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  • Règlement MDR : report de 2 ans du lancement de la base de données européenne Eudamed sur les DM

    « Le lancement d’Eudamed sera effectué conjointement pour les DM et les DM in vitro, à la date initialement prévue pour les DM in vitro, c’est-à-dire en mai 2022. » C’est ce qu’annonce la Commission européenne dans un communiqué publié sur son site le 30 octobre 2019. Si cette base de données européenne sur les dispositifs médicaux (DM) ne sera donc opérationnelle que 2 ans après la date prévue, la date d’application du règlement européen MDR, qui prévoit son lancement, reste fixée à mai 2020.

    La Commission déclare, pour motiver cette décision, qu’elle ne juge pas possible de mettre en œuvre cette base de données progressivement, comme prévu initialement, mais que l’ensemble de ses modules se doivent d’être opérationnels lors de son lancement, après avoir fait l’objet d’un « audit indépendant ».

    La base de données existante, Eudamed2, est « un répertoire central » des informations échangées entre les autorités nationales et la Commission sur le marché des DM. Réservée aux autorités nationales, elle n’est pas accessible au public.

    « Beaucoup plus volumineuse », la nouvelle base de données Eudamed fonctionnera comme un système d’enregistrement/collaboratif/de notification et de diffusion ouvert au public.« Polyvalente » et interopérable, elle contiendra différents modules sur :
    • les acteurs économiques du secteur ;
    • les DM et leurs IUD (identifiants uniques des dispositifs) ;
    • les organismes notifiés et les certificats ;
    • la vigilance ;
    • les enquêtes cliniques et les études de performance ;
    • la surveillance du marché.

  • Inde : le ministre de la Santé exhorte les acteurs à mettre en œuvre rapidement son Plan e-santé

    Le Dr Harsg Vardhan, ministre de la Santé indien (Union Minister of Health and Family Welfare), exhorte les parties prenantes du secteur à mettre au plus vite en œuvre le Plan directeur national de la santé numérique (National Digital Health Blueprint – NDHB). Déployer des systèmes de santé numériques à la pointe de la technologie, des registres nationaux et régionaux d’établissements de soins ainsi qu’une base de données de dossiers patients : tels sont les principaux objectifs du plan, remis le 29 octobre 2019 au ministre par Sh. J. Satyanarayana, président du comité national sur le NDHB.

    « Le Plan directeur national de la santé numérique n’est qu’un début ; cela nous donne une direction et une voie à suivre pour renforcer les systèmes de prestation de soins », commente dans un communiqué le Dr Harsh Vardhan.

    La vision portée par le NDHB est de créer un écosystème national de santé numérique qui soutienne la couverture maladie universelle (CSU) de manière efficace, accessible, inclusive, abordable, rapide et sûre, en fournissant un large éventail de services de données et d’informations, en exploitant des systèmes numériques ouverts, interopérables et basés sur des normes et en assurant la sécurité et la confidentialité des informations personnelles relatives à la santé.

    Les mesures clés du Plan directeur national sur la santé numérique de l’Inde

    En juillet 2019, le ministère avait placé le rapport du Plan directeur national sur la santé numérique (NDHB), fondé sur les « meilleures pratiques » mondiales dans le domaine des technologies de la santé, dans le domaine public et sollicité des « commentaires » de la part des acteurs du secteur pour affiner le programme. Une décision intervenue environ un an après la publication par Niti Aayog (un groupe de réflexion politique du gouvernement indien) d’une proposition relative au National Health Stack (NHS), décrivant les éléments nécessaires aux besoins numériques du pays en matière de santé.

    L’interopérabilité des systèmes au centre du projet

    Soulignant l’importance d’une intégration de divers services de santé numériques au sein du système de soins, le Dr Vardhan estime que, pour l’heure, il y a une nécessité de créer un écosystème capable d’intégrer les systèmes d’information sur la santé existants et d’indiquer clairement la voie à suivre pour les futurs programmes visant à assurer l’interopérabilité des dossiers de santé électroniques (DSE).

