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  • Cancer du sein : un challenge pour évaluer les IA diagnostiques HER2 en vie réelle à l’hôpital

    L’IA en renfort du diagnostic HER2 à l’ère des traitements personnalisés

    Face à l’arrivée de thérapies ciblées pour les cancers du sein à faible et très faible expression de HER2, la précision du diagnostic devient un enjeu clinique prioritaire. Ce biomarqueur, exprimé de manière variable dans les tumeurs, oriente aujourd’hui des décisions thérapeutiques de plus en plus personnalisées. Parallèlement, la pathologie digitale couplée à l’intelligence artificielle (IA) ouvre de nouvelles perspectives. Des algorithmes sont désormais capables d’assister les anatomopathologistes dans l’évaluation fine du HER2. Mais leur intégration en routine soulève encore des questions de robustesse, d’interprétabilité et d’acceptabilité.

    AIforHer : un défi IA pour fiabiliser le diagnostic HER2 dans le cancer du sein

    L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), en partenariat avec le GEFPICS et les laboratoires AstraZeneca et Daiichi Sankyo, a lancé AIforHer, un appel à solutions destiné à confronter plusieurs algorithmes d’intelligence artificielle appliqués à la détection du biomarqueur HER2 dans le cancer du sein. L’annonce a été faite le 3 septembre, alors que l’identification fine des formes HER2-low et ultralow s’impose comme un enjeu clinique en oncologie, à la fois pour orienter les traitements et pour améliorer la reproductibilité du diagnostic.

    HER2, surexprimé dans 10 à 15 % des cas, fait désormais l’objet de nouvelles classifications adoptées par l’ASCO. Dans ce contexte, le GEFPICS – Groupe d’Étude des Facteurs Pronostiques Immunohistochimiques dans le Cancer du Sein – souhaite structurer l’évaluation diagnostique autour de standards communs, incluant l’apport de l’IA. Le défi est porté par l’accélérateur Impulse by ICO, dirigé par Morgane Menard, en lien direct avec les oncologues et anatomopathologistes de l’établissement.

    Si les algorithmes d’IA se multiplient dans la pathologie digitale, leur usage reste marginal en routine clinique, même dans les établissements ayant déjà numérisé leurs lames histologiques. AIforHer vise à répondre à cette situation par une double approche : d’une part, comparer objectivement les performances techniques des outils proposés, d’autre part, tester leur intégration dans la pratique quotidienne des professionnels de santé.

    Une méthodologie en deux temps

    L’étude A, conduite sur une cohorte rétrospective multicentrique de 300 cas, portera sur la robustesse des solutions d’IA face à la variabilité des pratiques. L’analyse sera conduite par les équipes de l’ICO et deux groupes d’experts externes : le GEFPICS et un laboratoire central (LabCorp), considérés comme référents dans la pratique diagnostique HER2.

    Les deux meilleures solutions issues de cette phase poursuivront dans l’étude B, à partir de novembre. Elles seront alors testées en vie réelle, dans les mains des anatomopathologistes de l’ICO, afin d’évaluer leur apport dans un contexte clinique opérationnel. Les résultats finaux sont attendus entre fin février et début mars 2026.

    Les deux startups retenues à l’issue du challenge bénéficieront d’un “plan de récompense” incluant un partenariat renforcé avec l’ICO et les deux laboratoires pharmaceutiques. Une mise en relation avec la Haute Autorité de Santé (HAS) est également prévue, dans une perspective d’intégration via le dispositif RIHN 2.0, qui favorise le remboursement des solutions numériques associées à des traitements.

    Pour accélérer cette transformation diagnostique, plusieurs partenaires lancent le challenge AI for Her :

    • Le GEFPICS, réseau d’experts français en anatomopathologie, oncologie et biologie, engagé dans l’harmonisation du diagnostic via l’IA.
    • L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), pionnier de la pathologie digitale, via son accélérateur Impulse by ICO.
    • Les laboratoires AstraZeneca et Daiichi Sankyo, engagés dans le développement de thérapies HER2-low et ultra-low.

    L’objectif est d’identifier, tester et faire émerger les solutions d’IA les plus performantes pour le scoring HER2. Pendant 6 à 9 mois, startups et anatomopathologistes croiseront leurs expertises pour évaluer les performances et les usages de ces technologies.

