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  • La fonction d’infirmier coordinateur en Ehpad désormais reconnue

    La reconnaissance d’un rôle propre et en coordination. 

    La loi du 27 juin 2025 répond à une demande ancienne de la profession ( plus de 600 000 infirmiers en France) et consacre pour la première fois un statut de l’infirmier, modifiant pour cela plusieurs articles du Code de la santé publique et du Code de la sécurité sociale. Elle donne une base légale à des fonctions spécifiques exercées par ces professionnels. Un décret du 4 septembre vise les fonctions de coordination en Ehpad. 

    La loi pose d’emblée que « l’infirmier exerce son activité dans le respect du code de déontologie, dans le cadre de son rôle propre ou sur prescription et en coordination avec les autres professionnels de santé ». Sont ensuite énumérées les nombreuses missions de l’infirmier, en propre ou avec d’autres professionnels de santé, allant de la prévention aux soins, à la coordination, à la permanence des soins ou à la recherche.  

    La consultation infirmière est reconnue explicitement, ce qui valide également le diagnostic infirmier. Les patients pourront donc consulter un infirmier en première intention. L’infirmier peut ainsi, comme les professions médicales, prescrire de manière autonome certains produits de santé et examens, sans prescription médicale préalable. La liste de ces produits et actes sera fixée par arrêté ministériel, sur avis de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Académie de médecine, afin d’éviter les conflits de compétence et de respecter le parcours de soin. 

    Un décret sur les activités et compétences infirmières, actuellement en préparation, est destiné à donner à la profession les moyens d’appliquer ces nouvelles dispositions. Le projet présenté par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) fait l’objet de critiques de la part de l’Ordre national des infirmiers :  absence de financement pour l’accès direct, autonomie de prescription et rôle coordination très restreints. 

    Le rôle de l’infirmier et du médecin coordinateurs en Ehpad 

    Une des missions listées à l’article 1 de la loi est de « contribuer à l’orientation de la personne ainsi qu’à la coordination et à la mise en œuvre de son parcours de santé ». L’article 2 de la loi cite expressément l’infirmier de coordination (IDEC) parmi les membres de l’équipe pluridisciplinaire en Ehpad, telle qu’elle est définie à l’article 312-155-0 du Code de l’action sociale et des familles (CASF). Il est indiqué que l’IDEC exerce sa mission « en collaboration avec le médecin coordonnateur et en lien avec l’encadrement administratif et soignant de l’établissement ». Des mesures réglementaires devront préciser les modalités de nomination, les compétences et les moyens. 

    Un décret du 4 septembre a d’ores et déjà défini les conditions d’exercice du couple formé par le médecin et l’infirmier coordonnateur. L’IDEC est placé « sous la responsabilité et l’autorité administratives du responsable de l’établissement » et du cadre de santé le cas échéant. 

    Ses missions sont ainsi décrites :  

    • L’IDEC « participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante » ; 
    • Il « contribue aux projets d’amélioration continue de la qualité des soins » ; 
    • Il « participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante ». 

    Plus globalement, il « concourt à l’exercice des missions des médecins coordonnateurs ». Le décret donne désormais à ces derniers la possibilité d’assurer le suivi médical des résidents qui le souhaitent. Leur contrat avec l’Ehpad précisera le nombre de patients concernés, ainsi que le temps de présence du médecin. Le recours  à la télécoordination est admis à titre temporaire. 

    Ces premières évolutions dans l’exercice de la profession d’infirmier sont de nature à favoriser la prévention, à optimiser les soins des personnes dépendantes, tant à domicile qu’en Ehpad. 

