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  • PLFSS 2020 : lutter contre les pénuries et améliorer la disponibilité des médicaments (article 34)

    Dans la lignée de la feuille de route annoncée par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, en juillet 2019, l’article 34 du PLFSS 2020 prévoit :
    • l’obligation pour les industriels de constituer un stock de 2 à 4 mois pour tout médicament ;
    • pour les MITM (médicaments d’intérêt thérapeutique majeur), que l’entreprise en rupture se charge de proposer des solutions alternatives à la pénurie, voire d’en importer ;
    • des sanctions financières en cas de manquement de l’industriel.

    L’article 34 du projet de loi, doit être voté par l’Assemblée nationale ce 29 octobre 2019, s’inscrit dans un contexte de pénurie de médicaments, en hausse depuis plus de 10 ans. L’Agence nationale de sécurité du médicaments (ANSM) comptabilisait en 2008 une rupture sur 44 médicaments. En 2019, c’est plus de 600 médicaments qui sont recensés, un total qui s’élève à 868 si l’on ajoute les signalements de tension, soit 20 fois plus qu’en 2008. Cette pénurie vise de nombreuses catégories thérapeutiques : antibiotiques, antalgiques, corticoïdes, anesthésiques et anti-cancéreux. L’augmentation de la pénurie de médicaments engendre de l’inconfort, de l’angoisse et jusqu’à une dégradation de l’état de santé des patients, qui peuvent être contraints de se tourner vers des traitements alternatifs.

    Les causes de ces ruptures sont multifactorielles :

    • pression sur les prix du système de santé français à acheter des médicaments aux industriels le moins cher possible (situation de monopsone : un seul acheteur) ;
    • production de principes actifs tombés dans le domaine public et peu rentable pour les industriels a été délocalisée en Inde ou en Chine. En conséquence, une délocalisation massive, entraînant par ailleurs une perte de savoir-faire de la chimie fine : dans les années 90, 80 % des matières actives étaient produites en Union européenne ; c’est désormais l’inverse aujourd’hui et les sources d’approvisionnement se sont éloignées. Cette délocalisation a permis aux industriels de gagner en rentabilité en rationalisant les coûts de production ;
    • dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement et normes jugées trop rigides selon les industriels, fragilisant les conditions d’approvisionnement ;
    • choix des industriels de distribuer leurs médicaments vers des marchés plus rentables versus des marchés où le système de santé rogne trop sur les marges ;
    • abandon de médicaments pas suffisamment rentables. 

    En amont de la PLFSS 2020, en juillet 2019, le gouvernement annonçait des premières solutions à ce constat, notamment :

    • fluidifier l’information entre les laboratoires et les officines : un médicament en rupture dans une officine pendant plus de 72 heures remonte à l’ordre des pharmaciens qui peut mobiliser les pouvoirs publics ;
    • autoriser les pharmaciens à se faire dépanner en direct auprès des laboratoires qui ont l’obligation d’avoir un stock permanent ;
    • autoriser les pharmaciens de substituer à la molécule prescrite un médicament de classe thérapeutique équivalente ;
    • repenser le système de santé au niveau européen et renforcer la coopération européenne par, notamment, des mesures incitatives fiscales et financières de maintien et de relocalisation de site de production en Europe.

    Cette dernière solution semble, pour de nombreuses parties prenantes, médecins et pharmaciens, être la mesure phare qui permettra de résoudre les causes profondes de pénurie de médicaments, enjeu crucial de santé publique.

  • Métiers du grand âge : l’innovation numérique & organisationnelle parmi les axes du rapport El Khomri

    « Renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique » ; « investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies » : ces 2 mesures (52 et 21) font partie des 59 actions détaillées dans le « Plan de mobilisation nationale en faveur des métiers du grand âge 2020-2024 », présenté le 29 octobre 2019 à la ministre Agnès Buzyn par Myriam El Khomri. L’ex-ministre du Travail socialiste a été mandatée en juillet pour travailler sur l’attractivité des métiers du grand âge, en vue de la rédaction d’un projet de loi sur la dépendance, attendu avant la fin de l’année.

    L’innovation, numérique mais aussi organisationnelle, est au centre de l’un des 5 axes du plan d’action (axe 4 : innover pour transformer les organisations). Dans ce cadre, 8 mesures sont proposées, dont les suivantes :
    • expérimenter dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018 la mise en place pour les aides-soignants d’une activité libérale dans les zones sous-denses (mesure 46) ;
    •  innover dans la coordination territoriale des acteurs par la promotion d’un nouveau métier : « care manager » (mesure 51)  ;
    • renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique (mesure 52).

