Pierre Audoin Conseilnull
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Des projets nombreux, des réussites spectaculaires, un marché encore limité
Des acteurs français comme Clinatec ou Wandercraft se positionnent sur le marché des exosquelettes. Malgré des avancées spectaculaires pour redonner de la mobilité à des patients handicapés, ces dispositifs souffrent encore de limites techniques, d’un coût très élevé de plusieurs dizaines de milliers d’euros, des interrogations éthiques liées à ces technologies et d’une absence de bénéfice clinique reconnu par le régulateur.
Les exosquelettes ne sont plus de la science-fiction. La production de combinaisons biomécaniques ou motorisés s’accélère. Le 1er brevet d’exosquelette motorisé a été déposé par un américain en 1964, visant à amplifier la force humaine a échoué. Dans le domaine de la santé, il a fallu attendre les années 2000 pour voir éclore des prototypes utilisables dans le cadre de la rééducation neuro-fonctionnelle. Ils ont rapidement bénéficié d’une forte exposition médiatique. En 2014, un paraplégique équipé d’un exosquelette a même donné le coup d’envoi de la coupe du monde de football.
Des entreprises concentrées aux Etats-Unis
Cette vitrine est cependant trompeuse. Tout d’abord, le secteur des exosquelettes autonome n’est pas l’eldorado que l’on croit. Il ne compte que quelques acteurs dans le monde. Si les projets de recherche sont nombreux, les entreprises qui se sont lancées dans cette aventure sont moins d’une dizaine, concentrées essentiellement aux Etats-Unis, au Japon. Des pays européens comme la Suisse et la France (avec Clinatec et Wandercraft) jouent aussi dans cette cour mais « nous sommes quasiment dans une situation de monopole, ce qui a évidemment des conséquences en terme de prix, » indiquait Nathanaël Jarrassé, chercheur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), lors d’un colloque sur la robotique organisé par l’Observatoire de l’hospitalisation privée.
Un exosquelette coûte environ 100 000 euros. « Et les exosquelettes développés actuellement répondent à des besoins très spécifiques; ils sont sur des niches microscopiques alors que le marché global est gigantesque, déclare Samuel Veillerette, président du centre de transfert de technologie de l’université de Compiègne.
Paraplégie, AVC, neuropathies…
Derrière les exosquelettes, se cache tout le secteur de la robotique fixe. De nombreuses structures ont aujourd’hui investi dans des robots de rééducation, notamment pour les membres supérieurs, et surtout pour des victimes d’AVC. « Au milieu de toutes les techniques de rééducation, la robotique a une vraie place », déclare Agnès Roby-Brami, directeur de recherche au CNRS. Même si elle s’empresse d’ajouter qu’il n’existe pas vraiment de consensus sur l’utilisation de ces robots.
Par ailleurs, les exosquelettes ne servent pas qu’à tenter de faire remarcher des paraplégiques. Leurs fonctionnalités sont multiples : ils peuvent amplifier la force, permettre la télé-opération à distance, l’immersion dans la réalité virtuelle et bien sûr la rééducation. En santé, les applications sont donc variées : réduire la pénibilité au travail et les troubles musculo-squelettiques, assister les personnes âgées ou fragilisées dans leur vie quotidienne, rééduquer le mouvement chez les patients ayant subi un AVC, souffrant d’une SEP ou le suppléer totalement chez des lésés médullaires ou des myopathes. Plus anecdotique : un exosquelette permet même de se mettre dans la peau d’une personne âgée et ainsi de sensibiliser au grand âge.
L’autre mythe qui entoure les exosquelettes et la robotique en général, c’est celui du « Lèvre-toi et marche ! » « Ce ne sont que des outils d’assistance pour le thérapeute et le patient, rien de plus, affirme Nathanaël Jarrassé. Le Lokomat, un exosquelette suisse a par exemple fait naître beaucoup d’espoir. Il permet de faire des séances thérapeutiques plus longues. Mais, « l’enthousiasme est un peu retombé car il ne change pas le pronostic », précise Agnés Roby-Brami.
Concrètement, ils sont de plus en plus utilisés dans les centres de soins mais encore loin d’être fonctionnels dans la vie quotidienne.
