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  • Bilan des levées de fonds du S1 2024 : l’Europe en 2e position derrière les USA (CB Insight)

    Résultats du 2e trimestre

    Selon CB Insight, le bilan mondial des opérations réalisées pendant le deuxième trimestre de l’année 2024 se décline par région comme suit :

    • au Etats-Unis :  2,3 milliards de dollars pour 143 opérations, soit 61 % des investissements du trimestre en santé numérique ;
    • en Europe : 0,5 milliard de dollars pour 40 opérations soit  17 % des investissements du trimestre en santé numérique ;
    • en Asie : 0,1 milliard de dollars pour 33 opérations soit 14 % des investissements du trimestre en santé numérique ;
    • aucune nouvelle licorne n’a été enregistrée ;
    • au terme du premier semestre, 72 % des deals ont été réalisés en early stage contre 66 % au premier trimestre seul (des résultats globalement similaires à ceux enregistrés en France d’après la veille H&TI).

    Top des investisseurs par nombre d’entreprises :

    Bilan du T1 2024 par investisseur – @ CB Insight

    Top des opérations equity réalisées :

    • 12 mega deals réalisés durant le premier trimestre dont 10 aux Etats Unis.
    • La startup israélienne Insightec réalise la troisième plus grande levée du deuxième trimestre en finalisant un tour de table d’une valeur de 150 millions de dollars au mois de juin.
    • L’Italie, la Chine et Israël se hissent au classement des levées les plus importantes, alors que les startups américaines y sont largement représentées.

    Bilan du T1 2024 à travers le monde par opération – @ CB Insight

    Au moins 4 opérations de fusion-acquisition

    ➡️ Nuvo Group Ltd. a finalisé l’acquisition de LAMF Global Ventures Corp. I par le biais d’une fusion inversée évaluée à 300 millions de dollars. La transaction a été conclue le premier mai, après l’approbation des actionnaires de LAMF le premier avril 2024. Basé en Israël, Nuvo Group vise à réduire les disparités en matière de santé et à améliorer l’accès aux soins de grossesse de qualité grâce à sa plateforme Invu, qui utilise la technologie portable et l’apprentissage automatique (ML) pour fournir des informations en temps réel sur la santé maternofœtale. Cette acquisition permet à Nuvo Group de renforcer sa position sur le marché des technologies de surveillance de la grossesse et d’accroître sa visibilité en tant que société cotée en bourse.

    ➡️ See Lab, Inc. et iDoc Virtual Telehealth Solutions, Inc. ont finalisé l’acquisition de Digital Health Acquisition Corp. (Nasdaq : DHAC) par le biais d’une fusion inversée, une transaction initialement annoncée en juin 2022 et concrétisée le 24 juin 2024. La société issue de cette fusion a été rebaptisée VSee Health, Inc. Lors de l’annonce initiale, la valeur estimée de l’entité combinée était d’environ 110 millions de dollars. Cette fusion vise à capitaliser sur le marché croissant de la santé numérique en combinant l’expertise de VSee dans les plateformes de télésanté avec les solutions spécialisées d’iDoc en soins intensifs et en neurologie.

    ➡️ Astrazeneca a racheté Amolyt Pharma, une société de biotechnologie française, le 14 mars 2024, pour un montant de 1,1 milliard de dollars américains (soit environ 1 milliard d’euros). Cette acquisition s’inscrit dans une tendance plus large d’investissements importants dans le secteur des biotechnologies. Elle représente l’une des transactions les plus significatives dans l’industrie des sciences de la vie pour le premier trimestre 2024. L’achat d’Amolyt Pharma par Astrazeneca démontre l’intérêt croissant des grandes entreprises pharmaceutiques pour les sociétés de biotechnologie innovantes, en particulier celles spécialisées dans le développement de traitements pour les maladies rares ou complexes.

    ➡️ Le 31 janvier 2024, Cardinal Health a annoncé l’acquisition de Specialty Networks pour un montant de 1,2 milliard de dollars. Cette acquisition renforce l’offre de Cardinal Health dans les domaines thérapeutiques spécialisés et intègre la plateforme PPS Analytics de Specialty Networks, qui utilise l’IA pour analyser les données médicales. Elle complète également le réseau Navista de Cardinal Health, destiné aux oncologues communautaires indépendants. Cette acquisition a pour objectifs stratégiques d’accélérer la croissance dans le secteur des spécialités médicales, d’améliorer les capacités d’analyse et de service pour les prestataires, et de développer les opportunités de recherche avec les fabricants biopharmaceutiques.

  • IA : une plateforme intégrée pour optimiser le flux de travail des médecins (Hôpital américain de Paris)

    Simplifier la prise en charge médicale

    L’idée de la plateforme APH Med a émergé en 2020, et l’application a été développée entre 2021 et 2023 par la société lilloise Ascent Wai, avec le concours des éditeurs. Dès 2021, l’ambition de l’hôpital s’est clarifiée et a été de simplifier la prise en charge médicale à partir d’une seule interface pour le médecin : son téléphone portable. Ainsi, APH Med est aujourd’hui accessible via une application web sur les smartphones.

    Selon Felix Mamoudy, directeur de la Transformation et de l’Innovation à l’American Hospital of Paris (AHP), l’objectif de son institution à travers ce projet est d’aboutir à :

    • une amélioration de la qualité des informations médicales grâce à des dossiers complétés dès le début du parcours médical ;
    • une programmation opératoire en temps réel ;
    • une facilité de l’accessibilité et du partage de l’information médicale ;
    • une augmentation de l’attractivité des patients ;
    • une estimation du RAC(Reste à charge ) au plus juste ;
    • des gains d’efficience organisationnelle et financière ;
    • et une amélioration de la qualité de vie au travail (QVT) des praticiens.
    Tâches permises par la plateforme centralisée AHP Med – @ American Hospital of Paris

    Chiffres clés liés à AHP Med :

    • L’établissement, qui compte 80 logiciels différents, a joué le rôle de coordinateur.
    • Un groupe élargi de 10 à 15 personnes, comprenant des médecins, des secrétaires et des équipes techniques, a planché sur l’application, autour d’une équipe resserrée de quatre personnes.
    • L’établissement a investi 200 000 euros dans ce projet.

