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  • 547 millions de dollars en 2018 pour la sécurité de l’IoT (étude Gartner)

    Le doublement des dépenses mondiales pour assurer la sécurité de l’IoT d’ici à 2018, c’est ce qu’annonce une étude du cabinet Gartner communiquée le 25 avril 2016.

    Les dépenses atteindront 348 millions de dollars (310 millions d’euros) en 2016, soit 23,7% de plus que pour l’année 2015.

    L’étude souligne que l’effort en matière de sécurité de l’IoT devrait augmenter encore plus rapidement à partir de 2020 et que les dépenses mondiales dans ce domaine atteindront 547 millions de dollars (488 millions d’euros) en 2018.

    Les hackers vont changer de stratégie et surtout d’angle d’attaque en profitant de la multiplication des objets connectés et de leur vulnérabilité. Le cabinet affirme qu’en 2020, une attaque sur quatre au sein des entreprises se fera via un objet connecté, selon le cabinet d’étude britannique Gartner.

    « Il n’existe pas une seule catégorie de terminaux qui n’ait été piratée. A partir du moment où vous connectez une chose à internet, elle devient piratable et donc une cible », souligne Duncan Brown, directeur de recherche pour IDC.

    11,4 milliards d’objets connectés en 2018

    • 6,4 milliards d’objets seront connectés dans le monde d’ici la fin de 2016, c’est-à-dire une évolution de 30% en un an. Le développement du marché de l’IoT devrait porter à 11,4 milliards le nombre d’objets connectés en 2018.
    • Les initiatives de sécurisation se concentreront de plus en plus sur la gestion, l’analyse, la fourniture de dispositifs et le traitement des données.
    • « Les fournisseurs de solutions de sécurité seront confrontés au défi de fournir des fonctionnalités dédiées à l’IoT alors que les budgets alloués à l’internet des objets seront limités et que les premières implémentations de l’IoT se feront de manière décentralisée », souligne l’étude de Gartner qui estime important que les entreprises prennent conscience que des investissements massifs doivent se faire pour la sécurité de l’IoT, en mettant en place des services en mode cloud.
  • Des modules Apple en open source pour développer des applis santé

    Apple annonce le 21 mars 2016 la mise en place de nouveaux outils à destination des professions de santé et des patients. Fidèle à son modèle, la société ne propose pas d’applications « clés en main » et reste sur le principe de proposer à des éditeurs de logiciels indépendants d’utiliser son environnement. Avec l’objectif déclaré de développer l’usage de ses appareils mobiles.

    Toutefois, dans le domaine de la santé, Apple va un peu plus loin en offrant en « open source » des modules adaptés aux développeurs d’applications santé.

    Apple a annoncé le 21 mars 2016 le lancement d’un nouvel environnement logiciel à partir duquel les développeurs peuvent créer des applications aidant les utilisateurs, patients ou professions de santé, à mieux gérer les pathologies et les parcours de santé. Ce nouveau produit baptisé CareKit est structuré autour de quatre modules mis à disposition en « open source » par la firme américaine:

    • « Care Card » peut assurer le suivi d’un protocole de soins, contrôler la prise de médicaments ou effectuer des exercices de physiothérapie, toutes activités pouvant être automatiquement suivies et analysées en utilisant les capteurs des appareils de la marque,
    • « Symptom and Mesurement Tracker » permet aux patients d’enregistrer leurs symptômes ou d’évaluer leur niveau de douleur ou de fatigue. Ce module peut inclure des questionnaires simples, des photos illustrant l’évolution d’une blessure ou des mesures d’activité à partir de l’accéléromètre et du gyroscope des appareils mobile,
    • « Insight Dashboard » qui compare les symptômes avec le protocole figurant sur la « Care Card » montre l’impact des traitements sur l’évolution de l’état du patient,
    • « Connect » facilite l’échange d’informations sur l’évolution de leur pathologie entre les patients, leur médecin, les équipes de soins ou leurs proches.

    Mise en relation patients-équipes médicales

    Les premières applications développées à partir de CareKit dans des établissements de santé aux État-Unis concernent essentiellement la mise en relation entre patients et équipes médicales, le suivi de maladies chroniques grâce à des dispositifs médicaux de surveillance à domicile et le contrôle de paramètres de santé. La société Glow Inc. Prépare, elle, une application intégrant les modules CareKit pour accompagner les femmes durant leur grossesse. 

