Les Français sont inquiets vis-à-vis de la protection de leurs données personnelles. Selon un sondage Opinionway réalisée pour la société Dolmen technologies et intitulé Les Français et les scandales liés aux données personnelles, ils sont une large majorité à estimer qu’elles doivent être mieux protégées (93%), qu’elles sont précieuses (92 %) et qu’elles ont un prix (78 %).
54 % des sondés indiquent être les plus à même de protéger leurs données, révèle l’enquête, publiée en juillet 2019. Les citoyens interrogés se disent majoritairement insatisfaits des mesures prises par les pouvoirs publics pour protéger leurs informations personnelles sur internet. Au-delà d’amendes réellement dissuasives, l’apparition de nouveaux scandales liés à l’utilisation de données personnelles pourrait être empêchée par de meilleures technologies de protection des données personnelles pensent 34 % des répondants.
Des résultats à mettre en parallèle avec l’enquête Opinionway publiée en juin, qui relève une confiance croissante des Français en ce qui concerne leurs données de santé et les nouvelles technologies, ainsi qu’avec le sondage de ICA montrant qu’un manque de confiance dans l’exploitation des informations personnelles n’est pas incompatible avec un développement des usages de solutions basée sur la collecte et l’analyse de data, notamment dans le domaine de la santé.
Des Français inquiets de la protection de leurs données…
Selon le sondage Opinionway réalisé Dolmen technologies, publié en juillet, les Français se préoccupent de l’utilisation de leurs données personnelles. Ils sont tout de même 29 % à considérer que ces informations ne leur appartiennent pas.
En parallèle, ils se considèrent eux-mêmes comme les plus capables de protéger leurs données (54 %), loin devant les pouvoirs publics, cités par 32 % des répondants et les fournisseurs d’accès (cités par 25 % des personnes interrogées). Les assureurs arrivent en queue de peloton (7 %) avec les enseignes de la distribution (2 %).
… insatisfaits face aux pouvoirs publics…
Plus de la moitié des Français sondés ne sont pas satisfaits des mesures prises par les pouvoirs publics pour protéger les données personnelles sur internet. A cela, s’ajoute les 11 % ayant répondu ne pas avoir entendu parler de telles mesures.
Face aux récents scandales liés à l’utilisation de données personnelles, les premières réactions envisagées par les sondés sont de sensibiliser leurs proches (65 %) ou de boycotter les applications et les sites concernées (54 %) mais aussi de mieux lire les politiques de confidentialité (50 %).
… appelant une réponse coercitive et technologique…
Dans les faits, Les Français interrogés ont surtout perdus confiance dans l’honnêteté des acteurs d’internet. Pour eux, l’apparition de nouveaux scandales liés à l’utilisation de données personnelles pourrait être empêchée d’abord par des amendes réellement dissuasives (mesure citée par 52 %) mais aussi en utilisant de meilleures technologies de protection des données personnelles (34 %) et en réalisant un boycott des applications et des sites concernés (26 %).
Pour un cinquième des répondants, le RGPD est aussi une réponse (18 %) ainsi que le démantèlement des géants du net (14 %). Enfin, 9 % considèrent que la marchandisation (achat / vente) des données personnelles seraient un atout dans ce cadre.
…Et pourtant confiants pour leurs données de santé
Ces données sont à mettre en parallèle avec une autre enquête Opinion Way publié en juin centrée sur les données de santé, qui montre une confiance croissante en ce qui concerne leurs données de santé et les nouvelles technologies. 86 % seraient prêts à rendre leurs données personnelles accessibles à leur médecin généraliste, 68 % accepteraient de consulter un médecin ayant recours à des outils d’aide au diagnostic basée sur l’intelligence artificielle.
De plus, le public est ouvert aux consultations numériques essentiellement dans 3 domaines : pour le renouvellement d’une ordonnance (80 %), pour l’obtention d’un certificat médical (78 %) et dans le cadre d’une orientation dans le parcours de soin (75 %).
Des patients chroniques connectés…
Un manque de confiance n’est cependant pas incompatible avec les usages, notamment dans le domaine de la santé. En effet, une autre enquête parue en février 2019, montrent que plus de 97 % des patients chroniques utilisent des technologies numériques dans le cadre d’une recherche d’information, de la gestion ou du suivi de leur maladie chronique. De plus, internet contribuerait le plus à améliorer la vie des personnes avec une maladie chronique notamment grâce à une meilleure compréhension du traitement pour 65 % des sondés et du parcours de soins pour 6 3 % des personnes interrogées mais aussi à une sortie de l’isolement et à un meilleur vécu de la maladie pour 60 % des répondants ainsi qu’un renforcement du dialogue avec le médecin pour 53,1 %.
Cette étude montrent également une sous-utilisation des applications mobiles et des objets connectés. Une sous-utilisation qui est davantage liée à une moindre perception des bénéfices espérés qu’à une défiance.
…et conscients des enjeux de sécurité
Le collectif [im]Patients, Chroniques & Associés appellent d’ailleurs lui aussi à plus de garantie de sécurité de ces données, à un contrôle de leur circulation pour protéger les personnes et leurs proches mais aussi à une réflexion sur les bénéfices engendrés par le traitement de ces données. « Il est aussi essentiel que les applications et objets connectés soient encadrés et coconstruits avec l’industrie du numérique par une charte encadrant les processus d’élaboration, d’évaluation, de qualité par l’ensemble des acteurs concernés : les personnes, les soignants, les institutionnels et industriels », plaide Frédéric Lert, président de l’organisation (communiqué).