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  • IA : Sophia Genetics déploie son système Sophia d’analyse génomique en Afrique

    Sophia Genetics a présenté le 24 mars 2017 la liste des premiers hôpitaux africains utilisateurs de Sophia, son système d’analyse du génome et de diagnostic des tumeurs cancéreuses basé sur l’intelligence artificielle.

    Ces hôpitaux sont situés au Maroc (Rabat, Casablanca), au Cameroun (Douala) et en Afrique du Sud (Cape Town).

    Sophia Genetics indique que « l’adoption de SOPHIA en Afrique est sans doute la preuve la plus flagrante que la démocratisation de la médecine basée sur les données est en train de changer d’échelle pour aider le plus grand nombre de patients, où qu’ils vivent autour du globe ».

  • MD Anderson and IBM Watson fall apart: is this a harbinger for Artificial Intelligence in Medicine?

    MD Anderson announced in September 2016 that its partnership with IBM Watson was put on hold. The partnership had been signed on October 18, 2013. The project had been designed to be a one-year collaboration between MD Anderson and IBM leading to a work product called Oncology Expert Advisor, engineered to assist Oncologists with treatment options for patients.

    In March 2017, the Wall Street Journal reported that MD Anderson placed the partnership with Watson on hold due to four main reasons:
    • Project kept shifting focus, it started as a Leukemia project and shifted to Lung Cancer as part of the evaluation phase.
    • MD Anderson switched to the Electronic Health Record (EHR) system by Epic and Watson was incompatible with Epic.
    • Watson’s OEA was not piloted at other hospitals, even though this step was a contractual obligation.
    • The project was continuing to run up costs and not meet goals.

    Oncology Expert Advisor (OEA) was intended to give patients and clinicians immediate, and world wide access to the expertise of MD Anderson Oncology staff.  It was thought that Watson’s ability to extrapolate insights from large data sets with speed and accuracy would help clinicians create, observe, and improve on patient treatment plans while paying special attention to adverse events.  It was expected that this combination of talents would result in improved quality outcomes for patients.

    MD Anderson stated that cognitive systems in computing were able to understand the context of users questions and uncover answers from Big Data, thus continuing learning from user experiences would lead to improved patient outcomes in Cancer patients. In 2013 the American Cancer Society projected 1.6 million new Cancer cases, and the Watson project was intended to first target Leukemia due to its lethality in children (the Leukemia and Lymphoma Society states that Leukemia causes 1/3 of all Cancer deaths in children under the age of 15).

    MD Anderson has more than 100,000 patients in its Houston area population annually. Including other network locations that MD Anderson engages with this number is even higher. MD Anderson has amassed an unprecedented amount of clinical oncology data, both in depth and breadth. Unlocking this data would release an unprecedented amount of knowledge by presenting actionable insights.

    MD Anderson’s main challenge was that data related to day to day patient care and clinical trials is often captured in the notes and minds of the patient care team and researchers, or inaccessible due to the length of time since patients were treated. Watson was supposed to come in and assist physicians and researchers with understanding data to advance innovation and to place the right patients in clinical trials.

    The Watson project was put on hold in September 2016, costing MD Anderson $62 million and failing to meet its milestones. As of February 2017, MD Anderson was actively seeking bids for competitors to Watson.  IBM defended the MD Anderson collaboration stating that the OEA product would have been successful if MD Anderson deployed it and citing a 90% agreement rate when compared to Tumor board expert recommendations. Current Oncology practice is for Tumor boards to meet weekly and discuss patient treatment plan recommendations.

    Lynda Chin, the MD Anderson researcher who led the Watson collaboration stated in February 2017, that this set back should not mean the end of treating Cancer using A.I. tools at MD Anderson. Chin pointed out that the OEA functions as designed, and is able to deliver actionable insights from big data for treating Cancer patients. Chin left MD Anderson in 2015 and is singled out in a 48-page audit conducted by University of Texas that harshly criticizes the project.

    Ron DePhino, MD Anderson’s CEO (DePhino and Chin are married to each other) expressed continued support for the OEA project in a February 2017 message to employees, and further stated that the project was put on hold to allow for the development of a commercialization plan.

    IBM Watson continues to develop new partnerships with organizations and continues to be a leader in A.I. tools for clinical decision support.

