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  • La télémédecine doit « structurer les pratiques médicales des médecins de soins primaires » (Craps)

    « La santé reste l’un des rares marchés à ne pas tirer profit des avancées des technologies de l’information et de la communication ». C’est ce qu’affirme le think tank du Cercle de recherche et d’analyse sur la protection sociale (Craps) dans son rapport « Territoires de santé : de nouvelles frontières », présenté le 26 juin 2019.  Selon ce document, « les professionnels de santé sont entrés dans la médecine du XXIe siècle avec les pratiques et les organisations de la médecine du XIXe siècle ».

    Le Craps demande de « considérer la télémédecine comme le moyen incontournable de créer un parcours de soins adapté aux patients atteints de maladies chroniques ». Il propose qu’elle « structure les nouvelles pratiques médicales des médecins de soins primaires » ainsi que « le projet médical partagé des GHT afin d’offrir aux patients le meilleur soin au bon endroit et au juste prix ». Le think tank estime que les pratiques professionnelles de télémédecine « doivent être financées dans le droit commun de l’Assurance maladie » et que l’évaluation de leur efficience « pourra se faire au bout de quelques années ».

    Le Craps indique par ailleurs que, selon lui, la téléconsultation « peut être une prise en charge médicale de qualité à la condition qu’elle soit alternée avec des consultations en face à face pour ne pas déshumaniser la relation médicale ».

    Numérique et système de santé: trois faiblesses

    Selon le Craps, la technologie peut répondre à 3 des principales faiblesses du système de santé, à savoir :

    • une « insuffisance de gouvernance générale de la politique d’informatisation et de son exécution dans une logique régionale » : le système d’information et de communication « reste encore aujourd’hui l’affaire de chaque établissement, quelle que soit sa taille et indépendamment des contraintes environnementales croissantes », indique le think tank ;
    • un « cloisonnement des systèmes d’information et de communication dans l’hôpital lui-même, comme entre les acteurs », avec pour conséquence « les syndromes du « millefeuille » et de la « surenchère » dans les échanges et les référentiels » ;
    • une « absence de sensibilisation et de formation des équipes, y compris de direction, aux bénéfices des systèmes d’information et de communication », qui a pour conséquence « un défaut de vision et gestion globales », note le Craps.
  • Stratégie e-santé du Portugal

    Au Portugal, les services partagés du ministère de la Santé (SPMS) portent la stratégie nationale de l’écosystème d’information de santé pour 2020, dénommée « ENESIS 2020 ». Cette dernière a été élaborée avec l’objectif :
    • d’être une orientation pour satisfaire les besoins des différentes parties prenantes ;
    • d’être transfrontalière par définition – mise en œuvre des lignes directrices de l’UE en matière de santé en ligne ;
    • de développer la e-santé dans toutes les politiques ;
    • d’être centrée sur les données ouvertes – économie du savoir basée sur la connaissance ;
    • de placer le citoyen en son centre – convivialité et architecture orientées vers les événements de vie et les voies cliniques ;
    • d’être mobile par définition – portabilité des données de santé ;
    • de mettre en place une interopérabilité juridique, organisationnelle, sémantique et technique ;
    • d’adopter un modèle de gouvernance global ;
    • d’adopter des cadres de bonnes pratiques et des normes internationales.

    Pour mener cette stratégie, 3 champs d’action sont identifiés dans le cadre d’ENESIS 2020 : technologie,  ressources humaines et processus.

    Selon Henrique Martins, directeur des SPMS, la télésanté, la mobilité, l’expertise du personnel technique, les outils, les infrastructures robustes, les réseaux rapides et le renforcement de l’action d’agents du changement sont fondamentaux à la révolution numérique.

  • DATA – Stratégie e-santé du Portugal

    Au Portugal, les services partagés du ministère de la Santé (SPMS) portent la stratégie nationale de l’écosystème d’information de santé pour 2020, dénommée « ENESIS 2020 ». Cette dernière a été élaborée avec l’objectif :
    • d’être une orientation pour satisfaire les besoins des différentes parties prenantes ;
    • d’être transfrontalière par définition – mise en œuvre des lignes directrices de l’UE en matière de santé en ligne ;
    • de développer la e-santé dans toutes les politiques ;
    • d’être centrée sur les données ouvertes – économie du savoir basée sur la connaissance ;
    • de placer le citoyen en son centre – convivialité et architecture orientées vers les événements de vie et les voies cliniques ;
    • d’être mobile par définition – portabilité des données de santé ;
    • de mettre en place une interopérabilité juridique, organisationnelle, sémantique et technique ;
    • d’adopter un modèle de gouvernance global ;
    • d’adopter des cadres de bonnes pratiques et des normes internationales.