    Le lancement de CareKit confirme la stratégie d’Apple qui est en train de se structurer pour être davantage présent dans le domaine de la santé. À partir des ressources techniques basées à Cupertino et des équipes marketing centralisées à Londres, la société américaine, entend se développer sur ce marché à travers un réseau de responsables de ses activités « healthcare » qu’elle vient de déployer dans de nombreux pays dont la France. Ses travaux sont, selon ses dirigeants, d’abord destinés à créer de l’usage à travers ses outils pour la recherche médicale et le suivi des patients plus qu’au traitement de la donnée. Apple a préféré s’allier à IBM en lui fournissant les données issues de ses solutions pour que Watson les analyse et ne se positionne donc pas comme un acteur de l’analyse big data en santé.

  • Programme d’accélération du NHS : 17 innovations utilisées dans les établissements de santé

    Le NHS a présenté un premier bilan de son nouveau programme de soutien à l’innovation lancé en 2015, le 20 avril 2016 lors de la UK eHealth Week.

    • 9 mois seulement après sa création, 3 millions de patients ont déjà pu accéder aux nouvelles applications, appareils et autres technologies développés dans le cadre de ce programme pionnier.

    • 68 établissements du NHS utilisent une ou plusieurs des 17 innovations du programme destinées à améliorer les soins et le rapprochement des patients et des médecins.

    Le programme d’accélération de l’innovation a été créé dans le but d’intégrer de nouvelles innovations technologiques au sein du NHS. Les 17 « boursiers» soutenus, chacun représentant une innovation dont l’utilité stratégique a été prouvée au préalable, ont pour objectif d’apporter de meilleurs soins aux patients tout en permettant au NHS de mieux maîtriser ses coûts.

    Les boursiers ont levé plus de 8 millions £ (10,4 millions d’euros) auprès de partenaires extérieurs. Des investissements qui s’ajoutent au 1 million £ (1,3 millions d’euros) initialement investi par le programme.

    Les principales innovations du programme :

    Le NHS Innovation Accelerator (NIA) est dirigé coinjointement par le NHS England, UCLdPartners, The Health Foundation et with the Academic Health Science Networks (AHSNs).

    Découvrez les autres innovations sur le site du NHS.

    Un nouvel appel à projets

    Un nouvel appel à candidatures sera lancé la 23 mai 2016 pour ouvrir le programme à 8 nouvelles innovations dont l’utilité et l’efficacité ont déjà été prouvées. Ce nouvel appel, comme le précédent est ouvert aux candidats de tous les pays. La date limite du dépôt des candidatures est fixée au 4 juillet 2016.

  • « La santé numérique ne peut pas rester sous la coupe des GAFA » (Lionel Collet, CSIS)

    Lionel Collet, coordonnateur du CSIS, préconise un regroupement des entreprises d’innovation. Il y voit le moyen d’assurer leur développement à l’international et de préserver la maîtrise par la France sur son industrie de santé. S’appuyant sur le précédent de Sanofi dans le médicament, il souhaite placer les start-up sous la bannière d’un grand groupe. Il répond aux questions de Health &Tech Intelligence.

    Les centaines de start-up françaises qui travaillent sur l’innovation en santé pourraient être regroupées sous la tutelle d’un grand groupe industriel. C’est l’idée avancée par Lionel Collet, coordonnateur du CSIS, dans son intervention le 20 avril 2016 dans le cadre du Café Nile sur son plan de relance de l’attractivité de la France pour les industries de santé.

    Vous avancez l’idée de regrouper les multiples acteurs de l’innovation en santé sous la bannière d’un grand groupe. Pourquoi cette volonté de centralisation ?

