Brèves

  • OpenAI connecte ChatGPT au dossier patient d’Epic et étend son terrain de jeu à l’ensemble de l’hôpital

    L’annonce rapproche OpenAI du cœur du workflow clinique. En s’intégrant à Epic, ChatGPT peut exploiter, selon les droits accordés, le contexte du dossier patient et être utilisé directement depuis l’environnement de travail du médecin.

    OpenAI cherche aussi à agréger des données jusque-là dispersées : dossier patient, PubMed, ClinicalTrials.gov, DailyMed, RxNorm, CMS Coverage, mais aussi SharePoint, Google Drive, Salesforce ou Slack. L’objectif est de faire de ChatGPT une interface transversale d’accès aux données de l’établissement.

    Le périmètre dépasse les médecins : recherche, pharmacie, fonctions administratives, informatique et management sont également visés. La gouvernance (droits d’accès, SSO, journaux d’audit, conformité HIPAA) devient ainsi un levier de pénétration du marché hospitalier. Epic constitue enfin un point d’entrée particulièrement structurant, car il place l’IA directement dans le système où les professionnels travaillent déjà.

     

  • IA : la compétition se déplace vers les infrastructures, pas seulement vers les modèles

    Le calcul devient un marché en tant que tel. Cette séquence, fait écho à des mouvements similaires chez SpaceX/xAI ou dans l’accord OpenAI-CoreWeave.

    Bloomberg a révélé que Meta préparerait une offre cloud, baptisée en interne « Meta Compute », pour commercialiser sa puissance de calcul et l’accès à ses modèles hébergés, dont Muse Spark. Ni confirmée ni démentie par le groupe, l’information a fait progresser l’action Meta de 8,8 % en une séance. Meta a par ailleurs relevé ses prévisions de dépenses d’investissement à 125-145 milliards de dollars pour 2026, contre 72,2 milliards en 2025.

    Cette évolution, si elle se confirme, concernerait aussi la santé numérique, dont les acteurs restent dépendants d’un nombre restreint de fournisseurs de calcul.

     

  • Objets connectés : 46 % des Américains en portent un, 59 % en parlent à leur médecin — et les hôpitaux n’ont rien prévu pour recevoir ces données

    Près d’un adulte américain sur deux (46 %) porte aujourd’hui une montre ou une bague connectée, contre 13 % en 2015. Mais la croissance s’essouffle : Rock Health constate un plateau des premiers achats. Le marché de l’équipement est fait. Ce qui change, c’est ce que les porteurs font de leurs données.

    Trois chiffres le montrent. 59 % des porteurs ont déjà parlé de leurs données à un professionnel de santé, 30 % le font régulièrement, et 20 % voudraient le faire sans y être encore parvenus. Les usages restent basiques — activité physique (35 %), sommeil (26 %), fréquence cardiaque (21 %) — mais la fidélité est forte : 83 % portent l’objet cinq jours par semaine ou plus, et 47 % depuis au moins trois ans.

    Côté soignants, rien n’est prêt. Rock Health relève trois blocages : la majorité des hôpitaux n’ont pas activé Apple HealthKit ou Google Health dans leurs portails patients, la responsabilité du médecin qui rate une alerte de chute ou de fibrillation auriculaire n’est pas tranchée, et aucun mode de rémunération n’existe pour la lecture asynchrone de ces flux.

    Les industriels, eux, n’attendent pas : Oura (900 M$ levés, 11 Md$ de valorisation) a racheté Galen AI pour s’intégrer aux dossiers patients, Whoop (575 M$ en série G) compte Abbott et la Mayo Clinic à son capital et a été retenu dans le programme ACCESS de Medicare. Les deux proposent déjà un médecin à la demande depuis l’application.

