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  • HIMSS 2017 : « Les silos numériques sont toujours des silos » (A Greene, spécialiste interopérabilité)

    Dans la perspective du congrès HIMSS à Orlando du 19 au 23 février 2017, Health&Tech vous propose des regards d’acteurs du système de santé américain sur la santé numérique aux États-Unis.

    Adam Green est un ancien conseiller juridique du ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), où il a joué un rôle clé ans l’élaboration de la réglementation HIPAA. Il donne son point de vue sur la question de l’interopérabilité aux États-Unis :
    • HIPAA complique l’interopérabilité ;
    • la technologie blue button a de l’avenir ;
    • il est difficile de savoir ce que fera le nouveau gouvernement américain pour faire avancer le sujet.

    Quel rôle le numérique peut-il jouer dans l’interopérabilité?

    Les premières initiatives fédérales en matière de systèmes d’information de santé ont commencé avec la création de l’ONC par George W. Bush en 2004. C’était une approche expérimentale consistant à semer quelques graines et à voir ce qui se passe. Le gouvernement ne voulait pas trop réglementer. Obama a promulgué la loi HITECH en 2009. Des milliards de dollars ont été dépensés dans les systèmes d’information, et ce toujours selon une approche souple, le gouvernement fédéral souhaitant imposer les critères les moins contraignants possibles en matière de certification. Or, le marché n’a pas suivi, ce dont le gouvernement s’est rendu compte trop tard. Nous en sommes à la troisième étape, et les objectifs d’échange d’informations ne sont pas atteints.

     HIPAA encourage-t-il l’interopérabilité ou la rend-il plus difficile à réaliser?

    HIPAA rend l’interopérabilité plus compliquée. Il est plus facile de dire non en vertu de la loi HIPAA. Vous devez divulguer l’information aux patients qui le demandent ; sinon, vous pouvez choisir de ne pas la divulguer. Cette possibilité de dire non signifie qu’il n’y a jamais de violation de la loi. HIPAA est donc une bonne excuse pour dire non. HIPAA facilite l’interopérabilité grâce à l’accès des patients à leurs données, mais il ne contribue pas à l’interopérabilité entre les établissements. L’ONC a fait tout son possible pour montrer que ce n’est pas un problème. Les patients peuvent obtenir l’information et être le vecteur d’échange d’informations, comme dans d’autres pays, ce qui est utile pour l’interopérabilité. Ils peuvent ensuite partager leurs données de santé avec les établissements.

    Quel est votre avis sur le Blue Button ?

    Le Blue Button consiste à pouvoir accéder à ses données de santé en un clic. L’interface graphique mise au point par Humetrix iBlueButton est conviviale, et l’appli permet également de rassembler les données issues de plusieurs établissements ou professionnels de santé en un seul point d’accès. Elle permet aux patients de partager leurs informations de santé avec d’autres professionnels ou établissements de santé. Nous n’en sommes qu’aux prémices du développement de la technologie Blue Button, mais c’est une bonne idée.

    Comment s’articulent HITECH, HIPAA, et l’interopérabilité?

    HIPAA est une loi de 1996, et les questions de vie privée et de sécurité sont arrivées après. HITECH est beaucoup plus large que HIPAA: cette loi a principalement permis d’investir des milliards de dollars pour passer des dossiers papier aux dossiers numériques.

    L’objectif initial de HIPAA était la simplification administrative. Les normes d’interopérabilité sont entrées en jeu pour la santé ; les règles de sécurité et de préservation de la vie privée ont été ajoutées après coup.

    HITECH a été axée sur la simplification de l’exercice clinique parce que les dossiers médicaux étaient encore envoyés par la poste ou par fax. Cette loi a été conçue pour encourager les échanges par voie numérique, sans standards. Le fait d’échanger des informations médicales a nécessité de renforcer les normes en matière de vie privée et de sécurité. HITECH a rendu les sanctions plus sévères. Contrairement à HIPAA, où l’interopérabilité était le point central de la législation, HITECH (2009) n’a pas encore atteint d’objectifs d’interopérabilité car ce n’était pas le sujet de la loi.

    Quelles mesures les entreprises du numérique en santé pourraient-elles prendre pour résoudre ces problèmes ?