    Des exigences techniques précises

    Pour participer, les entreprises doivent disposer :

    • D’un algorithme de scoring HER2-low/ultra-low fonctionnel, déjà marqué CE ou en voie de l’être.
    • D’une compatibilité avec les lames IHC issues du couple Benchmark Ultra Roche Ventana / Ac 4B5, numérisées avec les scanners Leica Aperio GT450 ou 3D HISTECH.
    • De la capacité à fournir un reporting structuré (csv, xls) incluant les performances, le temps moyen de traitement par lame et le taux d’échec.
    • Des logs de serveurs assurant l’autonomie des résultats.

    Un test grandeur nature dans un contexte hospitalier réel

    AI for Her se distingue par son ancrage opérationnel : les algorithmes seront évalués en vie réelle, au cœur de l’activité hospitalière de l’ICO, sur des lames utilisées en pratique courante. Une première en France, qui vise à réduire l’écart entre innovation technologique et besoins du terrain.

  • Réseaux sociaux en oncologie : un outil pour l’éducation médicale en Asie

    Cancer : un taux de mortalité de 67 % en Asie

    Le cancer reste une priorité mondiale avec 20 millions de nouveaux cas et 9,7 millions de décès en 2022, selon l’Organisation mondiale de la santé. En Asie, la mortalité/incidence atteint 67 %, contre 38 % en Europe. Les outils conventionnels de diffusion scientifique montrent leurs limites :

    • Congrès coûteux et peu accessibles
    • Publications médicales lentes à diffuser
    • Formation continue inégale selon les pays

    Plateforme Sermo : un réseau numérique pour oncologues en Asie

    En 2023, le Tata Memorial Hospital (Inde), le Clemenceau Medical Center (Liban) et le MD Anderson Madrid (Espagne) ont mené une étude via Sermo, un réseau médical sécurisé regroupant 1,3 million de médecins vérifiés dans 150 pays. Cette plateforme numérique favorise :

    • Les sondages cliniques en temps réel.
    • Les échanges professionnels transnationaux.
    • La formation médicale continue via outils numériques.

    Cette enquête illustre la croissance rapide des solutions de santé numérique en Asie, où les investissements en e-santé dépassent 4,5 milliards $ en 2022.

    Étude clinique : impact mesuré des réseaux sociaux en oncologie

    Les résultats, publiés en septembre 2023 dans Future Oncology montrent un impact mesurable des réseaux sociaux sur les pratiques cliniques. L’étude transversale incluait 14 questions et un panel de 7 digital opinion leaders (DOLs).

    • 340 oncologues interrogés (Asie, Amérique latine, Moyen-Orient).
    • 52 % signalent une influence moyenne à élevée sur leurs prescriptions.
    • 88 % utilisent ces plateformes sur mobile, souvent sur leur temps libre.
    • 64 % expriment des craintes liées aux conflits d’intérêts.

    Perspectives : réseaux sociaux et diagnostic in vitro en Asie

    Dans ce contexte, les réseaux sociaux peuvent devenir un levier stratégique pour l’éducation médicale en Asie :

    • Contenus multilingues et visuels adaptés aux usages mobiles.
    • Formation continue intégrant les DOLs en oncologie.
    • Cadres de régulation pour renforcer la fiabilité des contenus et limiter les conflits d’intérêts.

     

  • EHDS : l’idée d’un “Ségur des données secondaires” lancée lors de la table ronde de la DNS pour la journée sur l’Espace européen

    L’important c’est de « fédérer, standardiser, outiller tout l’écosystème »

    Première certitude : avec l’EHDS, les données en soi n’ont plus de valeur marchande. La valeur glisse vers les services autorisés (préparation, standardisation, sécurisation, outillage) autour d’usages bien encadrés et tracés. Les redevances réguleront l’accès ; les modèles économiques s’ancreront ailleurs : qualité, interopérabilité, accompagnement… « Ce n’est pas seulement ouvrir des données : c’est fédérer, standardiser, outiller tout l’écosystème », résume Emmanuel Bacry (HDH), qui voit déjà la continuité entre les missions actuelles de la plateforme et celles du futur ORAD (guichet d’accès, animation, standards de métadonnées, transparence citoyenne).

    L‘importance de la qualité et de l’interopérabilité pour les hôpitaux :

    Côté terrain, Vincent Vuiblet (CHU de Reims) recadre : la force des entrepôts hospitaliers, c’est la qualité contextualisée, pas la taille. Leur faiblesse ? La multiplicité des EDS. Réponse : fédérer. Le projet F-Data veut rendre visible un point d’entrée unique pour les 32 CHU (et au-delà), connecté à la gouvernance nationale mais sans perdre l’agilité locale. Objectif : un espace de données hospitalier lisible, interopérable, compétitif au niveau européen.

