Le guayBaptiste

  • Le Comité européen de la protection des données publie sa stratégie 2024-2027

    Un garant de la protection des données et de la coopération européenne

    Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a pour mission d’assurer l’application cohérente des règles de protection des données de l’Union européenne (UE) et de favoriser la coopération entre les autorités compétentes de l’Espace économique européen (EEE). Depuis 2018, l’introduction du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et de la Directive sur les données dans le domaine pénal (DDDP) a renforcé la protection des données dans la région, avec une meilleure sensibilisation des individus à leurs droits et une plus grande responsabilisation des organisations. L’EDPB fournit des orientations juridiques, soutient la supervision des nouvelles lois numériques et promeut la coopération entre les autorités de protection des données pour une application efficace et cohérente des règles.

    En outre, l’EDPB souligne l’importance d’une protection robuste des données personnelles dans le contexte des nouvelles lois européennes liées à la numérisation, telles que l’IA, la stratégie européenne des données et le paquet de services numériques. Il s’engage à continuer son travail sur l’interaction entre ces lois et le RGPD, tout en promouvant une supervision nécessaire des questions de protection des données, en mettant les individus au centre et en protégeant efficacement leurs droits. L’EDPB renforce également sa coopération entre les autorités de protection des données pour garantir une application efficace des règles et continuera à relever les défis posés par les nouvelles technologies, en particulier l’IA, afin de promouvoir des normes juridiques élevées et une coopération mondiale entre les autorités de protection des données.

    Une stratégie de protection des données axée sur 4 piliers

    Harmoniser et s’assurer d’une conformité des datas en Europe :

    Dans sa stratégie 2024 à 2027, l’EDPB compte atteindre ses objectifs grâce à 3 des actions clés qu’il mettra en place pour renforcer l’harmonisation et promouvoir la conformité :

    • développer des orientations sur des questions d’interprétation clés du RGPD.
    • mettre à jour et maintenir les outils existants, tels que les listes de contrôle et les FAQ.
    • et organiser des ateliers et des formations pour les autorités de contrôle.

     

    Renforcer la culture de coopération pour plus d’efficacité avec les autorités de contrôle :

    Afin d’améliorer la coopération des autorités de contrôle, de renforcer le mécanisme de règlement des différends et de faciliter l’échange d’informations et de bonnes pratiques, l’EDPB va mettre en place les actions suivantes :

    • organiser des réunions et des ateliers pour les autorités de contrôle ;
    • développer des outils/plateformes pour faciliter l’échange d’informations ;
    • et renforcer le rôle du groupe de travail sur la coopération.

     

    Promouvoir une approche centrée sur l’individu et responsabiliser les entreprises

    Afin de renforcer les droits des individus en matière de protection des données, d’encourager les entreprises à adopter une approche proactive de la conformité, de promouvoir l’innovation et la croissance tout en respectant la protection des données, l’EDPB lance des actions telles que :

    • développer des orientations sur les moyens pour les entreprises de responsabiliser leurs activités de traitement des données ;
    • soutenir les entreprises, particulièrement les PME, dans leur conformité au RGPD ;
    • et sensibiliser le grand public à ses droits en matière de protection des données.

     

    Anticiper les défis émergents et façonner l’avenir de la protection des données

    Pour surveiller les développements technologiques et leurs implications en matière de protection des données, élaborer de nouvelles lois et réglementations sur la protection des données ainsi que des normes au niveau international, l’EDPB propose de :

    • analyser l’impact des technologies émergentes comme l’IA et l’apprentissage automatique sur la protection des données ;
    • s’engager avec les décideurs politiques sur les questions de protection des données ;
    • et coopérer avec les autorités de protection des données du monde entier.

     

  • Danemark : une IA prédit le comportement du patient et son espérance de vie ?

    Prédire la date de décès d’un individu ?

    Life2vec, un algorithme basé sur l’IA, prétend être en mesure de prédire la date de décès d’un individu avec un taux de réussite de 78,8 %. Cependant, les fondateurs de Life2vec soulignent que ce résultat doit être mis en contexte. La cohorte utilisée pour l’entraînement et les tests de l’algorithme est composée d’individus âgés de 35 à 65 ans, présentant ainsi une très faible probabilité de décès.

