Le guayBaptiste

  • Pathologie numérique : une avancée majeure pour le diagnostic au CHU de Nîmes

    Améliorer la précision des diagnostics

    La pathologie numérique implique la capture, la gestion, l’analyse et l’interprétation d’informations numériques à partir d’une lame de verre. C’est une technologie de pointe pouvant intégrer des algorithmes d’intelligence artificielle (IA). Le CHU de Nîmes espère en tirer plusieurs avantages, notamment :

    • l’amélioration de la précision du diagnostic : l’analyse des images numériques est plus précise que l’observation au microscope traditionnel, réduisant ainsi le risque d’erreurs médicales ;
    • la facilitation du partage des dossiers patients : les lames numérisées peuvent être facilement partagées entre professionnels de santé, favorisant la collaboration et permettant ainsi une prise en charge plus efficiente des patients ;
    • l’ouverture vers plus d’usages de l’IA: la numérisation des lames ouvre la voie à l’utilisation de l’IA pour l’analyser des images et l’assistance au diagnostic, promettant des avancées considérables dans le futur.

     

    Un environnement de travail plus attractif :

    Cette évolution au sein du CHU s’inscrit dans une démarche d’attractivité, visant particulièrement les jeunes pathologistes. La pathologie numérique offre, en effet, un environnement de travail plus dynamique, favorisant l’épanouissement professionnel et la recherche scientifique.

    Faciliter la prise en charge du cancer

    L’anatomie pathologique peut jouer un rôle essentiel dans le diagnostic et le suivi des patients atteints de cancer. Elle permet à l’hôpital :

    • de confirmer le diagnostic de cancer: en analysant les cellules prélevées lors d’une biopsie, l’anatomopathologiste peut déterminer s’il s’agit d’un cancer et de quel type il est, le cas échéant ;
    • de caractériser la tumeur: l’analyse des tissus permet de préciser le type de cancer, son stade d’évolution et ses caractéristiques agressives – des informations cruciales pour déterminer le traitement le plus adapté pour le patient ;
    • ainsi que d’évaluer la réponse au traitement : en analysant des biopsies effectuées après le traitement, l’anatomopathologiste peut évaluer l’efficacité du traitement et détecter une éventuelle progression de la maladie.

     

    Le CHU de Nîmes franchit une étape clé en adoptant la pathologie numérique, avec l’ambition d’offrir des soins de qualité.

  • ESMS : La Poste Santé & Autonomie lance sa messagerie sécurisée

    Accélérer la digitalisation des ESMS

    Souhaitant répondre “aux besoins de transformation numérique des établissements médico-sociaux”, la messagerie sécurisée de santé, proposée par La Poste Santé & Autonomie, est conforme au référentiel « opérateur MSSanté » de l’ANS. Solution clé en main, elle est commercialisée par les éditeurs de dossier usager informatisé (DUI) : des partenariats avec Evolucare et Arche MC2 permettront à de nombreux établissements d’y accéder facilement.

    Afin d’être aligné avec le Ségur du numérique, MonMailSanté permettrait aux ESMS :

    • de protéger les données sensibles de santé et sociales des usagers grâce à un hébergement souverain en France et conforme aux exigences réglementaires ;
    • de simplifier les échanges d’informations entre professionnels de santé et médico-sociaux grâce à trois types de boîtes aux lettres (BAL) adaptées aux besoins des établissements ;
    • de faciliter le travail des professionnels avec une intégration optimisée du DUI, une interface webmail et des outils d’administration intuitifs ;
    • ainsi que de s’approprier sereinement MSSanté avec une tarification attractive et un accompagnement par des experts de La Poste Santé & Autonomie et de ses partenaires.

     

    Une disponibilité dans plus de 8 000 ESMS

    Grâce à ses partenariats stratégiques avec des éditeurs majeurs de DUI, La Poste Santé & Autonomie met sa nouvelle solution à la disposition de plus de 8 000 ESMS. Elle souhaite par ce lancement confirmer son engagement auprès des acteurs du secteur médicosocial, à travers le soulagement de leurs difficultés en terme de sécurité des messageries.

    Pour ce faire, MonMailSanté propose :

    ➡️ 3 types de boîte aux lettres (BAL) au choix :

      • une BAL applicative pour automatiser l’envoi et intégrer des documents au DUI ;
      • une BAL organisationnelle pour s’adapter aux organisations, aux pratiques des professionnels et assurer une continuité de service ;
      • et une BAL personnelle pour les professionnels voulant disposer de leur propre boîte ;

    ➡️ une solution clé en main en mode saas (software as a service) pour un déploiement facilité ;

    ➡️ une simplicité de souscription, l’établissement souscrivant directement auprès de son éditeur de DUI ;

    ➡️ une intégration optimisée au DUI pour simplifier les usages des professionnels ;

    ➡️ la possibilité de mettre une interface de messagerie webmail pour utiliser la MSSanté à tout moment et en mobilité ;

    ➡️ une grille tarifaire adaptée aux contraintes budgétaires des établissements ;

    ➡️ une solution souveraine hébergée en France sur la plateforme HDS Maincare Hosting Services ;

    ➡️ une conformité aux exigences du Ségur garantie : la solution est référencée et l’API LPS en production ;

    ➡️ des outils d’administration permettant aux éditeurs puis aux établissements de gérer leurs BAL (ajouter ou supprimer l’accès d’un professionnel à une BAL organisationnelle par exemple).