    Dernier point, le plus gênant : les porteurs sont plus jeunes, plus riches, plus urbains, en meilleure santé et mieux assurés que la moyenne. 23 % se déclarent en excellente santé. Ceux qui bénéficieraient le plus d’un suivi continu — insuffisants cardiaques, patients en oncologie active — sont les moins équipés.

    Source datée : Rock Health, Consumer Adoption Survey 2025, 8 000 adultes américains interrogés du 1er au 23 décembre 2025, publiée le 1er juin 2026. Fiabilité : élevée sur les usages déclarés (échantillon apparié au recensement américain) ; indicative sur les tendances de marché — Rock Health est aussi un investisseur du secteur. Données américaines, non transposables telles quelles.

  • Ségur Vague 2 : Docaposte Santé fait référencer ses deux DPI

    Retrouvez l’analyse complète du paysage des dossiers patients informatisés dans notre étude : Panorama des DPI en France.

    Docaposte Santé a obtenu le référencement Ségur Vague 2 pour ses deux dossiers patients informatisés, M-CrossWay (version 9.1.0.0) et Maincare-IC (version 10.6.3), associés au composant DMPConnect d’icanopée.

    L’intérêt de cette annonce tient moins au référencement en lui-même qu’à la couverture désormais proposée par l’éditeur. Après le référencement, en 2025, de ses solutions au titre du DSR Plateforme d’Intermédiation (PFI), Docaposte Santé dispose désormais de solutions référencées aux deux extrémités de la chaîne : le DPI utilisé par les soignants et la plateforme qui sécurise, trace et achemine les données vers Mon espace santé et MSSanté.

    Pour les établissements équipés de M-CrossWay ou Maincare-IC, cela doit permettre d’intégrer davantage les échanges dans l’environnement de travail existant, sans ajouter une succession d’outils distincts. Les professionnels peuvent notamment consulter les documents du DMP depuis le DPI, importer ceux utiles à la prise en charge, être notifiés de l’arrivée de nouveaux documents et recueillir le consentement du patient pendant son séjour.

    Ségur Vague 2 : les établissements ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour engager leur projet DPI

    Le référencement constitue aussi un enjeu de calendrier. Les établissements souhaitant bénéficier du dispositif SONS DPI Vague 2 doivent engager leur projet avant le 30 septembre 2026. Les mises en production pourront se poursuivre jusqu’au 22 juin 2027.

    Docaposte Santé indique avoir constitué une équipe de vingt experts pour accompagner le cadrage, le paramétrage, la formation, la conduite du changement et la mise en production. Plus de 60 commandes DPI et près de 40 commandes PFI ont déjà été enregistrées dans le cadre de la Vague 2.

    L’entreprise prépare les référencements de ses solutions du couloir Imagerie, avec M-RIS, fondé sur le logiciel TsXCare de Therasoft, et M-DRIMbox. L’enjeu est d’étendre cette logique d’intégration à une part plus large du système d’information hospitalier.

  • Article 51 : 166 expérimentations autorisées en huit ans, dont 33 engagées vers le droit commun

    Le dispositif ne sert plus seulement à tester de nouvelles organisations de soins : il devient un canal de transformation des règles nationales, à mesure que certaines expérimentations sont transposées dans le droit commun.

    Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, l’Article 51 permet aux professionnels, établissements, associations, patients ou acteurs territoriaux de tester des organisations et des modes de financement dérogeant temporairement aux règles existantes.

    Huit ans après sa création, le dispositif entre dans une nouvelle phase. Sur les 1 339 projets déposés, 166 expérimentations ont été autorisées et 114 sont terminées. L’enjeu n’est désormais plus seulement de tester de nouvelles organisations localement, mais d’identifier celles qui peuvent être intégrées durablement au système de santé.

    De l’expérimentation à la politique publique

    Cette évolution se traduit par le passage de plusieurs dispositifs vers le droit commun. Au moment du bilan 2026, 33 expérimentations étaient déjà entrées en période transitoire.

