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  • Catalogne : une stratégie de santé numérique 2025-2031 fondée sur des plateformes ouvertes et la co-construction avec 3 400 acteurs

    Interopérabilité, données, gouvernance : la Catalogne mise sur l’ouverture des systèmes et la concertation

    L’Àrea de Sistemes d’Informació du Servei Català de la Salu (CatSalut) a présenté l’Estratègia de Salut Digital de Catalunya 2025-2031. Ce plan vise à moderniser les soins, garantir la durabilité du système, améliorer l’expérience des usagers et des professionnels, et renforcer l’équité ainsi que le respect de l’environnement. Le projet s’appuie sur une concertation dans les dix régions sanitaires, avec plus de 3 400 participants. Cette phase a défini une stratégie numérique centrée sur la personne, fondée sur des systèmes d’information interconnectés, évolutifs et basés sur des standards ouverts.

    La transformation engagée s’articule autour de trois priorités :

    • Développement de la Plateforme Ouverte en Santé, conçue comme une infrastructure commune facilitant l’interopérabilité et l’innovation technique.
    • Création de l’Historial de Salut de Catalunya, un dossier de santé longitudinal construit selon les besoins concrets des usagers et des professionnels.
    • Mise en place d’une gouvernance partagée, permettant d’associer l’ensemble des acteurs du système à la définition et à l’orchestration des évolutions.

    Pratiques unifiées, accès simplifié, données partagées : les choix structurels de la Catalogne pour ses SI en santé

    Le document stratégique identifie dix principes directeurs visant à guider le développement d’un système d’information intégré et centré sur la personne, capable d’évoluer avec les modèles d’organisation des soins. L’objectif est de bâtir un environnement numérique aligné avec les enjeux actuels de soutenabilité, de qualité et d’équité.

    Des impacts à plusieurs niveaux du système

    • Sanitaires : diagnostics et traitements plus rapides, suppression des doublons d’examens, coordination renforcée entre soins et services sociaux, exploitation à grande échelle des données de santé pour créer de nouveaux services.
    • Cliniques : base de connaissances commune, sémantique unifiée, intégration de guides cliniques, automatisation de tâches administratives, intégration de modèles prédictifs et d’alertes.
    • Économiques : mutualisation des coûts technologiques, réduction des déplacements et temps d’attente, baisse des charges de coordination, meilleure gestion de la demande.
    • Techniques : architecture modulaire et indépendante des fournisseurs, standardisation des données, réutilisabilité des composants, adaptation rapide aux évolutions organisationnelles et ergonomiques.

     

    Pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie, un nouveau groupe de recherche a été constitué : DS3 – Digitalització per la Sostenibilitat del Sistema de Salut. Ce groupe, rattaché à l’Àrea de Sistemes d’Informació et affilié à la fondation TIC Salut Social, a pour mission de produire les données scientifiques nécessaires au suivi et à l’ajustement des actions déployées.

  • MIRIAD : une base de 5,8 millions de paires médicales pour fiabiliser les copilotes IA en santé

    MIRIAD transforme la littérature médicale en corpus structuré pour IA générative

    Développée par une équipe internationale (ETH Zurich, Stanford, Mayo Clinic, Hugging Face…), MIRIAD est une nouvelle ressource conçue pour augmenter la fiabilité des modèles de langage en santé. Elle propose 5,82 millions de paires question-réponse, chacune rattachée à un passage de littérature médicale évaluée par les pairs. Le corpus est généré via une pipeline semi-automatisée combinant génération par LLM, filtrage, ancrage documentaire et annotation humaine. Contrairement aux approches classiques de type RAG (retrieval augmented generation) sur texte brut, MIRIAD repose sur une formalisation opérationnelle de la connaissance médicale. L’objectif : fournir aux modèles non plus des blocs hétérogènes mais des unités de sens indexables, traçables et prêtes à être citées. Cette structuration améliore la qualité de la génération et ouvre de nouvelles possibilités en matière de supervision.