    Fonctionnalités principales

    Cette solution s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation du système d’information de l’Hôpital Américain de Paris, qui vise à améliorer la gestion des dossiers patients, le circuit du médicament, et la gestion des urgences. Elle propose les fonctionnalités suivantes :

    • saisie rapide d’informations dans le dossier patient informatisé ;
    • programmation d’interventions chirurgicales ;
    • codage des dossiers médicaux ;
    • collaboration  muti-site avec d’autres praticiens sur des cas cliniques ;
    • et intégration de la technologie de reconnaissance vocale : AHP Med intègre la solution Dragon Medical One, qui offre une saisie simplifiée sur téléphone mobile.

     

    Interfaces APH Med – @ American Hospital of Paris

     

  • Cancer du sein : des indicateurs précoces de l’impact de l’utilisation de l’IA dans le dépistage

    Contexte de l’étude:

    L’étude publiée dans la Revue Radiology, vise à comparer la charge de travail et les performances de dépistage avant et après l’intégration de l’IA. Cette étude rétrospective a analysé deux groupes de femmes âgées de 50 à 69 ans, qui ont subi un dépistage biennal par mammographie dans la région de Copenhague, au Danemark. Dans un contexte où Il a été démontré que le dépistage régulier du cancer du sein par mammographie réduit considérablement les taux de mortalité par cancer du sein et où les systèmes d’intelligence artificielle (IA) montrent des signes de maturité prometteurs, les chercheurs explorent l’apport  d’une approche combinée qui utilise des outils d’IA pour assister les radiologues dans l’analyse fine des mammographies contenant des marqueurs de lésions pour réduire la charge de travail des radiologues et préserver la sensibilité du dépistage.

    Système d’IA:

    Le système d’IA commercialement disponible utilisé pour le dépistage était Transpara (v.1.7.1; ScreenPoint Medical) . Ce système se compose de modèles d’apprentissage profond entraînés pour mettre en évidence et évaluer les lésions suspectes et les calcifications dans les mammographies. Les résultats de l’IA sont présentés au radiologue lors des lectures assistées par l’IA, avec un maximum de deux résultats par vue. De plus, le système d’IA génère un score d’examen variant de 1 à 10, qui est utilisé pour stratifier les dépistages en fonction de la probabilité de cancer du sein. Un score de 1 indique une très faible probabilité de cancer du sein, tandis qu’un score de 10 indique une forte probabilité de cancer du sein. Le système d’IA a été entraîné sur des mammographies provenant de sites en Europe et aux États-Unis, mais pas sur des mammographies de la région de la capitale du Danemark.

    Protocole d’imagerie et diagnostic :

    • Toutes les femmes ont eu des vues mammographiques numériques complètes mediolatérales obliques et craniocaudales de chaque sein, capturées à l’aide des systèmes Mammomat Inspiration ou Mammomat Revelations (Siemens Healthineers). Toutes les acquisitions ont suivi les lignes directrices danoises;
    • Tous les cancers dans cette étude étaient des cancers invasifs détectés lors du dépistage ou des carcinomes canalaire in situ confirmés par biopsie à l’aiguille suivant un rappel, un spécimen chirurgical, ou les deux ;
    • Les données sur les résultats de la biopsie et de la chirurgie (diagnostics, pathologie, positivité ganglionnaire et taille de la lésion) ont été extraites du Registre de pathologie danois entre le 1er octobre 2020 et le 15 avril 2023, garantissant au moins 180 jours de suivi après la mammographie de dépistage pour toutes les femmes .

    Résultats:

    Les taux de détection du cancer selon les catégories de densité du système BI-RADS (Breast Imaging Reporting and Data System),tels que déterminés par le deuxième radiologue sénior. Les barres d’erreur indiquent les IC à 95 %. * = P < .05. ns = non significatif.
    • Au total, 60 751 femmes ont été dépistées avant la mise en œuvre du système d’IA et 58 246 femmes après (âge médian : 58 ans [IQR, 54-64 ans] pour les deux cohortes);
    • Dans une étude rétrospective comparant 60 751 et 58 246 femmes dépistées pour le cancer du sein avant et après la mise en œuvre d’un système d’intelligence artificielle (IA), respectivement, 66,9 % (38 977 sur 58 246) des dépistages après l’implémentation du système d’IA ont été lus une seule fois, et 33,1 % (19 269 sur 58 246) ont été lus deux fois avec l’aide de l’IA.
    • La mise en œuvre du système d’IA a amélioré le taux de détection du cancer (0,70 % avant l’IA vs 0,82 % avec l’IA ; P = .01), le taux de faux positifs (2,39 % vs 1,63 % ; P < .001), la valeur prédictive positive (22,6 % vs 33,6 % ; P < .001), et le taux de petits cancers parmi tous les cancers invasifs diagnostiqués (36,6 % vs 44,9 % ; P = .02).
    • Le dépistage avec l’IA a réduit la charge de travail de lecture des radiologues de 33,5 % (38 977 sur 116 492 lectures) et le taux de rappel de 20,5 % (3,09 % avant l’IA vs 2,46 % avec l’IA).
    • Le diagramme de flux illustre les protocoles de lecture mammographique :avant (A) et après (B, C) la mise en œuvre d’un système d’intelligence artificielle (IA) dans le dépistage, avec (B) le seuil d’examen IA original (avant le 3 mai 2022) ou (C) un seuil IA plus élevé (le 3 mai 2022 ou après) pour sélectionner les dépistages pour une lecture unique. Les cases vertes indiquent les dépistages probablement normaux sélectionnés pour une lecture unique ; les cases jaunes indiquent les dépistages sélectionnés pour une double lecture assistée par IA, où les radiologues (*) avaient accès à un support décisionnel sous la forme de lésions mises en évidence par le système d’IA. Abréviations : neg. = négatif, pos. = positif.

     

     

  • Déserts médicaux : un mapping de 139 start-ups pour une « santé pour tous » (Xange)

    Quels leviers face aux défis des déserts médicaux ?

    Selon l’Assurance maladie, en 2023, en France, la densité moyenne des médecins généralistes est de 147 pour 100 000 habitants, avec 57 % de libéraux. Pour les spécialistes la densité est de 193 pour 100 000 habitants avec 33 % de libéraux. Dans ce contexte, la technologie et la digitalisation de la santé peuvent-elles être des leviers efficaces pour répondre à ces enjeux ? C’est la question à laquelle tente de répondre Xange. Sa cartographie recense ainsi :

    • 35 start-ups de téléconsultation, jouant un rôle dans l’amélioration de l’accès aux soins ;
    • 59 start-ups de télésurveillance pour aller plus loin que la téléconsultation et assurer un suivi des patients ;
    • 34 start-ups de diffusion de l’expertise médicale ;
    • et 11 start-ups de fluidité des carrières afin d’encourager la mobilité géographique par le biais de plateformes de mise en relation ou de solutions de gestion de carrière.