    Domoplaies (dispositif de coordination pour la prise en charge des plaies chroniques ou complexes) montre cette trajectoire. Après plusieurs années d’expérimentation et une évaluation positive, le projet a reçu un avis favorable à sa transposition dans le droit commun.

    L’Article 51 devient progressivement une voie permettant à de nouvelles organisations de soins, de coordination ou de financement testées sur le terrain d’influencer les règles nationales.

    Le dispositif agit également sur les coopérations entre acteurs. Les ARS et l’Assurance Maladie accompagnent les porteurs dans la construction et le déploiement des projets, tandis que l’« Accélérateur 51 » organise ateliers et communautés de pratiques. AKO@dom-PICTO réunit par exemple un hôpital, une association de patients, des acteurs régionaux et une start-up autour d’une gouvernance commune.

    Un accès au dispositif qui reste sélectif

    Cette montée en puissance soulève néanmoins la question de l’accès à l’expérimentation. Seuls 12 % des projets déposés ont obtenu une autorisation, tandis que plus de la moitié des expérimentations sont portées par des groupements d’acteurs ou des établissements de santé.

    Certains porteurs apparaissent par ailleurs dans plusieurs expérimentations, comme IPSO Santé, PACO ou IatroPrev. Cette récurrence peut témoigner de l’expérience acquise, mais elle interroge aussi la capacité des structures moins établies à intégrer un dispositif dont les projets peuvent désormais contribuer à faire évoluer le droit commun.

    À mesure que l’Article 51 passe de l’expérimentation à la transformation du système de santé, la question n’est donc plus seulement de savoir quelles innovations fonctionnent, mais aussi quels acteurs ont la possibilité de les expérimenter et, à terme, d’influencer les politiques publiques.

    Rapport au parlement 2026 sur les expérimentations innovantes en santé : Article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018

  • HealthTech : Legrand Care accélère sa stratégie de plateformisation avec Axel Health

    Après Enovation et Performation, Legrand Care ajoute Axel Health à son portefeuille européen de solutions numériques de santé. L’éditeur finlandais, spécialisé dans le Patient Flow Management, doit venir renforcer la coordination des parcours entre établissements. Une troisième acquisition en trois ans qui confirme une stratégie de croissance externe assumée.

    Legrand Care poursuit son expansion européenne avec l’acquisition d’Axel Health, éditeur finlandais de solutions de gestion des flux de patients (Patient Flow Management). L’opération s’inscrit dans une succession de rachats qui vise à constituer un portefeuille européen de solutions numériques pour les établissements de santé et le médico-social. Implanté en Finlande et actif en Suède, Axel Health apporte son expertise dans l’organisation des parcours et des transitions entre structures ou niveaux de prise en charge.

    L’enjeu dépasse le seul renforcement géographique : Legrand Care entend rapprocher les technologies d’Axel Health de sa plateforme issue d’Enovation, pour mieux couvrir la coordination des prises en charge, la circulation des patients et la collaboration entre professionnels.

    Cette troisième acquisition en trois ans illustre un schéma de « roll-up » : construire une offre paneuropéenne par croissance externe plutôt que par développement interne, en rachetant des acteurs nationaux spécialisés.

    La promesse de plateformisation répond à une vraie difficulté opérationnelle des établissements de santé, souvent saturés d’outils qui ne communiquent pas entre eux. Mais fusionner des systèmes hétérogènes issus de rachats successifs est techniquement risqué : interopérabilité, migration de données, harmonisation des interfaces sont rarement aussi simples qu’annoncé.

    Le choix ciblé du Patient Flow Management n’est pas anodin non plus : c’est un des maillons les plus tendus des systèmes de santé européens, entre engorgement des urgences et délais de transfert. Quant aux pays nordiques, ils font office de laboratoire, grâce à leur fort niveau de numérisation et des politiques publiques favorables à l’interopérabilité.