Une efficacité qui peine à être démontrée
La communauté médicale reste circonspecte. Et pour cause, la démonstration de leur supériorité par rapport à de la rééducation conventionnelle est loin d’être flagrante. Les études aboutissent à des résultats contradictoires. Les robots de membres supérieurs montrent malgré tout des résultats supérieurs à ceux des membres inférieurs. Une étude en cours menée par le Pr Olivier Rémy-Néris, chef du service de médecine physique et de réadaptation du CHU de Brest, devrait apporter des éclaircissements. Elle va comparer l’entraînement en autonomie (sans thérapeute) avec un robot à l’auto-rééducation chez 220 patients victimes d’AVC.
Une étude randomisée contrôlée a permis de montrer l’efficacité de la rééducation via un robot par rapport à une thérapie classique, mais uniquement à cause de l’intensité des exercices. En fait, le robot permet de répéter 100 fois un geste contre seulement une dizaine de fois avec un rééducateur. Or, depuis une quinzaine d’années, il est démontré que la répétition favorise la plasticité neuronale et donc la récupération.
Du côté des exosquelettes de marche, des bénéfices au niveau cardiaque, intestinal, veineux sont pour le moment espérés. Quant à la locomotion, elle reste balbutiante. Lourds, manquant souvent d’autonomie, ces appareils nécessitent l’emploi de béquilles. En revanche, des progrès technologiques ont été effectués sur le partage de commandes. Pour des patients possédant encore des capacités motrices, l’exosquelette doit pouvoir détecter les intentions de mouvement de la personne. Comme l’explique Agnès Roby-Brami, « plusieurs méthodes existent comme la mesure des signaux de contractions musculaires ou neuronaux et des forces d’interactions avec l’exosquelette ou simplement l’observation posturale. »
Des prémices de remboursement
Ces progrès ont conduit la FDA à autoriser la commercialisation du ReWalk en 2014 et de l’Indego en 2016. Des assureurs privés aux Etats-Unis mais aussi des caisses professionnelles en Allemagne commencent à les prendre en charge. En France, nous n’en sommes pas là. Le régulateur ne remboursera pas tant que les évaluations ne mettront pas en avant un réel bénéfice clinique. Tous les observateurs l’affirment : l’exosquelette est encore très loin de remplacer le fauteuil roulant. Pour Samuel Veillerette, « la révolution viendra des fibres textiles intelligentes. Des chercheurs ont déjà mis au point des fils de pêche torsadés qui soulevaient une masse 100 fois plus élevée qu’un muscle humain ! »
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La liste complète des 135 GHT au 7 juillet 2016
135 GHT, c’est le chiffre annoncé le 5 juillet 2016 par Marisol Touraine et qui structure la nouvelle carte des hôpitaux publics français. Les périmètres de chaque GHT, la définition de l’établissement support et le choix des établissements qui lui sont rattachés sont, avec le projet médical partagé de chaque GHT, les éléments que les ARS avaient mission d’arrêter au plus tard le 1er juillet 2016 dans le cadre d’une convention constitutive. Ces règles pour la première étape de la constitution des GHT avaient été posées par le décret du 27 avril 2016.
L’objectif de la constitution de ces GHT est de mettre en place dans chaque territoire un ensemble de structures de soins coordonnées avec un hôpital important et, autour de lui, d’autres établissements qui permettent de répondre aux différents niveaux de prise en charge
Les GHT « seront de nature très variable » et « iront de 2 à 20 établissements, concernant des populations de 50 000 à plus de 2 millions d’habitants », a précisé la ministre de la Santé le 30 juin 2016.
Les GHT ne seront effectivement créés qu’une fois que la convention aura été approuvée par le directeur général de chaque ARS qui dispose pour le faire d’un délai de deux mois à partir du 1er juillet 2016.
Health and Tech Intelligence a recueilli toutes les informations disponibles le 7 juillet pour constituer la liste complète des GHT.
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« Rien n’aurait été possible sans le financement de l’armée » (Serge Grygorowicz, Rb3d)
« Nous avons des échanges techniques avec des fabricants d’exosquelette de rééducation », explique Serge Grygorowicz, PDG de la société française RB3D qui travaille sur des exosquelettes militaires.