    Une amélioration de la précision des LLM médicaux jusqu’à 6,7 %

    Les tests montrent que l’ajout de MIRIAD dans des systèmes d’IA améliore la précision des réponses jusqu’à 6,7 % par rapport à une base classique non structurée. En plus, les modèles détectent mieux les erreurs médicales (appelées hallucinations), avec une amélioration de 22,5 à 37 %. Ces résultats viennent d’évaluations sur des questions médicales complexes, ce qui montre que structurer les données rend les modèles plus fiables, surtout sur des sujets sensibles.

    MIRIAD-Atlas cartographie 56 spécialités pour auditer les réponses IA

    L’équipe publie également MIRIAD-Atlas, une interface interactive qui permet d’explorer le corpus via une cartographie couvrant 56 spécialités médicales. Cliniciens et chercheurs peuvent y rechercher des requêtes types, consulter les extraits de littérature associés, ou affiner la récupération d’information selon les sous-domaines. Cet outil facilite l’auditabilité des réponses IA pour les professionnels de santé comme pour les régulateurs, tout en permettant une meilleure évaluation comparative des sources utilisées et des lacunes potentielles.

    Des copilotes IA plus sûrs grâce à la granularité des paires question-réponse

    Du point de vue scientifique, MIRIAD modifie l’économie de la preuve dans les systèmes augmentés par IA. La granularité des paires question-réponse permet une traçabilité plus fine, une meilleure reproductibilité des sorties et une évaluation plus rigoureuse hors distribution. Cette approche ouvre aussi la voie à des métriques inédites sur l’usage des sources ou la couverture des disciplines médicales. Sur le plan clinique, les usages sont concrets : assistants conversationnels fondés sur des réponses documentées, outils de revue critique d’articles, soutien au diagnostic ou à la décision au lit du patient. À condition d’intégrer des garde-fous de confidentialité et une supervision humaine, ces copilotes pourraient réduire les erreurs, accélérer l’accès à la littérature pertinente et sécuriser les usages quotidiens.

    Vers des essais en conditions réelles

    Prochaine étape attendue : adosser ces gains à des essais prospectifs en situation réelle, afin de mesurer leur impact en termes d’utilité clinique, de temps économisé et d’effets indésirables évités. Ce passage à l’échelle est indispensable pour transformer l’innovation méthodologique en bénéfice tangible pour les soignants et les patients.

    Consulter le projet MIRIAD

  • L’Union européenne mobilise 1 milliard d’euros pour accélérer l’adoption de l’IA dans les secteurs stratégiques

    Avec “Apply AI”, l’Europe veut intensifier l’intégration de l’IA dans sept secteurs clés, dont la santé

    La Commission européenne a annoncé le 8 octobre un nouveau plan d’investissement d’un milliard d’euros pour favoriser l’adoption de l’intelligence artificielle dans l’économie européenne. Intitulée “Apply AI”, cette initiative vise à accompagner l’intégration de l’IA dans plusieurs secteurs d’activité, parmi lesquels la santé, l’agroalimentaire, le transport, la défense, l’énergie, l’environnement et les industries culturelles. Ce plan s’inscrit dans la continuité du plan d’action sur l’IA dévoilé en avril 2025, qui mobilisait déjà 200 milliards d’euros autour de cinq piliers. L’objectif réaffirmé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est de : “concrétiser l’avenir de l’IA en Europe”.

    Bruxelles soutient les PME et propose un guichet sur l’AI act

    Bruxelles prévoit de soutenir les entreprises, notamment les PME, dans leurs besoins spécifiques pour intégrer des solutions d’IA. Si le calendrier d’application n’est pas encore précisé, la Commission annonce d’ores et déjà des projets, comme la création de centres de dépistage dans les soins de santé, et le développement de modèles d’IA agentique adaptés à l’industrie et à la pharmacie. La Commission lance également une alliance “Apply AI”, un espace collaboratif ouvert à toutes les parties prenantes souhaitant partager analyses, recommandations et documents autour de l’intelligence artificielle. Cette structure facilitera l’organisation d’ateliers et la remontée de cas d’usage, de problématiques terrain et de propositions politiques. Dans un souci de clarté autour de l’AI Act, le règlement européen sur l’intelligence artificielle, un service d’assistance en ligne a été mis en place. Il permettra aux professionnels de soumettre leurs questions à une équipe d’experts, en lien avec le bureau européen en charge de l’IA.