    Les données sont divisées en deux parties :

    • Les données d’entraînement : elles servent à enseigner au modèle les corrélations présentes dans les données. Elles comprennent notamment les données de formation, qui représentent la majorité des données.
    • Les données de test : elles permettent d’évaluer les performances du modèle.

     

    En utilisant les données d’entraînement, le modèle apprend des informations des années 2008 à 2015 pour différencier les résultats réels en matière de vie et de décès des personnes figurant dans les données de formation au cours de la période 2016 à 2020. Le modèle entraîné est ensuite testé sur les données de test, soit un échantillon de 100 000 individus. Ce modèle fait ensuite une prédiction avec les données de 2008 à 2015, et les chercheurs vérifient si celles-ci correspondent à la réalité.

    La précision en pourcentage est définie sur le nombre de prédictions correctes par rapport au total des prédictions. Comme la cohorte est jeune, la majorité des personnes survivent (plus de 95 %).

    Afin de rééquilibrer l’ensemble de données, les chercheurs ajoutent 50 000 individus ayant survécu et 50 000 ayant décédé. Dans cet ensemble de données équilibré, une estimation aléatoire obtiendrait une précision de 50 %. Lorsque les chercheurs exécutent leur algorithme sur cet ensemble de données équilibré, ils obtiennent une précision de 78,8 %.

    Les chercheurs précisent qu’ils ne prédisent pas la durée de vie des individus, mais testent plutôt la mortalité au cours des 4 prochaines années pour une jeune cohorte d’individus.

    Un outil pour mieux comprendre le comportement humain

    Les modèles d’IA utilisés par Life2vec sont des algorithmes conçus pour identifier les schémas dans le langage. En appliquant cette technologie aux séquences d’événements de la vie humaine, les chercheurs peuvent détecter des moments complexes dans les parcours de vie, tels que le risque d’obésité ou de cancer, le niveau de revenu, les études ou le mariage, par exemple. L’ordre des événements dans une vie revêt une importance capitale, comme aux États-Unis, où avoir un emploi dans le secteur de la santé avant de tomber malade peut avoir un impact très différent que de tomber malade sans couverture médicale.

    Ces modèles et les relations entre les événements de la vie sont représentés sous forme mathématique dans des espaces d’intégration. Les algorithmes analysent des séquences de vie et apprennent la structure de ces espaces. Life2vec se distingue sur trois axes majeurs :

    • efficacité accrue : Life2vec démontre que la performance de son algorithme capture des modèles pertinents dans les données ;
    • analyse des espaces d’intégration : Les chercheurs s’intéressent particulièrement à l’étude de ces espaces, révélant des informations précieuses sur les schémas sous-jacents aux événements de la vie ;
    • meilleure compréhension du comportement humain : L’objectif ultime est de tirer parti de ces modèles pour mieux comprendre les individus, leurs comportements et la société dans son ensemble.

     

    Cependant, l’algorithme développé par les chercheurs danois soulève des préoccupations éthiques, notamment en matière de confidentialité, de discrimination (algorithme biaisé) et d’autonomie. En prédisant la vie des gens, il enlève ainsi leur liberté de choix.

     

  • Belgique / santé mentale : le CSS émet 12 recommandations sur les applis numériques

    Un écart entre la demande et l’offre numérique

    Dans son rapport intitulé “Interventions et applications numériques de santé mentale”, le Conseil supérieur de la santé (CSS) belge (quivalent de la Haute autorité de santé en France) formule 12 recommandations pour améliorer l’utilisation des innovations. En Belgique, l’accès au traitement n’est pas optimal pour de nombreuses personnes. L’écart entre la demande et l’offre des soins est lié à différentes causes (manque de services, listes d’attente trop longues, stigmatisation et attitudes négatives à l’égard des soins de santé mentale, etc.). C’est dans ce contexte que le CSS souhaite encadrer la santé mentale numérique, en se basant sur les données de recherche et une adaptation au contexte du pays.

    Vu l’évolution rapide dans le domaine, le rapport se concentre sur les technologies les plus utilisées, à savoir “les programmes sur ordinateur, les smartphones et les environnements numériques multiplateformes”. Une distinction est faite entre les différentes utilisations dans la pratique clinique comme suit :

    • les interventions autonomes d’auto-assistance ;
    • les interventions guidées avec un soutien professionnel minimal ;
    • et les interventions mixtes (technologie mélangée à la pratique conventionnelle).

