alexandre

  • IA et maladies chroniques respiratoire, des applications concrètes pour des pathologies répandues

    Les maladies respiratoires chroniques sont essentiellement représentées par l’asthme, la BPCO et la mucoviscidose. A ceci se rajoute le cancer du poumon et les maladies rares touchant les poumons. Ces deux derniers types de maladies respiratoires chroniques ne seront pas traités dans cette étude, ayant fait l’objet d’étude précédente dans HTI disponible ici pour l’oncologie, et ici pour les maladies rares.

    📌 Maladies respiratoires : 10 millions de Français touchés, mais 54 % mal informés sur les symptômes

    En France, près de 10 millions de personnes souffrent de maladies respiratoires chroniques, dont l’asthme (4 millions) et la BPCO (3,5 millions), mais la prévention reste insuffisante et la sensibilisation limitée. Malgré des dépenses publiques de prévention atteignant 6,7 milliards d’euros en 2022, 54 % des Français se disent mal informés sur les symptômes à surveiller et seuls 30 % s’estiment à risque. Ce déficit d’information contribue à 12 000 décès prématurés et 100 000 hospitalisations évitables chaque année. Les inégalités sociales aggravent la situation, les plus modestes étant 1,6 fois plus touchés, tandis que l’innovation et l’IA offrent de nouvelles pistes pour améliorer le dépistage et la prise en charge.

    👉 H&TI vous détails les chiffres clés autour des maladies respiratoire ici.

    📌 Entretien avec Antoine Magnan : la clinique universitaire des bronches, un modèle inédit pour la prise en charge intégrée des maladies pulmonaires chroniques grâce à l’IA

    En mars 2025 l’Hôpital Foch a lancé la Clinique Universitaire des Bronches (CUB) la première structure en France et en Europe dédiée aux maladies pulmonaires chroniques, qui concernent près de 10 % de la population. Grâce à des partenariats avec des start-up en intelligence artificielle, la CUB mise sur le dépistage par scanner faible dose, l’imagerie IRM 3D et la télésurveillance pour améliorer le diagnostic et le suivi, alors que 70 % des patients atteints de BPCO ignorent leur maladie. La cohorte CUB Trajectory vise à regrouper 10 000 patients d’ici fin 2025 pour analyser les réponses aux traitements et identifier de nouveaux facteurs de risque. En parallèle, la clinique développe la recherche sur les biomarqueurs prédictifs et les jumeaux numériques pour accélérer la compréhension et l’innovation thérapeutique dans l’asthme et la BPCO, tout en favorisant le partage de données entre plusieurs sites.

    Chiffre clé : 70% des patients atteints de BPCO ignorent leur maladie

    👉 H&TI vous debrief son entretien avec le professeur Antoine Magnan ici.

    📌IA explicable : +13 % de précision diagnostique en binôme avec le pneumologue

    Selon une étude européenne publiée dans l’European Respiratory Journal, l’association d’une intelligence artificielle explicable (XAI) avec 78 pneumologues a permis d’augmenter la précision diagnostique des tests de fonction pulmonaire jusqu’à +13 % par rapport à l’IA seule, et de +10,4 % à +5,4 % par rapport aux cliniciens seuls selon les phases. L’outil XAI, qui fournit des explications sur ses décisions via la méthode des valeurs de Shapley, a aussi renforcé la confiance des médecins et leur accord entre pairs. Les pneumologues n’ont pas suivi aveuglément les suggestions erronées de l’IA, montrant une résistance à l’automatisation biaisée. L’étude confirme que la collaboration humain-IA, et non la substitution, optimise la qualité du diagnostic médical.

    Chiffre clé : Par rapports au médecins seuls, l’IA améliore la précision diagnostique de 5,4% à 10,4% et de 13% en associant les deux.

    👉 H&TI analyse pour vous cette étude riches en enseignements ici.

     

    📌Ailleurs en Europe : au Royaume-Uni myCOPD et myAsthma, des applications qui réduisent exacerbations et améliorent l’autonomie des patients respiratoires.

    Les applications myCOPD et myAsthma proposent des programmes de réhabilitation, des vidéos éducatives et un suivi personnalisé pour optimiser leur prise en charge à distance. myCOPD double la capacité de réhabilitation pulmonaire, porte les taux de complétion à plus de 70 % et réduit de près de moitié les exacerbations, tandis que 82,7 % des utilisateurs la jugent facile à utiliser et 66,1 % constatent moins d’aggravations. MyAsthma permet une gestion proactive de l’asthme, avec plus de 1 300 patients enregistrés et plus de 800 vidéos visionnées, et contribue à diminuer les hospitalisations. Ces solutions, intégrables aux systèmes de santé, facilitent le suivi à distance et l’ajustement des traitements par les cliniciens, particulièrement en contexte de ressources limitées.

    Chiffre clé : MyCOPD divise par deux les exacerbations.

    👉 H&TI étudie pour vous un des piliers de la lutte contre les maladies respiratoires chroniques au RU ici.

    📌🗺️Maladies respiratoires chroniques : la France freinée par l’absence de pilotage national et le cloisonnement des acteurs

    Bien que la France dispose d’un écosystème riche en expertise clinique, recherche, industrie et mobilisation associative autour des maladies respiratoires chroniques, la coordination reste insuffisante en raison d’un manque de stratégie nationale structurante. Les coopérations entre hôpitaux, sociétés savantes, industriels et associations de patients demeurent ponctuelles, limitant l’impact sur l’organisation des soins, la prévention et l’éducation thérapeutique. L’absence de plan national depuis plus de dix ans, le cloisonnement des systèmes d’information et les inégalités d’accès aux centres experts freinent une réponse collective efficace. Pour progresser, une alliance durable et structurée de tous les acteurs s’avère indispensable afin de garantir une prise en charge cohérente et équitable sur l’ensemble du territoire.

    👉 H&TI cartographie l’écosystème des maladies respiratoires en France ici.

    📌🗺️L’IA en pneumologie : des avancées concrètes pour les maladies respiratoires chronique

    L’intelligence artificielle (IA) transforme la pneumologie française avec 19 cas d’usage, principalement dans la détection et le diagnostic des pathologies respiratoires. Parmi les innovations, l’IA permet la détection précoce de l’apnée du sommeil et l’analyse des radiographies thoraciques pour identifier des opacités évocatrices de pneumonie. Elle améliore également la prédiction des exacerbations aiguës de la BPCO et l’accompagnement personnalisé des patients via des assistants virtuels. Ces avancées promettent une médecine respiratoire plus anticipatrice et personnalisée.

    👉 H&TI décrit les différents cas d’usage ici.

    📌🗺️Diagnostic, télésurveillance, génomique : 15 innovations IA au service des maladies respiratoires

    L’écosystème des maladies respiratoires chroniques intègre 15 solutions d’IA, dont 7 gérées par les patients (chatbots, outils de mesure, télésurveillance) et 6 par les soignants, tandis qu’une solution cible la drug discovery et une l’analyse génomique, avec 3 dispositifs marqués CE. Les chatbots Vik Asthme et Vik BPCO, les outils Caducy et StethoMe, et les dispositifs Bora Care, Mucopilot et Findair favorisent l’autonomie et le suivi à domicile. Côté professionnel, des outils comme OSO-AI, Resmonics, Colibri, Smart Speed, ADVANCE Chest CT et Aview LCS+ optimisent le diagnostic et la surveillance. Enfin, Kantify et AlphaMissens ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques et de détection génétique dans la prise en charge des maladies respiratoires chroniques.

    Chiffre clé : 3 produits CE utilisant l’IA pour la prise en charge des maladies respiratoires chroniques.

    👉 H&TI dresse pour vous le panorama des solutions ici.