     

  • Banque des territoires : un AAP pour les services numériques liés au « prendre soin »

    Des apports en fonds propres et quasi-fonds propres

    Destiné aux collectivités territoriales, aux entreprises privées (opérateurs, investisseurs, exploitants ou sociétés de services portant un projet) ainsi qu’aux entreprises à impact social (entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS), entreprises à mission ou corporate ventures), l’appel à projet (AAP) de la Banque des Territoires concerne la e-santé, le médico-social et les services à impact social. Le financement de la Banque des Territoires permet :

    • de bénéficier d’un financement adapté aux spécificités de son projet afin de favoriser son développement ou son changement d’échelle ;
    • de profiter de l’expertise d’un tiers faisant le lien entre les financeurs privés, les collectivités et les territoires, dans une logique d’intérêt général ;
    • et d’avoir accès à un réseau territorial et politique propice à l’épanouissement de projets innovants et/ou à fort impact social et territorial.

     

    3 axes ciblés : santé, vieillissement et impact social

    Afin de promouvoir la santé et le bien-être, la Banque des Territoires propose une offre d’investissement pour les services de santé et de prise en charge, articulée autour de 3 axes :

    • les services numériques de santé : participer à l’émergence, au développement et à la consolidation d’entreprises à impact social en investissant dans des services dans le domaine de la santé et du vieillissement ;
    • les services numériques liés au vieillissement : développer des services numériques en facilitant l’adaptation de l’habitat à moindre coût (numérisation du logement, dispositifs d’appels d’offres automatisés), ainsi qu’un bouquet de services comme l’organisation de l’aide à domicile, les dispositifs de sécurité et l’évaluation continue ;
    • les services à impact social liés à la prise en charge, incluant la santé, le vieillissement, le handicap, la petite enfance et l’habitat : soutenir le développement des entreprises à fort impact social jouant un rôle clé dans les secteurs de l’accès aux soins, de la silver économie, du maintien à domicile et de l’habitat spécifique.

     

    👉 La Banque des territoires invite tous les organismes intéressés par le financement de leurs projets à prendre contact avec ses services via ce formulaire.

     

  • Espagne : 519 start-ups de la santé numérique recensées

    Un écosystème favorable à l’innovation

    L’écosystème espagnol des start-ups compte 519 start-ups et scale-ups dans le domaine du numérique en santé, selon la base de données de start-ups et d’investisseurs, Ecosistema Startup. Cela fait de la santé l’un des secteurs qui comptent le plus grand nombre d’entreprises innovantes en Espagne, avec deux principaux pôles d’innovation :

    • la Catalogne, qui compte 172 start-ups ;
    • et la communauté de Madrid qui compte 119 start-ups.

     

    Un grand nombre de start-ups dans le domaine de la santé en ligne proviennent de centres de recherche médicale, c’est-à-dire de projets incubés dans leurs installations et transformés en entreprises indépendantes. De plus, Madrid et la Catalogne sont les sièges et les principaux centres d’intérêt d’un grand nombre d’investisseurs qui, grâce à leurs contributions financières et à leurs réseaux, stimulent la croissance des start-ups dans divers domaines, notamment en santé.

    Une augmentation exponentielle des investissements dans les start-ups de la e-santé :

    L’évolution du nombre de start-ups coïncide avec les années les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. Cette crise a fortement accéléré l’adoption des technologies numériques en santé, conduisant à une croissance exponentielle du nombre de start-ups et d’investissements dans ce secteur. En 2020, le nombre de cycles d’investissement dans les start-ups de santé a pratiquement triplé en un an, avec un capital investi multiplié par 4,6. Cette tendance s’est poursuivie en 2021 et 2022, faisant de la santé l’un des secteurs les plus attractifs pour les investisseurs en Espagne.

    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 - @ El Referente
    Evolution de l’investissement dans les start-ups de la e-santé en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Selon Astrazeneca, la création de start-ups a particulièrement augmenté entre 2020 et 2021, comptant respectivement 70 et 76 start-ups en santé, comparé à 54 en 2019 et 40 en 2022, puis « seulement » 20 en 2023.

    Par ailleurs, selon une étude publiée par Accenture en 2022, seuls 25 % de la population espagnole n’utilisaient aucune technologie numérique pour gérer leur santé en 2021. Un chiffre qui illustre la bonne adoption du numérique dans le secteur de la santé.

    Nombre de start-ups de santé numérique créées par an en Espagne, entre 2017 et 2023 – @ El Referente

    Quel avenir de la e-santé en Espagne ?