    À noter par ailleurs la recommandation d’« investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies » (mesure 21). Ces dernières « qui permettent de réduire le temps passé aux tâches administratives, de partager les informations sur la prise en charge des personnes âgées au sein d’une équipe et d’assurer leur traçabilité est un vecteur d’amélioration de la qualité de vie au travail et d’attractivité pour les professionnels, notamment les plus jeunes », est-il mentionné dans le rapport. Leur déploiement est ainsi encouragé, « pour les technologies éprouvées » : « une fraction des financements sera consacrée à l’expérimentation de technologies véritablement innovantes » et « des formations à l’utilisation de ces nouvelles technologies devront être déployées ». 

    De manière plus générale, le rapport – qualifié de « courageux » par la ministre – prône un effort de 825 millions d’euros sur 5 ans. Pour mener à bien les actions annoncées, le gouvernement lancera « une grande conférence sociale » autour des métiers du grand âge d’ici la fin 2019, avec l’objectif de rendre des conclusions « d’ici le tout début de l’année 2020 », indique Agnès Buzyn.

    Les 4 autres axes du plan d’action :

    • axe 1 : assurer de meilleures conditions d’emploi et de rémunération, en ouvrant de nouveaux postes, en rénovant les conventions collectives et en mettant en place une initiative nationale ;
    • axe 2 : donner une priorité forte à la réduction de la sinistralité et à l’amélioration de la qualité de vie au travail ;
    • axe 3 : moderniser les formations et changer l’image des métiers ;
    • axe 5 : garantir la mobilisation et la coordination des acteurs et des financements au niveau national et dans les territoires.

    Métiers du grand âge : le diagnostic établi par le rapport

    • Des métiers du grand âge peu attractif, parce qu’exercés dans des conditions difficiles, souvent mal rémunérés et peu considérés, bien qu’ils soient porteurs de sens et d’une utilité sociale majeure ;

    • un investissement et des actions réelles des autorités publiques dans les métiers du grand âge mais un effort dont la dispersion limite l’impact d’ensemble ;

    • Un foisonnement et un cloisonnement des organisations professionnelles qui constituent des freins structurels à une rénovation en profondeur du secteur du grand âge.

    Élément central du rapport : un effort important de formation demandé

    Les effectifs d’aide à domicile et en établissement sont, selon le rapport, insuffisants pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie.

    • Les besoins de recrutements dans le secteur du grand âge sont déjà importants et vont croître, est-il indiqué : 92 300 créations nécessaires en 5 ans selon le rapport.
    • Pour ce faire : un doublement des formations est prévu dès 2020 ; il est également préconisé de rendre les métiers du grand âge plus attirants en améliorant les rémunérations et la qualité de vie (enveloppe : 825 millions d’euros par pendant 5 ans).
      • Le rapport note qu’il faudra former 352 000 aide-soignants et accompagnants à domicile ou en établissements sur 5 ans, soit 70 500 personnes de plus chaque année, le double du flux actuel. Un chiffre important justifié par Myriam El Khomri : « Il y a déjà 60 000 postes non pourvus, des départs à la retraite massifs qui se profilent et près de 8 % de départs chaque année ».

    Plan d’action : récapitulatif des 59 mesures

    • Objectif général : répondre au besoin massif de professionnels à former dans les cinq prochaines années.

    Axe 1 : assurer de meilleures conditions d’emploi et de rémunération, en ouvrant de nouveaux postes, en rénovant les conventions collectives et en mettant en place une initiative nationale

    • Mesure 1 : ouvrir 18 500 postes supplémentaires par an d’ici à fin 2024 ;
    • mesure 2 : remettre à niveau au 1er janvier 2021 les rémunérations inférieures au Smic dans les grilles des conventions collectives à domicile et prendre en compte l’impact financier associé dans la tarification pour les conventions collectives soumises à agrément national ;
    • mesure 3 : intégrer dans les conventions collectives un mécanisme d’alignement automatique des premiers niveaux de salaires qui se trouvent dépassés suite aux mesures de revalorisation du Smic ;
    • mesure 4 : supprimer l’agrément national des conventions collectives ;
    • mesure 5 : soutenir les démarches de rapprochement des partenaires conventionnels ;
    • mesure 6 : développer les démarches collaboratives et présenter un projet d’engagementde développement des emplois et des compétences (EDEC) financé dans le cadre du PIC,en associant la FPH et la FPT ;
    • mesure 7 : aller vers un OPCO commun aux partenaires conventionnels du secteur;
    • mesure 8 : négocier une offre nationale compétitive pour équiper les accompagnants àdomicile de véhicules propres ;
    • mesure 9 : autoriser l’usage d’un macaron pour les intervenants à domicile ;
    • mesure 10 : aider à l’acquisition du permis de conduire en fin de formation.

