alexandre

  • Au CHU de Nancy, la puissance publique au secours des hôpitaux pour le financement de l’IA

    Lors de la conférence “L’IA au service de l’efficience à l’hôpital : des cas d’usage avec de l’impact“, du 21 mai à SantExpo, plusieurs intervenants ont échangé sur les bénéfices de l’IA Parmi les intervenants figuraient Nasser Amani, Directeur des Services Numériques du Territoire et de l’Ingenierie biomédicale chez Les Hôpitaux Nord-Ouest, Louisse Beyssant travaillant pour Lifen, Jean Christophe Calvo, Chef du Département territorial de la Transformation Numérique et de l’Ingénierie Biomédicale, Olivier Croissant directeur adjoint chez Pulsy, et Dorothée Moisy-Gouarin directrice adjoint chez ELSAN.

    L’IA, une réponse au déficit hospitalier de 1 milliard en 2024

    Les hôpitaux français font face à une crise financière majeure, avec un déficit de 1 milliard d’euros pour les CHU en 2024 et un quart des hôpitaux privés en déficit. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) émerge comme une solution. Elle n’est plus un simple espoir, mais une réalité déjà intégrée dans certains établissements par exemple l’IA, combinée à des outils comme le RPA (Robotic Process Automation), booste l’efficacité des processus. Cependant, la digitalisation est indispensable pour son déploiement car les IA ont besoin de données structurées et accessibles. Les solutions d’IA en location facilitent les expérimentations. Les hôpitaux peuvent ainsi tester sans investir massivement. L’objectif : réduire les coûts tout en améliorant les soins.

    95 % d’appels évités grâce à Ambulys et à la digitalisation

    Des outils comme Ambulys permettent d’éviter 95 % des appels de suivi post-hospitalisation. Cela libère du temps pour les soignants. De même, Lyfen digitalise les comptes rendus, économisant ainsi papier et heures de travail. La digitalisation est un prérequis pour exploiter pleinement l’IA. Chez Elsan, un comité de pilotage teste des solutions adaptées aux besoins du terrain. Si les résultats sont concluants, elles sont déployées à grande échelle. Dans les Hôpitaux du Nord-Ouest, l’IA soutient la logistique via des drones, ces derniers transportent des prélèvements biologiques entre établissements. Le passage à l’échelle reste un défi, les solutions doivent s’appliquer partout, y compris hors des CHU, pour inclure les médecins libéraux limités à une vingtaine de patients par jour.

    L’IA augmente l’humain, sans le remplacer

    L’IA ne remplace pas les soignants, elle les augmente. D’une part l’IA manque d’intuition et de capacité à contextualiser la souffrance d’autre part les professionnels de santé restent décisionnaires Leur rôle est de se concentrer sur le soin et de vérifier les conclusions du système expert, tandis que l’IA gère les tâches répétitives. L’éthique et l’arbitrage humain demeurent irremplaçables. L’innovation managériale est aussi nécessaire pour intégrer ces technologies, par exemple les infirmières, filtrent les appels pour prioriser les urgences, L’IA soutient ce tri, mais ne décide pas.

    30 000 euros pour un GPU : le défi du financement de l’IA

    Le financement de l’IA pose un défi majeur. Un GPU, essentiel pour faire fonctionner ces technologies, coûte 30 000 euros, un investissement lourd pour un hôpital, sans compter les problématiques énergétiques et de sécurité des données. Le CHU de Nancy a construit son propre datacenter pour garantir sa souveraineté numérique, le projet a été soutenu par la région Grand Est sans quoi le projet n’aurait pas pu être réaliser. Les hôpitaux doivent se tourner vers des financements extérieurs pour trouver les fonds nécessaires à leur politique d’innovation, cela peut-être les régions comme dans le cas du CHU de Nancy mais aussi le ministère de la santé ou les ARS. 

  • Maroc : réforme et investissement pour la digitalisation au service de l’intégration territoriale

    Le Maroc se lance dans une réforme d’envergure de son système de santé, avec pour objectif de surmonter les importantes disparités économiques territoriales. Portée par une volonté politique affirmée, cette transformation s’appuie sur des structures comme la Haute Autorité de la Santé et les Groupements Sanitaires Territoriaux, et des investissements importants comme le Plan Santé 2025. Cet article explore les enjeux, les progrès et les défis de cette mutation, de la gouvernance à la cybersécurité, en passant par l’innovation technologique.

    📌 Maroc : une réforme ambitieuse du système de santé face aux inégalités territoriales

    Le Maroc s’engage dans une réforme majeure de son système de santé, porté par une volonté politique forte et des structures comme la Haute Autorité de la Santé et les Groupements Sanitaires Territoriaux pour réduire les inégalités territoriales. Les dépenses de santé représentent 6 % du PIB, mais 66,1 % proviennent des ménages, tandis que le reste à charge reste élevé malgré l’Assurance Maladie Obligatoire (70-90 % de remboursement). Avec seulement 0,68 médecin pour 1 000 habitants, loin des normes de l’OMS, et une forte concentration des professionnels dans les zones urbaines, les déserts médicaux persistent. Cependant, des progrès notables sont enregistrés, comme la réduction de la mortalité maternelle (-78,1 %) et infantile (-65 %).

    👉 H&TI décrit le contexte de la santé au Maroc ici.

    📌 Santé numérique au Maroc : entre avancées législatives et défis persistants de cybersécurité

    Depuis la Loi 09-08 de 2009 encadrant la protection des données personnelles, jusqu’à la récente Loi 06-22 imposant la sécurité et l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers, le Maroc a posé les bases légales de la santé numérique. La Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données (CNDP) joue un rôle clé dans la sensibilisation et la conformité, avec des sanctions pouvant atteindre 2 ans de prison et 300 000 dirhams d’amende. Malgré ces avancées, l’absence de standards techniques précis expose les établissements à des risques majeurs de cybersécurité, tandis que l’interopérabilité reste difficile à mettre en œuvre. L’adoption de normes internationales et un cadre légal renforcé sont indispensables pour sécuriser la digitalisation croissante du secteur.

