Le guayBaptiste

  • Création d’Enosium, nouvelle société spécialisée dans les services scientifiques pour l’industrie de la santé

    Devenir un leader européen en 5 ans

    Soutenue par Otium Capital, un acteur français de l’investissement privé, Enosium Life Science a pour ambition de devenir un leader européen des services scientifiques pour les industries de santé dans les 5 prochaines années. L’entreprise a été fondée par le Dr Antoine Amer, expert du secteur pharmaceutique fort d’une expérience de 20 ans dans la direction générale de groupes européens et internationaux. A la tête d’Enosium, il espère aider les laboratoires de la Pharma, la biotech et la Medtech dans le lancement de nouveaux médicaments et dans leur développement commercial.

    Mêler l’agilité entrepreneuriale et l’envergure d’un groupe international :

    La vision d’Enosium est de “fédérer les meilleures expertises à travers l’Europe” afin d’offrir aux acteurs de l’industrie de santé “une gamme complète unique de services scientifiques”. L’objectif est d’aider les industriels de la santé à mieux répondre aux enjeux du secteur “afin de permettre un accès plus rapide et plus large des patients européens aux innovations médicales”, explique Antoine Amer.

    Pour y arriver, Enosium compte sur un modèle innovant qui allie “l’ultra-expertise locale” et l’agilité des entrepreneurs derrière ce projet avec les standards et les synergies d’un groupe international.

    Une stratégie d’acquisition ciblée

    Enosium Life Science annonce poursuivre une stratégie d’acquisition ciblée pour “construire un groupe multi-spécialiste et de dimension européenne, actif sur l’ensemble de la chaine de valeur des produits de santé depuis le développement clinique jusqu’à la
    commercialisation”.

    Cette démarche repose sur une stratégie d’acquisitions ciblées autour de 5 métiers fondamentaux :

    • la recherche clinique ;
    • les affaires réglementaires ;
    • l’accès au marché et la valorisation médico-économique ;
    • les affaires médicales ;
    • et le marketing.

     

    L’entreprise compte se distinguer par “une offre unique en Europe qui regroupera des services intégrés et complémentaires pour répondre aux besoins critiques” du secteur. Il s’agit de prestations de conseil “sur-mesure ainsi que des solutions innovantes
    et pointues dans chaque domaine grâce à sa communauté d’experts européens”.

     

  • IA générative : Google Cloud présente ses nouveaux outils au service de la santé

    Une aide aux professionnels mais pas un DM

    Basé sur un algorithme de grand modèle de langage (LLM), MedLm est actuellement en cours de test par des clients de Google Cloud, comme la Mayo Clinic. Il propose plusieurs fonctionnalités aux professionnels de santé :

    • des réponses aux questions d’ordre médical pour les patients ;
    • une génération automatique de résumés de documents médicaux (compte-rendu de consultation, note sur les antécédents médicaux du patient, etc.) en gardant les informations pertinentes du textes originales ;
    • un API pour classer les radiographies pulmonaires ;
    • un API pour la génération de chronologies dans l’affection des patients ;
    • ainsi qu’une mise à jour des tâches des infirmières aux moments de passation des gardes.

     

    Malgré ses avancées technologiques, Google Cloud souligne que MedLm n’a pas été conçu ou développé pour être utilisé comme dispositif médical (DM) : “Tout résultat doit être validé par un professionnel de santé, et aucun diagnostic ne doit être posé directement” en utilisant sa solution.

    Les usages de Vertex AI

    Le logiciel Vertex AI, développé par Google, permet de créer une fonction de recherche générative. En santé, il propose notamment :

    • d’aider les professionnels de santé à analyser rapidement les données des patients et leurs notes cliniques ;
    • d’offrir une expérience utilisateur semblable à Google.com ;
    • et d’être disponible sous forme d’interface de programmation d’application (API) rendant possible une personnalisation de son usage.

     

     

  • IA : Salesforce va lancer 2 nouvelles solutions pour accompagner les professionnels de santé

    L’agent conversationnel “Einstein Copilot Health Actions”

    “Einstein Copilot Health Actions” est un assistant conversationnel basé sur l’IA, développé par Salesforce, utilisant la technologie de traitement du langage naturel (NLP). Il permet aux professionnels de santé les actions suivantes :

    • automatiser les tâches administratives, comme remplir le formulaire d’un patient ;
    • générer des informations à partir des données du patient ;
    • utiliser des commandes vocales ou textuelles pour la planification des rendez-vous médicaux et la suggestion de soins ;
    • et trouver un prestataire de soins selon sa localisation et sa spécialité.

     

    “Assesment Generation” pour une meilleure prise en charge des patients

    La solution “Assesment Generation“, pilotée par Salesforce Health Cloud, numérise les évaluations des patients, évitant ainsi la saisie manuelle fastidieuse. Elle permet d’extraire les données automatiquement des formulaires numérisés, réduit le codage manuel et les erreurs.

