Brèves

  • Cyber : les données de santé de + de 3000 comptes de la plateforme Jinko publiées

    Le hacker DaOnlySpark revendique l’attaque de Jinko, une plateforme spécialisée dans l’accompagnement de patients atteints du cancer, et a dévoilé les données de 3552 comptes. Ces données comprennent plus de 20 000 messages envoyés dans des conversations entre des patients et des médecins, ainsi que plusieurs centaines de milliers d’autres contenants des informations sur les malades, comme leur nom, leur type de cancer et le stade de la maladie, ainsi que la présence éventuelle de métastases ou récidives.

    Source : Cyberattaque.org, « Jinko : une cyberattaque expose les données de santé de plus de 3 500 personnes » (7 septembre 2026), relayé par franceinfo / France Inter le 8 septembre 2026 · fiabilité : revendication d’un attaquant relayée par la presse, à confirmer par Jinko

  • IHU ICAN : une approche transdisciplinaire pour dépasser les frontières entre spécialités médicales

    Parmi les trois priorités scientifiques, l’IHU prévoit de renforcer sa capacité à créer des bases de données à haute résolution grâce à ses plateformes d’investigation clinique et d’Omics et à ses cohortes de patients, pour déployer une stratégie de recherche fondée sur l’IA, en partenariat avec des chercheurs en biologie et en physiologie. Cette priorité s’accompagne d’un renforcement de la recherche interdisciplinaire et translationnelle sur des axes tels que le tissu gras, le dialogue foie-cœur ou la génomique des maladies cardiométaboliques

    Le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) a renouvelé l’IHU ICAN (Fondation pour l’Innovation en Cardiométabolisme et Nutrition), institut hospitalo-universitaire fondé par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, l’Inserm et Sorbonne Université, lauréat de la première vague des IHU en 2011. Le renouvellement fait suite à une évaluation positive de l’Hcéres et s’accompagne d’une dotation de 7,5 millions d’euros sur trois ans au titre de France 2030. Le plan 2026-2030 qui en découle s’articule autour de trois priorités : la recherche interdisciplinaire sur le continuum cardiométabolique, l’exploitation des données de santé par l’intelligence artificielle, et le développement de parcours de prévention et de soins personnalisés, avec une place renforcée pour les patients dans la gouvernance de la recherche.

    Le plan 2026-2030 renforce la place des patients au sein de l’institut : patients et associations seront impliqués dans le montage et l’évaluation des projets de recherche, la conception des parcours de soins, l’élaboration d’outils pédagogiques et les actions de formation.

    L’objectif à horizon 2030 est l’émergence d’une médecine cardiométabolique capable d’anticiper davantage la maladie, d’intégrer la complexité des interactions entre organes et de proposer des stratégies de prévention et de traitement adaptées à chaque trajectoire individuelle.

    Source : Renouvellement de l’IHU ICAN : découvrez notre stratégie scientifique 2026-2030 (communiqué de presse IHU ICAN, 27 août 2026) · fiabilité : officielle (communiqué d’institut de recherche).

  • Données de santé : le CHU de Besançon va lancer son propre EDS

    Pour les entreprises innovantes, un CHU doté d’un EDS opérationnel et conforme devient un partenaire potentiel pour des études en données de vie réelle. Un point d’entrée concret pour des collaborations de recherche ou des pilotes en santé numérique dans la région.

    Le CHU Besançon Franche-Comté lancera son entrepôt de données de santé (EDS) le 29 septembre 2026. Soutenu par Bpifrance, l’ARS et la Région, cet EDS permettra d’exploiter, de façon pseudonymisée et sécurisée, 20 ans de données médicales pour la recherche, le pilotage hospitalier et l’appui aux professionnels. Hébergées exclusivement en France, les données seront utilisées sous la supervision d’un comité scientifique et éthique, dans le respect du référentiel de la CNIL.