    « Nous avons marqué l’histoire en lançant Ayushman Bharat Yojana (système national de protection de la santé)*, qui est opérationnel sur une plateforme informatique robuste. D’autres programmes informatiques, tels que Reproductive Child Healthcare, Nikshay, etc., bénéficient également aux patients au bon moment grâce à une prestation de services adaptée. Il est nécessaire d’assurer la convergence de ces systèmes informatiques pour surveiller et fournir des services de santé de manière robuste et efficace. Le ministère de la Santé et du Bien-être de la famille a lancé des efforts en vue de la mise en place d’un système de santé en ligne complet et intégré dans l’ensemble du pays, dans le cadre du Plan directeur de la santé numérique », commente le Dr Harsh Vardhan.

    * Ayushman Bharat Yojana est le système national de protection de la santé indien. Il s’agit d’un programme à financement centralisé lancé en 2018.

    Une plateforme commune intégrant les applications de santé et les données existantes

    Selon le ministère de la Santé, le NDHB vise à fournir une plateforme commune pour « l’intégration d’applications (de santé) existantes » et de données existantes en silos, dans des établissements de santé publics et privés. Le National Health Stack (NHS) de Niti Aayog a également défini « des calendriers, des objectifs et des ressources » clairs, nécessaires à la réussite de cette convergence numérique des programmes de soins en Inde, conformément au exigences du ministère.

    Un registre nationale de données de santé

    Plus tôt en 2019, les auteurs de l’Enquête économique 2018-2019 (Economic Survey 2018-2019) ont également émis l’idée d’un registre national de santé. Selon cette proposition, le registre de la santé, assorti de toutes les « garanties de confidentialité » nécessaires, pourrait grandement contribuer à l’utilisation des données de santé des citoyens à des fins « prédictives et normatives ».

    Le registre serait associé à une carte citoyen. « En tant que médecin pouvant accéder aux antécédents médicaux d’un patient de ce registre de santé national, ce dispositif serait particulièrement utile en cas d’urgence / de traumatisme et pourrait potentiellement sauver plusieurs vies », expliquent les auteurs du rapport.

    Cette base de données pourrait être utilisée non seulement par les hôpitaux et les centres de santé publics mais également pour la surveillance des syndromes, les systèmes d’information sur la vaccination et les rapports électroniques de laboratoire. Elle comprendrait également des sous-registres pour des maladies clés telles que le diabète, l’hypertension, le cancer et le sida, est-il noté dans la proposition.

  • AI for Humanity : 2 centres d’expertise en IA seront lancés à Paris et Montréal en 2020 (E. Macron)

    « Nous devons définir et concevoir un nouveau consensus autour de l’intelligence artificielle (IA) », qui « met nos classes moyennes sous pression ». C’est ce qu’a déclaré le président de la République Emmanuel Macron dans un discours prononcé à l’auditorium de l’Institut de France à Paris, le 30 octobre 2019, dans le cadre du Global Forum on AI for Humanity (GFAIH). En conclusion de ce forum organisé du 28 au 30 octobre, avec quelque 450 participants d’une vingtaine de pays, pour évoquer les promesses et les risques (sécuritaires, économiques, éthiques) de l’intelligence artificielle, Emmanuel Macron s’est dit déterminé à « faire en sorte que les classes moyennes tirent à terme un bénéfice de ces technologies », jugeant que « la confiance et l’acceptabilité sociale [étaient] absolument critiques » en la matière.

    Le GFAIH a donné l’occasion aux pouvoirs publics de dresser un bilan de la stratégie nationale de recherche en IA lancée en novembre 2018 avec l’ambition de consacrer 1,5 milliard d’euros à cette technologie montante d’ici à 2022, dont 655 millions à la recherche et 153 millions à « la transformation publique, notamment en santé ».

    Le président français a par ailleurs annoncé le lancement en 2020 de deux centres d’expertise en IA à Paris et à Montréal, dans le cadre du futur GPAI (Global Partnership on AI), partenariat conclu entre la France et le Canada avec le soutien de l’OCDE. « Nous assurer que l’Europe aura une place clé dans l’excellence technologique, c’est la condition pour pouvoir ensuite penser jouer un grand rôle », estime-t-il.

    Bilan des 18 mois de la stratégie nationale d’IA

    Dans un dossier de presse délivré lors du GFAIH, le gouvernement dresse un bilan de la stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA) lancée en mars 2018 par Emmanuel Macron afin de « positionner la France comme une des nations leader de l’IA ».