  • IA : le partenariat entre le centre de cancérologie MD Anderson et IBM Watson suspendu

    MD Anderson a annoncé en septembre 2016 la suspension de son partenariat avec IBM Watson. Signé en octobre 2013, le partenariat avait été conçu sous la forme d’une collaboration d’un an entre MD Anderson et IBM pour développer l’outil d’aide à la décision Oncology Expert Advisor (OEA).

    En mars 2017, le Wall Street Journal indiquait que la suspension du partenariat par MD Anderson s’expliquait pour 4 raisons :

    • le programme a constamment changé de cible ;
    • MD Anderson a adopté le EHR d’Epic et Watson était incompatible avec Epic
    • OEA n’était pas piloté dans d’autres hôpitaux, alors qu’il s’agissait d’une obligation contractuelle
    • Le projet continuait à engendrer des coûts sans atteindre ses objectifs.

    Oncology Expert Advisor (OEA) était destiné à donner aux patients et aux cliniciens un accès immédiat, partout dans le monde, à l’expertise des médecins de MD Anderson Oncology. L’idée était que la capacité de Watson à interpréter rapidement et avec précision de grands jeux de données aiderait les cliniciens à créer, observer, et améliorer les traitements des patients tout en accordant une attention particulière aux effets indésirables. Il était prévu que cette combinaison de talents améliorerait les résultats pour les patients.

    MD Anderson traite plus de 100.000 patients chaque année autour de Houston, et ce nombre est encore plus élevé si on y ajoute les autres centres qui font partie de son réseau. L’institution a  donc une base de données extrêmement riche en oncologie.

    Watson était censé venir aider les médecins et les chercheurs à comprendre ces données pour faire progresser l’innovation et inclure les bons patients dans les essais cliniques.

    Le projet Watson a été suspendu en septembre 2016, avec un coût de 62 millions $ pour MD Anderson. En février 2017, MD Anderson cherchait activement des offres de concurrents de Watson. IBM a de son côté indiqué que OEA aurait réussi si MD Anderson avait déployé cet outil.

    Le PDG de MD Anderson a de son côté déclaré que le projet avait été suspendu pour permettre l’élaboration d’un plan de commercialisation.

  • EFSI

    Fonds européen pour les investissements stratégiques

  • Alzheimer : le jeu thérapeutique X-TORP obtient le statut de dispositif médical de classe I

    Le jeu thérapeutique X-TORP développé par Genious Healthcare destiné aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer et pathologies assimilées a obtenu le statut de dispositif médical de classe I le 22 février 2017.

    Validé cliniquement au CHU de Nice, son utilisation a permis d’obtenir une amélioration :
    • de la motricité, de l’endurance et de la stimulation cardiorespiratoire,
    • des cognitions et de la mémoire,
    • des comportements des patients (réduction de l’apathie – état de fatigue et de mollesse, accompagné d’une indifférence ou d’une absence d’émotions et de désirs due à un état physique ou psychologique).

    Également validé en tant qu’outil de mesure d’évolution de la maladie et comme programme d’activité physique adaptée, ses résultats d’utilisation ont fait l’objet d’une publication scientifique dans le Journal of Alzheimer’s Disease le 10 août 2016.
    Actuellement, X-TORP fait l’objet d’une nouvelle étude clinique impliquant 104 patients au sein de 18 centres différents.
    Genious Healthcare précise que ce dispositif médical pourra être utilisé en ligne via la plateforme www.curapy.com.

  • Silver éco : les 13 lauréats de la 9e édition de la SilverNight

    Les trophées SilverEco 2017 ont présenté, le 20 mars 2017, lors de la 9ème édition de la SilverNight, les treize lauréats choisis par le jury parmi 180 dossiers initiaux. La soirée s’est déroulée à Paris en présence des ministres Michel Sapin, Christophe Sirugue et Pascale Boistard.