    Source: Xange, 2024

    Des innovations en dehors des cadres traditionnels

    Xange souligne également que l’intelligence artificielle (IA) et les thérapies numériques (DTx) démocratisent l’accès à l’information et à l’expertise médicale, contribuant ainsi à réduire les inégalités en matière de santé.

    On y retrouve deux grandes catégories :

    • la diffusion directe de l’expertise médicale aux patients (avec l’exemple de Ouihelp, qui propose la livraison de médicaments à domicile et des services d’aide à domicile, ou Viabeez et Padoa dans le domaine de la santé au travail) ;
    • et la diffusion de cette expertise entre professionnels de santé (comme avec Téo dans l’ophtalmologie).

    Malgré les opportunités offertes par l’innovation et le numérique, une collaboration étroite entre les patients, praticiens et collectivités territoriales est essentielle pour faciliter les usages au sein du territoire.

    Pour Nadja Bresous Mehigan, partner impact chez Xange, “le numérique et l’IA peuvent contribuer à des parcours de soins plus fluides, plus accessibles et éviter la “perte de chance”. Il ne s’agit pas de remplacer les médecins, mais de gagner en productivité pour permettre au praticien de se concentrer sur sa valeur ajoutée médicale et également d’apporter de l’expertise médicale à distance.” Et d’ajouter : “Les impacts sur le patient peuvent être très directs à court terme sur le diagnostic ou le suivi à domicile. Les innovations sont également très nombreuses autour de la valorisation des données cliniques par l’IA avec un impact peut-être plus long terme sur les thérapies en oncologie notamment ou sur les maladies rares. Sur tous ces sujets, notre partenariat avec la Mutualité Française notamment, mais aussi avec La Poste nous apporte beaucoup.”

  • AAP : lancement de la 2e édition du concours « Up to start » de l’Institut mines-télécom (30/06)

    Modalités de participation

    Le concours “Up to start by IMT” a pour vocation d’accompagner les porteurs et porteuses de projets entrepreneuriaux au positionnement scientifique et technologique, en vue d’intégrer l’un des 12  incubateurs de l’Institut mines-télécom. Cette année, le concours s’adresse aux projets entrepreneuriaux en phase de création ou créés depuis moins de 18 mois et portant sur l’un des 4 thèmes suivants :

    • industrie du futur responsable ;
    • souveraineté numérique et sobriété ;
    • ingénierie santé et bien-être et énergie ;
    • et économie circulaire et société.

    Dossier de candidature :

    Les candidats souhaitant valider leurs dossiers sont invités à fournir un “pitch deck” de 15 pages au maximum, au format PDF, qui devra contenir les éléments suivants :

    • le postulat de départ (problème ou opportunité repérée par l’entreprise) ;
    • la solution apportée par le projet ;
    • la description de la technologie ;
    • le business model (capacité à générer des revenus, sous combien de temps, selon quels indicateurs clés de performance) ;
    • le marché (taille et le volume du marché visé) ;
    • la stratégie marketing envisagée ;
    • le time-to-market (pourquoi maintenant ?) ;
    • la concurrence ;
    • la roadmap (chemin parcouru jusque-là et projection pour les 18 à 36 mois à venir) ;
    • ainsi que la présentation de l’équipe.

    Calendrier du concours :

    Lancé le 2 mai 2024, cet appel à projets (AAP) sera clos le 30 juin à midi. Entre ces deux dates, trois échéances sont prévues comme suit :

    •  le 4 juillet : présélection des dossiers ;
    • les 9, 10 et 11 juillet : audition des porteurs et porteuses de projets admissibles (pitch de 5 min) ;
    • le 18 juillet : annonce des startups lauréates.

    L’incubation des start-ups lauréates commencera en septembre 2024.

    👉 Le dépôt de dossier peut se faire en suivant ce lien.

    Financement et accompagnement

    L’Institut mines-télécom et son réseau d’incubateurs s’engagent à faire bénéficier les les 25 lauréats du concours des éléments suivants :

    • l’ensemble de leur offre et leurs dispositifs d’accompagnement au même titre que toutes les entreprises accompagnées par les incubateurs IMT ;
    • une bourse de 10 000 euros pour le vainqueur du concours ;
    • une bourse de 5 000 euros pour les projets désignés comme 2ème et 3ème du concours ;
    • une communication institutionnelle ;
    • un éventail d’outils et de solutions (hébergement cloud, IA et data, design de prototypes hardware, cybersécurité…) proposées par les entreprises partenaires du concours commun de recrutement afin d’accélérer leur développement technologique et d’affaires.

    Certains lauréats auront, en outre, l’opportunité de participer :

    • au Prix innovation IMT-Bercy 2024 (pour les start-ups pertinentes) ;
    • salon Vivatech, sur le stand institutionnel IMT (pour les trois premiers lauréats) ;
    • ainsi qu’à des learning expeditions thématiques ou géographiques organisées par l’IMT vers des salons internationaux (Bits & Pretzels, Slush, Websummit…).
    Carte des incubateurs IMT – @ Institut Mines Télécom

     

  • Cloud : un AAP d’AWS pour promouvoir l’équité en santé dans le monde

    60 M$ consacrés à l’équité en santé

    En 2021, AWS s’est engagé à consacrer une enveloppe de 40 millions de dollars sur une durée de 3 ans, pour promouvoir l’équité en matière de santé à travers l’exploitation du cloud. En 2024, un financement supplémentaire de 20 millions de dollars est annoncé par le géant américain, portant son engagement à un total 60 millions de dollars en crédits cloud et en expertise technique. Dans le cadre de ce “Nouveau programme mondial pour aider les clients à développer des solutions cloud visant à faire progresser l’équité en santé”, 229 organisations ont déjà proposé leurs solutions numériques.

    Soutien accordé dans le cadre du programme

    Cette initiative est dirigée par l’équipe “Social responsibility & Impact” d’AWS, qui s’emploie à mettre en place des programmes innovants pour un impact positif durable. Les organisations sélectionnées bénéficieront d’un crédit promotionnel AWS,  aux bénéfice de certaines institutions et entreprises qui s’attaquent aux disparités en matière de santé qui affectent les communautés défavorisées ou sous-représentées à travers le monde. Le financement proposé peut aller jusqu’à 250 000 dollars de crédit promotionnel AWS. Ces crédits offerts peuvent être utilisés pour divers services d’AWS, tels que le stockage de données, l’analyse de données, l’apprentissage automatique et d’autres technologies cloud. 