    Pour mener cette stratégie, 3 champs d’action sont identifiés dans le cadre d’ENESIS 2020 : technologie,  ressources humaines et processus.

    Selon Henrique Martins, directeur des SPMS, la télésanté, la mobilité, l’expertise du personnel technique, les outils, les infrastructures robustes, les réseaux rapides et le renforcement de l’action d’agents du changement sont fondamentaux à la révolution numérique.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé du Portugal est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Parcours innovants : « l’IA est un nouvel outil pour l’innovation organisationnelle » (ARS IDF)

    « L’’intelligence artificielle (IA) transforme de manière rapide le système de santé. C’est un accélérateur, un nouvel outil qui doit être également mobilisé au bénéfice de l’innovation organisationnelle« , estime Yannick Le Guen, directeur de la stratégie à l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France.

    Dans une interview accordée à Health & Tech Intelligence, il revient avec Seak-Hy Lo, coordinatrice senior d’études au sein de l’ARS, sur les 2 projets centraux menés par l’agence dans le domaine de la data et de l’IA pour améliorer les parcours de soins, soit :
    • un système de traitement des données pour améliorer la prise en charge de l’infarctus du myocarde (IDM) aigu  : projet retenu pour le Health Data Hub (HDH) dans le cadre de l’appel à projets (AAP) lancé en janvier ;
    • un outil prédictif des soins non programmés aux urgences.

    Yann Le Guen explique par ailleurs qu’en matière d’éthique, il ne faut pas simplement, selon oui, « être conforme aux règlements en vigueur au niveau juridique sur ce sujet ». Il faut anticiper et « aller au-delà en co-construisant les projets afin de lever les craintes, de montrer aux acteurs que nous sommes transparents sur les finalités des projets », estime-t-il. Il indique également que l’ARS ne cherche pas particulièrement à être pionnière en matière d’exploitation de l’IA dans le domaine de la santé, ajoutant que, de fait, le développement numérique rendait possible une « collaboration en réseau » et que l’agence était ouverte à des coopérations avec d’autres régions.

    Combattre les inégalités d’accès aux soins par l’analyse des données de santé

    Quelles sont les études portées par l’Agence régionale de santé d’Île-de-France reposant sur l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle (IA) ?

    Yannick Le Guen : Les études de l’ARS en matière de data sont basées sur les données natives du SNDS et les données régionales issues de divers registres dont la Région dispose. Un de nos sujets est de mobiliser ces données parce qu’elles donnent des éléments de contexte mais aussi des informations précieuses pour mieux analyser les pratiques des franciliens et des professionnels de la santé afin d’améliorer les actions à mener dans notre région. Elles sont enrichies avec le comparateur que représente le SNDS.

    Le projet régional de santé (PRS) de l’ARS est centré sur 4 priorités : la périnatalité, la cancérologie, les maladies neurodégénératives et la santé mentale ainsi que le cardiométabolisme.

    L’analyse des données dans ces 4 champs a pour objectif de combattre les inégalités d’accès aux soins, l’Île-de-France étant la région où elles sont les plus marquées.

    L’ARS se concentre actuellement sur 2 sujets centraux en matière d’intelligence artificielle (IA) et de data :

    • le projet retenu pour le Health Data Hub (HDH) dans le cadre de l’appel à projets (AAP) lancé en janvier, portant sur le traitement des données pour améliorer la prise en charge de l’infarctus du myocarde (IDM) aigu.
      • Le projet est issu d’un partenariat entre l’ARS, le GCS Sesan, les soignants (l’ensemble des Samu, Smur et la BSPP d’Île-de-France) mais aussi deux équipes de l’Inserm. Les travaux devraient commencer de manière concrète au 4ième trimestre 2019, les démarches juridiques, notamment celles pour obtenir une autorisation de la Cnil, prenant plusieurs mois. Les premiers indicateurs de parcours concernant l’infarctus du myocarde devraient être publiés en fin d’année ;
    • l’ARS lance aussi un outil prédictif des soins non programmés aux urgences.
      • o Il y a eu un atelier d’idéation en avril et un datathon interne devrait être organisé au 4ième trimestre 2019. Cela prend du temps parce que nous devons nous assurer d’être conformes au RGPD. L’objectif est dans un premier temps de mettre la solution à la disposition des établissements et de l’ARS. 