    Loi 2024-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier :
    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051806032 

    Décret du 4 septembre 2025-897 relatif aux missions et conditions d’exercice des médecins et infirmiers coordonnateurs en Ehpad :
    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000052202606/2025-09-07#:~:text=Circulaires%20et%20instructions-,Décret%20n°%202025%2D897%20du%204%20septembre%202025%20relatif,pour%20personnes%20âgées%20dépendantes%20(EHPAD) 

     

  • Dépenses de santé : 333 milliards d’euros en 2024, une croissance modérée de 3,6 % selon la Drees

    • La dépense courante de santé (DCSi) atteint 333 Mds € en 2024, en hausse de 3,6 %, une des plus faibles progressions en Europe.
    • Les coûts de gestion du système de santé augmentent de 4,9 %, surtout dans les organismes complémentaires.
    • Les dépenses de prévention progressent légèrement (+0,9 %), après une baisse liée à la fin de la crise sanitaire.
    • Les soins de longue durée enregistrent une hausse de 3,4 %.

    • CSBM : 255 Mds € en 2024, soit 77 % de la DCSi.
    • Soins hospitaliers : +2,6 % dans le public, +4,0 % dans le privé.
    • Activité hospitalière publique toujours -3,5 % sous son niveau de 2019.
    • Soins ambulatoires : 77,8 Mds €, en hausse de 4,0 %.
    • Imagerie : +7,8 % ; biologie : -0,7 %.
    • Biens médicaux : 56,2 Mds €, dont 34,5 Mds € pour les médicaments.
    • Médicaments : +5,5 % en valeur, +7,3 % en volumes.
    • Financement CSBM : 79,4 % public, 12,8 % complémentaires, 7,8 % ménages.

    Coûts de gestion en hausse de 4,9 % en 2024

    Prévention : dépenses quasi stables après la crise sanitaire

    Selon l’édition 2025 du rapport annuel de la Drees, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) a atteint 333 milliards d’euros en 2024, soit une progression de 3,6 % sur un an, après +3,4 % en 2023. Cette hausse reste parmi les plus faibles enregistrées en Europe. La part de la DCSi dans le PIB reste stable à 11,4 %. Certains postes connaissent des évolutions plus marquées :

    • Les coûts de gestion du système de santé augmentent de 4,9 %, en particulier ceux des organismes complémentaires.
    • Les dépenses de prévention progressent légèrement (+0,9 %), après une forte baisse liée à la fin progressive de la crise sanitaire.
    • Les soins de longue durée augmentent de 3,4 %.

    Consommation médicale : 255 Mds €, hausse tirée par l’hospitalier

    La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), principal composant de la DCSi, s’élève à 255 milliards d’euros. Elle comprend les soins hospitaliers, les soins ambulatoires et les biens médicaux. Les soins hospitaliers représentent 47 % de la CSBM (120,8 milliards d’euros). Ils progressent de 2,9 %, avec des évolutions différenciées : +2,6 % dans le public (93,6 milliards) et +4,0 % dans le privé (27,1 milliards). L’activité hospitalière publique reste inférieure de 3,5 % à son niveau de 2019, en raison d’un recul de l’activité en psychiatrie. En médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie, l’hôpital public retrouve toutefois son niveau de 2019.

    Ambulatoire : hausse portée par les spécialistes et l’imagerie

    Les soins ambulatoires représentent 31 % de la CSBM, soit 77,8 milliards d’euros (+4,0 %). Cette hausse s’explique par une augmentation des volumes, notamment chez les spécialistes (+2,3 %), ainsi que par des revalorisations tarifaires (imagerie, sages-femmes, auxiliaires médicaux). L’imagerie progresse fortement (+7,8 %), tandis que la biologie recule légèrement (-0,7 %), en lien avec une baisse des tarifs. Les dépenses de biens médicaux s’élèvent à 56,2 milliards d’euros, dont 34,5 milliards pour les médicaments. La consommation de médicaments est en nette hausse en valeur (+5,5 %), soutenue par les volumes (+7,3 %).

