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  • Soins primaires : Forward ambitionne de révolutionner le modèle économique du cabinet médical

    Un nouveau modèle économique pour les soins primaires via un système de consultations à volonté sur abonnement, combiné à une approche préventive basée sur l’analyse des données des patients : telle est l’offre lancée par la start-up Forward à San Francisco le 25 janvier 2017 avec l’ouverture de son premier cabinet médical.

    Un accès aux soins illimité sur abonnement

    Forward propose à ses clients d’accéder aux services de son cabinet médical via un modèle de souscription mensuel d’un montant de 149$ (environ 139€), ce qui correspond à une dépense annuelle de 1 788$ (soit 1 666€ environ). Forward ne travaille pas avec les groupes d’assurance privés ou publics américains : l’abonnement est entièrement à la charge de celui qui souhaite bénéficier de ses services.

    Un bilan de santé complet pour réaliser des analyses prédictives

    Tout nouveau client de Forward commence par effectuer un bilan de santé exhaustif effectué de la façon la moins invasive possible: scanner du corps entier mesurant de nombreuses variables, tests sanguins et génétiques. Ce panel de données collectées en temps réel nourrit ensuite un algorithme élaboré par Forward, et qui possède deux fonctionnalités :

    • Prédiction basée sur les données d’antécédents médicaux ; ces dernières sont vouées à s’enrichir via l’augmentation du nombre de consultations ;
    • Aide au diagnostic approfondie à destination des 4 médecins de Forward.

    La start-up souhaite ainsi proposer des soins primaires prédictifs et préventifs plutôt que réactifs et curatifs. Après consultation, le patient peut se voir équipé de capteurs visant à permettre l’analyse de ses constantes physiologiques en temps réel et le suivi de son traitement via une application mobile dédiée.

  • Coordination des soins : 5 établissements publics et privés de Haute-Marne créent deux GCS

    Les centres hospitaliers de Chaumont, de Langres et de Bourbonne-les-Bains, le centre médico-chirurgical de Chaumont et la Clinique de la Compassion à Langres ont annoncé le 2 février 2017 la création de deux groupements de coopération sanitaire (GCS) pour renforcer la coordination des soins dans le sud de la Haute-Marne.

    Le premier GCS concernera les activités de chirurgie et l’Unité de Surveillance Continue (USC). Opérationnel le 1er octobre 2017, il permettra notamment de maintenir localement des prises en charge, notamment pour la cancérologie, et évitera aux patients de parcourir de longues distances pour accéder aux soins.

    Le second GCS, dénommé « multiprogrammes », concernera les services logistiques et médico-techniques. A partir de septembre 2017, il permettra d’organiser tous les services logistiques des établissements de soins du sud de la Haute-Marne. Par exemple, la stérilisation de l’ensemble des instruments chirurgicaux des établissements sera réalisée sur le site du centre hospitalier de Chaumont.

    L’ARS Grand Est indique que les deux GCS pourront s’appuyer sur les compétences du CHU de Dijon, établissement support du GHT 21/52, dont les CH de Bourbonne-les-Bains, Langres et Chaumont sont membres, pour apporter une solution de recours pour les soins et les pathologies les plus aigües.

  • Une instruction renforce les prérogatives des ARS sur les GCS et définit leur cadre d’action

    La délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) a diffusé le 10 janvier 2017 une instruction aux directeurs des agences régionales de santé sur l’organisation à déployer pour la mise en œuvre de la stratégie de e-santé en région.

    Cette instruction renforce la place des ARS dans la gouvernance des stratégies régionales de e-santé, notamment à travers la création de groupements d’appui au développement de la e-santé pour la conduite opérationnelle des projets régionaux de e-santé qui agiront sous leur supervision.

    Les ARS pilotes des stratégies régionales de e-santé

    L’instruction rappelle la responsabilité des ARS dans la définition des stratégies régionales de e-santé, qui doivent intégrer les éléments suivants :

    • les exigences du cadre commun des projets de e-santé : référentiels à respecter, socle commun minimum de services numériques, principes de conduite de projets ;
    • les programmes et projets nationaux à décliner au niveau régional (Hôpital numérique, etc.);
    • les besoins issus du projet régional de santé ;
    • des projets locaux innovants et généralisables ;
    • des initiatives portées par d’autres acteurs (URPS, Assurance maladie, collectivités territoriales, etc.).