    Tous dans un domaine différent, les lauréats sont:

    • Temps Composés pour la meilleure initiative Loisirs & Culture,
    • DomoFrance et Logévie pour la meilleure solution habitat,
    • Résidence ORPEA CRAMPEL pour la meilleure initiative hébergement/Ehpad,
    • Géromouv’ pour le coup de cœur des internautes,
    • La CCI de la Creuse pour la meilleure Prestation de Services SilverEco,

    Les initiatives suivantes concernent la e-santé ou une innovation numérique:

    • LifeInABox pour la meilleure initiative Santé SilverEco,
    • CetteFamille pour la meilleure initiative Intergénérationnelle, 
    • Faciligo pour la meilleure innovation Web,
    • Izi Family pour la meilleure initiative d’aide aux aidants,
    • Fingertips pour le meilleur produit SilverEco,
    • ParadeProtection pour la meilleure innovation technologique,
    • Générations Mouvement pour la meilleure approche R&D,
    • MamyRoom.fr pour le prix de la Ministre.

    Les coups de cœur et coups de pouce du jury ont été attribués à UtilePourVous et H2Mat’.

  • Start-up : la 3e journée start-up innovantes du Dispositif Médical aura lieu le 31 mai 2017 à Paris

    La 3e journée start-up innovantes du Dispositif Médical aura lieu le 31 mai 2017 à l’Institut Pasteur à Paris.

    Organisée par le Snitem, cette journée a pour thème « Identifier les leviers stratégiques pour réussir votre développement ». Elle s’articulera autour de témoignages d’entreprises et approches « pratico-pratiques » sur les grandes thématiques liées aux dispositifs médicaux (réglementation, accès au marché, …), de tables rondes et pitchs des start-up.

    La nouveauté cette année réside dans la possibilité de rencontrer les intervenants et les invités sous forme de rendez-vous BtoB.

    Seront notamment présents : BPI France, le fonds Private Equity et Business France.

    Programme

    • 8h30 : Accueil des participants
    • 9h00: Introduction par le Snitem
    • 9h30: Nouvelles technologies, quelles exigences pour intégrer le monde du DM ?
      • Témoignages d’entreprises : VOLUNTIS, BIOSERENITY
    • 10h45: Premier round de « pitch start-up »
    • 11h15: Accès au marché : la France ou l’international ?
      • L’accès à l’innovation en France : Témoignages : SIRTEX Sébastien BRUNWALD, URGO comment choisir entre OTC et Rx ?, Forfait innovation
      • Et ailleurs : Témoignage de IMPETO MEDICAL, NORAKER
    • 12h30: Deuxième round de « pitch start-up »
    • 12h45: Conclusion de la matinée
    • 13h00: Pause déjeuner / Début de RDV BtoB / Accès espace Innovation (Stands)
    • 14h00 : Table ronde 1 : Comment s’appuyer sur un partenaire pour grandir ?
      • Témoignages de couples industrie-start-up :
        • THUASNE et FEETME
        • EOS IMAGING et ANATOSCOPE
        • J&J et OUI-CARE
    • 15h15: Troisième round de « pitch start-up »
    • 15h45: Table ronde 2 : Comment financer son développement ?
      • ANGEL SANTE
      • Crowdfunding « wiseed » ou « sowefound »
      • BPI FRANCE
      • FONDS PRIVATE EQUITY
      • BUSINESS FRANCE
    • 17h00: Quatrième round de « pitch start-up »
    • 17h15: Conclusion de l’après-midi
    • 17h30: Cocktail networking

    Vous pouvez d’ores et déjà réserver un rendez-vous BtoB via le formulaire d’inscription disponible en cliquant sur le lien ci-contre : inscription

    Cet événement est organisé en partenariat avec AGBM – Alsace Biovalley – Atlanpole – Aviesan – Biomed Alliance – Bpifrance – Business France – Cancer-Bio-Santé  – CGI – Clubster Santé – la DGE – DGOS – Eurobiomed – FEFIS – FIEEC – FIM – France Biotech – I-Care – ID2 Santé – Inserm Transfert – Lille Eurasanté – Lyon Biopôle – Medicalps – Medicen – Paris Biotech Santé – Pôle des Technologies Médicales.

  • Open Innovation : Groupama et Air Liquide soutiennent l’accélérateur de startups Techstars Paris

    Techstars, un des plus gros accélérateurs de start-up américains, a ouvert ses portes en France le 20 mars 2017 et s’apprête à lancer à Paris son premier programme d’accompagnement de start-up avec le soutien du fonds d’investissement Partech Ventures.

    L’accélérateur a également des partenaires dans l’industrie, notamment Air Liquide et Groupama dans le cadre de leur programme d’Open Innovation.