    La croissance de l’écosystème espagnol des start-ups de santé inclut plusieurs facteurs :

    • une adoption croissante du numérique par les patients et les professionnels de santé ;
    • une augmentation du besoin de solutions innovantes pour améliorer l’efficacité et la qualité des soins ;
    • la présence de centres d’innovation en santé (à Madrid et Barcelone) reconnus mondialement et soutenus par le gouvernement ;
    • ainsi que l’augmentation des investissements dans les start-ups de santé digitale.

     

    Au niveau européen, EIT Health estime que l’Espagne se trouve dans “une position privilégiée pour capitaliser stratégiquement sur son leadership dans l’écosystème européen de la santé numérique”. Il est également souligné l’amélioration de la numérisation progressive des systèmes de santé du pays, à la fois en termes d’efficacité et de qualité.

    Les efforts combinés de tous les acteurs du secteur, l’accent mis sur la formation scientifique et entrepreneuriale, ainsi que le soutien financier sont autant de critères nécessaires pour promouvoir une médecine efficace, personnalisée et intégrée. Si l’Espagne parvient à renforcer ces liens, elle continuera à occuper une bonne position à l’avant-garde de la santé et renforcera ainsi son écosystème pour maintenir et attirer les talents, favorisant ainsi la croissance.

     

    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) - @ El Referente
    Cartographie des start-ups de la santé en Espagne, au Portugal et en Amérique Latine (2024) – @ El Referente
  • Réglementations et bonnes pratiques pour la pharmacie à usage interne (PUI)

    Evolutions juridiques autour de la PUI

    La loi du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024 :

    Dans l’article 72 de la loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023, la rupture d’approvisionnement « se définit comme l’incapacité pour une pharmacie d’officine ou une pharmacie à usage intérieur de dispenser un médicament à un patient dans un délai donné, qui peut être réduit à l’initiative du pharmacien lorsque la poursuite optimale du traitement l’impose ». Le délai et les diligences que le pharmacien doit accomplir pour dispenser le médicament sont définis par décret en Conseil d’Etat.

    Selon l’article L. 5121-33-1, en cas de rupture d’approvisionnement, un arrêté du ministre chargé de la santé peut rendre obligatoire le recours à l’ordonnance de dispensation conditionnelle, dans les conditions prévues aux articles L. 5121-12-1-1 et L. 5121-20. Ou « la délivrance de médicaments à l’unité, dans les conditions prévues à l’article L. 5123-8 ». Ces mesures sont arrêtées dès qu’elles ne sont plus nécessaires.

    Le décret du 19 octobre 2023 relatif aux conditions de diplôme pour l’exercice en PUI :

    Le décret n° 2023-970 du 19 octobre 2023 vise à établir les conditions de diplôme d’exercice des pharmaciens exerçant au sein d’une pharmacie à usage intérieur (PUI) dans les établissements, les structures et les organismes en disposant. Les différents diplômes permettant d’exercer en tant que pharmacien à usage intérieur dans l’article R5126-2 sont :

    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie hospitalière et des collectivités ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie industrielle et biomédicale ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie ;
    • le diplôme d’études spécialisées de pharmacie hospitalière.

     

    Dans l’article R5126-3, les pharmaciens peuvent exercer dans une PUI si :

    • au 1er juin 2017, ils justifient d’un exercice au sein d’une pharmacie à usage intérieur, soit à temps plein soit à temps partiel, pendant une durée minimale de 2 ans sur les 10 dernières années ;
    • du 1er juin 2017 au 1er juin 2025, reprennent au sein d’une PUI et justifie, à la date de la reprise, d’un exercice d’une durée équivalente à deux ans à temps plein sur la période des dix dernières années.

     

    Le décret du 8 août 2023 étend les compétences vaccinales des professionnels de santé :

    L’article 33 décret n° 2023-736 du 8 août 2023 étend les compétences vaccinales des professionnels de santé au-delà des médecins avec les sage-femmes, les pharmaciens et les infirmiers, « y compris les pharmaciens et infirmiers exercent en pharmacie à usage intérieur (PUI) d’un établissement ou en laboratoire de biologie médicale (LBM) ».

    Ces 3 catégories de professionnels de la santé peuvent prescrire et administrer l’ensemble des vaccinations, pour toute la population par les sages femmes et à partir de 11 ans pour les pharmaciens et les infirmiers, à l’exception de la prescription de vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées.

    Le décret du 3 avril 2023 relatif au dossier pharmaceutique (DP) :

    Suite au décret du 3 avril 2023, la création automatique d’un dossier pharmaceutique sauf opposition du bénéficiaire de l’assurance maladie concerné. Il définit le contenu du dossier pharmaceutique (DP), la durée de conservation des informations qu’il contient, les modalités de sa création et de sa clôture éventuelle ainsi que les modalités d’exercice des droits du bénéficiaire. Les mesures principales sont les suivantes :

    • la création des DP devient automatique sauf opposition du patient dans un délai de 6 semaines ;
    • la durée d’affichage des traitements médicamenteux contenus dans le DP est rallongé de 4 à 12 mois, avec une conversation des données de 5 ans pour les médicaments biologique et 23 ans pour les vaccins ;
    • l’affichage des pharmacies dispensatrices dans le DP du patient est consultable dans l’historique, ainsi que les dates et modalités de dispensation comme celles de prescription médicale ;
    • le renforcement de l’accès au DP par les établissements de santé devient obligatoire dès lors que le système d’information de l’établissement le permet ;
    • l’accès des biologistes médicaux au DP devient possible, aussi bien dans les pharmacies en ville qu’en établissement de santé.