    1. Prise en charge de l’IDM aigu : le projet retenu par le Health Data Hub

    Quel est votre état d’esprit 3 mois après avoir intégré le Health Data Hub en construction ?

    Yannick Le Guen : C’est un honneur. On a été retenu parmi 189 projets. L’appel était très concurrentiel. Cela démontre le niveau de maturité de notre projet et c’est aussi une reconnaissance du point de vue technique. Ce projet va permettre de fédérer les acteurs de santé sur le sujet de la cardiologie mais nous voulons reproduire la solution à d’autres domaines avec encore une fois comme objectif d’améliorer les prises en charge et de réduire les inégalités en santé.

    Le Health data hub va accompagner la mise en place du projet, notamment sur les volets juridique et technique.

    Quels sont les bénéfices attendus pour l’ARS en collaborant avec le HDH ?

    Yannick Le Guen : Ce projet va nous permettre, de gagner en visibilité et en crédibilité vis-à-vis des professionnels et de la population en faisant reconnaître l’agence comme un tiers de confiance en matière de partage de données.

    Quant à la question du coût des infrastructures requises, elle reste marginale dans la mesure où nous disposons déjà d’un socle très important pour d’autres projetsLe vrai sujet est celui des ressources humaines et de compétences. Le soutien que nous apporte le HDH est important parce qu’il est de niveau national. Il nous permettra de travailler avec des data scientists spécialisés, experts sur les données de santé et nous savons comme il peut être difficile d’avoir ce type de ressource en région.

    2. Un outil prédictif des soins non programmés

    Quel sera la finalité du projet ?

    Seak-Hy Lo : Nous sommes en train de créer un prototype. Quand cet outil sera consolidé, il faudra l’améliorer au fur et à mesure et le faire progresser en termes de granularité, de territoire et de maladie. Le plus compliqué, ça va être après, de trouver comment le mettre en place au niveau des ressources humaines.

    Notre objectif est de parvenir à une granularité fine au niveau du bassin de santé. Ce n’est pas un outil de prédiction régional. Il s’adresse aux acteurs de santé pour leur territoire.

    Yannick Le Guen : Le but est d’améliorer l’organisation des acteurs de santé, de leur donner les moyens d’anticiper les flux parce qu’il y a d’autres facteurs à prendre en considération que les épisodes climatiques par exemple.

    D’autres projets sont-ils prévus dans ce domaine pour les mois ou années à venir ?

    Yannick Le Guen : Nous avons ces 2 importants projets, nous souhaitons bien sûr traiter d’autres sujets mais nous devons d’abord faire nos preuves. L’idée est d’aller jusqu’au bout de ces 2 initiatives afin d’exploiter au maximum les données et d’en tirer des enseignements, puis d’élargir le champ d’utilisation.

    Quel est le budget dont dispose l’ARS pour la diffusion des innovations en santé ?

    Yannick Le Guen : Je ne peux pas vous donner le montant d’une enveloppe précise car l’agence intervient sur de multiples champs qui intègrent les innovations organisationnelles. Tous ces projets ont un coût. Ils sont soumis à un arbitrage du directeur général en fonction de leur qualité et de leur intérêt pour la transformation du système de santé.

    Éthique et IA : aller au-delà de la réglementation en « co-construisant »

    Les préoccupations d’ordre éthique des acteurs peuvent représenter un frein au déploiement des solutions visant à personnaliser le parcours de soins. Comment pensez-vous pouvoir rassurer les professionnels et les usagers à ce sujet ? 

    Yannick Le Guen : Nous avons des groupes d’experts en éthique qui donnent leur avis sur les projets mais cela ne suffit pas. Il faut établir une confiance avec les professionnels et les usagers. Cela passe par la transparence, en expliquant pourquoi et comment on utilise telles données et quelles lignes nous ne franchiront pas dans leur exploitation.

    Nous nous appuyons sur une charte d’utilisation des données au niveau régional. C’est essentiel parce que cette préoccupation en matière d’éthique ne va que croître.

    Il ne faut pas simplement être conforme aux règlements en vigueur au niveau juridique sur ce sujet. Il faut anticiper et aller au-delà en co-construisant les projets afin de lever les craintes, de montrer aux acteurs que nous sommes transparents sur les finalités des projets. Si nous expliquons bien cela, le sujet de l’IA sera accepté plus facilement.