    Pour Barbara Benssoussan Sellam (Lifen), un angle mort demeure : la définition opérationnelle des entités d’intermédiation des données (EID). Préparer la donnée (pseudonymiser, anonymiser) relève des redevances ; mais la structuration/curation avancée va plus loin et doit rester contractualisable de gré à gré pour ne pas assécher l’innovation. Message implicite : besoin de guides très concrets pour que chaque acteur sache où il se situe, et comment financer durablement ses activités.

    L’accès réel aux données dépend de “tuyaux”

    Dans les labos, Julien Bezin pointe “deux cailloux dans la chaussure” : les délais d’accès qui sont encore longs et une interopérabilité incomplète. Les modèles de données communs existent, mais terminologies, outils et compétences locales restent décisifs pour des analyses décentralisées à l’échelle européenne. Il insiste sur le fait que sans “tuyaux” fiables ni experts sur site, il n’y a pas d’accès utilisable.

    Marie Zins rappelle la continuité RGPD : finalités autorisées (intérêt public, recherche), finalités interdites (publicité, décisions préjudiciables), minimisation, durées d’autorisation limitées (jusqu’à 10 ans) et effacement. Côté citoyens : droit à l’information, transparence des projets autorisés et droit de refus (proche de l’opposition RGPD), exerçable à tout moment. Surtout, la CNIL insiste sur un rôle d’accompagnement (concertations, bacs à sable, hotline, méthodologies de référence) plutôt que sur une logique punitive. « La régulation doit être intelligente et dialoguée. L’objectif est de protéger sans freiner la recherche », plaide la commissaire.

    L’idée d’un “Ségur des données secondaires” émerge

    Dominique Pon (Docaposte) va droit au but : le terrain est globalement favorable à l’EHDS, mais il faut passer de l’animation à l’alliance entre publics, régulateurs, producteurs et industriels. Trois priorités :

    • une doctrine data-centric à la source (SI hospitaliers et médico-sociaux) pour réduire la fragmentation ;

    • construire les “tuyaux” d’interopérabilité entre entrepôts et plateformes nationales, avec les industriels ;

    • un “Ségur” des données secondaires, calqué sur l’esprit des socles nationaux, pour industrialiser l’accès (la “cohorte en clic-bouton” reste un horizon, mais il faut financer les fondations).

    En filigrane : une doctrine de souveraineté (technique, sanitaire et économique) pour recycler la valeur au bénéfice des citoyens qui financent le système.

    Tous les intervenants de cette table ronde s’accordent : pas de succès sans onboarding citoyen. La plateforme des données de santé (PDS – HDH) multiplie registres publics, portails droits, webinaires et requêtes “à la demande” pour les associations. Reste à élever la pédagogie : expliquer les risques du partage mais aussi les coûts du non-partage (recherche plus lente, soins moins personnalisés), afin que chacun décide en connaissance de cause.

  • Pfizer et WILCO sélectionnent 6 nouvelles startups pour accélérer l’innovation en santé numérique

    Six startups rejoignent le Pfizer Healthcare Hub France pour 9 mois d’accompagnement

    Pfizer et l’accélérateur WILCO ont dévoilé les six startups lauréates de la 5ᵉ édition du Pfizer Healthcare Hub France (PHHF), à l’issue d’un appel à candidatures. Ce programme d’accompagnement a pour objectif de faire émerger des solutions de santé à fort potentiel en combinant l’expertise scientifique du laboratoire pharmaceutique et l’approche KPI-driven de l’accélération de startups. Le PHHF, lancé en 2018, en est à sa 3ᵉ édition en partenariat avec WILCO. Il propose un parcours de neuf mois autour d’un coaching, d’un double mentorat (Pfizer et WILCO), de sessions de travail conjointes et d’un accès à une communauté active d’alumni. L’objectif : permettre aux jeunes entreprises de franchir des étapes de leur développement.

    Les six startups de la nouvelle cohorte

    Les projets retenus couvrent plusieurs cas d’usage en santé numérique, outils d’aide au diagnostic et à la simplification des parcours de soins.