     

    Depuis le 5 avril 2023, il n’est plus possible pour un pharmacien de créer un DP depuis son logiciel. Si un patient n’a pas encore de DP et veut en créer un, il devra effectuer la demande auprès de l’Ordre via un formulaire sur leur site. Le reste des fonctionnalités du DP (alimentations, consultation, édition et suppression) restent inchangées.

    15 février 2023 dans le but de sérialiser l’ensemble des PUI sur le territoire :

    Bien que le processus de sérialisation des médicaments est obligatoire depuis le 9 février 2019, une rencontre avec la Commission européenne le 15 février 2023 a poussé un échéancier d’engagement, concernant 80% des PUI connectées en juin 2023, 90% en septembre et 100% pour fin décembre 2023.

    Les ARS sont invitées à demander aux directeurs des établissements de santé et établissements médico-sociaux disposant d’une PUI de leur région de lancer activement le processus de la sérialisation, c’est-à-dire  :

    • engager les démarches d’enregistrement en direct sur le site de France MVO ;
    • se connecter au répertoire de vérification des médicaments ;
    • poursuivre la désactivation des identifiants uniques des médicaments.

     

    Le décret de mai 2019 stipule une nouvelle autorisation obligatoire des PUI  :

    Le décret n°2019-489 du 21 mai 2019, reporté d’un an avec le décret 2022-18 du 7 janvier 2022, stipule que les PUI devaient être titulaires d’une nouvelle autorisation avec un délai d’obtention de 4 mois.

    Les prérequis dans l’automatisation de la préparation des médicaments en PUI

    Selon le référentiel de pharmaciens en PUI de septembre 2023, l’automatisation de la préparation des médicaments en pharmacie hospitalière contient de nouveaux prérequis comme : la préparation de doses à administrer, les médicaments radiopharmaceutiques, les mélanges pour la nutrition parentérale ou anticancéreux ainsi que les médicaments de thérapie innovante.

    L’automatisation numérique peut améliorer plusieurs facteurs comme :

    • protéger le personnel et l’environnement ;
    • réduire les troubles musculosquelettiques ;
    • redéployer vers des activités à plus-value pharmaceutique comme les activités de pharmacie clinique et le contexte médico-économique.

     

    La responsabilité de chaque acteur : pharmacien, fournisseur et direction de l’établissement doit être contractualisée (qualifications des locaux, des équipements, des systèmes d’information, maintenances préventives et curative).

    Le cadre européen et la législation française sur les médicaments de thérapie innovante (MTI)

    Faisant part d’une réglementation spécifique en constante évolution dû à la complexité de leur fabrication et leur caractère innovant, les médicaments de thérapie innovante (MTI) abordés dans le cadre réglementaire européen est ensuite transposée à la législation Française.

    Le cadre réglementaire européen sur les médicament de thérapie innovante

    Régis en 2001, le cadre réglementaire européen établit une procédure de mise sur le marché centralisées afin de garantir un accès au marché pour les pays membres de l’UE, notamment en garantissant la qualité et la sécurité des produits, optimiser l’évaluation des produits avec un comité des thérapies innovantes.

    C’est en 2007 que le règlement européen répartit pour la première fois les MTI en quatre sous-catégories :

    • les médicaments de thérapie génique ;
    • les médicaments de thérapie cellulaire somatique ;
    • les médicaments issus de l’ingénierie tissulaire et cellulaire ;
    • les médicaments combinés de thérapie innovante associant un MTI à un dispositif médical.

     

    Réglementations relatives à la bioéthique à la préparation, distribution et l’administration des médicaments de thérapie innovante-préparés ponctuellement (MTI-PP)

    La loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 stipule que la préparation et la distribution des MTI-PP sont réalisées sous la responsabilité de l’établissement ou l’organisme spécialement autorisé à cet effet.

    Le décret n° 2022-193 du 16 février 2022 relatif aux MTI vient compléter la loi précédente en précisant les conditions pour réaliser la préparation, la distribution et l’administration des MTI au bloc opératoire au cours de la même intervention. Il stipule qu’« un contrat doit être rédigé précisant les rôles entre l’établissement autorisé et celui effectuant le prélèvement des tissus ou des cellules et l’administration du médicament ».

    Le décret fait notamment suite à la demande d’associations de médecins craignant des actes inutiles et néfastes pour la santé des patients comme la réalisation de deux anesthésies.