    AWS précise que les demandes émanant d’organisation du secteur privé doivent être assorties d’une contrepartie d’au moins 25 % de ressources du montant total de la demande.

    Critères d’éligibilité

    Le programme est ouvert aux institutions de recherche accréditées, aux consortiums de recherche, aux organisations à but non lucratif et aux entités privées qui sont des clients actuels ou futurs d’AWS. Les personnes qui soumettent une candidature doivent le faire au nom de leur organisation et non pas à titre personnel. Les membres du réseau de partenaires AWS peuvent également postuler.

    3 domaines cibles :

    Les organisations exploitant l’informatique dématérialisée pour réduire les inégalités en matière de soins et améliorer les résultats en matière de santé sont invitées à soumettre leurs candidatures dans les trois domaines suivants :

    • l’amélioration de l’accès à des services de santé de haute qualité et adaptés à la culture ;
    • l’amélioration de l’accès à un soutien social et communautaire adapté ;
    • et la réduction de l’impact du changement climatique sur la santé et la qualité de vie.

     

    👉 Les candidatures sont à envoyer via ce formulaire en ligne. Les décisions d’AWS seront communiquées aux candidats dans un délai d’environ 60 jours ouvrés après chaque date d’examen de demandes.

    📅 Après une première échéance le 31 mai, les prochaines dates d’examen des demandes de l’année sont fixées au 30 juin et au 15 novembre 2024. Ces dates sont les mêmes chaque année.

    Pour aller plus loin:

     

  • GenAI : des promesses et des risques potentiels pour la sécurité des patients (rapport IHI)

    🔍 Points clés du rapport

    1️⃣ IA pour une sécurité des patients améliorée :

    Dans ce rapport, les membres du panel d’experts du think thank Lucian Leape Institute de l’IHI sont globalement optimistes quant au potentiel de la GenAI pour améliorer de nombreux aspects des soins, y compris la sécurité des patients. Cependant, ils indiquent qu’une navigation prudente est nécessaire pour atténuer les nouveaux risques.

    2️⃣ 3 cas d’usage majeurs :

    Le panel d’experts a examiné trois cas d’utilisation, sélectionnés pour leur large représentation des utilisations cliniques anticipées de l’IA au cours des prochaines années.

    • aide à la documentation : réduit l’épuisement des cliniciens et améliore la précision des dossiers des patients ;
    • aide à la décision clinique : aide à la détection précoce des préoccupations de sécurité, y compris les infections et les événements indésirables liés aux médicaments ;
    • chatbots à destination des patients : améliore l’engagement et l’éducation des patients.

    3️⃣ Des risques potentiels :

    Le panel d’experts a également identifié divers risques notamment :

    • la dépersonnalisation des soins ;
    • la possibilité que l’IA générative produise des prédictions et des recommandations inexactes (voire fabriquées) ;
    • la faiblesse de la supervision humaine des résultats technologiques généralement précis ;
    • la tendance des organisations de soins à transformer toute efficacité générée par l’IA en attentes accrues de productivité ;
    • et les défis de l’intégration de l’IA dans les flux de travail existants pour les cliniciens et les patients.

    Bénéfices et défis de l’IA

    Biais potentiels et risque de perte de compétences :

    Il est possible que le biais puisse être atténué en garantissant une représentation large dans les ensembles de données de l’IA, une transparence totale concernant les conflits d’intérêts qui peuvent influencer les résultats, et par de nouvelles méthodes computationnelles. De nouveaux cliniciens, entrant en exercice après la mise en œuvre généralisée de l’IA, pourraient ne jamais acquérir les compétences des cliniciens plus expérimentés.

    Charge de travail réduite :

    Les gains d’efficacité de l’IA ne devraient pas conduire à une augmentation de la charge de travail des cliniciens sans soulagement cognitif. Les membres du panel sont enthousiastes quant au potentiel des outils d’IA générative pour réduire l’épuisement des cliniciens et la charge cognitive, faciliter la fourniture de pratiques fondées sur des preuves, améliorer la précision diagnostique et potentiellement réduire les coûts. Une IA bien conçue a également le potentiel d’identifier les lacunes dans les soins et les situations sujettes aux erreurs ; le faire en temps réel peut offrir des opportunités d’intervention rapide pour prévenir certaines erreurs.

    Amélioration des méthodes d’évaluation et plans d’action :

    Jusqu’à présent, les méthodes d’évaluation dominantes — l’analyse des événements indésirables et des conditions dangereuses — ont été réalisées par le biais de rapports d’incidents et d’analyses des causes profondes. De nombreuses études ont montré que les rapports d’incidents produisent des résultats insatisfaisants, manquant de nombreux problèmes et capturant souvent des problèmes périphériques au problème de sécurité pertinent.

    En termes de plans d’action, les analyses des causes profondes — examens interdisciplinaires détaillés des événements indésirables — ont été le principal moyen par lequel les systèmes de santé ont compris et abordé les problèmes de sécurité. L’utilisation créative de l’IA générative pourrait identifier des modèles de soins et suggérer des solutions basées sur des événements passés au sein d’un établissement de soins  donné (ou d’autres si leurs données sont accessibles). Les outils d’IA pourraient également aider à surveiller si ces solutions fonctionnent au fil du temps.

    Surveillance en temps réel et gestion documentaire :

    En créant un mécanisme pour examiner continuellement le dossier patient à la recherche de signes d’événements indésirables et de conditions dangereuses, l’IA générative a le potentiel de transformer la manière dont les systèmes  apprennent sur la sécurité. En effet, une telle surveillance en temps réel des systèmes d’IA a déjà été intégrée dans les DPI et a permis de détecter plus de 10 fois plus d’incidents de dommages, en temps réel, et de prédire les dommages jusqu’à 72 heures avant qu’ils ne se produisent.

    Parallèlement aux problèmes de charge de documentation pour les cliniciens, le travail des professionnels de santé est actuellement caractérisé par une énorme quantité de temps (plus de 50 % selon certaines estimations) consacrée à l’examen des dossiers, souvent dans le but de remplir les exigences de documentation pour  les assureurs et autres. L’examen des dossiers basé sur l’IA générative a le potentiel de libérer une grande partie de ce temps peu productif. Il est crucial que les organisations de soins réaffectent une partie de ce temps libéré à des activités de sécurité et de qualité plus significatives, plutôt que de réduire proportionnellement les effectifs du département.