    292 € de reste à charge : +5,8 % sur un an

    En 2024, les prix de la CSBM progressent de 0,6 %, soit moins que l’inflation générale (+2,0 %). Les prix des soins de ville augmentent de 2,5 %, tirés par les revalorisations tarifaires, mais cette hausse est compensée par la faible évolution des prix hospitaliers (+0,5 % dans le public, +0,9 % dans le privé) et la baisse des prix dans certaines activités techniques. Le reste à charge des ménages pour la CSBM s’élève à 292 euros par habitant, contre 276 euros en 2023. Il représente 7,8 % de la CSBM, et 10,2 % de la DCSi. Ce reste à charge est l’un des plus faibles de l’Union européenne, derrière le Luxembourg et la Croatie.

    Complémentaires santé : part en hausse à 12,8 %

    En 2024, la part des administrations publiques dans le financement de la CSBM diminue légèrement (-0,5 point), pour atteindre 79,4 % (202 milliards d’euros). En parallèle, la part des organismes complémentaires progresse de 0,3 point (12,8 %), et celle des ménages de 0,1 point (7,8 %). Ce glissement s’explique notamment par le doublement des franchises et participations forfaitaires, et la baisse de certains remboursements publics, malgré la prise en charge intégrale des personnes en affection de longue durée (ALD). Les ménages contribuent proportionnellement davantage aux dispositifs médicaux, moins bien couverts par les assurances publiques et complémentaires. Le poste des soins ambulatoires est celui qu’ils financent le plus en valeur absolue.

     

  • 27 % des 18-24 ans ont déjà testé une IA pour analyser leurs symptômes (OpinionWay pour l’assureur MMA)

    • 31 % des Français optent pour l’automédication face à un problème de santé bénin (les difficultés d’accès aux professionnels renforcent cette tendance).
    • 55 % des Français déclarent « googliser » leurs symptômes (les sites les plus visités : Doctissimo, Ameli, ministère de la Santé).
    • Seuls 2 % des répondants ont utilisé un symptom checker (outil d’auto-évaluation).
    • Usage de l’IA en progression : 27 % des 18-24 ans et 22 % des 25-34 ans les ont déjà testés (86 % des utilisateurs d’IA santé sont satisfaits, dont un tiers « très satisfaits »).
    • Les symptômes les plus analysés : douleurs musculaires, maux de dos et de tête, fièvre, fatigue.
    • Motivations principales : obtenir un avis rapide (56 %) et éviter des consultations jugées inutiles (41 %).
    • Freins : préférence pour un professionnel (52 %) et défiance envers l’IA santé (51 %), malgré une note de confiance de 8/10.

    27 % des 18-24 ans ont déjà testé une IA pour analyser leurs symptômes

    Symptom checkers : des outils encore méconnus mais en progression

    Selon une étude OpinionWay réalisée pour l’assureur MMA, 31 % des Français optent pour l’automédication face à un problème de santé bénin. Les consultations médicales ne concernent que 15 % des cas, tandis que 18 % préfèrent attendre que les symptômes disparaissent. Cette tendance est renforcée par les difficultés d’accès aux professionnels de santé. Les plus de 50 ans sont les plus enclins à l’automédication, tandis que les plus jeunes privilégient les conseils de leur entourage ou la recherche d’informations en ligne.

    La consultation d’Internet est devenue une habitude : 55 % des Français déclarent « googliser » leurs symptômes. Les sources les plus visitées sont des sites généralistes ou institutionnels comme Doctissimo, Ameli ou le ministère de la Santé. En revanche, seuls 2 % des répondants disent avoir utilisé un outil d’auto-évaluation de type « symptom checker ». Ces dispositifs restent mal identifiés malgré leur existence sur le marché. Près de la moitié des Français ont pourtant entendu parler d’outils exploitant l’intelligence artificielle pour analyser des symptômes bénins. Leur utilisation reste marginale, mais progresse nettement chez les jeunes adultes : 27 % des 18-24 ans et 22 % des 25-34 ans les ont déjà testés.