     

    Les 12 recommandations du CSS

    Ces recommandations s’adressent aux décideurs politiques ainsi qu’à toutes les parties prenantes de la santé mentale. Elles sont classées par ordre de priorité comme suit  :

    1️⃣ Veiller à ce que les interventions et les applications numériques ne soient pas mises en œuvre de manière isolée : les applications numériques se révèlent être des outils précieux pour les professionnels des services de santé mentale Elles doivent être utilisées et mises en œuvre dans un contexte de soins de santé sûrs et sécurisés, en assurant un accès facile aux soins de routine, permettant au réseau de soutien du patient d’être impliqué et de fournir un soutien humain si nécessaire (en ligne, guidé ou mixte).

    2️⃣ S’assurer que les professionnels des services de santé mentale peuvent compter sur des compétences numériques suffisantes, en veillant à les intégrer dans les études et la formation continue.

    3️⃣ Permettre le financement structurel d’interventions et d’applications numériques rentables, en veillant à ce que des fonds soient alloués au développement d’outils numériques, mais aussi à leur entretien et à leur maintenance.

    4️⃣ Souligner l’importance de commencer le développement d’interventions numériques et d’applications en pensant aux patients, en visant l’inclusion dès la conception et en s’assurant que les utilisateurs finaux soient impliqués à chaque étape du développement (quel que soit leur genre, origine ethnique, situation socio-économique ou autre).

    5️⃣ Créer un réseau pour positionner les interventions et les applications numériques dans le cadre des soins intégrés : cela doit impliquer tous les acteurs tels que les universités, les cliniciens, les hôpitaux, les organisations sociales, les pairs et la communauté.

    6️⃣ Assurer un financement adéquat de la recherche pour préserver la qualité, garantie par une recherche continue sur l’efficacité, l’acceptabilité, la facilité d’utilisation, l’accessibilité et la rentabilité des interventions numériques et des applications.

    7️⃣ Faciliter l’interopérabilité et la connectivité : les interventions et les applications numériques devraient pouvoir se connecter aux plateformes de santé en ligne comme Vitalin et E-santé Wallonie.

    8️⃣ Soutenir les développeurs d’interventions et d’applications numériques, diffuser des solutions fondées sur des données probantes dans la pratique et les accompagner financièrement.

    9️⃣ Axer les interventions et les applications numériques avant tout sur leur caractère mobile, notamment avec les smartphones largement plébiscités par l’ensemble de la population.

    1️⃣0️⃣ Se concentrer sur les mécanismes de fonctionnement, ainsi que sur le bien-être général et l’amélioration de la qualité de vie dans les résultats clés.

    1️⃣1️⃣ Faciliter l’extension de l’expertise au niveau national : les disparités en Belgique soulignent la nécessité d’une stratégie plus cohérente et unifiée au niveau national afin d’assurer un développement équilibré des applications et interventions numériques pour la santé mentale.

    1️⃣2️⃣ Formuler des attentes minimales pour les professionnels des services de santé mentale : ces derniers devraient utiliser les interventions numériques et les applications de manière plus explicite (objectif d’ici 2030), même si les professionnels services de santé mentale restent les garants pour déterminer ce qui convient le mieux à chaque patient.

     

  • USA : IA et impression 3D pour traiter le cancer du sein (partenariat Ricoh-Simbiosys)

    Des modèles 3D de tumeurs mammaires

    Le spécialiste de la conception de dispositifs médicaux (DM) sur mesure, Ricoh 3D for Healthcare, a annoncé un nouveau partenariat avec Simbiosys, une entreprise spécialisée dans l’IA et de la modélisation informatique. Objectif : exploiter le potentiel de l’IA et de l’impression 3D pour développer des solutions qui pourraient faciliter le traitement et la prise en charge du cancer du sein.

    Les premiers modèles de tumeurs mammaires imprimés en 3D ont été développés grâce à l’analyse intelligente d’images de mammographie croisées à d’autres données cliniques. Ils ont été présentés lors de la conférence de l’American Society of Breast Surgeons (ASBRS), qui a eu lieu en Floride du 10 au 14 avril 2024.