  • « La fragmentation des approches actuelles, traitant chaque pathologie de manière isolée, est obsolète » (Antoine Magnan, hôpital Foch)

    Les pathologies chroniques des bronches (en particulier la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’asthme) concernent près de 10 % de la population selon Santé publique France et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et sont en constante augmentation. Pour y faire face, l’Hôpital Foch a créé un centre unique en France et en Europe, la Clinique Universitaire des Bronches (CUB). Ce centre vise à proposer pour ces pathologies une prise en charge intégrée, alliant soins, recherche et enseignement. Le Pr Antoine Magnan, Pneumologue, Chef de service de l’Hôpital Foch, Professeur UVSQ Paris Saclay, Chercheur INRAe nous décrit les enjeux relevés par la clinique, et la place de l’IA dans ces travaux.

    L’IA : un outil au service du patient et des professionnels, mis en place à la CUB à partir de partenariats stratégiques

    Le dépistage et le diagnostic :

    Concernant le dépistage, un changement majeur de paradigme est attendu : la mise en place du dépistage du cancer du poumon chez les patients fumeurs à l’aide du scanner faible dose va également dépister de nombreux patients atteints de BPCO (70% des patients atteints de BPCO ignorent leur maladie). Les professionnels de santé vont devoir faire face à cet afflux de patients, et l’utilisation de l’IA pour aider à l’interprétation des scanners dans ce contexte est clé. L’imagerie a très tôt utilisé l’IA pour aider à l’interprétation, avec en imagerie pulmonaire des outils de détection de nodules. On commence à voir apparaitre des outils dédiés aux pathologies bronchiques.

    Mais l’innovation va plus loin, et l’utilisation de l’IRM 3D permet une « spirométrie », soit l’analyse de la fonction respiratoire en respiration spontanée. La CUB travaille sur ce sujet dans le cadre d’un partenariat avec Le laboratoire d’Imagerie biomédicale multimodale Paris Saclay (BioMaps). Cette imagerie est précise et territorialisée, et permet de mettre en évidence des zones d’hypoventilation périphériques en rapport avec l’asthme, la BPCO ou l’emphysème. L’hôpital Foch et Biomaps sont partenaires d’un projet européen (V|LF-Spiro3D) sur cette imagerie dans le suivi des greffes pulmonaires.

    Prise en charge des patients

    La CUB envisage la mise en place de solutions de télésurveillance des patients BPCO ventilés à domicile. Certaines de ces solutions utilisent l’IA pour prédire les exacerbations en fonction de l’analyse de données de suivi et permettent de prédire les exacerbations aiguës de BPCO avant l’hospitalisation.

    Recherche : IA et médecine prédictive

    · Recherche de biomarqueurs prédictifs. En partenariat avec l’équipe HeKa de l’INSERM et INRIA la CUB a le projet de modéliser les trajectoires de patients porteurs de pathologies bronchiques chroniques pour mettre en évidence les points communs entre ces patients, et valider les traitements potentiels sur les cibles identifiées et non plus sur des critères de classification classiques. Ainsi, les biothérapies utilisées dans l’asthme, sont potentiellement intéressantes pour des patients BPCO, en fonction par exemple de la présence d’une inflammation éosinophilique dite T2. L’IA va permettre de réaliser un clustering des patients pour modéliser et prédire.

    · Partenariat avec Lifen. Lifen permet la diffusion des compte-rendus, et met ainsi à disposition des chercheurs les données d’un grand nombre de patients (objectif 10 000 patients fin 2025) pour « faire tourner » l’IA sur ces données. La cohorte CUB Trajectory a été ainsi mise en place pour mieux comprendre et lutter contre l’asthme et la BPCO ; elle a pour objectif d’évaluer la réponse aux traitements existants, d’identifier les facteurs de risque associés et d’optimiser les parcours de soins. Actuellement, la cohorte est mise en place à Foch, mais l’objectif est d’associer d’autres sites à ce projet.

    · Jumeaux numériques : un partenariat avec Botdesign vise à générer des cohortes de patients artificiels pour faciliter et accélérer les projets de recherche pour lesquels le nombre de patients est insuffisant pour conclure.

    Ainsi, Le Pr Antoine Magnan explique : “La fragmentation des approches actuelles, traitant chaque pathologie de manière isolée, est obsolète. Avec la Clinique Universitaire des Bronches, nous construisons un modèle global qui met à disposition des patients toutes les innovations diagnostiques et thérapeutiques existantes ».

  • 15 solutions d’IA pour les maladies respiratoire chroniques

    Télésurveillance, inhalateur connecté, stéthoscope intelligent, données visuelles ou sonores, géré par le patient ou par les soignants, Health&Tech Intelligence analyse pour vous l’écosystème des solutions d’IA utilisées pour le diagnostic, le traitement ou la surveillance des maladies respiratoires chroniques.

    7 solutions à destination du patient

    Les maladies chroniques peuvent amener le patient à être un acteur particulièrement pro-actif dans la gestion de sa santé, c’est pourquoi certaines solutions sont manipulées essentiellement par le malade. Dans cette catégorie on retrouve 2 chabots, 2 outils de mesures ponctuelles de la respiration et 3 solutions de télésurveillance.

    Les solutions laissant le plus d’autonime au patient sont les chatbots. Vik Asthme et Vik BPCO sont deux applications développées par la société Wefight et programmés pour répondre aux questions et accompagner les patients dans la gestion de leur maladie. Toujours en termes d’autonomie viennent ensuite les outils de mesures ponctuel à usage patient. Ils visent à analyser la respiration, Caducy donne la fréquence respiratoire à l’aide d’une simple vidéo et StethoMe analyse les sons de la respiration du patient via un dispositif portable et fait lui même l’analyse des caractéritiques de la respiration et des problèmes éventuels. Enfin les solutions de télésurveillance, elles sont au nombre de 3 : Mucopilot d’Ad Scientam qui permet aux personnes souffrant de mucoviscidose de prendre des mesures avec leur smartphone puis de les transmettre à aux équipes soignantes. Bora Care de Biosency, un bracelet qui mesure la fréquence respiratoire, le taux de saturation en oxygène dans le sang ainsi que la fréquence cardiaque. Ces données sont ensuite combinées avec les informations cliniques du patient et les données satellitaires de qualité de l’air. La compilation de ces données, permet d’identifier les biomarqueurs d’une dégradation de l’état du patient. Et les inhalateurs intelligents de Findair qui collecte les datas sur leur utilisation permettant aux médecins et aux patients d’évaluer le suivi du traitement via une plateforme partagée.

    6 gérées par le personnel médical

    Si le caractère chronique de ces maladies respiratoires amène à une implication du patient, il reste des examens entièrement supervisés par le médecins. C’est particulièrement le cas pour les solutions de diagnostic et les solutions utilisées en hôpital.

    Pour l’hôpital, OSO-AI utilise l’analyse automatisée des sons respiratoires pour détecter précocement la détresse respiratoire, facilitant ainsi la surveillance des patients vulnérables en établissements ou à domicile, et Resmonics analyse la toux nocturne et le respect des normes d’hygiène. Colibri, à destination d’un médecin hospitalier ou non, utilise le machine Learning pour prédire des événements cliniques et soutenir la décision médicale.

    Pour le diagnostic Smart Speed  de Philips améliore la résolution des images médicales grâce au deep learning ADVANCE Chest CT de contextflow offre un diagnostic assisté par imagerie, avec détection et quantification automatisées des anomalies pulmonaires, et Aview LCS+ de Coreline Soft permet, à partir d’un seul scanner thoracique, de diagnostiquer trois pathologies majeures : cancer du poumon, BPCO et calcifications coronariennes.