  • GSK-Noetik : le premier jalon atteint valide un modèle de licensing par abonnement en oncologie

    Plutôt que de vendre des candidats-médicaments ou d’attendre des royalties sur un horizon de 10 à 15 ans, GSK paie un accès par abonnement aux modèles (capital initial et redevances continues) sans acquérir de candidat précis. Noetik présente ce montage comme une nouvelle classe d’actifs pour le secteur.

    Sur le plan technique, le jalon montre que les modèles OCTO-VC, entraînés sur le jeu de données de biologie spatiale de Noetik, se généralisent aux données propres de GSK après un fine-tuning limité, avec des prédictions jugées précises, la promesse centrale des modèles de fondation appliqués à la biologie. GSK peut ainsi mener des expériences de « cellule virtuelle », travailler la stratification des patients et enrichir ses données d’histopathologie avec des prédictions multimodales.

    Annoncé en janvier 2026 avec 50 millions de dollars de capital initial, l’accord de licence de cinq ans entre Noetik et GSK porte sur les modèles OCTO-VC en cancer du poumon non à petites cellules et cancer colorectal, dans un cadre par abonnement ; le premier jalon technique vient d’être validé.

  • Cancero : Pfizer utilise l’Apple Vision Pro pour mieux comprendre la recherche clinique

    Développée avec Groove Jones, cette expérience immersive plonge l’utilisateur dans un laboratoire virtuel et lui permet notamment de concevoir un anticorps conjugué à un médicament grâce à l’outil « ADC Builder ». L’objectif de cette utilisation singulière du dispositif d’Apple est de visualiser les mécanismes de ces traitements et mieux comprendre les années de recherche nécessaires à leur développement.

  • Comptes rendus de sortie par IA à Stanford : 25 omissions et 2 hallucinations sur 100 résumés évalués

    Des chercheurs de Stanford Health Care ont développé « Draft Clinical Documentation », un outil d’intelligence artificielle générative intégré au dossier médical électronique, capable de produire un premier brouillon du résumé chronologique d’hospitalisation destiné au compte rendu de sortie. Ils ont mené une étude prospective de 10 semaines, portant sur 331 patients et 384 sorties d’hospitalisation, pour lesquelles l’outil a produit 1 274 brouillons. Les médecins conservaient le contrôle du document final : ils pouvaient accepter, modifier ou rejeter les propositions avant validation. Les auteurs ont analysé la fréquence d’utilisation des brouillons, les erreurs relevées par les cliniciens et leurs conséquences potentielles, ainsi que l’effet du dispositif sur la charge documentaire.

    Résultats

    Les médecins ont intégré les propositions de l’outil dans 57 % des comptes rendus finaux. Sur les 100 résumés ayant fait l’objet d’une évaluation détaillée, les cliniciens ont relevé 25 omissions, 20 inexactitudes et 2 hallucinations, aucune jugée susceptible d’entraîner un dommage grave ou le décès d’un patient. Les médecins rapportent une amélioration significative de leur score de burn-out (de 1,75 à 1,20 en moyenne), tandis que la diminution du temps consacré à la rédaction des comptes rendus n’était pas significative.

    Un déplacement du risque : moins d’hallucinations, mais des omissions qui persistent

    Les auteurs soulignent explicitement que leur architecture de travail a permis de limiter les hallucinations, mais que les omissions restent le principal type d’erreur, un changement de nature du risque à surveiller, plutôt qu’une disparition du risque. Pour les réduire, ils estiment que l’IA devra s’appuyer sur une part plus importante des informations contenues dans le dossier médical électronique, et pas seulement sur les notes rédigées par les soignants.

    Un résultat qui dissocie bénéfice perçu et gain de temps

    Le point le plus contre-intuitif de l’étude tient à la dissociation entre les deux indicateurs mesurés : l’amélioration du score de burn-out est significative, alors que la réduction du temps consacré à la rédaction ne l’est pas. Le bénéfice observé ne provient donc pas principalement d’un gain de temps mesurable, mais d’un allègement de charge perçue par les médecins. Les auteurs concluent qu’un flux de travail fondé sur un grand modèle de langage peut générer des résumés cliniques sûrs et utiles en pratique, tout en appelant à des études de plus grande ampleur pour confirmer ces observations dans d’autres établissements et spécialités.