    Recommandations de l’Institut Lucian Leape

    Malgré ces préoccupations sérieuses, les panelistes restent généralement enthousiastes quant aux promesses de l’IA générative pour améliorer la sécurité et la qualité. En poursuivant le développement continu des outils d’IA générative et leur intégration dans la prestation des soins cliniques, le panel d’experts a formulé les recommandations suivantes :

    • impliquer les patients et les associations de patients dans le développement, la mise en œuvre, la gouvernance et la surveillance des outils d’IA générative ;
    • apprendre avec, engager et recueillir le feedback des cliniciens ;
    • évaluer et assurer l’efficacité de l’IA et son absence de biais ;
    • établir une gouvernance stricte de l’IA, une supervision et des directives à la fois pour les systèmes individuels de prestation de soins et le gouvernement ;
    • être intentionnel avec la conception, la mise en œuvre et l’évaluation continue des outils d’IA ;
    • et s’engager dans un apprentissage collaboratif entre les éditeurs.

    En plus de ces recommandations, d’autres garde-fous doivent être mis en place en fonction des préoccupations suivantes soulignées par le panel :

    • se fier uniquement aux cliniciens pour vérifier l’exactitude des résultats et des recommandations de l’IA est une stratégie de sécurité peu fiable ;
    • le risque de déqualification est élevé et nécessitera des stratégies de mitigation proactives ;
    • les gains d’efficacité générés par l’IA entraîneront simplement davantage de tâches assignées aux cliniciens, sans soulagement de leur charge de travail et de leur fardeau cognitif actuels.

    Comment l’IA peut améliorer la sécurité des patients ?

    L’IA générative pourrait aider à rationaliser les tâches lourdes associées à la déclaration des incidents et à exploiter les données des épisodes de soins et des patients pour mieux identifier les conditions dangereuses et proposer des solutions. Par exemple, les outils d’IA générative pourraient soutenir les fonctions suivantes :

    • agrégation et analyse des rapports d’incidents, des épisodes de soins et des données d’analyse des causes profondes ;
    • utilisation des données pour l’identification et la résolution en temps réel des préoccupations de sécurité ;
    • identification des facteurs contributifs aux problèmes de sécurité au fil du temps ;
    • amélioration du suivi des audits et aide à la refonte des flux de travail pour les rendre plus efficaces et intuitifs ;
    • formation des professionnels de la sécurité et de la qualité ;
    • intégration des expériences et des retours des patients dans les efforts de sécurité ;
    • aide à l’identification des diagnostics et à la détection précoce des problèmes courants de sécurité des patients hospitalisés, y compris les infections nosocomiales, les événements indésirables liés aux médicaments, la thrombo-embolie veineuse et les complications chirurgicales ;
    • réduction de la charge de travail du personnel de sécurité des patients et d’amélioration de la qualité, permettant une meilleure allocation des ressources pour la mise en œuvre des efforts de sécurité des patients.

    L’intégration de ces capacités IA dans les systèmes de soins de santé pourrait transformer les approches de la sécurité des patients, passant d’une réaction aux erreurs à une prévention proactive, améliorant ainsi globalement la qualité des soins et réduisant les incidents de sécurité

    Chacune de ces fonctions a le potentiel d’aider les professionnels de la santé à passer d’une réaction aux erreurs et aux dommages à une prédiction proactive. Elles pourraient également améliorer la capacité des professionnels de la sécurité  à répondre en temps réel avec des solutions basées sur les données.

     

  • Point sur les financements des DTx en Europe et aux USA

    Le marché des DTx en croissance depuis 2017

    Les investissements dans les start-ups de thérapies numériques (DTx) sont en croissance dans le monde depuis 2017, comme le révèle le rapport « Digital Therapeutics – Medical intervention “beyond te pill” », publié en décembre 2022 par Dealroom, spécialiste des écosystèmes de start-ups et de jeunes entreprises en Europe et dans le monde, une croissance particulièrement rapide en Europe entre 2017 et 2022 (x4) :

    • Les investissements de capital-risque (venture capital) ont été multipliés par 4 entre 2017 et 2022 (1,2 Md$).
    • Malgré la croissance relativement élevée des investissements, la valeur d’entreprise des start-ups de DTx reste faible par rapport aux autres segments de la health tech.
    • En 2022 le marché des thérapies numériques (DTx) est évalué à 6,5 milliards de dollars, les États-Unis étant en tête avec 2 milliards de dollars. L’Europe ne représente qu’un dixième de ce marché (612 millions de dollars), et l’Allemagne reste le pays leader avec 49 DTx approuvées pour une inscription permanente ou provisoire. Le Royaume-Uni suit avec 14, et la France a 3 DTx remboursées par le système PECAN.
    • le marché mondial des DTx , en termes de revenus, était estimé à 6,1 milliards de dollars en 2023 et devrait atteindre 21,9 milliards de dollars d’ici 2028, avec un taux de croissance annuel composé (CAGR) de 29,1 % de 2023 à 2028, selon le rapport Marketsandmarket.
    • Les principaux facteurs stimulant la croissance du marché incluent les initiatives gouvernementales soutenant les avancées technologiques et les progrès dans le domaine des DTx.
    • A l’inverse, les défis à la croissance du marché proviennent de la réticence des patients à adopter les thérapeutiques numériques et de l’instabilité des modèles de paiement.
    • Les DTx étant encore un segment émergent, leur maturation se résume pour le moment à des passages du “early stage”  à des stades de “growth” , aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
    • Le marché allemand des DTx est bien développé avec une cinquantaine d’acteurs impliqués dans le dispositif de prise en charge rapide DiGA (Digital Health Apps) .

     

    Les sorties dans le secteur DTx en 2023 :

    • Lucine a été liquidée au tribunal de commerce fin novembre 2023, des actifs et des salariés de la startup française ont été repris par son concurrent Butterfly DTx ;
    • acquisition du belge Oncomfort par la start-up française HypnoVR en octobre 2023 ;
    • l’américain Big Health acquiert Limbix, en juillet 2023.