    Les éditeurs de dossiers médicaux électroniques doivent satisfaire aux exigences de certification pour renforcer l’interopérabilité, et ils subissent de plus en plus de pression pour arrêter de bloquer le partage d’information. Les développeurs d’applications doivent s’intéresser au blue button, à la messagerie instantanée, et aux standards d’interopérabilité. Si les développeurs mettent l’accent sur l’interopérabilité, leurs produits seront de meilleure qualité.

    Les dossiers personnels de santé existent depuis longtemps. Ils ont eu du mal à démarrer car il était difficile d’en obtenir des copies numériques : l’interopérabilité crée la proposition de valeur pour les dossiers personnels de santé. Elle permet de partager l’information indépendamment de la plateforme. Par exemple, Humetrix a développé une application qui transmet aux services de secours l’ensemble d’un dossier médical à partir d’un écran de téléphone verrouillé.

    Quelles mesures le législateur doit-il prendre pour que la réglementation soit en phase avec les innovations technologiques ?

    La souplesse actuelle de la réglementation est une bonne chose, car si elle avait été rigide, elle n’aurait pas permis d’innovation depuis 2003. Il est essentiel de rendre l’innovation possible par une certaine souplesse réglementaire. Les recommandations sont importantes, et plus faciles à mettre à jour qu’une réglementation.

    Où en sera l’interopérabilité aux Etats-Unis dans 5 ans?

    Le précédent gouvernement américain a commencé à exprimer son mécontentement auprès de certaines structures au sujet du manque d’interopérabilité, et a commencé à leur mettre une certaine pression pour résoudre ce problème. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer avec le nouveau gouvernement. Soit il continuera à pousser le sujet de l’interopérabilité parce qu’il voit son potentiel, soit il dira que c’est au marché de se réguler. Or, le marché n’est pas intéressé par l’interopérabilité. Peut-être que rien ne va évoluer pendant cinq ans.

  • Médecine prédictive : un modèle numérique de l’évolution du cerveau atteint d’Alzheimer

    L’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) ambitionne à travers le projet Dynamo (DYNAmic Models), présenté le 24 janvier 2017, d’élaborer à terme un outil de médecine prédictive de précision en créant un modèle numérique de l’évolution du cerveau durant la maladie d’Alzheimer.

    Ce projet de modèle s’inscrit dans le cadre du développement de la neuro-informatique au sein de l’ICM et se déroule en trois phases :
    • recueil des des données de milliers de cas cliniques (2010-2016),
    • construction de modèle informatique prédictif (2016-2018),
    • déploiement auprès des professionnels de santé (2018-2020).

    Il pourrait par la suite être dupliqué afin d’être appliqué à d’autres affections neurodégénératives comme la maladie de Parkinson par exemple.

    L’informatique au service de la médecine personnalisée

    Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement efficace pour stopper la progression de la maladie d’Alzheimer ou la traiter de façon définitive. On peut uniquement identifier cette pathologie avant l’apparition des premiers signes cliniques à l’aide de biomarqueurs récemment découverts : le diagnostic précoce demeure laborieux.

    Une équipe de chercheurs (issus du CNRS, de l’Inria, de l’UPMC et de l’Inserm) coordonnée par Stanley Durrleman entreprend de créer un outil informatique accessible aux médecins, capable de diagnostiquer le plus précocement possible la maladie d’Alzheimer et de fournir un pronostic d’évolution personnalisé pour chaque patient.

    Un projet d’alliance des neurosciences et de la médecine avec les mathématiques et l’informatique

    Une des composantes du projet consiste à recueillir et exploiter les informations issues de milliers de cas cliniques de patients souffrant de la maladie d’Alzheimer ou à risque de la développer. En confrontant ces big data à l’aide de modèles mathématiques précis, on pourrait affiner la connaissance des mécanismes de cette pathologie et établir de nouveaux biomarqueurs plus fiables.

    Les 3 phases du calendrier du projet DYNAMO

    Phase 1 : 2010 – 2016 : collecte des données

    Cette phase d’analyse de données a permis de :

    • construire un cadre méthodologique pour l’élaboration de modèles numériques combinant des données d’imagerie, de clinique et de biologie issues de 2 400 patients observés au cours d’études conduites en France et en Amérique du Nord depuis 2004,
    • mettre au point des algorithmes, ainsi que des preuves de concept.