    Source : JAMA Network Open, vol. 9, n°5, e2616556 (2026) · Grolleau F, Liang AS, Keyes T, et al., « Physician-Reported Safety Outcomes of AI-Generated Hospital Course Summaries » · fiabilité : publication à comité de lecture.

  • Santé publique France : l’IA entre dans les outils de recueil et d’analyse de données de l’agence, au stade de l’intention

    Dans sa stratégie 2025-2030, Santé publique France annonce qu’elle « se saisira des opportunités offertes par le numérique et par l’intelligence artificielle pour moderniser ses outils de recueil des données, d’analyse et de productions et restitutions pour l’aide à la décision »

    Le choix des termes est révélateur : l’agence se positionne à la fois comme utilisatrice de l’intelligence artificielle, pour ses propres outils de surveillance et d’aide à la décision, et comme évaluatrice des effets du numérique sur la santé de la population.

    A ce stade, l’agence ne précise pas d’outil, de calendrier ou de budget associés à cette orientation. C’est un document de stratégie à cinq ans qui fixe des priorités avant que les moyens ne soient arbitrés dans la programmation annuelle de l’agence, votée par son conseil d’administration. Il reste que cette absence de détail empêche d’évaluer l’ampleur réelle de la transformation numérique engagée.

    Source : Santé publique France, Stratégie 2025-2030 pour répondre aux grands enjeux de santé publique · fiabilité : officielle

  • Alliance SIH : un an après sa création, le partenariat avec Vitagroup oppose une « interopérabilité d’usage » à « l’interopérabilité de flux »

    Le choix de vocabulaire de l’alliance est révélateur d’un positionnement plus large : l’enjeu n’est plus seulement de faire circuler des flux de données entre systèmes, mais de les structurer pour qu’elles soient directement exploitables au point de soin, y compris par des outils d’IA.

    L’Alliance SIH, créée en 2025 par La Poste Santé & Autonomie, CPage et les Hospices Civils de Lyon avec HOPSIS, signe un partenariat avec l’éditeur européen Vitagroup et devient distributeur en France de sa plateforme de données pour usage primaire HIP (Health Intelligence Platform). Hébergée par Docaposte Santé dans un environnement certifié HDS, la plateforme structure les données cliniques selon les standards FHIR et openEHR, avec l’objectif de les rendre directement réutilisables sans remplacer les systèmes existants.

    Premier utilisateur, les HCL développeront une « ligne de vie du patient » à partir de leur DPI Easily, avec une expérimentation menée jusqu’à fin 2026 et une mise en production prévue début 2027 

    L’hébergement par Docaposte Santé dans un cadre certifié HDS ajoute une dimension de souveraineté à ce dispositif, avec une répartition explicite des rôles entre l’éditeur technologique, l’hébergeur et le distributeur français. 

    Source : La Poste Santé & Autonomie, communiqué officiel (entreprise) · 2 septembre 2026

  • EHDS : la Commission met en consultation l’architecture de HealthData@EU jusqu’au 29 septembre

    La Commission européenne a publié un projet de règlement d’exécution précisant l’architecture technique et fonctionnelle de HealthData@EU, l’infrastructure prévue par le règlement (UE) 2025/327 sur l’Espace européen des données de santé (EHDS). Le texte, qui n’a pas encore été adopté, définit la plateforme centrale, les conditions de connexion des acteurs et les règles de conformité pour l’accès transfrontalier aux données de santé européennes à des fins de recherche.

    Toute entité souhaitant rejoindre HealthData@EU doit passer un contrôle de conformité initial, puis des contrôles réguliers au moins tous les cinq ans, portant sur l’expertise technique, la cybersécurité, la protection des données et la continuité d’activité. Les pays tiers et organisations internationales doivent en outre respecter le chapitre V du RGPD relatif aux transferts internationaux et garantir un accès équivalent à leurs propres données de santé pour les utilisateurs de l’Union. Le texte prévoit également un outil dédié, l’Enforcement Information Exchange Tool, pour coordonner les mesures d’exécution entre autorités nationales compétentes.

