Brèves

  • Le Conseil d’État rejette le recours de la FHP contre le premier appel à financement CaRE

    Le Conseil d’État a rejeté, dans une décision rendue en juillet 2026, la requête de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) contre le premier appel à financement du programme de cybersécurité Care. La fédération demandait l’annulation d’un arrêté de 2024 consacré à la sécurité des annuaires techniques et à l’exposition sur internet des établissements de santé. Elle lui reprochait de rompre l’égalité en favorisant les établissements publics et les membres de groupements hospitaliers de territoire (GHT).

    La décision confirme qu’un financement public de la cybersécurité peut être plus élevé pour les hôpitaux publics que pour les cliniques.

    Selon le Conseil d’État, le principe d’égalité permet de traiter différemment des situations différentes. Or les établissements privés ne sont pas dans la même situation que les publics. L’écart de financement repose donc sur le niveau de risque, et non sur le seul statut juridique. Pour obtenir un rééquilibrage, un acteur privé aurait intérêt à documenter sa propre exposition.

    La portée dépasse ce premier guichet : le programme prévoit d’autres appels, notamment sur la continuité d’activité, les accès distants et la supervision des postes de travail

    Source : Légifrance, délibération SAN-2026-009 du 21 juillet 2026, (publiée sur Légifrance le 3 septembre 2026) · fiabilité : officielle.

  • Bpifrance boucle InnoBio 3 à 207 M€ avec Sanofi, Servier, Ipsen, BMS et l’Institut Pasteur

    Bpifrance a annoncé le 17 septembre le bouclage définitif de son fonds InnoBio 3, dédié aux biotechnologies, qui atteint 207 millions d’euros. Sanofi, Servier, Ipsen, Bristol Myers Squibb et l’Institut Pasteur en sont les souscripteurs. Le fonds a réalisé cinq premiers investissements entre fin 2025 et 2026 et vise 12 à 14 sociétés, principalement françaises.

    Selon Bpifrance, le fonds cible l’oncologie, l’immunologie et l’inflammation, les maladies rares et les neurosciences. Une participation illustre la place de l’IA : Enodia Therapeutics combine protéomique, IA et chimie médicinale pour concevoir ses traitements.

    Le fonds associe industriels pharmaceutiques, investisseurs et experts scientifiques. Les souscripteurs apportent leur expertise industrielle et réglementaire aux sociétés financées et peuvent en devenir les acquéreurs.

    À surveiller : les prochains investissements d’InnoBio 3, qui montreront la part accordée aux projets européens, et l’entrée en clinique du programme CoTx-101 de Coave Therapeutics, prévue en 2027.

    Source : Bpifrance, communiqué de presse « Bpifrance finalise un closing de 207 M€ pour InnoBio 3 » (17 septembre 2026) – fiabilité : officielle.

     

  • La SFR lance une Académie de l’IA

    La Société française de radiologie (SFR) a annoncé, en amont des 74es Journées francophones de radiologie (JFR), prévues du 8 au 11 octobre 2026, la création d’une Académie de l’IA. Elle comptera seize webinaires (usages, applications cliniques, éthique, réglementation). La SFR a aussi présenté Impulsion, pilote financé par l’Institut national du cancer visant 20 000 participants pour préparer le dépistage organisé du cancer du poumon.

    Le futur dépistage du cancer du poumon pourrait reposer sur un binôme radiologue formé et IA, que le pilote Impulsion est chargé d’évaluer.

    Le programme évalue l’association d’un radiologue formé et d’un outil d’IA pour analyser des scanners à très faible dose. L’intérêt est méthodologique : plutôt que de mesurer la performance de l’algorithme seul, il teste l’organisation qui pourrait être déployée à grande échelle. L’Académie de l’IA vise un autre besoin : la montée en compétence de tous les radiologues.

    Source : Société française de radiologie (SFR), dossier de presse des JFR 2026 « Patient & Radiologue : une Alliance clé » 22 septembre – fiabilité : officielle.

  • Novartis acquiert la plateforme cérébrale de Sironax pour 125 millions de dollars

    Novartis a exercé l’option, obtenue en juillet 2025, d’acquérir la plateforme de délivrance cérébrale de la biotech américano-chinoise Sironax. Novartis verserait 125 millions de dollars (106 millions d’euros) pour les droits mondiaux sur cette technologie, qui vise à franchir la barrière hémato-encéphalique. Sironax conserve certains actifs utilisant la plateforme.

    La barrière hémato-encéphalique empêche de nombreux médicaments de grande taille, comme les anticorps, d’atteindre le cerveau en quantité utile. Selon la presse, Novartis multiplie les technologies pour la franchir.

    Depuis 2025, l’entreprise évaluait la plateforme grâce à une option, avec un droit exclusif de l’acquérir. Sironax pouvait recevoir jusqu’à 175 millions de dollars de paiements initiaux. Cette structure permettrait à l’acquéreur de tester avant de s’engager, et à la start-up de financer ses trois programmes en phase 1b/2 sans céder toute l’entreprise.