    Assesment Generation télécharge ainsi automatiquement les informations dans la plateforme, permettant de collecter et d’automatiser les données des patients, offrant les avantages suivants :

    • le remplissage de formulaires électroniques : les formulaires PDF sont transformés en questionnaires numériques interactifs.
    • un remplissage par les patients : les patients peuvent répondre aux questions directement sur l’appareil de leur choix.
    • le suivi des progrès : l’évolution de l’état de santé du patient est mesurée au fil du temps.

     

    Avantages pour les professionnels de la santé

    Pour résumer, la proposition de valeur des nouvelles solutions intelligentes de Salesforce pour le secteur de la santé se construit sur 3 éléments principaux :

    • le gain de temps : Einstein Copilot automatise les tâches répétitives, ce qui permet aux professionnels de santé de se concentrer sur les soins ;
    • une meilleure efficacité : Assessment Generation numérise et rationalise le processus d’évaluation des patients ;
    • et des soins plus personnalisés : les deux outils sont censés permettre aux médecins de prendre des décisions plus éclairées et de proposer des plans de traitement individualisés à leurs patients.

     

  • Luxembourg : lancement du Dataspace4health pour faire avancer la recherche médicale

    Projet collaboratif mené par NTT Data, les Hôpitaux Robert Schuman (HRS), le Luxembourg Institute of Health (LIH), l’Université du Luxembourg, l’Agence eSanté et le Luxembourg National Data Service (LNDS), D4H est cofinancé par le ministère de l’Économie du Luxembourg dans le cadre de l’initiative européenne de gouvernance numérique Gaia-X.

    Caractéristiques du projet D4H

    Le consortium Luxembourgeois présente plusieurs caractéristiques innovantes :

    • il est candidat Gaia-X : le projet est un pionnier dans l’échange de données de santé sécurisé et conforme en Europe ;
    • l’effort collaboratif : le projet rassemble des leaders du domaine et peut intégrer de nouveaux membres ;
    • l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) : le projet explorera l’utilisation de l’IA pour exploiter les données dans le but, notamment, de développer de nouveaux traitements médicaux innovants ;
    • des cas d’usage concrets : le projet se concentre sur des cas d’usage précis, comme ceux du diabète et de l’oncologie, avec une application potentielle dans d’autres domaines.

     

    Un focus sur le diabète et le cancer

    Ces deux pathologies ne sont pas les seules qui seront étudiées dans le cadre du projet D4H. Elles seront cependant ses cibles privilégiées :

    • concernant le diabète : développer un système d’aide à la décision basé sur l’IA pour prévenir des complications, en s’appuyant sur des données anonymisées et un jumeau numérique de patients ;
    • et concernant le cancer : un programme d’oncologie de précision avec l’établissement d’une architecture de données fédérées pour améliorer l’interopérabilité et l’échange de données entre les fournisseurs de soins et les instituts de recherche.

     

    Proposer des soins de meilleure qualité

    Au-delà de la recherche clinique, le but ultime de D4H est de permettre au système de santé luxembourgeois d’offrir à ses usagers des soins de grande qualité et une meilleure stratégie de prévention. Il vise ainsi à :

    • améliorer les diagnostics et les traitements : la plateforme permettra aux professionnels de santé d’accéder à un ensemble complet de données de santé pour chaque patient, facilitant un diagnostic plus précis et des traitements plus personnalisés ;
    • adopter une meilleure compréhension des maladies : l’analyse de données anonymisées à grande échelle permettra d’identifier des tendances et des facteurs de risque pour plusieurs maladies, contribuant à une meilleure compréhension de leur développement et de leur prévention ;
    • et installer des mesures préventives efficaces : la plateforme permettra de développer des outils et des services pour la prévention en s’appuyant sur l’analyse des données et l’IA.

     

  • IA : lancement de Bidifly, un projet de recherche (9 M€) pour mieux traiter le lymphome folliculaire

    De g. à dr. : Franck Morschhauser , Anne-Laure Borrel, Sophie Allauzen, Guillaume Cartron, Michel Azoulay et Clémentine Sarkozy - @ Lysarc
    De g. à dr. : Franck Morschhauser , Anne-Laure Borrel, Sophie Allauzen, Guillaume Cartron, Michel Azoulay et Clémentine Sarkozy – @ Lysarc

    Le lymphome folliculaire, difficile à diagnostiquer et à soigner

    Selon le groupe Lysa-Lysarc, l’espérance de vie du lymphome folliculaire est de 15 ans en moyenne après le diagnostic. Il est traité par immunochimiothérapie, mais dans certains cas, les patients répondent mal au traitement. Ainsi, 3 questions fondamentales sont posées :

    • comment identifier les patients avec un bon ou un mauvais pronostic ?
    • quels sont les éléments rationnels pour choisir le meilleur traitement possible pour le patient ?
    • pourquoi les traitements ne ciblent pas encore les rechutes ?

     

    En réponse à ces questions, 3 objectifs cliniques stratégiques sont identifiés :

    • établir une classification pour le risque des patients au moment du diagnostic ;
    • construire une classification sur la biologie pour traiter les patients au plus proche de leur biologie ;
    • et cibler la cellule à l’origine des rechutes, suspectée de se cacher dans la moelle osseuse.