    “AI in Science” pour renforcer la recherche européenne en intelligence artificielle

    En parallèle du déploiement industriel, Bruxelles mise sur la recherche avec le lancement du plan “AI in Science“. Ce programme vise à stimuler l’innovation scientifique fondée sur l’IA”. Il prévoit le renforcement de réseaux d’excellence et de doctorats pour attirer des chercheurs et talents internationaux.

    Des investissements seront également réalisés dans l’accès à la puissance de calcul au bénéfice des scientifiques et des start-ups européennes. Le financement de la recherche en IA sera augmenté, notamment via le doublement des fonds alloués par le programme Horizon Europe, et par une aide spécifique à la collecte de données pour les chercheurs.

  • L’Institut Curie enregistre 80 M€ de dons en 2024 et accélère sur l’IA, la radiothérapie et la rénovation de ses sites

    Plus de 80 M€ de dons en 2024 et un cap stratégique renforcé

    Projet FRATHEA : une technologie de radiothérapie de rupture soutenue par France 2030

    En 2024, l’Institut Curie a enregistré plus de 80 millions d’euros de dons, un niveau jamais atteint. Ce résultat s’appuie à la fois sur la mobilisation des donateurs, les performances des placements financiers et le soutien de 256 000 contributeurs. Deux personnalités scientifiques ont par ailleurs rejoint sa gouvernance : Sylvie Retailleau au Conseil de surveillance et le Pr Alain Fischer à la tête du Conseil scientifique international.

    L’établissement poursuit la modernisation de ses infrastructures à Paris et Saint-Cloud. À Paris, l’extension de l’hôpital débute tandis que le pavillon des Sources et le bâtiment Claudius Regaud font l’objet de rénovations. Financé par France 2030 et la Région Île-de-France, le projet FRATHEA entrera en phase de construction en 2025. Ce dispositif de radiothérapie, développé avec le CEA, repose sur l’effet Flash découvert dans les années 2000 et sur l’utilisation d’électrons de très haute énergie. Il vise les cancers agressifs et profonds en limitant les effets sur les tissus sains. Il s’adresse notamment à des localisations tumorales complexes comme le cerveau, le pancréas ou le poumon. L’équipement devrait être opérationnel en 2028.

    Un entrepôt de données validé par la CNIL pour soutenir l’innovation médicale 

    L’Institut Curie s’appuie sur un entrepôt de données de santé validé par la CNIL, pour la numérisation complète de ses lames de pathologie et sur des projets intégrant l’IA dans le diagnostic, la recherche et le suivi thérapeutique. L’Institut mise aussi sur ses capacités de calcul et ses partenariats scientifiques. Une réorganisation des fonctions support sera lancée en 2025, avec pour objectif d’améliorer les conditions de travail des équipes de soins et de recherche. La transformation numérique, l’adaptation des outils de gestion et un nouveau programme d’accompagnement des managers font partie des leviers identifiés.

    19 plateformes de recherche renforcées par un financement de 16 M€ en 2025

    Les 19 plateformes de CurieCoreTech bénéficieront en 2025 d’un investissement de 16 M€, dont 9 financés par la Fondation. Ces équipements sont essentiels aux travaux des chercheurs, leur pérennité économique et technologique est présentée comme une priorité.

    Cancers de primitif inconnu : une IA développée à Curie prédit l’origine dans 80 % des cas

    Le site curie.fr a été refondu pour améliorer l’accès à l’information et la prise de rendez-vous. Il est désormais interconnecté à l’application myCurie. Parallèlement, une stratégie de parcours par pathologie a été coconstruite avec les professionnels de santé, avec un déploiement amorcé en gynécologie. Un service de pharmacologie oncologique permet désormais d’ajuster les posologies selon les profils individuels des patients.