    86 % des utilisateurs d’IA santé se disent satisfaits, dont un tiers « très satisfaits »*

    Les symptômes les plus analysés : douleurs musculaires, fièvre, fatigue et maux de tête

    Parmi les utilisateurs d’outils d’IA, 86 % se déclarent satisfaits, un tiers d’entre eux étant même « très satisfaits ». Les symptômes les plus fréquemment analysés sont les douleurs musculaires, maux de dos, de tête, épisodes de fièvre ou de fatigue. La moitié des utilisateurs déclarent y recourir souvent, et 75 % les ont déjà utilisés plusieurs fois. Parmi les non-utilisateurs, 49 % se disent prêts à essayer un outil d’IA pour évaluer leurs symptômes. L’intérêt est particulièrement marqué chez les 25-34 ans (62 %) et les CSP+ (57 %). Les motivations principales sont la rapidité d’obtention d’un premier avis (56 %) et l’évitement de consultations jugées inutiles (41 %). Les symptômes pour lesquels ces outils suscitent le plus d’intérêt sont le mal de gorge, la fatigue, les douleurs articulaires, les démangeaisons et les maux de ventre.

    Les principaux obstacles à l’usage de ces dispositifs sont le souhait de consulter un professionnel (52 %) et la défiance envers l’IA en santé (51 %). Pourtant, les utilisateurs attribuent à ces outils une note moyenne de confiance de 8/10, un niveau similaire à celui des sites institutionnels. Dans une logique de prévention et d’accompagnement, MMA propose à ses assurés un accès gratuit à un outil d’analyse de symptômes développé par ADA Health, via son partenaire Santéclair.

  • Philips SpeechMike Ambient : un microphone intelligent portable pour réduire la charge administrative en milieu hospitalier

    Interprétation multilingue et transcription clinique

    La société Speech Processing Solutions (SPS), à l’origine de la gamme de microphones professionnels Philips, lance une nouvelle version de son appareil phare : le Philips SpeechMike Ambient. Ce microphone intelligent portable s’appuie sur l’intelligence artificielle dite « ambiante » (ambient listening) pour capter, traiter et interpréter la voix en temps réel, le tout dans un environnement hospitalier parfois bruyant. L’appareil est pensé pour soulager les professionnels de santé des tâches documentaires, chronophages, en facilitant la transcription automatique, la génération de notes cliniques, l’interprétation multilingue et certaines fonctions d’assistant virtuel. Le dispositif permet une intégration avec des plateformes logicielles tierces et vise à améliorer la précision des solutions conversationnelles basées sur l’IA.

    Une IA avec 4 micros, une autonomie de 24h et un usage mobile ou fixe

    L’outil est équipé de quatre microphones directionnels haute performance et d’un système d’identification vocale par IA. Il adapte ses modes audio selon les situations : consultation médecin-patient, enregistrement individuel, ou environnement bruyant. Grâce à son design portable, compact et léger, il est conçu pour accompagner les soignants tout au long de leurs gardes. Son autonomie couvre une journée complète, et ses matériaux répondent aux normes d’un usage clinique intensif. Parmi les options de port : un clip magnétique, un cordon tour de cou et une station d’accueil sont proposés, permettant un usage à la fois mobile et fixe.

    Bluetooth sécurisé et compatibilité plug-and-play pour un déploiement facilité en milieu de soin

    Le SpeechMike Ambient propose une connexion Bluetooth Low Energy chiffrée, un appairage sécurisé par code, et se conforme aux standards CE, FCC et RCM. Il est compatible plug-and-play avec le matériel existant de la gamme Philips SpeechMike, facilitant son déploiement dans les établissements déjà équipés. Le fabricant fournit un SDK complet et une API dédiée pour permettre une intégration fluide aux systèmes cliniques, notamment dans les environnements hospitaliers disposant déjà de solutions de documentation numérique. Déjà adopté par des professionnels de santé, le microphone s’inscrit dans la stratégie de SPS de proposer des outils qui optimisent les workflows documentaires et contribuent à la réduction de l’épuisement professionnel.