    Phase 2 : 2016 – 2018 : construction des modèles prédictifs

    Le coût de cette deuxième phase s’élève à 200 000 €.  Elle consiste à :

    • déployer des algorithmes à grande échelle sur des architectures informatiques dédiées,
    • synthétiser des données en un ou plusieurs scenarii d’évolution,
    • construire des modèles numériques prédictifs selon le stade de la maladie,
    • comprendre la dynamique de la pathologie dans la vie de l’individu, et en identifier des sous-types.

    Phase 3 : 2018 – 2020 : déploiement auprès des professionnels de santé

    Cette phase permettra de :

    • personnaliser les modèles aux patients vus en routine clinique,
    • établir automatiquement pour chaque patient un diagnostic et un pronostic,
    • déployer et diffuser des outils logiciels à destination des professionnels de santé, en lien avec un partenaire industriel.

    Par la suite le modèle, pourrait être dupliqué afin d’être appliqué à d’autres affections neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, la maladie de Huntington, voire les démences fronto-temporales.

    Stanley Durrleman et le Professeur Harald Hampel sont à l’origine de ce projet.

  • Débat « Achat hospitalier et territoire : une nouvelle donne ? » (UniHA) 14 mars 2017 à Paris

    Dans le cadre de sa convention entreprises annuelle, UniHA, Union des hôpitaux pour les achats rassemble l’ensemble de ses fournisseurs titulaires d’un marché en cours d’exécution le 14 mars 2017 à Paris lors d’un débat intitulé « Achat et territoire : une nouvelle donne ? »

    UniHA, réseau coopératif d’achats groupés des établissements hospitaliers publics français, propose au cours de cet événement de se réinventer autour de trois leviers de la performance achat : massification, resserrement des références et « bon usage », optimisation des processus d’achat.

    Programme

    13:00 – Accueil

    14:00 – Ouverture de la convention – Une nouvelle période pour UniHA
                      David GRUSON – Délégué Général de la Fédération Hospitalière de France

    Trois tables rondes pour témoigner :

    • de la nouvelle donne hospitalière apportée par les GHT,
    • d’une relation fournisseurs aboutie pour construire de nouvelles manières de penser l’achat public hospitalier,
    • pour éclairer la compétence des acheteurs attentifs au tissu économique et à la qualité des services apportés aux patients.

    Achat en GHT : de quoi parle-t-on ?

    Un GHT, au travers de ses dirigeants, vient témoigner de la démarche installée en 2016 et de ses priorités.

    Catherine Jerosme – Value Solution Manager – Boston Scientific, sera le porte-parole des entrepreneurs sur cette nouvelle donne.

    Les grands témoins

    • Jacques Adam – Directeur Général Adjoint des Hôpitaux Champagne Sud
    • Docteur Céline Moretto –  Présidente de CME – Groupement Hospitalier Aube-Marne
    • Jean Verger : Directeur des achats – CHU de Nantes
    • Yves René Guillou : Avocat – Cabinet Earth

    Achat projet en GHT : la  gestion du parc d’échographes

    • Pierre Lacombe – Responsable du Département Biomédical – CHU de Caen
    • Cyril Cappelli – Business Manager Imagerie, Division Équipements Médicaux – Samsung Electronics France
    • Hubert Serpolay – Directeur de l’Ingénierie Biomédicale – de CHU Rennes

    Qualité, traçabilité, circuit court : des petites entreprises dans les hôpitaux

    • Jean Claude Esparcieux – Gérant Société Laturinoise,  Thurins
    • Yves Corvaisier – GAEC du Lathan Douceur Angevine, Longué-Jumelles
    • Eric Juttin – Responsable Grands Comptes, Pomona Passion Froid
    • Bernadette Loisel – Chargée de mission Alimentation – Service Territoires de la Chambre d’Agriculture de Bretagne
    • Jean Marc David – Acheteur, filière restauration, UniHA.