     

    5 groupes de travail pour développer un modèle de calcul précis

    Au départ des recherches, seulement un type de données à la fois était utilisée (biologiques ou cliniques ou d’imageries), ce qui n’était pas suffisamment efficace. Le Lysarc réalise que des modèles d’IA intégrant des données différentes et croisées permettent d’avoir “une puissance de classification des patients bien plus pertinente”.

    Le projet Bidifly s’articule autour du groupe Lymphoma study association (Lysa)-Lymphoma academic research organisation (Lysarc) et de l’Institute for follicular lymphoma innovation (Ifli). Ses données cliniques concernent près de 2 400 patients, dont près de 1 200 ayant également des données biologiques. Pour construire un modèle de calcul précis, 5 groupes de travail seront constitués avec les tâches suivantes :

    • collecter les données ;
    • générer des données moléculaires avec du séquençage ;
    • cibler la cellule à l’origine de la rechute ;
    • intégrer les données globales ;
    • et valider le score établi dans l’intégration des données grâce à 700 patients de la cohorte nationale Realysa.

     

    Réduire les variables des données multimodales pour proposer des prédictions

    L’approche intégrative des données multimodales a déjà fait ses preuves dans la prédiction à l’immunothérapie, “dans les tumeurs solides, comme le cancer du poumon”, explique Irène Buvat, directrice du Laboratoire d’imagerie translationnelle en oncologie de l’Institut Curie. “Notre capacité à prédire le devenir du patient s’améliore à mesure que nous agrégeons des données émanant de différentes sources”, ajoute-t-elle.

    Le défi actuel est de choisir la meilleure manière d’intégrer cette donnée. Une stratégie consiste à chercher les biomarqueurs les plus éloquents, comme les données biologiques et d’imagerie. Avec toutes ces données prélevées, il est possible de générer des milliers de variables, et donc plus de variables que de patients. “Nous allons faire de la réduction de variables pour parvenir à des modèles prédictifs”, souligne Irène Buvat. Et de poursuivre : “Nous allons ensuite soumettre ces modèles à des algorithmes d’IA et l’ultime étape sera de démontrer que le modèle créé fonctionne sur de nouveaux patients.”

    Bâtir des modèles les prédictions (DL, ML et IA générative)

    Pour l’analyse d’imagerie médicale, le deep learning (DL), ou apprentissage profond, permet de segmenter toutes les régions tumorales automatiquement. Il est également utilisé pour les coupes afin d’identifier les noyaux des cellules et d’étiqueter ces noyaux en fonction de la nature de la cellule.

    Pour extraire des biomarqueurs, des équations mathématiques et un réseau de neurones peuvent être utilisés. L’apprentissage profond est plus utile sur un large nombre de patients. Selon Irène Buzat, en machine learning (ML), ou apprentissage automatique, comme en deep learning, il est indispensable d’insérer une certitude à la prédiction : “Nous allons entraîner plein de modèles d’IA et agréger toutes les réponses. Si elles sont identiques, cela nous donnera une très grande confiance. En revanche, si les réponses sont variables elles accentueront l’incertitude de nos résultats.”

    De son côté, l’IA générative est capable de convertir des résultats d’algorithmes en une explication compréhensible pour un oncologue qui serait profane en IA.

    Des objectifs scientifiques précis et ambitieux

    Les objectifs scientifiques du programme de recherche Bidifly sont les suivants :

    • bénéficier d’approches sur l’IA pour intégrer des données cliniques, biologiques et d’imagerie pour développer et valider des biomarqueurs d’échec thérapeutique précoce à différente stratégies thérapeutiques (R-monothérapie, R-chimio ou sans chimio) ;
    • mieux comprendre l’hétérogénéité du lymphome folliculaire grâce à de très grands ensemble de données d’échantillons de pré-traitement (tumeur, sang, moelle osseuse) et d’imagerie, permettant une classification non supervisée du lymphome folliculaire au diagnostic et la découverte de sous-types d’intérêt via un clustering intégratif ;
    • mais aussi fournir une caractérisation des CPC, ou progéniteurs de la rechute, au niveau phénotypique et génomique en relation avec leurs niches immunitaire pour découvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques.

     

  • Expérience patient : un meilleur vécu des soins grâce à un échange efficace des données (rapport OCDE)

    Premières conclusions de l’enquête PaRIS

    Cette enquête porte sur 60 000 patients et 1 200 cabinets médicaux répartis dans 15 pays de l’OCDE. Il s’agit de la plus vaste étude internationale, à ce jour, menée auprès de patients adultes dans le secteur des soins primaires. Selon ses premiers résultats, publiés dans un rapport intitulé “La santé du point de vue des patients. La prochaine génération d’indicateurs de résultats des soins de santé“,  78 % des patients des pays de l’OCDE font confiance à leurs prestataires de soins primaires.

    L’importance de la qualité des soins pour améliorer la confiance dans le système de santé :

    L’enquête PaRIS révèle que :

    • d’un côté, les personnes estimant bénéficier de soins primaires de qualité se sentent en meilleure santé, même lorsqu’elles souffrent de plusieurs maladies chroniques ;
    • et d’un autre, un vécu positif des soins primaires par le patient est corrélé à une plus grande confiance de sa part dans le système de santé, en particulier pour les maladies chroniques ;

    Par ailleurs, selon cette étude, les personnes ayant une relation de longue date avec leur médecin traitant vivent mieux leur maladie.