    Axe 2 : donner une priorité forte à la réduction de la sinistralité et à l’amélioration de la qualité de vie au travail

    • Mesure 11 : porter dans le cadre de la branche AT-MP un programme national de lutte contre la sinistralité ciblée sur ces métiers ;
    • mesure 12 : intégrer après concertation avec les acteurs des objectifs et des cibles, propres à chaque établissement, de réduction de la sinistralité et de promotion de la QVT dans les CPOM;
    • mesure 13 : approfondir les réflexions sur la prise en compte de la pénibilité dans le secteur ;
    • mesure 14 : soutenir le recrutement de préventeurs chargés de développer l’analyse des risques sur les lieux de travail et de définir des actions de prévention;
    • mesure 15 : mettre en place dans toutes les formations initiales des modules d’intégration de la prévention des troubles musculo-squelettiques dans l’acte professionnel;
    • mesure 16 : développer une offre de formation sur la prévention de la sinistralité dansc haque région en direction des cadres et dirigeants et des intervenants des structures, et former systématiquement tous les nouveaux intervenants ;
    • mesure 17 : imposer 4h de temps collectifs par mois d’équipe à domicile et en Ehpad ;
    • mesure 18 : Mettre en place un baromètre national sur la qualité de vie au travail pour ces professions ;
    • mesure 19 : développer les groupements d’employeurs en les exonérant de TVA;
    • mesure 20 : amplifier l’action du ministère et des collectivités territoriales en faveur de la promotion de la qualité de vie au travail, au travers notamment du soutien apporté aux démarches innovantes et du partage de leurs résultats
    • mesure 21 : investir dans les équipements permettant de réduire la pénibilité au travail et dans les nouvelles technologies.

    Axe 3 : moderniser les formations et changer l’image des métiers

    • Mesure 22 : mobiliser le PIC dans le cadre des pactes régionaux ;
    • mesure 23 : renforcer les dispositifs de repérage et d’accompagnement des candidats ;
    • mesure 24 : supprimer le concours d’aide-soignant pour la formation initiale et l’apprentissage et assurer l’inscription dans les centres de formation via Parcours sup pour la formation initiale ;
    • mesure 25 : supprimer toute possibilité de quota national pour les entrées en formation d’AS ;
    • mesure 26 : garantir systématiquement la gratuité de la formation, hors frais d’inscription, quelle que soit la situation du candidat ;
    • mesure 27 : renforcer les dispositifs de sécurisation financière des étudiants (contrats de pré-recrutement, bourses, stages) ;
    • mesure 28 : porter à au moins deux le nombre de sessions annuelles dans tous les centres de formation à horizon 2021 pour la formation initiale ;
    • mesure 29 : accompagner le développement du maillage territorial de l’offre de formation en tenant compte des contraintes de logement et de transport des étudiants ;
    • mesure 30 : réduire drastiquement l’éventail des diplômes reconnus dans le champ de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie ;
    • mesure 31 : rapprocher les référentiels et les instituts de formation des aides-soignants et des accompagnants éducatifs et sociaux, dans la perspective d’une fusion à terme des référentiels de formation ;
    • mesure 32 : porter à 10 % d’ici 2025 la part des diplômes d’aide-soignant et d’accompagnant éducatif et social obtenus par la voie de l’alternance ;
    • mesure 33 : soutenir les dispositifs de formation dans le cadre d’un contrat de travail ;
    • mesure 34 : porter à 25% la part des diplômes délivrés chaque année dans le cadre de la VAE en privilégiant la VAE collective ;
    • mesure 35 : favoriser la modularité des formations ;
    • mesure 36 : permettre à tous les professionnels exerçant auprès des personnes en perte d’autonomie d’accéder à une formation spécifique en gérontologie;
    • mesure 37 : structurer des parcours professionnels attractifs ;
    • mesure 38 : ouvrir aux aides-soignantes de la fonction publique un grade terminal en catégorie B ;
    • mesure 39 : développer l’analyse et l’échange des pratiques professionnelles au sein des établissements, de la branche d’aide à domicile et de manière décloisonnée entre ces secteurs ;
    • mesure 40 : mobiliser de nouvelles formes de pédagogie pour diffuser de nouvelles connaissances et mieux répondre aux besoins spécifiques ;
    • mesure 41 : créer un Campus des Métiers du grand âge pour diffuser des connaissances de manière plus souple et moins coûteuse ;
    • mesure 42 : lancer une campagne nationale de communication pour changer le regard de la société sur les personnes âgées et les métiers du grand âge ;
    • mesure 43 : doter les conseillers de l’orientation, de l’insertion et de l’emploi d’une connaissance précise de ces métiers et des compétences requises ;
    • mesure 44 : créer un « Senior BAFA » ;
    • mesure 45 : soutenir et développer les stages précoces au cours de la scolarité dans les établissements et services du grand âge.