    1 solution en Drug discovery et 1solution en analyse génomique

    Ces solutions d’IA de Kantify et de google deepmind ne sont pas dédiées aux maladies respiratoires chroniques mais elles peuvent cependant intervenir dans la prise en charge de ces dernières : Le logiciel de Kantify, entraîné  sur 150 000 molécules a permis d’identifier , une combinaison moléculaire potentiellement intéressante dans le traitement de la mucoviscidose et AlphaMissens, développé par Google DeepMind, attribue à chaque mutation une probabilité d’être à l’origine d’une maladie, comme, entre autres, la mucoviscidose . De nombreux algorithmes de découvertes de médicaments ou d’analyse génomique peuvent potentiellement intervenir dans la prise en charge des maladies respiratoires chroniques.

    Cartographie des solutions d’IA pour les maladies respiratoires chroniques disponibles en France @HTI
  • Santé au travail : entre obligations légales, attentes salariales et innovations numériques

    L’article L4121-1 du Code du travail établit clairement la responsabilité légale de l’employeur concernant la santé physique de ses collaborateurs, lui imposant une obligation de résultat qui l’engage à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur protection. En plus des questions légales et éthiques, la santé au travail est aussi une question économique : on estime le coût direct et indirect des problèmes de santé professionnels entre 830 et 1656 millions d’euros annuellement et le taux de retour sur investissement de 2,5 à 4,8 euros pour chaque euro investi dans des solutions de santé au travail. Malgré cela et l’émergence de solutions numériques seules 24 % des entreprises disposent d’un budget dédié à la santé au travail, loin des attentes des salariés pour qui le bien-être constitue un critère décisif dans le choix de leur employeur. Dans ce contexte, la prévention, l’accompagnement psychologique et l’investissement dans la qualité de vie au travail apparaissent plus que jamais comme des leviers essentiels pour répondre à la fois à un impératif de société et à la compétitivité des organisations.

    📌 24 % des entreprises disposent d’un budget dédié à la santé au travail

    La santé au travail en France affiche des indicateurs préoccupants : le taux d’accidents du travail mortels atteint 3,5 pour 100 000 actifs, soit le double de la moyenne européenne, et le pays recense 3 425 accidents non mortels pour 100 000 actifs. En 2021, près de 646 000 accidents du travail ont été enregistrés, touchant particulièrement le bâtiment, la santé, les services à la personne et l’industrie, avec un taux record de 95,5 accidents pour 1 000 salariés dans l’aide à domicile. Les maladies professionnelles ont doublé en vingt ans, dont 88 % sont des troubles musculo-squelettiques (TMS), représentant plus de 41 900 cas reconnus en 2023, en hausse de 9,5 %. Sur le plan psychologique, 41 % des salariés se déclarent en détresse et 34 % en situation de burn-out, tandis que l’absentéisme a bondi de 41 % en cinq ans pour atteindre un coût annuel estimé à 100 milliards d’euros, soit 4,7 % du PIB. Malgré une prise de conscience croissante, seules 24 % des entreprises disposent d’un budget dédié à la santé au travail, alors que 81 % des salariés considèrent le bien-être comme un critère clé pour choisir leur employeur. Ces chiffres soulignent l’urgence de renforcer la prévention, l’accompagnement psychologique et l’investissement dans la qualité de vie au travail pour répondre à un enjeu de société et de compétitivité.

    Chiffre clé : Les maladies professionnelles ont doublé en vingt ans, 88 % d’entre elles sont des troubles musculo-squelettiques (TMS)

    👉 H&TI présente la situation de la santé au travail en France en 2025 ici.

    📌 Santé au travail : les interventions numériques améliorent le bien-être mais manquent de preuves sur la durée

    Selon une revue systématique internationale publiée en 2024, les interventions numériques en santé au travail – telles que les applications mobiles, plateformes web et dispositifs de réalité virtuelle – apportent des bénéfices notables sur la santé mentale, la motivation et la réduction de la sédentarité des salariés. L’analyse de 17 études menées entre 2017 et 2024, couvrant plusieurs pays et secteurs, montre par exemple que des outils comme WorkGuru (thérapie cognitive digitale) ou Welbot (application d’activité physique) ont permis d’améliorer l’humeur et d’augmenter significativement le temps passé debout au travail. Toutefois, l’impact à long terme reste peu documenté, avec une forte hétérogénéité des mesures et un manque de données économiques robustes. Les dispositifs les plus efficaces sont ceux intégrés aux outils quotidiens et personnalisés selon les besoins des salariés, mais la majorité des études repose sur des données auto-déclarées et ne dépasse pas un an de suivi, soulignant la nécessité d’évaluations standardisées et de preuves tangibles pour convaincre les décideurs.

    Chiffre clé : Les études indiquent une efficacité des solutions numériques pour la santé au travail, mais se base sur des étude d’un an ou moins et reposent sur des données auto-déclarées.

    👉 H&TI analyse pour vous la revue de la littérature sur le santé numérique au travail ici.

    📌🗺️QVCT et santé au travail : les assureurs accélèrent la prévention, l’accompagnement psychologique et la digitalisation

    Depuis 2022, les mutuelles, assureurs et groupes de protection sociale multiplient les offres pour améliorer la santé au travail et la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT), ciblant aussi bien salariés, dirigeants de PME/TPE, indépendants et artisans. Parmi les dispositifs phares, Harmonie Mutuelle a déployé « La santé gagne l’entreprise », combinant kits méthodologiques, ateliers pratiques et plateforme téléphonique, tandis que Malakoff Humanis propose des « Kits Enjeux RH », des formations en ligne et des animations santé en entreprise. AG2R La Mondiale a lancé « Branchez-vous Santé » incluant un pré-diagnostic en ligne et des parcours de dépistage, et MGEN a formé plus de 100 équipes hospitalières à la prévention des risques psychosociaux et des TMS. Les innovations vont de la caméra intelligente Matvisio pour prévenir les troubles musculo-squelettiques à l’application Generali Vitality, qui récompense les salariés adoptant de meilleures habitudes de vie. Le soutien psychologique s’intensifie : plus de 65 % des salariées souhaitent un accompagnement en cas de difficulté, et les lignes d’écoute psychologique, applications de gestion du stress ou formations aux premiers secours en santé mentale sont désormais intégrées aux garanties collectives. Enfin, l’accompagnement des dirigeants et travailleurs non-salariés se structure avec des lignes d’écoute dédiées, des bilans médico-psycho-sociaux et des programmes de prévention du burn-out, alors que la digitalisation des outils de prévention (plateformes, applications, e-learning, analyse de données RH) s’impose comme un levier clé pour anticiper les risques et personnaliser les actions de QVCT

    👉 H&TI analyse pour vous les outils numérique de santé au travail déployés par les mutuelles ici.

    📌🗺️Santé au travail : le numérique transforme la prévention et redéfinit les rôles de tous les acteurs

    Le numérique bouleverse la santé au travail en France tandis que les cas de burn-out et de dépression continuent d’augmenter. Grâce à l’intelligence artificielle, aux capteurs connectés et à la télémédecine, tous les acteurs – employeurs, médecins du travail, infirmiers, CSE, SPST et salariés – voient leurs missions évoluer vers une prévention plus personnalisée, prédictive et interactive. Les plateformes de suivi, les outils de data visualisation et les applications mobiles permettent désormais de détecter précocement les signaux faibles, d’accompagner en temps réel les salariés et de piloter finement les plans de prévention. Cette transformation s’accompagne d’une vigilance accrue sur la protection des données, condition essentielle pour maintenir la confiance et garantir une santé au travail éthique et efficace.

    👉 H&TI analyse pour vous les impacts de la numérisation de la santé au travail sur chacun des acteurs ici.