     

    Le segment des DTx (thérapies digitales) en croissance en 2023, soutenu par les changements réglementaires et l’espoir qu’apporte le remboursement en termes de modèle économique. (Source: CapHorn Invest)

     

     

    Overview des levées en France

    Start-up Montants levés (en M€) Date de la levée Secteur investisseur
    Klava 1 janv-24 Dtx, deeptech Angels Bay Invest
    steto 1,2 nov-23 Femtech , diagnostic et de suivi endométriose BPI
    Luna (ex MyEndo’App) 0,5 mars-24 Femtech  –

    Les DTx étant encore un segment peu mature et émergent, les investissements sont principalement au stade de seed ou série A. La France compte une vingtaine de DTx .Source: Veille H&TI

    Overview des levées hors France:

    Start-up Date de la levée Tour Montants levés Pays investisseurs
    MiiCare avr-24 Seed – UK Plug and Play
    Kranus Health mars-24 – 20M$ Germany  Cap Horn et Future Positive Capital
    Medrhythms déc-23 – 19.8M$ US Bose Ventures ,Global Brain Corporation
    Ciba Health déc-23 Series A 10M$ us Plug and Play, E12 Ventures, DigiTx Partners, 3CC | Third Culture Capital
    Click Therapeutics nov-23 Financement dette 20 M$ US HSBC Innovation Banking
    eMotiv nov-23 Seed ₩2,300,000,000 South korea –
    Hedgehog MedTech nov-23 série A ¥500M japon Keio Innovation Initiative Venture, DBJ Capital
    SerenityDTx oct-23 PreSeed CA$5M canada –
    HelloBetter sept-23 Series A 12M$ Germany Sparrow Ventures, MassMutual Ventures, Hevella Capital, HealthCap, Expon Capital
    Bell Therapeutics sept-23 Seed Non divulgué corée du sud KOSME, HG Ventures, FuturePlay
    Hollo Limited sept-23 Seed HK$400K Hong Kong BA
    MindCo Health sept-23 Seed – us BDev Ventures
    Digital Therapeutics Alliance août-23 subvention 79K$ us National Council for Prescription Drug Programs
    Five Lives juil-23 Seed UK Boost Capital Partners
    Luminopia juin-23 série A 16M$ us us venture partners
    Nia Health mai-23 Seed 3.5M€ germany High-Tech Gruenderfonds
    Zeen Health mai-23 serie A – Chine Qiming Venture Partners
    Empowered Health avr-23 Seed 1M€ Suède –
    Mindset Health mars-23 Serie A 12M$ australie King River Capital , Alumni Ventures Group
    GrayMatters Health mars-23 Subvention 2.5M€ Israel European Innovation Council (EIC)
    S-Alpha Therapeutics mars-23 Serie B ₩11B south korea Korea Investment Partners
    DTxPlus mars-23 Sseed $1M us Dr. Nitin Doshi
    MindAhead janv-23 PreSeed 500K€ Germany  Rudolf von Plettenberg, CDP Venture Capital

    Source: Crunch Base

     

    En 2024 les thérapies numériques (DTx) semblent être à un point mort, avec une consolidation considérable dans ce domaine. Selon le média Octopus Venture, les conditions du marché telles que  l’adoption clinique lente des plateformes approuvées par DiGA en Allemagne ont durement frappé le secteur des DTx en Europe et aux États-Unis. Les acheteurs sont submergés par des solutions ponctuelles dans le domaine de la santé mentale ou musculosquelettique  et exigent davantage des prestataires.  Les canaux de distribution sont en place (Spring Health, Big Health, Lyra Health) avec des employeurs auto-assurés et des payeurs aux États-Unis. Il incombe aux prestataires de DTx de démontrer une forte adoption par les patients ainsi que des avantages cliniques et économiques positifs.

    Etat des lieux des remboursements

    L’Allemagne a ouvert la voie au remboursement des DTx grâce à la Digitale-Versorgung-Gesetz (“DVG”), loi sur les soins de santé. Depuis 2019, elle autorise tous les médecins en Allemagne à prescrire des thérapies numériques (Digitale Gesundheitsanwendungen, ou “DiGA”) aux assurés sociaux, alors même que leurs investigations cliniques ne sont pas achevées. La période de remboursement a été fixée à un an. Cela permet au fabricant de collecter des données cliniques et faire ensuite réévaluer sa technologie pour un remboursement définitif.

    La Belgique a adopté une logique proche avec le système “mHealth Belgium” permettant le remboursement par une approbation à plusieurs niveaux (marquage CE et conformité au RGPD avec notification aux autorités, évaluation des risques, et le cas échéant démonstration de bénéfice médico-économique).

    Par un décret du 31 mars 2023, la France a adopté le dispositif de prise en charge anticipée numérique (Pecan), qui permet un financement dérogatoire d’un an par l’Assurance maladie des DM numériques à visée thérapeutique suffisamment matures, présumés innovants, n’ayant pas encore achevé leur parcours d’investigation clinique. Cette phase anticipée, passant par plusieurs étapes notamment auprès de l’ANS et de la HAS, permet à l’exploitant de finaliser la démonstration du bénéfice clinique et/ou organisationnel tout en étant déjà remboursé. Un arrêté publié fin avril fixe la compensation financière pour les dispositifs médicaux numériques à visée thérapeutique à 780 euros TTC par an et par patient. Cette compensation inclut un forfait initial de 435 euros et un forfait mensuel modulable de 38,30 euros, conditionnés à l’utilisation effective du dispositif.

    En termes de potentiels investissements dans la numérisation de la santé, l’Italie peut compter sur des investissements dépassant les 32 milliards d’euros, principalement soutenus par le Plan national de relance et de résilience (PNRR), avec 1,6 milliard d’euros réservés pour les projets numériques dans la Mission La part des fonds gérés par le secteur privé, à l’exclusion des co-investissements avec des fonds publics, reste limitée, reflétant la présence relativement faible du capital-risque (VC) en Italie par rapport à d’autres pays.

    Aux Etats-Unis, l’agence américaine de sécurité du médicament (FDA) a autorisé le remboursement de certains DTx  pour des patients atteints de diabète de type 2 , mais il n’existe pas encore de politique claire sur le remboursement des thérapies numériques.

     

  • Gen AI : Microsoft s’engage à développer des systèmes respectant le RGPD

    Un engagement construit autour de 6 principes

    Alors que les gouvernements cherchent à embrasser la transformation numérique et à répondre aux demandes des citoyens pour des services plus rapides et personnalisés, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a publié ses premières recommandations en avril 2024. C’est dans ce contexte que Microsoft développe des ressources pour aborder les préoccupations liées au RGPD et démontrer comment ses solutions d’intelligence artificielle (IA) peuvent être adoptées de manière conforme au règlement.

