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  • Des recherches qui suscitent un débat éthique

    • Les robots vont-ils enfermer l’homme dans la machine?
    • Peuvent-ils remplacer l’homme?
    • La recherche en robotique ne fait-elle pas naître de vains espoirs aux handicapés?
    Sur ces sujets, le débat est ouvert.

    La naissance des hommes augmentés

    Réparer l’homme, lui redonner des capacités perdues… voilà une noble mission pour les robots et autres exosquelettes. Qui songerait à s’opposer à des technologies permettant de faire remarcher un paraplégique ou de redonner l’usage de son bras à une victime d’AVC ? Personne ! Pourtant, ces recherches commencent à susciter un débat éthique.

    Tout d’abord parce que la frontière entre un robot qui répare et un robot qui augmente les capacités humaines est ténue. Les technologies servant à la réparation permettent aussi de donner naissance à des hommes augmentés. Comme le souligne l’Institut national de recherche et de sécurité « INRS » dans son rapport sur « L’utilisation des robots d’assistance physique à l’horizon 2030 en France », « certains y voient un moyen de diminuer la fatigue musculaire dans le travail, une voie originale permettant de faire marcher des handicapés moteurs, mais aussi un système d’enfermement de l’homme dans la machine ou un moyen d’augmentation des cadences de travail…

    Ouvrir la voie à une hybridation avec la machine

    En fait, « le sociologue Jacques Ellul écrivait qu’aucune technologie n’est ni bonne, ni mauvaise… ni neutre, rappelle Edouard Kleinpeter, ingénieur en médiation scientifique. Elle va toujours modifier les normes de notre société. Par ailleurs, on s’efforce toujours de représenter l’humain à l’aune de la technologie dominante d’une époque donnée. En l’occurrence, aujourd’hui, l’informatique. Cette conception informationnelle de l’Homme ouvrirait naturellement la voie à une hybridation avec la machine qui serait, de fait, considérée comme non problématique. Or, les faits nous montrent que ce n’est pas si simple. »

    Le laboratoire Clinatec, installé à Grenoble, travaille par exemple sur des interfaces homme-machine : des microélectrodes implantés dans le cerveau qui piloteraient un exosquelette par la pensée. Encadrés par l’ANSM, ces travaux suscitent malgré tout des polémiques. Le collectif grenoblois « Pièces et main d’oeuvre » redoute que ces recherches ne soient « la porte ouverte vers la production de robots humains ». Ce fantasme de l’homme-machine, fustigé par certains, est au contraire loué par les transhumanistes. Entre ces deux visions, il y a clairement la place pour un débat éthique. Ces technologies favorisent-elles vraiment l’autonomie des personnes en situation de handicap ? Pas sûr alors que les exosquelettes ne permettent qu’une marche hésitante avec des cannes et que les robots des membres supérieurs n’ont pas encore réussi à reproduire fidèlement le geste de la saisie.

    « La réparation idéale est une fausse promesse »

    « Dans bien des cas, la promesse d’une réparation idéale est en fait une fausse promesse, ce qui pose des questions sur le plan éthique », prévient Edouard Kleinpeter. Par ailleurs, la volonté de réparer à tout prix favorise-t-elle l’intégration sociale ? Ne serait-il pas préférable d’adapter la société au handicap ? Ces questions mériteraient sans doute un vrai débat de société. Pour l’instant, il est balbutiant et n’envisage la robotique que sous l’angle de la déshumanisation de la relation. Une étude TNS Sofres pour la Commission européenne publiée en 2012 a notamment révélé que les citoyens de l’Union européenne considèrent que les robots doivent être interdits dans les soins aux enfants, aux personnes âgées ou aux personnes handicapées (60 %) et dans le secteur de la santé (27 %). Or, souvent, les robots ne se substituent pas aux soignants.