    Prenons l’exemple de ce qui s’est passé dans le médicament avec le précédent de Sanofi qui a rassemblé des acteurs de cette filière dans une structure de taille mondiale capable d’affronter la concurrence internationale. Nous devons avoir la même ambition pour tous les acteurs qui travaillent sur les dispositifs médicaux ou la santé numérique. Notre pays en compte beaucoup, pour la plupart de superbes entreprises qui maîtrisent la créativité, le dynamisme, la capacité à innover. Mais ces structures ont des difficultés à conquérir des marchés à l’international en raison de leur taille critique dont peuvent profiter de grands investisseurs étrangers qui souhaitent en prendre le contrôle.

    En quoi ces investissements étrangers représentent un risque ?

    Conserver la maîtrise de nos industries de santé est une question stratégique. La France doit préserver son indépendance sanitaire, être en capacité de produire des réponses aux problématiques de santé, y compris à travers la santé numérique. Pour cela nous devons avoir des structures solides, ce que permettrait un regroupement des petites entreprises dans un plus grand ensemble.

    Ce regroupement ne risque-t-il pas de pénaliser l’innovation en santé et perdant la créativité, la souplesse, la réactivité qui caractérisent les petites entreprises et qui manquent parfois dans les grands groupes ?

    Ce qui se passe avec Medtronic, un géant mondial qui parvient à intégrer de nombreuses start-up montre que l’on peut garder les avantages et qualités de petites entreprises dans le cadre d’un grand groupe.

    Les grands industriels français prendront-ils le risque d’investir dans des start-up ?

    C’est le rôle des pouvoirs publics de les encourager dans cette voie. Il faut se poser la question : est-ce une priorité d’avoir ces géants en France ? Pour moi la réponse est oui. Nous ne pouvons pas rester dans la santé numérique sous la coupe des GAFA, ne serait-ce qu’en raison de l’enjeu que représentent les données de santé dont nous devons pouvoir maîtriser l’utilisation et la sécurité.

  • Cour des comptes : la mauvaise gestion des données de santé par l’assurance maladie

    La Cour des comptes dénonce le verrouillage et la mauvaise utilisation des données de santé gérées par l’Assurance maladie dans un rapport confidentiel cité en exclusivité par le site Acteurs publics le 19 avril 2016. L’autorité y déplore la faible utilisation par les pouvoirs publics des cette base « au potentiel exceptionnel », les freins à son l’ouverture et ses nombreuses failles de sécurité. La France disposerait de la plus grande base du monde : chaque année, 1,2 milliard de feuilles de soins, anonymisées, alimentent ainsi le Sniiram.

    « Un retard considérable a été pris dans l’exploitation du Sniiram au bénéfice de la santé publique, de la recherche, d’une meilleure efficience de notre système de soins et de la maîtrise des dépenses d’assurance maladie, tous enjeux vitaux pour notre pays », regrette la Cour qui dénonce un système qui « reste largement fermé aux acteurs publics et privés, tout en étant sous-utilisé par ceux-là mêmes qui disposent d’un accès permanent à cette base, c’est-à-dire l’assurance maladie et les ministères sociaux! ».

    Le rapport commandé par l’Assemblée Nationale pointe du doigt les conditions d’accès à ces données jugées « schizophréniques » et « laissées à des acteurs souvent plus rivaux que complémentaires, l’IDS et la Cnil, l’un plutôt libéral au regard des possibilités d’ouverture, l’autre, au contraire, d’approche très restrictive ».

    « Contrôle sans partage »

    Le rapport décrit également « comment la Cnamts gère les données comme si elle en était propriétaire, alors qu’elle ne devait être qu’un support technique ». Si la Cnamts peut s’arroger ce contrôle sans partage du  Sniiram, relève la Cour, c’est parce que le comité de pilotage ne jouerait pas son rôle, l’IDS – groupement d’intérêt public – a des missions mal définies et que la tutelle – les ministres sociaux – est absente des grandes décisions stratégiques.

    Des risques en matière de cybersécurité

    Autre reproche fait par la Cour des comptes, selon Acteurs publics, les risques de faille du système en matière de cybersécurité et la lenteur de l’Assurance maladie pour y remédier. Sur les 86 risques qu’avait identifiés la Cnil en 2013, 39 subsistaient à l’automne 2015, dont « 13 considérés comme majeurs ». En outre, la Cnamts refuse de s’aligner sur le référentiel général de sécurité de l’État (RGS) en raison d’un coût « disproportionné ». La Cour des comptes pointe « l’obsolescence » du dispositif protégeant l’anonymat des assurés et appelle l’État à agir.

