- 💬67 % des RU se déclarent peu ou pas du tout informés sur l’usage de l’IA dans les soins.
- ❓70 % estiment que les usagers sont encore moins informés qu’eux.
- 📂Les usages de l’IA jugés prioritaires à développer sont : la synthèse du dossier médical (63 %), l’aide au diagnostic (59 %) et l’optimisation des ressources (55 %).
- ⚠️Les craintes principales liées à l’IA concernent : la perte de la relation humaine (68 %), la diminution de la place du patient (60 %) et l’opacité des décisions automatisées (47 %).
- 🏛️L’enquête souligne un double besoin : améliorer l’information des usagers et renforcer l’intégration des RU dans les discussions institutionnelles sur les usages de l’IA.
427 représentants des usagers interrogés
Synthèse de dossier, diagnostic, gestion : les usages IA à développer selon les représentants des usagers
Menée auprès de 427 représentants des usagers (RU) en établissements de santé, l’enquête conduite par France Assos Santé en partenariat avec Action Santé Mondiale révèle un manque d’information généralisé sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins. 67 % des RU estiment être peu ou pas du tout informés, et 70 % considèrent que les usagers le sont encore moins. Ce constat intervient alors que les outils d’IA se diffusent dans de nombreux services, souvent sans concertation ni communication claire avec les instances de gouvernance ni les représentants des patients.
Parmi les usages de l’IA jugés prioritaires à développer, les répondants citent en premier lieu :
- La synthèse du dossier médical ou la rédaction de comptes rendus (63 %).
- Le suivie de l’aide au diagnostic (59 %).
- Et de l’optimisation des ressources (55 %).
- Toutefois, certains de ces usages font aussi partie de ceux nécessitant, selon eux, une information renforcée auprès des usagers, notamment l’aide au diagnostic (78 %), l’aide à la décision thérapeutique (58 %) et l’usage de robots en chirurgie assistée (41 %).
Seuls 17 % des RU jugent les patients correctement informés : les représentants des usagers alertent sur les risques pour les patients
Seuls 17 % des RU considèrent que les patients sont correctement informés de l’usage de l’IA dans leur parcours de soins. Pour 48 %, une information générale sur l’usage de ces technologies fait défaut ; 26 % estiment qu’il manque à la fois une information générale et une information personnalisée lorsque l’IA est utilisée dans un soin. Cette absence de transparence rend également difficile la remontée d’éventuelles difficultés rencontrées par les patients : 36 % des répondants déclarent ne pas savoir si l’IA a été utilisée dans les cas où des problèmes sont survenus.
Les principales préoccupations exprimées par les RU concernent la perte de la relation humaine (68 %), la diminution de la place du patient dans la décision (60 %), et l’opacité des décisions automatisées (47 %). D’autres risques fréquemment mentionnés incluent la difficulté d’accès à un interlocuteur humain (56 %), la question des recours en cas d’erreur (37 %) et les atteintes potentielles à la confidentialité des données personnelles (35 %).
15 % des RU se sentent illégitimes à parler d’IA, faute d’interlocuteur ou de repères clairs
Malgré ces constats, 85 % des répondants se sentent légitimes pour porter la voix des patients sur les questions liées à l’IA. Une majorité souhaiterait être mieux formée pour participer pleinement aux discussions sur les impacts de ces technologies dans les soins. Certains expriment toutefois une forme de résignation : 15 % se disent illégitimes, principalement par méconnaissance du sujet ou absence d’interlocuteur identifié dans les établissements.
Le bilan de l’enquête met en évidence un double besoin : renforcer l’information des usagers sur les usages de l’IA dans les établissements, et mieux intégrer les représentants dans les discussions sur ces usages. Cela passe notamment par une reconnaissance institutionnelle de leur rôle dans les instances où ces technologies sont discutées, ainsi que par la mise à disposition de formations ciblées sur l’impact de l’IA dans les soins.