    Axe 4 : innover pour transformer les organisations

    • Mesure 46 : reconnaître les glissements de tâches et les sécuriser dans le cadre de protocoles nationaux habilitant les aides-soignants et les accompagnants à les pratiquer ;
    • mesure 47 : expérimenter dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018 la mise en place pour les aides-soignants d’une activité libérale dans les zones sous-denses ;
    • mesure 48 : favoriser la possibilité pour les employeurs de proposer des postes sur des doubles compétences ;
    • mesure 49 : reconnaître l’intérêt de la pratique avancée en gérontologie et soutenir son développement ;
    • mesure 50 : intégrer un stage en gériatrie dans les études de médecine ;
    • mesure 51 : innover dans la coordination territoriale des acteurs par la promotion d’un nouveau métier : « care manager » ;
    • mesure 52 : renforcer la formation des cadres dirigeants et des cadres de proximité en matière d’innovation organisationnelle, managériale et technique ;
    • mesure 53 : soutenir et évaluer les démarches innovantes dans le champ de la qualité de vie au travail.

    Axe 5 : garantir la mobilisation et la coordination des acteurs et des financements au niveau national et dans les territoires

    • Mesure 54 : Réunir dans chaque département une conférence des métiers du grand âge chargée de définir une feuille de route 2020-2024 ;
    • mesure 55 : créer une plateforme départementale des métiers du grand âge chargée de mettre en œuvre un guichet unique de sécurisation des recrutements ;
    • mesure 56 : réunir un comité national des métiers du grand âge chargé de soutenir, de suivre et d’évaluer la mise en place des actions du présent plan de mobilisation nationale ;
    • mesure 57 : signer un accord tripartite État – conseil régionaux – conseils départementaux pour favoriser l’implication des collectivités dans la mise en œuvre du plan de mobilisation nationale ;
    • mesure 58 : assurer la mobilisation des financements nationaux nécessaires à la mise en place des actions;
    • mesure 59 : créer un observatoire national des métiers du grand âge fédérant les observatoires de branches dans le champ de l’autonomie et du grand âge.
  • Étude : les applis de sport entraînent une augmentation modeste de l’activité physique (Lancet)

    Une étude* financée par la Stanford Data Science Initiative montre que des interventions de coaching sur smartphone, via des applications mobiles d’activité physique, permettent d’inciter les participants à bouger. Dans le cadre de ces travaux, le niveau d’activité physique a augmenté de 10 % grâce à ces incitations virtuelles. Les résultats de l’étude, publiée le 9 octobre 2019 dans le journal The Lancet Digital Health, sont certes modestes mais toute augmentation du niveau d’activité s’avère bénéfique selon les spécialistes.

    Booster l’activité physique avec un coach virtuel

    Les bienfaits sur la santé de la pratique régulière d’une activité physique ont été démontré depuis plusieurs années. Or, les trois quarts des Français n’atteindraient pas les recommandations de santé publique en la matière et ces 5 dernières années, une stagnation du niveau d’activité physique a même été enregistrée (baromètre Attitude Prévention).

    Dans ce contexte, le nombre d’applications mobiles dédiées à l’activité physique a explosé. D’autant que les interventions dont il a été démontré qu’elles augmentaient efficacement le nombre de pas ont été associées à de meilleurs résultats pour la santé, notamment une réduction de l’incidence de l’hypertension, une meilleure santé cardiovasculaire et un indice de masse corporelle réduit.

    Cependant, peu d’essais randomisés ont été réalisés pour évaluer l’efficacité de ces dispositifs. Pour pallier ce manque, des chercheurs de Stanford ont mené une étude longitudinale basée sur un smartphone. « À ce jour, la plupart des études sur la surveillance de la santé mobile ont utilisé des wearables et des smartphones pour suivre l’activité physique et fournir des commentaires à l’utilisateur ou au clinicien. Aucune étude randomisée entièrement numérique (c’est-à-dire sans un certain niveau de contact interpersonnel) n’a évalué l’effet de l’intervention portable et du smartphone sur l’activité physique », précisent les auteurs des travaux.

