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  • PubMed

    Moteur de recherche de données bibliographique et de publications biomédicales

    PubMed est un  moteur de recherche de données bibliographiques de l’ensemble des domaines de spécialisation de la biologie et de la médecine. Il a été développé par le Centre américain pour les informations biotechnologiques (NCBI), et est hébergé par la Bibliothèque américaine de médecine des Instituts américains de la santé. PubMed donne accès à la base de données bibliographique MEDLINE, rassemblant des citations et des résumés d’articles de recherche biomédicale.

  • 3,6 M$ levés par Biomodex, spécialiste de maquettes d’organes en 3D

    3,6 M$ (3,2 M€), c’est la somme levée par Biomodex pour développer, sur le territoire nord-américain, son offre de simulateurs d’organes imprimés en 3D, le 11 avril 2016. Ce tour de table a été mené par la société de capital-risque Innovation Capital avec l’Inserm Transfert Initiative et le soutien de Kima Ventures et de BPI France.

    Innovation capital a créé un fonds sectoriel en 2014 pour investir principalement dans les entreprises qui fournissent des services ou des solutions innovants en Europe dans le domaine de la santé. Valery Huot, d’Innovation Capital, rejoindra le conseil d’administration de Biomodex avec François Thomas d’Inserm Transfer Initiative.

    Domaines-cibles de Biomodex:

    La formation

    • scanner les différents organes du corps humain et fournir aux cliniciens un catalogue d’organes imprimés en 3D pour s’exercer à accomplir des actes chirurgicaux avec des organes réalistes dont les propriétés sont comparables aux vrais tissus humains.

    La simulation préopératoire

    • reproduire le fantôme de l’organe défectueux d’un patient, notamment sa texture et à son épaisseur, d’après les images obtenues par IRM ou scanner, afin que les médecins perfectionnent la procédure avant l’opération chirurgicale.

    La société soutenue par Dassault systèmes, Medtronic et Sculpteo, a reçu le label « Entreprise Innovante du Pôle de compétitivité Medicen en juillet 2015 et figure parmi les finalistes du Prix EDF Pulse 2016 dans la catégorie e-santé.

    La simulation médicale en plein essor

    Recommandé par l’HAS depuis 2010, le recours à la simulation dans la formation des professionnels de santé attire les investisseurs et favorise l’innovation. A l’instar de Biomodex dans l’impression 3D, des start-ups comme Revinax et son application Surgevry se lancent également dans la formation, cette fois-ci en recourant à la réalité virtuelle.

  • 79 % des ados prêts à partager leurs données de santé (Apssis)

    79% des adolescents se disent plutôt d’accord pour partager leurs données de santé avec leur mutuelle ou leur assureur afin de bénéficier de tarifs adaptés à leur cas particulier, selon une enquête menée par l’Apssis auprès de 204 élèves de seconde et communiquée le 19 avril 2016. Ils sont presque autant, 77,5%, à considérer que leurs données de santé sont moins importantes que leurs données bancaires.

    L’étude Apssis menée auprès de ce que l’on appelle la « génération Z » simplifie le sujet de la confidentialité des données de santé. Pour près de 8 adolescents (élèves de la classe de seconde) sur 10, l’accès à leurs données personnelles et notamment de santé ne pose aucun problème. En revanche, ils entendent bien profiter du bénéfice de l’application qui collecte ces données.

    « La nouvelle génération prendra conscience de la valeur de ses données »

    « Partager de nombreuses informations personnelles via leurs applications sans trop se soucier des risques fait partie de leur quotidien. Pourquoi changeraient-ils leurs habitudes pour des données de santé », remarque Vincent Trély, président de l’Apssis, qui ajoute : « Si le retour sur investissement est favorable, la nouvelle génération prendra conscience de la valeur de ses données et décidera de les monnayer ».

    Les aînés des adolescents d’aujourd’hui ne pensent d’ailleurs pas autrement. Une étude de « US, European and Japanese Consumers » révèle que 75% des personnes interrogées en Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Russie, Slovénie, Suède et Suisse, estiment n’avoir aucun contrôle sur leurs données et ne prennent aucune mesure pour les protéger.