    « Nous sommes ouvertes à des coopérations avec d’autres régions »

    Pensez-vous que la Région Île-de-France puisse être pionnière dans le domaine de l’IA médicale ?

    Yannick Le Guen : Je n’aurais pas cette prétention. Nous avons de fait un réseau riche en Île-de-France, avec une concentration importante d’instituts de recherche académique, de pôles de compétitivité et d’autres organisations de santé. Nous ne cherchons pas particulièrement à être les pionniers. De fait, le développement numérique rend possible une collaboration en réseau. Nous sommes bien entendu ouverts à des coopérations avec d’autres régions.

    La France pourrait-elle selon vous faire partie des leaders dans le secteur de l’exploitation des données de santé ?

    Yannick Le Guen : Le potentiel des données est aujourd’hui insuffisamment exploité.. Étendre cette exploitation va être l’un des enjeux des 5 prochaines années, c’est précisément l’enjeu du Health data Hub.

    L’intelligence artificielle transforme de manière rapide le système de santé. C’est un accélérateur, un nouvel outil qui doit être également mobilisé au bénéfice de l’innovation organisationnelle. L’IA peut avoir un vrai impact en santé, en particulier sur le domaine de la personnalisation des parcours de soins.

  • Projet de télémédecine en Sarthe : la dermatologie et la gériatrie sont les 2 champs prioritaires

    Le projet de télémédecine déployé en Sarthe se concentre dans un premier temps sur 2 filières : la dermatologie (télé-expertise et téléconsultation) et la gériatrie (téléconsultation). « Plus que la faiblesse relative de l’offre de premier recours en Pays de la Loire, c’est son inégale répartition dans la région qui est marquante, commente l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire dans un communiqué publié le 18 juillet 2019 à l’issue d’une conférence centré sur la télémédecine au sein du département. La Sarthe se situe ainsi parmi les 10 départements français à la démographie médicale la plus faible. Ces difficultés d’accès aux soins de premier recours sont exacerbées dans un triple contexte de vieillissement de la population, de développement des maladies chroniques et de situations socio-économiques défavorables sur certains territoires. »

    Afin de faire face à cet enjeu, l’ARS et le Pôle métropolitain Le Mans – Sarthe ont mis en œuvre une solution de télémédecine au sein de la région, basée sur un écosystème d’acteurs dynamiques. Ce dernier est composé d’institutionnels avec le conseil régional des Pays de la Loire, le conseil départemental de la Sarthe, la Ville du Mans et la CPAM de la Sarthe, mais aussi de professionnels, « avec la création d’un collège médical (regroupant une vingtaine de professionnels de santé) chargé de faire remonter les expériences d’usages et d’ergonomie de la plate-forme », explique l’agence. Le projet a ainsi été co-construit avec l’ensemble des acteurs du secteur du territoire.

    Le déploiement de cette nouvelle pratique est proposé à 27 structures sarthoises. Les actes sont réalisés par le biais de la plateforme régionale de télémédecine Qimed. Le GCS e-santé Pays de la Loire et le cabinet Opusline assurent la mise en œuvre opérationnel du projet, précise par ailleurs l’ARS. Cette dernière a apporté au projet un soutient financier de près de 500 000 euros.

    Projet de télémédecine : la dermatologie et la gériatrie, les 1ères filières concernées

    Le projet de télémédecine mené en Sarthe est axé en premier lieu sur 2 filières : la dermatologie et la gériatrie.

    • La télé-expertise et la téléconsultation en dermatologie (ulcères, escarres, retards de cicatrisation, éruptions aigües et plaies chroniques) : déploiement prioritaire en appui sur l’expertise du service de dermatologie du centre hospitalier du Mans.
    • La téléconsultation en gériatrie (gériatrie générale et gérontopsychiatrie) : en cours de cadrage, « c’est-à-dire que les acteurs réfléchissent à la future organisation, aux experts qui devront être mobilisés, au matériel nécessaire… », explique l’agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire (communiqué).

    Des actes réalisés sur la plateforme régionale de télémédecine Qimed

    La mise en œuvre opérationnelle du projet de télémédecine sarthois est réalisée par le GCS e-santé Pays de la Loire et le cabinet Opusline. Ils sont chargé d’accompagner les structures tout au long du projet, soit de l’audit initial à l’accompagnement à l’usage, en passant par les phases d’équipement, de formation et de lancement opérationnel.