    La définition de la stratégie régionale et sa mise en œuvre doivent associer l’ensemble des acteurs régionaux via une large concertation.

    Des groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) pour la maîtrise d’œuvre

    L’instruction précise que les ARS s’appuient sur un GRADeS, auxquels elles délèguent tout ou partie de la maîtrise d’ouvrage régionale en matière de e-santé.

    Forme juridique : le GIP plutôt que le GCS

    L’instruction préconise que ces GRADeS soient constitués sous forme de GIP afin que les ARS puissent en être membres. Elles peuvent toutefois maintenir la forme juridique du GCS si elles le souhaitent.

    Gouvernance : une supervision des ARS

    Les GRADeS, « opérateur préférentiel » des ARS, agissent sous leur supervision via :

    • une contractualisation pluriannuelle
    • des leviers permettant aux ARS de suivre et d’évaluer leur action ;
    • des reporting réguliers et structurés, etc.

    Les GRADeS bénéficient en contrepartie d’une autonomie de gestion et d’action.

    Ils animent et fédèrent les acteurs de la région autour de la stratégie régionale de e-santé.

    Financement : majoritairement les ARS

    L’instruction indique que les ressources des GRADeS sont assurées par des financements des ARS, qui peuvent être complétés par d’autres contributions.

    Le financement doit combiner, autant que possible, une logique de financement de projets et une contribution financière au fonctionnement des services par les acteurs qui les utilisent.

    Conditions d’intervention : respect du droit de la concurrence, pas de maîtrise d’œuvre informatique

    L’instruction précise que les GRADeS doivent inscrire leur action dans le respect du droit de la concurrence : ils doivent recourir autant que possible aux offres des acteurs industriels et commerciaux dans les secteurs couverts par le marché.

    Ils n’ont par ailleurs pas vocation à assurer directement des fonctions de maîtrise d’œuvre informatique : réalisation, exploitation, maintien en conditions opérationnelles, hébergement. L’application de ce principe doit toutefois tenir compte « de l’histoire, de l’existant, de la maturité de l’offre industrielle accessible ».

    Calendrier

    Les ARS doivent définir la gouvernance régionale de la e-santé pour le 30 juin 2017. Les GRADeS doivent être mis en place avant le 31 décembre 2017.

  • Chèques Santé : Care Labs lève 5,2 millions d’euros

    Care Labs, société française ayant inventé le concept de chèques santé, annonce le 3 février 2017 avoir levé 5,2 millions d’euros.

    La levée de fonds a été effectuée auprès d’Ixo Private Equity et Soridec. Ixo Private Equity est une société de gestion indépendante avec plus de 600 M€ sous gestion. SORIDEC est une société de Capital Investissement, dotée de 60 M€.

    Le montant de 5,2 millions d’euros perçu par Care Labs servira à deux principaux volets de son développement :

    • Développer 3 nouveautés :
      • CAREPAY et CAREPAY TP, solution de paiement et de tiers payant dématérialisé adressée aux organismes d’assurance maladie Complémentaire, aux professionnels de santé et aux éditeurs de logiciels métier ;
      • 1001 docteurs, pour faciliter les prises de RDV en ligne pour les professionnels de santé et les patients ;
      • CAREBOOK, carnet de santé intelligent permettant le stockage sécurisé et le partage de données de santé.
    • Se développer à l’international : CARE LABS souhaite renforcer son leadership sur le marché des titres spéciaux de paiement dédiés à la santé en France et dans les pays anglo-saxons.
  • Instruction sur l’organisation à déployer pour la mise en oeuvre de la stratégie d’e-santé en région

    La DSSIS a diffusé aux directeurs d’ARS une instruction relative à l’organisation à déployer pour la mise en oeuvre de la stratégie d’e-santé en région le 10 janvier 2017.

    Instruction N° SG/DSSIS/2017/8 du 10 janvier 2017 relative à l’organisation à déployer pour la mise en oeuvre de la stratégie d’e-santé en région

  • Cancérologie : l’AP-HP fait le bilan des innovations dans ses établissements

    « Innovation en cancérologie », tel était le thème de la journée organisée par l’AP-HP à l’Institut Imagine le 31 janvier 2017. L’AP-HP a présenté lors de cet événement les avancées essentielles réalisées dans la prise en charge du cancer, qu’il s’agisse d’innovation organisationnelle, dans le suivi ou la thérapeutique.

