La commercialisation des dispositifs médicaux (DM) et des technologies de santé numérique au Brésil, en Argentine et au Mexique nécessite une homologation auprès des agences sanitaires respectives qui sont Anvisa, Anmat et Cofepris. Chaque pays applique des réglementations propres en matière d’importation, de certification et de protection des données ce qui impacte directement l’entrée des entreprises étrangères sur ces marchés.
Brésil : une régulation stricte sous l’autorité de l’Anvisa
Importation et taxation : des exemptions possibles pour les hôpitaux publics
Les droits de douane de l’UE vers le Brésil varient entre 0 et 20 % en fonction des produits. Une exonération de ces droits peut être accordée si aucun équivalent national n’existe. Les hôpitaux publics bénéficient systématiquement d’une exemption des droits de douane ainsi que de l’impôt sur les produits industrialisés. De plus un accord de libre-échange entre les pays du Mercosur et ceux de l’Union Européenne pourrait être adopté prochainement.
Enregistrement des dispositifs médicaux auprès de l’Anvisa
Pour pouvoir être commercialisés, les dispositifs médicaux (DM) doivent être enregistrés auprès de l’Agence brésilienne de surveillance de la santé (Anvisa). Pour soumettre les dossiers techniques à l’Anvisa, les fabricants étrangers doivent disposer d’un titulaire d’enregistrement brésilien (BRH), établi au Brésil.
La classification des dispositifs médicaux comprend quatre catégories. Le détail de la classification des différents DM est disponible sur le site de l’agence : Medical devices — Agência Nacional de Vigilância Sanitária – Anvisa
Pour pouvoir commercialiser sa solution, le fabricant ou l’importateur doit d’abord effectuer une demande au système “Solicita“. Ensuite il doit obtenir le “certificat brésilien de bonnes pratiques de fabrication” délivré après inspection de l’Anvisa. Le contrôle de l’Anvisa porte sur l’ensemble du processus de production : stockage, formation du personnel, installations, traçabilité, et contrôle qualité.
Pour les dispositifs de classe 1 et 2 (risques très faibles et faibles), les informations sur l’autorisations sont affichées sur le site web de l’ANVISA. Pour les dispositifs de classe 3 et 4 (risques moyens et élevés) , l’Anvisa publie le numéro d’enregistrement dans le journal officiel. La licence d’autorisation des dispositifs de classe 1 et 2 n’expire pas. Pour ceux de classes 3 et 4, elle dure 10 ans.
La dernière réglementation sur les dispositifs médicaux, la RDC 751/2022 est entrée en vigueur le 1er mars 2023. Elle inclut une nouvelle méthode d’évaluation des risques liés aux dispositifs et des règles de classifications spécifiques pour les “Software as Medical Device» (SaMD).
Réglementation émergente pour l’IA
Fin 2024 un projet de loi sur la réglementation de l’IA a été adopté par le Sénat Brésilien. Il crée un Système National de Régulation et de Gouvernance de l’Intelligence Artificielle (SIA) qui servira de principal organisme de réglementation et collaborera avec L’Autorité Nationale de Protection des Données (ANPD). L’essentiel des réglementations sur l’IA est donc à venir pour le Brésil.
Les règles de la protection des données personnelles s’appliquent dans le cas où elles sont utilisées par l’IA. Le cadre réglementaire de l’utilisation des données est énoncée par la “Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD)”, adoptée en 2018 et entrée en vigueur en septembre 2020. Elle s’inspire fortement du RGPD.
Argentine : une procédure rapide pour les DM
Importation et accords commerciaux
Les importations de biens sont actuellement taxées à hauteur de 7,5%, cependant un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union Européenne pourrait être adopté prochainement et les modifier.
Certification et homologation des DM
L’organisme de réglementation des dispositifs médicaux en Argentine est l’Anmat, Administration Nationale des Médicaments, des Aliments et de la Technologie Médicale. Les entreprises doivent obligatoirement enregistrer leurs produits auprès de l’Anmat pour les commercialiser.
Comme au Brésil le système argentin a 4 catégories réparties selon le niveau de risque. A cela s’ajoute une catégorie spéciale pour les outils de diagnostics in vitro :
Pour les DM hors diagnostic in vivo (DIV), la procédure d’autorisation de commercialisation est la suivante : nomination d’un représentant légal en Argentine puis demande via le système HELENA de l’Anmat. L’Institut National des Produits Médicaux a ensuite entre 15 et 30 jours ouvrés pour répondre à la demande pour les DM de classe 1 et 2, et entre 60 et 110 jours ouvrés pour les dispositifs de classe 3 et 4. Pour les DM DIV, l’INPM a entre 60 et 90 jours ouvrsé pour répondre à la demande.
L’Argentine est membre du MDSAP (Médical Device Single Audit Program) qui permet aux fabricants de DM de faire évaluer leur système par un seul audit réglementaire reconnu par plusieurs pays. Le programme compte 12 membres, Etats-Unis, Canada, Australie, Japon, Brésil, Corée Du Sud, Argentine, Israël, Kenya, Mexique, Afrique du Sud, Taïwan.
Protection des données et encadrement de l’IA
Il n’y pas de réglementation spécifique sur l’IA en Argentine. La loi de protection des données personnelles en Argentine est la 25.326. Elle est également proche du RGPD européen.
Mexique : un marché stratégique avec des procédures longues
Un cadre favorable aux importations européennes
Le Mexique a un accord de libre-échange avec l’Union Européenne, les produits en provenance de pays de l’UE sont donc libres de droits de douanes. Il est cependant important d’avoir un partenaire au Mexique et que ce dernier ait une licence d’importation.
Certification des DM auprès de la Cofepris
Au Mexique l’organisme qui réglemente les dispositifs médicaux est la Commission Fédérale pour la Protection des Risques Sanitaires (Cofepris). Les dispositifs médicaux sont classés en trois niveaux de risque en fonction des risques. Certains dispositifs médicaux de classe 1 sont exemptés d’enregistrement sanitaire. les délais de réponse sont de 30 jours pour la classe 1, 35 pour la classe 2 et 60 pour la classe 3. Les autorisations de la Cofepris ont une durée de 5 ans.
La demande d’autorisation se fait sur la plateforme VUCEM.
Le Mexique est également membre du MDSAP.
Une absence de réglementation spécifique pour l’IA
Il n’y a pas de réglementation spécifique à l’IA au Mexique. La réglementation sur la protection des données personnelles au Mexique est la Loi fédérale sur la protection des données personnelles détenues par des parties privées (LFPDPPP). Elle reprend les grandes lignes du RGPD.