    Les actes de télémédecine seront effectués par l’intermédiaire de Qimed, la plateforme régionale de télémédecine. En 2015, l’ARS a acquis cette solution, « qui a permis d’expérimenter le déploiement des outils et des pratiques médicales de télémédecine », indique l’agence.

    Une solution de téléconsultation, de télé-expertise et de télérégulation

    Qimed est un espace unique et sécurisé par le biais duquel les professionnels de santé de la région peuvent bénéficier de services :

    • de téléconsultation ;
    • de télé-expertise ;
    • de télérégulation médicale : réponse médicale apportée dans le cadre de l’usage du 15 / Samu.

    « La plateforme est complétée d’outils socles et mutualisés permettant la sécurisation de l’identification des usagers, l’authentification des professionnels, l’interopérabilité des solutions, etc., indique l’ARS. L’intérêt d’une plateforme régionale est de faciliter les relations entre différents professionnels de santé (libéraux, hospitaliers, paramédicaux) tout au long du parcours de santé du patient. »

    Un déploiement à plus large échelle est prévu

    Le projet avec le Pôle Métropolitain Le Mans – Sarthe est une première étape dans le déploiement de la télémédecine au sein du territoire. Il a permis « de consolider la méthodologie et les modalités d’accompagnement des acteurs en vue du développement des usages », commente l’agence régionale de santé des Pays de la Loire.

    La seconde phase consiste à déployer la télé-dermatologie sur un périmètre élargi au département. Les 12 établissements médico-sociaux suivants sont concernés :

    • Ehpad de l’hôpital local à Bonnétable ;
    • Ehpad Delante à Nogent le Bernard ;
    • Ehpad Eugène Aujaleu au Grand-Lucé ;
    • Ehpad Le Tusson à La Chapelle Gauguin ;
    • Ehpad Les Chanterelles à Marolles-Les-Braults ;
    • Ehpad Les Fresnes, Les Châtaigniers à Fresnay-sur-Sarthe ;
    • Ehpad Albert Trotte à Thorigne-sur-Due ;
    • Ehpad de l’Abbaye à Tuffé ;
    • Ehpad Les Thérébinthes à Parigné-l’Evèque ;
    • Ehpad de Fontenay à Loir en Vallée ;
    • Ehpad La Chanterie à Coulans-sur-Gée ;
    • Ehpad Bertrand de Puisard à Sainte-Jamme-sur-Sarthe.

    L’un des établissements a pu réaliser les premiers actes de télé-dermatologie au cours du mois de juin, indique l’ARS. « Les autres établissements bénéficieront de leurs équipements et des formations à partir du mois de septembre », précise-t-elle.

    Une collaboration entre tous les acteurs du territoire

    Les acteurs territoriaux se mobilisent pour déployer la télémédecine au service d’un meilleur accès aux soins en Sarthe

    L’ARS, le Conseil régional et le conseil départemental ainsi que la Ville du Mans se sont associés pour cofinancer ce projet de télémédecine, en collaboration avec les acteurs de terrain, soit le Pôle métropolitain Le Mans – Sarthe, la CPAM de la Sarthe, les établissements sanitaires et médico-sociaux ainsi que le secteur libéral et tous les partenaires concernés.

    L’ARS a apporté au projet un soutient financier de près de 500 000 euros.

    Les bénéfices attendus du projet

    L’usage de la télémédecine permet :

    • d’améliorer l’accès à des avis spécialisés ;
    • d’élargir l’accessibilité aux soins au plus grand nombre de patients ;
    • de réduire les délais de prise en charge ;
    • de limiter les déplacements des plus fragiles ;
    • d’améliorer la pertinence du diagnostic médical par l’appui d’experts médicaux ;
    • de faciliter les interactions entre professionnels.

    Calendrier du déploiement de la télémédecine en Sarthe

    Le déploiement de la télémédecine pour la filière dermatologique s’est déroulé en 4 phases :

  • L’Agence française de développement prête 27,3 M€ pour le déploiement de la e-santé en Tunisie

    L’Assemblée des représentants du peuple, soit le Parlement tunisien, vient de voter un projet de loi relatif à l’approbation de l’accord de prêt signé le 14 février 2019 entre la République tunisienne et l’Agence française de développement (AFD) « en appui au déploiement de la e-santé en Tunisie ».