    Impact des maladies chroniques sur l’expérience patient

    Les patients souffrant de maladies chroniques ont des expériences de soins moins satisfaisantes, à en croire les résultats de l’enquête PaRIS, lorsqu’ils doivent répéter à chaque fois les informations qui auraient dû figurer dans leur dossier médical, accessible aux professionnels de santé. D’autre part, la confiance en soi des patient est fragilisée dans le cas des maladies chroniques. Selon l’étude, plus une personne souffre de maladies chroniques, plus sa confiance dans son aptitude à l’autogestion diminue : +40 % des répondants à l’enquête PaRIS ne pensent pas pouvoir gérer eux-mêmes leur santé et leur bien-être.

    Le partage des données du patient comme levier d’amélioration :

    Le risque de fragmentation entre de multiples parcours de soins est donc élevé dans les maladies chroniques. Ainsi, la coordination et la continuité des soins se présentent comme des éléments déterminants pour le bienêtre du patient, notamment grâce à des dossiers médicaux bien tenus et accessibles à tous les niveaux du système de santé.

    L’enquête PaRIS montre comment un échange efficace d’informations entre les prestataires de santé améliorer la perception de la qualité des soins par les patients atteints d’au moins une maladie chronique.

    L’échange efficace des données de santé améliore le vécu des patients - @ OCDE
    L’échange efficace des données de santé améliore le vécu des patients – @ OCDE

    Principales maladies chroniques déclarées lors de l’enquête PaRIS :

    • hypertension artérielle (41 %) ;
    • arthrites ou problèmes de dos/d’articulations (31 %) ;
    • maladies cardiovasculaires (16 %) ;
    • dépression, anxiété et autres troubles mentaux (15 %) ;
    • et diabète types 1 ou 2 (14 %).

     

    Répartition des maladies chroniques selon le sexe :

    Si le nombre total de maladies chroniques est comparable entre les hommes et les femmes âgés de 45 ans et plus, les pathologies ne se répartissent pas de la même manière.

    • les hommes sont plus fréquemment touchés par :
      • l’hypertension artérielle (49 %, contre 38 % des femmes) ;
      • et les maladies cardiovasculaires (22 %, contre 13 % des femmes).
    • tandis que les femmes sont plus concernées par :
      • l’arthrite (37 %, contre 27 % des hommes) ;
      • ainsi que la dépression et d’autres troubles mentaux (19 % contre 11 % des hommes).
    Répartition des maladies chroniques selon le sexe - @ OCDE
    Les hommes font souvent état de problèmes d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires, tandis que les femmes sont plus nombreuses à déclarer souffrir d’arthrite et de troubles mentaux. @ OCDE

     

  • IA : Advanthink s’associe à l’Inserm UMR-S 999 pour lutter contre l’HTAP

    Relever le défi d’une maladie rare mais pas orpheline

    L’HTAP est une maladie rare (48 à 55 cas par million), mais pas orpheline. “Plusieurs actifs de la classe des vasodilatateurs sont approuvés et utilisés en combinaison bi- voire tri-thérapie”, explique le Dr Sylvia Cohen-Kaminsky. “Ils prolongent la survie des patients, mais ne sont pas curatifs”.

    Pour elle, cette collaboration entre Advanthink et l’Inserm a pour ambition de relever le défi d’identifier “de bonnes cibles dans un réseau moléculaire complexe, celles centrales dans le mécanisme de remodelage vasculaire pulmonaire conduisant à l’HTAP”.

    Dans ce sens, les objectifs fixés par les deux organisations sont :

    • d’augmenter la compréhension de l’HTAP et de ses causes profondes ;
    • d’identifier de nouveaux biomarqueurs pour le diagnostic et le pronostic de la maladie ;
    • et de développer de nouvelles thérapies plus efficaces pour les patients atteints d’HTAP.

    L’IA pour repérer de nouvelles cibles thérapeutiques

    Les chercheurs pourront, dans le cadre de ce partenariat, exploiter les capacités d’Advanthink en matière d’analyse de données, provenant des patients touchés par l’HTAP, pour décrypter les mécanismes biologiques complexes impliqués dans l’HTAP et repérer les nouvelles cibles thérapeutiques. Le Dr Cohen-Kaminsky et son équipe utiliseront ainsi les solutions logicielles d’Advanthink en adoptant une approche multiomique comprenant des données génomiques, transcriptomiques, protéomiques et cliniques.

    Ces dimensions omiques permettraient d’éclairer certains aspects de la pathologie. L’enjeu étant d’analyser, de manière combinée, ces différents types de données afin d’adopter “la vision la plus holistique possible” des mécanismes moléculaires entourant la cible identifiée et son aspect critique dans l’évolution de l’HTAP.