    Dans le domaine « diffusion de la donnée, transformation publique et innovation de rupture » sont cités :

    • le Health Data Hub lancé cette année (création officielle attendue en novembre 2019), « exemple emblématique » de la volonté des pouvoirs publics de donner accès aux données qu’ils détiennent pour permettre aux secteurs prioritaires d’ »en tirer le meilleur parti pour innover » ;
    • le lancement des « Grands Défis », dont 3 concernent directement l’IA, notamment celui dirigé par Olivier Clatz sur l’amélioration des diagnostics médicaux ;
    • les « Challenges IA » – qui s’inscrivent dans le cadre des « Grands Défis » – financés par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et dont 8 ont été lancés en octobre 2019 ;
    • L’appel à projets lancé par le ministère de l’Économie et des Finances pour soutenir les initiatives de mutualisation de données au sein de plateformes centralisées, et dont les premiers projets seront sélectionnés fin 2019 ;
    • le projet Artémis (Architecture de traitement et d’exploitation massive de l’information multi-source), une « solution souveraine de traitement massif des données » pour la défense, qui contient notamment un volet « santé » ;

    Afin d’« attirer la meilleure expertise en intelligence artificielle », les actions suivantes ont été mises en œuvre :

    • le lancement du réseau des instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle (« 3IA ») ;
    • l’augmentation du nombre de chaires consacrées à l’IA « hors 3IA » et programme doctoral ;
    • le renforcement des capacités et de la puissance de calcul avec le nouveau supercalculateur Jean Zay.
  • Le marché mondial de la e-santé estimé à 234,5 Mds USD en 2023, soit +160 % par rapport à 2019 (F&S)

    Le marché mondial de la santé numérique devrait atteindre en 2023 une valeur de 234,5 milliards de dollars US (201,10 Mds €), soit une hausse de près de 160 % par rapport à 2019. C’est du moins ce que prédit le cabinet américain Frost & Sullivan dans son Global Health Outlook 2020, une étude prospective sur le secteur présentée début octobre 2019 par Dorman Followwill, senior partner à Frost & Sullivan.

    Selon les auteurs du rapport, cette évolution serait due :
    • à la nécessité de fournir des prestations de soins de meilleure qualité à un prix « abordable et soutenable », alors que la population est marquée par un vieillissement et que les maladies chroniques ne cessent de croître ;
    • au déploiement important de l’informatique de santé et des technologies d’analyse de données basées sur l’intelligence artificielle (IA) ;
    mais aussi :
    • aux évolutions réglementaires, telles que la prise en charge (remboursement) d’actes de télémédecine (en France depuis septembre 2018) ;
    • au développement de modèles value-based care.

    À noter par ailleurs l’essor des technologies d’IA, qui devraient arriver à maturité dans le domaine de la santé d’ici 2030, indique Frost & Sullivan, avec en tête des investissements les États-Unis (73,3 %), qui domine le marché, suivies par la Chine (14,8 %).

    Selon le cabinet, le numérique va s’installer durablement dans le secteur médical comme « une nouvelle arme » pour accélérer la croissance de l’industrie. Il estime que que les 3 à 5 prochaines années vont s’avérer « cruciales » pour adopter ce virage technologique. Ainsi, les acquisitions dans le domaine des technologies et la conclusion de partenariats avec des spécialistes de l’informatique vont constituer des avantages compétitifs pour les entreprises, analyse-t-il.


    Dans le détail, les auteurs du rapport prévoient, pour l’essentiel, :

    • une hausse de la valeur du marché des infrastructures d’analyse de big data en santé, passant de 16 milliards de dollars (14,35 Mds €) en 2018 à 39 milliards (34,97 Mds €) en 2023 ;
    • une poursuite du développement de la télémédecine mais avec des taux de croissance plus faibles à partir de 2020 ;
    • un ralentissement de la hausse des dépenses pour les outils de santé basés sur l’IA de 50% en 2020, au profit des applications en vie réelle ;
    • une hausse du marché des thérapies digitales (digital therapeutics : outils numériques délivrés sur ordonnance), qui pourrait représenter jusqu’à 4,42 milliards de dollars (9,96 Mds €) en 2023 outre-Atlantique, contre 889 millions (797 M €) en 2017 ;
    • un développement du marché des services de sécurité informatique dans la santé, qui devrait atteindre 2,88 milliards dollars (2,58 Mds €) en 2023 aux États-Unis, contre 1,79 milliard (1,60 Md €) en 2018 ;
    • des opportunités dans le secteur des femtechs (technologies numériques dédiées à la santé des femmes) : un marché estimé à 50 milliards de dollars (44,83 Mds €) d’ici 2025.