    Des avantages chirurgicaux attendus

    Le fruit de ce partenariat étant encore en cours développement, la technologie de Ricoh et Simbiosys n’a pas encore été approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) pour une utilisation clinique. Cependant, les avantages potentiels de la modélisation 3D, revendiqués par les deux entreprises, pourraient être considérables :

    Une chirurgie plus précise et rapide :

    Les chirurgiens peuvent utiliser les modèles 3D pour mieux planifier et exécuter leurs interventions chirurgicales. Cela peut permettre des interventions plus précises et plus rapides, faisant gagner jusqu’à 62 minutes et générant des économies moyennes de 3 720 dollars.

    Des soins plus personnalisés :

    Les modèles 3D peuvent être utilisés pour créer des thérapies et des implants personnalisés pour chaque patiente, améliorant ainsi l’efficacité du traitement et réduisant les effets secondaires.

    Une meilleure communication médecin-patient :

    Les modèles 3D peuvent être utilisés pour aider les patientes à mieux comprendre leur cancer et les options thérapeutiques disponibles. S’appuyant sur le principe selon lequel “l’innovation passe par l’information”, tous les hôpitaux peuvent accéder à ces modèles 3D pour réaliser des simulations anatomiques, offrant la possibilité de mettre en place des approches innovantes et rares.

     

  • Panorama des solutions numériques de santé et QVCT des salariés proposées en France

    31 entreprises recensées

    A l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, Health&Tech Intelligence met à jour son observatoire des outils innovants dédiés au suivi et à l’amélioration de la santé des salariés ainsi qu’à la prévention des risques professionnels en entreprise.

    Sur les 31 entreprises recensées qui proposent des solutions numériques pour la santé des salariés, 25 ont été créées entre 2015 et 2021. Cela montre que, dans ce domaine, le numérique prend de plus en plus d’ampleur.

    La part de lion pour la santé mentale

    11 solutions parmi celles disponibles sur le marché ciblent la santé mentale et le bien-être au travail, ce qui en fait la catégorie la plus investie par les innovations, devançant la santé somatique, et notamment le repérage et la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS).

    En santé mentale, Qualisocial repère les RPS en entreprise, en intégrant des algorithmes d’intelligence artificielle exploitant des données médicales cliniques, génétiques et d’imagerie.

    Nous retrouvons également les solutions proposées par Holivia, MindDay, Moka.Care, MoodWork, Qare, Supermood, Teale, Val Solutions, Wecare@work ou encore Alan Mind, cherchant à améliorer la santé mentale des employés.

    Autour de la santé corporelle, il y a 8 solutions développées par des entreprises, comme la solution Kimea de Moovency, permettant de quantifier les TMS à partir du Cloud, permettant de prioriser des actions de prévention en milieu industriel, analyse le poste de travail ainsi que la manutention en validant les charges portées par les opérateurs. A partir d’une vidéo, la plateforme va capter les mouvements réels du travailleur pour visualiser un jumeau numérique, et anticiper les risques TMS avec un rapport personnalisé.

    Plusieurs entreprises se concentrent également sur la santé physique au travail comme Coline Care, Numii d’AIO, MyC, Padoa, Axomove, Predilife et HumanFab.

    D’autres solutions se consacrent au sommeil et à la gestion des horraires décalées, comme Aum Biosync ou MySommeil.

    Pour sensibiliser à la prévention dans le cadre professionnel, la société Coven France a développé un escape game pour que les travailleurs se mettent à coopérer dans un scénario choisit et en tirent des leçons pour la pratique de leur activité ensuite.

    Panorama de 31 solutions dédiées à la santé et la QVCT des salariés

  • Gouvernement : la santé concernée par le plan d’action de « simplification »

    Faciliter les procédures

    La loi Pacte et la loi de programmation pour la recherche (LPR) ont apporté des changements pour simplifier l’implication des chercheurs dans les projets d’innovation et de valorisation de la recherche publique, notamment dans le domaine de la santé. Malgré ces avancées, des freins persistent à l’innovation, tels que certaines réglementations entravant l’innovation issue de la recherche. Le problème persiste également dans la valorisation des innovations et la mobilité des chercheurs, qui demeurent trop limitées par rapport au potentiel de la recherche publique française.