    Les chercheurs intègrent de plus en plus ces problématiques éthiques très en amont en associant à leurs équipes des spécialistes des sciences humaines et sociales. En 2014, Allistene (1), l’alliance des sciences et technologies du numérique, définissait leur marche à suivre dans son rapport sur « L’éthique de la recherche en robotique » :  » Les chercheurs en robotique réparatrice ou d’assistance doivent appliquer, en coordination avec les professionnels de santé, les aidants et les patients, les principes d’éthique en usage dans le secteur médical afin d’arbitrer entre les exigences d’efficacité et de sécurité des soins, celles d’autonomie et d’intégrité de la personne et, enfin, de protection de la vie privée. »

    (1) Regroupement de 6 acteurs clés de la recherche française : la Conférence des Directeurs d’Écoles et Formations d’Ingénieurs (C.D.E.F.I.), le Commissariat à l’Energie Atomique (C.E.A.), le Centre national de recherche scientifique (C.N.R.S.), la Conférence des présidents d’université (C.P.U.), l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA) et l’Institut Télécom

     

  • Aide à domicile : un fonds de 25 M€ pour appuyer les bonnes pratiques

    25 millions d’euros, c’est le montant du fonds pour appuyer les bonnes pratiques en matière d’aide à domicile dont Pascale Boistard, secrétaire d’État aux Personnes âgées, a annoncé la création lors du conseil d’administration de la CNSA le 5 juillet 2016.

    Pascale Boistard a annoncé plusieurs autres mesures à cette occasion :

    • déblocage de 5,58 millions d’euros supplémentaires, s’ajoutant aux 102 millions d’euros de financements prévus en 2016, pour accompagner la mise en place des conférences des financeurs dans les départements. Les 81 départements non préfigurateurs recevront ainsi 60 000 € supplémentaires, et  les 24 départements préfigurateurs 30 000 €, à utiliser avant le 31 décembre 2017 ;
    • financement de nouvelles missions d’appui de l’État sur l’aide à domicile aux départements, pour les départements qui le demanderont ;
    • mobilisation de 20 millions d’euros des réserves de la CNSA, en 2016, pour l’adaptation des logements aux personnes âgées.

  • Les exosquelettes en chiffres

    Les principaux utilisateurs potentiels :

    • 40 000 paraplégiques en France et 1000 de plus par an
    • 60 % sont paralysés des jambes et 40 % ont perdu l’usage de tous leurs membres
    • 75% ont moins de 35 ans au moment de l’accident
    • 273 000 blessés médullaires aux Etats-Unis
    • 130 000 AVC par an en France (40% des survivants gardent des séquelles importantes telles qu’une hémiplégie)
    • 2500 personnes touchées par la myopathie de Duchenne
    • 30 000 personnes atteintes des neuropathies de Charcot-Marie-Tooth

    Le prix d’un exosquelette complet :

    • 50 000 euros pour le 1er exosquelette vendu à des particuliers
    • 30 000 euros pour l’exosquelette Hercule de la société RB3D au stade des pré-séries
    • 130 000 euros pour l’exosquelette d’Ekso Bionic vendu à des centres de rééducation

    Poids, Autonomie, Vitesse de marche :
    • HAL
    23 kg
    2h30 d’autonomie
    4lm/h

    • Re-Walk
    20 kg
    8h d’autonomie
    3km/h

  • Négociation conventionnelle : nouvelle rupture des discussions le 7 juillet 2016

    La CSMF a décidé le 7 juillet 2016 de quitter la table des négociations sur la convention médicale. Le premier syndicat de médecins a été suivi par le Syndicat des médecins libéraux (SML), mais aussi par les dirigeants de la FMF qui ont laissé sur place leur délégation technique.

    Le BLOC, majoritaire dans les spécialités sur plateaux techniques lourds, avait décidé de boycotter la réunion du jour. MG France se retrouve donc quasiment seul, à ce stade des négociations, pour discuter avec l’Assurance maladie.

    Les explications des syndicats qui ont quitté la négociation :
    • « Les propositions faites par la CNAM, et notamment l’étalement de la revalorisation de la consultation, qui ne sera portée à 25 euros qu’en 2018, sont inacceptables », estime Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.
    • « On ne connaît toujours pas l’enveloppe consacrée au forfait structure, tout ceci est provocation », a déclaré la FMF.
    • « Il n’y a toujours pas d’équité tarifaire entre les médecins et le secteur II est toujours stigmatisé », estime le SML.

