alexandre

  • Nvidia, des cartes graphiques à la santé numérique

    Nvidia deuxième plus grosse entreprises mondiale et acteur majeur de la santé numérique

    Nvidia, deuxième entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, est surtout connue pour son expertise en cartes graphiques. L’entreprise est également très active dans la santé numérique. Deux domaines, l’imagerie médicale et la simulation des dynamiques moléculaires, demandent de grandes capacités de calcul, spécialité de Nvidia, d’où la volonté de s’impliquer dans le domaine de la santé.

    Les 3 piliers de la stratégie de Nvidia 

    Actuellement 3 projets de Nvidia dans la santé numérique se distinguent particulièrement : 

    Nvidia Inception

    Nvidia Inception est un programme gratuit conçu pour aider les startups à grandir plus rapidement. Le programme donne notamment accès aux avantages suivants :  Des cours gratuits du Nvdia deep learning institute, des crédits cloud gratuits, la participation à des évènements spéciaux ainsi que des relations facilitées avec des investisseurs. Près de 20 000 start-up participent à ce programme, dont 25 % dans la santé.

    MONAI 

    MONAI (Medical Open Network for Artificial Intelligence), cofondée par NVIDIA et le King’s College de Londres, est un ensemble de cadres collaboratifs open-source et gratuits. Son objectif est d’accélérer la recherche et la collaboration clinique. 

    Monai est composé de 3 outils, MONAI Label, qui permet de faciliter l’annotation d’image grâce à l’IA, et d’entrainer un modèle d’IA grâce aux interactions des utilisateurs. MONAI CORE, une bibliothèque logicielle conçue pour aider les chercheurs et les développeurs à créer et entraîner des modèles d’intelligence artificielle (IA). Par exemple un outil pour modifier une image pour la rendre plus adaptée avant de les utiliser dans un modèle d’IA. MONAI Deploy qui a pour but d’aider à passer des recherches en IA médicale (souvent réalisées en laboratoire) à une utilisation concrète dans des hôpitaux ou des cliniques. Cela inclut tout le processus, depuis la conception des applications d’IA jusqu’à leur déploiement dans un environnement clinique réel. 

    La plateforme a 5 ans et a enregistré plus de 3,5 millions de téléchargements, 220 contributeurs du monde entier, des mentions dans plus de 3 000 publications, et est utilisé dans des produits cliniques. 

    Parmi les entreprises utilisant MONAI il y a notamment Siemens Healthineers dont les solution d’imagerie Syngo Carbon et syngo.via  comptent 15 000 dispositifs installés, le Centre allemand de recherche sur le cancer (German Cancer Research Center) qui développe des indicateurs pour mesurer la performance de l’intelligence artificielle ainsi que des conseils d’utilisation, ou encore GSK pour la segmentation d’image (division d’images médicales en différentes zones ou structures, facilitant ainsi l’analyse) 

    Clara™

    Clara est une suite de services logiciels conçue pour faciliter l’implémentation de solutions d’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. De très nombreuses entreprises dans différents secteurs de la santé numérique collabore avec Nvidia et utilise ses logiciels. Ci-joint une infographie de l’écosystème Clara. 

    @Nvidia Clara

    Dans cette infographie Nvidia a classé ses activités dans la santé numérique en 5 catégories principales : imagerie médicale, dispositif médicaux (partie software des dispositifs médicaux), découverte de médicament, génomique, edge computing et capteurs. Elle a ensuite positionné les entreprises dans les catégories correspondantes, en fonction de leur utilisation des outils Clara™. 

    Pour chacune des catégories mentionnées il existe plusieurs “microservices”. Par exemple en découverte de médicaments il en existe une dizaine : Genmol qui permet de générer informatiquement des molécules à partir de fragments synthétisables, AlphaFold-3 Multimer qui prédit la structure 3D de deux protéines se liant l’une à l’autre, AlphaFold 2 qui prédit la structure 3D d’une protéine à partir de sa séquence d’acides aminés, DiffDock qui prédit la structure 3D de liaison d’une molécule à une protéine…etc. 

    On notera la présence d’Iktos dans l’infographie de Nvidia, une start-up française travaillant sur le développement de nouveaux traitements à l’aide de l’IA. 

     

    Nvidia développe également des outils graphiques pour les bots conversationnels, des modèles d’intégration de LLM, et de la compréhension de texte avec l’entreprise française Mistral AI. 