    Dans son guide pour le secteur publique, Microsoft s’engage ainsi à ce que ses systèmes d’IA soient développés de manière responsable et digne de la confiance des personnes. Un engagement est concrétisé selon six principes clés qui s’alignent étroitement avec les priorités du secteur public et les principes fondamentaux énoncés à l’article 5 du RGPD :

    • équité : les systèmes d’IA doivent être conçus pour traiter équitablement toutes les personnes, sans biais ni discrimination ;
    • fiabilité et sécurité : les systèmes d’IA doivent être fiables et sûrs, avec des mécanismes intégrés pour prévenir les erreurs et minimiser les dommages ;
    • responsabilité : les créateurs des outils d’IA et les développeurs qui les utilisent doivent être responsables de leurs systèmes ;
    • confidentialité et sécurité : les systèmes d’IA doivent respecter la vie privée des individus et la sécurité de leurs données ;
    • inclusivité : les systèmes d’IA doivent être conçus pour être accessibles et utilisables par tout le monde, y compris les personnes en situation de handicap ;
    • transparence : les systèmes d’IA doivent être transparents et explicables, avec une documentation claire de leur fonctionnalité et de leurs processus de prise de décision.

     

    Les mêmes engagements pris pour le cloud appliqués aux produits d’IA

    Se voulant rassurant envers ses clients du service public, Microsoft explique que les principes fondamentaux du RGPD s’appliquent au même titre que pour le traitement des données personnelles dans tout autre contexte, tel que le cloud. Cela est justifié par le fait que les principes et les processus d’évaluation des risques et de conformité au RGPD restent les mêmes. Ainsi, les engagements existants de Microsoft en matière de confidentialité,  s’étendent à ses produits commerciaux d’IA.

    Il existe un certain nombre d’obligations clés en vertu du RGPD que les organisations du secteur public doivent prendre en compte lors de l’acquisition de services d’IA générative. le guide  inclut des détails sur ces obligations et le soutien et les ressources associés que Microsoft peut offrir, y compris en ce qui concerne les transferts internationaux de données personnelles, la transparence, les droits des personnes concernées, les obligations des sous-traitants, les mesures de sécurité techniques et organisationnelles, et les outils de responsabilisation et de protection “data protection impact assessment” (DPIA).

    Microsoft ne revendique pas la propriété de quelconques demandes de clients ou du contenu généré par ses solutions d’IA générative. De plus, aucune donnée client (y compris les demandes ou le contenu généré) n’est utilisée pour entraîner des modèles de base sans l’autorisation du client. La promesse du géant américain est de continuer à offrir des outils, des ressources et un soutien de premier plan au fur et à mesure qu’évoluera le paysage règlementaire européen dans le parcours avec l’IA.

     

  • Financement : l’IA en top des tendances mondiales au premier trimestre 2024 (rapport)

    📌 Points clés de l’étude:

    • Le financement de la santé numérique au premier trimestre 2024 s’est clôturé à 5,13 milliards de dollars pour 351 transactions.
    • Les fusions et acquisitions constituent la voie de sortie prédominante.
    • Les USA , toujours en tête des financements (52 % des montants levés réalisés aux USA).
    • Les thérapies numériques (DTx), l’oncologie et la santé mentale sont les trois secteurs les plus financés (2,5 milliards, 815,8 millions et 579,8 millions respectivement).

     

    Les USA toujours leader, l’Europe accélère

    L’étude montre que l’Amérique du Nord reste stable, clôturant à 3,8 milliards de dollars, soit un montant équivalent à celui du premier trimestre de l’année précédente et une augmentation de 12 % par rapport aux 3,4 milliards de dollars du quatrième trimestre 2023. Selon l’observatoire Health Tech Alpha, le financement de la santé numérique en Amérique du Nord reste presque exclusivement piloté par les États-Unis. En effet, 98 % du capital déployé a été levé aux États-Unis, tandis que seulement 2 % du financement a été clôturé au Canada.

    De plus, le financement de la santé numérique en Europe atteint 853 millions de dollars au premier trimestre 2024, dépassant de 22 % la même période de l’année précédente. Au premier trimestre 2024, le financement européen de la santé numérique a bondi pour atteindre 853 millions de dollars. Il s’agit notamment d’une augmentation de 52 % par rapport au quatrième trimestre 2023, lorsque les niveaux de financement ont chuté à 560 millions de dollars, ce qui représentait le trimestre le plus faible depuis 2020. Par rapport au premier trimestre 2023, où l’investissement total s’élevait à 700 millions de dollars, le financement au premier trimestre 2024 a augmenté de 22 %. La trajectoire de croissance est alimentée par l’entrée d’investisseurs internationaux, un environnement réglementaire en évolution et le soutien gouvernemental, contribuant tous positivement au développement du secteur.

    Evolution des financements depuis le T1 2022 par région du monde – @ GalenGrowth 2024

    Top 10 des offres de santé numérique en Amérique du Nord, au T1 2024 :

    Société Secteur Tour Date Valeur de la transaction
    Freenome Diagnostic Série E 02 / 2024 254 M$
    BioAge Labs Découverte des médicaments Série D 02 / 2024 170 M$
    Abridge Clinique Série C 02 / 2024 150 M$
    Lightship Essais cliniques décentralisés Série D 02 / 2024 136 M$
    Zephyr AI Découverte des médicaments Série A 03 / 2024 111 M$
    Rightway Healthcare Coordination des soins Série D 03 / 2024 109 M$
    DecisionRx Analyse prescriptive Financement de la dette 01 / 2024 100 M$
    Claroty Cybersécurité Stratégique 03 / 2024 100 M$
    Harbor Health Solutions intégrées Série B 01 / 2024 96 M$
    Frontier Medicines Découverte des médicaments Série C 02 / 2024 80 M$

    Source : Health Tech Alpha 2024

    Top 10 des offres de santé numérique en Europe, au T1 2024 :

    Société Pays  Catégorie principale Tour Date Valeur de la transaction
    Medical Microinstruments Téléchirurgie Série C févr-24 110 M$
    Pelago Thérapeutique numérique Série C mars-24 58 M$
    Genomics PLC Applications liées aux omiques Série D janv-24 45 M$
    Bioptimus Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Bioinformatique Seed févr-24 38 M$
    Relation Therapeutics Drug discovery Seed mars-24 35 M$
    Enterprise Therapeutics Drug discovery Série B2 janv-24 33 M$
    Onera Health Printable Country Flag of the Netherlands - Circle | Vector Country Flags of the World Télésurveillance Série C janv-24 33 M$
    Quantum Surgical Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Téléchirurgie Seed mars-24 32 M$
    Aqemia Printable Country Flag of France - Circle | Vector Country Flags of the World Drug discovery Série A1 janv-24 32 M$
    Aktiia Printable Country Flag of Switzerland - Circle | Vector Country Flags of the World Télésurveillance Série B févr-24 31 M$

    Source : Health Tech Alpha 2024

    Le financement des entreprises en phase de croissance en augmentation dans le monde entier

    Selon l’étude, le financement des cycles d’investissement en phase de croissance a augmenté de 32 % d’un trimestre sur l’autre par rapport au quatrième trimestre 2023, avec un nombre total d’opérations de série B et de série C totalisant 89, le plus élevé depuis le deuxième trimestre 2022. La part des entreprises en phase de croissance qui ont obtenu un financement au cours des 18 derniers mois a augmenté de 1 % à 6 % pour l’Asie pacifique, l’Amérique du Nord et l’Europe.