    👉 H&TI dresse l’évolution de réglementaire de la santé numérique au Maroc ici

    📌 Maroc : 150 millions d’euros et 125 mesures pour digitaliser 80 hôpitaux d’ici 2027

    Le Maroc accélère la modernisation de son système de santé avec le Plan Santé 2025, qui regroupe 125 mesures et un budget de 150 millions d’euros pour digitaliser 80 hôpitaux publics d’ici 2027 via le programme e-Himaya, déjà actif dans une trentaine d’établissements. La santé numérique, renforcée par une convention multisectorielle, vise à pallier les inégalités d’accès et à gérer l’augmentation des assurés, passés de 7,5 à 23,2 millions sous la CNSS. Des outils comme le Dossier Médical Partagé et la Feuille de Soins Électronique favorisent l’interopérabilité et réduisent les coûts. Malgré des défis comme la pénurie de personnel (1,51 agents pour 1 000 habitants), le royaume mise sur la télémédecine et la gouvernance des données pour généraliser la couverture sanitaire.

    👉 H&TI détaille la stratégie nationale du Maroc pour la santé numérique ici.

    📌Orange, Cegedim et 6 autres entreprises françaises pour numériser le système de santé Marocain.

    Huit entreprises françaises du numérique en santé, dont Orange, Cegedim et Numih France (anciennement MipihSIB), s’implantent au Maroc pour moderniser le système de soins. Orange, via DabaDoc, domine la prise de rendez-vous en ligne, tandis que Cegedim emploie 400 collaborateurs à Rabat pour le développement logiciel. Hopimedical soutient la télémédecine en zones rurales et Numih France collabore avec la Fondation Mohammed VI pour des systèmes hospitaliers interconnectés. Ces initiatives, appuyées par des stratégies nationales comme Maroc Digital 2020, visent à réduire les inégalités d’accès aux soins.

    👉 H&TI analyse l’implémentation des entreprises françaises de santé numérique au Maroc ici.

    Visuel de synthèse de l’étude santé numérique au Maroc @HTI
  • De la loi 09-08 à la cybersécurité : Le parcours de la santé numérique marocaine

    La réglementation de la santé numérique au Maroc repose principalement sur la Loi n°09-08, promulguée en 2009, qui encadre la protection des données personnelles, y compris les données de santé. Ces dernières, considérées comme sensibles, bénéficient d’une protection renforcée en raison de leur lien avec la vie privée, un droit garanti par l’article 24 de la Constitution marocaine. Selon cette loi, le traitement des données de santé nécessite le consentement explicite, libre et informé de la personne concernée, sauf dans des cas spécifiques comme la médecine préventive ou la gestion des soins. De plus, une autorisation préalable de la Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP) est généralement requise, bien qu’une simple déclaration suffise pour les professionnels de santé soumis au secret professionnel. La loi impose également des obligations d’information claire sur les finalités du traitement et les droits des patients, comme l’accès et la rectification des données. Les sanctions pour non-conformité sont sévères, avec des peines d’emprisonnement de 6 mois à 2 ans et des amendes de 50 000 à 300 000 dirhams (1 euros équivaut à environ 10 dirham). Ce cadre, bien que général, constitue la base de la protection des données dans le secteur de la santé numérique. Cependant, il manque de spécificités techniques pour les systèmes d’information hospitaliers (SIH), ce qui limite son efficacité face aux défis de la digitalisation.

    Évolution récente : la Loi 06-22

    Une avancée dans la réglementation de la santé numérique est marquée par la Loi n°06-22, qui introduit des dispositions spécifiques aux systèmes d’information hospitaliers (SIH). Son article 26 oblige les établissements de santé à disposer de SIH garantissant la confidentialité et la sécurité des données médicales des patients. L’article 27, quant à lui, met l’accent sur l’interopérabilité entre établissements pour faciliter le partage sécurisé des informations et assurer la continuité des soins. Bien que ces mesures représentent un progrès, elles restent trop générales et ne définissent pas de standards techniques précis ni d’obligations d’audit des systèmes. Cette lacune expose les infrastructures numériques de santé à des risques, notamment en termes de cybersécurité. Les experts suggèrent l’adoption de normes internationales comme l’ISO 27799 pour combler ces vides, en proposant des recommandations sur le chiffrement et le contrôle d’accès. La modernisation des infrastructures numériques est en cours, mais un cadre législatif plus contraignant est nécessaire pour garantir la protection des données. La CNDP continue de collaborer avec les acteurs de santé pour renforcer ces aspects.

    Rôle central de la CNDP : sensibilisation et conformité

    La Commission Nationale de Contrôle de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP) est un acteur incontournable dans la régulation de la santé numérique au Maroc. Elle organise des conférences et des activités de sensibilisation, comme celle tenue à Tanger en 2022, pour mettre en lumière les enjeux de la protection des données de santé dans un contexte de digitalisation croissante. La CNDP collabore avec divers acteurs, notamment le ministère de la Santé, les CHU et les ordres professionnels, pour élaborer des guides de conformité adaptés à chaque métier, comme celui destiné aux médecins dentistes du secteur privé. Ces guides visent à clarifier les responsabilités des professionnels dans la collecte, le stockage et l’échange des données personnelles. De plus, des partenariats, comme celui signé en 2024 avec la Société Marocaine des Sciences Médicales (SMSM), renforcent l’encadrement de la gestion des informations médicales. La CNDP impose également des mesures de sécurité strictes, telles que le contrôle d’accès et la prévention des intrusions non autorisées dans les systèmes de traitement des données sensibles. Ces initiatives visent à instaurer une culture de conformité et à protéger la confiance des citoyens face aux risques numériques.