    L’appli MyHeartCounts testée par plus de 2 000 personnes

    Concrètement, les chercheurs ont inclus dans leur essai croisé contrôlé et randomisé 2 783 adultes qui devaient tous posséder un iPhone pour pouvoir télécharger l’application pour smartphone de recherche clinique MyHeart Counts.

    Après consentement, ces sujets ont été soumis à une surveillance de base pendant une semaine, puis ont été affectés à l’un des cinq « groupes» en fonction de leurs tendances d’activité.

    Ils ont ensuite été invités à pratiquer l’une des quatre activités : message d’encouragement à franchir 10 000 pas par jour, rappels horaires à se lever ou un coaching en ligne basé sur les activités pratiquées par la personne au cours de la semaine de référence. Le dosage de l’activité était personnalisé : ceux qui étaient plus sédentaires pouvaient être invités à se promener le matin, tandis que ceux qui étaient naturellement plus actifs pouvaient être encouragés à poursuivre une activité physique régulière. La quatrième intervention consistait à lire les directives de santé de l’American Heart Association (AHA), soit des consignes générales d’hygiène de vie. Chaque semaine, les participants réalisaient une nouvelle intervention jusqu’à ce qu’ils aient expérimenté les quatre expériences.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 9 octobre 2019 dans The Lancet Digital Health.

    Résultats : 10 % de pas en plus

    • Une augmentation de 10 % du nombre de pas – 266 pas en moyenne par jour – a été constatée chez tous les participants à la fin de l’étude.
    • Toutes les interventions engendrent approximativement le même résultat.
    • Seulement 493 personnes sur 2 783 ont participé à l’ensemble des interventions.
    • L’efficacité des notifications téléphoniques baissent au fil du temps.
    • Aucun effet significatif n’a été enregistré sur la durée du sommeil, la qualité du sommeil ou sur bonheur déclaré par les participants.

    « Les résultats de cette étude montrent que des interventions minimales effectuées au format numérique peuvent avoir un effet significatif sur l’activité physique, déclarent les chercheurs dans The Lancet Digital Health. Et la sophistication de l’intervention dans cette étude semblait avoir peu d’impact sur l’effet : une simple invitation journalière était aussi efficace qu’une invitation rappelant aux utilisateurs de se lever après une heure de sédentarité. »

    « Si les gens sont dépendants de leur téléphone, nous pouvons peut-être aussi les rendre dépendants de leur santé », commente Euan Angus Ashley, le principal auteur des travaux, professeur de médecine et de génétique à l’Université de Stanford (Californie).

    Lors de son prochain essai, l’équipe projette d’enquêter sur la durée pendant laquelle les participants conservent leur nouvelle routine, en essayant de voir si elle peut mieux personnaliser les incitations quotidiennes.

    Un effet modeste et peu durable

    Cependant, comme l’ont montré des études antérieures, l’effet est modeste et peu durable. En outre, les auteurs de cet essai ont reconnu que les participants recrutés n’étaient pas représentatifs de la population générale. Ils étaient majoritairement de sexe masculin (73,5 %), blancs (86,6 %) et plutôt jeunes et éduqués. Malgré ces limitations, et l’effet modeste enregistré, les experts de santé publique considèrent que toute augmentation du niveau d’activité est bonne à prendre.

  • 2ème édition de la Health Data Week : une semaine dédiée aux données de santé, 18-22/11/2019 à Paris

    Le think tank Health & Tech organise du 18 au 22 novembre 2018 à Paris la Health Data Week, une semaine dédiée aux données de santé rythmée par 5 rendez-vous :

    • un colloque « données de santé et intelligence collective » – journée de conférence : Paris, le 18 novembre organisé par le ministère des Solidarités et de la Santé en collaboration avec le Grand Défi IA.

    • un webinar « les challenges IA en santé : état des lieux et mode d’emploi » : en ligne, le 19 novembre de 11h à 1h35 ;

    • un afterwork start-up challenge « IA, data et patients : les pépites de la data en Santé » : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 19 novembre, de 18h30 à 20h suivi d’un cocktail networking ;

    • un H&TI morning special Ethik IA : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 20 novembre, de 9h30 à 11h30 ;

    • un dîner du Cercle des décideurs numérique et santé : Paris le 26 novembre, à partir de 20h.

    Les inscriptions à ces événements peuvent être effectuées en suivant ce lien.

    Un colloque « données de santé et intelligence collective » : Paris, le 18 novembre

    Une journée de conférence organisée par le ministère des Solidarités et de la Santé

    Un webinar « les challenges IA en santé : état des lieux et mode d’emploi » : en ligne, le 19 novembre de 11h à 11h35 

    Connectez-vous et posez vos questions en direct à nos intervenants. Les débats seront animés par la société Care Insight.