« Nos dispositifs détectent le mouvement et l’amplifient ensuite, je suis convaincu que certains progrès vont être utiles pour des personnes non-valides », ajoute-t-il à propos des applications en santé des travaux menés pour l’armée.
Vous fabriquez des robots et des exosquelettes pour des industriels et pour l’armée. Ils développent la puissance et l’endurance de leurs utilisateurs. Mais, quels sont leurs bénéfices sanitaires ?
Nos robots collaboratifs, et nos exosquelettes permettent de prévenir les troubles musculo-squelettiques, qui dépendent de 3 facteurs : la force, la fréquence et la posture. Ils sont par exemple très indiqués pour les personnes qui étalent le bitume sur les routes. Certaines tâches ne peuvent pas être déléguées à des machines. Ces hommes étalent donc environ 35 tonnes de bitume par jour et ces gestes font 20 kg de tirée et de poussée ! Equipés de nos robots, les ouvriers n’assurent plus que 10% de la force et peuvent ainsi se tenir droit. Nous avons aussi des bras de robot qui servent à tenir des outils de meulage. Ces machines filtrent toutes les vibrations.
Comment avez-vous financé la recherche et développement de ces robots et exosquelettes ?
En 2009, nous avons proposé à la direction générale de l’armement et au CEA un projet de partenariat. Les militaires ont besoin de partir loin, longtemps, en totale autonomie et de transporter des charges lourdes. Nous avons ensuite rapidement trouvé des applications civiles pour nos robots et exosquelettes dans des secteurs variés, tels que le BTP, l’automobile, la métallurgie… Sans le financement de la DGA, tout cela aurait été impossible. Certes, c’est un marché naissant mais la prise en charge de la pénibilité au travail suscite de plus en plus d’intérêt.
Les robots industriels vont-ils avoir des applications dans le domaine de la santé ?
Nous avons des échanges techniques avec des fabricants d’exosquelette de rééducation, et notamment avec l’américain Ekso Bionics. Bien sûr, notre technologie n’est pas directement transférable dans la santé. Et notamment chez les paraplégiques puisque nos dispositifs détectent le mouvement et l’amplifient ensuite.
Cependant, je suis convaincu que certains progrès vont être utiles pour des personnes non-valides. Entre la V3 et la V4 de notre exosquelette pour l’armée, nous avons réussi à diviser par 3 le nombre de watts par kilo de charge.
Les secteurs de la téléphonie mobile et de la voiture électrique contribuent aussi à l’amélioration des batteries. Tout cela devrait faciliter l’autonomie des personnes à mobilité réduite.
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Apple veut encourager le don d’organes via son application « Santé » sur iPhone aux USA
S’enregistrer comme donneur d’organes et de tissus auprès de l’association Donate Life America, c’est ce que permettra l’application « Santé », dans la prochaine version du système d’exploitation de l’iPhone, IOS 10, annonce Apple le 5 juillet 2016.
Cette option est déjà disponible dans le cadre du programme développeurs d’Apple et une version beta sera proposée aux utilisateurs américains dans le courant du mois de juillet 2016.
« Plus de 120 000 américains sont actuellement en attente de transplantation, et toutes les 10 minutes, une nouvelle personne est ajoutée à la liste d’attente. Chaque donneur d’organe peut sauver jusqu’à 8 vies et en soigner encore plus. En l’absence d’enregistrement comme donneur, les familles sont abandonnées face à la décision au pire moment de leur vie », déclare Apple sur son site Internet.
En France, le principe de consentement présumé au don d’organes et de tissus prévaut, sauf si l’on a exprimé son opposition de son vivant, en s’inscrivant sur le registre des refus ou en informant ses proches.
L’Agence de la Biomédecine a organisé en juin 2016 une campagne « Don d’organes : nous sommes tous concernés » pour mieux faire connaître la loi sur ce sujet.
