.

    Le chercheur rappelle que « la cité-État dispose des capacités pour devenir un précurseur dans l’industrie». C’est en effet l’un des premiers pays à avoir numérisé l’ensemble de son système de santé via le lancement du programme NEHR (National Electronic Health Record) en 2011.

    « [L’un des autres points forts de la ville est] la grande confiance accordée aux produits de Singapour dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des technologies financières », analyse de son côté le Dr. Eddy Lee, un investisseur singapourien revenu il y a environ un an sur l’archipel asiatique, après quatre années passées dans la Silicon Valley et un séjour en France dans la ville de Lyon. En janvier, il a lancé avec son associé Kevin Darmawanhas Coffee Ventures, une société de capital-risque qui cible les start-up souhaitant se lancer sur le marché international, entre autres dans le domaine de l’e-santé.

    Le Dr. Lee nous explique avoir choisi de baser son entreprise dans la cité-État pour profiter de son excellente position en Asie du Sud-Est (près de 630 millions de consommateurs potentiels) et pour faire évoluer positivement l’écosystème des start-up dans la région grâce à l’expérience en investissement forgée par son équipe en Californie. D’autant plus que l’ASEAN (The Association of Southeast Asian Nations) – à l’instar de l’UE – facilite le commerce entre les pays de cette zone clé.

    Des règles strictes pour gagner la confiance des entreprises mondiales

    Enthousiastes quant à l’avenir de Singapour dans le domaine des technologies de santé, les deux experts n’en restent pas moins lucides. « La santé numérique est un nouveau secteur qui remet en question les traditionnels business modèles établis, souligne le Dr. Eddy Lee. Est-ce par exemple aux constructeurs high-tech de prendre en charge la vente d’un moniteur cardiaque sans fil, est-ce plutôt aux compagnies d’assurance d’acheter le produit puis de le distribuer aux patients, ou est-ce aux hôpitaux de proposer un système de prêt pour ce genre d’outils ? Pour espérer une utilisation généralisée de ces dispositifs, il faudrait s’adapter à la culture de chaque ville et du pouvoir d’achat moyen de chaque population».

    Le Dr. Yap se préoccupe quant à lui des problèmes liés à la confidentialité et à la sécurité des informations personnelles. « Le gouvernement prend très au sérieux le sujet. En 2012, une loi sur la protection des données personnelles, le PDPA (Personal Data Protection Act), a été instaurée. Elle régit la collecte et l’utilisation des ces informations, un cadre strict en matière d’e-santé. Cela peut être perçu comme un avantage pour le consommateur, auquel on garantit la protection de ses données, mais aussi comme un frein». Car certaines entreprises, notamment celles spécialisées dans l’analyse de données, sont ainsi plus limitées que dans d’autres pays. « Il faut néanmoins préciser que cette exigence du PDPA vise aussi à renforcer la position de Singapour comme hub mondial fiable auprès des entreprises », nuance le chercheur.

    Parmi les éventuels freins au développement de l’e-santé sur le territoire, il y aussi cette peur de l’échec, très présente dans la cité-État, notent les deux experts. Le Dr. Kevin Yap admet que les investisseurs de la little red dot sont très exigeants. « Ils veulent des garanties. Mais c’est l’une des forces du pays. Les entreprises y viennent parce qu’elles savent que les projets lancés ici sont bons. Nos bases sont solides ! ».

    Anticiper le vieillissement de la population et donner sens aux big data

    L’universitaire identifie deux enjeux essentiels à moyen terme. Le premier est l’anticipation du vieillissement de la population : à Singapour, l’âge médian est passé de 34 à 40 ans entre 2000 et 2015, indique le département national des statistiques. Le Dr. Yap redoute que la part grandissante des personnes âgées soit réticente au développement des innovations en e-santé. « Je pense qu’il faut se concentrer sur les individus aujourd’hui âgés de 40-50 ans. Ils savent utiliser un ordinateur, ils connaissent les technologies liées à la téléphonie mobile. Ils pourraient nous aider à faire le lien entre les générations».

    Le second enjeu est la gestion des big data. Le chercheur estime que l’essentiel du travail pour les acteurs de la filière est de « donner un sens à ces données afin de les rendre utiles et exploitables pour l’industrie ».

    E-santé : Singapour se concentre sur ses points forts

    La little red dot pourrait-elle prendre la place de la Silicon Valley dans le domaine de l’e-santé ? « Pourquoi vouloir remplacer la Silicon Valley, qui fonctionne si bien ? », s’interroge le Dr. Eddy Lee. « Je pense cependant que Singapour peut devenir un centre d’excellence en ce qui concerne le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies spécifiques à l’Asie, comme le diabète ou certains cancers ». Le Dr. Kevin Yap partage le même avis. « Chaque pays peut apporter sa pierre à l’édifice en se concentrant sur un domaine précis. À Singapour, on travaille notamment de près sur la télésanté et la télémédecine afin d’être en mesure de suivre n’importe quel patient, n’importe quelle maladie, n’importe où ».