  • Malaisie : un outil d’IA pour prédire les formes sévères de dengue dès l’admission hospitalière

    10 variables cliniques pour anticiper la forme grave de la dengue

    Selon l’OMS, 3,9 milliards de personnes dans 129 pays sont exposées à la dengue, avec 390 millions d’infections annuelles, dont 96 millions symptomatiques. Parmi ces patients, 20 % développent une forme sévère, entraînant près de 40 000 décès par an. Les méthodes classiques — examen clinique et tests sérologiques ou moléculaires (PCR, ELISA) — présentent des limites en termes de prédiction pronostique, de délai d’analyse et d’accessibilité dans les zones à ressources limitées.

    Une équipe malaisienne développe DeSprog, un outil basé sur l’intelligence artificielle pour identifier dès l’admission hospitalière les patients à risque de dengue sévère.

    L’université de Malaya a réuni cliniciens et biostatisticiens pour concevoir DeSprog (Dengue Severity Prognostication), intégrant un algorithme de machine learning au dossier médical électronique. L’outil évalue le risque de dengue sévère dès l’admission, avec un déploiement en temps réel via un tableau de bord clinique.

    Points clés du modèle :

    • Algorithmes testés : régression logistique, Random Forest et Support Vector Machines (SVM).
    • 10 variables cliniques analysées pour prédire l’évolution de la maladie.
    • Intégration directe dans le flux hospitalier pour un usage pratique.

    DeSprog affiche 90,7 % de précision globale

    Une étude prospective pilote, monocentrique, menée de novembre 2021 à novembre 2022, a inclus tous les patients admis pour dengue dans un hôpital tertiaire malaisien. Les résultats publiés dans BMJ Evidence-Based Medicine montrent :

    • Précision globale : 90,74 %
    • Spécificité : 93,08 %
    • Valeur prédictive négative : 97,19 %
    • Sensibilité : 30 %
    • Valeur prédictive positive : 14,29 %

    Ces données indiquent que DeSprog identifie efficacement les patients peu susceptibles de développer une dengue sévère, tout en soulignant la nécessité d’intégrer des biomarqueurs moléculaires pour améliorer la sensibilité du modèle.

     

  • Webinaire « Prévention et santé populationnelle »

    Thème privilégié par notre Think Tank, la prévention reste un pilier stratégique encore sous-exploité, malgré l’urgence, les moyens manquent, et l’écosystème reste fragmenté.

    Cette nouvelle étude explore les verrous, leviers et solutions pour faire de la santé populationnelle un axe fort du système de soins français et l’usage de l’IA dans les solutions de prévention. Nous reviendrons, lors de ce webinaire, sur les 14 cas d’usage d’IA appliqués à la santé populationnelle que nous avons identifiés, ainsi que les 13 solutions analysés dans notre étude. Ce webinaire est offert pour nos adhérents abonnés à notre plateforme Health & Tech Intelligence et ouvert en mode payant pour tous.

    👉 Vous pouvez vous inscrire à ce webinaire dès maintenant en cliquant sur ce lien.
    👉 Vous pouvez également retrouver notre étude en cliquant sur ce lien.

  • Budget santé 2026 : 5 milliards d’euros supplémentaires, fraude sociale, AME et maisons France Santé, S.Lecornu livre ses premières orientations

    • +5 Md€ annoncés pour la santé dans le PLFSS 2026.
    • Aucune précision sur la répartition des crédits.
    • Réduction de 6 Md€ dans les dépenses de l’État.
    • Projet de loi anti-fraude présenté mi-octobre.
    • Pas de suppression de l’AME, mais des ajustements.
    • Pas d’information sur les 5 000 maisons France Santé.

    Hausse de 5 Md€ pour la santé, réduction des dépenses de l’État en parallèle

    Alors que la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 est attendue à l’automne, le Premier ministre a livré les premières pistes budgétaires dans une interview au Parisien. Selon Sébastien Lecornu, l’enveloppe santé augmentera de 5 milliards d’euros en 2026. Ce montant s’ajoutera aux 6 milliards d’euros promis pour les retraites. Aucun détail n’a été apporté sur la répartition de ces crédits. Cette hausse des dépenses s’accompagnera d’un effort de réduction des coûts pour l’État. Sébastien Lecornu a précisé que les ministères devront réduire leurs dépenses, et réorganiser la gestion territoriale via la décentralisation. Ces mesures pourraient impacter les structures de gouvernance de la santé.