    Deux nouveaux PEPR exploratoires intègrent les équipes de l’Institut : Cell-ID, porté par Geneviève Almouzni, et MED-OOC, dans lequel intervient Stéphanie Descroix. Le premier étudie la dérégulation des trajectoires cellulaires, le second développe des tumeurs-sur-puce pour tester les traitements in vitro. Par ailleurs, une IA développée depuis 2020 par le Dr Sarah Watson permet de prédire l’origine des cancers de primitif inconnu dans 80 % des cas, améliorant les perspectives thérapeutiques.

    Institut Curie. (2025). Rapport annuel 2024. https://cdn.curie.fr/media/ckeditor_pdf/D25086_VF_InstitutCurie_RA24_double_page.pdf

  • L’Indonésie cartographie ses écarts numériques pour une santé connectée équitable

    43 % des Indonésiens éloignés des soins : l’IA et les RME peinent à se déployer hors des grandes villes

    Une équipe universitaire a dressé la première carte des disparités d’infrastructures et de compétences humaines freinant la politique de santé numérique en Indonésie. Avec plus de 275 millions d’habitants, le pays connaît de fortes inégalités d’accès aux soins. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 43 % de la population vit à plus de 5 km d’un centre de santé primaire. Les outils numériques — dossiers médicaux électroniques (RME) et télémédecine — sont essentiels à la modernisation du système, mais leur déploiement reste inégal.

    • 85 % d’accès Internet à Jakarta contre 26 % en Papouasie.
    • 9 études nationales montrent une adoption hétérogène des RME.
    • Les zones rurales et isolées manquent d’équipements numériques.

    Dossiers médicaux électroniques et télémédecine : 9 études synthétisées pour évaluer les écarts

    Les chercheurs des universités Negeri Makassar et ISTEK ’Aisyiyah Kendari ont conduit une revue de la littérature sur 221 études, dont 9 retenues, portant sur les dossiers médicaux électroniques et la télémédecine. Publiée dans le Asian Journal of Environmental Research (octobre 2025), elle dresse une cartographie précise des écarts entre infrastructures et ressources humaines dans les soins numériques.

    Les RME réduisent jusqu’à 20 minutes le temps de prise en charge par patient

    L’usage du RME réduit le délai moyen de prise en charge de 15 à 20 minutes et renforce la sécurité des données. La maturité numérique varie selon les provinces : les établissements formés gagnent 32 % d’efficacité.

    • −18 % de temps moyen de service par patient.
    • 9 provinces évaluées selon un score de maturité TIC (JMIR Med Inform, 2024).
    • Amélioration documentée de la traçabilité et de la continuité des soins.

    Un indice HOT-FIT-BR pour piloter le développement des infrastructures numériques de santé

    Les chercheurs recommandent un renforcement conjoint des infrastructures et des compétences numériques, soutenu par des politiques publiques adaptées. L’étude suggère un modèle hybride :

    • Infrastructures cloud pour les zones urbaines, plateformes hors ligne pour les régions à faible connectivité.
    • Création d’un indice d’infrastructure numérique (HOT-FIT-BR).
    • Déploiement d’un modèle intégré formation–technologie–gouvernance.

    En complément des investissements technologiques, les chercheurs insistent sur le rôle de la formation décentralisée des professionnels de santé, afin de consolider les usages. Ils préconisent également des études longitudinales pour suivre l’impact réel des outils numériques sur la performance des soins et ajuster les politiques publiques en conséquence. Cette revue de littérature, première du genre en Indonésie, fournit ainsi un socle de données pour orienter la stratégie nationale de santé numérique.

     

  • CPTS : des dispositifs en place, mais une efficacité contrastée selon les territoires

    69 % des CPTS mobilisées, mais des disparités régionales marquées

    D’après les résultats de sa Grande Enquête 2025, la Fédération des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (FCPTS) dresse un panorama chiffré de l’action des CPTS sur le terrain. Depuis 2021, 69 % d’entre elles ont mis en place des dispositifs de soins non programmés, ayant permis de réaliser 247 003 consultations dans 73 structures répondantes, soit plus de six par jour en moyenne. L’organisation territoriale s’ancre, mais l’efficacité perçue reste contrastée dans les zones sous-dotées. En parallèle, 20 759 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à leur CPTS, dont la moitié seulement via des solutions internes au territoire. Ce résultat souligne un résultat inégale d’une région à l’autre.