    L’accord porte sur 27, 3 millions d’euros, indique l’AFD dans un communiqué publié le 22 juillet 2019 lors de la signature du document par son directeur général Rémy Rioux et Zied Ladhari, le ministre tunisien du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale. Il vise à accompagner le déploiement dans les hôpitaux tunisiens d’applications, parmi lesquelles « le dossier médical informatisé pour les patients », « la distribution journalière informatisée et nominative du médicament », « la dynamique Tunisie sans films », qui associe « le système de l’archivage des images médicales et le système d’information radiologique », et enfin « la gestion des archives médicales numérisées », est-il précisé.

    L’Agence française de développement ajoute que « des initiatives territoriales de télémédecine seront déployées dans plusieurs spécialités médicales » telles que la télé-cardiologie, la télé-périnatalité, les urgences cardiaques, la télé-radiologie et la télé-échographie obstétricale, avec l’objectif de faciliter le lien avec « les médecins spécialisés et les équipements médicaux de pointe au profit des régions du Nord, du Sud et du Centre de la Tunisie ».

    La presse locale précise que les établissements concernés par ces projets de télémédecine sont l’hôpital La Rabta, l’hôpital régional de Jendouba, l’hôpital régional de Tozeur, le centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous et l’hôpital Habib Thameur à Tunis.

  • Étude : l’apprentissage automatique à même de faciliter le dépistage de la dépression (JMIR)

    Une étude menée par des chercheurs américains de l’Indiana University montre qu’il serait possible d’automatiser le dépistage des patients nécessitant des soins pour la dépression dans une population de patients. Un système basé sur l’apprentissage automatique (machine learning) a permis d’utiliser un très grand nombre de données qu’un clinicien ne peut pas prendre en compte. Un tel outil pourrait faciliter la mise en place de soins préventifs. Les résultats de ces travaux* ont été publiés le 22 juillet 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Des failles dans le repérage des patients dépressifs

    Selon les chiffres officiels, le nombre de personnes souffrant de dépression n’a cessé d’augmenter en France depuis les années 2000. Actuellement, 10 % de la population serait touchée, contre 8 % il y a une vingtaine d’années. Au coût humain s’ajoute le coût financier : 1 000 milliards de dollars par an dans le monde, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) paru en 2017.

    Identifier les personnes nécessitant une prise en charge représente un défi majeur. Comme il est irréalisable de former tous les soignants à un tel repérage, de nombreux systèmes de santé utilisent des outils, qui sont des échelles d’évaluation.

    Cependant, ces systèmes ne sont pas des solutions optimales car ils mobilisent malgré tout de manière importante le personnel soignant, dépendent fortement de résultats potentiellement inexacts rapportés par les patients, et n’utilisent qu’un petit sous-ensemble de données cliniques comportementales. Le risque de surdiagnostic est réel et des études récentes ont montré qu’un tel dépistage systématique dans les structures de santé n’était pas pertinent.

    C’est pourquoi il semble plus approprié de développer des approches de dépistage basées sur l’apprentissage automatique (machine learning) capables de tirer parti de jeux de données de patients plus complets représentant leur état de santé général. L’apprentissage automatique permet d’apprendre de multiples jeux de données de soins primaires et secondaires que le clinicien ne serait pas en capacité d’exploiter du fait de leur abondance.

    Big data + machine learning pour trier les patients à risques

    Afin d’évaluer le potentiel de cette nouvelle opportunité, des chercheurs américains de l’Indiana University ont identifié une population de 84 317 patients adultes (âgés de 18 ans et plus) ayant effectué au moins une visite de soins primaires entre 2011 et 2016 dans une centre de santé d’Indianapolis.

    Dans un premier temps, ils ont développé une taxonomie de la dépression afin d’identifier tous les concepts biomédicaux et les termes liés à cette pathologie. Ces caractéristiques présentaient une grande variété de caractéristiques diagnostiques, démographiques et comportementales qui influaient sur l’apparition et la gravité de la dépression.

    Ensuite, ils ont sélectionné 3 groupes de patients à haut risque et ils se sont procurés les dossiers médicaux de chacun. « L’ensemble de données comprenait un large éventail de données sur les patients, y compris des données démographiques, diagnostiques, comportementales et de visite, rapportées sous forme structurée et non structurée », précisent les auteurs de l’étude.