     

  • Parcours innovants : des filières intégrées pour améliorer la prise en charge (Hôpital Foch)

    Des filières de soins pour optimiser la prise en charge

    L’Hôpital Foch développe ce format de filières plus rapides et efficaces, en améliorant notamment la coordination des médecins de villes et hospitaliers. En France, les délais de prise en charge des cancers les plus communs restent encore trop longs aujourd’hui. Il faut par exemple 50 jours entre le premier passage en imagerie et la mise en place de la chimiothérapie, voire plus de 2 mois si le traitement est chirurgical (opération du poumon par exemple).

    Raccourcir les délais entre le diagnostic et le traitement :

    Les 4 filières de soins de l’hôpital Foch se construisent sur les éléments suivants :

    • une coordination des soins multidisciplinaires pour une pathologie donnée ;
    • un numéro et une adresse mail uniques pour les médecins de ville disponibles 24h/24 et 7j/7 ;
    • une prise en charge rapide et efficace (consultation spécialisée dans les 48 à 72h, examens complémentaires synchronisés, bilan diagnostic et protocole de soins sur mesure) ;
    • ainsi qu’une implication du médecin traitant à chaque étape du parcours de soin.

     

    Cette organisation en filières promet plusieurs améliorations :

    • une réduction des délais d’attente pour le diagnostic et le traitement ;
    • une meilleure coordination entre les différents intervenants médicaux ;
    • un parcours de soins individualisé et adapté au patient ;
    • un suivi en ville par le médecin traitant.

     

    Des parcours individualisés

    Afin d’accélérer la prise en charge et la coordination des patients, l’hôpital Foch propose des filières de soins dédiées à 4 pathologies :

    • SOS diagnostic poumon : pour les patients suspectés d’un cancer du poumon, cette filière a accueilli 1 200 patients en 4 ans, réduisant le délai de prise en charge de 3 semaines en moyenne ;
    • SOS gynéco-oncologie : pour les patients atteints d’une tumeur du sein ou d’une tumeur gynécologique ;
    • SOS neuro-oncologie : pour les patients souffrant de pathologies tumorales du système nerveux ;
    • Filière rachis aigu : pour les patients touchés par des douleurs aigües du rachis.

     

    Fonctionnement :

    1. Le médecine traitant contacte la filière s’il soupçonne une pathologie relevant de sa spécialité ;
    2. le patient est convoqué à l’Hôpital Foch dans un cours délai (48 heures en moyenne) ;
    3. un bilan complet est réalisé par une équipe pluridisciplinaire de médecins ;
    4. un programme de soins personnalisé est mis en place ;
    5. et, enfin, un suivi est assuré par l’équipe de la filière spécialisée.

     

  • Evolution des mesures réglementaires liées au handicap en France

    Les différentes mesures du gouvernement en vigueur visent à aider les personnes handicapées à trouver un emploi et accéder aux soins plus facilement. Elles ambitionnent également d’intégrer Mon espace santé dans les établissements médicosociaux. Le premier ministre Gabriel Attal a également annoncé vouloir supprimer l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) qui risque d’avoir un impact sur les personnes en situation de handicap.

    Dans cet article, H&TI revient chronologiquement sur les différentes évolutions réglementaires liées au handicap, de la plus récentes au plus anciennes.

    Décembre 2023 : favoriser l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap

    La loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi prévoit des mesures pour les personnes handicapées dans les articles 10 à 16. Retour sur les changements réglementaires pour les personnes handicapées concernant leur couverture santé ainsi que leurs droits en entreprise (grève, conservation du matériel lors d’un changement d’employeur, instance de dialogue).

    Dans l’article L. 344-2-10, les personnes handicapées accueillies dans un Etablissement et service d’accompagnement par le travail (Esat) bénéficient d’une couverture collective à adhésion obligatoire. L’Esat rembourse au minimum 50% de la cotisation, des actes médicaux, des hospitalisations et des soins dentaires. Dans certains cas, les travailleurs peuvent être dispensés de l’adhésion à la mutuelle collective.

    Lors d’un changement d’employeur, le travailleur handicapé peut conserver ses équipements, notamment si le nouveau poste présente les mêmes caractéristiques. Une convention entre les deux entreprises peut être établie pour formaliser la conservation des équipements.

    Dans l’article L. 344-2-7, les personnes accueillies en Esat ont le droit de grève dans le cadre de leurs activités professionnelles. Les dispositions du code du travail relatives à l’exercice du droit de grève et aux procédures de règlement des conflits collectifs leur sont applicables et similaires aux autres employés.

    Dans l’article L. 344-2-8, une instance de dialogue est créée dans chaque Esat. Elle se compose de représentants des personnes handicapées accueillies ainsi que des représentants des salariés. Son rôle est d’émettre des avis et des propositions portant sur la qualité de vie au travail, l’hygiène, la sécurité ainsi que l’évaluation et la prévention des risques professionnels.

    Septembre 2023 : un annuaire lancé entre APF France et le Ministère de la Santé

    66 % des personnes en situation de handicap ont des difficultés pour accéder à des soins selon une étude faite par l’Ifop pour APF France handicap.

    Partant de ce constat, APF France handicap et le ministère de la Santé ont lancé l’annuaire de l’accessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux vise à améliorer l’accès à l’information et aux soins des personnes en situation de handicap et à besoin spécifiques (personnes touchées par l’obésité, en perte d’autonomie).