    La Cour des comptes note enfin que « les acteurs de la santé publique se sont épuisés à obtenir des droits d’accès plutôt qu’à mobiliser leur expertise pour traiter les données ». La loi Santé ne devrait pas changer la situation malgré la création d’un Système national de données de santé. « Si dans les textes, la gestion technique du système de données et la gouvernance stratégique sont bien distinguées », la Cour révèle une « ambiguïté fondamentale » qui fait peser un « risque d’échec sur le nouveau système : le maintien de la gouvernance des bases existantes, qui alimentent le SNDS, en particulier celle du Sniiram.

  • Serious game : un jeu vidéo thérapeutique pour lutter contre Parkinson créé par Brain e-Novation

    Les équipes du laboratoire Brain e-Novation ont créé un jeu vidéo thérapeutique pour lutter contre la maladie de Parkinson. Ce jeu sur lequel ont travaillé le groupe Genius et l’ICM grâce à un financement de l’ANR est testé avec des résultats encourageants depuis mars 2016 au sein de l’ICM/hôpital Pitié-Salpêtrière chez 10 patients atteints par la maladie et souffrant de troubles de la marche.

    Le jeu Toap Run testé sur 10 patients atteints de Parkinson à l’ICM/hôpital Pitié-Salpêtrière utilise le système Kinect. Le patient est représenté par une figurine qui doit effectuer un parcours semé d’obstacles à éviter. Les mouvements choisis pour ce jeu sont ceux qui ont déjà montré un bénéfice pour les malades.

    Un recueil d’informations en temps réel

    Les mouvements du joueur sont captés grâce à une caméra Microsoft Kinect qui contient tous les capteurs permettant de recueillir en temps réel les actions du joueur. Le thérapeute peut intervenir sur le tempo du parcours et moduler la vitesse d’exécution des gestes. L’ensemble du système comprend deux systèmes de neuronavigation permettant de localiser les régions à stimuler à partir de données d’imagerie, 4 appareils de stimulation magnétique et 3 de stimulation électrique transcrânienne, 3 appareils d’enregistrement de l’activité électrique musculaire et une plateforme de mesure de force.

    Aspect ludique

    Sans équivalent en Europe, cette plateforme permet de réaliser des investigations de manière non invasive.

    A ce jour, l’étude montre des résultats très encourageants avec une très bonne acceptabilité par les patients, en particulier l’aspect ludique de Taop Run, et une amélioration de la marche et de l’instabilité avec une réduction de la peur de tomber.

  • UniHa choisit Samsung pour gérer les échographes des hôpitaux publics

    Le groupement de coopération sanitaire UniHa qui regroupe 35 CHU et 32 centres hospitaliers a choisi l’entreprise Samsung Electronics France pour la gestion et la modernisation du parc d’échographes des établissements publics de santé, le 18 avril 2016.

    Le taux d’équipement pour les hôpitaux publics est de 48 échographes pour 1000 lits et le choix de la solution Optimium Service présentée par Samsung et qui se limite au seul coût d’un contrat de service représente, selon les responsables de UniHa, un gain de 25% par rapport à une solution classique d’achat et de maintenance.

    Les échographes sont utilisés en médecine, chirurgie et obstétrique et leur fréquence moyenne de renouvellement est de 7,8 ans. L’appel d’offres lancé par UniHa et coordonné par le CHU de Rennes visait à maintenir à niveau le parc existant et à développer le nombre d’équipements dans les disciplines où de nouvelles indications échographiques s’imposent. Le contrat conclu avec Samsung Electronics France permettra notamment la mise à niveau technique d’équipements obsolètes que les établissements ne pouvaient pas remplacer sans cette solution.

    Optimium Service est un contrat de service sur 5 ans qui inclut un audit des usages et des besoins, l’installation de nouveaux équipements et la formation des équipes médicales et para-médicales qui les utilisent.