    Pour remédier à ces obstacles et exploiter pleinement ce potentiel, le Gouvernement souhaite mettre en œuvre de manière plus efficace les dispositions introduites par les lois Pacte et LPR, ainsi que d’identifier et de lever les freins persistants à l’innovation issue de la recherche. Afin d’y parvenir, deux actions sont proposées :

    • réaliser un état des lieux des démarches de mobilité et de valorisation des innovations par les chercheurs ;
    • faciliter les procédures actuellement limitantes pour la valorisation et la mobilité.

     

    La simplification de ces procédures devrait permettre :

    • d’accélérer le transfert des technologies issues de la recherche vers le marché ;
    • de favoriser la création d’entreprises innovantes ;
    • de renforcer l’attractivité de la recherche française pour les chercheurs ;
    • et de contribuer à relever les grands défis sociétaux.

     

    Accélérer la réutilisation des données de santé

    La recherche en santé est confrontée à des obstacles administratifs, notamment des délais de collecte de données trop longs, incompatibles avec les cycles rapides d’innovation malgré la centralisation du système de santé. Les possibilités limitées de recherche par simple déclaration et les procédures d’autorisation complexes entravent la flexibilité et la réactivité des chercheurs. Par ailleurs, les obstacles au transfert d’échantillons biologiques, nécessitant des autorisations spécifiques, retardent également le début des travaux de recherche.

    La prise en compte de l’innovation dans la régulation de la donnée sera intégrée dans le mandat de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), permettant de l’inclure dans ses missions. L’implantation des centres de données sera favorisée, notamment avec les data centers développant de l’intelligence artificielle (IA), qui pourront être identifiés en tant que projets d’intérêt national majeur (PINM).

    3 mesures phares envisagées :

    Afin de lever ces freins et d’accélérer la réutilisation des données de santé, le “Plan d’action :
    simplification !” préconise :

    • la simplification du processus d’autorisation : l’avis du Comité d’éthique et scientifique pour la recherche et l’évaluation en santé (Cesrees) ne sera plus nécessaire pour les recherches, études et évaluations dans le domaine de la santé lorsqu’un avis favorable sera émis par un comité local d’éthique ;
    • la mise en place de méthodologies de référence : la Cnil et les acteurs de la recherche en santé élaboreront un ensemble de nouvelles « méthodologies de référence », permettant aux chercheurs de mener des recherches par déclaration à la Cnil, sans procédure d’autorisation complexe ;
    • et la facilitation du transfert d’échantillons biologiques : les promoteurs de recherches et les gestionnaires de bio-banques dûment autorisés pourront importer ou exporter des échantillons biologiques sans formalité supplémentaire. L’autorisation de mener la recherche vaudra autorisation pour l’importation et l’exportation des échantillons biologiques.

     

  • Grands prix check up santé BFM Business : Klinéo, Presage et Synapse parmi les 8 lauréats

    8 catégories de prix

    Chacun des huit lauréats qui ont été primés dans le cadre des “Grands prix check up santé” porte un projet dans un domaine spécifique du secteur : de la biologie médicale à la e-santé, en passant notamment par la silver économie, les dispositifs médicaux (DM). Les catégories désignées sont :

    • initiative santé ;
    • projet e-santé ;
    • biologie médicale ;
    • action Silver économie ;
    • dispositif médical ;
    • start up santé ;
    • avancée thérapeutique ;
    • et personnalité de l’année.

     

    Les 8 lauréats et leurs projets

    📌 Prix “Projet E-santé de l’année” : Klinéo

    La solution Klineo s’appuie sur une équipe fondatrice pluridisciplinaire composée d’un oncologue médical de l’Institut Gustave Roussy et de deux ingénieurs polytechniciens. Klineo souhaite mettre au service des patients les progrès technologiques afin d’accélérer l’inclusion des patients dans les essais cliniques, avec pour but de favoriser le développement clinique de nouvelles thérapies et de réduire les disparités d’accès aux nouveaux traitements pour tous les patients, qu’ils soient suivis dans un centre expert ou non.