    📌🗺️91 % des solutions numériques ciblent la santé mentale et les troubles musculo-squelettiques

    En 2025, le marché français de la santé au travail compte 23 solutions numériques dédiées, dont 12 (soit plus de la moitié) visent la santé mentale des salariés, et 9 (près de 40 %) la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS), principales causes de maladies professionnelles en France. Seules deux solutions s’adressent à la promotion de l’activité physique ou à la santé globale. Les outils, qu’ils soient administrés par l’employeur, le salarié ou en co-gestion, intègrent des fonctionnalités variées : questionnaires anonymes, consultations à distance, analyse d’image, programmes d’exercices ou encore ateliers de prévention. La solution Alan Mind, portée par la plus importante levée de fonds du secteur en 2024 (172 millions d’euros), illustre le dynamisme de ce marché en pleine structuration, où la personnalisation des parcours et la sécurisation des données (certifications ISO 27001 et 27701) deviennent des standards. Ces chiffres témoignent d’une forte concentration de l’innovation sur les enjeux psychiques et physiques du travail, en réponse directe aux obligations légales des employeurs et à l’impact économique du mal-être et des TMS dans les organisations.

    Chiffre clé : Il existe 23 applications dédiées à la santé au travail.

    👉 H&TI dresse pour vous le panorama complet des solution numérique pour la santé au travail ici.

    @H&TI – Visuel de synthèse Santé numérique et santé au travail

  • 23 solutions numériques dédiées à la santé au travail

    L’employeur a juridiquement un devoir de résultat quant à la santé de ses employés, de plus la mauvaise santé des employés peut représenter un coût important pour les entreprises. Cette situation favorise le développement de solutions numériques spécifiquement dédiées à la santé au travail. Pour des raisons liées à la nature du travail en France en 2025 la très grande majorité des solutions concernent soit les troubles psychiques, soit les troubles musco-squelettiques (TMS). Certaines de ces solutions sont administrées par l’employeur, d’autres sont destinées individuellement aux salariés.

    4 applications pour la santé mentale gérées par l’employeur

    Les solutions administrées par l’employeur reposent généralement sur des questionnaires anonymes à destination des salariés, des outils de reporting et des tableaux de bord. C’est notamment le cas de Cegid Wittyfit et Personnify Health.

    Il existe aussi une solution qui ne concerne pas la santé des salariés car elle s’intéresse avant tout à la santé psychique des chefs d’entreprises. Amarok e-santé est un outil numérique gratuit développé par le Service de Prévention et de Santé en Milieu de Travail du  Interentreprises du Tarn en partenariat avec l’Observatoire Amarok, une association s’intéressant à la santé des travailleurs non salariés. Cet outil permet aux dirigeants d’évaluer facilement leur état de santé entrepreneuriale en fonction des événements satisfaisants ou stressants rencontrés dans leur vie professionnelle.

    4 applications dédiées à la santé mentale gérées par le salarié.

    Les applications administrées uniquement par le salarié offrent toutes des rendez-vous avec des professionnels de la santé psychique, des questionnaires d’auto-évaluation personnels et des ressources textuelles ou vidéos sur les thématiques de la santé au travail. Certaines solutions comme Moka.Care et Teale intègrent également des ateliers et des formations dans le domaine de la santé psychique.

    4 applications en co-gestion employeurs/employés.

    Il existe également des solutions administrées autant par l’employé que l’employeur, les données anonymisées récoltées servent à identifier les besoins et d’organiser des ateliers de prévention sur mesure. A cela peut s’ajouter des contenus pédagogiques, des exercices issus des thérapies comportementales et cognitives, des consultations de psychologues pris en charge comme c’est le cas pour Alan Mind, la solution de l’assurance santé digitale Alan à l’origine de la plus grosse levée de fonds de l’année 2024 avec 172 millions d’euros.

    9 solutions destinées à la prévention des TMS

    Les solutions numériques de prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) au travail peuvent être regroupées selon 4 grands axes : celles intégrant des consultations, celles dédiées à une profession spécifique, celles proposant uniquement des exercices et celles reposant sur l’analyse d’image.

    Solutions avec consultations
    Certaines plateformes proposent un accompagnement personnalisé incluant des consultations à distance : Axomove offre un parcours digital avec bilan initial, téléconsultations avec des kinésithérapeutes et des programmes d’exercices vidéo personnalisés, permettant de réduire les douleurs et d’améliorer la santé physique des salariés. Kaia Health, de son côté, combine exercices physiques, relaxation, analyse des mouvements et propose un accompagnement par des coachs santé, pour une prise en charge globale et interactive.

    Solutions dédiées à une profession
    D’autres outils ciblent des secteurs professionnels spécifiques afin d’adapter la prévention aux contraintes du métier : Mouv’s Agri est spécialement conçu pour les travailleurs agricoles, proposant des routines d’échauffement et d’étirement adaptées à leurs gestes et postures, dans le but de limiter l’apparition des TMS liés aux activités physiques intenses du secteur.

    Solutions d’analyse d’image
    Enfin, certaines solutions se distinguent par leur recours à l’analyse d’image pour évaluer les risques et optimiser la prévention : LEA (Logiciel Ergonomique d’Analyse) utilise l’intelligence artificielle pour analyser les postures au travail à partir d’images, comparer les profils posturaux aux normes biomécaniques et identifier les points à améliorer. Nawo Solution, quant à elle, propose une évaluation des risques de TMS à partir de vidéos, génère des rapports détaillés et met à disposition une plateforme de formation en ligne pour aider les entreprises à cibler et réduire les facteurs de risque liés à l’activité professionnelle.

    Solutions uniquement avec exercices

    Certaines solutions misent exclusivement sur la pratique d’exercices physiques pour prévenir les troubles musculosquelettiques. 100 Office Workouts propose une large sélection d’exercices faciles à réaliser au bureau, afin de lutter contre la sédentarité et les tensions musculaires. Activ’Dos, développée par l’assurance maladie, offre des exercices personnalisés et des vidéos pédagogiques pour prévenir et soulager les douleurs lombaires, favorisant ainsi une meilleure santé du dos au travail. Ces outils, simples et accessibles, permettent aux salariés d’intégrer facilement l’activité physique à leur journée de travail.

    1 solution globale

    Padoa centralise le suivi médical, la convocation, la gestion des effectifs et la prévention des risques sur une unique plateforme accessible aux employeurs, salariés et services de santé au travail. Elle vise à faciliter la planification des visites, la collecte et la sécurisation des données, tout en offrant des outils de diagnostic et de suivi adaptés à la réglementation. La sécurité et la confidentialité des données sont au cœur de la solution, avec des certifications ISO 27001 et 27701, garantissant la conformité aux normes les plus strictes en matière de protection des données personnelles

    1 solutions dédiée au sport

    PaceUP! souhaite encourager l’activité physique des salariés de manière ludique  via un système de compétition entre collaborateurs.

    @H&TI
  • Les pharmacies à usage interne particulièrement perméable au développement de l’IA?

    Chiffres clés de la pharmacie hospitalière en France

    On compte en France plus de 2 500 pharmacies à usage intérieur, elles sont notamment responsables de :

    • la gestion des stocks des médicaments ;
    • leur préparation ;
    • leur dispensation ;
    • ainsi que leur distribution sécurisée aux différents services de leur établissement.

    Les PUI sont également chargées de mener des actions de pharmacie clinique ou de promotion du bon usage des produits de santé et concourir à la pharmacovigilance et à la matériovigilance.

    La gestion des ruptures d’approvisionnement trop chronophage :

    Selon une étude réalisée en 2023 par la branche “médecine, chirurgie et obstétrique” de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-MCO) auprès de 181 PUI, 55 % d’entre elles consacrent plus de 20 % de leur temps pharmacien à traiter les ruptures d’approvisionnement. De plus, parmi les PUI interrogées, 35 % des absences de pharmaciens prévues dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient (ETP) ne sont pas couvertes et 27 % ne le sont que partiellement.

    Pour toutes ces raisons, la question de la digitalisation des PUI est légitimement posée. Une telle évolution pourrait permettre de rendre plus efficiente la gestion de ces structures mais aussi d’optimiser le temps consacré par les pharmaciens et les préparateurs à des tâches répétitives et pouvant être automatisées.