    Testé avec des professionnels de santé et des experts

    Des professionnels de santé des établissements concernés par ce contrat, des experts para-médicaux et des techniciens ont participé aux tests auxquels ont été soumis les équipements proposés par les différents candidats qui avaient répondu à cet appel d’offres. Un mode de sélection couramment utilisé par UniHa, leader des achats groupés en santé, dont le réseau rassemble 2300 professionnels associés, avec les utilisateurs, aux choix pour les équipements des établissements publics.

    Au lendemain du contrat conclu avec Samsung Electronics France, UniHa se félicite de l’opportunité que représente la solution Optimium Service au moment où les GHT prévus par la loi Santé de 2015 se mettent en place. « Cela va permettre aux équipes hospitalières d’offrir au personnel médical et aux soignants un environnement de travail constant quel que soit leur lieu d’intervention dans le GHT », souligne Bruno Carrière, directeur général d’UniHa.

  • Industries de santé : vers des crédits d’impôts et des données plus accessibles

    Quatre orientations stratégiques qui se déclinent en 14 mesures dans les domaines de l’innovation, de la production (avec de nouvelles règles fiscales), de la recherche (avec les essais cliniques et l’accès aux bases de données) et du renforcement du dialogue entre l’État et les industries de santé, c’est la réponse que l’État, à travers le CSIS, entend apporter aux attentes des industriels de santé en France. « Les industries de santé sont stratégiques pour la France », a souligné Lionel Collet, le coordonnateur du CSIS, en évoquant leur poids économique, leur contribution à la croissance, à l’emploi, à la balance commerciale et au rayonnement international de la recherche et de l’industrie françaises.

    Lionel Collet, le coordonnateur du Conseil Stratégique des Industries de Santé, a présenté le 11 avril 2016 à l’hôtel Matignon à l’occasion de la 7ème réunion du CSIS, en présence de Manuel Valls, Premier ministre, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, de Matthias Fekl, chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, et de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, son plan pour développer l’attractivité de la France dans cette filière. Ce plan répond, selon Lionel Collet, aux défis auxquels sont confrontés ces industries.

    De nouveaux crédits d’impôts

    La première de ses orientations consiste à faciliter l’accès des patients aux innovations. La principale mesure dans ce domaine sera la prise en compte dans la tarification des produits de santé et solutions innovantes des économies générées dont leur impact sur l’organisation de notre système de santé. Cette mesure répond à l’impératif des industries de santé de bénéficier de leurs efforts majeurs de R&D et de les amplifier, et aux enjeux des pouvoirs publics d’amélioration de l’état de santé de la population et de respect de la bonne tenue des comptes publics.

    La deuxième orientation est de valoriser la production avec, par exemple, une transformation des « crédits CSIS » en crédit d’impôts et la création d’un label « Offre France », vitrine internationale de nos capacités de production de médicaments biologiques et de dispositifs médicaux innovants. Il s’agit dans ce domaine de conserver le savoir-faire et l’avance technologique française et de le transformer en facteur de compétitivité favorable tant à l’économie française qu’à ses investisseurs industriels.

    Une interface pour accéder aux données de santé

    La troisième orientation vise à développer la recherche clinique en agissant sur les délais (un délai réduit à 30 jours est possible, selon Lionel Collet, pour les médicaments dont les phases cliniques 2 et 3 auront été réalisées en France) et la création rapide d’une interface permettant aux industriels d’accéder aux bases de données de santé. Alors que l’explosion de la quantité de données générées dans le monde permettra de mieux analyser ou de prédire les déterminants de santé, cette dynamique porte de grandes promesses dans les domaines de la recherche prédictive, de l’épidémiologie, de l’alerte sanitaire, de la santé publique et enfin de suivi des traitements en conditions réelles d’utilisation.

    La quatrième orientation a pour objectif de renforcer le dialogue entre l’État et les industriels. L’avis de ces derniers pourrait ainsi être pris en compte au moment de l’établissement du PLFSS.

    Le calendrier de discussion et de mise en œuvre sur l’ensemble de ces mesures est encore à établir. 

  • Revealer, nouvel outil identifiant les altérations génétiques liées au cancer

    Les chercheurs de l’Université de Californie (UC San Diego School of Medicine) et du Broad Institute ont développé un nouvel outil, Revealer, algorithme qui permet d’identifier un ensemble de variations génétiques, impliquées dans un même type de cancer, et de les associer à un phénotype, comme le mécanisme d’activation de facteurs oncogènes, la dépendance d’un gène (à un facteur ou à une voie de signalisation), ou encore la sensibilité à un traitement médicamenteux (ScienceDaily).