    L’accélérateur est situé au 8 et 9e neuvième étage avec vue panoramique sur les toits de Paris du building du Partech Shaker, l’incubateur créé par le fonds d’investissement Partech Ventures. Il s’agit de sa 27e implantation dans le monde après Londres et Berlin, ouverts en 2016.

    1000 start-up incubées par Techstars dans le Monde

    Techstars est  un des principaux accélérateurs dans l’univers des start-up outre-Atlantique. Depuis sa création en 2006 à Boulder (Colorado), Techstars a déjà accompagné plus de 1000 start-up internationales. Elles ont levé plus de 3 milliards de dollars à l’issue du programme, avec en moyenne 3,4 millions de dollars par levée de fonds.

    La valeur du portefeuille s’élève à 7,8 milliards de dollars, selon les informations transmises par Techstars. Il a accompagné des sociétés comme Sphero (90 millions de dollars levés) ou Ginger.io (28 millions de dollars levés).

    • Un appel à candidatures pour 10 lauréats potentiels

    Le nouveau programme d’accélérateur de start-up a ouvert le 20 mars 2017. Les entreprises peuvent postuler jusqu’au 18 juin. La première promotion sera accueillie à partir du 11 septembre.

    Les 10 start-up sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement de 13 semaines de mentorat et de définition de leur modèle économique et d’ un investissement par Techstars de 120 000 dollars, qui prendra 6% des parts de la start-up.

    Groupama : au coeur de la transformation digitale 

    Groupama est le seul partenaire assureur et financier de l’accélérateur de start-up.

    Ce partenariat vise  trois objectifs :

    • Travailler en amont avec des start-up sur des cas d’usages concrets et sur des problématiques clés  (objets connectés, Intelligence Artificielle…) pour définir une trajectoire d’industrialisation.
    • Continuer de transformer les modes de travail et la culture Groupama en invitant les membres de la direction à collaborer étroitement avec des start-ups sur le programme d’excubation prévu au premier semestre 2018.
    • Soutenir durablement l’écosystème d’innovation français.

     

  • Prévention : le CHU de Poitiers crée une maison de santé publique sur le modèle anglais

    Créer un espace où le patient devient « acteur des soins », telle est l’ambition du Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers illustrée par la nouvelle maison de santé publique entrée en phase de concrétisation en mars 2017. Élaborée dans le cadre du projet d’établissement 2013-2017, l’initiative est soutenue par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine et par le fonds de dotation du CHU, Aliénor.

    Faire de l’hôpital un acteur de la prévention

    Le constat fait lors de la rédaction du projet d’établissement des quatre dernières années est que l’hôpital est un lieu d’excellence en termes de diagnostic, de soins et d’expertise mais où la prévention n’est pas assez présente. Pour le Pr. Virginie Migeot, en charge du projet, « la prévention était laissée à bien d’autres structures, depuis les écoles jusqu’aux associations… »

    Il s’agit de l’occasion de mettre en place la notion d’hôpital « promoteur de santé », défendue par l’Organisation mondiale de la santé.

    Promouvoir la prévention et l’éducation thérapeutique

    L’objectif est de dépasser la qualité des soins et la technicité des services en proposant au nombre croissant de patients souffrant de maladies chroniques une réponse à leur besoin d’information tout au long de leur prise en charge médicale. 

    Induire une prise en charge globale

    L’enjeu, selon le Pr Migeot, est de « mieux appréhender son environnement pour induire des changements de comportement » en englobant tous les déterminants de la maladie. Ainsi, il s’agit d’apporter une autre forme d’accompagnement en proposant des programmes d’éducation thérapeutique, des ateliers d’apprentissages, etc.

    Une maison de santé publique interdisciplinaire

    L’équipe de l’établissement sera constituée de:

    • une infirmière coordonnatrice en lien avec celle des services,
    • deux animateurs d’activité de santé publique,
    • des éducateurs sportifs,
    • des diététiciennes,
    • des psychologues…

    L’idée est de créer une structure semblable aux Maggie’s Centres en Angleterre qui permettent aux patients atteints de cancer de parler de leur vie avec et après la maladie. Ces types de structures accueillent les anciens malades de cancers sans rendez-vous dans un environnement bienveillant pour apporter du support, de l’information et des conseils. 