    Un décret stipule une nouvelle autorisation obligatoire des PUI au plus tard le 31 décembre 2023

    Le décret n°2019-489 du 21 mai 2019, reporté d’un an avec le décret 2022-18 du 7 janvier 2022, stipule que les PUI devront être titulaires d’une nouvelle autorisation au plus tard le 31 décembre 2023 avec un délai d’obtention de 4 mois.

    Un guide des bonnes pratiques à adopter en pharmacie clinique

    Publié par la Société française de pharmacie clinique en mars 2022, la démarche qualité en pharmacie clinique intègre une dynamique d’amélioration continue conduisant toute équipe à évaluer les pratiques en place pour les améliorer dans le bénéfice des patients. Elle cherche à structurer les activités en apportant des méthodologies pour stucturer les interventions pharmaceutiques, l’amélioration continue de la qualité vise donc à :

    • harmoniser les pratiques de pharmacie clinique mises en place ;
    • accroitre l’efficience des actes de pharmacie clinique ;
    • renforcer la pertinence des soins pharmaceutiques ;
    • augmenter la satisfaction des patients, des aidants et des professionnels de santé ;
    • valoriser la pharmacie clinique.

     

    La gestion des risques doit être intégrée à la démarche qualité en pharmacie clinique, devant ajouter une culture de vigilance et de sécurité permettant non seulement de traiter les dysfonctionnements mais aussi de les anticiper.

    Prévoir la réalisation, la mise en œuvre, l’évaluation de leur pertinence et de l’amélioration des Interventions pharmaceutiques s’articule autour des étapes suivantes :

    • prévoir la réalisation des IP : définir un groupe de travail pluridisciplinaire, les modalités des pratiques et garantir leur traçabilité dans les Dossiers pharmaceutiques ;
    • mettre en œuvre les IP dans la pratique : former les professionnels aux outils et aux procédures ;
    • évaluer la pratique professionnelle : définir le pilote de l’évaluation et identifier les ressources humaines et matérielles nécessaires ;
    • l’amélioration de la pertinence des IP : mise en place des protocoles et formations, ainsi qu’une mise en place des vignettes cliniques et des indicateurs sur les perfectionnements potentiels.

     

    Et un guide de codification pour la valorisation des activités de la PUI

    La “traçabilité des actions de pharmacie clinique en service de soins” cherche à harmoniser de la nomenclature de la pharmacie clinique et des règles de codage.

    La codification propose les principes suivants :

    • s’inscrire dans le cadre des obligations réglementaires et/ou de qualité des pharmacies à usage intérieur (PUI) des établissements de santé
    • respecter les référentiels de bonnes pratiques (guide HAS conciliation des traitements médicamenteux, les bonnes pratiques de pharmacie clinique (BPPC) françaises et internationales) ;
    • s’articule avec le système d’évaluation des activités de pharmacie hospitalière « Unité d’Œuvre de pharmacie (UO pharmacie) » et les indicateurs du Contrat d’Amélioration de la Qualité et de l’Efficience des Soins (CAQES).

     

    Les actes se distinguent en deux catégories :

    • les actes isolés réalisés de manière indépendante, ils sont de complexité variables comme les entretiens pharmaceutiques ;
    • les procédures : il s’agit d’un ensemble d’actes isolés associés dans le cadre d’interventions réglées, en référence aux bonnes pratiques (la conciliation des traitements médicamenteux, bilan de médication, plan pharmaceutique personnalisé par exemple).

     

    L’harmonisation de la nomenclature et des règles de codage présente plusieurs avantages comme :

    • l’amélioration de la lisibilité et de la compréhension des données ;
    • la facilitation du recueil de données et de leur comparaison ;
    • la meilleure mesure de l’activité de pharmacie clinique ;
    • la production d’indicateurs de performance plus pertinents.

     

  • Canada : que fait Petal, la société qui promet d’optimiser le fonctionnement des établissements de santé ?

    Une plateforme facilitant l’accès aux soins

    Fondée au Québec en 2010, Petal est un “orchestrateur de soins en temps réel pour les organisations de santé” qui propose principalement une plateforme permettant notamment d’optimiser l’accès aux soins. Parmi ses résultats, l’entreprise rapporte :

    • plus 7 millions d’activités médicales planifiées en temps réel ;
    • une baisse de 300 % de plaintes des patients au sujet des plannings ;
    • plus de 60 000 d’utilisateurs actifs sur la plateforme ;
    • et plus de 345 000 heures gagnées par les médecins en gestion de la planification.

    De nombreuses fonctionnalités cliniques

    La plateforme de la société québécoise propose se compose de plusieurs solutions qui permettent de gérer en temps réel la capacité clinique d’un établissement et simplifier l’organisation du travail et de la planification des horaires des professionnels de santé. Elle propose, en outre, des canaux de communication sécurisée ainsi qu’un portail patient de prise de rendez-vous.

    Petal offre à ses clients une gamme de fonctionnalités visant à optimiser la gestion de leurs activités cliniques. Voici un aperçu des avantages qu’elles procurent :

    • pilotage en temps réel de l’activité clinique : maximisation des ressources disponibles, réduction des coûts administratifs, amélioration de la visibilité de la couverture des soins, renforcement de la satisfaction et de l’autonomie du personnel, centralisation en temps réel des données relatives aux activités cliniques.