    📌 Prix “Silver économie de l’année” : Presage

    Présage Care est le 1er Dispositif Médical basé sur l’IA qui prédit les passages en urgence avec 7 à 14 jours d’avance et renforce les relations aidants-aidé. Marqué CE. , Présage Care est également un système e-santé (hébergeur de données de santé ISO 27001), interopérable avec les logiciels e-Parcours (Terr-eSanté en Ile-deFrance), qui permet de recueillir l’Identifiant National de Santé (INS), autorise un usage avec les cartes CPS / eCPS pour les professionnels de santé tout en facilitant les échanges d’informations importantes directement via la MSS.

    📌 Prix “Avancée thérapeutique de l’année” : Synapse Medecine

    Alliant expertise en pharmacologie et en datascience, les équipes de Synapse Medicine ont développé une base de connaissance globale sur le médicament, en constante évolution. Cette base de connaissance constitue le socle technologique fondamental pour le développement d’une suite de composants d’aide à la décision, s’appuyant notamment sur les dernières avancées en IA. Celles-ci sont directement intégrables dans les logiciels métiers, permettant aux médecins de mieux prescrire, aux pharmaciens de mieux dispenser et aux patients de mieux utiliser les médicaments.

    📌 Prix “Dispositif médical de l’année” : Archeon Medical

    Archeon Medical développe à ce jour son concept innovant de monitoring de la ventilation manuelle à travers une nouvelle génération de moniteurs qui permettra de garantir une ventilation protectrice et efficace chez les patients. EOlife est le premier dispositif de monitoring de la ventilation manuelle qui mesure les paramètres ventilatoires et donne au secouriste un retour en temps réel sur la qualité de la ventilation prodiguée au patient.

    📌 Prix “Start up de l’année” : Artha France

    Artha France développe un dispositif offrant une autonomie aux personnes déficientes visuelles, leur donnant les moyens de développer une perception tout à fait nouvelle de leur environnement. Il s’agit d’une mini-caméra, clipsable sur des lunettes, qui envoie l’environnement 3D de la personne en langage haptique. Elle est connectée à une ceinture lombaire qui reproduit tactilement ces images dans le dos grâce à une intelligence artificielle intégrée.

    📌 Prix “Personnalité santé de l’année” : Florent Chapel et Samuel Le Bihan, pour l’association Autisme Info Services

    Engagés pour accompagner les personnes atteintes d’autisme et leurs aidants, Florent Chapel et Samuel Le Bihan ont créé en 2019 Autisme Info Service, le premier dispositif gratuit et national, d’écoute et d’information par téléphone et par courriel permettant d’aider et d’orienter les personnes autistes, leur entourage et les professionnels intervenant à leurs côtés, sur les interrogations relatives à ce handicap.

    📌 Prix “Meilleure initiative santé de l’année” : Imagine for Margo

    L’association Imagine for Margo a 4 missions fondamentales : financer la recherche en oncologie pédiatrique au niveau français et européen, fédérer et mobilier tous les acteurs impliqués, sensibiliser le grand public aux cancers de l’enfant et financer des actions de bien-être pour les enfants et leur famille. Toutes les actions sont financées par de nombreux évènements, dont les courses Enfants sans Cancer, qui cette année, sont parrainées par le ministère des Sports dans le cadre de la grande cause nationale.

    📌 Prix “Biologie Médicale” : Alcediag

    ALCEDIAG a développé une plateforme translationnelle unique alliant la biologie moléculaire, l’intelligence artificielle et les neurosciences pour découvrir, valider et appliquer en clinique des biomarqueurs propriétaires basés sur l’édition d’ARN et analysés grâce à l’IA. Objectif : améliorer la prise en charge des troubles de santé mentale, grâce à des solutions de diagnostic sanguin fiables et rapides.

     

  • DMN : comment prendre en compte les spécificités des solutions dans leur évaluation ?

    Harmoniser l’évaluation des DMN et sécuriser les données

    L’apparition des DMN au début des années 2000 a transformé les soins en apportant des changements majeurs, comme la collecte en temps réel d’une quantité importante de données sur la santé des patients. Cela a notamment permis d’améliorer l’organisation des soins et la prise de décision médicale. Pour garantir leur sécurité et leur fonctionnement, les DMN nécessitent des évaluations et des réglementation spécifiques.