  • 135 M€ investis par IBM pour l’implantation de Watson Health à Milan

    Un investissement de 135 millions d’euros pour l’implantation de son centre de recherche « Watson Health » à Milan a été annoncé par IBM le 5 avril 2016.

    Cette annonce fait suite au rachat le 18 février 2016 de Truven Health Analytics pour 2,6 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros).

    En parallèle, IBM multiplie les partenariats avec d’autres entreprises du secteur de la santé:

    • Le 7 avril 2016 IBM s’est associé à Pfizer dans un programme de recherche sur la mesure des symptômes sur la maladie de Parkinson.

    •En janvier 2016, un autre partenariat était noué avec Medtronic pour le développement d’une application de prise en charge des patients souffrant de diabète.

    Watson Health a été créé en avril 2015 à partir du programme d’intelligence artificielle « Watson ». IBM a investi plus de 4 milliards de dollars (3,56 milliards d’euros) dans Watson Health depuis sa création, faisant de l’informatique cognitive un axe majeur de son développement, selon son PDG Virginia Rometty.

    Intelligence artificielle et Big Data

    • L’intelligence artificielle de Watson permet de traiter l’information issue de plusieurs milliers de publications scientifiques chaque année (près de 44 000 rien que pour le cancer).
    • 3 000 nouveaux articles sont indexés chaque jour sur PubMed. Sans compter les nouveaux médicaments et traitements qui font leur apparition chaque année.
    • Watson fournit aussi des solutions de diagnostic et d’aide à la prescription.

    L’exemple de l’hôpital Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New-York (MSK)

    • Grâce à Watson, les oncologistes du MSK sont aujourd’hui capables de partager leur expertise de certains cancers, la rendant accessible à n’importe quel autre médecin partout dans le monde.
    • Watson fournit le cadre pour apprendre, se connecter et stocker les données tandis que les médecins du MSK l’enrichissent de leur savoir et de cas particuliers.
    • Avec de sa base de données comportant des dizaines de cas de cancer, Watson est donc aussi capable d’apprendre et de comprendre chaque nouveau cas et de proposer des traitements appropriés accompagnés d’un indice de fiabilité et de risque. C’est au médecin ensuite de prendre la décision finale avec le patient.

    Au-delà du cancer

    Watson collabore avec plusieurs institutions pour tenter de trouver de nouveaux traitements du cancer par l’analyse des bases de données génétiques. Mais le développement de Watson ne s’arrête pas à cette pathologie. L’ambition affichée d’IBM étant de modifier en profondeur non seulement son propre ADN, mais également tout l’écosystème de la santé. 

  • IoT : le maintien à domicile intéresse les investisseurs

    Le maintien à domicile des seniors représente un marché potentiel important pour l’IoT. L’intérêt des investisseurs se développe pour les start-up de ce secteur. Longtemps réservés sur les objets connectés jugés trop intrusifs, 50% des plus de 50 ans (étude Medisite de mars 2016) voient dans leur utilisation le moyen de préserver leur autonomie.

    « La fracture numérique va progressivement diminuer dans les 10 prochaines années et les seniors vont être de plus en plus responsables de leur santé», pronostique Benjamin Zimmer, directeur de la Silver Valley qui supervise un réseau de 270 acteurs spécialisés dans la silver économie. Résultat, les start-up qui travaillent sur les objets connectés permettant de suivre le rythme cardiaque, de surveiller sa tension ou de prévenir les chutes au domicile intéressent de plus en plus les investisseurs et parmi eux quelques grands groupes qui regardent ce marché de très près.

    La montre Zembro fait partie des nouvelles offres qui visent les seniors actifs en permettant à ses utilisateurs d’effectuer des appels d’urgence. Ses créateurs belges ont bénéficié à travers la banque ING Direct et le laboratoire Oméga Pharma d’un investissement total de 4,5 millions d’euros. Ce qui leur a permis d’aborder le marché sans avoir besoin de réaliser immédiatement un important chiffre d’affaires. Toutes les entreprises de ce secteur ne rencontrent pas les mêmes opportunités : « Elles parviennent en général à lever autour de 500 000 euros », précise Olivier Lenoir, directeur de Zembro.