    E-santé : les principaux enseignements du Global Health Outlook 2020

    Une hausse de la valeur du marché des infrastructures d’analyse de big data en santé :

    • passant de 16 milliards de dollars (14,35 Mds €) en 2018 à 39 milliards (34,97 Mds €) en 2023, soit un taux de croissance annuel moyen de 19 % sur la période :
      • avec une augmentation des volumes de données créées chaque année dans le secteur médical : 44 zettabits (Zb) en 2020, contre 4,4 Zb en 2010 (1 zettabit = 1 000 milliards de gigabits). Cette hausse est liée au développement du télé-suivi et des objets connectés dans le domaine de santé, un marché qui devrait représenter 3,6 milliards de dollars (3,22 Mds €) sur le territoire nord-américain en 2020.

    Une poursuite du développement de la télémédecine :

    • – dont la croissance annuelle était de 22,8 % en 2016 et de 35,5% en 2019 – mais avec des taux de croissance plus faibles à partir de 2020.

    Un ralentissement de la hausse des dépenses pour les outils de santé basés sur l’intelligence artificielle (IA) de 50% en 2020 :

    • une baisse qui s’expliquera par la volonté des acteurs de davantage « se concentrer sur des applications en vie réelle », indique Frost & Sullivan.
      • Ce marché devrait néanmoins continuer à « croître rapidement » et atteindre 6,16 milliards de dollars (5,52 Mds €) d’ici 2022, contre 1,73 milliard (1,55 Mds €) en 2019.
      • « Les outils cognitifs d’aide à la décision médicale seront priorisés pour faire face aux différents défis rencontrés par les patients, les payeurs, les fournisseurs de soins et l’industrie pharmaceutique », commente Dorman Followwill.

    Une hausse du marché des thérapies digitales (digital therapeutics : outils numériques délivrés sur ordonnance) :

    • qui pourrait représenter jusqu’à 4,42 milliards de dollars (9,96 Mds €) en 2023 outre-Atlantique, contre 889 millions (797 M €) en 2017, et afficher un taux de croissance annuelle moyen de 31%.

    Un développement des services de sécurité informatique dans la santé :

    • avec un marché qui devrait atteindre 2,88 milliards de dollars (2,58 Mds €) en 2023 aux États-Unis, contre 1,79 milliard (1,60 Md €) en 2018, avec un taux de croissance annuel de 10 %.
      • Une évolution cohérente, la numérisation du secteur médical entraînant une hausse des besoins en matière d’expertises et de solutions pour assurer la cybersécurité des services.

    Un « fort potentiel de croissance » des femtechs, soit les technologies numériques dédiées à la santé des femmes, :

    • avec un marché estimé à 50 milliards de dollars (44,83 Mds €) d’ici 2025.

    Les technologies d’IA arriveront à maturité dans le secteur de la santé d’ici 2030

    Frost & Sullivan note, par ailleurs, que les technologies d’intelligence artificielle devraient selon ses estimations arriver à maturité dans le secteur de la santé d’ici 2030.

    Lors de ces 5 dernières années, les investissements mondiaux des industriels dans l’IA concernaient principalement :

    • l’imagerie et le diagnostic : 20,70 % du total ;
    • la découverte de candidats médicaments : 18,60 % ;
    • la découverte de nouveaux mécanismes d’action : 10,30 % ;
    • la collecte et l’analyse de données de vie réelle : 18,10 % ;
    • la génétique : 10, 80 %.

    Investissements en IA : les États-Unis dominent le marché

    Arrivent largement en tête de ce marché les États-Unis, qui représentent 73,3 % de ces investissements. Suivent, dans une moindre mesure, la Chine (14,8 %), le Royaume-Uni (3,8 %) puis Israël (2,5 %).