    Les 8 axes thématiques de l’innovation en cancérologie

    L’AP-HP a identifié 8 axes thématiques d’innovation en cancérologie dans ses établissements.

    L’innovation organisationnelle

    L’AP-HP s’est appuyée sur deux exemples illustrant ce domaine :

    • l’évaluation médico-économique de la prise en charge des cancers de l’endomètre en ambulatoire,
    • lles pôles sport et cancer dans quatre établissements AP-HP.

    Innovation dans l’après-cancer

    L’AP-HP a présenté deux cas répondant à la question « Comment réduire les séquelles de la maladie ? »:

    • la plateforme de préservation de la fertilité à l’AP-HP,
    • la reconstruction maxillo-faciale.

    Innovation diagnostique : le développement des diagnostics rapides

    La réussite de deux projets hospitaliers réussis a été exposée :

    • Hôpital Beaujon : création en février 2017 d’un centre de diagnostic rapide des tumeurs du pancréas et du foie (Hepatic and Pancreatic Evaluation = HOPE),
    • Hôpital Paul Brousse : diagnostic rapide du cancer du foie.

    Innovation chirurgicale : vers une chirurgie moins invasive

    L’AP-HP a rappelé les succès permis par les progrès chirurgicaux innovants :

    • HEGP : chirurgie robotisée en gynécologie: 1ère hystérectomie robot-assistée en 2005,
    • Hôpital Tenon : réhabilitation améliorée après la chirurgie thoracique,
    • Pitié-Salpêtrière : apports des ultrasons dans les tumeurs cérébrales.

    Innovation en imagerie médicale : les nouvelles techniques

    Les nouvelles pratiques d’imagerie & les premiers résultats obtenus ont été relatés, notamment:

    • l’imagerie interventionnelle oncologique,
    • de premières expériences de TEP-IRM à la Pitié-Salpétrière.

    Innovation en biologie moléculaire : de la recherche aux soins

    L’AP-HP a insisté sur l’importance de la prise en charge à un niveau génétique en citant notamment :

    • les Réunions de Concertation Pluridisciplinaire moléculaire et NGS Haut débit,
    • la plateforme de signature génomique de l’Hôpital Saint-Louis.

    Innovation en oncologie médicale : l’accès aux nouvelles molécules

    L’APH-HP a souligné la nécessité de faciliter l’accès aux médicaments de pointe en revenant sur :

    • l’accès aux médicaments innovants chez l’adulte, le modèle des CLIPPs, à l’Hôpital Saint-Louis ;
    • l’accès aux médicaments innovants chez l’enfant,
    • l’avancement lié à la recherche en oncologie.

    Poursuite de la déclinaison du plan cancer III : des progrès majeurs

    • En 2015, l’AP-HP a pris en charge près de 59 000 patients pour un cancer, dont 38 000 nouveaux patients. Cela représente environ un tiers des patients d’Île-de-France et une augmentation de 3,5% par rapport à 2014.
    • L’accès à la recherche clinique (essais en oncologie) a progressé de 45% entre 2014 et 2015.
    • « 4 territoires cancer AP-HP » visent à permettre le poursuite du développement de la structuration de l’activité de cancérologie : les parcours de soins sont mieux structurés, notamment en termes de lien avec les autres acteurs de territoires et selon une approche par thématique d’organe.
    • Une plateforme de préservation de la fertilité a été mise en place. Elle permet à tout malade concerné un accès à une consultation, sous 48h et 365 jours par an (adulte et enfant). Elle offre également aux patientes, traitées ou non à l’AP-HP, une possibilité de reconstruction mammaire, sans reste à charge. 6 référentiels communs de prise en charge ont été élaborés.
    • Visibilité internationale : sur la période 2011-2015, l’AP-HP se situe au 13è rang mondial avec 5 115 publications recensées sur un total de 360 328 publications en oncologie.

    Principaux résultats entre 2014 et 2016

    • Les délais pour une première consultation en oncologie médicale ont diminué de 7 jours et ceux pour la radiothérapie de 5 jours. Plusieurs centres de diagnostic rapide (sein, colon, poumon, foie, pancréas) ont été ouverts dans les hôpitaux du réseau AP-HP.
    • 24 M€ ont été investis pour moderniser les équipements de radiothérapie (gamma et cyberknife) ou d’imagerie (TEP, IRM).
    • En juillet 2016, un accord de partenariat a été signé avec IntegraGen pour développer des solutions de séquençage à très haut débit. Par ailleurs, afin de répondre à l’appel d’offres France Génomique 2025, l’AP-HP a noué un partenariat avec les instituts Gustave Roussy, Curie et Imagine pour proposer une plateforme génomique.