    Afterwork start-up challenge : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 19 novembre, de 18h30 à 20h

    Cet afterwork permettra de faire un tour d’horizon des start-ups qui innovent dans le domaine de la data en santé.

    Un jury d’experts présélectionnera les startups les plus innovantes, qui disposeront de quelques minutes pour pitcher et convaincre.

    Après délibération, une remise de prix sera organisée.

    L’événement sera suivi d’un cocktail networking.

    un H&TI morning special Ethik IA  : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 20 novembre, de 9h30 à 11h30 

    Une matinée de discussion conçue avec Ethik IA sur l’éthique, la data et la régulation.

    Dîner du Cercle des décideurs numérique et santé : Paris, le 26 novembre, 20h

    Ce dîner spécial Health Data Week réunit les membres du Cercle des décideurs numérique et santé autour d’un invité sur la data en santé.

    Le Cercle des décideurs numérique et santé vise à faire travailler ensemble industriels, acteurs de santé, institutionnels et relais d’opinion sur une plateforme commune « au-delà du portage politique », est-il expliqué sur le site du réseau. Son ambition est d’ »accompagner l’émergence d’une filière industrielle d’excellence, qui réponde aux enjeux de santé publique, de sécurité, de pérennité et de création de valeur économique ».

  • CES 2020 : 10 medtech françaises exposeront à Las Vegas lors de la prochaine édition

    10 start-ups du domaine de la e-santé seront représentées lors du prochain Consumer Electronics Show (CES), la grand-messe annuelle de l’électronique grand public, qui se tiendra du 7 au janvier 2020 à Las Vegas. Elles ont exposé le 22 octobre 2019 au Palais Brongniart à Paris pour l’événement « CES Unveiled in Paris », la préédition française du CES.

    Étaient notamment présentes les sociétés suivantes, actives en santé numérique, :

    • Adagos : a développé une nouvelle approche des réseaux de neurones basée sur la parcimonie, avec des applications, notamment en santé ;

    • My Cyber Royaume : a développé une gamme de logiciels basés sur la réalité virtuelle pour améliorer le quotidien de personnes souffrant de troubles cognitifs, neuro-psychologiques et moteurs ;

    • Redison : société de technologie fondée par des musiciens et active aussi dans le domaine de la santé ;

    • Humetrix : solutions de santé mobiles permettent aux professionnels de santé et aux patients d’accéder automatiquement et en toute sécurité à des registres en ligne individuels à l’aide d’appareils mobiles intelligents (téléphones, tablettes, clés USB) ;

    • Ullo : met les sciences cognitives et digitales au service de l’amélioration de la qualité de vie dans les espaces de soin ;

    • Innovhealth : propose un passeport numérique, baptisé « PassCare », qui permet aux patients d’accéder facilement à leurs données de santé partout dans le monde ;

    • Kwit : développe une application de sevrage tabagique pour smartphone : elle exploite un serious game dans lequel l’utilisateur devient un héros et son sevrage une performance. En arrêtant de fumer, il grimpe les niveaux et peut partager cette réussite avec ses proches sur les réseaux sociaux ;

    • Styl : a conçu un stylo connecté capable de lutter contre la dépendance au smartphone par le serious game ;

    • Lexlife : a mis au point la lampe intelligente Lexiligh pour faciliter la lecture à des millions de patients dyslexiques ;

    • MoonHealth : plateforme de télésurveillance du diabète qui apprend des patients et de leurs soignants grâce à des mécanismes d’IA.

  • Création de la Direction interministérielle du numérique (Dinum), évolution de la Dinsic (décret)

    La Dinum (Direction interministérielle du numérique), évolution de la Dinsic (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État), vient d’être créée : elle « oriente, anime, soutient et coordonne » les actions des administrations de l’État visant à améliorer « la qualité, l’efficacité, l’efficience et la fiabilité » des services rendus par le système d’information et de communication de l’État. La création de cette nouvelle instance est officialisée par le décret n°2019-1088 du 25 octobre 2019, publié au Journal officiel (JO) du 27 octobre. Ce texte était attendu depuis plus d’un an.