    16:00 – Clôture : Charles Guépratte – Directeur Général du CHU de Nice – Président UniHA

    Vous pouvez vous inscrire via le lien ci-contre : Inscription

  • Présidentielle : 72 % des Français estiment que les candidats ne parlent pas assez de santé (sondage)

    A l’occasion de la présentation des projets des candidats à la présidentielle en matière de santé qu’elle a organisée le 21 février 2017, La Mutualité française publie les résultats de l’enquête sur les attentes des Français dans ce domaine :

    • regard sur le système de santé ;
    • souhaits prioritaires pour le faire évoluer ;
    • attentes vis-à-vis de l’élection présidentielle de 2017 à cet égard.

    Cette enquête a été réalisée en ligne par Harris interactive du 30 janvier au 7 février 2017 sur un échantillon de 2 000 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas et redressement appliqués à plusieurs variables (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

    Une inquiétude sur l’avenir du système de santé

    • 61% des Français considèrent que leur de système de santé fonctionne bien, mais 68% d’entre eux se montrent pessimistes quant à l’avenir de celui-ci.
    • 46 % estiment que le système s’est dégradé au cours des 5 dernières années (contre 11% estimant qu’il fonctionne mieux).
    • 68% d’entre eux se disent pessimistes pour l’avenir de leur système de santé alors que 32% s’avèrent confiants.

    La santé jugée trop peu présente dans la campagne

    • 3 Français sur 4 se déclarent intéressés par la campagne pour l’élection présidentielle de 2017 mais 72% estiment que les candidats ne parlent pas assez de santé.
    • En effet, seuls 27% des sondés pensent que les propositions des candidats correspondent à leurs préoccupations personnelles.

    Pour eux, les deux enjeux clés de ce campagne sont l’accès aux soins pour tous (32% de premier choix) et le financement de la protection sociale (29% de premier choix), devant la prise en charge des personnes dépendantes et la prévention en matière de santé.

    Le financement de la protection sociale

    • 85 % des Français estiment que le déficit de la Sécurité sociale est élevé, voire très élevé (38%).
    • Pour 73% d’entre eux, ce déficit peut même remettre en cause l’avenir de la Sécurité sociale.
    • 68% pensent qu’en moyenne cette dernière rembourse moins de 60% des dépenses de santé et que les soins seront moins bien remboursés à l’avenir.

    D’après l’enquête Harris interactive, de nombreux Français ont déjà le sentiment que leur « reste à charge » a augmenté depuis 5 ans, quel que soit le type de soins. Pour eux, la réduction du déficit de la Sécurité sociale passe en priorité par une meilleure organisation du système de santé (89% l’estiment prioritaire ou importante), la lutte contre les abus (88%) et le développement de la prévention (83%).

    En revanche, certaines mesures visant à réduire le déficit sont nettement moins populaires : l’augmentation des taxes ou des cotisations sociales des salariés est jugée prioritaire ou importante pour seulement 19% des sondés.

    L’accès aux soins

    • 52% des Français interrogés pensent que l’organisation actuelle du système de santé permet à toutes les personnes d’accéder à des soins de qualité.
    • 78% estiment facile d’obtenir un rendez-vous rapide avec un généraliste, et 22% pour un spécialiste.
    • Par ailleurs 77% d’entre eux se disent favorables à la généralisation du tiers payant.

    Les mesures jugées prioritaires pour améliorer l’accès aux soins sont l’implantation des médecins dans les déserts médicaux pour plus de 90% des sondés, et la limitation des dépassements d’honoraires par les professionnels de santé (87%). En revanche, la possibilité de se faire soigner dans un autre pays et la réduction des tarifs des généralistes ne sont pas considérés comme des leviers majeurs (39% et 40% seulement des Français estiment ces mesures prioritaires ou importantes, respectivement).

    Le maintien de l’autonomie : les Français insatisfaits

    • En moyenne, 63% des Français pensent que la prise en charge des personnes dépendantes et/ou vulnérables n’est aujourd’hui pas satisfaisante.
    • 58% d’entre eux estiment en effet que la prise en charge de la dépendance devrait peser davantage sur la Sécurité sociale que sur les proches.

    Pour les Français, les priorités sur ce sujet sont le développement de lieux adaptés aux personnes handicapées (privilégié à 92 %) et le maintien à domicile le plus longtemps possible (91%).

    Prévention, santé et environnement : une large adhésion des Français

    Les Français se montrent largement favorables à la plupart des actions de prévention, en particulier concernant le dépistage précoce de certaines maladies, jugé prioritaire ou important par 92% des sondés.