  • Cancer : Unicancer fait 10 propositions clés aux candidats à la présidentielle

    Unicancer, la Fédération des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), a adressé aux candidats à l’élection présidentielle ses propositions afin de faire progresser la lutte contre le cancer en France au cours du prochain quinquennat. Unicancer appelle notamment à s’appuyer sur la e-santé pour rendre les patients acteurs de leur parcours de soins, et à tirer parti de la constitution de grandes bases de données de santé.

    Les propositions d’Unicancer s’organisent autour de cinq priorités :

    • Permettre un accès à des soins de qualité pour tous sans dépassement d’honoraires
    • Répondre aux nouvelles attentes des patients
    • Soutenir la recherche et l’innovation
    • Développer la e-santé
    • Accompagner l’évolution des métiers

    Les dix propositions clés d’Unicancer

    Unicancer a élaboré au total soixante propositions, parmi lesquelles dix sont prioritaires :

    • Mieux financer l’innovation aussi bien médicale, qu’organisationnelle.
    • Profiter des opportunités créées par la e-santé pour rendre les patients acteurs de leurs parcours de soins.
    • Garantir la pérennité des Sites de recherche intégrés sur le Cancer (SIRIC).
    • Répondre à l’enjeu représenté par la constitution de grandes bases de données de santé (big data).
    • Contractualiser un financement structurel des centres experts et de recours afin qu’ils puissent développer une recherche clinique académique.
    • Garantir une prise en charge pour des malades atteints d’un cancer sans aucun dépassement d’honoraires dans tous les établissements de santé ayant une activité de cancérologie.
    • Lancer un nouveau Plan cancer au cours de la prochaine mandature présidentielle.
    • Maintenir la reconnaissance par l’État de la spécificité des CLCC.
    • Donner aux établissements de référence en cancérologie les moyens de coordonner le parcours de soins des malades de moins en moins hospitalisés.
    • Accompagner l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie en s’appuyant sur le développement des pratiques avancées.

    Ces propositions ont été élaborées à l’issue d’une concertation impliquant patients, professionnels des CLCC et experts. Elles intègrent les principales tendances évolutives de la cancérologie identifiées par les 3 études prospectives réalisées par Unicancer en 2013, 2015 et 2016, qui visaient à analyser les principales évolutions pour les dix prochaines années dans les soins (l’augmentation de la chirurgie ambulatoire ou le développement de l’immunothérapie, ainsi que les tendances sociétales et organisationnelles telles que le renforcement du rôle du patient et la progression de la e-santé).

  • Le développement de l’ambulatoire en cancérologie : un enjeu pour les patients et les établissements

    Dans l’étude « Quelle prise en charge des cancers en 2020 ? » réalisée en 2013, Unicancer identifie six évolutions structurantes dans la prise en charge de la cancérologie d’ici 2020. Deux d’entre elles illustrent le déplacement de la prise en charge des patients hors des murs de l’hôpital. Il s’agit de la chirurgie ambulatoire et de la chimiothérapie à domicile.

    Vers la chirurgie ambulatoire

    La chirurgie ambulatoire est fortement encouragée par les pouvoirs publics. C’est désormais un enjeu majeur tant pour les établissements de santé que pour les patients. Elle suppose une organisation logistique en interne et une bonne articulation avec l’amont et l’aval.

    Avec une activité débutée en 1995, l’Institut Cancérologique de l’Ouest (ICO) Jean Bernard fait figure de pionnier avec un taux qui a dépassé les 57% dans la chirurgie du sein au premier semestre 2016. 22% des mastectomies ont été réalisées en ambulatoire en 2015, alors que cette activité n’a démarré qu’en 2013.

    …et la chimiothérapie à domicile

    Le développement des chimiothérapies orales et des thérapies ciblées, dont une partie pourra être administrée par voie orale, figure également parmi les évolutions repérées par Unicancer. En 2020, les patients continueront à être traités par chimiothérapie sous forme intraveineuse, mais certains d’entre eux recevront en plus des lignes de traitements oraux, notamment ceux présentant des maladies métastatiques. D’ici à 2020, la proportion de traitements médicamenteux par voie orale pourrait passer des 25 % actuels à 50 %, et les chimiothérapies intraveineuses diminuer de 25 %, selon Unicancer.