  • Téléconsultation, rééducation, DPI : retour sur six faillites dans la santé numérique en 2024

    H4D : un modèle économique fragile

    La faillite la plus médiatisée de l’année 2024 est sûrement celle de l’entreprise de téléconsultation H4D. Créée en 2008 par le docteur Franck Baudino, elle avait été la première, à l’échelle européenne, à commercialiser une cabine de télémédecine permettant de dialoguer à distance avec un médecin et de réaliser certains examens médicaux. Fin septembre, les 150 cabines de téléconsultation gérées par l’entreprise sont devenues inutilisables, mettant dans l’embarras certains patients et partenaires. En cause : un modèle économique basé sur la rémunération d’une structure externe de médecins, entraînant des pertes croissantes, les revenus des consultations ne couvrant pas les coûts. Paradoxalement, l’explosion des téléconsultations due à la Covid-19 et leur remboursement par la Sécurité sociale ont eu un impact plus négatif que positif pour la société. H4D était une entreprise concentrée sur la partie matériel de la télémédecine, le prix d’une cabine avoisinait les 100 000 euros. La faillite de H4D ne signifie en rien la faillite globale du domaine de la télémédecine, pour preuve l’entreprise de téléconsultation Medadom, qui emploie des médecins et propose la location de cabine ou de bornes, enregistre plus de 200 000 actes par an selon le décompte de l’assurance maladie, soit 15% de la totalité des téléconsultations, 95% de ses dispositifs sont installés dans des pharmacies. 

    Anam’note dépose le bilan, freinée par des blocages réglementaires

    Anam’note, créateur d’un dossier patient informatisé (DPI) s’appuyant sur des technologies d’IA et de modèles de langage (LLM), a fait faillite cette année. Son fondateur, Charles-Antoine Robert, a évoqué la difficulté posée par le délai d’attribution du marquage “CE” et les obstacles à la commercialisation de la solution, qui ont freiné les tentatives de levée de fonds nécessaires à la pérennisation de l’entreprise.

    LNA Santé reprend les actifs de Smart Macadam et relance l’application de rééducation Stand’hop

    Une partie des actifs de la start-up nantaise Smart Macadam, mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes, a été rachetée par LNA Santé, un groupe spécialisé dans la gestion de maisons de santé. Rebaptisée Stand’hop, la solution, en phase de test depuis l’été 2024, devait entrer en phase d’études cliniques dans les mois suivants au CHU de Nantes et d’Angers. Cependant, Smart Macadam n’a pas réussi à convaincre ses investisseurs de poursuivre le financement. Selon un communiqué de LNA Santé, le groupe reprend désormais le projet et intègre deux salariés de la start-up dans cette nouvelle phase. Le projet de Smart Macadam avait mobilisé un consortium incluant le Gérontopôle des Pays de la Loire, LNA Santé, les CHU de Nantes et d’Angers et la BPI.

    Dispositif médical : Myotact dépose le bilan malgré 545 000 euros de financements

    Myotact, fondée en 2022 après trois ans de recherche au sein de l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine (Incia), a également cessé ses activités en 2024. La société avait développé un prototype de bracelet connecté destiné à aider à la rééducation des membres supérieurs après un AVC ou une amputation. Malgré des financements conséquents – 100 000 euros du fonds néerlandais NLC Health, une subvention régionale de 70 000 euros, 375 000 euros via le concours i-Lab et des prêts garantis par Bpifrance – l’entreprise a déposé le bilan en janvier 2024. Le développement du dispositif a pris plus de temps que prévu. À souligner également : un manque d’appétit des investisseurs pour les projets en phase de démarrage, particulièrement dans le secteur des dispositifs médicaux. Ce secteur, soumis à une réglementation européenne plus stricte et à des coûts de production en hausse, est devenu encore plus difficile à financer.

    Sadigh Group ferme : fin d’une ambition de digitalisation du médico-social

    Début octobre 2024, c’est la société Sadigh Group SAS et ses filiales Gridbear, Itio et Quantoom qui mettent la clé sous la porte. Sadigh Group avait développé quatre domaines d’activité, le conseil, la formation, le hardware et le digital, convaincu de l’importance de digitaliser et d’optimiser l’organisation des acteurs du médico-social.

    Pharmasimple : un modèle de financement ambigu

    En 2020, Pharmasimple était entrée en bourse avec un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros, porté par la période Covid, au point d’intéresser le groupe Intermarché qui avait préparé une offre de rachat à hauteur de 39 millions d’euros en 2021. Pour des raisons inconnues, Intermarché est revenu sur sa décision. Alors que Pharmasimple préparait sa vente, l’entreprise n’a plus cherché activement de nouveaux financements, entraînant des problèmes de trésorerie. Elle s’est alors tournée vers Alpha Blue Ocean (ABO) pour un financement structuré en obligations convertibles. Toutefois, selon Michaël Willems, fondateur de Pharmasimple, ce modèle de financement a provoqué une dilution massive et une chute drastique du cours de l’action. D’après lui, ABO aurait utilisé les actions en garantie pour générer du cash, exerçant ainsi une pression sur le cours de l’action. Par ailleurs, Pharmasimple a dû renoncer à son projet de transformation stratégique (achat de pharmacies physiques) en raison de l’absence de financements suffisants.