    • simplification de la planification des horaires : communication multicanale, activation des procédures d’urgence, suivi efficace des échanges, génération de rapports simplifiés et intégration des horaires de garde.

    • gestion des plannings et autonomie des cliniciens facilitées : répartition équitable de la charge de travail, gain de temps, flexibilité et autonomie dans la modification des horaires, assurance d’une couverture complète des soins.

    • communication sécurisée : respect de la vie privée, communications directes, réponses plus rapides, partage sécurisé d’images et de vidéos.

    • orchestration de l’offre et de la demande de soins : priorisation des demandes de soins en temps réel, réduction du temps d’attente des patients, vue d’ensemble sur la capacité clinique et la demande, automatisation des processus de collecte et de centralisation des données, optimisation de la gestion des listes d’attente.

    • amélioration de l’expérience patient : mise en place d’un portail de rendez-vous pour maximiser l’efficacité opérationnelle de l’organisation, réduction des coûts administratifs, collecte de données à la demande et automatisation des envois de confirmations et de rappels.

    L’IA au service des établissements

    Grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, Petal vise à améliorer la gestion des données de santé et à garantir la sécurité des informations sensibles. Ci-dessous, un aperçu des avantages principaux qu’elle apporte.

    Une analyse des données cliniques :

    Petal permet une meilleure compréhension des données telles que les plages horaires, le nombre de rendez-vous pris par chaque canal d’entrée, les demandes excédentaires des patients par rapport à la capacité, les délais moyens d’attente avant de rencontrer un professionnel de santé, ce qui favorise la transparence et la performance.

    Une intégration dans le système de données existants :

    La solution s’intègre avec la norme HL7 soutenant l’exercice clinique et la gestion, la prestation et l’évaluation des services de santé, ainsi qu’avec la norme d’interopérabilité FHIR, facilitant l’échange d’informations de soins entre les parties prenantes en santé.

    Une agrégation des données dans différents systèmes :

    L’algorithme automatisé de l’IA permet de planifier les horaires des professionnels de santé de manière efficace.

    Un stockage des données sur un cloud performant :

    En utilisant Microsoft Azure, les données hébergées au Canada ne quittent pas le pays, offrant une sauvegarde des données et respectant les normes ISO 27001 et SOC II.

    Une sécurité renforcée :

    Conforme à la cybersécurité selon les normes Pipeda (koi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques) et RGPD (règlement général sur la protection des données).

     

  • UE/Gen AI : des mesures pour un usage responsable dans la recherche (rapport)

    Des principes fondamentaux qui émergent

    Le rapport, publié en mars 2024 et intitulé “Living guidelines on the responsible use of generative AI in research“, préconise une feuille de route à adopter pour les chercheurs, les organismes de recherche ainsi que les structures de financement de la recherche dans leur choix et utilisation d’outils basés sur la Gen AI. Pour guider son développement et son utilisation éthique, ces principes, qui comprennent la fiabilité, l’honnêteté, le respect et la responsabilité, constituent un cadre essentiel pour garantir que l’IA générative soit déployée de manière responsable et bénéfique pour la société. En suivant ces principes, les chercheurs et les praticiens peuvent naviguer entre les défis et les opportunités offerts par cette technologie émergente tout en veillant à ce qu’elle soit utilisée de manière éthique et transparente.

    Selon le rapport de la Commission européenne, les principes fondamentaux de l’usage de l’IA générative dans la recherche concernent :

    • la fiabilité pour assurer la qualité de la recherche, autant dans la conception, méthodologie, l’analyse et l’utilisation des ressources ;
    • l’honnêteté dans l’élaboration, la réalisation, l’examen, le rapport et la communication sur comment effectuer des recherches de manière transparente, en indiquant lorsque l’IA générative est utilisée ;
    • le respect des collègues, des participants à la recherche et une utilisation responsable de l’IA générative en prenant en compte ses limites technologiques, ses impacts environnementaux et sociétaux (préjugés, diversité, non-discrimination, équité et prévention des dommages) ainsi que le respect de la vie privée et la propriété intellectuelle ;
    • et la responsabilité de la recherche de l’idée jusqu’à la publication.

     

    Les mesures à adopter par les chercheurs :

    • rester responsable en dernier ressort de la production scientifique;
    • utiliser l’IA générative de manière transparente;
    • portez une attention particulière aux questions liées à la vie privée, à la confidentialité et aux droits de propriété intellectuelle lors du partage d’informations sensibles ou protégées avec des outils d’IA ;
    • lors de l’utilisation de l’IA générative, respecter la législation nationale, européenne et internationale ;
    • apprendre en permanence et se former à utiliser correctement les outils d’IA générative pour maximiser leurs avantages ;
    • et, enfin, s’abstenir d’utiliser de manière substantielle des outils d’IA générative dans des activités sensibles qui pourraient avoir un impact sur d’autres chercheurs ou organisations.