    Défis persistants : cybersécurité et interopérabilité

    Malgré les efforts législatifs, la santé numérique au Maroc fait face à des défis majeurs, notamment en matière de cybersécurité et d’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers (SIH). Des solutions comme HOSIX, ENOVA ou DXCARE ont été déployées à l’échelle nationale, mais avec des disparités régionales et sans encadrement technique suffisant. L’absence de standards précis dans la Loi 09-08 et la Loi 06-22 fragilise la sécurité des données médicales, exposant les établissements à des cyberattaques et à des fuites d’informations. Les professionnels, tels que les médecins dentistes, doivent s’assurer que les logiciels utilisés sont sécurisés et que les données ne sont pas hébergées à l’étranger, une tâche complexe sans directives claires. L’interopérabilité, bien que mentionnée dans la Loi 06-22, reste difficile à mettre en œuvre sans protocoles uniformes. Les recommandations internationales, comme l’ISO 27799, pourraient pallier ces insuffisances en offrant des méthodologies pour la gestion des incidents et le chiffrement. Une réglementation plus robuste et des audits réguliers sont essentiels pour garantir la pérennité des services hospitaliers digitalisés et la confiance des patients.

    Perspectives : vers un équilibre entre innovation et protection

    L’avenir de la santé numérique au Maroc repose sur un équilibre délicat entre innovation technologique et protection des données des patients. La transformation numérique des établissements de santé progresse, mais les lacunes réglementaires actuelles freinent une mise en œuvre sécurisée et efficace. Les initiatives de la CNDP, comme l’élaboration de guides spécifiques et les partenariats avec les ordres professionnels, sont des pas dans la bonne direction. Cependant, l’adoption d’un cadre législatif complémentaire intégrant des standards internationaux reste cruciale pour répondre aux enjeux de cybersécurité. Les professionnels de santé, conscients de leurs responsabilités, demandent des outils pratiques pour se conformer aux exigences légales. Le renforcement du rôle des autorités de régulation, comme la CNDP, est également nécessaire pour assurer des audits réguliers et une conformité généralisée. Enfin, la sensibilisation des acteurs et des citoyens aux limites d’usage des données personnelles est un levier pour bâtir la confiance. Le Maroc est sur la voie d’une modernisation numérique en santé, mais des efforts supplémentaires sont indispensables pour garantir la sécurité et l’efficacité des systèmes.

  • Interopérabilité en santé : l’IA et le NLP au service des standards de demain

    L’interopérabilité, au cœur des préoccupations des systèmes d’information, repose sur la définition de modèles communs permettant aux différents systèmes de communiquer efficacement. L’association Interop’santé, a organisé une conférence sur les apports des modèles de langage (LLM) et de traitement du langage naturel (NLP) pour résoudre cette problématique. Health & Tech Intelligence vous en restitue ici les éléments clés.

    85% des données médicales manuscrites : un frein à l’interopérabilité

    Dans le secteur de la santé, un défi de taille entrave l’interopérabilité : 85% des informations médicales sont encore rédigées à la main par les médecins, rendant leur intégration dans des systèmes numériques particulièrement complexe. Cette situation génère des erreurs et des pertes de temps, freinant la standardisation des données. Pour y remédier, le NLP (Natural language processing) se positionne comme une solution prometteuse en permettant l’extraction automatisée de ces informations. Cependant, les erreurs générées par l’IA nécessitent une vérification humaine par les professionnels de santé. Une complémentarité entre le NLP, qui factualise les données, et les agents IA, qui les améliorent et les valident, émerge comme une approche clé pour surmonter ces obstacles et garantir une meilleure qualité des données.

    HL7 FHIR un standard permettant des ponts pour la recherche

    Le standard HL7 FHIR se distingue par sa capacité à exporter des données au format CSV, un atout majeur pour les applications de recherche médicale où l’accessibilité et la compatibilité des données sont essentielles. Ce standard illustre une philosophie fondée sur la création de ponts entre systèmes, un principe également défendu par des acteurs comme Lifen, qui facilite l’intégration de données externes aux hôpitaux et le partage d’informations médicales vers l’extérieur. En s’appuyant sur la méthodologie Siamese pour analyser les types de documents et en proposant des recommandations adaptées, Lifen contribue à harmoniser les formats et à fluidifier les échanges. Par ailleurs, des initiatives comme celles de Dedalus, avec des chatbots répondant aux questions des médecins à partir de dossiers patients informatisés (DPI) ou générant des comptes rendus, montrent comment l’IA peut concrètement soutenir les professionnels dans des cas d’usage variés.

    4 meet-ups NLP par an : l’ANS à la pointe de l’innovation

    L’Agence du Numérique en Santé (ANS) joue un triple rôle de régulateur, d’opérateur et de promoteur ce qui en faits un acteur central de l’interopérabilité en France. Parmi ses initiatives, l’organisation de quatre meet-ups annuels dédiés au NLP favorise le dialogue et le partage d’expériences entre experts et professionnels. Actuellement, l’ANS conduit une consultation publique pour recueillir les avis des parties prenantes sur un projet d’alignement des terminologies Orpha visant à standardiser les vocabulaires médicaux. Ces actions s’inscrivent dans une vision plus large où la qualité des données, qualifiées de “good data” selon les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable), est une condition sine qua non pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA. En parallèle, des expérimentations comme celles d’agents IA “agentiques”, capables d’interagir avec les systèmes pour suivre l’avancement des transformations, ouvrent de nouvelles perspectives pour une interopérabilité dynamique et proactive.

  • Trie des appels d’urgences et surveillance des chambres : Expérimentation et adoption

    Lors de la conférence intitulée “IA & organisation des soins : apports et perspectives”, qui s’est tenue le 20 mai dans le cadre de SantExpo, plusieurs experts ont partagé leurs points de vue sur l’impact de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé. Parmi les intervenants figuraient Florence Arnoux, déléguée FHF PACA, Sophie Lannuzel, aide-soignante de nuit à la Fondation Saint-Hélier de Rennes, David Morquin, directeur médical en charge de la gouvernance des données au CHU de Montpellier et Adrien Ricci, PDG de HIGHWIND. Ils ont échangé sur les apports des solutions d’IA qu’ils maitrisaient et les freins qu’ils ont du affronter.

    OSO-AI : une surveillance discrète pour les EHPAD

    La solution OSO-AI est déja utilisé dans plusieurs EHPAD et hôpitaux. Dans un établissement, où deux soignants géraient 80 patients avec plusieurs passages nocturnes de surveillance parfois perturbant pour les résidents, OSO-AI permet désormais de suivre à distance les activités des résidents et ainsi d’éviter de les réveiller inutilement la nuit. Une aide-soignante témoigne qu’elle ne pourrait plus s’en passer, notant une amélioration significative de la prise en charge. Elle témoigne également que sept soignants sur huit sont convaincus par l’outil, et que désormais les familles elles-mêmes demandent l’installation.