    Fraude sociale et fiscale : un projet de loi attendu mi-octobre, selon Lecornu

    Par ailleurs, le Premier ministre a confirmé que le futur gouvernement reprendra le projet de loi contre la fraude sociale, initialement porté par Catherine Vautrin avant sa démission. Ce texte pourrait être présenté au Conseil des ministres en même temps que les deux projets budgétaires, à la mi-octobre. Lecornu a exprimé le souhait d’un texte « ambitieux », incluant la lutte contre la fraude fiscale.

    AME : pas de suppression, mais des ajustements ciblés pour renforcer le contrôle

    Interrogé sur le rapport remis fin 2023 par Claude Evin et Patrick Stefanini concernant l’aide médicale d’État (AME), Sébastien Lecornu a écarté l’hypothèse d’une suppression. Il s’est dit favorable à des évolutions ciblées du dispositif, dans une “logique d’efficacité” et de santé publique, en évoquant une “modernisation administrative” et une révision de certains critères pour mieux prévenir les fraudes.

    Enfin, concernant les 5 000 maisons France Santé promises pour lutter contre les déserts médicaux, aucune information complémentaire n’a été fournie.

  • IA en santé : un marché mondial projeté à 504 milliards USD d’ici 2032

    • Poids actuel du marché : la valeur estimée du marché pour 2024 est de 29,01 Mds USD.
    • Croissance attendue : le marché mondial de l’IA en santé devrait passer de 39,25 Mds USD en 2025 à 504,17 Mds USD en 2032, soit un TCAC de 44 %.
    • Secteur dominant : la chirurgie assistée par robot est l’application IA la plus adoptée en 2024, tirée par la demande en actes mini-invasifs.
    • Croissance régionale rapide : la région Asie-Pacifique affichera le TCAC le plus élevé grâce aux investissements soutenus en Chine, en Inde et au Japon.
    • Écosystème industriel : les principaux acteurs du marché incluent Microsoft, Amazon, Nvidia, Google, Siemens Healthineers ou encore Intel.

    Un bond de 29 à 504 milliards USD entre 2024 et 2032

    L’Amérique du Nord en tête, la région Asie-Pacifique en rattrapage

    Selon un rapport de Fortune Business Insights, le marché mondial de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins de santé, évalué à 29,01 milliards USD en 2024, pourrait atteindre 504,17 milliards USD en 2032. Ce développement rapide, estimé à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 44 % sur la période 2025–2032, s’explique par l’intégration croissante de l’IA dans les flux cliniques, les diagnostics, la chirurgie robotique ou encore la gestion hospitalière.

    En 2024, l’Amérique du Nord représentait 49,29 % du marché mondial, portée par une forte adoption technologique, une infrastructure de santé avancée et des partenariats, comme celui de GE Healthcare avec AWS. Les États-Unis concentrent les principaux fournisseurs de solutions IA comme Microsoft, Amazon ou Google. La région Asie-Pacifique devrait cependant afficher le TCAC le plus élevé, notamment grâce aux investissements croissants de pays comme la Chine, l’Inde ou le Japon. À titre d’exemple, Apollo Hospitals a annoncé un partenariat avec Microsoft début 2025 pour intégrer l’IA à ses travaux en génomique et en analyse prédictive.

    La chirurgie robotique en tête des applications en 2024

    Par application, la chirurgie assistée par robot concentre la part de marché la plus importante en 2024, notamment en raison d’une demande croissante d’interventions mini-invasives. Smith&Nephew ou Johnson & Johnson, en partenariat avec NVIDIA, développent des plateformes robotiques intelligentes intégrant des outils d’IA pour la modélisation préopératoire et l’assistance en temps réel. Le diagnostic médical, second segment le plus dynamique, bénéficie de l’automatisation des tâches d’imagerie et de dépistage.