     

    Les mesures à adopter par les organisations de recherche :

    • promouvoir, guider et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans les activités de recherche;
    • surveiller activement le développement et l’utilisation de systèmes d’IA générative au sein de leurs organisations;
    • intégrer ces lignes directrices sur l’IA générative dans leurs lignes directrices générales de recherche pour les bonnes pratiques et l’éthique de la recherche
    • et mettre en œuvre des outils d’IA générative hébergés localement ou basés sur un cloud qu’ils gèrent eux-mêmes si possible.

     

    Les mesures à adopter par les organismes de financement de la recherche :

    • promouvoir et soutenir l’utilisation responsable de l’IA générative dans la recherche;
    • examiner l’utilisation de l’IA générative dans leurs processus internes, en s’assurant qu’ils l’utilisent de manière transparente et responsable;
    • demander de la transparence aux candidats sur leur utilisation de l’IA générative, facilitant ainsi les moyens de la signalersi c’est le cas ;
    • et surveiller et s’impliquer activement dans le paysage de l’IA générative en évolution rapide.
  • IA : une révolution dans le secteur du DM d’ici 2026 (Moody’s Ratings)

    Des avantages pour les entreprises du DM

    L’agence de notation Moody’s Ratings prévoit que l’IA commencera à avoir un impact positif sur les entreprises du DM au cours des deux prochaines années :

    • élargir son portefeuille de produits : l’Intelligence artificielle (IA) aide à développer de nouveaux produits et à améliorer les produits existants, en s’appuyant sur l’analyse de données et l’apprentissage automatique pour mieux comprendre les besoins des patients et des cliniciens ;
    • dégager des nouvelles sources de revenus : l’IA peut créer de nouveaux modèles commerciaux, comme des services basés sur les données et des abonnements à des logiciels, pouvant générer des revenus supplémentaires ;
    • améliorer l’efficacité : l’IA peut automatiser des tâches manuelles, optimiser les processus et améliorer la prise de décision, permettant de gagner du temps et d’économiser les coûts ;
    • et réduire les coûts : L’IA peut réduire les coûts de recherche et de développement, de fabrication et de commercialisation.

     

    Un avantage concurrentiel pour les grandes entreprises

    Pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA, les grandes entreprises ont un avantage sur les petites, notamment car l’IA nécessite des investissements importants en données et en expertise technique. Cependant, cette technologie devra être adoptée par toutes les entreprises du secteur cherchant à rester compétitives.

    Toutefois, la gestion des données et la cybersécurité sont des risques à considérer car l’IA se nourrit de grandes quantités de données sensibles, exposant les entreprises à des fuites de données et/ou de cyberattaques. Des mesures de protection solides seront cruciales pour garantir sécurité et confiance des utilisateurs.

    Avec un impact réglementaire sur l’IA encore en développement, la législation varie encore entre les pays et les régions du monde. D’ici 2026, l’IA devrait avoir un impact positif sur les crédits des entreprises produisant des dispositifs médicaux. Selon Moody’s Rating, ces avantages devraient continuer à s’accroître d’ici 2030 avec le perfectionnement et la généralisation de l’IA.

     

  • Psychiatrie : les propositions de la FHF pour construire l’avenir de l’offre publique

    Des tensions capacitaires et budgétaires 

    La psychiatrie publique prend en charge 85 % des patients suivis en établissement, selon la Fédération hospitalière de France (FHF). Le nombre de patients soigné à l’hôpital public a augmenté de 7 % entre 2014 et 2022 tandis que le nombre de lits d’hospitalisation complète a baissé de 15 % entre 2013 et 2021.

    Le financement public a évolué deux fois plus lentement que l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) et quatre fois moins rapidement que le secteur psychiatrique privé durant la même période (avant la réforme de financement). Les fermetures de lits sont aussi liées à des évolutions de pratiques (télémédecine), ainsi qu’un déficit de psychiatres et de professionnels paramédicaux conduit à des difficultés importantes pour l’accueil des patients :

    • plus d’un quart des postes sont vacants dans 40 % des établissements d’après l’enquête menée en juin 2023 auprès des établissements publics assurant une activité de psychiatrie ;
    • 25 % des établissements se déclarent en grande difficulté pour répondre aux besoins de la population, avec une moyenne de 7 % des lits de psychiatrie fermés en 2023.

     

    Améliorer la prise en charge en psychiatrie publique

    La FHF propose ainsi des mesures concrètes pour améliorer la prise en charge des patients en psychiatrie dans les établissements publics. Elle préconise de :

    • répartir de l’offre de soin à l’échelle territoriale en garantissant la continuité des soins sur l’ensemble du territoire en établissement ;
    • faire évoluer les modes de prise en charge pour répondre aux besoins de santé : soutenir les établissements dans l’évolution des pratiques de soins et le renforcement de l’ambulatoire et renforcer la place de la psychiatrie médico-légale ;
    • renforcer le lien entre la psychiatrie et les acteurs du territoire ;
    • et développer l’attractivité des métiers de la psychiatrie : lutter contre les idées reçues, renforcer la formation, faire évoluer les statuts pour une meilleure reconnaissance professionnelle, améliorer les conditions de travail en établissement.