    Ils ont développé un algorithme de « forêt aléatoire » à partir de ces données. Le but était d’identifier les personnes qui souffriraient de la détérioration de leur état de santé s’ils ne bénéficiaient pas d’un traitement spécialisé de haute intensité pour la dépression.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés le 22 juillet dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Résultats : 8 patients sur 10 identifiés

    • 12 432 patients avec un diagnostic de dépression (le groupe le plus à risque) ont été identifiés, sur un total de 37 560 patients à risques repérés.
    • Ces patients à risque étaient en majorité urbains et de sexe féminin.
    • Sur les 8,29 % des 84 317 patients ayant besoin de soins avancés pour la dépression, 80 % ont été identifié par l’algorithme.
    • Plus de 1 000 concepts liés à la terminologie de la dépression ont été identifiés et inclus dans le modèle de décision
    • L’hypertension, une dépression antérieure, le sexe et le nombre de visites au centre de soins faisaient partie du top 20 des caractéristiques les plus déterminantes.
    • Le modèle décisionnel prédisant le besoin de soins avancés dans la population principale signalait un score de 78,87 %.

    En résumé, le modèle décisionnel permettant de prédire le besoin de soins avancés pour la dépression dans l’ensemble de la population de patients a obtenu un score de 78,87 %. Dans les 4 groupes de patients à haut risque, ces scores allaient de 86,31 à 94,43 %. La sensibilité et la spécificité étaient significativement élevées et démontraient qu’un tel outil pouvait être développé et mis en pratique, estiment les auteurs de l’étude.

    « Un potentiel considérable » pour faire de la prévention

    « Cependant, il est à noter qu’aucun des modèles de décision développés à partir de populations à haut risque ne pouvait prendre en compte tous les patients nécessitant des soins avancés », reconnaissent les chercheurs.

    Globalement, les 3 modèles ne pouvaient capturer que 80,26 % des patients nécessitant des soins poussés. Ils émettent l’hypothèse qu’une part des 19,74 % de patients manquants aurait été classée dans l’un des trois groupes de patients à haut risque si des données plus complètes avaient été disponibles et avaient donc été éligibles pour le dépistage.

    Ce dépistage automatisé et « extrêmement précis » de la dépression pourrait, selon eux, être facilement intégré dans les structures de santé dont l’interopérabilité des jeux de données est de plus en plus une réalité.

    « Ces résultats montrent un potentiel considérable pour permettre la mise en place de soins préventifs, sans risque de surdiagnostic ni de surtraitement et sans utiliser de mécanismes de dépistage manuel », concluent les auteurs de ces travaux.

  • Netcancer lance avec Expertscape un répertoire en ligne des praticiens en cancéro pour les patients

    Netcancer, un site web français d’information et de formation sur la cancérologie, s’associe à Expertscape, une entreprise américaine qui fournit des services de recherche et de contenu médicaux aux patients et aux professionnels de la santé. L’objectif est de proposer un répertoire en ligne pour informer le grand public sur les praticiens français impliqués dans la recherche en cancérologie, reposant sur les algorithmes et la méthodologie d’Expertscape.

    « Ce partenariat permettra de faire connaître les médecins impliqués dans les avancées en oncologie et dans le développement de traitements innovants pour les cancers les plus fréquents (sein, poumon, prostate, colon) dans un premier temps, précise Netcancer dans un communiqué publié le 5 juillet 2019.

    Concrètement, le but de cette plateforme, accessible via ce lien, est de donner la possibilité aux patients « de s’impliquer davantage dans leur traitement en trouvant des experts médicaux reconnus et en ayant accès à des informations auparavant réservées aux professionnels de santé », ajoute la société.

    Fondé en 2015, Netcancer propose à l’origine aux professionnels de santé et aux patients un accès en ligne à 220 fiches produits, à des vidéos et à des formations (100 cours) afin d’optimiser la prise en charge des médicaments pour le traitement du cancer.

  • Inno Génération 2019 (Bpifrance) : le 10 octobre à Paris (inscriptions ouvertes)

    La 5ième édition Inno Génération de Bpifrance se tiendra le 10 octobre à Paris au sein de l’AccorHotels Arena. Créateurs d’entreprises et de start-ups, TPE, PME, ETI, grands groupes mais aussi chercheurs, étudiants, etc. se rassembleront pour présenter leurs projets et échanger afin de développer leur business et leur réseau.

    La santé fera partie des secteurs représentés.

    Le programme prévisionnel est téléchargeable ici.

    Les inscriptions sont à réaliser par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

  • CR

    Computed Radiography