  • Maladies inflammatoires chroniques intestinales : télésuivi & éducation thérapeutique au CHU de Nancy

    « À Nancy, près de 400 patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques intestinales (Mici) bénéficient désormais d’une surveillance rapprochée de leurs symptômes par le biais de consultations virtuelles (téléconsultations)« , indique le CHRU de Nancy dans un communiqué publié le 29 octobre 2019, ajoutant que ces derniers pouvaient également suivre le programme d’éducation thérapeutique (ETP) coordonné par une infirmière afin de mieux comprendre leur pathologie. L’établissement de soins souhaite, par ce dispositif, encourager le déploiement des nouvelles pratiques de soins qui allient télémédecine et implication du patient.

    Jusqu’alors, les personnes atteintes de Mici consultaient un médecin en moyenne tous les 6 mois. Depuis la mise en place d’un partenariat avec Micilor, réseau lorrain des maladies inflammatoires chroniques intestinales, et grâce au soutien de l’hôpital, une infirmière d’ETP dédiée à cette pathologie les forme au fonctionnement d’un test diagnostique et à ses enjeux en termes d’autonomie et de responsabilisation. Un outil déployé dans le cadre du suivi à domicile.

    En parallèle, les professionnels de santé du service d’hépato-gastro-entérologie de Nancy expérimentent l’utilisation d’autres outils numériques, tel que le remplissage d’un questionnaire personnalisé au contenu éphémère par le biais d’un téléphone mobile, réalisé en amont de la consultation. Le médecin peut ainsi directement connaître toute une série d’informations sur le patient (symptômes, examens déjà effectués, cadre de vie, etc.), évitant les démarches chronophages liées à l’entrée de différents codes d’accès pour consulter tel ou tel dossier. « Ces nouveaux échanges patient/praticien font évoluer l’entretien singulier et la prise en charge des patients avec une Mici vers une communication responsable entre partenaires« , commente le CHRU.

    « Le plus gros programme d’ETP en France »

    Depuis 2016, près de 400 patients ont été formés sur les maladies inflammatoires chroniques intestinales (Mici) par la biais du programme d’éducation thérapeutique (ETP) déployé au CHRU de Nancy. Il s’agit, »de loin, le plus gros programme d’ETP en France », note l’établissement de soins. 

    L’outil diagnostique présenté aux patients est proposé dans le cadre du suivi à domicile. Vendu en pharmacie aux alentours de 50 euros (non remboursés), il évite les coloscopies à répétition en mesurant la « calprotectine fécale », un marqueur d’inflammation intestinale dosé dans les selles.

    Une appli mobile pour que le patient devienne acteur de sa prise en charge

    • Dans la pratique classique : après avoir prélevé un échantillon de ses selles, le patient l’envoie pour analyse dans un laboratoire, qui transmet les résultats au service concerné.
    • Avec l’outil : via l’application IB Doc, téléchargeable sur smartphone, le patient devient acteur de sa pathologie. L’analyse apparaît sous la forme d’un code couleur et de résultats quantitatifs qu’il scanne puis transmet de manière instantanée à l’infirmière coordinatrice par le biais d’un email, qui est relayé au médecin. Toute alerte sur l’état de santé d’un patient suivi peut ainsi être détectée de manière précoce, et ce au quotidien. En cas de nécessité, une consultation est mise en place.

    Instauré depuis janvier 2019, le dispositif est utilisé par une trentaine de patients, sollicités pour répondre à un questionnaire de satisfaction afin de mieux évaluer leur intérêt pour l’outil et son efficacité.

    Une forte demande des patients

    Le CHRU de Nancy constate que, globalement, « la demande des patients pour être acteurs de leur prise en charge est forte », notamment parce que cela leur permet de gagner « en maturité » et de casser « les codes traditionnels de l’assistance médicale ».

    • 245 patients atteints de Mici ont été formés à Nancy à l’auto-injection sous cutanée.
    • « Suivant cette tendance, une hotline a été ouverte dans le service du CHRU accessible désormais par téléphone ou email du lundi au vendredi de 9 à 17 heures », complète l’établissement : 4 appels quotidiens sont recensés, en moyenne, et une réponse est donnée dans les 24 heures, soit à distance, soit de visu si la situation l’impose. « Force est de constater qu’avec cet outil les patients se sont auto régulés, sans doute rassurés par le dispositif », analyse le CHRU.
  • USA : le projet de loi Connect for Health prévoit d’étendre l’accès à la télémédecine via Medicare

    Élargir l’accès à la télésanté par le biais de Medicare, le programme de couverture santé des américains âgés. C’est l’objectif du projet de loi bipartisan déposé le 30 octobre 2019 par un groupe de sénateurs et de représentants américains sous le titre « Connect for Health 2019 ». Il s’agit de la dernière version d’un texte présenté pour la première fois en 2016 et dont plusieurs mesures ont été intégrées au budget de l’an dernier. Les sénateurs, qui ont présenté le projet mercredi à Washington, cherchent aujourd’hui à le faire adopter en totalité, avec le soutien de quelque 120 associations de professionnels et organisations du secteur de la santé. 