    Partenariats avec des assurances

    « Le business de ces jeunes pousses est encore en construction, notamment parce qu’elles ne savent pas encore si leurs clients seront directement les seniors ou si elles devront conclure des partenariats avec des mutuelles ou assurances qui souhaitent maintenir au maximum les personnes âgées à domicile pour limiter leurs dépenses », confirme Aicha Douhou, chargée de la filière santé et sciences du vivant chez BPIFrance qui épaule plusieurs de ces entreprises. Parmi elles, Auxivia et son verre connecté qui mesure la quantité de liquide bue chaque jour par son utilisateur.

    Les sociétés de capital-risque spécialisées dans les nouvelles technologies regardent également ce marché. En France, le fonds SISA, doté de 53 millions d’euros, a été créé par Innovation Capital, dirigée par Chantal Parpex, spécialement pour soutenir les jeunes entrepreneurs de la silver économie.

    Un soutien pour les start-up 

    De grands groupes comme Orange et Microsoft travaillent sur des innovations au service des seniors avec des start-up qu’ils soutiennent dans le cadre de la Silver Valley. Le fabricant d’électro-ménager SEB, allié à la mutuelle AG2R, ont investi dans SeniorAdom qui installe des capteurs au domicile des seniors pour suivre leur activité.

    Les géants de l’internet restent, pour le moment, encore discrets sur ce marché. « En matière de communication, les seniors ne sont pas dans l’ADN de groupes comme Apple, Samsung ou Google, leurs valeurs de jeunesse sont très éloignées des 60 ans et plus », analyse Olivier Lenoir.

     

  • Pilules imprimées en 3D : première mise sur le marché aux Etats-Unis

    Les pilules « Spritam » (levetiracetam) destinées au traitement de l’épilepsie, sont les premières de ce type commercialisées aux États-Unis depuis l’approbation du procédé par la FDA en août 2015.

    Appelé « ZipDose », le procédé mis au point par Aprecia agrège plusieurs couches de poudre en combinaison avec une solution aqueuse, afin de produire une matrice poreuse capable de se dissoudre très rapidement dans très peu d’eau.

    Il permet également de doser plus finement les composants par rapport à une presse classique. Aprecia a développé sa propre technologie à partir des composants d’impression 3D déjà disponibles sur le marché.

    Un médicament plus facile à doser et à avaler

    Basé sur une technique inventée par le MIT dans les années 80, la structure poreuse et la dissolution rapide de ces pilules permettent d’avaler plus facilement les médicaments fortement dosés. Ces médicaments conviennent donc aux patients souffrant de problème de dysphagie ou encore aux enfants.

    Des formes personnalisées et adaptées

    Des chercheurs de l’école de pharmacie de l’University College de Londres ont de leur côté développé des techniques d’impression 3D de médicaments de différentes formes.

    Leurs recherches ont en effet démontré que la diffusion des principes actifs d’un médicament pouvait dépendre de leur forme et de leur surface. Ainsi, un médicament en forme de pyramide délivrerait le traitement plus lentement qu’un cube ou une sphère.

    L’impression 3D de pilules de ce type permet  de mieux contrôler l’absorption d’un médicament par le métabolisme.

    Des médicaments sur mesure

    Pour l’instant, l’impression 3D n’est utilisée que pour modifier la structure de la pilule. Mais des recherches envisagent d’aller encore plus loin dans l’utilisation de cette technique, cette fois au niveau moléculaire. Cité par le Guardian, le professeur Lee Cronin de l’Université de Glasgow qui travaille sur cette technique, imagine un monde où les patients seraient capables de télécharger  leur propre « recette » pour les imprimer directement à domicile.

    Le marché global de l’impression 3D dans la santé devrait dépasser les 3,5 milliards d’euros en 2020 selon une étude Bis Research publiée en janvier 2016.

  • Silver économie : faire des Ehpad des coordinateurs de services à domicile

    Le projet Seniors CONNECT+ a été lancé en mars 2016 par le groupe SOS Seniors et la Carsat Alsace-Moselle. Il vise à faire des établissements de type Ehpad des plateformes de coordination des services à domicile, permettant aux personnes âgées de retarder, d’améliorer voire d’éviter l’entrée en établissement spécialisé tout en assurant une prise en charge complète, à coût raisonné.