    • Biokortex propose des solutions numériques pour la structuration et l’exploitation de données en biologie médicale. Déjà présentes sur plusieurs centaines de sites, elles facilitent l’accès à la recherche clinique via une approche « live » des données patients.
    • Doctoome déploie une plateforme d’orientation en santé, dotée d’un moteur de recherche et de recommandation, afin d’aider les patients à identifier rapidement des praticiens adaptés à leur besoin.
    • Emobot développe une IA capable de détecter à distance les troubles de l’humeur ou certains symptômes chroniques. L’outil repose sur une analyse comportementale passive et continue, pour alerter en temps réel soignants ou aidants.
    • Pictaderm permet aux pharmaciens d’adresser des cas dermatologiques à des médecins via une plateforme sécurisée de téléexpertise, avec obtention rapide d’une ordonnance. L’outil cible notamment les zones sous-dotées.
    • Primaa automatise l’analyse d’échantillons biologiques pour accélérer et fiabiliser le diagnostic du cancer. L’objectif est de réduire les délais d’analyse et de soutenir les pathologistes dans leur décision.
    • Rosetta Omics utilise l’analyse multiomique et l’IA pour la médecine de précision en oncologie. Sa plateforme identifie les signatures biologiques de tumeurs afin d’orienter les patients vers les traitements les plus adaptés.

    Levées de fonds, contrats, validations : les résultats du Pfizer Healthcare Hub

    Le PHHF a déjà accompagné une vingtaine de startups, dont plusieurs affichent des résultats. i-Virtual (édition 3) a levé 3 M€, étendu sa présence à l’international et protégé sa technologie par un nouveau brevet. Klineo, également issue de la 3e édition, équipe désormais deux oncologues sur trois en France et collabore avec huit grands laboratoires pharmaceutiques. Sancare a signé un contrat cadre avec Pfizer, conduit plusieurs études en vie réelle, et poursuit son développement européen avec une croissance annoncée de +60 %. VitaDX, issue de la 4e promotion, a obtenu un avis favorable de la HAS pour la prise en charge de son dispositif VisioCyt Bladder.

  • AAP de la DNS pour les maternités : 1,2 M€ pour expérimenter le partage des données de périnatalité

    Alimenter Mon espace santé dès la naissance

    La délégation au numérique en santé (DNS) a lancé un appel à projets, doté de 1,2 million d’euros, pour soutenir les établissements de santé dans la dématérialisation et la transmission des données de périnatalité produites en maternité, en particulier celles relatives au certificat de santé du 8e jour (CS8). Ce certificat est actuellement renseigné à 98 % à l’hôpital, mais majoritairement sur support papier. L’objectif est de préfigurer une organisation pérenne du partage de ces données pour une alimentation sécurisée de Mon espace santé dès la naissance.

    Ce projet s’inscrit donc dans une perspective de dématérialisation du carnet de santé de l’enfant. L’appel à projets vise des actions listées :

    • Qualification de l’identité nationale de santé (INS) des nouveau-nés.
    • Activation de Mon espace santé des parents et des enfants.
    • Production structurée du CS8 au format CDA N3 et envoi sécurisé vers la plateforme nationale.
    • Alimentation automatisée des données dans l’espace numérique personnel de santé.
    • Accompagnement des parents dans l’usage de ce service.

    La DNS élargit la dématérialisation aux certificats de santé de l’enfant dans le cadre du Ségur numérique

    Le dispositif est également articulé avec la vague 2 du Ségur du numérique en santé, qui entend équiper plusieurs acteurs de la filière, notamment les maternités, la médecine de ville, la santé scolaire, les pédiatres et le secteur médico-social, pour généraliser le partage des données de santé. En parallèle, la DNS mène des travaux sur la dématérialisation des trois certificats de santé de l’enfant (CSE), avec pour objectif de produire des données structurées, exploitables à la fois par les services de protection maternelle et infantile (PMI) pour leurs actions de prévention, et pour les suivis épidémiologiques.

    Jusqu’à 120.000 € par établissement, candidatures ouvertes jusqu’au 10 octobre

    Le financement de l’appel à projets, prévu dans le cadre de l’aide à la contractualisation de l’Ondam, prévoit un soutien plafonné à 120.000 € par établissement, qui couvre: Les coûts internes de pilotage, coordination, formation. Et les coûts externes de développement, déploiement, support.

    Les dépenses de développement logiciel sont limitées à 50 % du financement total. Les développements communs à plusieurs établissements ne seront financés qu’une seule fois, tandis que les frais liés au déploiement resteront spécifiques à chaque structure. Les établissements ont jusqu’au 10 octobre pour déposer leur candidature. Les projets retenus seront annoncés au plus tard le 27 octobre.