    Le projet prévoit notamment:

    • d’autoriser sous conditions le secrétaire à la Santé à lever les restrictions au financement par Medicare des prestations télésanté, notamment en cas d’urgence sanitaire ;
    • de supprimer les restrictions géographiques et relatives au site d’origine pour la télémédecine en santé mentale et en soins d’urgence;
    • d’autoriser les dispensaires ruraux et d’autres centres de santé communautaires (destinés aux Amérindiens et aux indigènes hawaïens) à fournir des prestations de télésanté ;
    • de commander une étude visant à étendre l’accès aux soins depuis le domicile des patients, et de tester l’habilitation de plus de professionnels de santé à pratiquer la télémédecine.

    Dans leur synthèse du projet de loi, les sénateurs accusent les restrictions à la télésanté d’être responsables du fait que seuls 0,25 % des bénéficiaires du programme Medicare en bénéficient (Source : rapport Medicare de novembre 2018).

    « La télésanté est l’avenir de la santé », déclare Brian Schatz, sénateur démocrate de Hawaï, premier auteur du projet de loi. Selon lui, le texte « contribuera à faire en sorte que chaque Américain reçoive les soins dont il a besoin, quel que soit son lieu de résidence. »

  • MDR

    Medical Device Regulation (règlement relatif aux dispositifs médicaux de l’Union européenne)

  • Connect

    Creating Opportunities Now for Necessary and Effective Care Technologies

  • Visiomed lève 3 M€ pour développer ses activités, notamment sur le segment de la santé connectée

    Visiomed, société française centrée sur l’électronique médicale nouvelle génération, lève 3 millions d’euros. Ce tour de table a été réalisé « dans le cadre d’un placement privé d’obligations convertibles en actions réalisé avec suppression du droit préférentiel de souscription auprès d’investisseurs professionnels« , dont :
    • 520 000 euros souscrits par Patrick Schiltz, P.-D.G. du groupe ;
    • et 2,45 millions d’euros souscrits par Frédéric Paul, administrateur de la société.

    La somme recueillie va permettre de couvrir les besoins de financement de l’entreprise jusqu’à la fin 2019, « avant de tirer profit du nouveau plan stratégique qui sera dévoilé prochainement », indique Visiomed dans un communiqué publié le 25 octobre 2019. Ce plan a pour objectif d’ »atteindre l’équilibre opérationnel de Visiomed Group et [d’]assurer le développement de ses activités, notamment sur le segment à fort potentiel de la santé connectée« .

    La société, qui développe et commercialise – notamment – des dispositifs médicaux connectés, a par ailleurs annoncé en octobre 2019 la finalisation d’une augmentation de capital de 1,5 million d’euros par voie de placement privé initiée en août : environ 30 millions de nouvelles actions avaient alors été émises.

    À noter également que le groupe est actuellement confronté à quelques difficultés. Il a notamment annoncé en septembre qu’il poursuivait en justice ses anciens dirigeants, soupçonnés de malversations financières, une affaire découlant de la publication des conclusions de l’audit financier du commissaire aux comptes de la société.

    Caractéristiques de l’opération

    Le conseil d’administration de Visiomed, « sur la base des délégations conférées par la 4ème résolution votée lors de l’assemblée Générale du 12 mars2019 et la 12ème résolution votée lors de l’Assemblée Générale du 30 septembre 2019, a décidé de procéder à une émission d’obligations convertibles en actions ayant les caractéristiques suivantes », indique l’entreprise (communiqué).

    Détails

    « La présente émission ne donne pas lieu à l’établissement d’un prospectus soumis au visa de l’AMF », précise Visiomed.

  • AMF

    Autorité des marchés financiers