    Les complémentaires santé : les Français partagés

    Les Français interrogés se montrent partagés quant à la répartition idéale de la prise en charge des dépenses entre Sécurité sociale et mutuelles et les complémentaires santé :

    • 36% estiment que ces dépenses doivent être plus prises en charge par la Sécurité sociale, et moins par les mutuelles et autres complémentaires santé. 20% estiment l’inverse.
    • 42 % pensent que la répartition actuelle ne doit pas être modifiée.

    La santé du futur : une faible adhésion aux nouvelles technologies

    84% des Français admettent n’avoir jamais eu recours à un objet connecté pour se renseigner sur leur santé.

    Les sondés sont partagés concernant l’utilisation des nouvelles technologies dans les différentes pratiques de consultations et de soins (suivi quotidien à l’aide d’objets connectés, télémédecine, assistance par des robots etc.)

    Quant au partage de leurs données de santé aux mutuelles, les Français sont plus enclins à transmettre des informations médicales que des données relatives à leur vie quotidienne. Par ailleurs, les professionnels de santé, et dans une moindre mesure, les organismes publics, bénéficient de la confiance d’une majorité de Français (respectivement 79% et 55%) concernant le partage de données de santé personnelles via les nouvelles technologies.

  • Présidentielle : le renforcement de la prévention, la priorité commune à tous les candidats

    L’amélioration de la prévention est apparue comme une priorité de l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle venus exposer leurs propositions en matière de santé lors d’une matinée organisée par La Mutualité française le 21 février 2017. Les cinq candidats présents étaient, dans l’ordre de passage, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Yannick Jadot et François Fillon.

    La lutte contre les déserts médicaux et la diminution du reste à charge ont également occupé une part importante des propositions.

    La télémédecine, quant à elle, a été mentionnée brièvement par François Fillon et Yannick Jadot. Emmanuel Macron est allé plus loin sur ce sujet, ainsi que sur la question de l’innovation en santé, avec un fonds dédié à son financement.

    Prévention : un constat commun, des solutions divergentes

    Emmanuel Macron : une « révolution de la prévention »

    Estimant que le « système de soins français est excellent mais que le système de santé n’est pas bon », Emmanuel Macron propose entre autres de diversifier les modes de rémunération des professionnels de santé pour mieux prendre en compte la prévention, lancer de grandes campagnes de prévention, et instaurer un service sanitaire de trois mois pour tous les étudiants en médecine afin qu’ils participent à des actions de prévention.

    Le remboursement à 100 % des prothèses auditives à l’horizon 2022 doit favoriser la prévention de la perte d’autonomie chez les personnes âgées.

    Nicolas Dupont-Aignant : « assurer la qualité de la prévention »

    Nicolas Dupont-Aignant axe notamment son programme sur le renforcement de la médecine scolaire, « délaissée depuis des années ».

    Benoît Hamon : répondre à la « transition épidémiologique »

    Face à l’augmentation des maladies chroniques, Benoît Hamon souhaite mettre en œuvre un programme de prévention autour de 5 axes :

    • la lutte contre les addictions
    • un plan alimentation, avec un renforcement de l’accès aux aliments issus de l’agriculture biologique ;
    • la lutte contre les perturbateurs endocriniens ;
    • la lutte contre les particules fines ;
    • la lutte contre la sédentarité, avec le remboursement par l’Assurance maladie de l’activité physique prescrite aux personnes souffrant de maladies chroniques.

    La constitutionnalisation des « communs » (eau, air) permettrait de financer des politiques publiques évitant de grands scandales sanitaires.

    Yannick Jadot : lutter contre les maladies liées à l’environnement

    Yannic Jadot a axé ses propositions sur la lutte contre les maladies liées à l’environnement. Il souhaite que 10 % des dépenses de santé aillent à la prévention.

    François Fillon : une consultation de prévention tous les deux ans

    François Fillon a centré ses propositions en matière de prévention sur l’instauration d’une consultation de prévention tous les deux ans, prise en charge par l’Assurance maladie.

    Le remboursement à 100 % des lunettes pour les enfants entre dans sa politique de prévention.

    Accès aux soins : maisons de santé, la télémédecine en support

    Les candidats ont appelé à un développement important des maisons de santé afin d’améliorer l’accès aux soins, à l’exception de Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite les réguler.