    Vision par ordinateur : optimiser les urgences au SAMU 13

    Une expérimentation novatrice au SAMU 13 illustre le potentiel de l’IA dans la gestion des urgences. Pour réduire les temps d’attente téléphonique au 15, un SMS invite l’appelant à envoyer une photo de son problème médical. Analysée en moins de 90 millisecondes grâce à la vision par ordinateur, l’image permet de hiérarchiser les priorités. Cette solution est particulièrement utile lorsque les urgences sont surchargées, notamment  lors d’événements graves comme des catastrophes naturelles ou des attentats. Cette technologie, entraînée dans un cadre militaire au Mali, démontre une adaptabilité remarquable à des contextes variés.

    Prévention et automatisation : des avancées à évaluer

    L’IA offre également des perspectives pour automatiser des tâches comme la génération de comptes rendus ou de formulaires Cerfa. Cependant, un défi persiste : le temps passé à vérifier les résultats de l’IA dépasse parfois celui nécessaire pour effectuer ces tâches manuellement, ce qui rend la solution inutile. L’évaluation de ce genre de cas est indispensable, sans cela réussir à obtenir les fonds nécessaire est très compliqué.

    Équité et shadow IT : des enjeux à relever

    Alors que les démonstrations de l’efficacité de l’IA se multiplient, la problématique de l’égalité d’accès aux soins devient centrale. Si une région est nettement plus dotée en solution performante qu’une autre cela pose des problèmes éthiques voir légaux. Or  le niveau d’investissement peut varier fortement d’un hôpital à l’autre en raison des écarts de soutiens financiers d’acteurs extérieurs ou de la politique d’innovation interne à l’hôpital. Autre problématique légale, face au manque de solutions officiellement déployées, certains médecins se tournent vers des outils comme Gemini ou ChatGPT, un phénomène appelé “shadow IT”. Cela soulève des problèmes juridiques de confidentialité, mais aussi médicales avec des questionnement sur la fiabilité des réponses et la formation des professionnels.

  • IA et efficience opérationnelle : évaluation des gains, concrétisation des usages et disparités sectorielles

    L’intelligence artificielle transforme l’hôpital en automatisant tâches administratives et logistique, générant jusqu’à 30 % d’économies et une meilleure gestion des ressources.
    Déjà déployée dans de nombreux établissements, elle optimise les flux, la planification et la qualité des soins, tout en accélérant la formation médicale via des solutions innovantes.
    Cette révolution s’accompagne de nouveaux métiers, de défis éthiques et d’une nécessaire adaptation managériale pour bâtir un hôpital plus performant et durable. H&TI analyse pour vous ces évolutions dans cette étude.

    📌 L’intelligence artificielle fait économiser jusqu’à 30 % des coûts administratif dans les hôpitaux : état des lieux et perspectives

    L’intelligence artificielle s’impose comme un levier clé d’efficience dans les hôpitaux, permettant d’automatiser les tâches administratives, d’optimiser la logistique et de renforcer la gestion des ressources, avec des économies allant jusqu’à 20 % sur certains postes et une réduction des coûts administratifs de 15 à 30 % dans les hôpitaux pilotes. Déjà déployée dans de nombreux établissements français, l’IA améliore la gestion des lits, la planification et la prise de décision, tout en facilitant le travail des soignants grâce à la génération automatique de comptes rendus et à l’assistance logistique par robots. Si la transformation est en marche, elle s’accompagne de nouveaux métiers et de défis de formation, alors que jusqu’à 27 % des postes hospitaliers pourraient évoluer sous l’effet de l’automatisation. L’IA devient ainsi un pilier stratégique pour la performance hospitalière, à condition d’être intégrée dans une démarche organisationnelle et humaine.

    👉 H&TI  dresse pour vous l’état des lieux des enjeux de l’utilisation de l’IA en efficience opérationnelle ici

    📌 Agent Hospital : le premier hôpital virtuel chinois piloté par l’IA forme 42 médecins numériques et traite 10 000 patients en quelques jours

    L’Agent Hospital de l’université Tsinghua à Pékin, premier hôpital virtuel entièrement piloté par l’IA, simule l’écosystème hospitalier avec 42 médecins IA couvrant 21 spécialités et capables de prendre en charge jusqu’à 10 000 patients en quelques jours, un rythme équivalent à deux ans d’expérience humaine. Grâce à la technologie MedAgent-Zero, ces agents auto-évolutifs atteignent 93 % de réussite sur le benchmark MedQA, dépassant les performances humaines en diagnostic, tout en s’entraînant sur des cohortes synthétiques pour lutter contre les biais. Ce dispositif révolutionne la formation médicale, accélère l’acquisition d’expertise clinique et promet de démocratiser l’accès aux soins, tout en posant de nouveaux défis éthiques et de traçabilité des décisions médicales.

    👉 H&TI vous en dit plus sur cet hôpital dirigé par l’IA ici.

    📌L’IA à l’hôpital : l’innovation managériale, clé de l’efficience et de la transformation durable

    À l’hôpital Adolphe de Rothschild, l’intelligence artificielle est déployée dans tous les secteurs, de la prise en charge médicale à la gestion énergétique, mais son impact dépend d’une stratégie managériale et médicale innovante. Les expérimentations menées, telles que l’automatisation des tâches, l’optimisation des parcours patients et l’amélioration de la performance énergétique, s’appuient sur une évaluation rigoureuse du retour sur investissement et sur le ciblage des projets à fort impact. Une task force dédiée, « automa-care », accélère l’automatisation, tandis que l’IA contribue à la fois à la sécurité des soins et à la durabilité des établissements. Pour maximiser les bénéfices, le pilotage humain et la créativité managériale restent essentiels afin d’intégrer l’IA dans une dynamique d’hôpital intelligent, durable et centré sur le patient.

    👉 H&TI vous partage l’expertise de directeur adjoint de l’hôpital Rothschild ici.