    Rupture d'approvisonnement par région et par établissements - @ FHP-MCO
    Rupture d’approvisionnement par région et par établissements – @ FHP-MCO

    50% des événements indésirables graves sont dus à des erreurs médicamenteuses.

    Au cours des dernières décennies, la digitalisation des PUI a pris de l’ampleur et s’est particulièrement intensifiée avec l’avènement de technologies efficaces et adaptées au domaine de la santé. Bien que le numérique en santé ait fait l’objet d’une production littéraire importante, la problématique de la digitalisation du circuit du médicament est quant à elle moins traitée. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un enjeu capital qui pourrait sauver la vie de milliers de patients en France et dans le monde. Il convient donc de faire ressortir les principaux enjeux relatifs à cette question :

    • concernant la sécurité des patients, en France, près de la moitié des événements indésirables graves (EIG) liés aux médicaments sont évitables, soit entre 30 000 et 45 000 EIG chaque année, et la moitié de ces EIG sont dus à des erreurs médicamenteuses. Le mauvais usage des médicaments serait à l’origine de plus de 10 000 décès par an, ce qui pose la question de la fiabilité du circuit du médicament. Selon plusieurs spécialistes, ces erreurs surviennent principalement aux étapes de transition du parcours de soins du patient (entrée et sortie de l’établissement, transferts interservices).
    • concernant l’optimisation des processus de gestion des médicaments, qu’il s’agisse de de gaspillage de stocks, de coûts RH liés à une mauvaise mise à disposition des personnels de soins ou encore d’hospitalisations inutiles, tous ces écarts ont des conséquences aussi bien sur le budget de la sécurité sociale que sur celui des établissements de santé. Les erreurs liées aux médicaments représenteraient 42 milliards de dollars à l’échelle mondiale selon l’OMS et en France, 1,5 % des hospitalisations sont dues à des erreurs médicamenteuses ;
    • concernant la gestion des données et des dossiers médicaux, les pharmacies hospitalières sont chargées de gérer une grande quantité de données sur les médicaments, les patients et les prescriptions. Cela inclut les détails sur les médicaments, tels que les dosages et les interactions, ainsi que les dossiers des patients avec leurs antécédents médicaux et les schémas de traitement.

    Le numérique comme palliatif aux carences des PUI

    La digitalisation et l’automatisation de la pharmacie hospitalière seraient dès lors le moyen de palier aux carences observées :

    • La numérisation du circuit du médicament permettrait d’administrer le bon médicament avec le bon dosage et au bon moment et ainsi de réduire de 50 % les erreurs médicamenteuses.
    • L’automatisation permettrait d’optimiser la gestion des stocks et permettrait ainsi une réduction de 20 à 50% du taux de doses manqués et une réduction de 11 % des dépenses en médicament.
    • L’automatisation des PUI serait un moyen de faire gagner aux équipes de pharmacie plusieurs heures de travail par semaine. Du temps qui pourrait être réinvesti à d’autres tâches notamment dans le suivi du patient.

    Il est également important de souligner que ces pharmacies disposent de produits pharmaceutiques onéreux qui suscitent un engouement particulier pour le milieu du banditisme. Ainsi, une gestion automatisée des stocks permettrait d’éviter les vols :

    • à la pharmacie des hôpitaux franciliens c’est près de 2 millions d’euros de médicaments qui ont été volés en début d’année. Il s’agissait en l’occurrence de l’anticancéreux Keytruda vendu 2,400 le flacon de 4ml ;
    • en 2022, le tribunal de Vannes avait également condamné 3 préparateurs de commandes de l’Hopital de Vannes. Ces derniers avaient volés pour plusieurs milliers d’euros de comprimés entre 2015 et 2018.

    Enfin, notons que le passage progressif vers une médecine personnalisée pour une population vieillissante et bien souvent multipathologique confronte les pharmaciens à la gestion de cas de plus en plus en plus complexe.

    Des formations sur l’IA pour les pharmaciens

    La nécessité de former des professionnels de santé sur les enjeux spécifiques de l’IA a fait émerger plusieurs offres de formation en France, notamment deux diplômes universitaires (DU) et une formation non diplômante :

     

  • Entretien : « Les pharmacies n’ont pas suffisamment de pharmaciens aujourd’hui pour valider 500 ordonnances par jour.» (Brigitte Bonan, Hôpital Foch)

    Pour approfondir son étude sur l’intelligence artificielle en pharmacie hospitalière, les équipes de Care Insight se sont entretenues directement avec les professionnels du secteur afin d’appréhender concrètement les défis organisationnels, humains, réglementaires et technologiques, tout en illustrant par de nombreux exemples les réalités du terrain.

    La validation des prescriptions : un enjeu central et complexe

    Le Contrat d’Amélioration de la Qualité et de l’Efficience des Soins (CAQES), qui lie les établissements de santé à leur ARS fixe comme objectif de valider 100% des prescriptions. Or un hôpital comme celui de Foch avec des services de pointe dédiés à la mucoviscidose, à l’urologie,  ou aux greffes peut être confronté à un volume très élevé de prescription. Brigitte Bonan pharmacienne à Foch résume la problématique ainsi « Les pharmacies n’ont pas suffisamment de pharmaciens aujourd’hui pour valider ou revalider tous les jours jusqu’à 500 ordonnances » (Brigitte Bonan). Face à l’impossibilité d’embaucher massivement — « quel est l’hôpital aujourd’hui… qui embaucherait 20 pharmaciens pour faire de la validation uniquement ? » — l’établissement a donc logiquement misé sur la création de règles expertes intégrées dans un logiciel, permettant de hiérarchiser les priorités en termes de patients à risques, de molécules et de contre-indications. Elodie Bambina a elle aussi évoqué premièrement la question de la validation, particulièrement lors des week ends et des gardes, mais elle identifie d’autres utilisations de l’IA, mais elle a aussi deux autres utilisations de l’IA au sein de l‘hôpital Edouard-Toulouse : la conciliation médicamenteuse entre les ordonnances de médecine de ville et les prescriptions hospitalières, un enjeu particulièrement important les phases de changement ou rupture dans les prises en charge – comme les passages ville/hôpital – qui ont été identifiées comme à haut risques par l’OMS. Et la prise de notes dans les entretiens patients/pharmacien.

    Ces technologies permettent aux pharmaciens hospitaliers de gagner du temps tout en garantissant la qualité des actes médicaux.

    Un fort intérêt des internes

    L’introduction de l’intelligence artificielle et des outils numériques dans le circuit du médicament suscite un véritable engouement auprès des jeunes professionnels. Certains internes choisissent même de prolonger leur expérience pour continuer à travailler sur ces projets : « On a une interne qui est restée un semestre de plus pour continuer sur Pharmia»(Brigittte Bonan). Toutefois, cette attractivité se heurte au manque de formations dédiées à l’utilisation de ces outils qui freine l’adoption de ces nouveaux outils.

    Le rôle de l’expertise des pharmaciens

    Comme mentionné précédemment, si l’IA sélectionne les cas à risque l’expertise du pharmacien reste mobilisée pour élaborer, affiner et valider des règles de priorisation et de sécurité dans les logiciels (par exemple, déterminer quels patients ou molécules sont prioritaires, quelles contre-indications doivent être surveillées). Ces règles sont le fruit d’une expérience clinique approfondie et d’une connaissance fine des risques spécifiques à chaque situation. Egalement l’élaboration de base de données commune de règles expertes nécessite une collaboration inter établissements et une veille constante sur l’évolution des pratiques et des risques. Brigitte Bonan résume la situation ainsi : «L’IA va plutôt demander une montée en compétence du pharmacien pour garder la supervision de ce qui se passe et pouvoir analyser les incidents.»