    Médicobus, téléconsultation, binômes soignants : les CPTS diversifient leurs approches

    17 387 patients isolés ont été pris en charge, notamment grâce à la téléconsultation assistée (51 % des CPTS concernées), aux médicobus (27 %) ou à des permanences délocalisées. D’autres dispositifs innovants sont rapportés, comme les consultations en binôme MG/IDE ou les bilans infirmiers pour reconstituer une équipe traitante. Les actions pour renforcer l’offre de soins sont également nombreuses : 354 projets d’installation de professionnels de santé ont été accompagnés, 84 % des CPTS mènent des actions de communication territoriale et 70 % participent à la formation des étudiants en santé.

    Les CPTS travaillent quasi systématiquement avec les centres hospitaliers (90,5 %), le médico-social (80 %), les collectivités (87 %) et les DAC (87 %). Pourtant, seuls 33 % des centres hospitaliers siègent avec droit de vote dans les instances de gouvernance des CPTS. Cette dissonance entre partenariat opérationnel et gouvernance formelle interroge sur l’alignement stratégique des acteurs locaux.

    Un financement ACI jugé insuffisant pour couvrir les charges de fonctionnement

    Les dépenses moyennes de fonctionnement dépassent largement les enveloppes prévues dans le cadre de l’ACI. Par exemple, les CPTS de taille 4 dépensent 207 221 € contre une enveloppe théorique de 90 000 €. Résultat : 82 % des structures ventilent leurs dépenses entre missions pour compenser le manque de fongibilité des enveloppes. Le niveau de satisfaction vis-à-vis du financement ACI atteint 6,7/10 en moyenne. Les demandes de révision ciblent en priorité l’enveloppe fonctionnement, puis certaines missions comme l’accompagnement des professionnels ou la prévention. Près de 44 % des CPTS diversifient leurs sources de financement, mais dans des proportions modestes (9,1 % du budget en moyenne). L’ACI reste largement dominant. Les disparités régionales sont marquées : l’Occitanie affiche un taux de diversification de 85 %, contre seulement 22 % en PACA. Pourtant, les fonds non-ACI représentent une part plus importante du budget en Centre-Val de Loire ou en Île-de-France.

    Pérennité des CPTS : 4,8 % dépendent fortement des médecins retraités

    Plusieurs interrogations émergent sur la capacité des CPTS à tenir leur rôle à long terme. 4,8 % d’entre elles déclarent une dépendance forte aux médecins retraités, et 10,8 % une dépendance relative. Le recours futur aux docteurs juniors est envisagé par près de 70 %. Les critiques portent aussi sur la complexité administrative, les freins à l’intégration locale (hospitalo-centrisme, méconnaissance des dispositifs) et la pression sur les soignants. L’enquête relève que les missions sont parfois perçues comme trop nombreuses ou trop peu ciblées, au risque d’une dilution de l’action.

    Quel avenir pour les CPTS ?

    Faut-il recentrer leur mission, assouplir les règles budgétaires ou renforcer leur intégration dans le pilotage territorial ? Si les chiffres attestent d’une montée en puissance, ils révèlent aussi les fragilités d’un modèle à réajuster, entre ambition territoriale et moyens limités.

  • Accès aux données cliniques et validation IA : Mayo Clinic lance la plateforme Orchestrate pour accélérer les thérapies

    Mayo Clinic ouvre l’accès à ses données cliniques anonymisées et bioéchantillons pour tester des IA médicales

    Mayo Clinic a lancé la plateforme Platform_Orchestrate, une infrastructure conçue pour faciliter l’accès aux données cliniques, à l’expertise médico-scientifique et aux outils d’intelligence artificielle, dans le but d’accélérer la mise à disposition de thérapies innovantes. Ce programme s’adresse aux entreprises de la biopharmacie, des technologies médicales et de la santé numérique, qui peuvent y tester, valider et déployer plus rapidement leurs solutions.