    Nicolas Revel, la patron de l’Assurance maladie, avait précisé aux syndicats de médecins le 6 juillet 2016 les éléments qu’il apportait à cette réunion de négociation. Au total, une enveloppe de 743,3 M€.

    La prochaine réunion de négociation de la convention médicale est prévue le 13 juillet 2016. Les discussions doivent aboutir au plus tard le 36 août 2016.

  • Assocham

    Associated Chambers of Commerce & Industry of Indianull

  • Un plan pour un accès à la médecine génomique en 2025 (Rapport d’Yves Lévy, INSERM)

    Faire de la France un leader de la recherche génétique et du séquençage à très haut débit de l’ADN humain, c’est l’objectif visé par les propositions du rapport d’Yves Lévy, directeur de l’Inserm, remis au Premier Ministre, Manuel Valls, et à la Ministre de la Santé le 22 juin 2016.

    Intitulé « France Médecine Génomique 2025 », ce rapport détaille les « conditions de mise en œuvre du génome à grande échelle dans le cadre du parcours de soins. »

    En pratique, le plan consiste à « mettre en œuvre un parcours de soins générique avec un accès privilégié, commun à tous les patients affectés par les cancers, maladies rares ou communes permettant, à l’horizon 2025, un accès à la médecine génomique pour l’ensemble des personnes concernées. »

    L’objectif du rapport est de proposer une vision à long terme du positionnement de la France, l’évaluation de ses enjeux (innovation, développement économique et technologique, implications éthiques).

    L’élaboration d’un modèle médico-économique « intégrant la prise en charge par l’Assurance maladie et le développement d’une filière industrielle pour soutenir cette initiative » et s’appuyant sur la mise en place d’une « task force public-privé » est préconisée dans le rapport.

    Le jour-même de sa présentation, Marisol Touraine a annoncé que 670 M€ seront consacrés à la création en France de 12 centres dédiés au séquençage du génome.

    Ingénierie génomique : une nouvelle dimension

    Malgré l’apparition des thérapies géniques dans les années 1990, on plonge dans une nouvelle dimension avec l’avènement en 2013 de l’édition génomique.
    Le 21 juin 2016, l’Institut National de la Santé américain a autorisé un essai clinique de thérapie génique anticancéreuse sur l’homme, une première, impliquant l’utilisation de CRISPR-Cas9.
    Découper, à la base près, des séquences d’ ADN choisies, réaliser une chirurgie du génome, inactiver ou supprimer un gène, voire le remplacer par un autre, est désormais possible.
    L’objectif est de prendre en charge, à l’horizon 2020, environ 235 000 séquences de génomes par an correspondant à 20 000 patients atteints de maladies rares, et leurs familles (environ 60 000 génomes) et 50 000 patients prioritaires car atteints de cancers métastatiques/réfractaires au traitement.

    Transmission irréversible à la descendance

    En 1997, la France et 28 autres pays signent la convention d’Oviendo, ratifiée en 2011 : elle consacre l’interdiction d’exercer des modifications génétiques transmissibles à la descendance.
    Pour l’heure, thérapies géniques ou CRISPR ne sont autorisées que pour une application thérapeutique sur les cellules somatiques du foie ou des muscles.

    Les trois outils d’ingénierie génomique existant

    • TALEN (Transcription activator-like effector nuclease) et ZFN (Zinc finger nuclease), nécessitant plusieurs mois de développement et faisant intervenir une protéine reconnaissant l’ADN à découper
    • CRISPR, courtes répétitions en palindrome regroupées et régulièrement espacées, identifiant directement l’ADN, via un ARN guide, élaboré en quelques heures

    Avril 2015 : première modification génétique d’embryon humain

    Optimisation de la précision, de la rapidité, du prix par rapport aux thérapies géniques classiques, les CRISPR se sont invités dans les laboratoires du monde entier : un millier d’études publiées en moins de deux ans d’existence, des millions d’euros investis dans des projets de recherche ou start-up.
    Avril 2015, le biologiste chinois Huang Junjiu réalise la première modification génétique d’embryon humain via la technique CRISPR-Cas9 : des ciseaux moléculaires sont utilisés afin de traiter une maladie monogénique : la bêta-thalassémie.