    Implication de nouvelles variations génétiques, dans le cancer

    Revealer a été testé en utilisant l’Atlas TGCA (The Cancer Genome Atlas) qui recense les données génétiques de plus de 500 types de cancers.

    L’étude parue dans Nature le 18 avril 2016, indique que Revealer a été utilisé pour découvrir des altérations génomiques associées à l’activation transcriptionnelle de la β-caténine (dont la surexpression est impliquée dans les cancers) et du facteur de transcription NRF2 qui serait impliqué dans la chimiorésistance, à la sensibilité à l’inhibiteur de MEK (étudié et utilisé dans les traitements anti-tumoraux) et à la dépendance à KRAS (protéine impliquée dans la prolifération cellulaire et le cancer).

    L’algorithme a révélé des associations entre l’altération de certains gènes et les processus cellulaires connus pour être impliqués dans le cancer ou dans la réponse à certains traitements. L’implication de certains de ces gènes était déjà connue, mais d’autres associations ont été mises en lumière par le programme, notamment en ce qui concerne la β-caténine et la réponse au stress oxydatif.

  • La révolution « blockchain »

    La blockchain est présentée comme la plus grande innovation technologique depuis l’invention d’Internet. Elle est appelée à révolutionner la façon dont sont effectués les échanges d’informations et les transactions dans nos sociétés. Tous les domaines économiques et sociaux seraient concernés, y compris la santé.

    La technologie blockchain permet d’imaginer un monde où stocker et échanger des informations s’effectuerait de manière entièrement automatisée, sans intermédiaire et donc sans frais, en parfaite sécurité, le tout dans la plus grande transparence. Appliquée à la santé, elle pourrait notamment lever les dernières ombres qui planent sur le stockage et la transmission des dossiers médicaux ou encore simplifier drastiquement les formalités administratives et réduire les coûts inhérents.

    L’automatisation des transactions optimiserait la sécurité

    Grâce à cette technologie, un patient ou un médecin pourrait accéder en quelques secondes, en toute sécurité, à un dossier médical ou à toute autre information nécessaire partout dans le monde. Nul besoin de recourir à un tiers, assureur ou autre société privée. II suffit simplement d’en posséder la clé de décryptage.

    De même, toutes transactions, du paiement d’une consultation ou d’un acte à leur remboursement, pourraient être traitées via des « smarts-contracts ». Ces derniers sont des programmes informatiques autonomes chargés d’exécuter automatiquement les termes d’un contrat définis entre des parties, une fois les conditions remplies.

    Dans son livre blanc publié en janvier 2016, « Comprendre la Blockchain, anticiper le potentiel de disruption de la Blockchain sur les organisations », Guillaume Buffet, président de U, donne l’exemple de La sécurité sociale s’appuyant sur une organisation décentralisée (voir encadré ci-dessous) grâce à la Blockchain et aux smart-contracts : « Celle-ci serait composée de milliers de smart-contracts permettant de répondre à la situation spécifique de chaque assuré. L’automatisation des transactions générerait évidemment des gains de productivité (temps de traitement), éviterait la fraude et optimiserait la sécurité. La mise en place de smart-contracts ouvrirait de même la porte à une gestion plus individualisée, plus précise et pourquoi pas plus démocratique du fonctionnement de l’organisation. »

    Une technologie naissante

    Il ne s’agit là que d’exemples parmi de nombreux autres illustrant le potentiel de la blockchain. Mais cette technologie reste encore émergente et de nombreux défis d’ordre techniques, économiques, juridiques voire écologiques sont encore à relever.

    Pour beaucoup, il est néanmoins plus que temps de s’attaquer à ces questions : en Grande Bretagne, un rapport du NHS incite le gouvernement à investir dès à présent dans des projets pilotes et des démonstrateurs.

    Côté privé, les entreprises qui s’aventurent dans ce domaine comme Philips Healthcare ou Bithealth se comptent encore sur les doigts d’une main.