    Platform_Orchestrate fonctionne comme un guichet, donnant accès à :

    • Des données cliniques anonymisées, longitudinales et multimodales issues du réseau mondial de Mayo Clinic, en partenariat avec nference.
    • Des spécimens biologiques, un profilage multiomique et l’expertise scientifique de la clinique.
    • Une infrastructure évolutive pour tester et intégrer des modèles IA ou des solutions numériques dans les parcours de soins.

    Une plateforme pour tester des IA cliniques, de la détection précoce au déploiement

    La plateforme couvre l’ensemble du cycle de développement : de la phase de découverte, à la validation, jusqu’au déploiement. Elle permet d’évaluer la pertinence clinique des modèles, de les affiner à partir de données réelles, puis de les mettre en œuvre à grande échelle.

    Les premières entreprises partenaires utilisent déjà le programme. Les projets en cours portent sur :

    • Le développement de modèles d’intelligence artificielle multimodaux pour la détection précoce de maladies.
    • La création d’outils d’identification de patients éligibles à des thérapies ciblées.
    • L’amélioration du recrutement pour les essais cliniques.
    • Le déploiement de solutions de santé numérique validées dans les établissements de Mayo Clinic et dans ses réseaux internationaux.

    Selon Maneesh Goyal, directeur des opérations de la plateforme, l’objectif est d’aider les entreprises du secteur à aller plus vite, tout en renforçant la sécurité et la pertinence clinique des innovations. Platform_Orchestrate répond à un besoin identifié dans le secteur : lever les freins au développement et à l’intégration de nouvelles technologies dans la pratique médicale, en capitalisant sur l’interopérabilité entre données, IA et expertise médicale.

  • En 2024, les start-up françaises renforcent leurs capitaux propres de 18 %, malgré une baisse des levées de fonds

    Start-up françaises : 25 Md€ de chiffre d’affaires en 2024 malgré le recul des levées de fonds

    En 2024, 2 165 start-up françaises étudiées par la Banque de France voient leur chiffre d’affaires cumulé atteindre 25 Md€, en hausse de 13 % par rapport à 2023. Cette dynamique intervient dans un contexte où les levées de fonds diminuent de 7 %, à 7,77 Md€ selon EY. En parallèle, le déficit d’exploitation global recule de 17 %, et la trésorerie se stabilise à 11 Md€ (+3 %). Les capitaux propres progressent de 18 % (16,8 Md€), tandis que les emprunts obligataires augmentent de 23 % (1,1 Md€), essentiellement pour couvrir les besoins de liquidité entre deux tours. La dette bancaire représente 5,1 Md€, soit 30 % des capitaux propres, un ratio bien inférieur à celui des PME et ETI. Toutes les filières enregistrent une croissance du chiffre d’affaires, les fintechs en tête avec +41 %. Suivent tourisme & loisirs (+17,7 %), software & data (+16,1 %) et alimentation (+15 %). Le secteur software & data regroupe à lui seul 370 start-up et génère 3,95 Md€ de chiffre d’affaires. Il affiche aussi une hausse notable de ses capitaux propres (+54 %) et une réduction de sa dette bancaire (–10 %). L’activité à l’exportation représente près de 28 % du chiffre d’affaires total des start-up, principalement dans le tourisme (55 % à l’international), le marketing digital (47 %) et l’IoT/hardware (43 %).

    La moitié disposent d’un an de trésorerie malgré 59 % de déficitaires

    Si 59 % des start-up restent déficitaires en 2024, la rentabilité progresse : les pertes nettes représentent désormais 12,4 % du CA contre 16,5 % en 2023. La moitié des entreprises étudiées disposent d’au moins un an de trésorerie. Les start-up en perte détiennent souvent peu ou pas de capitaux propres, avec un chiffre d’affaires médian de 3,1 M€ et un effectif médian de 47 salariés. Les effectifs progressent de 4 % en 2024 (107 812 salariés), une hausse plus modérée que les années précédentes. Certaines filières continuent cependant d’embaucher activement, notamment les mobilités (+16 %), tourisme & loisirs (+13 %), et les fintechs (+8 %). À l’inverse, les effectifs baissent dans l’éducation (–9 %) et le marketing digital (–3 %). La médiane d’effectif reste stable à 28 salariés.