  • « Le SPIS est un dispositif de co-construction permanente » (Giovanna Marsico, déléguée au SPIS)

    Giovanna Marsico, déléguée au service public d’information en santé (SPIS), a accordé un entretien à Health&Tech Intelligence à l’occasion du lancement de sante.fr, la première brique du SPIS :

    • la place du citoyen dans les politiques publiques de santé,
    • le rôle de l’Etat dans l’information
    • l’utilisation du numérique et des objets connectés dans la prévention,

    Tels sont les principaux points abordés au cours de cet entretien.

    Comment faire évoluer les politiques publiques en santé par une réflexion centrée sur le citoyen ?

    Aujourd’hui, le système de santé est contraint par de nombreux facteurs. Le premier, c’est le facteur économique. Il y aussi des facteurs contextuels comme l’évolution de l’épidémiologie de la population, l’évolution des pratiques au sein de la population et la volonté des citoyens d’être plus informés et plus impliqués dans les choix qui les concernent.

    Si les politiques de santé ont toujours été conçues par les  politiques et les autorités sanitaires, elles se retrouvent aujourd’hui confrontées aux attentes grandissantes de la société de participer à leur orientation, notamment sur des enjeux sensibles. La question se pose alors pour les pouvoirs publics d’ouvrir des espaces de concertation qui ne se limitent pas à l’architecture classique des représentants associatifs mais qui impliquent aussi des nouveaux usages et outils collaboratifs. Ces outils nécessitent forcément une éducation de la population aux enjeux du système de santé, d’où le besoin d’assurer une information accessible, transparente, exhaustive et indépendante.

    Les outils numériques peuvent-ils servir à cela ?

    L’intérêt de s’appuyer sur des  outils numériques dépend largement de la cible que l’on souhaite atteindre. Des programmes à destination des jeunes trouveront un terrain idéal sur les réseaux sociaux ; inversement, des actions adressées à une population précaire seront plus efficaces via des notifications sur mobile.

    Le cœur des services numériques est situé dans les usages : si les destinataires y trouvent un intérêt, l’outil est efficace et répond à sa mission. Mais il doit être adapté à ses destinataires : d’où l’intérêt d’impliquer les destinataires d’outils et services à leur conception.  

    Que peut attendre le citoyen du numérique dans sa prise en charge ?

    Il faut distinguer plusieurs sujets dans le numérique. Il y a d’abord internet comme source d’information et donc comme facteur favorisant l’accès à la santé, car l’information en est un déterminant.  

    Il y a aussi le développement des services à destination des usagers, des soins, et des services favorisant la prévention. L’amélioration de la coordination des soins grâce à la télémédecine, aux outils de télésurveillance, téléconsultation, télé-expertise, téléassistance médicale, fait partie du développement naturel des pratiques ; la prise en charge évolue en fonction des nouveaux besoins et du développement de ces outils. Elle peut être améliorée clairement par l’intégration des outils de télémédecine, à condition qu’ils soient cadrés sous le profil réglementaire et déontologique et qu’ils soient accessibles à tous les usagers.

    Une autre question est celle du dossier personnel qui permet au citoyen d’avoir accès à ses données et donc d’être en capacité de participer aux choix qui le concernent. Aujourd’hui, l’Assurance Maladie propose un Dossier Médical Partagé permettant aux citoyens de mettre les données à disposition des professionnels de santé (médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, etc.) qui les accompagnent,  de simplifier la transmission d’informations entre professionnels, de réduire les examens et prescriptions inutiles ainsi que les interactions médicamenteuses et de faciliter la prise en charge en urgence.  Une orientation vers des outils de téléchargement de données du patient, type BlueButton, est en cours dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de la e-santé.

    Le 3e champ est celui du numérique au service de la médecine prédictive : prendre connaissance d’un facteur de risque important de développer une maladie peut représenter un intérêt majeur pour les citoyens mais cela passe par une réflexion éthique et juridique qui représente un vrai enjeu sociétal.  Ce sujet ouvre, évidemment,  la question de la protection : peut-on imaginer une organisation dans laquelle le citoyen qui a un risque accru de développer certaines maladies sera obligé à une plus lourde imposition fiscale ? Ou bien des exclusions importantes de garanties ? 

    On ne peut pas faire l’économie d’un débat sociétal, dans lequel on met le citoyen en condition de connaître et de se saisir des enjeux, d’anticiper les impacts futurs et de participer aux décisions.