    Lancé depuis le 20 septembre 2023, l’outil est en phase d’expérimentation jusqu’au 31 janvier 2024, soutenu par des acteurs du soins comme Malakoff Humanis, Merck, l’Agence régionale de Santé Pays de la Loire et le FNDS – Caisse nationale de l’Assurance Maladie. Réunissant plus de 3 500 professionnels de santé, il regroupe les médecins généralistes et spécialistes, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers, sage-femmes, podologues, orthophonistes et orthoptistes, où chacun a la possibilité de se référencer dans l’annuaire.

    Juillet 2023 : une instruction interministérielle pour implanter Mon espace santé dans les établissements et services médico-sociaux

    Une instruction interministérielle du 17 juillet 2023 vise à « accélérer le déploiement de Mon espace santé dans le secteur médicosocial en développant des usages concrets et en priorisant les parcours à mettre en place ». Elle précise pour les Agences régionales de santé (ARS) les conditions d’éligibilité des pilotes et de mise en œuvre de l’expérimentation. Celle-ci concerne tous types d’ESMS « quels que soient leur taille, leur statut juridique et leur type d’activité » étant « en capacité opérationnelle d’alimenter Mon espace santé ».

    Les structures concernées doivent être :

    • « en cours d’installation d’une solution dossier usager informatisé référencée Ségur » ;
    • ou disposer « d’une solution logicielle en capacité d’échanger avec les services socles de Mon espace santé et répondant aux exigences nationales d’interopérabilité et de sécurité ».

     

    Les structures médicosociales, ayant en charge des personnes âgées et/ou en situation de handicap, en établissement ou à domicile, sont souvent confrontées à des parcours de soins complexes. L’outil numérique Mon espace santé est particulièrement adapté pour faciliter la coordination nécessaire des soins entre les différents intervenants.

    Mon espace santé, en centralisant tout ce qui a trait à la santé d’une personne, il lui rend accessible toutes les informations le concernant dans son Dossier médical partagé (DMP). Il le rend ainsi davantage acteur de sa santé et simplifie son accompagnement par les aidants. Quant aux professionnels, ils peuvent alimenter et consulter le DMP de leurs patients et échanger avec les usagers grâce à la messagerie Mon espace santé. Ces échanges d’informations facilités optimisent le parcours de santé, évitent des examens redondants et libèrent du temps au profit des patients.

    Suite à l’appel à projet national du 1er septembre 2023, 56 établissements ont été sélectionnés pour participer à l’expérimentation. Celle-ci répond à plusieurs objectifs :

    • identifier les parcours permettant de déployer des cas d’usages autour de Mon espace santé ;
    • identifier les moyens et outils à mettre en place pour informer, sensibiliser les usagers ou leurs aidants et les professionnels à l’utilisation de la solution ;
    • contribuer à une réflexion autour de la délégation des aidants.

    Une convention sera signée entre l’ARS et chaque ESMS pilote. Elle prévoira les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation et son financement. Chaque pilote recevra une somme forfaitaire de 21 000 euros, selon les règles du Fond pour la modernisation et l’investissement en santé (FMIS).

    La période effective d’expérimentation commence le 15 février 2024 et s’étendra jusqu’au 15 octobre de cette année. Avant le bilan de fin d’expérimentation, fixé au 15 novembre, un point d’étape aura lieu le 15 juin.

    Une potentielle suppression de l’allocation spécifique de solidarité

    Lors de son discours de politique générale le 30 janvier 2024 à l’Assemblée nationale, le premier ministre Gabriel Attal a annoncé la suppression de l’allocation spécifique de solidarité (ASS).

    Destiné en premier lieu aux personnes ayant fini de toucher leurs droits de chômage, elle inquiète également les personnes handicapées en fin de droits qui pouvaient cumuler l’ASS avec leur Allocation aux adultes handicapées (AAH) jusqu’à fin 2026. Ce ne sera plus le cas si l’ASS est supprimé, ce qui interroge certains acteurs du handicap comme APF France handicap, estimant un impact négatif sur ses allocataires étant « souvent des demandeurs d’emploi de longue durée âgés de plus de 50 ans » pouvant « placer ces personnes dans une situation de précarité aggravée alors que la perspective d’un retour à une activité est quasi inexistante » selon l’association.

    APF France handicap demande le maintien du régime dérogatoire pour les allocataires bénéficiant un droit ouvert dans les conditions fixées par la réforme de 2017 ainsi les pensionnées d’invalidité/ASS au vu de leur situation vulnérable sur le marché du travail.

    Principales mesures réglementaires sur le handicap depuis 2020

    Comité du handicap 2022 / aides techniques : 10 M€ dédiés à l’expérimentation art. 51

    Autorisée par un arrêté du 18 février 2021 pour une durée « fixée à 2 ans à compter du 1 juillet 2021, l’expérimentation nationale « article 51 » mise en place pour déployer des équipes locales d’accompagnement sur les aides techniques (Eqlaat) voit son budget passer de 6 M€ à 10 M€ en 2021.