    📌Plannings hospitaliers : l’IA surclasse les méthodes classiques avec 4 des 5 meilleurs résultats lors du challenge Anap

    Lors du défi « Plannings : mettez l’IA au défi ! » organisé par l’Anap en mars 2025, 4 des 5 meilleurs plannings hospitaliers ont été réalisés grâce à des solutions d’intelligence artificielle, le meilleur obtenant un score de 95/100 contre 65/100 pour la meilleure méthode traditionnelle. Sur 20 cadres de santé participants, la moitié utilisait un tableur classique tandis que l’autre testait des outils IA comme Hopia, Probayes ou Swappy, démontrant un gain de temps et d’ergonomie pour les équipes. Toutefois, la performance dépend fortement de la maîtrise des outils par les utilisateurs, et l’Anap prévoit d’accompagner les établissements et les éditeurs pour renforcer la maturité et l’adoption de ces solutions. Ce succès illustre le potentiel de l’IA pour alléger la charge administrative des soignants et améliorer l’organisation hospitalière

    👉 H&TI revient sur ce challenge riche en enseignement ici.

    📌IA hospitalière : jusqu’à 40 % de gains de productivité, mais un manque de standards d’évaluation freine la validation de son efficacité

    La littérature scientifique montre que l’intelligence artificielle appliquée aux tâches non cliniques à l’hôpital pourrait générer jusqu’à 40 % de gains de productivité, alors que près de 50 % du temps médical est encore consacré à l’administratif. L’IA optimise la planification, la gestion des risques et la qualité des soins, comme l’a démontré l’utilisation de GPT-4 pour accélérer l’analyse FMEA. Cependant, l’absence de standards d’évaluation empêche de mesurer précisément l’impact économique et qualitatif de ces outils, et les études soulignent la nécessité d’impliquer davantage les professionnels de la qualité dans leur déploiement. Pour valider et généraliser ces bénéfices, il devient crucial de développer des référentiels et des indicateurs homogènes d’évaluation.

    👉 H&TI passe en revue la littérature existante sur l’IA au service de l’efficacité des hôpitaux dans les tâches non cliniques ici.

    📌🗺️82 % des usages de l’IA à l’hôpital optimisent flux, ressources et processus : vers une excellence opérationnelle mesurable

    82 % des 22 cas d’usage de l’IA recensés à l’hôpital ciblent l’optimisation des flux, des ressources et des processus, contre 18 % pour la gestion médico-économique et administrative. L’automatisation des tâches non cliniques, comme la génération de documents médicaux, l’accueil téléphonique, le codage et la facturation, réduit jusqu’à 30 à 50 % le temps administratif et permet de réallouer 30 % du temps des secrétaires à des tâches à plus forte valeur ajoutée. L’IA améliore aussi la planification des soins, la gestion des stocks et la prévision des hospitalisations, générant des économies logistiques majeures (plus de 20 millions de dollars sur trois ans pour la Cleveland Clinic) et une disponibilité accrue du personnel de 10 à 15 %. Ces avancées font de l’IA un levier stratégique pour l’excellence opérationnelle hospitalière

    👉 H&TI fait l’inventaire des cas d’usage ici.

    📌🗺️La logistique hospitalière, premier terrain d’adoption de l’IA en France : 23 hôpitaux déjà équipés

    En France, la logistique hospitalière est le domaine où l’intelligence artificielle est la plus mature, avec 23 hôpitaux utilisant déjà 20 solutions différentes, devant la planification des soins (20 hôpitaux) et l’automatisation des tâches (9 hôpitaux). Des outils comme Sweepin pour le guidage des visiteurs, les robots Mirokaï pour l’assistance logistique, ou Hospistock pour la transcription automatisée des ordonnances illustrent cette dynamique. Dans les urgences, l’IA permet de prédire les flux avec plus de 90 % de fiabilité, tandis que des solutions spécialisées optimisent aussi la gestion administrative, la conformité réglementaire, la surveillance hygiénique et la gestion des risques. Même dans les secteurs moins avancés, l’IA a déjà démontré son impact sur l’efficience opérationnelle hospitalière.

    👉 H&TI étudie pour vous le panorama des solutions d’IA pour l’efficience opérationnelle ici.

  • La logistique, domaine de l’efficience opérationnelle où l’utilisation de l’IA est la plus mature

    A travers cet article Health&Tech Intelligence dresse à la fois l’inventaire des solutions d’IA pour l’efficience opérationnelle tout en évaluant les sous-domaines de l’efficience dans lesquels l’utilisation de l’IA est la plus mature. Les domaines dans lesquels l’IA peut aider à l’amélioration de l’efficience sont les suivants : Logistique – Gestion des réhospitalisations – Conformité réglementaire – Surveillance hygiénique – Contrôle administratif – Automatisation des tâches – Urgences – Planification des soins – Bloc opératoire – Simulation hospitalière – Aménagement hospitalier  – Command centers – Gestion des risques et des évènements indésirables.

    Pour mesurer la maturité de chacun des segments en termes d’utilisation de l’IA H&TI a choisi comme indicateur le nombre d’hôpitaux différents utilisant la solution en question. Seuls les hôpitaux Français ont été pris en compte pour l’utilisation de cet indicateur afin de donner un bon aperçu de la maturité en France, la pertinence de la comparaison internationale pouvant notamment être limitée par les différences réglementaires.

    L’IA pour la logistique domaine le plus mature avec 23 hôpitaux et 20 solutions

    Les solutions utilisées par le plus d’hôpitaux sont les suivantes :

    • La solution de guidage à l’intérieur de l’hôpital de Sweepin, sont utilisés dans 9 hôpitaux français. Cette application pour smartphone indique la direction à suivre au visiteur afin qu’il puisse se rendre au lieu voulu rapidement et facilement. La solution peut être intégrer au Système d’Information de l’établissement afin de fonctionner avec d’autres outils et ainsi d’effectuer par exemple des admissions automatiques.
    • The Mirokai, d’Enchanted tools est utilisé dans 5 hôpitaux. Les Mirokaï sont des robots humanoïdes conçus pour assister les professionnels dans des environnements semi-standardisés, en particulier dans les hôpitaux. Ils naviguent de manière autonome, manipulent des objets jusqu’à 3 kg, et interagissent de façon multimodale pour guider, accueillir et divertir les patients, tout en réduisant la charge des tâches logistiques pour les soignants. Les Mirokaï aident dans des tâches de logistique et d’interaction humaine, en transportant des objets, en accueillant et en informant les patients et visiteurs.
    • Hospistock, de MaPUI LABS, 3 hôpitaux. La solution analyse des images ou des pdf afin de transcrire automatiquement le contenu d’une ordonnance. Cela permet à la fois de gagner du temps mais aussi d’éviter les erreurs humaines.