    Cependant, en France, on observe une majorité de séries A et Seed au premier trimestre 2024, une tendance similaire à celle du quatrième trimestre 2023. Pour rappel, plus de 44 % des entreprises ayant levé des fonds en 2024 ont recueilli des montants entre 5 et 30 millions d’euros, avec la plupart des opérations réalisées en early stage. Le ticket moyen est de 8,8 millions d’euros et la plus grosse levée de fonds a été réalisée par Aqemia pour un montant de 30 millions d’euros. Ce bilan du T1 2024 est marqué par l’absence de « méga deals » (>100 millions d’euros) : aucune levée de fonds ne dépasse les 30 millions d’euros.

    👉 Pour aller plus loin : Investissement : 158 M€ levés par les start-ups de la santé numérique au T1 2024

    Les fusions et acquisitions en santé numérique dominent les opérations au premier trimestre 2024

    Selon l’étude, au cours des trois premiers mois de 2024, 41 sorties de capital-risque ont été signalées, dont 38 fusions et acquisitions, 2 introductions en bourse et une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC). L’activité de sortie au premier trimestre 2024 a diminué de 21 % en glissement trimestriel par rapport au quatrième trimestre 2023, qui avait enregistré 52 sorties, toutes des fusions et acquisitions. De plus, par rapport au premier trimestre 2023, qui a vu 52 sorties (50 fusions et acquisitions, une introduction en bourse, une SPAC), l’activité de sortie au premier trimestre 2024 a diminué de 21 % sur un an.

    En 2024, les débuts sur les marchés publics, en particulier aux États-Unis, ont été remarquablement absents dans un contexte de performances décevantes des marchés publics et de radiations d’entreprises.

    Les acquisitions entre entreprises restent la voie de sortie la plus populaire, avec plus de 60 % des acquisitions au premier trimestre 2024 ayant lieu entre entreprises.

    L’intelligence artificielle occupe le devant de la scène et des investissements importants déployés pour la GenAI

    L’étude révèle qu’au premier trimestre 2024, près de la moitié de toutes les transactions (49 %) ont été conclues par des entreprises utilisant l’intelligence artificielle dans leurs solutions, avec 2,8 milliards de dollars investis dans 171 transactions. Parmi les transactions conclues par des entreprises fournissant des solutions d’IA, 8 % (14 transactions) ont été réalisées par des entreprises utilisant l’IA générative.

    À l’échelle mondiale, Galen Growth estime que 4 000 entreprises de santé numérique alimentent leurs services grâce à l’intelligence artificielle.

    Le rapport « Generative AI in Digital Health: Hype or Reality » de Galen Growth, publié au quatrième trimestre 2023, a souligné que parmi les 17 clusters de santé numérique, selon une classification définie par la société spécialisée en market intelligence, les clusters prioritaires pour la mise en œuvre de solutions d’IA générative seraient : les solutions de gestion de la santé, les diagnostics médicaux et les solutions de recherche. “Ces trois clusters sont devenus les clusters les plus financés au premier trimestre 2024, capturant 51 % de la valeur de financement déployée.”

    Selon le rapport, les solutions de gestion de la santé, qui englobent les solutions de flux de travail clinique et d’analyse prescriptive, sont devenues le cluster le plus financé au premier trimestre 2024, avec 1,1 milliard de dollars investis dans 59 transactions. La transaction la plus importante au sein de ce cluster a été réalisée par DecisionRx, une facilité de crédit de 100 millions de dollars avec Carlyle, qui était également la transaction la plus importante en Amérique du Nord pour le premier trimestre 2024. Artisight, une entreprise basée à Chicago qui exploite l’intelligence artificielle et les capteurs IoT pour faciliter le flux de travail clinique, a conclu la deuxième plus grande transaction, un cycle de série B de 42 millions de dollars en janvier 2024, qui a vu la participation du système de santé et des investisseurs stratégiques, dont Nvidia.

    Le rapport révèle également que le deuxième cluster le plus financé au premier trimestre 2024 est celui des diagnostics médicaux. Ce cluster, qui comprend des entreprises fournissant des technologies pour l’imagerie médicale, le diagnostic lié aux omiques et d’autres outils de diagnostic, a attiré 698 millions de dollars dans le cadre de 48 transactions.

    L’oncologie et la santé mentale, les 2 domaines thérapeutiques les plus financés

    Voici le texte corrigé :

    L’étude montre également que parmi les domaines thérapeutiques, l’oncologie et la santé mentale sont apparus comme les domaines les plus financés au premier trimestre 2024. Les cinq principaux domaines thérapeutiques – oncologie, santé mentale, neurologie, diabète et maladies cardiovasculaires – représentaient plus de 70 % de l’investissement total au premier trimestre 2024.

    Selon l’étude, l’oncologie est le domaine le plus financé avec 817 millions de dollars investis. Par rapport au premier trimestre 2023, l’oncologie est passée du 4e au 1er rang. La santé mentale a suscité des investissements importants au premier trimestre 2024 et s’est classée au deuxième rang des domaines thérapeutiques du trimestre, avec un total de 580 millions de dollars investis.

    Avec l’énorme croissance des médicaments GLP1 ainsi que l’introduction de la plateforme LillyDirect en janvier par Eli Lilly pour offrir des services « directement au consommateur », Galen Growth s’attend à un regain d’activité dans les domaines de l’obésité, de la nutrition et du bien-être pour accompagner les patients pendant et après leur traitement. Dans le même temps, les solutions de bien-être et de nutrition pour la perte de poids peuvent être affectées négativement et doivent se concentrer sur les nouvelles conditions du marché.