    Risques de cybersécurité

    L’IA ouvre aussi des perspectives dans le domaine de la santé mentale, face à la pénurie de professionnels. En avril 2024, NextGen Healthcare a lancé “NextGen Ambient Assist”, une solution qui transcrit et résume automatiquement les consultations, faisant gagner jusqu’à deux heures par jour aux cliniciens. La généralisation de ces outils soulève des préoccupations : coûts élevés de mise en œuvre, pénurie de talents qualifiés, réticence des professionnels à déléguer certaines tâches à l’IA, et surtout vulnérabilité des systèmes face aux cyberattaques. L’exemple de la fuite de données de 23andMe en 2023 (14 000 profils exposés) illustre ce risque.

    Les financements s’intensifient dans les pays en développement

    Les régions en développement bénéficient d’un accroissement des financements. En février 2025, Medmitra AI, startup indienne, a levé plus de 350 000 USD pour améliorer l’accès aux soins à l’aide de solutions autonomes. Les grands groupes technologiques multiplient fusions, acquisitions et lancements pour renforcer leur position. Microsoft a par exemple intégré les services d’Azure HealthData dans son cloud santé, tandis qu’Amazon AWS a collaboré avec Upstage et Salesforce pour accélérer le déploiement de solutions IA génératives. Parmi les autres acteurs majeurs figurent Nvidia, Siemens Healthineers, Intel ou encore Veradigm.

    Hôpitaux et cliniques en première ligne des déploiements

    Côté utilisateurs finaux, les hôpitaux et cliniques concentrent les déploiements, notamment pour automatiser la documentation médicale, la facturation ou la gestion des dossiers patients. En janvier 2025, HealthSage AI a lancé une suite d’outils basée sur des grands modèles de langage pour fluidifier les flux administratifs et améliorer l’échange de données entre services hospitaliers. Les laboratoires pharmaceutiques et biotechnologiques accélèrent également l’adoption de l’IA, en particulier pour le criblage moléculaire, la modélisation thérapeutique et la conduite des essais cliniques. Microsoft a ainsi collaboré avec Providence en mars 2024 pour développer des solutions cliniques intégrées.

    Le rapport souligne enfin la structuration progressive du marché selon quatre grandes plateformes :

    • Solutions (analytique, robotique, NLP, etc.).
    • Services (infirmiers virtuels, assistance administrative).
    • Applications (diagnostic, essais, chirurgie).
    • Et typologies d’utilisateurs.

    La dynamique reste fortement influencée par les synergies entre MedTech, Big Tech et acteurs hospitaliers.

    Fortune Business Insights – AI in Healthcare Market Report, 2025-2032

  • Projet Darah : avec les premiers résultats, Roche et Arkhn démontrent le potentiel de l’analyse distribuée des données de santé

    Un réseau fédéré de données hospitalières

    Entre mai 2022 et septembre 2023, trois établissements – le CHU de Toulouse, le CHU de Reims et l’hôpital Foch à Suresnes – ont participé à la mise en place d’un réseau fédéré de données de santé. Contrairement aux approches traditionnelles où les données sont centralisées, cette méthode repose sur des entrepôts de données de santé (EDS) interconnectés, permettant d’effectuer des analyses statistiques sans jamais extraire les données des hôpitaux. L’étude pilote portait sur la prise en charge du cancer du poumon avant et après la pandémie de COVID-19, offrant un terrain d’expérimentation concret pour tester cette innovation.

    Une analyse distribuée et une confidentialité différentielle :

    La technologie utilisée repose sur DataSHIELD, un outil open source financé par l’Union européenne et adapté par Arkhn. Les calculs statistiques (moyennes, écarts-types, comparaisons entre groupes, etc.) sont réalisés localement dans chaque hôpital. Seuls les résultats agrégés sont partagés, ce qui garantit que les chercheurs n’ont jamais accès aux données individuelles.