    La Dinum est placée sous la responsabilité du Premier ministre, une responsabilité déléguée de plein droit aux ministres « dans la mesure requise pour l’exercice de leurs attributions ». La délégation de plusieurs services « n’est pas déléguée, sauf décision du Premier ministre » : il s’agit des services concernant les infrastructures informatiques, les réseaux de communication ; les dispositifs « assurant la circulation des données entre les administrations » ; les « services numériques d’usage partagé » ; les SI « relatifs à des fonctions transversales des administrations de l’État », est-il précisé dans le décret. Le ministre de l’Action et des Comptes publics a autorité sur la direction interministérielle du numérique et le ministre de l’Économie et des Finances ainsi que le secrétaire d’État chargé du Numérique en disposent.

    Chaque ministère est chargé de mettre en place « une structure qui organise et pilote les actions du ministère en matière de numérique », et notamment « la transformation numérique des politiques publiques »,  « le développement des usages numériques », « la création et l’opération de services numériques », « l’innovation numérique », « l’exploitation du potentiel offert par les données » et « le système d’information et de communication ». 

    La fonction d’administrateur général des données, dont la disparition a été évoquée, est attribuée au directeur interministériel du numérique. Le texte prévoit que soient soumis pour avis conforme à ce directeur interministériel les projets interministériels et ministériels, et ceux des organismes placés sous la tutelle de l’État, « en matière d’action publique numérique et de systèmes d’information et de communication ».

    Un périmètre élargi

    Le système d’information et de communication de l’État est défini comme « l’ensemble des infrastructures et services logiciels informatiques permettant de collecter, traiter, transmettre et stocker sous forme numérique les données qui concourent aux missions des services de l’État et des organismes placés sous sa tutelle ». Sont exclus de ce périmètre les SI de la défense (hors administration et gestion), de la sécurité intérieure et de la sécurité extérieure ainsi que « les systèmes qui font intervenir, nécessitent ou comportent des supports ou information classifiés ».

    Des attributions en matière de données

    Selon le décret, la Dinum :

    • élabore la stratégie numérique de l’État et pilote sa mise en œuvre ;
    • contribue à la transformation numérique des politiques publiques ;
    • accompagne les administrations dans la mobilisation des leviers numériques et technologiques pour faire évoluer leurs méthodes de travail, leurs processus et leurs modalités d’action ;
    • promeut la dématérialisation des formalités administratives ;
    • mesure la qualité des services numériques proposés au public par les administrations ;
    • coordonne et promeut l’action de l’État et des organismes placés sous sa tutelle en matière d’inventaire, de gouvernance, de production, de circulation, d’exploitation et d’ouverture des données.

    Par ailleurs, la Dinum doit organiser, « dans le respect de la protection des données personnelles et des secrets protégés par la loi », la « meilleure exploitation » des données de l’État et des organismes placés sous sa tutelle et leur plus large circulation. Elle « peut être saisie par une personne morale de droit public de toute question portant sur cette circulation », est-il précisé.

  • USA : Microsoft et Nuance s’associent pour accélérer la numérisation de la documentation médicale

    Nuance Healthcare, société américaine spécialisée dans les logiciels de reconnaissance vocale et de retranscription pour les professionnels de santé, et Microsoft signent un partenariat pour accompagner la transformation numérique de la documentation médicale. L’objectif est plus précisément « d’accélérer l’arrivée des technologies d’intelligence clinique ambiante (ACI) qui équiperont la salle d’examen du futur dans laquelle la documentation médicale s’écrira toute seule », indiquent les 2 entreprises dans un communiqué publié le 17 octobre 2019.

    Nuance et Microsoft collaboreront sur la base des données issues des dossiers patients informatisés (DPI), après avoir recueilli le consentement du patient. L’ACI « synthétisera les conversations lors de la consultation, intégrera ces données avec des informations contextuelles du DPI et renseignera automatiquement le dossier médical du patient dans le système », expliquent les partenaires.

    Ils souhaitent introduire cette technologie auprès de plusieurs spécialités médicale aux États-Unis à partir de début 2020.

    Dans le cadre de cette alliance :
    • Nuance va mettre à disposition ses systèmes de reconnaissance vocale dédiés au secteur médical, parmi lesquels Dragon Medical (une plateforme utilisée par plus de 500 00 praticiens dans le monde), des outils basés sur intelligence artificielle (IA) conversationnelle permettant la « documentation clinique ambiante » ainsi qu’une aide au diagnostic, des système de biométrie vocale et un matériel informatique spécialisé pour la perception ambiante ;
    • Microsoft va de son côté mettre à disposition ses technologies Azure (plateforme cloud), Azure AI et le service d’écriture intelligent Project EmpowerMD, dont le fonctionnement est centré sur une IA conversationnelle avancée et la compréhension du langage naturel.

    Est par ailleurs prévue dans le cadre de cet accord une migration de la majorité de l’infrastructure interne sur site et des produits hébergés par Nuance sur Microsoft Azure.