    Note d’information n° DNS/PNU/2025/138 du 19 septembre 2025 relative à l’appel à projets « Partage numérique des données de périnatalité de maternité »

  • Des centres de commandement à l’orchestration prédictive : une nouvelle génération d’outils hospitaliers (rapport Signify Research)

    Opérations hospitalières : les systèmes d’orchestration prennent le relais des DME

    Vers une orchestration des flux en temps réel à l’échelle du réseau

    À l’origine déployés comme centres de commandement centralisés, les systèmes d’orchestration hospitaliers ont désormais évolué vers des plateformes d’analyse opérationnelle d’entreprise. Interrogeant plusieurs établissements nord-américains et canadiens, Signify Research observe une généralisation de ces solutions pour piloter les ressources, optimiser les flux de patients, anticiper les besoins et fluidifier les décisions, aussi bien au niveau central qu’en unités de soins. Ces plateformes ne se substituent pas aux dossiers médicaux électroniques (DME), mais comblent leurs lacunes : car les DME ne permettent ni une vision en temps réel des opérations à l’échelle d’un réseau, ni une anticipation des goulets d’étranglement. Les systèmes d’orchestration s’appuient sur des données hétérogènes (planning du bloc, gestion des lits, services d’imagerie, transport interne, etc.), les unifient, et les rendent exploitables pour différents profils utilisateurs : direction, infirmiers de coordination, ou encore services logistiques.

    Réduction des séjours, gains financiers, transferts facilités : quatre hôpitaux partagent leurs résultats

    Jusqu’à 40 M$ d’économies et 2 000 patients supplémentaires : les résultats chiffrés de l’orchestration hospitalière

    Cas 1 – Hôpital régional (États-Unis) :

    • Réduction de 1,07 jour de séjour en moyenne, sans ajout de lits.
    • 20 M$ d’économies en un an, réinvestis pour soigner davantage de patients.
    • Diminution de 63,9 % du temps d’attente aux urgences.
    • +22 % de transferts acceptés dans l’État.

    Cas 2 – CHU (États-Unis) :

    • Baisse de 66 % du temps entre la demande de lit et l’admission.
    • 40 M$ économisés grâce à une réduction de moitié du recours à l’intérim.
    • Meilleur regroupement des patients par équipe soignante.

    Cas 3 – Réseau hospitalier (Canada) :

    • -52 % de jours d’hospitalisation en médecine aiguë évitables.
    • -34 % de délai pour placement des patients depuis les urgences.
    • -76 % de retard pour les évaluations en soins de support.
    • Suppression du recours aux infirmières intérimaires.

    Cas 4 – Réseau multi-sites (États-Unis) :

    • +2 000 patients accueillis chaque année.
    • +11 transferts inter-établissements par jour.
    • Répartition plus pertinente des lits et du personnel.

    Alignement, adhésion, accessibilité, les clés d’une mise en œuvre réussie

    • Alignement stratégique : la capacité à intégrer ces solutions dans une logique d’investissement avec des indicateurs mesurables.
    • Implication du terrain : engagement des équipes dès la conception pour limiter les freins liés à la surveillance perçue.
    • Accessibilité de l’information : adaptation des interfaces et des données aux rôles et lieux d’utilisation pour une action rapide.

    Vers des systèmes d’orchestration prescriptifs, étendus à l’ensemble du parcours de soins

    L’évolution attendue de ces systèmes repose sur l’intégration d’IA prescriptive : au-delà de prévoir les afflux ou les goulots, il s’agira de proposer des actions (réaffectation de ressources, planification de sorties, redirection de patients). L’enjeu est aussi d’élargir cette intelligence à l’ambulatoire, au domicile, ou aux soins post-aigus. Pour Signify Research, ces systèmes deviennent un standard dans un contexte de pénurie de ressources et de montée des attentes. Les établissements qui investissent dès maintenant renforceront leur capacité d’adaptation, la qualité des soins et la performance globale.

  • ARS IDF : sept projets retenus pour expérimenter de nouvelles organisations de soins appuyées par le numérique

    Réanimation, EHPAD, santé mentale, urgences : 92 candidatures pour 6 lauréats 

    L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a dévoilé les lauréats 2025 de son appel à projets annuel dédié aux innovations organisationnelles intégrant des solutions numériques ou technologiques. Cette initiative, pilotée par sa Direction de l’Innovation, de la Recherche et de la Transformation Numérique (DIRNOV), vise à soutenir des expérimentations permettant d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels et les parcours de soins.

    Lancé en avril 2025, cet appel à projets impose aux porteurs de constituer un groupement associant une ou plusieurs structures expérimentatrices franciliennes avec un fournisseur de solution numérique ou technologique. Les projets devaient s’aligner sur les orientations stratégiques régionales, notamment en matière d’accès aux soins, de coordination entre professionnels, de prévention, de formation ou encore d’implication des usagers. Parmi les objectifs attendus :

    • Faciliter l’accès aux parcours de santé.
    • Répondre aux tensions d’accès aux soins.
    • Soutenir les coopérations interprofessionnelles.
    • Ou encore favoriser les innovations organisationnelles territorialisées.