    Bpifrance investira 10 Md€ dans l’IA d’ici 2029, dont 2,8 Md€ déjà engagés

    La France conserve la tête du classement ESNA pour le soutien à l’écosystème start-up

    L’analyse selon la maturité confirme une montée en puissance graduelle des entreprises : les start-up matures (15 ans et plus) affichent un chiffre d’affaires moyen de 16,7 M€, contre 6,5 M€ en phase d’amorçage. Si la rentabilité d’exploitation reste négative à tous les stades, la médiane s’améliore nettement avec l’ancienneté.  La France reste, pour la deuxième année consécutive, en tête du classement ESNA pour son soutien aux start-up. Plusieurs dispositifs nationaux se poursuivent en 2025 : French Tech Next 40/120, French Tech 2030, programme France 2030 (54 Md€ sur cinq ans), initiative Tibi 2 (7 Md€ de fonds privés pour la décarbonation), ou encore le fonds France & IA (10 Md€). Bpifrance mobilise également 10 Md€ pour l’intelligence artificielle d’ici 2029, dont 2,8 Md€ déjà levés fin 2024 pour les start-up industrielles.

     

  • Une IA prédictive optimise le diagnostic in vitro de plus de 1 000 maladies

    Anticiper le diabète, les maladies cardiovasculaires et la septicémie grâce à l’IA

    Une équipe européenne a développé un modèle d’IA capable d’estimer le risque et le moment d’apparition de plus de 1 000 maladies sur plus de dix ans. La progression des maladies chroniques telles que le diabète ou les maladies cardiovasculaires représente un défi pour la santé publique. Selon l’OMS :

    • Maladies cardiovasculaires : 17,9 millions de décès/an
    • Diabète : 537 millions de personnes affectées, prévalence en hausse
    • Septicémie : 49 millions d’incidents/an, 11 millions de décès

    Les méthodes traditionnelles de diagnostic, fondées sur des analyses ponctuelles — biomarqueurs sanguins ou imagerie — présentent des limites : coût moyen 200–1 500 €, délais de restitution de 24 h à 2 semaines selon le test, et faible capacité à anticiper l’évolution future de la maladie.

    Delphi-2M, l’algorithme qui apprend la “grammaire” de la santé humaine

    L’innovation provient de l’EMBL et du DKFZ, en collaboration avec l’Université de Copenhague. Le modèle génératif Delphi‑2M :

    • entraîné sur 400 000 participants de l’UK Biobank, testé sur 1,9 million de Danois sans ajustement ;
    • modélise les événements médicaux comme des séquences temporelles, apprenant la « grammaire » de la santé humaine ;
    • fournit des estimations probabilistes du risque plutôt que des certitudes.

    Il peut prédire plus de 1 000 maladies avec un horizon allant jusqu’à 20 ans, en analysant séquentiellement événements médicaux et facteurs de style de vie.

    Validé sur 2,3 millions de patients, avec une précision confirmée par Nature

    L’évaluation du modèle a porté sur 2,3 millions de patients en utilisant des cohortes distinctes : l’UK Biobank britannique et le registre national danois, avec un horizon de suivi supérieur à 10 ans. Les chercheurs ont appliqué une analyse rétrospective des historiques médicaux, combinée à une modélisation probabiliste et à une validation croisée pour tester la robustesse du modèle.

    Les résultats, publiés dans Nature, montrent la précision de Delphi‑2M pour prédire l’apparition de maladies chroniques et aiguës.

    • Risque d’infarctus pour hommes 60–65 ans : 4–100 cas/10 000/an selon profil
    • Correspondance élevée avec incidence observée dans les cohortes de validation
    • Fiabilité plus élevée pour maladies chroniques stables (diabète, infarctus).