    Emmanuel Macron, Yannick Jadot et François Fillon ont également mentionné la télémédecine comme outil d’accès aux soins :

    • Emmanuel Macron appelle à « développer le numérique et la télémédecine » ;
    • Yannick Jadot propose des unités de base de premiers soins, avec des infirmiers participant à des actes de télémédecine ;
    • François Fillon propose de « garantir une offre de télémédecine sur tout le territoire » et de rembourser la téléconsultation médicale.

    Organisation des soins : territorialisation et priorité aux soins primaires

    Ouvrir les GHT

    Emmanuel Macron et François Fillon proposent d’ouvrir les GHT au secteur privé afin de mieux organiser les soins sur les territoires.

    Renforcer la place des médecins libéraux

    François Fillon souhaite que le système soit « fondé sur la médecine libérale » et que le rôle de la médecine de ville soit conforté, avec un médecin traitant « au cœur du parcours de soins ».

    Nicolas Dupont-Aignan propose d’assurer une médecine de proximité sur tout le territoire en augmentant le numerus clausus et en augmentant le tarif de la consultation en secteur 2. Pour lui, « on ne peut pas traiter la question de l’hôpital sans s’occuper d’abord de la médecine de ville ».

    Financement : diminuer les restes à charge et réformer la T2A

    Une volonté commune de diminuer les restes à charge

    L’ensemble des candidats s’accorde sur la diminution des restes à charge :

    • Emmanuel Macron souhaite un remboursement à 100 % des frais optiques, dentaires et auditifs d’ici 2022, et un tiers payant généralisable plutôt que généralisé ;
    • Nicolas Dupont-Aigan souhaite un remboursement à 100 % et un « coup d’arrêt aux dérives des assurances » ;
    • Benoît Hamon souhaite élargir l’accès à l’aide à la complémentaire santé ;
    • Yannick Jadot souhaite limiter les dépassements d’honoraires ;
    • François Fillon propose d’arriver à un reste à charge le plus proche possible de zéro pour les dépenses de santé les plus coûteuses pour les ménages.

    Revoir la T2A

    Trois candidats proposent de revenir sur la T2A :

    • Emmanuel Macron souhaite limiter la T2A à 50 % dans le financement des hôpitaux ;
    • Benoît Hamon propose de « revoir la T2A, qui ne convient pas pour tout » ;
    • Yannick Jadot propose de supprimer la T2A.

    Innovation : un plan de 5 milliards pour Macron

    Emmanuel Macron est le candidat qui a le plus insisté sur le rôle de l’innovation en santé :

    • création d’un fonds de 5 milliards d’euros pour financer l’innovation médicale ;
    • accompagnement du développement de l’innovation technologique, qui va « transformer la gestion de la dépendance ».

    François Fillon, de son côté, a proposé que l’Etat se désengage des entreprises dont il est actionnaire afin de créer un fonds permettant d’installer le haut débit sur l’ensemble du territoire et donc d’y donner accès à la télémédecine.

  • Innovation organisationnelle : l’Ordre des médecins recense les initiatives en soins primaires

    Le Conseil national de l’ordre des médecins a publié le 21 février 2017 un rapport sur les initiatives territoriales réussies en matière d’accès aux soins primaires : maisons de santé, lieux multiples d’exercice pour les praticiens, mais aussi télémédecine sont à l’honneur dans la centaine d’initiatives recensées.

    L’Ordre des médecins souligne l’importance de la coopération entre partenaires (professionnels de santé, collectivités, État…) pour la réussite de ces initiatives.

    L’Ordre des médecins distingue 4 catégories d’innovations :

    • la création de maisons pluridisciplinaires de santé ;
    • l’accompagnement et l’encouragement aux stages professionnalisants pour les étudiants en médecine ;
    • la mise en œuvre de lieux multiples d’exercice pour les praticiens ;
    • la promotion de l’assistanat auprès de médecins installés, sous toutes ses formes.

    Il met toutefois en garde contre « la tentation de voir dans les maisons de santé un nouveau modèle unique d’organisation à déployer dans tous les territoires ».

    De nombreuses initiatives de télémédecine sont également recensées : Haut-Rhin, Bretagne (avec des cabines de télémédecine en Ehpad, ou de la téléconsultation pour les îliens), Val d’Oise, Roanne, etc.