     

    Planifications des soins deuxième segment le plus propice à l’utilisation de l’IA avec 20 hôpitaux pour 30 solutions

    Parmi ces 30 solutions, l’une d’elle se distingue particulièrement, celle de l’entreprise Silbo, déja utilisée dans 10 hôpitaux . Silbo est une plateforme digitale avec service d’accompagnement conçue pour optimiser la gestion des flux dans les établissements de santé. Elle vise à décloisonner un maximum les différents silos en regroupant et centralisant les informations d’un maximum de service afin de donner une vision d’ensemble des ressources disponibles et ainsi optimiser la planification des soins.

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    Automatisation des tâches, troisième segment le plus mature avec 9 hôpitaux et 23 solutions

    Nabla se distingue parmi les solutions d’IA pour l’automatisation des tâches, d’une part par sa médiatisation par de nombreux médias français, mais également part le nombre d’utilisateurs et la diversité des outils qu’elle propose. L’entreprise américaine revendique avoir déployé sa solution dans plus d’une centaine de structures de santé, notamment avec son partenariat avec le groupe médical américain Kaiser Permanente, qui gère 39 hôpitaux et plus 600 centres de soins. La solution est également accessible aux médecins libéraux à travers le monde. A l’échelle de la France la solution a déjà été adopté par le Groupe Hospitalier Universitaire Paris psychiatrie & neurosciences, le Centre Hospitalier du pays d’Aix et celui d’Arles. Quant à la diversité des outils la suite de Nabla peut automatiser plusieurs tâches comme la transcription médicale, les comptes rendus ou encore le codage.

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    Urgences : 9 hôpitaux et 11 solutions

    Les urgences représentent 30% des hospitalisations sur un an et représente un flux très variable, cela est donc un défi organisationnel majeur pour les hôpitaux. En conséquence un enjeu majeur est de prédire au mieux les flux aux urgences pour optimiser l’allocation des ressources humaines et ainsi éviter un sureffectif ou un engorgement des urgences. C’est ce que propose notamment L’entreprise Suisse Calyps dont la solution est utilisée au centre hospitalier de Valenciennes depuis plus de 5 ans. La société spécialiste en IA revendique de pouvoir prédire le temps d’attente et le niveau d’occupation des lits avec une fiabilité de plus de 90% sur une semaine. Pour arriver à ce résultat Calyps a croisé les données des admissions aux urgences avec des données extérieurs comme la météo, les lieux de sport, les événements culturels, les jours fériés ou encore le calendrier des vacances afin d’observer l’influence de ces dernières sur le flux entrant. Le Centre Hospitalier de Valenciennes est l’un des plus importants hôpitaux généraux de France, ce qui explique probablement sa capacité a pouvoir acquérir cette solution dont le coût se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros par ans.

    Contrôle administratif : 6 hôpitaux pour 4 solutions

    Le marché des solutions d’IA pour le contrôle administratif a la particularité d’être dominé nettement par un acteur, en effet Kaduceo est à l’origine de 3 des 4 solutions utilisées dans ce domaine, qui couvre 5 des 6 cas d’utilisation. L’entreprise propose une solution dédiée au lettre de sortie, une à la synthèse de l’historique d’un patient, et une au codage. La solution de QualiLDS dédiée aux lettres de sortie est la plus sollicité avec 4 hôpitaux l’ayant déjà adoptée.

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    5 hôpitaux utilisent des solutions d’IA pour leur Command centers

    Le domaine des centres de commandement est lui aussi nettement dominé par un acteur : la société Anamnèse voit ses solutions être adoptées par 4 hôpitaux. La solution MEDANA s’appuie sur les protocoles nationaux de la HAS pour accompagner les professionnels de santé dans chaque étape de la prise en charge : accueil, tri aux urgences, diagnostic, suivi post hospitalisation etc. Anamnèse revendique 140 établissements et 7000 professionnels de santé connectés par cette solution.

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    Gestions des ré-hospitalisations : 1 seule solution mais 4 hôpitaux

    Pred’IC de KanopyMed permet aux professionnels de santé de connaitre en temps réel le risque de ré-hospitalisation d’un patient insuffisant cardiaque. Cela permet d’anticiper les besoins de l’hôpital en cardiologie et ainsi de faciliter la gestion du service.

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    l’IA au secours de la conformité réglementaire dans 2 hôpitaux.

    L’IA peut aider à la conformité réglementaire des hôpitaux de deux manières, d’une part en aidant à la traçabilité comme Aprogsys, d’autre part en aidant à trouver les procédures qualité adaptées comme le propose la solution Illuin Search d’Illuin Technology solution qui utilise le traitement du langage naturel pour trouver rapidement les procédures qualités dans un corpus documentaire interne.

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    Surveillance hygiénique, une seule solution mais déjà à l’œuvre dans 2 hôpitaux

    Le logiciel de pilotage digitale des interventions de MoveWork Flow n’est pas spécifique à la santé, il peut cependant servir à gérer et planifier des tâches comme le nettoyage de chambre ou les désinfections. Il est déjà utilisé au CHU de Montpellier et au Centre Hospitalier Paul Coste Floret

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    L’IA au service du bloc opératoire à Besançon

    Issu d’un partenariat entre la PME Aprogys, le département informatique de l’université de Franche-Comté et le service de chirurgie pédiatrique du CHU de Besançon, la solution de la PME Franc-Comtoise permet d’alerter les personnels sur les situations à risque accru ou les dysfonctionnements, d’évaluer en temps réel les risques induits par certaines actions, de proposer des actions de prévention ou d’atténuation en temps réel et d’aider à la traçabilité. La solution est pour l’instant utilisée uniquement dans son hôpital d’origine à Besançon.