     

  • IA : quel rôle à jouer dans la santé sexuelle et reproductive ? (rapport OMS)

    Bénéfices potentiels de l’IA dans le domaine

    De la facilitation de l’accès à l’information à la découverte de nouveaux médicaments, en passant par l’aide au dépistage et au diagnostic, l’organisation des soins ou encore la personnalisation des traitements : le rapport de l’OMS, intitulé “The role of artificial intelligence in sexual and reproductive health and rights” et publié en mars 2024, recense les différentes applications de l’IA dans la santé sexuelle et reproductive ainsi que sa valeur ajoutée. Cette technologie peut ainsi être potentiellement aider à :

    • informer, éduquer et promouvoir la santé : les chatbots ou agents conversationnels virtuels fournissent des informations de manière accessible pour les sujets stigmatisés, ainsi qu’une personnalisation des réponses ;
    • dépister et diagnostique : l’IA a une capacité d’analyse de l’imagerie médicale, permettant une détection plus précoce des anomalies/maladies, et les algorithmes IA peuvent analyser des grandes quantités de données cliniques, identifiant des risques pouvant passer inaperçus ;
    • organiser le traitement et les soins et surveiller sa santé personnelle : l’IA peut adapter les traitements en les personnalisant en fonction des caractéristiques individuelles des patients. Les smartphones et les applications mobiles avec de l’IA permettent aux individus de suivre et d’analyser leur santé à distance (maladies chroniques, suivi d’un traitement) ;
    • comprendre les tendances dans la santé reproductive et sexuelle : identifier les tendances, les modèles et les émergences au sein des populations pour guider la direction de la santé publique, notamment dans la prévention et l’allocation de ses ressources ;
    • et enfin avancer dans la recherche clinique et la découverte de médicaments : de nombreuses solutions d’IA peuvent découvrir des nouveaux médicaments. Des algorithmes peuvent également concevoir des essais cliniques plus efficaces.

     

    Modèles d'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive - @ OMS
    Modèles d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive – @ OMS

    Des risques similaires aux autres usages de l’IA en santé

    Dans son rapport, l’OMS met en garde contre les dérives et les dangers potentiels de l’IA appliquée à la santé reproductive et sexuelle, notamment :

    • des lacunes réglementaires : les données de santé générées en dehors du cadre médical, à travers la surveillance personnelle de la santé, ne bénéficient pas toujours des mêmes protections que les données médicales traditionnelles, notamment en ciblant ces informations personnelles (données menstruelles) à des fins marketing comme le suivi de femmes cherchant à avorter par exemple ;
    • une liberté de choix limitée : l’IA peut influer sur la prise de décision et induire en erreur les individus ne sachant pas comment leurs données sont utilisées, notamment avec un risque que les outils d’IA soient utilisés pour entraver les SDRS et contribuer au sexisme et à la violence sexuelle ;
    • un risque de fuite de données : l’IA nécessite une quantité de données personnelles, présentant ainsi un risque de perte/violation de celles-ci, notamment sur un sujet sensible comme la santé sexuelle et reproductive où ces données peuvent être utilisées pour persécuter/empêcher l’accès aux soins ;
    • la désinformation et la manipulation : la formation de modèles d’IA sur Internet peut désinformer (mythes sur les méthodes contraceptives) afin de décourager l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ;
    • des biais et des limites des données : les systèmes d’IA sont influencés par des biais non représentatifs, désavantageant les communautés sous-représentées ;
    • la fracture numérique : l’accès inégal à la technologie dans les pays à faibles revenus affecte l’équité et l’inclusivité des applications d’IA dans la santé sexuelle et reproductive ;
    • ainsi qu’un contexte socio-culturel peu intégré par les solutions : les Grands modèles de langage (LLM) nécessitent une approche localisée ou culturellement nuancée dans les SDSR, les décisions liées à la contraception peuvent être influencées par des convictions personnelles, des facteurs psychologiques, culturels et socio-économiques.

    Les mesures préconisées par l’OMS :

    • clarifier les limites d’utilisations des données : établir des restrictions sur la collecte, le partage et la réutilisation des données SDSR et une protection robuste pour la confidentialité des données ;
    • garantir un consentement éclairé et un contrôle individuel : mettre en œuvre des processus de consentement clair et donner aux individus un contrôle proactif sur la manière dont leurs données SDSR ;
    • assurer la transparence et la responsabilité : exiger la notification des violations données et développer des informations transparentes ;
    • promouvoir l’inclusivité et la diversité des données : diversifier les ensembles de données en s’assurant d’une représentation équitable ;
    • établir des mécanismes de surveillance collaborative : impliquer les parties prenantes locales et internationales dans la surveillance des systèmes d’IA ;
    • et développer des voies de surveillance adaptables : mettre des processus de surveillance pour les applications d’IA intégrées aux produits accessibles aux utilisateurs.