    C’est dans ce sens que les experts réunis autour de la table ronde des ADG ont exploré les enjeux de l’évaluation en France et en Europe. Parmi leurs conclusions principales :

    • la nécessité d’une évaluation cohérente, pragmatique et proportionnée ;
    • l’importance de la sécurité des données et de l’interopérabilité (les DMN doivent garantir la sécurité des données sensibles des patients en s’intégrant aux systèmes de santé existants) ;
    • le besoin d’adapter le processus d’évaluation à l’évolution rapide des technologies des DMN ;
    • et l’importance de la mise en place d’une collaboration entre les différentes parties prenantes (universitaires et hospitaliers, institutions publiques, organismes de réglementation et industrie de santé) pour développer un cadre d’évaluation efficace.

     

    10 recommandations concrètes 

    La table ronde des ADG 2023 était composée de 14 participants venus de divers horizons : milieux académique et hospitalier, secteur institutionnel et affilié, et secteur industriel. Ce groupe de travail s’est concentré sur l’évaluation des DMN, en excluant les solutions non-DM, en incluant toutes les catégories de DMN (thérapeutiques, de télésurveillance, professionnelles).

    Une évaluation en 3 axes :

    L’évaluation des DMN a été structurée autour de trois axes clés :

    • l’évaluation clinique dans le processus d’obtention du marquage CE, visant à assurer la sécurité, la performance et l’efficacité des DMN conformément aux exigences réglementaires ;
    • l’évaluation économique pour évaluer les coûts et les avantages des DMN ;
    • et l’évaluation des aspects éthiques, sociaux et juridiques liés à l’utilisation des DMN.

     

    Préparer la feuille de route de l’évaluation des DMN :

    Les 10 recommandations proposées ont pour ambition d’être les piliers d’une feuille de route pour mieux évaluer les DMN en Europe et s’assurer de leur bonne intégration dans les systèmes de santé. Les 10 recommandations concrètes proposées par le groupe de travail sont les suivantes :

    • développer un guide d’évaluation spécifique aux DMN ;
    • clarifier les exigences en matière de marquage CE pour les DMN ;
    • accroître les exigences en matière de sécurité des données et de cybersécurité pour les DMN ;
    • assurer l’interopérabilité des DMN en adoptant des normes et des formats de données standardisés ;
    • proposer des méthodes d’évaluation adaptées aux différents types de DMN ;
    • impliquer les patients et les professionnels de santé dans le processus d’évaluation ;
    • renforcer les capacités de recherche et d’évaluation dans le domaine des DMN ;
    • favoriser le partage des données et des meilleures pratiques entre les pays européens ;
    • disposer d’une plateforme d’information centralisée sur les DMN ;
    • et, enfin, organiser des formations et des ateliers pour les professionnels de santé sur les DMN.

     

     

    * Evaluation of digital medical devices: How to take into account the specificities of these solutions?

    Anouk Trancart, Valery-Pierre Riche, Antoine Disset, Dorothée Camus, Anne Josseran, Pascal Bécache, Cécile Charle-Maachi, Laure De Place, Arthur Denninger, Jérôme Fabiano, Charlotte Gourio, Vincent Vercamer

    Therapies, Volume 79, Issue 1, 2024, Pages 137-150,
    ISSN 0040-5957, https://doi.org/10.1016/j.therap.2024.01.001.

     

  • Santé des femmes : une Gen AI repère le stress post-traumatique en postpartum

    Un taux de précision de 84 %

    Bâtie sur un modèle OpenAI appelé “text-embeddings-ada-002”, la solution d’IA générative analyse des récits d’accouchements racontés par des femmes. Que les femmes souffrent de TSPT ou non, les textes sont convertis en données numériques où un algorithme d’Apprentissage automatique identifie les « patterns » liés au trouble.

    En évaluant la performance de différents grands modèles de langage (LLM), les variations de ChatGPT et leur capacité à extraire de nouvelles informations à partir d’ensembles de données textuels dérivés des brèves descriptions narratives par les femmes post-partum de leur expérience d’accouchement.

    Les chercheurs ont testé l’efficacité de leur outil d’IA sur un ensemble de données de 1 295 récits d’accouchement. Cet outil a obtenu les résultats suivants :

    • 84 % de précision pour identifier les femmes souffrant de TSPT lié à l’accouchement ;
    • 75 % de précision pour identifier les femmes ne souffrant pas de TSPT à l’accouchement.