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    Gestion des risques et événements indésirables : faciliter le reporting avec Qualineo.

    Événement Indésirable grave (EIG) ou un Événement Indésirable Grave associé aux Soins (EIGS) désignent tout événements inattendu à l’origine La solutions de Qualineo pour la gestion des effets indésirables graves à l’origine du décès d’une personne, de la mise en jeu de son pronostic vital, de la prolongation de son hospitalisation ou de la survenue d’une incapacité. Qualineo revendique de réduire le temps de signalement d’un EIG à une minute via sa plateforme. La solution est utilisée dans au moins un Ehpad

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    Si il existe une grande variété de niveaux d’adoption des solutions d’IA pour l’efficience opérationnelle en fonction des secteurs, il est important de garder à l’esprit que même dans les secteurs où elle est le moins utilisée, l’IA est déjà au stade de la commercialisation et à fait ces preuves dans l’amélioration de l’efficience opérationnelle.

  • « On fait de l’IA nous-mêmes » Yannick Boursin, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild

    Développement interne de solutions d’IA, réglementation, management, limites : deux membres de la direction de l’Hôpital Rothschild, Guillaume le Henanff directeur adjoint, et Yannick Boursin, directeur des systèmes d’information et des technologies médicales, nous livre leur retour d’expérience sur l’utilisation de l’IA au service de l’efficience opérationnelle des établissements de santé.

    Une transformation de la culture et des pratiques

    L’intégration de l’IA ne se limite pas à la technique : elle transforme en profondeur la culture de l’hôpital. Guillaume Le Henanff observe : « L’IA, c’est le buzzword du moment. Ce que ça vient de challenger, c’est notre culture du pilotage par la donnée. » L’émergence de ces outils invite à structurer davantage les données, afin d’identifier des signaux faibles et d’améliorer la compréhension des maladies ou des parcours de soins. Dans ce contexte d’effervescence, la gestion des ressources reste un défi. « La bande passante de l’équipe informatique reste toutefois limitée », reconnaît GLH, qui précise : « Nous avons décidé de cibler son accompagnement sur les projets à plus fort ROI interne. » Une task force dédiée, baptisée « automa-care », a été créée pour accélérer l’automatisation et l’efficience des parcours patients. L’évaluation des projets suit la même rigueur que pour l’informatisation : « Analyser les gains potentiels ab initio, anticiper les changements organisationnels induits par l’introduction de l’IA et les accompagner, et surtout ne pas s’arrêter au milieu du gué sinon cela induit des coûts nouveaux sans en tirer pleinement les gains espérés », insiste GLH. L’impact de l’IA est ainsi mesuré sur l’ensemble des processus clés du fonctionnement hospitalier et de la sécurité des soins. « C’est bien de l’intelligence et de la créativité managériale et médicale que résulte le bénéfice que l’on peut tirer de l’exploitation de cette nouvelle corde à l’arc du champ des possibles. »

    De l’IA développée en interne

    Les solutions d’intelligence artificielle proposées par les acteurs de la santé numérique sont souvent onéreuses et ne répondent pas toujours aux besoins spécifiques de chaque service ou hôpital. Face à ce constat, l’hôpital Rothschild a choisi une voie différente : celle du développement interne. Yannick Boursin explique : « On a plusieurs projet d ‘IA qui peuvent apporter de la valeur mais qu’on ne va pas acheter, qu’on va tout simplement créer nous-mêmes pour nous-mêmes. ». Ce choix stratégique permet de mieux maîtriser les fonctionnalités et d’assurer une réelle valeur ajoutée. Toutefois, cette démarche implique de disposer des ressources humaines qualifiées et d’une infrastructure numérique adaptée.

    La réglementation, une problématique secondaire

    L’intégration de l’IA soulève des questions réglementaires, mais cela ne pose pas de difficultés majeure à l’équipe de l’hôpital de la Fondation Adolphe de Rothschild « Le RGPD n’est pas un problème il suffit d’informer nos patients et de le faire en toute transparence », explique Yannick Boursin. Il insiste sur le fait que la réglementation devient complexe surtout lorsqu’il s’agit de commercialiser un dispositif médical basé sur l’IA : « Le plus complexe dans le réglementaire ça va être fait vendre. »

    L’IA générative : prudence et usages ciblés

    Si l’IA permet des gains d’efficacité dans les hôpitaux, la direction reste prudente face à l’IA générative, encore peu utilisée à cause de ses limites. « Les hallucinations n’ont pas disparu même si on en parle plus, elles sont encore là et elles peuvent être très problématiques dans la santé », avertit Yannick Boursin. Pour cette raison, l’usage de l’IA générative est réservé à des cas bien définis : « On essaie vraiment de limiter ces cas d’usage d’IA générative à des cas d’usage très spécifiques et où c’est balisé. » Cette vigilance permet de garantir la sécurité des patients tout en poursuivant l’innovation.

  • Organisation à l’hôpital : quels « pain points » pour quelles solutions ?

    Gestion des flux et orientation des patients

    L’incertitude sur les flux et la nécessité ou non d’aller aux urgences constituent un défi majeur pour les hôpitaux. L’IA répond à cette problématique par la prédiction des flux en s’appuyant sur l’historique des passages et l’analyse de la gravité des symptômes. Ce dispositif permet d’anticiper et d’orienter plus efficacement les patients dès leur arrivée. L’IA peut également aider les patients à savoir si il est nécessaire pour eux ou non de se rendre aux urgences.

    Coordination des acteurs et services

    La multiplicité des acteurs et la variété des services complexifient la gestion des flux hospitaliers. Pour y remédier, l’IA traite un volume important de données et propose des interfaces faciles d’utilisations, facilitant ainsi la coordination entre les différents intervenants.

    Automatisation administrative et codage

    La charge administrative importante pèse sur les équipes. L’IA apporte ici des solutions d’admission automatique et de lecture de fichier PDF ou d’image. Cela permet de réduire le temps consacré aux tâches répétitives et d’améliorer la qualité du suivi administratif.