    Passer du système curatif au système préventif : est-ce une demande des citoyens ?

    La conscience de l’intérêt de la prévention demande beaucoup de connaissances et de lucidité de la part des citoyens. De manière pragmatique, si l’on devait se baser sur le fait que ce soit une demande des citoyens, on devrait imaginer qu’ils soient tous conscients des bonnes pratiques nécessaires pour préserver leur patrimoine santé et donc être déjà en position de diminuer leurs facteurs de risque individuels de manière spontanée, par exemple arrêter de fumer, faire du sport, manger bio, etc.

    Au contraire, c’est la responsabilité de l’État que de développer de l’information auprès des citoyens et de les mettre en condition de pouvoir adhérer à des meilleurs choix de vie. L’État ne peut pas se limiter à attendre que les citoyens en fassent la demande.

    Quel rôle peuvent jouer les objets connectés dans la prévention ?

    Les objets connectés ne changent pas la culture. La culture change quand le citoyen se trouve confronté à un intérêt spécifique. Une démarche de prévention basée sur les seuls objets connectés, à mon sens, risque d’être porteuse d’inégalités. La prévention passe d’abord par l’éducation à l’école primaire, à l’école maternelle, et pour le moment elle n’a pas suffisamment investi ces dimensions-là. La prévention doit aussi investir l’entreprise, car c’est là que les gens passent la plupart de leur temps.

    Le fait d’avoir un outil en quantified-self ne permet pas à lui seul de changer la pratique. Au contraire, cela peut entraîner un sentiment de compensation : je fais 10 000 pas par jour, donc je peux fumer un paquet de cigarettes Bien sûr, l’objet connecté peut être utile pour accompagner, mais le déclenchement de la démarche doit venir d’un intérêt reconnu. Il faut mettre les gens en condition de pouvoir développer certaines activités au-delà de l’objet connecté. Et il ne faut pas que l’objet connecté soit un outil angoissant : la prévention ne passe pas par la peur mais par une reconnaissance de l’amélioration de la qualité de vie. Le bénéfice de la prévention ne réside pas systématiquement dans la réduction du risque.

    Les objets connectés ne sont pas nécessairement adaptés à tout le monde et on ne peut pas penser qu’ils puissent être adaptés à tout le monde.

    Que doit apporter le SPIS aux citoyens ?

    Le SPIS est un service public ayant vocation à faciliter l’accès des citoyens vers des informations fiables, indépendantes, accessibles, compréhensibles et utiles à leurs parcours de vie. Ces informations existent en partie, produites par les acteurs publics, mais elles sont assez éparpillées et ne sont pas de premier accès pour les citoyens. Par ailleurs, il y a aussi des champs d’information demandés par les usagers qui ne sont pas encore couverts par les acteurs publics et sur lesquels le citoyen ne peut s’adresser qu’à des contenus produits par des acteurs privés, parfois à but lucratif.

    La vocation du SPIS est d’une part de créer de la cohérence et d’autre part de s’assurer que le citoyen puisse avoir ce point d’accès à un domaine d’information qui lui convienne. Nous avons commencé à faire cela à travers une première incarnation du service public d’information santé qui est le moteur de recherche santé.fr. Il permet de formuler ses requêtes et de trouver des informations de caractère éditorial ou de caractère annuaire, référencées par le service public d’information santé. Ce ne sont pas uniquement des informations de caractère public, mais aussi des informations de caractère éventuellement privé (à but non lucratif), par exemple produites par des associations, des collectivités locales, des universités, dont les contenus sont en adéquation avec le standard d’information défini par le service public d’information santé. Le but est de permettre au citoyen, via ce moteur de recherche, de chercher toutes les informations qui peuvent l’intéresser mais qui sont qualifiées par le service public comme fiables, indépendantes, à jour, accessible et compréhensibles.

    C’est le premier palier de réalisation du SPIS. La logique, essentielle à mes yeux, est que ce service va se construire et évoluer en fonction des usages. Sa ligne éditoriale provient de l’analyse des usages que les citoyens en feront, leurs retours et leur feedback qui nous permettront de savoir où il y a des manques, des incohérences, et quels sont les services qu’il faudra développer en fonction de leurs besoins.

    Le SPIS représente un vrai dispositif de co-construction permanente grâce au travail d’implication des usagers, qui font également partie de la gouvernance de ce service.