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Palmarès des Trophées de la e-santé 2016 (Université d’été de la e-santé à Castres)
• Prix spécial Pierre Fabre : JokkoSanté par Sensys solutions,
• Prix m-santé : Salvum par Abeilles Multimédia,
• Prix m-santé pro: maPui,
• Prix télémédecine: Oscult par Oscadi SAS,
• Prix Big Data : Radiomics Enabler par Medexprim,
• Prix coordination des soins : Capri par l’Institut Gustave Roussy,
• Prix autonomie : Resilient innovation,
• Prix étudiant : PIM-CHECK par les Hôpitaux Universitaires de Genève,
• Prix des internautes : Oscult par OscadiI SAS,
• Prix coup de cœur : Noa par l’Université de Nantes,tel est le palmarès de la 10e édition des Trophées de la e-santé qui ont été remis le 6 juillet 2016 à Castres dans le cadre de l’université d’été de la e-santé.
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Négociation conventionnelle : 743,3 M€ de revalorisations pour les médecins (Assurance maladie)
743,3 M€, c’est, selon un document communiqué le 6 juillet 2016 par l’Assurance maladie, le montant en année pleine des revalorisations qu’elle a prévu d’accorder aux médecins dans le cadre de la convention médicale pour laquelle une nouvelle réunion de négociation est programmée le 7 juillet 2016.
Le passage de 23 à 25 euros de la consultation de base que l’Assurance maladie est prête à accorder aux praticiens sur deux ans (24 euro à partir du 1er avril 2017, 25 euros en avril 2018) coûterait près de 450 M€, a précisé Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance maladie, dans un entretien accordé aux Echos et publié le 7 juillet 2016.
L’assurance-maladie confirme par ailleurs sa volonté d’une nouvelle hiérarchisation des consultations à 4 étages:
• La consultation de base à 25 euros d’ici à 2018
• La consultation coordonnée et de suivi serait progressivement portée à 30 euros d’ici à 2018 (coût:17,9 M€). Les consultations « en urgence », avec adressage vers un autre spécialiste dans les 48 heures, entraîneraient une majoration spécifique de 3 euros pour le médecin traitant et de 15 euros pour le spécialiste correspondant (coût: 27,6 M€ ).
• La consultation complexe bénéficierait d’un tarif à 46 euros et la consultation très complexe à 60 euros (coût: 52 M€).
• La consultation d’annonce pour les patients atteints de cancer ou de pathologie neurologique grave ou neuro-dégénérative passerait à 60 euros, comme la visite longue effectuée par le médecin traitant pour les patients atteints de pathologies neuro-dégénératives.Les propositions de l’Assurance maladie reprennent aussi l’idée du « forfait structure » dont le montant n’est toujours pas précisé et qui se diviserait en deux volets. Le premier (60 % de la rémunération) cible l’équipement du cabinet avec des indicateurs prérequis (logiciels métier, messagerie sécurisée, version récente du cahier des charges SESAM Vitale, taux de télétransmission minimum, affichage des horaires d’ouverture du cabinet). Le deuxième volet, sous forme de bonus, porte sur les services supplémentaires aux patients (40 % du forfait). Parmi les indicateurs : le taux de dématérialisation, la capacité à coder certaines données de patientèle ou le secrétariat.
Au total, les mesures liées au contrat d’accès aux soins et à la ROSP représentent un coût de 105 M€ pour l’Assurance maladie
Nicolas Revel souligne le « niveau d’engagement très important » que représentent ces propositions dont il affirme qu’elles ont « vocation à s’inscrire dans le strict respect » des économies demandées à l’Assurance maladie.
Voici les premières réactions des syndicats de médecins qui participent depuis février 2016 à la négociation conventionnelle (CSMF, FMF, SML, MG France et Le Bloc) après la publication des propositions de l’Assurance maladie:
• « Un calendrier inacceptable », selon MG France (à propos de l’étalement sur 2 ans de la revalorisation de la consultation de base, ndlr)
• « Il fallait oser! », estime la FMF à propos de cette mesure
• « Nous proposer cela après 15 semaines de négociations, on est loin du compte », déclare le SML.Syndicats de médecins et Assurance maladie ont jusqu’au 28 août 2016 pour trouver un accord permettant la mise en oeuvre de la nouvelle convention médicale à partir de septembre 2016.