    La traçabilité : sécurisation et innovation technologique

    La traçabilité des médicaments et des dispositifs médicaux constitue un axe majeur de sécurisation du circuit du médicament. À Foch un système permettant de retrouver l’identité autant du préparateur que du prescripteur a été mis en place. Cela permet d’assurer une compatibilité entre le bracelet du patient, la prescription et le contenu de la chimiothérapie, limitant les risques d’erreur. L’établissement réfléchit déjà à des évolutions, envisageant l’apport de l’intelligence artificielle pour aller plus loin dans la sécurisation et l’automatisation de la traçabilité. La traçabilité s’étend également à la gestion logistique, avec un suivi informatisé des commandes et des ruptures de stock, enjeu crucial à l’heure des tensions d’approvisionnement.

    Doctolib : un levier d’organisation et de fluidification du parcours patient

    L’intégration de Doctolib pour la gestion des rendez-vous de rétrocession (la dispensation de médicament par une pharmacie à usage intérieur (PUI) d’un établissement de santé à des patients non hospitalisés, aussi appelés patients ambulatoires) marque une évolution organisationnelle majeure. L’application Doctolib permet de prioriser les patients inscrits, d’optimiser les plages de rendez-vous et de mieux répartir les ressources humaines. Ce changement d’organisation, bien qu’il ait nécessité un important travail d’explication auprès du personnel et des patients a permis de fluidifier la gestion des ordonnances, des renouvellements et des sorties, en particulier pour des pathologies lourdes comme la cancérologie ou la greffe.

  • 1er trimestre : des levées de fonds en baisse malgré l’IA

    Au T1 2025, les levées de fonds dans la healthtech française chutent de 36 % à 98,8 M€, avec deux start-up, Bioptimus (36 M€) et Robeauté (27 M€), concentrant près des deux tiers des montants. Le secteur drug discovery tire son épingle du jeu, représentant plus de 42 % des fonds, tandis que l’IA s’impose dans la majorité des levées. Malgré quelques signaux positifs, la dynamique globale reste en net recul, avec seulement trois entreprises dépassant 10 M€ contre six l’an dernier. Cette contraction s’accompagne d’une vague de faillites emblématiques et d’une polarisation accrue des financements autour des plus gros acteurs.

    📌“Healthtech : les levées de fonds chutent de 36 % au T1 2025 malgré le dynamisme de la biotech et de l’IA”

    Au premier trimestre 2025, les levées de fonds des start-up françaises de la healthtech ont reculé à 98,8 millions d’euros, soit une baisse de 36 % par rapport à la même période en 2024 (161,2 millions) et de 46 % par rapport à 2023 (182,6 millions). Deux start-up concentrent à elles seules près des deux tiers des montants levés : Bioptimus, qui a réalisé une série A record de 36 millions d’euros, et Robeauté, avec 27 millions. Le secteur de la drug discovery affiche une forte progression, totalisant 41 millions d’euros ce trimestre, alors qu’il n’avait levé que 15,5 millions sur toute l’année 2023. L’IA s’impose comme un moteur d’innovation, intégrée dans 11 des 15 levées du trimestre. Malgré ces signaux positifs, la tendance générale reste à la contraction, le T1 2025 étant le deuxième plus faible des onze derniers trimestres, confirmant un ralentissement structurel des financements dans la healthtech.

    Chiffre clé : La drug discovery représente à elle seule plus de 42% des levées de fonds au T1 2025.

    👉L’analyse détaillée des montants des levée de fonds du trimestre par secteurs, technologies est à retrouvé ici.

    📌“Bioptimus signe la plus grosse levée de fonds du T1 2025, mais la French Tech santé peine à dépasser les 10 millions d’euros”

    Au premier trimestre 2025, Bioptimus s’est démarquée avec une levée de fonds record de 36 millions d’euros, devançant largement les autres acteurs du numérique en santé, dont seule Robeauté a également franchi la barre des 10 millions d’euros levés avec 27 millions. Cette concentration des financements est marquante, puisque ces deux opérations représentent à elles seules 63 des 98,8 millions d’euros collectés sur la période. Le ticket moyen atteint ainsi 9,04 millions d’euros, en légère hausse par rapport à 2024, mais la dynamique globale reste en retrait : seules trois entreprises ont levé plus de 10 millions d’euros, contre six au T1 2024. Fait notable, aucune levée n’est inférieure à 1,2 million d’euros cette année, alors que deux opérations étaient sous le million au T1 2024, illustrant une polarisation croissante du financement autour des plus grosses start-up du secteur.

    Chiffre clé : 2 entreprises sur les 15 concernées représentent près des 2 tiers des montants

    👉Le panorama complet des levées de fonds au premier trimestre est à retrouver ici

    📌“Faillites en série dans la biotech et essor de l’IA médicale : 2025, année de contrastes pour la santé innovante”

    Le début de l’année 2025 a été marqué par la liquidation de trois entreprises de biotechnologie et santé numérique : Flash Therapeutics, Egeiro Pharma et Butterfly Therapeutics, toutes victimes d’échecs de repositionnement stratégique ou de difficultés d’accès au financement, malgré des levées de fonds significatives par le passé, comme les 15 millions d’euros levés par Flash Therapeutics en 2021. À l’international, la pionnière américaine 23andMe s’est également déclarée en faillite après une chute de ses revenus et une fuite massive de données, mettant en lumière la fragilité du modèle économique du secteur. En parallèle, la medtech française Gleamer accélère sa croissance avec l’acquisition de Pixyl et Caerus Medical, visant désormais à couvrir 80 % des besoins en imagerie médicale, forte de plus de 35 millions de dossiers patients analysés chaque année dans 2 500 établissements et d’une présence dans 45 pays. Ces événements illustrent à la fois les risques structurels pesant sur les jeunes entreprises de la santé et le dynamisme des acteurs misant sur l’intelligence artificielle et l’innovation clinique.

    Chiffre clé : 3 faillites dans la santé numérique en 2025

    👉H&TI analyse pour vous les raisons de ces faillites ici.

    📌“T1 2021 : que sont devenues les pépites françaises du numérique en santé après un trimestre record de 309 M€ levés ?”

    Le premier trimestre 2021 a marqué un sommet historique pour les entreprises françaises du numérique en santé avec 308,9 millions d’euros levés, dont trois levées majeures supérieures à 30 millions d’euros : eCential Robotics (100 M€), Carmat (55,7 M€) et CorWave (35 M€), qui à elles seules ont concentré plus de la moitié des fonds collectés. Depuis, eCential Robotics a poursuivi son expansion internationale en obtenant plusieurs homologations FDA et en lançant la commercialisation de sa plateforme robotique aux États-Unis, tandis que CorWave a inauguré une usine à Clichy pour industrialiser sa pompe cardiaque et a porté sa série C à 61 M€. Carmat, après une suspension temporaire de ses implantations fin 2021, a franchi le cap des 100 patients équipés début 2025 et levé plus de 120 M€ pour soutenir sa production et ses essais cliniques. Parmi les autres acteurs, Volta Medical a levé 36 M€ en 2023 et obtenu des validations réglementaires majeures pour son IA d’aide à l’ablation cardiaque, Median Technologies vise la première mise sur le marché d’un logiciel IA pour le dépistage du cancer du poumon dès 2025, et AcuSurgical prépare une levée de 20 à 25 M€ pour industrialiser son robot chirurgical après une première étude clinique réussie. La dynamique se retrouve aussi chez Poppins (ex-Mila), qui a levé 8 M€ pour accélérer le déploiement de sa solution numérique pour enfants DYS, et chez Rhythm Diagnostic Systems, qui a obtenu le marquage CE pour son dispositif de télésurveillance MultiSense, désormais déployé à l’international. Ces trajectoires témoignent d’une forte capacité d’innovation, d’industrialisation et d’expansion à l’international, même si certains acteurs ont dû surmonter des turbulences industrielles ou renforcer leur financement pour poursuivre

    Chiffre clé : Les trois start-up ayant levées plus de 30 millions d’euros en 2021 continue à collecter des fonds.