    Novartis a versé 30 millions de dollars à BioArctic en août 2025 et 165 millions de dollars à SciNeuro en janvier, avec des paiements d’étapes possibles (jusqu’à 772 millions et 1,5 milliard).

    À surveiller : la clôture de la transaction et les premiers résultats cliniques pour savoir si ces technologies apportent un avantage réel

    Source : Sironax, communiqué « Sironax announces option exercise and asset purchase » (16 septembre 2026) · fiabilité : communiqué officiel.

  • Téléconsultation : sept plateformes ont jusqu’au 1er octobre pour retirer leurs options coupe-file

    Les plateformes de téléconsultation ont jusqu’au 1er octobre 2026 pour supprimer les options payantes qui permettent d’obtenir plus vite un rendez-vous avec un médecin. Sept sociétés, dont Tessan, Qare et Livi, sont visées par la ministre Stéphanie Rist. Celles qui maintiendraient ces options après cette date perdraient l’agrément qui leur permet de facturer les consultations de leurs médecins salariés à l’Assurance maladie.

    Toutes les options payantes ne sont pas visées. La loi autorise les services non remboursés, comme un coffre-fort numérique ou un suivi personnalisé, à condition d’en informer les patients au préalable. Mais certaines plateformes facturent 5 euros un rendez-vous plus rapide, d’autres proposent davantage de créneaux, jusqu’à 20 euros non remboursables. Les services juridiques du ministère les jugent non conformes.

    Le ministère invoque l’exigence d’égalité des soins. Une consultation remboursée par l’Assurance maladie devrait être accessible dans les mêmes conditions à tous les patients. Payer pour passer devant créerait deux vitesses pour un même acte, ce qui pourrait aussi fragiliser la confiance dans la téléconsultation.

    Source : Franceinfo – Le ministère de la Santé laisse jusqu’au 1er octobre aux plateformes de téléconsultations pour mettre un terme à leur surfacturation coupe-file – (17/09/2026) – fiabilité : presse.

  • Cybersécurité : Stéphanie Rist annonce un renforcement de la protection des données de santé

    La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, annonce un renforcement du pilotage de la cybersécurité dans les secteurs de la santé et de la solidarité. À la demande du Premier ministre, elle prévoit également le lancement rapide d’une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour évaluer les risques et les responsabilités, mais aussi vérifier l’application effective des mesures de sécurisation jugées prioritaires.

    Cette annonce intervient alors que les établissements et services publics font face à une multiplication des menaces informatiques. La ministre souligne la sensibilité particulière des données de santé et des données sociales, qui concernent des millions de Français. L’objectif affiché est de s’assurer que les dispositifs de protection soient effectivement appliqués « partout et dans la durée », tout en renforçant la coordination entre les différents acteurs du système de santé et de solidarité. Le périmètre précis de la mission et son calendrier n’ont toutefois pas encore été détaillés. Cette initiative doit ainsi permettre de mieux identifier les vulnérabilités du secteur et de s’assurer que les mesures de cybersécurité ne restent pas limitées à des recommandations, mais sont effectivement déployées dans les organisations concernées.

    Source : conférence de presse, 16 septembre 2026, officiel

  • Median Technologies signe un contrat iCRO de 8,4 M€ pour un essai mondial de phase III

    Le 15 septembre, Median Technologies, medtech de Sophia Antipolis, a annoncé un contrat de 8,4 M€ pour iCRO, son activité d’imagerie des essais cliniques en oncologie. Le donneur d’ordre, un « laboratoire pharmaceutique européen de premier plan » déjà client, n’est pas nommé. Median assurera l’imagerie centralisée d’un essai mondial de phase III sur une forme rare de cancer cérébral, dans plus de 150 centres.

    Un logiciel d’IA autorisé ne se vend pas immédiatement, car les hôpitaux doivent d’abord l’adopter. Entre-temps, les revenus de Median proviennent de l’analyse d’images réalisée pour les essais cliniques des laboratoires.

    Median mène deux activités aux cycles différents.

    • Eyonis LCS est un logiciel d’IA de dépistage du cancer du poumon. Il a été autorisé aux États-Unis en février puis marqué CE, mais doit encore être adopté par les soignants avant de rapporter.
    • L’iCRO vend un service dont les laboratoires ont besoin immédiatement : c’est une source de revenus déjà établie.

    C’est même la seule, selon la société, et elle ne suffit pas : Median a levé 50 M€ en juin 2026. Le contrat renforce un carnet de commandes que Median dit record. Ce carnet recense des revenus attendus sur plusieurs années : il atteignait 82,4 M€ au 30 juin 2026 (+15,6 % sur un an), quand le chiffre d’affaires semestriel progressait de 4,4 %.

    Ce que cela change : les HealthTech d’IA en imagerie peuvent viser les essais cliniques comme premier débouché, et les investisseurs juger ces sociétés sur leurs revenus récurrents.

    À surveiller : la conversion du carnet en chiffre d’affaires et les premières ventes d’eyonis LCS.