    Pour les deux experts, il faut percevoir le marché de la santé numérique comme un tout. Les pays ont tout intérêt à travailler ensemble à échelle internationale, et non les uns contre les autres.

  • Cyber-pharmacy: « Singapore can become a leader » (Dr Kevin Yap)

    « Medications management is definitely an important issue that needs to be addressed, and I believe that many international e-health players are already scanning the scene to see how they can come in. »

    Dr Kevin Yap, lecturer and cyber-pharmacist at the Department of Pharmacy of the National University of Singapore, talks to H&TI about the specificity and the interest of pharmaco-cybernetics, a sector in which the city-state is very competitive.

    The interview is divided into 4 points:

    • The objectives of pharmaco-cybernectics;
    • Cyber-pharmacy : the Singapore strategy to better support the evolving needs of its elderly population;
    • The growing interest of high-tech companies in this market;
    • Cyber-pharmacy : Singapore, a world leader?

    One of your specialties is pharmaco-cybernetics, also called cyber-pharmacy. What is the practical application of research in this field?

    Pharmaco-cybernetics is an upcoming interdisciplinary field that supports medications use and management through the combined use of computational technologies with human-computer-environment interactions to reduce or prevent medication-related problems (e.g. overdose, under-dose, adverse drug reactions, drug interactions, etc).

    The aim of pharmaco-cybernetics is to ensure that technological innovations that are designed and developed to support medicines and drug use are of good quality and reliable for its purpose of use. The ultimate goal of pharmaco-cybernetics approaches is to enhance patient care and safety.

    You are currently working with the Ministry of Health Holdings (MOHH) as a consultant on a project linked to Singapore’s Healthcare 2020, a program launched to improve the healthcare system, including through the development of digital tools. What is the purpose of this huge project?

    The MOHH has come up with several initiatives that are in line with the government’s mission to make Singapore a “smart nation” and to achieve the Healthcare 2020 vision of improving the accessibility, quality and affordability of healthcare to better meet the needs of our citizens.

    Several initiatives that have used pharmaco-cybernetics approaches include the creation of the Singapore Drug Dictionary (SDD) and the National Electronic Health Record (NEHR) system – all these initiatives have been conceived with appropriate medications use and management as part of their scope and mission – so that patient care and safety can ultimately be enhanced.

    Why is the Singaporean government so interested in cyber-pharmacy?

    Singapore has a rapidly growing aging population. In fact, statistics show that one in 5 people will be 65 years and older by 2030 (government figures) – the term “Silver Tsunami” is used to describe this group of elderly population. Poly-pharmacy (the concurrent use of multiple medications) is common among this group of patients due to higher rates of chronic illnesses, and this predisposes the elderly to an increased risk of adverse drug events, such as falls or functional decline.

    We are beginning to see a small group of such patients who tend to surf the internet for more information about their health conditions and medications – known as “Silver Surfers”. Furthermore, the younger children of these elderly patients are also tech-savvy. It is not surprising that the government is planning ahead, and one of the approaches is to explore how technology can help better support the evolving needs of this elderly population.

    Are the e-health key-players (investors, high-tech companies, etc.) also interested in cyber-pharmacy?

    Medications management is definitely an important issue that needs to be addressed, and I believe that many international e-health players are already scanning the scene to see how they can come in.

    For instance, there are digital pill boxes that help medications management through audio-visual means and text/email alerts, and mobile apps that alerts users if they miss a dose of medications and remind users about prescription refills.

    Another example is that of Proteus Digital Health, which has come up with one of the most intriguing technologies so far: a “Helius” smart pill that is able to monitor medication adherence of patients, as well as drug ingestion data and body metrics of the patient. This brings pharmaco-cybernetics to a whole new level.

    Do you think that the city-state can make a difference in the international e-health market through its expertise in pharmaco-cybernetics?

    Yes, definitely. Singapore has the potential to become a leader. The people in Singapore are a tech-savvy population and the country’s asset is in the « innovativeness » of her people.

    In fact, some of the initiatives that have been conceived in the country – such as the NEHR and SDD – I believe, are the first in the world.

    I’m sure there will be other countries who will want to learn from our healthcare system, and our expertise in pharmaco-cybernetics.

  • polypharmacie

    Prescriptions simultanées de plusieurs médicamentsnull

  • CNG

    Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalièrenull

  • CEPD

    Comité européen de la protection des donnéesnull

  • SDD

    Le dictionnaire des médicaments de Singapournull

  • Cocir

    Association professionnelle européenne des secteurs de l’imagerie médicale, des technologies de l’information et de la communication en santé

  • Cnedimts

    Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santénull

  • IHU

    Institut Hospitalo-Universitairenull