Déterminer si les logiciels d’aide à la prescription sont des dispositifs médicaux au sens du droit de l’UE, c’est l’objet de la saisine le 8 juin 2016 par le Conseil d’État de la Cour de justice de l’Union européenne. Cette action est menée en vue de trancher un litige portant sur leur obligation de certification par la HAS.
Le décret du 14 Novembre 2014, pris en application de la loi relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé de Décembre 2011 et d’une loi d’adaptation au droit de l’UE dans le domaine de la santé de Février 2014, fixe les modalités de l’obligation de certification des logiciels d’aide à la dispensation et LAP, au plus tard à compter du 1er Janvier 2015.
Un recours déposé par le Snitem et Philips France
Le Conseil d’État avait déjà été saisi en janvier 2015 par le Snitem et Philips France pour un recours contre le décret du 14 novembre 2014, car ils considéraient que certaines dispositions étaient contraires au droit européen, en imposant une réglementation plus stricte.
Ils affirment que certains LAP appartiennent au champ d’application de la directive 93/42/CEE du Conseil du 14 Juin 1993 relative aux dispositifs médicaux, dont l’article 4 interdit aux États membres « d’empêcher ou de restreindre la mise sur le marché ou la mise en service des dispositifs médicaux portant ce marquage CE », observe le Conseil d’État.
Ce dernier a saisi la CJUE pour savoir si, selon la directive de 1993, un LAP est considéré comme un dispositif médical « lorsque ce logiciel présente au moins une fonctionnalité qui permet l’exploitation de données propres à un patient en vue d’aider son médecin à établir sa prescription, notamment en détectant les contre-indications, les interactions médicamenteuses et les posologies excessives, alors même qu’il n’agit pas par lui-même dans ou sur le corps humain ».
Le Conseil d’Etat a sursis à statuer sur la validité du décret de novembre 2014 dans l’attente de la décision de la Cour européenne.
Les règles sont en train d’être modifiées
Cette dernière va devoir se prononcer alors que les règles relatives à l’obligation de certification sont en train d’être modifiées, par application de l’article 148 de la loi du 26 Janvier 2016 de modernisation du système de santé. La loi a entre autres apporté un fondement législatif à l’agrément par la HAS des bases de données sur les médicaments (BDM) auxquelles sont adossés les logiciels candidats à la certification.