    Source : Median Technologies, communiqué de presse relayé par Boursorama (15 septembre 2026) · fiabilité : officielle.

     

  • Cybersécurité : une attaque chez un prestataire de Point Vision expose des données de patients

    Point Vision a informé certains patients après une cyberattaque ayant touché un prestataire chargé de la gestion des rendez-vous. Une personne non autorisée a pu consulter ou télécharger des données comprenant notamment les noms, dates de naissance, coordonnées et numéros de sécurité sociale. L’exposition de motifs de rendez-vous et de mots de passe reste possible, sans pouvoir être confirmée.

    Le périmètre exact de la fuite demeure difficile à établir : une partie des traces techniques de l’attaquant a été supprimée, empêchant de déterminer avec certitude quelles informations ont été consultées ou exfiltrées. Point Vision précise que les systèmes contenant directement les dossiers médicaux sont distincts de l’environnement compromis et qu’aucun accès à ces données n’a été identifié à ce stade. Le groupe indique avoir suspendu les accès du prestataire, renouvelé certains moyens d’authentification et renforcé la surveillance de ses infrastructures. Le nombre exact de patients concernés n’est par ailleurs pas précisé dans les éléments disponibles.

    L’incident souligne le risque que représentent les prestataires intervenant dans les parcours numériques de santé, dont les environnements peuvent concentrer des données personnelles sensibles même lorsqu’ils ne donnent pas accès aux dossiers médicaux.

    Source : cyberattaque.org, 15 septembre 2026, informations vérifiées

  • Prévention : l’Institut Montaigne veut étendre le repérage ICOPE dès 50 ans

    L’Institut Montaigne a publié son rapport « Longévité en santé. Prévenir pour mieux vieillir », coprésidé par Sophie Boissard (Clariane), Dominique Pon (La Poste Santé & Autonomie) et Thomas Rapp (LIEPP). Deux de ses six recommandations visent le numérique en santé : faire d’ICOPE* le cadre national de repérage des fragilités dès 50 ans et construire une plateforme nationale unique intégrant INS, MSS, PSC et DMP.

    Le rapport place la prévention de la perte d’autonomie dans l’agenda du numérique en santé. Selon la Cour des comptes, chaque année d’espérance de vie sans incapacité gagnée éviterait environ 1,5 milliard d’euros de dépenses de santé par an. Il s’agit de recommandations, sans décision publique à ce stade.

    Le rapport propose donc d’intégrer l’ICOPE à chaque contact avec le système de soins, jusqu’au simple bilan sanguin. Le repérage est déjà généralisé aux personnes autonomes de 60 ans et plus depuis l’été 2025, la nouveauté porterait sur l’âge d’entrée et l’intégration aux parcours. L’expérimentation nationale avait relevé des dépistages souvent restés sans suite, que le résumé traite par la seule évocation d’une coordination territorialisée.

    Selon l’Institut Montaigne, l’usage non systématique du DMP et la fragmentation des logiciels freineraient l’appropriation des outils. Il propose donc une architecture « centrée sur la donnée », exploitable par l’IA.

    Source : Institut Montaigne, « Longévité en santé. Prévenir pour mieux vieillir », résumé exécutif (septembre 2026) · fiabilité : officielle.

    * ICOPE (pour Integrated Care for Older People) est un programme de l’Organisation mondiale de la santé qui repère les facteurs préjudiciables aux capacités intrinsèques : mobilité, cognition, nutrition, vision, audition et état psychologique. Ce repérage vise à engager des actions de prévention et de restauration de ces capacités.

  • Novo signe avec Anthropic, son quatrième partenaire IA, pour tester Claude Science en R&D

    Le 16 septembre, Novo (ex-Novo Nordisk) et Anthropic ont annoncé une collaboration pour appliquer les modèles Claude à la découverte de médicaments et au développement logiciel du laboratoire. Novo testera d’abord Claude Science sur des flux de R&D ciblés, avec une gouvernance des données et une supervision humaine revendiquées. Cet atelier de recherche, lancé fin juin par Anthropic, est connecté à plus de 60 bases scientifiques. Novo utilise déjà Claude dans NovoScribe, qui produit selon l’entreprise des rapports d’étude clinique en quelques minutes au lieu de plusieurs mois.

    Après AWS, OpenAI et NVIDIA, Novo répartit ses usages entre quatre fournisseurs d’IA pour ne dépendre d’aucun modèle, une stratégie transposable aux industriels et CHU français à condition d’en maîtriser la gouvernance et la réversibilité. À ce stade, le seul gain chiffré concerne la rédaction de documents cliniques, pas la découverte de molécules. Pour un groupe distancé par Eli Lilly sur l’obésité (38,8 % de parts de marché contre 60,9 % au deuxième trimestre, selon des données IQVIA reprises par Lilly), l’annonce sert aussi le discours aux investisseurs. Sans montant, indicateurs ni calendrier, elle relève du test, pas du déploiement.

    Source : Novo, communiqué « Novo and Anthropic will collaborate to advance drug discovery with Claude » (16 septembre 2026) – fiabilité : officielle.