    Ces tendances se traduisent par une augmentation des prises en charge à domicile et de fréquents allers-retours ville-hôpital. Une bonne coordination entre les équipes hospitalières, les professionnels de premier recours et le patient lui-même apparaît plus que jamais indispensable. De leur côté,les patients mieux informés se veulent de vrais acteurs de leur maladie en s’impliquant dans sa prise en charge. Dans les deux cas, l’avenir passe par le recours aux technologies du numérique.

  • Cancérologie : des outils numériques encore émergents

    Le dynamisme médical de la cancérologie contraste avec la faiblesse des outils numériques, plutôt émergents : le recours au numérique apparaît plutôt limité en dehors de quelques initiatives intéressantes comme notamment le didacticiel de l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard et l’application Santinel de l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole.

    A l’Institut de cancérologie de l’Ouest Centre Jean Bernard, un didacticiel expliquant aux patientes opérées d’un cancer du sein les traitements et les conduites à tenir, remis autrefois sous la forme d’un DVD interactif, est accessible sur le site web de l’institut depuis janvier 2016. Les chirurgiens espèrent disposer prochainement d’un suivi post-opératoire par smartphone ou tablette. Le projet, aujourd’hui prêt, est en attente d’un financement.  

    L’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse – Oncopole, après les dispositifs de suivi téléphonique (AMA, COACH), vient de créer l’application Santinel, une plateforme de télésurveillance en algologie.

    Du côté des établissements privés, le centre Hospitalier Privé de l’Europe (Le Port-Marly) a développé en partenariat avec le laboratoire Roche un « serious game » dédié aux patients atteints de cancer et traités par chimiothérapie ou thérapie ciblée orale. Ce jeu interfacé avec la plateforme de coordination VivaltoLife permet une interaction en temps réel et continue entre le patient à domicile et ses professionnels de Santé, une initiative qui a été primée aux trophées de la FHP 2016 dans la catégorie « Innovation et santé connectées » en décembre 2016.

    Un essai randomisé (étude CAPRI) qui a débuté à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) en septembre 2016 sur mille patients recevant un traitement par voie orale devrait apporter des informations supplémentaires sur les avantages d’un suivi numérique par rapport à une surveillance traditionnelle. Cette étude va, en effet, comparer 500 patients suivis de manière habituelle à 500 patients suivis par une infirmière de coordination à l’aide d’une plateforme web ad hoc.

    Quant aux traitements administrés à domicile, ils posent des problèmes spécifiques.
    La toxicité cumulative de certains de ces traitements pris à vie, l’observance des patients sont de vrais sujets de préoccupation. Ici aussi, seule la technologie numérique peut permettre une surveillance régulière et l’éducation thérapeutique du patient à distance sans l’obliger à venir régulièrement en consultation.
    Il faut pourtant constater l’absence d’outils numériques permettant d’évaluer l’observance des patients, tel que le pilulier connecté qui a été testé dans le cadre d’une étude clinique au centre de lutte contre le cancer Jean Perrin de Clermont-Ferrand.
    L’utilisation de ce type d’outil, en routine chez nos voisins suisses, se heurte en France à des problèmes de prise en charge et de remboursement.

  • Les freins au développement du numérique en cancérologie

    Le marché de l’e-santé n’est pas encore mature et pâtit de l’absence d’un modèle économique permettant aux industriels d’avoir la garantie d’un retour sur investissement. Les outils se développent sans labellisation, ni prise en charge par les payeurs.

    Seule une reconnaissance officielle par les autorités de santé et une prise en charge par les payeurs permettront une prescription par les professionnels de santé, condition indispensable à leur déploiement en routine. L’absence d’un financement pérenne explique le fait que nombre de projets aient du mal à franchir le cap de l’expérimentation.

    Dans ce contexte, les industriels regardent les marchés étrangers. C’est le cas de Domicalis, qui a signé un accord avec Agfa Healthcare pour déployer sa plateforme numérique sur les marchés beaucoup plus porteurs à l’étranger. Les industriels s’y sentent, par ailleurs, moins bridés par une  réglementation plus souple en matière d’accès et d’utilisation des données de santé.