    Du neuro-monitoring à l’anamnèse multilingue : six projets financés pour réorganiser les pratiques en santé

    Sur les 92 candidatures reçues, six projets ont été retenus pour bénéficier d’un soutien financier sur deux ans. Les projets sélectionnés couvrent un large spectre d’usages numériques au service de nouvelles pratiques professionnelles, en lien direct avec la feuille de route du numérique en santé et le Projet régional de santé de l’ARS Île-de-France.

    • ORSOM – Optimiser le sommeil des patients en réanimation : Ce projet réorganise les soins en unités de réanimation pour préserver les cycles de sommeil des patients. Il s’appuie sur un dispositif de neuro-monitoring non invasif et une application numérique intégrée à la planification des soins, instaurant un modèle ajusté à l’état du patient plutôt qu’à des horaires fixes.
    • RTT-TCA – Détection autonome des troubles alimentaires : La plateforme développée propose un dépistage précoce et une orientation vers des thérapies cognitivo-comportementales semi-autonomes et personnalisées. Elle vise tous les âges et intervient avant l’apparition de troubles syndromiques, facilitant un accès aux soins en amont.
    • Bien vieillir connect – Mutualisation des données en EHPAD : Ce projet déploie une plateforme logicielle qui agrège et centralise les données issues de différents dispositifs connectés en EHPAD. Il permet un suivi intelligent des résidents (télérelève des constantes, détection des chutes), interfacé avec les logiciels de soins, pour optimiser la gestion quotidienne.
    • La Maison virtuelle – Prise en charge numérique du refus scolaire anxieux : Un univers virtuel, inspiré du jeu vidéo, permet aux soignants et adolescents souffrant de refus scolaire anxieux d’interagir via avatars. Ce dispositif hybride d’intervention vise une prise en charge précoce et accessible, avant toute approche présentielle.
    • Prévention en CPTS – Parcours numériques pour publics fragiles : Une plateforme facilite l’accès aux soins pour des publics sans suivi médical. Elle propose des parcours de prévention activables par les professionnels de santé, avec génération automatique de rapports, envois de questionnaires, relances et rappels.
    • Anamnèse multilingue aux urgences pédiatriques : Une application web et mobile permet aux familles de remplir une anamnèse structurée en amont de leur venue aux urgences. Le dispositif standardise les informations recueillies, réduit le temps de consultation et facilite le triage à l’arrivée des patients.

    La diversité des thématiques traitées – de la réanimation au médico-social, de la santé mentale à la pédiatrie – illustre l’appropriation des outils numériques par des acteurs variés, dans une logique de transformation organisationnelle. Comme pour les éditions précédentes, la qualité des projets reçus souligne le potentiel d’innovation porté par les établissements de santé franciliens. L’ensemble des expérimentations fera l’objet d’un suivi par l’ARS sur la période 2025-2027.

  • EarlyTracks et Use&Share fusionnent pour créer EMS Health, un groupe européen dédié aux données cliniques

    Un nouveau groupe pour la valorisation des données de santé en Europe

    EarlyTracks (Belgique) et Use&Share (France) annoncent (le 24 septembre) la création d’EMS Health, un groupe dédié à l’amélioration de la qualité et à la valorisation des données de santé à l’échelle européenne. Leur objectif est de transformer les données cliniques fragmentées en informations exploitables, fiables et conformes aux standards internationaux. EarlyTracks est présent dans plus de 30 établissements de santé en Belgique et développe des solutions en traitement automatique du langage (NLP) et en modèles de langage larges (LLM) appliqués au secteur médical. Use&Share intervient en France dans la gestion des terminologies médicales auprès d’hôpitaux, d’agences publiques et d’éditeurs de logiciels, dans le cadre de projets tels que ceux du Health Data Hub ou de Vidal.

    EMS Health veut structurer une filière indépendante autour des données cliniques interopérables

    EMS Health souhaite structurer une filière indépendante des dispositifs existants, tels que les dossiers patients informatisés, les entrepôts de données de santé ou les outils d’aide à la décision. Le groupe inscrit sa démarche dans le projet de l’Espace Européen des Données de Santé (EHDS), qui vise à rendre les données accessibles, sécurisées et interopérables dans toute l’Union européenne. Anne Maheust, pharmacien hospitalier et CEO de Use&Share, souligne l’intérêt de rapprocher les infrastructures techniques et les usages métiers pour replacer l’humain au centre des pratiques de soins. De son côté, Antoine Praet, co-dirigeant d’EMS Health, affirme que l’enjeu consiste à fournir “des outils concrets pour produire des données cliniques propres, structurées et interopérables”.