    En conclusion de son rapport, l’Ordre des médecins insiste sur la nécessité d’une collaboration « effective et constante des partenaires »: État, ARS, URPS, collectivités territoriales. Il appelle notamment à un renforcement des relations entre les maires et les conseils départementaux de l’Ordre des médecins.

  • Cancer : le nouvel hôpital de jour de l’HEGP dispensera 15 000 séances de chimiothérapie par an

    La nouvelle plateforme de chimiothérapie du Pôle cancérologie et spécialités de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou a été inaugurée le 13 février par l’AP-HP.

    3,3 M€ ont été investis dans la conception de ce nouvel espace dans l’objectif de contribuer à l’optimisation de la prise en charge ambulatoire et de favoriser les liens entre la ville et l’hôpital, en créant un circuit patient unique.

    Ce nouvel hôpital de jour mutualisé réunit quatre sites de dispensation de chimiothérapie et une nouvelle activité de soins de support.

    Pour 2017, il est prévu d’y réaliser 15 000 séances de chimiothérapie et 500 séjours d’hôpital de jour de soins de support.

    Un accueil et circuit unique pour les patients

    La plateforme dispose d’une superficie de 900 m² et d’une capacité de 38 places (10 lits et 28 fauteuils répartis dans 6 boxes polyvalents de consultation).

    Sa proximité géographique avec les autres services permet aux patients de pouvoir bénéficier de tout type de consultation sur le même site (oncologue, psychologue, diététicien etc.)

    Par ailleurs, une cellule de régulation composée d’infirmières spécialisées en cancérologie permet de personnaliser la prise en charge des patients : leur venue est préparée notamment par la programmation informatique de leurs séances de traitements. A leur arrivée, ils sont installés directement sur un fauteuil ou dans un lit selon leur état de santé.

    L’unité de lieu facilite les interactions entre patients et professionnels de santé

    Le développement des activités de chimiothérapies et l’harmonisation des pratiques médicales et paramédicales sont rendus possibles par le regroupement des unités de soins entre les quatre sites de dispensation de chimiothérapie.

    Cela favorise la flexibilité entre les différentes spécialités (radiothérapie, oncologie médicale, onco-gériatrie etc.) qui s’appuient sur une logistique commune (pharmacie, services sociaux…).

    Par ailleurs, les kinésithérapeutes, diététiciens, IDE socio esthétique qui prodiguent des soins de support peuvent également se rendre auprès de leurs patients durant les séances de chimiothérapies afin d’échanger sur leurs éventuels besoins.

  • Maintien à domicile : la fondation Legrand lance un appel à projet pour l’habitat adapté

    La Fondation Legrand lance un appel à projet s’adressant à toute organisation ancrée dans l’économie sociale et solidaire et portant un projet de lutte contre la perte d’autonomie. Cet appel à projet vise à stimuler les initiatives en faveur du maintien à domicile en proposant à 10 projets une aide et un accompagnement, dont un prix allant de 5000 à 10000€ pour les trois meilleurs projets. Les dossiers de candidature sont à retourner avant le 31 mars 2017.

    Conditions de participation

    Les projets doivent répondre aux critères suivants pour être éligibles :

    • entrer dans le domaine d’action de la Fondation Legrand : agir contre la perte d’autonomie et permettre de limiter les conséquences de la perte d’autonomie;
    • se dérouler en France métropolitaine
    • être porté par une organisation de l’économie sociale et solidaire, ayant au minimum 2 ans d’existence
    • la cause défendue est d’intérêt général : elle bénéficie à un groupe d’individus
    • être le seul projet présenté par l’organisation au titre de cet appel à projets

    Dossier de candidature à retourner avant le 31 mars 2017 à minuit à fondation.legrand@legrand.fr ou par courrier au 128 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 87045 Limoges Cedex.