    👉H&TI vous en dit plus sur les parcours des grosses levée de fonds de l’années 2021 ici

  • Q1 2025 : les entreprises ont levé 36 % d’argent en moins qu’au début de l’année 2024

    41 millions d’euros levés par les start-up françaises de drug discovery

    Les 5 millions levés par la start-up lyonnaise Netri, spécialisée dans les organes sur puce pour prédire l’effet d’un candidat médicament, s’ajoutent aux 36 millions de Bioptimus, portant le total à 41 millions pour ce secteur. Le secteur est en très forte dynamique : il avait déjà levé 45 millions d’euros le trimestre précédent, avec les 36 millions d’Aquemia et les 9 millions de Deeplife. Ce n’est pourtant pas habituellement un secteur très sollicité, avec par exemple seulement 15,5 millions levés en 2023 dans ce domaine.

    Sur le plan des technologies, on remarque que seulement 4 des 15 entreprises ayant levé des fonds durant les 3 premiers mois de 2025 n’utilisent pas de technologie d’IA. Cependant, il est important de préciser que cela ne signifie pas que l’intégralité du caractère innovant des autres solutions provient de l’IA. Ce n’est par exemple pas le cas pour Robeauté ou Netri, pour lesquels l’IA n’est qu’une composante de la solution apportée.

    Une baisse du total de 36% de la somme des montants sur un an.

    Alors que le premier trimestre était, en 2021, 2022, 2023 et 2024, supérieur aux deux qui les avaient précédés, celui de 2025 est le deuxième plus bas parmi les 11 derniers. Cela permet de déduire que la faiblesse des montants ne provient pas de la période de l’année, mais reflète une réelle tendance baissière des levées de fonds dans le domaine de la healthtech. Le graphique commence au T3 2022, car la période allant du T2 2021 au T3 2022 n’est pas représentative des tendances habituelles du secteur.

    60% du montant total levées par 2 start-up : Bioptimus et Robeauté.

    Sur les 98,8 millions d’euros levés, 64 millions, soit 65 %, l’ont été par deux start-up : Bioptimus et Robeauté.

    En février 2024, Bioptimus avait déjà annoncé une première levée de fonds de 35 millions de dollars. La jeune start-up Bioptimus vise à concevoir un outil global de compréhension de la biologie en combinant des données de différentes échelles, de la molécule jusqu’à l’organisme entier, afin d’obtenir une simulation complète des interactions possibles. L’annonce, en janvier 2025, d’une nouvelle levée de 41 millions de dollars porte donc le total à 76 millions de dollars collectés en moins d’un an. Parmi les investisseurs, on compte Cathay Innovation (États-Unis), Sofinnova Partners (Paris, Milan, Londres), Bpifrance, Andera Partners (France), Boom Capital Ventures (USA), Pommier Capital et Felix Capital (Royaume-Uni). Deux business angels accompagnent également Bioptimus : Emmanuel Cassimatis, en charge de la data, de l’IA et des investissements software chez SAP, et Thomas Wolf, cofondateur d’Hugging Face.

    La start-up française Robeauté a annoncé avoir bouclé une série A de 27 millions d’euros en janvier 2025. Robeauté développe des micro-robots implantables dans le cerveau. Ces robots peuvent remplir diverses missions, comme l’implantation d’électrodes, la délivrance de molécules, des biopsies ou de la télésurveillance. La levée de fonds, orchestrée par Plural, Cherry Ventures et Kindred Ventures, a réuni également des investisseurs de premier plan comme LocalGlobe, Think.Health, APEX Ventures et Brainlab. Ce capital permettra à l’entreprise de débuter ses essais cliniques d’ici 2026 et de préparer son implantation sur le marché américain.

    La medtech française Carmat, conceptrice du cœur artificiel total Aeson®, a réalisé en janvier 2025 une levée de fonds de 9,7 millions d’euros. L’opération a été structurée autour d’une émission d’actions nouvelles au prix de 0,77 euro par action, soit une décote de 29 % par rapport au cours de clôture précédent. Cette levée a réuni 8,6 millions d’euros souscrits par des investisseurs spécialisés et 1,1 million d’euros par des investisseurs particuliers via la plateforme PrimaryBid.

    Cette opération vise la poursuite du développement commercial en Europe et l’étude clinique EFICAS en France. Grâce à ce financement, Carmat sécurise sa trésorerie jusqu’à mi-mai 2025, mais la société estime avoir encore besoin de 30 à 35 millions d’euros supplémentaires pour couvrir ses besoins sur les 12 prochains mois. Elle continue donc d’explorer activement d’autres options de financement auprès de différents acteurs financiers.

  • Himss 2025, les Etats-Unis une source d’inspiration pour la transition numérique en Europe?

    La transformation numérique en santé, portée par des technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’interopérabilité et la cybersécurité, constitue une opportunité stratégique pour les systèmes de santé. Cependant, son déploiement soulève des défis majeurs : gouvernance, intégration dans les flux de travail et acceptabilité par les professionnels. Les expériences observées aux États-Unis, notamment lors du congrès HIMSS 2025 et des visites à UCLA Health et Cedars-Sinai, offrent des enseignements précieux pour accélérer la transition numérique en France.

    📌 HIMSS 2025 : L’IA en santé, entre opportunités stratégiques et défis opérationnels

    Le congrès HIMSS 2025 à Las Vegas a rassemblé des experts internationaux pour explorer comment l’intelligence artificielle (IA) peut transformer les systèmes de santé. Cette immersion stratégique a révélé des avancées concrètes, comme l’utilisation de l’IA pour automatiser des tâches complexes et améliorer la qualité des soins, tout en mettant en lumière les défis liés à la gouvernance, à l’interopérabilité des données et à la cybersécurité. Plus d’un tiers des établissements de santé américains ont subi une cyberattaque en un an, soulignant l’urgence de stratégies nationales adaptées. En France, l’intégration de l’IA reste freinée par l’hétérogénéité des dossiers patients informatisés (DPI) et le besoin de ressources humaines formées. Les échanges ont confirmé que la clé du succès réside dans une gouvernance éthique et une mise en œuvre centrée sur les besoins concrets des soignants et des patients.

    Chiffre clé : 1/3 des hôpitaux américains ont subi une cyber-attaque l’année passé

    👉 H&TI vous livre le compte-rendu de la table ronde de retour de la learning expedition ici.

    📌 HIMSS, l’organisme internationale spécialisée en transition numérique en santé.

    Fondée en 1961, HIMSS est une organisation mondiale à but non lucratif dédiée à la transformation numérique des systèmes de santé, avec une présence dans plus de 100 pays et plus de 120 000 membres. Elle a évalué plus de 8 000 hôpitaux à travers ses modèles de maturité, notamment l’EMRAM et l’AMAM, qui intègrent des technologies avancées comme l’intelligence artificielle. HIMSS propose également des certifications professionnelles reconnues et organise des événements internationaux majeurs, dont la conférence HIMSS Europe prévue à Paris en juin 2025.

    Chiffre clé : 8000 hôpitaux évalués par les modèles de maturité de HIMSS.

    👉 H&TI vous dresse une description détaillé de cette organisme centrale de la transition numérique en santé ici.

    📌 Accélérer la santé numérique : 5 leçons venues de UCLA Health

    L’immersion au sein de UCLA Health met en lumière un modèle avancé de santé numérique, où l’intelligence artificielle, les outils connectés et l’analyse de données redéfinissent les pratiques hospitalières. Avec plus de 300 programmes numériques actifs, UCLA optimise le parcours patient grâce à des innovations comme le centre de commandement en temps réel, qui gère les flux hospitaliers malgré une capacité dépassant régulièrement 100 %. Cependant, moins de 15 % des médecins utilisent l’IA pour rédiger des messages, soulignant la nécessité d’une intégration adaptée et d’une gouvernance rigoureuse. Le programme MOVERS illustre une autonomie data-driven dans chaque service clinique, soutenue par une formation intensive à la littératie des données. Ce modèle californien, fondé sur une vision stratégique et une mise en œuvre agile, offre des enseignements précieux pour adapter la transformation numérique en France.