    5 Comité interministérielle du handicap (CIH) ont organisés afin de réaliser un suivi précis des actions à mener et de fixer chaque année les priorités et nouvelles perspectives. Le Gouvernement s’est donné dans ce cadre 4 objectifs principaux :

    • « investir sur les jeunes générations en situations de handicap » ;
    • « simplifier les démarches et renforcer le pouvoir d’agir des personnes en
      situation de handicap » ;
    • « mieux soutenir pour améliorer la vie » ;
    • « transformer la société ».

     

    Comité du handicap 2020 : téléconsultations et expérimentations de financement parmi les actions

    Un « accompagnement des opérateurs des téléconsultations afin qu’elles soient rendues accessibles à toutes les personnes quel que soit leur handicap » fait partie des nouvelles actions programmées sur les axes « accès aux soins » et « aides techniques », présentées à l’occasion du Comité interministériel du handicap (CIH) le 16 novembre 2020.

    Personnes âgées et personnes handicapées (PA-PH) : un SI national dédié aux services de soins infirmiers à domicile (JO)

    Créé par un décret du 25 juin 2022, le “système d’information national des soins infirmiers à domicile” permet la détermination des services des soins infirmiers à domicile aux personnes âgées et handicapées et la mise à disposition de ces données aux agences régionales de santé (ARS), en charge de la tarification desdits services ».

    Le plan gouvernemental « 100 % santé » :

    Déployée depuis le 1 janvier 2021, dans le cadre du plan gouvernemental « 100 % santé », tous les Français bénéficiant d’une complémentaire santé responsable ou de la Complémentaire santé solidaire se voient proposer des soins et un large choix d’équipements en audiologie, optique et dentaire, pris en
    charge à 100 %.

    L’exécutif prévoit un “grand programme national pour l’innovation technologique” :

    « Un grand programme national pour l’innovation technologique au service de la vie quotidienne et de l’autonomie » : c’est l’engagement n° 11 pris pour « l’acte II du quinquennat » en faveur des personnes handicapées, et présenté à l’Élysée le 11 février 2020 dans le cadre de la Conférence nationale du handicap, sous le double patronage d’Emmanuel Macron et de la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, alors Sophie Cluzel.

    Création d’une 5ème branche de la Sécurité sociale :

    La création d’une 5ème branche de la Sécurité sociale dédiée au financement de la perte d’autonomie des personnes âgées et handicapées est prévue par la loi relative à la dette sociale et à l’autonomie, promulguée le 7 août 2020. Cette 5ème branche vient couvrir les risques de la vie liés à la perte d’autonomie et au handicap. Elle s’ajoutera aux 4 branches existantes (maladie, vieillesse, famille et accidents du travail).

  • Quels sont les Obim, modèles d’impact organisationnel et budgétaire ? (entretien S. Bourguignon)

    Avec Rweality, son bureau d’étude spécialisé dans l’analyse des impacts organisationnels et de valeur en santé, Sandrine Bourguignon prône la mise en place des Obim (organisational and budget impact models) dans les parcours de soins et les mécanismes de tarifications. Pour H&TI, elle revient sur les méthodes et les objectifs de ces modèles et explique pourquoi il faudrait inciter les organisations de santé à les adopter, notamment pour optimiser l’organisation des parcours de soins et l’efficience en des actions de santé.

    Trouver des mécanismes de tarification efficaces et incitatifs

    Quels sont les Obim et à quels acteurs de la santé s’adressent-ils ?

    Les Obim sont des outils d’aide à la décision pour valider l’efficience et l’intérêt d’un changement de parcours de soins ou de protocole de prise en charge. Ils intéressent forcément les payeurs et les institutionnels, car ils leur permettent de ne pas être aveugle sur les sujets de tarification.

    Leurs utilisateurs cibles dépendent de l’objectif de chaque Obim. Si ce dernier est utilisé à la Haute autorité de santé (HAS) dans le cadre d’un accès au remboursement et d’une négociation de prix, il concernera les industriels de santé – médicament, dispositif médical ou plus récemment thérapie numérique (DTx). Lors de l’évaluation par la HAS, les dispositifs médicaux numériques (DMN) répondent souvent à des critères d’impact sur l’organisation des soins. On parle alors de critères organisationnels. Cette première utilisation concerne donc le remboursement.

    La deuxième utilisation peut concerner aussi bien l’industrie pharmaceutique que les hôpitaux, les agences régionales de santé (ARS) ou d’autres acteurs institutionnels. Bien que le travail sur les parcours et les protocoles de soins ne vise pas le remboursement, c’est un bon moyen d’évaluer les transformations de parcours et de prise en charge. Il faut trouver des mécanismes de tarification qui améliorent la qualité de soins et qui soient en même temps incitatifs pour tous les professionnels de santé. Aujourd’hui, avec la tarification à l’activité, un hôpital n’a pas intérêt à perdre ses patients, malgré les innovations thérapeutiques et organisationnelles qui visent à sortir le patient de l’hôpital. La tarification va à l’encontre d’une incitation à mieux faire.

    Quel est aujourd’hui le degré de maturité de ces problématiques d’évaluation d’impact au sein du système de de santé français ?