    Sélection des projets

    Les projets seront sélectionnés sur les critères suivants:

    • Caractère innovant du projet- pérennité et durabilité du projet
    • Reproductibilité et modélisation du concept
    • Crédibilité du calendrier
    • Adéquation entre les ressources et les besoins du projet 
    • Gain en autonomie des bénéficiaires et utilité sociale
    • Stratégie de communication et de valorisation des résultats

    Contenu de l’accompagnement proposé

    L’appel à projet de la fondation Legrand dispose d’une enveloppe de 22 000€ pour les trois premiers projets:

    • 5000€ pour le troisième,
    • 7000€ pour le deuxième,
    • 10000€ pour le premier

    Les autres projets nominés bénéficieront de formations, d’aide au business plan, d’une ouverture au réseau FACE, et de promotion par les supports de communication de la Fondation Legrand.

  • #France IA : la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle élaborée d’ici le 22 mars 2017

    Le calendrier d’élaboration de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, « France IA », annoncée le 20 janvier 2017, a été précisé par France Stratégie le 15 février 2017 : les recommandations des experts seront dévoilées le 22 mars 2017 lors d’un événement public à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris.

    #France IA vise à mobiliser chercheurs, entreprises, start-up et acteurs institutionnels pour contribuer à définir les grandes orientations de la France en matière d’intelligence artificielle. Dix groupes de travail ont été constitués, 3 groupes thématiques ayant été ajoutés aux 7 groupes annoncés le 20 janvier 2017 :

    • Groupe 0 : Cartographie
    • Thème 1 : Orienter la recherche amont et développer les compétences
      • Groupe 1.1 : Identification et priorisation des sujets de recherche
      • Groupe 1.2 : Identification et priorisation des besoins en formation
    • Thème 2 : Industrialiser et transférer les technologies de l’IA vers les secteurs économiques en maximisant les retombées économiques sur le territoire national
      • Groupe 2.1 : Industrialisation et appropriation des résultats de la recherche par les entreprises
      • Groupe 2.2 : Développement sur le territoire national de l’écosystème des fournisseurs français de technologies de l’IA et de leur utilisation
      • Groupe 2.3 : Véhicule autonome
      • Groupe 2.4 : Relation client
      • Groupe 2.5 : Finances
    • Thème 3 : Préparer un cadre favorisant le développement de l’IA en prenant en compte les considérations macroéconomiques et sociales, éthiques, de souveraineté et de sécurité nationale
      • Groupe 3.1 : Souveraineté et sécurité nationale
      • Groupe 3.2 : Anticiper les impacts économiques et sociaux de l’IA

    Calendrier

    • 21 février 2017 : Les responsables des groupes remettent au comité d’orientation une note de synthèse sur les priorités et enjeux de leur domaine d’étude
    • Du 1er au 3 mars 2017 : Journées de l’IA, dans les Tech Places : des ateliers thématiques qui se tiendront dans plusieurs incubateurs permettront des échanges entre les experts de l’IA, les start-up de l’écosystème et le grand public
    • 14 mars 2017 : Les groupes remettent leurs recommandations ou propositions d’actions au comité de pilotage
    • 21 mars 2017 : Réunion du comité d’orientation : les responsables présentent l’analyse et les propositions formulées par leur groupe au comité d’orientation
    • 22 mars 2017 : Événement public à la Cité des Sciences et de l’Industrie – Remise des conclusions du rapport
  • Les journées de l’IA en France- 1er au 3 mars 2017

    Dans le cadre de #FranceIA, le secrétariat d’Etat chargé du Numérique et de l’Innovation et le secrétariat d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche organisent les « Journées de l’IA » dans une quinzaine d’incubateurs, de pôles de compétitivité et autres lieux d’innovation du 1er au 3 mars 2017.

    Les Journées de l’IA ont pour objectif principal de clarifier et de vulgariser l’Intelligence artificielle auprès du grand public.

    Dans une logique d’innovation ouverte, il s’agit d’ouvrir les réflexions sur l’intelligence artificielle à d’autres acteurs que les communautés de chercheurs et d’experts de l’IA, comme les start-up ou les citoyens intéressés par les problématiques de l’intelligence artificielle.

    Outre rapprocher l’IA des citoyens, les Journées de l’IA ont également pour ambition de co-construire la stratégie de la France en Intelligence Artificielle. Lors de ces journées, grand public, experts de l’IA et start-up auront en effet l’opportunité inédite de réfléchir ensemble à des  recommandations de politiques publiques concernant l’IA.

    Le programme des journées de l’IA est disponible sur le site du secrétariat d’État au Numérique : Programme des journées de l’IA.