  • Cybersécurité : 80 % des professionnels de santé n’ont pas sécurisé tous leurs appareils (Kaspersky)

    Seuls 20 % des professionnels de santé ont une solution de sécurité sur tous les appareils qu’ils utilisent dans le cadre de leur activité, et 8 % sur une partie de ces appareils, alors même que 70% d’entre eux déclarent se sentir concernés par les questions de cybersécurité et de protection de la vie privée. C’est ce qu’affirme la société de cybersécurité Kaspersky sur la base d’une étude réalisée par Yougov pour sa filiale française auprès de 1 002 professionnels de santé de l’Hexagone. 

    • Les répondants déclarent préférer les appareils personnels pour créer, modifier ou partager des données de santé et se servent en priorité de leur smartphone (42 %), de leur ordinateur portable (29 %) et de leur tablette (17 %). Les équipements professionnels n’apparaissent que loin derrière, avec en tête l’ordinateur de bureau (8 %) : dans un communiqué daté du 25 octobre 2019, Kaspersky pointe une trop large variété d’appareils.

    • Pour le partage d’informations avec les patients, les professionnels interrogés privilégient l’e-mail (33 %), le SMS (27 %) et WhatsApp (11 %) : seuls 7 % des sondés déclarent utiliser une solution de chiffrage des emails ou d’une messagerie chiffrée et seuls 5 % d’entre eux chiffrent les données stockées sur leurs équipements.

    • Selon l’étude, le niveau de conscience évolue cependant, souvent après la survenue d’un incident :
    – 10 % des sondés admettent avoir été victime d’une fuite de données ou d’une attaque au cours des derniers mois, et 35 % de ces derniers ont installé une solution de sécurité sur tous les appareils qu’ils utilisent dans le cadre de leur activité, contre 18 % des sondés n’ayant pas été touchés par un incident de sécurité ;
    – 28 % des répondants victimes d’une attaque en ont installé sur une partie de ces appareils, contre 6 % des sondés épargnés ;
    – 17 % des répondants ayant subi un incident de sécurité ont eu recours au chiffrement, contre seulement 4 % chez les autres. 

    • Plus de la moitié des professionnels de santé (55 %) estiment « ne pas disposer des ressources et moyens nécessaires pour garantir efficacement la sécurité et la confidentialité des données numériques des patients ».
    Ils invoquent majoritairement un manque de connaissance et de formation sur le sujet (32 %) – seuls 11% ont été formés aux enjeux de cybersécurité au cours des 24 derniers mois – mais aussi un manque de ressources financières (17 %), la difficulté à concilier la protection des données avec les contraintes professionnelles liées à l’usage de ces données (14 %) et un manque de temps (13 %).

  • ACI

    Ambient clinical intelligence

  • Le CHU et l’Institut du cancer de Montpellier lancent une plateforme d’analyses oncogénétiques

    L’Institut du cancer de Montpellier (ICM) et le CHU de Montpellier vont mettre en place une plateforme hospitalo-universitaire de biopathologie commune, renforcant ainsi leur collaboration en matière de génétique moléculaire des cancers. Le dispositif sera effectif à partir du 1er juillet 2020, indiquent les 2 partenaires dans un communiqué publié le 25 octobre.

    La plateforme, localisée au laboratoire de biologie des tumeurs solides du CHU, sera dotée « des outils et des technologies les plus récentes en matière de biologie moléculaire, tels que les outils de séquençage à très haut débit », précisent l’ICM et l’établissement de soins. L’objectif central de la solution sera de réaliser les analyses d’oncogénétique moléculaires, activités dédiées au diagnostic et à la prise en charge thérapeutique des tumeurs solides de l’adulte.

    Selon les 2 établissements, le plus de la plateforme réside « dans la centralisation qu’elle propose avec une seule gouvernance, un mode de fonctionnement unique, et une organisation optimale dans la réalisation du séquençage, de l’analyse du génome et de la gestion des flux de données ». Par ailleurs, l’objectif est de « poursuivre plus efficacement encore » le développement et l’application d’une médecine prédictive, pronostique et personnalisée pour les patients.

    Ce partenariat a aussi pour but de renforcer l’activité de recherche des 2 établissements en :
    • proposant aux cliniciens la mise en place de nouveaux tests biologiques basés sur des technologies innovantes ;
    • répondant de manière commune à des appels d’offres aux niveaux régional et national ;
    • amplifiant leur politique de développement de recherche clinique par la réalisation d’études s’appuyant sur l’utilisation de la plateforme.