    La direction d’EMS Health regroupe Anne Maheust, Antoine Praet et Brice de Behault, Administrateur-Délégué d’EarlyTracks. Ensemble ils supervisent les projets stratégiques et assurent le développement commercial du groupe. EMS Health collabore avec une diversité d’acteurs du secteur, parmi lesquels des hôpitaux, des professionnels de santé, des agences publiques et des éditeurs de logiciels. En réunissant une vingtaine d’experts médicaux et technologiques, le groupe entend jouer un rôle dans la professionnalisation et l’intégration européenne de la donnée de santé.

  • US : Face aux dérives de GPT-5, des experts appellent à encadrer l’usage des IA grand public en santé mentale

    700 millions d’usagers et l’émergence d’un usage détourné des IA en santé mentale

    Avec près de 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires, ChatGPT est devenu pour beaucoup un interlocuteur régulier, y compris dans des moments de stress, de solitude ou de souffrance psychique. Le lancement de GPT-5, perçu comme plus froid et impersonnel, a provoqué une vague de réactions négatives sur Reddit et d’autres forums. Pour certains utilisateurs, cette mise à jour a été vécue non comme une simple évolution technique, mais comme la perte d’un soutien émotionnel. Cet épisode met en lumière un phénomène plus large : l’usage croissant de chatbots généralistes comme substituts aux professionnels de santé mentale, dans un contexte où les systèmes de soins restent inaccessibles pour une large partie de la population.

    IA et santé mentale : le risque d’un soutien sans discernement

    Sam Altman : « ChatGPT n’est pas un thérapeute »

    Si OpenAI a rapidement ajusté le ton de GPT-5 pour le rendre « plus chaleureux » et intégré des recommandations de pauses en cas d’utilisation prolongée, la structure même de ces IA reste problématique. Conçus pour maximiser l’engagement, ces agents virtuels tendent à valider les propos de l’utilisateur sans discernement, renforçant parfois des croyances délirantes ou des logiques d’évitement. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a lui-même rappelé que ChatGPT ne devait pas être utilisé comme un thérapeute. Le consensus parmi les professionnels du secteur est clair : sans encadrement clinique, l’usage de ces outils peut nuire à la santé mentale, en renforçant la dépendance, en retardant le recours à un accompagnement qualifié, voire en alimentant des formes de psychose induites par l’IA.

    Ce qu’exige un usage responsable de l’IA en santé mentale

    Pour répondre à ces enjeux, plusieurs recommandations sont portées par des experts issus des champs technologique, clinique et éthique :

    • Étiquetage transparent distinguant les outils généralistes des solutions conçues pour la santé mentale.
    • Consentement éclairé, avec une information compréhensible sur les limites et les usages des données.
    • Participation de cliniciens à la conception des produits, avec des cadres fondés sur des approches validées (TCC, entretien motivationnel…).
    • Supervision humaine continue, avec audits réguliers des réponses générées.
    • Protocoles d’escalade pour orienter les utilisateurs vers des professionnels en cas de besoin.
    • Sécurité des données et conformité aux réglementations (HIPAA, RGPD…).

    Ces éléments ne constituent pas des options, mais un socle minimal pour tout déploiement de l’IA en contexte de vulnérabilité psychique.

    Un appui émotionnel et non un traitement thérapeutique ? Une piste à explorer

    Dans l’immédiat, les experts s’accordent à dire que le potentiel de l’IA se situe surtout dans l’accompagnement subclinique. Ces outils peuvent aider les personnes qui ne relèvent pas d’un diagnostic formel mais ont besoin d’un soutien quotidien. Offrir un espace d’expression, aider à prendre du recul ou faciliter la reconnaissance émotionnelle sont autant d’usages utiles, à condition d’être cadrés. Par ailleurs, l’IA peut aussi contribuer à désengorger le système de soins, en automatisant certaines tâches administratives lourdes (facturation, codage, remboursement), ce qui permettrait aux professionnels de se concentrer sur la relation thérapeutique.