    Bien que non encore utilisable en clinique, le modèle ouvre la voie à des outils de dépistage préventif, à une médecine personnalisée, à la planification d’interventions précoces et à des applications dans les pays à ressources limitées grâce à l’IA.

     

  • Un antibiotique à spectre étroit créé grâce à l’IA (Nature)

    Un modèle d’IA pour prédire le mode d’action des molécules

    Alors que la résistance aux antibiotiques continue de croître, la recherche de nouvelles molécules plus sélectives devient cruciale. La plupart des traitements actuels éliminent aussi les bactéries bénéfiques du microbiote, provoquant des déséquilibres à l’origine de troubles digestifs et immunitaires. Les équipes du MIT, du Broad Institute et du Wyss Institute (Harvard) explorent une voie alternative : utiliser l’intelligence artificielle pour identifier de nouvelles molécules et anticiper leur mode d’action avant même la validation expérimentale.

    L’étude, dirigée par James Collins (MIT), a mobilisé des chercheurs du Broad Institute et du Wyss Institute. Leur objectif : découvrir un antibiotique à spectre étroit ciblant des bactéries intestinales pathogènes sans perturber la flore bénéfique. Les scientifiques ont d’abord criblé une grande bibliothèque de composés antibactériens afin d’isoler ceux capables d’agir sur des bactéries à Gram négatif, dont E. coli. Ils ont ensuite utilisé un modèle d’intelligence artificielle pour prédire le mode d’action des molécules les plus prometteuses. Ces prévisions ont ensuite été testées sur cultures bactériennes, puis confirmées chez la souris dans un modèle reproduisant une infection intestinale.

    Résultats : 99% de bactéries éliminées

    • Identification d’un nouvel antibiotique, Enterololin, actif contre certaines bactéries pathogènes sans altérer le microbiote.
    • L’IA a révélé que la molécule empêche les bactéries de fabriquer correctement leur paroi, en bloquant deux étapes clés de ce processus vital.
    • Chez la souris, le traitement a éliminé près de 99 % des bactéries pathogènes ciblées tout en préservant l’équilibre intestinal.
    • Aucune toxicité significative n’a été observée dans les tests précliniques.
    • Le recours à l’IA a permis de réduire le temps d’analyse du mécanisme d’action de deux ans à six mois, pour un coût d’environ 60 000 $, contre plusieurs millions habituellement.

    Cette découverte montre qu’il est désormais possible d’utiliser l’IA non seulement pour découvrir de nouveaux antibiotiques, mais aussi pour comprendre leur mode d’action avant même les essais en laboratoire.

    Un antibiotique « scalpel »

    Les chercheurs soulignent qu’Enterololin agit “comme un scalpel”, en s’attaquant uniquement aux bactéries responsables d’infections tout en épargnant celles essentielles au microbiote — à la différence des antibiotiques “large spectre”, comparables à une arme de destruction massive.

    Les résultats restent toutefois précliniques, et la molécule devra encore passer par des tests de toxicologie et de pharmacocinétique avant toute application humaine. Le développement industriel avance : la start-up Stoked Bio, issue du MIT, a licencié la molécule pour l’optimiser en vue d’un usage thérapeutique et prévoit d’étendre les essais à d’autres bactéries résistantes, comme Klebsiella.

    « Ce travail montre que nous ne faisons qu’effleurer le potentiel de la découverte de médicaments guidée par l’IA », souligne Jon Stokes, professeur adjoint à l’Université McMaster et co-auteur de l’étude. « Pour l’instant, nous ne pouvons pas considérer que ces modèles d’IA aient toujours raison, mais le simple fait qu’ils puissent être justes a supprimé beaucoup d’incertitudes dans nos choix expérimentaux », précise-t-il.

    * Discovery and artificial intelligence-guided mechanistic elucidation of a narrow-spectrum antibiotic.

    Catacutan, D.B., Tran, V., Arnold, A. et al.

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