    Conceptuellement, je pense que tout le monde a conscience du sujet. En 2021, la HAS avait déjà réalisé une cartographie des impacts organisationnels pour l’évaluation des technologies de santé. Il existe cependant une problématique de délai d’accès à la donnée, avec beaucoup d’études qui pourraient mieux se faire, par exemple grâce à des accès simplifiés au système national des données de santé (SNDS). L’accès aux données de santé est clé pour réaliser des évaluations robustes qui permettent de légitimer les innovations organisationnelles dans la démonstration de valeur.

    Nous en sommes aux prémices en termes d’évaluation des politiques publiques aujourd’hui. Nous n’évaluons pas encore les impacts organisationnels, même si le ministère dit clairement vouloir déployer des innovations organisationnelles. Nous n’arrivons pas encore à estimer l’innovation organisationnelle à sa juste valeur. Nous pourrions, par exemple, réévaluer un certain nombre de prises en charge en cardiologie, où il y a des dispositifs innovants qui sont bien installés et avec un risque maîtrisé. L’Allemagne a fermé beaucoup de lits en cardiologie parce que les pratiques ont changé. Ils ont changé le protocole en fermant des lits et personne ne s’est offusqué de cette fermeture. France, nous ne savons pas vraiment si nous avons fermé des lits où il le fallait ni pourquoi.

    La problématique de la reconnaissance des impacts organisationnels

    Existe-t-il des guidelines ou lignes directrices pour l’usage des Obim ?

    Il n’existe pas de guidelines des Obim en tant que telles, puisque cette terminologie commence à émerger. Cela dit, les Obim sont le résultats de deux précédentes guidelines de la HAS : la première porte sur la cartographie des impacts organisationnels et la deuxième, qui date de 2016, sur les impacts budgétaires.

    La guideline sur le critère d’impact organisationnel n’est pas clairement reconnue et formulée comme un critère d’évaluation par la HAS. Sauf pour le dispositif médical, puisque le guide d’évaluation des dispositifs médicaux de la Cnedimts explique comment on doit définir et quantifier ces critères-là.

    La dimension organisationnelle n’est donc, selon vous, pas encore complètement intégrée par l’écosystème ?

    La problématique de la reconnaissance des impacts organisationnels comme valeur d’un produit de santé réside dans la nécessité de démontrer l’amélioration dans le parcours de soins et au sein du système de santé, et donc de réaliser des études de bonne qualité pour pouvoir en exploiter les résultats. Par exemple : éviter des passages aux urgences, réduire les hospitalisations ou sortir le patient de l’hôpital, comme dans le cas d’une chimiothérapie orale ou en HAD. Ce sont des modifications dans le parcours de soins, sur des critères qui ne sont pas des critères cliniques mais bien organisationnels et de gestion de flux, qui ne sont pas investigués par les études cliniques. Cela relève du domaine de la real world evidence (données de vie réelle).

    La cartographie de 2021 de la HAS parlait de “macros”, des critères socioéconomiques et organisationnels, sans entrer dans le détail du type de critères à mesurer. Comment donc reconnaître un critère organisationnel au même titre que la qualité de vie dans la Doctrine de la commission de la transparence (CT) relative aux médicaments, par exemple ? C’est une évolution lente qui se met en place.

    De l’autre côté, il y a les guidelines d’impact budgétaire, qui représentent des modèles d’évaluation des coûts pour un payeur comme l’Assurance maladie. Lorsque nous introduisons une nouvelle technologie aux produits de santé, qu’est-ce que cette technologie va coûter à la fin pour la Sécurité sociale ? Ce n’est qu’en tenant compte des coûts supplémentaires du produit et de ceux évités que le coût net est estimé. Il existe des méthodes de modélisation en recherche sur l’économie et les résultats de la santé (HEOR) qui sont évaluées par la Commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP) dont les avis d’évaluation économique sont publiés.

    Des études Obim pouvant durer jusqu’à 18 mois

    Quel est le rôle des données de vie réelle (RWD) dans ces évaluations économiques ?

    Le RWD est essentiel pour les évaluations économiques, car la donnée permet de quantifier les différents niveaux d’impacts. La donnée peut venir de collecte primaire, de réutilisation secondaire (comme le SNDS), de l’enrichissement de plusieurs sources entre elles. Mais il est aussi important d’intégrer des dimensions qualitatives, à travers des enquêtes et interviews d’experts ou de patients.

    Nous mixons ensuite les méthodes de modélisation d’impacts budgétaires avec des critères organisationnels. Nous identifions ces critères en les qualifiant et les mesurant pour les transformer en impact budgétaire. C’est cette étude qui constitue les Obim. Les études sont à durée et budget variables. Elles peuvent durer entre 1 et 3 mois lorsqu’elles consistent en des interviews et des revues de littérature, et jusqu’à 18 mois lorsqu’elles collectent des données. Pour la collecte de données, nous avons un partenariat avec deux sociétés de data (EU et US) : Horiana et Skezi. Le champ du RWD est très large et nécessite de travailler en transversalité sur plusieurs expertises métiers.