    Vers une régulation nationale de l’IA en santé mentale

    L’absence de distinctions claires entre chatbot, thérapeute et compagnon virtuel alimente la confusion et la défiance. Pour y remédier, des standards nationaux sont jugés nécessaires, afin de définir les rôles, poser des limites et sécuriser l’expérience utilisateur. GPT-5 illustre les risques de concevoir des IA sans tenir compte de leur usage réel. Pour que ces outils soutiennent réellement la santé mentale, ils doivent être pensés dès l’origine avec des principes de design centrés sur l’humain, en intégrant les apports conjoints des cliniciens, ingénieurs, patients, chercheurs et décideurs publics.

  • Etude : les failles du suivi des dispositifs médicaux à base d’IA mises à jour (Jama)

    IA médicale : 950 dispositifs autorisés par la FDA, mais quelles preuves ?

    Les dispositifs médicaux utilisant l’intelligence artificielle et le machine learning se multiplient dans les hôpitaux et les cabinets, que ce soit pour analyser des images médicales, aider au diagnostic ou guider des décisions thérapeutiques. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a déjà autorisé près de 950 de ces produits. La grande majorité ont été validés via une procédure dite 510(k), qui consiste à prouver qu’un nouveau dispositif est « équivalent » à un autre déjà sur le marché. Mais ce système soulève une question : les preuves fournies sont-elles vraiment suffisantes pour garantir la sécurité et l’efficacité de ces outils ?

    Pour répondre à cette question, des chercheurs de plusieurs universités américaines (Pennsylvania, Stanford, Harvard…) ont analysé 691 dispositifs IA/ML autorisés par la FDA entre 1995 et 2023. Ils ont examiné les documents remis par les fabricants lors de l’autorisation, ainsi que les données disponibles après la mise sur le marché : signalements d’incidents et rappels. L’idée était simple : vérifier dans quelle mesure les bénéfices et les risques de ces dispositifs sont réellement décrits et suivis.

    Résultats : une évaluation manquant de rigueur

    • Tous les dispositifs classés en risque modéré (classe II) ; 96,7 % autorisés via la procédure 510(k).
    • 46,7 % seulement mentionnaient la taille de l’échantillon, 53,3 % le design de l’étude, 39,4 % avaient fait l’objet d’une publication scientifique, 0,4 % rapportaient de vrais résultats cliniques sur les patients.
    • La sensibilité était fournie pour 24 % des dispositifs, la spécificité pour 22 %.
    • Aucun résultat de sécurité dans 71,8 % des cas, pas d’évaluation des biais dans 91,3 %, risques potentiels mentionnés pour seulement 6,1 %.
    • 36 dispositifs (5,2 %) liés à 489 incidents (dont 30 blessures et 1 décès), 40 dispositifs (5,8 %) rappelés (113 rappels au total). Les dispositifs signalés pour des incidents étaient dix fois plus souvent rappelés (38,9 % contre 4 %).

    Des indicateurs non standardisés, des risques mal suivis

    Cette étude met en évidence un manque de transparence et de rigueur dans l’évaluation des dispositifs médicaux basés sur l’IA. Le recours massif à la procédure 510(k), qui n’exige pas de preuves cliniques solides, fait craindre que des failles se répètent et s’amplifient d’une génération de dispositifs à l’autre. Les auteurs rappellent aussi que, contrairement aux médicaments, il n’existe pas de standards prédéfinis pour démontrer l’efficacité ou la sécurité des dispositifs IA. Chaque fabricant choisit ses propres indicateurs, rendant les comparaisons difficiles et limitant la confiance des cliniciens. Le suivi post-marché pose également problème : la base de signalements d’incidents repose largement sur des déclarations volontaires, ce qui suggère que les chiffres publiés sont probablement en deçà de la réalité.

    Des obligations plus strictes en Europe

    Si aux États-Unis, la tendance est à l’assouplissement réglementaire au nom de l’innovation, en Europe, le AI Act, entré en vigueur en août 2024, prévoit des exigences renforcées pour les systèmes d’IA jugés à « haut risque », dont les dispositifs médicaux. Ces obligations (documentation technique, évaluation de la sécurité, transparence accrue) seront toutefois mises en place progressivement, avec des délais pouvant aller jusqu’à 2027 pour les fabricants. Les auteurs de l’étude appellent donc à l’instauration de « standards plus stricts de reporting » et à un « renforcement de la surveillance post-commercialisation » afin de garantir la confiance des praticiens et des patients.

    * Benefit-Risk Reporting for FDA-Cleared Artificial Intelligence−Enabled Medical Devices. Lin JC, Jain B, Iyer JM, et al. JAMA Health Forum. 2025;6(9):e253351. doi:10.1001/jamahealthforum.2025.3351

    https://jamanetwork.com/journals/jama-health-forum/fullarticle/2839236