    Deux établissements expérimentent actuellement Connect+ : l’un en ville à Metz (Les Cèdres), l’autre, à Bischwiller en Alsace (Julie Gsell) en zone semi-rurale.

    Face au vieillissement de la population les capacités des Ehpad sont aujourd’hui insuffisantes. On estime que le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans va tripler en France d’ici 2040 (Insee). Parallèlement à la construction de nouveaux Ehpad et à l’augmentation des places, le maintien à domicile par le recours aux services à distance grâce aux objets connectés ou à la téléconsultation est une solution plus que prometteuse dans laquelle de nombreux acteurs s’engagent.

    Avec le programme Connect+, les Ehpad sont appelés à devenir :

    • Des relais d’acteurs présents sur les territoires et œuvrant pour les personnes âgées (services à la personne, portage de repas, services de soins infirmiers à domicile,etc.), ou d’entreprises innovantes proposant des solutions technologiques d’accompagnement à domicile (téléassistance, appel malade, suivi de paramètres physiologiques, détection de chutes).
    • Des lieux et centres de ressources. Les Ehpad ont tout à gagner à accueillir dans leur quotidien des non-résidents qui pourront bénéficier de leurs nombreuses activités et services dédiés aux personnes âgées : les seniors pourront accéder librement à l’Ehpad et profiter de ses services
    • Des coordonnateurs. En lien avec les différentes parties prenantes de la santé à domicile et de l’autonomie, Seniors CONNECT+ se donne pour objectif de faciliter l’accompagnement des personnes âgées à domicile en coordonnant les interventions, contribuant ainsi à réduire les ruptures dans les parcours et prises en charge à domicile des personnes en perte d’autonomie.
  • CMU

    Couverture maladie universellenull

  • ARS

    Agence régionale de santé

  • « Le rôle des mutuelles va se déplacer vers l’accompagnement et le conseil » (Etienne Caniard)

    « C’est aux mutuelles de tester des innovations permettant de proposer une autre offre de soins. Le véritable enjeu c’est que l’innovation organisationnelle rejoigne l’innovation technologique ».

    « Aucune réforme ne sera possible sans faire confiance aux acteurs sur le plan territorial pour tenir compte des réalités locales. Il faut aller vers la fongibilité des financements en confiant aux structures locales la gestion d’une enveloppe (…). De nouveaux équilibres sont à trouver entre l’assurance obligatoire et les complémentaires à partir d’objectifs adaptés aux territoires », dit Etienne Caniard.

    En quoi le développement de la e-santé va-t-il impacter le rôle des mutuelles ?

    Le développement des technologies du digital a des conséquences majeures pour les mutuelles et pose la question de leur valeur ajoutée comme pour tous les acteurs. La réduction de l’aléa, notamment avec la puissance de traitement des données, avec le développement de la médecine prédictive, va petit à petit déplacer le rôle des mutuelles d’une pure activité assurancielle limitée au remboursement vers l’accompagnement et le conseil. Ce rôle sera d’autant plus important que le patient disposera demain de nombreuses informations qu’il ne va pas toujours savoir utiliser.

    Les assurés sont-ils déjà en demande vis-à-vis de cette mutation de l’assurance santé complémentaire ?

    Prenons l’exemple de l’optique. Presque toutes les personnes à partir d’un certain âge portent des lunettes. Les mécanismes d’assurance ne fonctionnent plus puisque le risque est quasi certain. Mais l’accès aux équipements optiques pose la question de la qualité de l’équipement, du prix et de la bonne adéquation entre les besoins réels et l’offre.

    Le patient ne dispose pas des éléments pour faire son choix. Il a besoin de conseil sur la qualité du service apporté, le respect des normes, la traçabilité. La réponse peut lui être apportée par la contractualisation entre sa mutuelle et les opticiens.

    Quel pourra être l’impact de ces changements sur la rémunération des professionnels de santé ?

