Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2019.
L’Assurance maladie va verser aux biologistes une aide financière comprise entre 5 500 et 10 000 euros pour les années 2019 et 2020 pour qu’ils puissent acquérir une version interopérable de leur logiciel métier afin de permettre l’alimentation du dossier médical partagé (DMP). C’est l’un des éléments qui ressort d’un avenant conventionnel dont l’objet est d’améliorer l’appropriation du DMP par les biologistes, qui, selon les syndicats, est encore faible à cause entre autres des prix élevés demandés par les éditeurs pour l’intégration du module DMP dans les logiciels métier. Le texte a été approuvé par le ministère des Solidarités et de la Santé dans un avis publié le 20 août 2019 dans le Journal officiel (JO).
L’avenant a été signé le 7 juin par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et par le Syndicat des biologistes (SDB), le Syndicat des laboratoires de biologie clinique (SLBC) ainsi que le Syndicat national des médecins biologistes (SNMB). Un avis rectificatif a été publié le 27 août pour retirer la signature du Syndicat des jeunes biologistes médicaux (SJBM), ajoutée par erreur. Le SJBM n’a pas signé l’avenant parce qu’il souhaite inclure ce sujet dans des discussions en cours sur l’évolution des dépenses de biologie de l’Assurance maladie.
Objet de l’avenant : accompagner le déploiement technique
Le texte « a pour objet d’accompagner le déploiement technique et les modalités de transmission par voie électronique au DMP des résultats d’examens de biologie médicale, notamment via des aides financières relatives à l’interopérabilité des systèmes de gestion », est-il précisé dans le préambule.
« Dans un objectif de meilleure coordination des soins, les parties signataires conviennent qu’un accompagnement doit être engagé sur plusieurs années afin d’accompagner la mise en œuvre des différents modules utiles à la pleine efficacité du DMP », indiquent-elles dans l’avenant. L’aide, qui couvre les années 2019 et 2020, « vise à favoriser l’équipement de l’intégralité du parc de système de gestion », est-il précisé. Elle ne peut être perçue qu’une seule fois au cours des 2 années mentionnées.
Une aide forfaitaire allant de 5 500 à 10 000 euros
Un forfait modulé selon le volume des flux de feuilles de soins électroniques (FSE)
L’aide prendra la forme d’un forfait modulé selon le volume des flux de feuilles de soins électroniques (FSE) en 2018 des laboratoires par numéro Finess (Fichier national des établissements sanitaires et sociaux). Elle sera versée pour le compte de l’ensemble des régimes par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du lieu d’installation du laboratoire et, lorsque plusieurs sites dépendent de plusieurs CPAM, par la caisse du lieu d’installation du site principal.
Le forfait est :
- de 5 500 euros jusqu’à 415.000 FSE ;
- de 6 500 euros entre 415 000 FSE et 1,065 million de FSE ;
- de 8 000 euros entre 1,065 million et 2,11 millions de FSE ;
- de 10 000 euros au-delà de 2,11 millions de FSE.
Une justification de mise à jour de la version du système obligatoire
Le laboratoire, ou le laboratoire du site principal (en cas de détention de plusieurs sites), qui souhaite bénéficier de cette aide à l’équipement devra fournir une justification de mise à jour de la version du système par le biais d’une attestation sur l’honneur.
L’attestation devra notamment mentionner :
- la version de logiciel interopérable ;
- la date d’activation effective de l’équipement ;
- le numéro Finess de l’ensemble des sites concernés.
La moitié de l’aide forfaitaire sera versée à la production du justificatif de mise à jour. L’autre moitié sera versée après une « période probatoire » portant sur l’alimentation des 100 premiers DMP.
Pour percevoir cette seconde moitié, les laboratoires devront avoir engagé la démarche et prouvé l’activation de l’équipement ainsi que l’envoi d’une première transmission au DMP avant le 31 décembre 2020.
Des aides évoquées pour les années 2020 et 2021
Sont également citées dans l’avenant :
- une aide à l’équipement et à l’activation du module de création et consultation des DMP pour les années 2020 et 2021 ;
- une aide à l’équipement permettant l’envoi effectif des comptes rendus en données structurées conformément aux spécifications de la nomenclature LOINC (permet notamment le codage des analyses élémentaires de biologie pour l’expression des résultats dans un contenu médical dématérialisé en France) pour les années 2021 et 2022.
Les montants de ces financements seront précisés dans des avenants qui seront réalisés ultérieurement.
Les engagements des biologistes vis-à-vis du DMP précisés
Les engagements que doivent tenir les biologistes vis-à-vis du DMP sont par ailleurs précisés dans l’avenant.
Il est indiqué dans le texte que les biologistes doivent, afin d’alimenter et de consulter le dossier médical partagé, mettre en place « les moyens nécessaires pour intégrer au plus tard dans les 12 mois les évolutions de leur équipement leur permettant de rester conformes à la réglementation et à la dernière version en vigueur du système interopérable DMP et pour se doter d’une version du logiciel en conformité avec la dernière version du guide d’intégration du service DMP intégré aux logiciels PS (professionnel de santé) disponible sur le site du GIE Sesam Vitale ».
Une liberté de choix de l’équipement informatique
Le biologiste a le choix de l’équipement informatique qui va rendre interopérable son système de gestion pour l’alimentation et la consultation du DMP, sous réserve néanmoins d’une homologation de celui-là par le Centre national de dépôt et d’agrément (CNDA) de l’Assurance maladie.
Dès qu’il dispose d’une version interopérable et mise à jour ou d’un accès à un composant logiciel DMP compatible, le biologiste doit activer le module DMP de son logiciel métier et envoyer les résultats d’examens de biologie médicale vers le DMP.
Une période d’observation de l’alimentation pour contrôler le respect de l’engagement de transmission par le lab
Pour contrôler que le laboratoire a bien respecté l’engagement de transmission, une période d’observation de l’alimentation est mise en place à compter de la réception de la première pièce numérique et pour une période de 60 jours
Pour obtenir le versement de l’aide financière, il faut atteindre un seuil d’au moins 100 DMP alimentés par site géographique pendant cette période probatoire. Cette dernière sera reconduite « d’autant que de besoin afin de s’assurer d’une régularité de transmission des résultats de biologie jusqu’à l’atteinte de ce seuil des 100 DMP alimentés par site géographique », est-il noté.
Un bilan du dispositif est réalisé dans le cadre d’un comité technique paritaire permanent ad hoc placé auprès de la Commission conventionnelle paritaire nationale de biologie médicale « en tant que de besoin et au plus tard dans les six mois de l’entrée en vigueur du présent avenant », est-il précisé.