    La consultation publique reste ouverte jusqu’au 29 septembre 2026

    Ce texte marque l’avancée du second pilier de l’EHDS, celui de l’usage secondaire des données, distinct de l’usage primaire. Les deux volets progressent en parallèle, avec des infrastructures, des règles de gouvernance et des acteurs différents.

    Le mécanisme de contrôle de conformité, exigeant une expertise technique, une cybersécurité et une continuité d’activité démontrées avant et pendant la connexion, joue un rôle de filtre structurel comparable à celui observé sur le marché français des éditeurs de logiciels de santé : plus les exigences réglementaires s’alourdissent, plus elles favorisent les organisations déjà en capacité d’y répondre, au détriment des structures moins outillées.

    La condition de réciprocité imposée aux pays tiers constitue un point de vigilance concret pour les acteurs non européens souhaitant accéder aux données de recherche européennes : un accès équivalent à leurs propres données de santé devra être démontré, ce qui pourrait s’avérer complexe pour des juridictions au cadre de protection des données moins harmonisé que celui de l’Union.

    Il ne s’agit pas d’un cadre figé mais d’un texte encore modifiable par la consultation en cours. Les acteurs concernés (instituts de recherche, industriels, organismes publics) disposent donc d’une fenêtre réelle pour influencer les modalités techniques et les conditions de connexion avant leur entrée en vigueur.

    Source : Commission européenne, portail « Have your say » (consultation publique), 03 septembre 2026 (Ares(2026)8339104) · fiabilité : officielle

  • Logiciels de santé : 17 éditeurs détiennent 84 % du marché, 217 à 177 acteurs en six ans

    Les logiciels GAP et DPI utilisés par les établissements de santé constituent le point d’intégration obligé des services socles nationaux (INS, DMP, Mon espace santé), ce qui fait de leur concentration entre un nombre restreint d’éditeurs un enjeu d’architecture du système de santé autant que de marché.

    Cette concentration prend un relief particulier du côté des logiciels de gestion administrative du patient (GAP) et des dossiers patients informatisés (DPI), utilisés par les établissements de santé. Le GIE SESAM-Vitale précise que ces logiciels constituent le point d’intégration obligé des services socles nationaux (Identité nationale de santé, Dossier médical partagé, Mon espace santé). Un nombre restreint d’éditeurs contrôlant ce point de passage, la question dépasse la seule concurrence commerciale : une défaillance ou une décision commerciale chez l’un de ces éditeurs limités affecterait l’accès aux services numériques nationaux pour l’ensemble des établissements qui en dépendent, ce qui fait de cette concentration un enjeu d’architecture du système de santé autant que de marché.

    Selon le bilan du GIE SESAM-Vitale, le nombre d’éditeurs de logiciels pour professionnels de santé libéraux est passé de 217 en 2019 à 177 (-18%) en 2025, un mouvement accéléré depuis 2023 sous l’effet du renforcement des exigences d’interopérabilité, de cybersécurité et de conformité réglementaire, ainsi que des fusions-acquisitions. Le marché apparaît désormais concentré : 17 éditeurs détiennent 84 % des parts de marché, une proportion qui atteint 90,4 % pour les six premiers éditeurs du segment des auxiliaires médicaux et 75,7 % pour les deux principaux acteurs du marché des officines.

    Le GIE SESAM-Vitale explique par ailleurs cette dynamique par la capacité d’adaptation inégale des éditeurs face à l’alourdissement des exigences techniques et réglementaires. Un éditeur positionné sur un seul segment (par exemple uniquement les pharmaciens) doit absorber le coût de mise en conformité sur une base de clients restreinte, tandis qu’un éditeur multi-segments répartit ce même coût sur plusieurs marchés. Cette différence de capacité d’adaptation, selon le GIE, laisse présager la poursuite de la consolidation au bénéfice des éditeurs les plus diversifiés.

    Source : GIE SESAM-Vitale, Étude du marché des logiciels de santé 2025 (catalogue.pdf) · fiabilité : officielle