    Planification des soins

    Les Hôpitaux sont des structures avec beaucoup de personnels et de contraintes matériels, la planification des soins peut donc être un véritable défi organisationnel.  l’IA intervient alors pour organiser les différentes étapes du parcours patient et optimiser l’utilisation des ressources médicales et logistiques1.

    Logistique hospitalière

    La logistique hospitalière, qui englobe la gestion des stocks, l’orientation des patients et les transports, est elle aussi transformée grâce à des outils d’IA capables de guider, d’alerter automatiquement et de prédire les besoins de ses structures pouvant compter parfois plusieurs milliers d’intervenants.

    Surveillance hygiénique

    La surveillance hygiénique, essentielle pour la sécurité sanitaire, implique de nombreuses missions de contrôle. L’IA facilite la planification de ces tâches, garantissant une meilleure couverture et une réactivité accrue face aux risques1.

    Automatisation des tâches et tarification

    L’automatisation des tâches administratives, telles que la gestion des écrits et la tarification à l’acte, est rendue possible par l’analyse du langage naturel et l’assistance au codage. Ces avancées permettent de libérer du temps médical et d’améliorer la précision des actes facturés.

    Évaluation des risques et variations chirurgicales

    L’évaluation des risques et la gestion des variations chirurgicales nécessitent une vigilance constante. L’IA propose ici une analyse vidéo en temps réel, capable de détecter rapidement les anomalies et d’adapter les protocoles en conséquence.

    Conformité réglementaire

    Enfin, la conformité réglementaire, souvent perçue comme un obstacle en raison de sa complexité, est facilitée par l’IA qui accompagne la documentation et la rédaction, assurant ainsi le respect des exigences légales et une meilleure traçabilité des actes.

    @HTI

  • ITW : « 24 % des entreprises ont investi dans des démarches de santé mentale. Il y a dix ans, c’était zéro » Mathieu Girier, ANAP

    Dans le cadre de son étude sur la santé au travail Health&Tech Intelligence s’est entretenu avec Mathieu Girier, directeur du pôle performance des ressources humaines à l’Anap, afin d’éclairer les enjeux autour de cette thématique. Il nous livre son analyse sur les moteurs, les freins, et les limites du développement des initiatives pour la santé au travail

    Triple moteur d’adoption : technologique, générationnel et crise sanitaire

    Trois dynamiques interdépendantes expliquent l’essor récent des solutions digitales :

    1. L’évolution technologique : des ressources initialement éparses (téléconsultations, plateformes anonymes) se sont structurées en offres cohérentes.

    2. Les attentes des jeunes professionnels : ces derniers « placent l’équilibre vie pro/perso et la préservation du capital santé au cœur de leurs revendications », marquant une rupture culturelle avec les générations précédentes.

    3. L’impact de la Covid-19 : La pandémie a d’une part libéré du temps pour une introspection sanitaire, accrue les besoins en santé mentale, mais aussi accélérée l’acceptation des outils numériques.

    Adoption progressive malgré un ROI élevé : inertie institutionnelle et diffusion générationnelle

    Aujourd’hui, seules 24 % des entreprises investissent dans des outils numériques pour la santé mentale au travail, malgré un retour sur investissement estimé entre 2.5 et 4.8 euros par euros investis. Cependant Mathieu Girier souligne que ce chiffre est « significatif comparé au 0 % d’il y a dix ans ». Cette progression, bien que lente, s’explique avant tout par la nécessité d’un long travail de pédagogie. Il a fallu presque une décennie pour que les mentalités évoluent et que les acteurs comprennent que « la santé individuelle des soignants impacte directement la qualité des soins ». L’interviewé insiste sur la difficulté initiale à convaincre de l’utilité de telles démarches, évoquant l’écart de perception et de conviction qu’il a fallu combler au fil des années.

    Par ailleurs, la diffusion de ces outils s’opère aussi de façon générationnelle. Les jeunes professionnels, formés dans des établissements déjà équipés, deviennent de véritables « ambassadeurs » de ces solutions lorsqu’ils rejoignent de nouveaux employeurs. Ce phénomène crée un effet de propagation naturelle au sein du secteur, chaque nouvelle génération étant plus sensible et plus exigeante sur ces questions de qualité de vie au travail et de santé mentale. C’est pourquoi Mathieu Girier pronostique que ce mouvement va s’accéléré sous l’effet de la concurrence entre employeurs. Selon lui, « d’ici une dizaine d’années, il est probable qu’un employeur qui n’a pas fait cet effort-là ne soit pas choisi ou mis en avant par ses salariés ». Ainsi, même si le taux d’équipement actuel peut sembler insuffisant au regard des attentes, il reflète une dynamique de fond qui devrait conduire à une généralisation progressive de ces dispositifs dans les années à venir.

    Le tableau de bord managérial, un outil peu pertinent ?

    Deux grands types d’outils se distinguent, les ressources entièrement individuelles anonymisées, comme les téléconsultations, les formations ou les exercices de TCC, et les outils organisationnels avec des tableaux de bord à l’adresse du manager. Ce dernier type de solution  est jugé « incongrus» car « l’employeur n’a pas besoin de data santé sur ses collaborateurs ». Il est jugé plus pertinent de recourir à des enquêtes barométriques ponctuelles, considérant qu’un suivi continu serait perçu comme intrusif et contre-productif, et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’accès aux ressources plutôt que sur la collecte de données sensibles.

    Défis des TMS : les difficultés du numérique face au concret

    La prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) par des applications numériques peut s’heurter au défi du concret. La prévention efficace des TMS repose avant tout sur des formations pratiques, où les professionnels manipulent réellement le matériel ergonomique, et sur des aménagements architecturaux pensés pour limiter les gestes à risque, par exemple en réduisant les trajets pour le port de charges ou en installant des équipements adaptés . « Montrer un mouvement sur écran ne remplace pas l’apprentissage physique encadré » pour le Directeur du pôle Performance des ressources humaines de l’ANAP, l’expérience concrète et l’accompagnement sur le terrain reste le meilleur moyen de prévenir les TMS.