    Les professionnels de santé, en raison de l’impact des technologies digitales, travailleront de moins en moins seuls et on va assister à de nouvelles formes de contacts entre patients et professionnels, notamment à travers la télémédecine. Rien n’existe aujourd’hui pour organiser la rémunération de professionnels de santé travaillant en coordination. Cette prise en charge partagée va inéluctablement conduire à de nouveaux modes de rémunération. C’est aussi le cas de la télémédecine, pour laquelle les rémunérations ne sont pas adaptées. Ce qui est certain, c’est que la rémunération à l’acte va fortement diminuer sauf pour quelques actes purement techniques. Mais il faudra cependant tenir compte, même pour certains actes techniques comme la chirurgie ambulatoire, de ce qui se passe en amont et en aval pour définir une rémunération qui favorisera son développement.

    Pour accompagner une mutation de cette importance, qui doit, selon vous, piloter l’organisation de la santé ? 50% des Français souhaitent un pilotage centralisé par le ministère (sondage Odoxa), c’est à dire l’État…

    Ce sondage montre en effet que les Français privilégient l’État pour assurer l’équité dans le remboursement des soins. Mais dans le même temps la gestion de l’assurance maladie, comme le montre le même sondage, est critiquée et son rôle dans le pilotage du système de santé sévèrement jugé.

    Mais au-delà de la question du remboursement et du financement, c’est la question de l’organisation de l’offre, du parcours de soins qui est posée. Aucune réforme ne sera possible sans faire confiance aux acteurs sur le plan territorial pour tenir compte des réalités locales. Il faut aller vers la fongibilité des financements en confiant aux structures locales la gestion d’une enveloppe. Prenons un exemple : tout le monde souhaite le maintien à domicile pour les personnes âgées. Or les complémentaires qui remboursent les soins de ville n’ont aucun intérêt économique à favoriser le maintien à domicile qui est à leur charge alors que l’hospitalisation est à la charge de l’assurance maladie. De nouveaux équilibres sont à trouver entre l’assurance obligatoire et les complémentaires à partir d’objectifs adaptés aux territoires. Aux instances nationales de fixer l’objectif, aux instances locales de décider des moyens et de la mise en œuvre et de prévoir des redistributions de financement en fonction de l’atteinte des objectifs.

    On raisonne toujours comme si la sécurité sociale payait les conséquences de la maladie comme lorsqu’elle versait majoritairement des prestations en espèces sous forme d’indemnités journalières, alors qu’aujourd’hui elle finance les conséquences des choix des assurés sociaux et des professionnels de santé, d’où l’importance de l’organisation et d’une déclinaison territoriale.

    Les mutuelles ont-elles intérêt, pour accélérer cette mutation, à participer au financement de l’innovation ?

    Ce n’est pas seulement aux acteurs de financer un secteur qui innove en fonction de leurs intérêts. C’est à l’État de créer un environnement favorable au développement du numérique avec une stabilité des règles qui favorise l’investissement. Les mutuelles participent à des expérimentations en télémédecine. Mais les financements accordés sur ce sujet par les ARS ne sont pas pérennes, ce qui fragilise l’innovation. Leur financement doit être moins aléatoire, il doit être intégré dans les interventions de l’assurance maladie.

    Quel sera demain le rôle de 15 000 professionnels de santé qui travaillent actuellement pour les mutuelles ?

    Le même qu’aujourd’hui. Travailler dans des structures accessibles à tous, développement des offres de qualité et innovantes en matière d’organisation, de coopérations professionnelles. Il ne s’agit pas de développer une offre fermée. Les 2 500 services de soins et d’accompagnement mutualiste sont ouverts à toute la population.

    En revanche, elles doivent démontrer que l’on peut mieux limiter le reste à charge si on a des tarifs opposables nés de la négociation entre professionnels de santé et financeurs.

    Ces pratiques tarifaires ont aussi des conséquences positives pour les assurés sociaux qui fréquentent d’autres professionnels. Dans les zones où les complémentaires sont très présentes, cela fait baisser le prix des libéraux sur le périmètre géographique concerné.

    C’est aux mutuelles de tester des innovations permettant de proposer une autre offre de soins. Le véritable enjeu c’est que l’innovation organisationnelle rejoigne l’innovation technologique. Les 15 000 professionnels de santé des mutuelles contribuent à inventer de nouvelles organisations adaptées aux innovations technologiques.