    Utilités et bénéficiaires

    L’édition génomique et ses nombreuses futures applications thérapeutiques ne se destinent qu’aux pathologies dont les gènes ont été parfaitement identifiés et caractérisés comme la myopathie de Duchenne par exemple, liée à une anomalie du gène DMD.
    A l’heure actuelle il est possible d’introduire chez la souris un CRISPR dans le muscle pour modifier le gène déclencheur de la maladie.
    VIH, leucémie ou mucoviscidose sont des pathologies pour lesquelles la technique est expérimentée.

    Obstacles techniques

    Avant de commercialiser ce type de traitement chez l’homme il est indispensable de pallier le fait que les CRISPR manquent parfois leur cible et découpent un autre gène que celui visé.
    Ce sont les effets dits « off-target », néanmoins prévisibles informatiquement.
    Il s’agit d’identifier les séquences ressemblant considérablement à la cible afin de prédire, limiter et idéalement éviter les cassures indésirables, impliquant par exemple la délétion d’un gène indispensable au fonctionnement du système immunitaire.
    La délivrance du système CRISPR-Cas9 relève du challenge : cibler les organes, introduire le bistouri génétique grâce à un virus ou en sortant les cellules de l’organisme pour les réimplanter modifiées ensuite.

    Limites éthiques

    Modifier de l’ADN avec des outils d’ingénierie génomique comme CRISPR-Cas9 implique l’émergence de questionnements éthiques et législatifs complexes.
    La thérapie génique, consistant à introduire un gène médicament dans un organisme, soulevait déjà les enjeux sociétaux des biotechnologies appliquées à la santé.

    • Peut-on modifier l’ADN d’embryons humains et donc celui des générations futures ?
    • Comment contrôler ces nouveaux OGM ?
    • Peut-on manipuler les embryons humains pour optimiser les taux de réussite des FIV ?
    • Doit-on réaliser des expérimentations pour créer de nouvelles formes de vie ou recréer des espèces disparues ?
  • Inde : le marché de la télémédecine pourrait doubler d’ici 2020

    En Inde, le marché de la télémédecine pourrait dépasser la barre des 32 millions de dollars (29 M €) d’ici 2020, révèle une étude publié en juin 2016 par la Chambre du commerce et de l’industrie indienne (Assocham). Il atteint actuellement les 15 millions de dollars (13,5 M €).

    Intitulée « Promouvoir la santé rurale : le rôle de la télémédecine », cette enquête met en avant l’importance de la croissance et du développement des soins en milieu rural au sein du pays.

    De plus en plus de centres médicaux en Inde

    Les auteurs de l’étude révèlent qu’entre 2005 et 2009, il y eu de nombreuses créations de centres médicaux:

    • 6 300 « sous-centres » supplémentaires ;
    • 2 000 nouveaux centres de santé communautaires ;
    • 1 800 centres primaires de santé en plus.

    « La télémédecine pourrait révolutionner le système de santé en Inde »

    « Avec des ressources limitées et une grande partie de la population vivant dans des zones rurales reculées (environ 68 % de la population totale), la télémédecine pourrait révolutionner le système de prestation de soins en Inde », a déclaré le secrétaire général de l’Assocham, D.S. Rawat, au moment de la publication du rapport.

    Selon M. Rawat, le développement d’un réseau de télémédecine durable dépend :

    • de l’introduction de cadres juridiques ;
    • de la mise en place de politiques nationales en e-santé ;
    • de la formation de ressources humaines ;
    • d’un financement régulier.

    Les conseils de l’Assocham pour stimuler la croissance du secteur :

    • faire des efforts pour concevoir un cadre global encadrant à la fois les centres de soins primaires et les centres régionaux ;
    • résoudre les problèmes techniques, en s’assurant notamment du bon fonctionnement de la bande passante et de la qualité de la connectivité.

    « Offrir des soins de qualité à une large majorité de la population – qui n’a actuellement pas accès à des médecins spécialisés en raison de divers facteurs, comme l’éloignement géographique ou de mauvaises conditions socio-économiques – est le plus grand défi à relever par le secteur de la santé en Inde », a insisté D.S. Rawat.