     

    Selon l’organisation Prevention & treatment of traumatic childbirth (PATTCh), entre 25 et 34 % des femmes décrivent leur accouchement comme traumatique. Cette expérience peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale et le bien-être des femmes, notamment le développement de TSPT.

     

    Diagnostiquer plus rapidement

    L’équipe du Massachusetts General Hospital défend que l’utilisation de l’IA pour le diagnostic du TSPT lié à l’accouchement présente plusieurs avantages comme :

    • la rapidité : l’outil d’IA peut fournir un diagnostic rapide, permettant aux femmes d’accéder plus rapidement à un traitement approprié ;
    • l’accessibilité : l’outil d’IA peut être utilisé à distance, ce qui le rend accessible aux femmes qui vivent dans des régions éloignées ou qui ont des difficultés à se déplacer ;
    • la réduction des coûts : l’utilisation de l’IA pourrait réduire les coûts liés au diagnostic du TSPT lié à l’accouchement.

     

  • IA et cancer : deux annonces majeures, fruit de la collaboration entre Intrasense et Guerbet

     

    L’IA prostate de Guerbet intégrée dans les solutions Intrasense

    L’intégration de l’Intelligence Artificielle (IA) prostate de Guerbet dans les solutions Intrasense représente une avancée majeure dans la collaboration entre ces deux acteurs. François Nicolas, senior vice-président R&D et Innovation et chief digital officer du groupe Guerbet, explique : “Notre IA prostate est le premier algorithme développé par nos équipes à bénéficier de la pleine synergie issue de notre rapprochement avec Intrasense. La combinaison de la pertinence médicale de notre IA et de l’ergonomie de Myrian permet de commercialiser une solution unique qui offre aux radiologues une aide au diagnostic et un gain d’efficience pour ce cancer très fréquent”.

    Des diagnostics plus performants du cancer de la prostate :

    Avec 1,4 million de nouveaux cas chaque année dans le monde selon une étude*, le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus répandu chez les hommes. L’IRM joue un rôle crucial dans sa détection et son suivi, mais son analyse reste complexe pour les radiologues. L’IA intégrée à la routine clinique permet de gagner en performance diagnostique en segmentant automatiquement la prostate pour fournir son volume, simplifier le calcul de la densité du PSA (antigène spécifique de la prostate) et mettre en évidence des zones suspectes grâce à une carte de probabilité.

    Myrian 2.12 s’enrichit de nouvelles fonctionnalités

    Par ailleurs, Myrian 2.12 enrichit son portefeuille d’IA avec Veolity LungCad et Icobrain. L’IA de détection des lésions pulmonaires appelée Veolity LungCAD, développée par MeVis Medical Solutions AG, est intégrée nativement à l’application dédiée aux nodules pulmonaires, fournissant aux cliniciens une technologie de pointe. L’IA Icobrain, développée par Icometrix, permet une quantification précise des structures cérébrales, ouvrant des possibilités dans le domaine de la neurologie diagnostique.

    Le CE pour accélérer le déploiement au niveau international :

    La certification CE de Myrian 2.12 permet sa commercialisation en Europe, renforçant ainsi la stratégie d’expansion d’Intrasense sur le marché européen et international. Cette certification facilite l’interprétation des examens d’imagerie médicale pour les radiologues, tout en renforçant la visibilité internationale grâce au partenariat avec Guerbet.

    DuOnco, nouvelle marque IA de Guerbet

    Enfin, DuOnco, la nouvelle marque commerciale d’intelligence artificielle de Guerbet, regroupe tous les algorithmes d’IA du groupe. Ces algorithmes seront intégrés au portefeuille produits d’Intrasense et pourront également être commercialisés de manière autonome auprès de partenaires.

     

     

    * Global Cancer Statistics 2020: Globocan Estimates of Incidence and Mortality Worldwide for 36 Cancers in 185 Countries

    Hyuna Sung , Jacques Ferlay , Rebecca L Siegel, Mathieu Laversanne, Isabelle Soerjomataram, Ahmedin Jemal , Freddie Bray.

    CA Cancer J Clin. 2021 May;71(3):209-249. doi: 10.3322/caac.21660. Epub 2021 Feb 4. PMID: 33538338.