    Chiffre clé : 300 programmes numériques différents actifs à l’hôpital d’UCLA.

    👉 H&TI vous emmène découvrir les dispositifs numériques à l’UCLA Health ici.

    📌 Cedars-Sinai : L’hôpital plateforme qui redéfinit l’innovation clinique et technologique

    La visite immersive au sein de Cedars-Sinai a révélé un modèle pionnier d’hôpital plateforme, où excellence clinique et stratégie numérique se conjuguent pour transformer les soins. Avec son assistant IA interne, CSGPT, utilisé par plus de 600 professionnels, et ses scribes numériques développés avec la startup française Nabla, Cedars-Sinai réduit significativement le temps de documentation à domicile tout en augmentant la satisfaction des cliniciens. Les projets pilotes en soins infirmiers augmentés, comme le virtual nursing et le virtual sitting, améliorent la prévention des chutes et des escarres tout en diminuant les heures de surveillance humaine. Par ailleurs, son venture studio intégré, Tech Ventures, a permis la création de solutions innovantes telles que Prometheus, rachetée pour 10,8 milliards USD. Enfin, son accélérateur mondial accueille chaque année des startups santé pour les intégrer dans son écosystème. Ce modèle californien, qui s’ouvre à l’international notamment via des collaborations européennes, pourrait inspirer les futurs CHU numériques français.

    Chiffre clé : 600 professionnelles utilisent la solution d’IA interne au Cedars-Sinai.

    👉 H&TI vous livre son retour d’expérience de la visite du Cedars-Sinai ici.

    📌 Prescription médicale par IA : Vers une révolution réglementaire aux États-Unis

    Le projet de loi fédéral Healthy Technology Act of 2025 pourrait autoriser certaines intelligences artificielles à prescrire des médicaments, sous réserve d’une approbation par la FDA et d’un encadrement par les lois des États. Cette initiative suscite des débats intenses sur les performances, les enjeux éthiques et les risques juridiques liés à l’autonomie des IA. Si des outils comme Posos ou Synapse Medicine montrent déjà leur efficacité en tant qu’aides à la prescription sous supervision médicale, une IA totalement autonome soulève des questions complexes. Par ailleurs, les États-Unis renforcent leur cadre réglementaire pour limiter les biais algorithmiques et garantir la transparence, notamment via des lois pionnières en Californie et en Utah. Ces mesures insistent sur la supervision humaine et la traçabilité, tandis qu’en France, le principe de “garantie humaine” reste central dans les réflexions éthiques sur l’IA en santé. Avec 35 textes législatifs en cours, cette évolution pourrait transformer radicalement le rôle de l’IA dans les soins médicaux.

    Chiffre clé : 35 textes législatifs en cours aux Etats-Unis

    👉 H&TI dresse un aperçu un aperçu des évolutions réglementaires en cours ici.

    📌 HIMSS 2025 : L’innovation numérique en santé face aux défis de l’impact et de la sécurité

    Lors de HIMSS 2025, plus de 1 000 exposants et des milliers de professionnels se sont réunis pour discuter des défis et opportunités liés à l’innovation numérique en santé. L’intelligence artificielle, désormais omniprésente, est évaluée sur son impact concret, comme la réduction du temps de documentation grâce à DAX Copilot ou l’aide au diagnostic via Epic. Près de 20 % des failles de cybersécurité dans les hôpitaux proviennent de terminaux mobiles, soulignant l’urgence d’implémenter des solutions comme le Unified Endpoint Management (UEM). L’interopérabilité reste un enjeu majeur, avec des efforts autour des standards FHIR et TEFCA pour fluidifier les échanges de données. Enfin, l’évolution des attentes des patients, où un sur quatre est prêt à changer de prestataire faute de rendez-vous rapide, pousse les systèmes à intégrer des outils numériques mieux adaptés. HIMSS 2025 marque un tournant vers une innovation centrée sur la résolution des problèmes réels plutôt que sur la simple sophistication technologique.

    Chiffre clé : 20 % des failles de cybersécurité dans les hôpitaux proviennent de terminaux mobiles

    👉 H&TI analyse les grandes annonces de cette édition 2025 de Himss ici.

    📌 Santé numérique : Cris Ross appelle à une convergence transatlantique des modèles

    Lors du congrès HIMSS 2025, Cris Ross a souligné les différences fondamentales entre les systèmes de santé américains et européens, tout en plaidant pour une convergence des meilleures pratiques. Aux États-Unis, les dépenses de santé par habitant atteignent 12 474 USD, soit plus du double de la moyenne européenne (5 381 USD), sans garantir une meilleure qualité ou un accès optimisé. Cette inflation est liée aux prix élevés des soins et des médicaments ainsi qu’à une fragmentation causée par l’assurance privée. Cris Ross a également mis en avant le potentiel de l’IA générative comme catalyseur de transformation, tout en avertissant que son déploiement sans gouvernance pourrait aggraver les inégalités d’accès. Il propose des initiatives communes, notamment sur l’interopérabilité et la cybersécurité, pour tirer parti des forces respectives : la vitesse et le financement côté américain, et le cadre éthique et réglementaire côté européen.

    Chiffre clé : Les dépenses de santé aux Etats-Unis par habitant sont 2 fois plus élevées qu’en Europe.

    👉 H&TI vous restitue l’intervention de Cris Ross ancien CEO de la Mayo Clinic ici.

    📌 Quatre start-ups françaises à l’honneur 

    Lors du salon HIMSS 2025, quatre start-ups françaises – Incepto, Rebrain, Enchanted Tools et Tribun Health – ont mis en avant leur expertise en santé numérique sur le pavillon “Choose France”, coordonné par Care Insight. Ces entreprises illustrent la diversité technologique française, allant de l’intelligence artificielle en imagerie médicale à la robotique humanoïde. Incepto prévoit de lever 35 millions d’euros pour renforcer sa présence aux États-Unis avec une équipe locale de 40 personnes. Rebrain, après avoir obtenu le marquage FDA, prépare une étude clinique américaine pour sa plateforme d’aide à la neurochirurgie. Enchanted Tools, déjà adopté par des cliniques américaines, vise une levée de fonds supérieure à ses précédents 15 millions d’euros. Tribun Health, leader européen de l’anatomopathologie digitale, envisage une nouvelle levée équivalente à 15 millions d’euros pour consolider son implantation nord-américaine. Ces chiffres témoignent de l’ambition internationale et de l’innovation portée par ces acteurs français.

    Chiffre clé : 35 millions de levée de fonds visé par Incepto en 2025

    👉 H&TI vous présente les 4 start-ups françaises présentent à Himss ici

    📌 HIMSS Europe 2025 : Paris au cœur de la transformation numérique de la santé européenne

    Du 10 au 12 juin 2025, Paris accueillera pour la première fois le HIMSS European Health Conference and Exhibition, un événement majeur réunissant plus de 4 000 participants et 150 intervenants internationaux. Cette édition mettra en lumière des thématiques clés telles que l’intelligence artificielle responsable, la cybersécurité hospitalière, et la transition écologique du numérique en santé. Avec des délégations institutionnelles et privées venues de toute l’Europe, le sommet s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée autour du futur Espace européen des données de santé. L’espace “France – Europe Crossing”, animé par Care Insight, offrira des opportunités uniques de networking stratégique et de partenariats internationaux pour accélérer l’innovation en santé numérique.

    Chiffre clé : Plus de 4000 participants pour l’édition 2025 de Himss Europe.

    👉 H&TI vous parle plus en détail de cet événement majeur ici.