    Pour renforcer encore la protection, ces résultats passent par une couche de confidentialité différentielle : un bruit statistique est ajouté, rendant impossible la ré-identification des patients tout en maintenant la fiabilité des analyses. Selon les auteurs, les résultats obtenus sont aussi robustes que ceux d’une approche centralisée, avec des garanties de sécurité renforcées.

    Des perspectives pour la recherche médicale :

    Pour les équipes hospitalières, le projet ouvre de nouvelles perspectives :

    • Mener plus facilement des études multicentriques.
    • Réduire les délais et les coûts liés à la mise en place des analyses.
    • Sécuriser l’usage des données sensibles tout en respectant le RGPD et les référentiels nationaux.

    « Nous avons démontré qu’il est possible de disposer de données exhaustives tout en préservant la confidentialité, ce qui ouvre la voie à une meilleure interopérabilité entre les EDS », souligne le professeur Mazières, chef du service des maladies thoraciques au CHU de Toulouse. Pour Roche, il s’agit d’une étape clé vers une recherche plus rapide et plus proche de la réalité des soins, comme l’explique Michael Lukasiewicz, directeur exécutif Science de Roche France : « Ce projet illustre notre ambition d’allier innovation et protection des patients pour avoir un impact tangible sur leur vie. »

    Une innovation appelée à se généraliser

    La publication scientifique, parue dans JMIR Medical Informatics, confirme la pertinence de cette approche. À terme, ce type de dispositif pourrait faciliter :

    • L’évaluation de nouveaux traitements.
    • L’amélioration des parcours de soins.
    • Ou encore le suivi épidémiologique à grande échelle.

    Avec Darah, Roche et Arkhn posent ainsi les bases d’une nouvelle génération d’architectures fédérées, combinant innovation technologique, souveraineté des établissements de santé et protection des données patients.

  • Une IA multidimensionnelle renforce la fiabilité des biopsies liquides

    Une IA pour limiter les faux positifs et affiner le diagnostic

    Des équipes du Johns Hopkins Kimmel Cancer Center, de la Whiting School of Engineering et du Ludwig Center, tous situés à Baltimore, Maryland, États-Unis, ont développé une IA clinique capable d’intégrer des données provenant de différents états pathologiques pour renforcer la fiabilité diagnostique des biopsies liquides.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 20 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués dans le monde, avec près de 9,7 millions de décès annuels. La biopsie liquide, bien qu’innovante, reste confrontée à :

    • Des faux positifs fréquents.
    • Une dépendance à des biomarqueurs peu spécifiques.

    L’approche atteint 98 % de spécificité sur 1 000 échantillons

    Des oncologues, biologistes moléculaires, immunologues et bioinformaticiens de Johns Hopkins Kimmel Cancer Center, du Ludwig Center et de la Whiting School of Engineering ont mis au point MIGHT (Multidimensional Informed Generalized Hypothesis Testing). Cette méthodologie statistique intégrée à l’IA permet de :

    • Tester des hypothèses généralisées via des milliers d’arbres décisionnels.
    • Limiter les erreurs liées à l’inflammation tout en optimisant sensibilité et spécificité.

    Dans une étude observationnelle publiée dans le PNAS, 1 000 participants (352 patients atteints de cancers avancés, 648 témoins) ont été analysés. Chaque échantillon sanguin a été évalué sur 44 variables biologiques. MIGHT a validé sa robustesse par cross-validation, montrant :

    • Une sensibilité de 72 %.
    • Une spécificité de 98 %, confirmant sa capacité à distinguer cancers précoces et inflammations.

    Cette approche statistique innovante, intégrant l’intelligence artificielle, renforce la fiabilité des outils diagnostiques en quantifiant l’incertitude et en maîtrisant les erreurs spécifiques, offrant ainsi des prédictions cliniques plus précises et robustes.