  • La CNIL modernise son outil de traçabilité des modèles d’IA open source

    Avec une actualisation hebdomadaire depuis Hugging Face et un moteur de recherche accéléré, Genmod veut faciliter l’identification des modèles dérivés susceptibles de conserver des données personnelles.

    La CNIL a publié une nouvelle version de Genmod, son démonstrateur permettant d’explorer la généalogie des modèles d’IA en source ouverte. Développé par le service IA de la CNIL avec le LINC et lancé en novembre 2025, l’outil retrace les liens entre modèles : leurs « ascendants » (dont ils dérivent) et leurs « descendants » (auxquels ils ont contribué). Un modèle de référence (Kimi K3, Mistral Medium, LLaMA) peut ainsi engendrer une multitude de variantes.

    Cette mise à jour apporte : une interface bilingue français/anglais, un moteur de recherche optimisé (environ 20 secondes pour une recherche sans limite de profondeur), un suivi de progression avec file d’attente, une actualisation hebdomadaire automatisée depuis HuggingFace, et un affichage amélioré sur les principaux navigateurs.

    L’objectif : étudier la mémorisation de données personnelles par les modèles d’IA, en identifiant, à partir d’un modèle ayant conservé des données sensibles, ses dérivés susceptibles d’avoir hérité de cette mémorisation, afin de mieux garantir l’exercice des droits RGPD.

    Cette initiative répond au fait que sans traçabilité, il est difficile de déterminer si des données personnelles mémorisées par un modèle se retrouvent dans ses dérivés, ce qui complique l’exercice de droits comme l’accès ou l’effacement.

    La question est sensible en santé, où des modèles open source peuvent être spécialisés à partir de données cliniques. Si un modèle d’origine a mémorisé des données personnelles, celles-ci peuvent potentiellement se retrouver dans des modèles médicaux dérivés. Genmod permet d’en retracer la filiation et d’identifier les systèmes concernés.

    L’outil met aussi en évidence la complexité d’un écosystème open source où les dérivations se multiplient.

    IA : la CNIL met à jour son outil de traçabilité des modèles publiés en source ouverte | CNIL

  • Carte Vitale numérique : l’ouverture des autorisations d’intégration se prépare

    Publié le 28 août 2026, un arrêté autorise l’application carte Vitale comme moyen d’identification électronique pour les services numériques de santé, du social et du médico-social. Les fournisseurs peuvent préparer leur intégration avant l’ouverture des autorisations qui sera en octobre. Le dispositif permettra aux usagers de s’identifier via une identité numérique de confiance. Le GIE SESAM-Vitale accompagne les dossiers avec le ministère de la Santé, la CNAM, la DNS et la DSS.

    Arrêté du 13 août 2026 portant application des articles R. 161-33-3 et suivants du code de la sécurité sociale

  • Le CHRU de Tours équipe son DIM avec l’IA générative de Parallel

    Le CHRU de Tours devient le premier CHU à déployer l’IA générative de Parallel pour le codage médical. Utilisée par le DIM, la solution doit assister le codage et la valorisation de l’activité. Le CHRU compte plus de 155 000 séjours par an, 10 000 professionnels et représente plus de 50 % des séjours hospitaliers du département.

    Un codage plus exhaustif et plus fiable améliore la description de l’activité, la qualité des données PMSI et sa valorisation financière. Le projet place l’IA sur un levier directement lié aux recettes hospitalières.

  • Le CH des Pyrénées investit 1,5 M€ dans le DPI Sillage

    Le CH des Pyrénées investit 1,5 M€ dans le DPI Sillage

    Le CH des Pyrénées a achevé le déploiement du DPI Sillage de Numih France, mis en service le 9 juin pour un investissement de 1,5 M€ sur fonds propres. Il remplace Cariatides, en fin de maintenance fin 2026, et intègre notamment plan de soins, ateliers thérapeutiques, agenda des rendez-vous ambulatoires et rappels par SMS.