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  • Étude : un service de téléconsultation d’urgence réduit les déplacements des urgentistes au domicile

    Un service préhospitalier de téléconsultation d’urgence a été mis en place avec succès à Aix-la-Chapelle (Aachen), en Allemagne. C’est ce que révèle une étude publiée le 8 octobre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR). Les travaux mettent en avant que le système permet à la fois :
    • de venir en aide aux patients de manière efficace et sûre à leur domicile ;
    • de libérer les urgentistes de la ville d’une charge de travail qui a fortement augmenté ces dernières années.

    Plus précisément, l’étude montre que ce service a été plébiscité par les médecins urgentistes et les paramedics (ambulanciers formés à la réalisation de divers gestes thérapeutiques) exerçant à Aix-la-Chapelle car l’outil semble sûr et fiable. En effet, sur plus de 6 000 patients prise en charge à distance en 3 ans, « seuls » 6 ont subi des événements iatrogènes notables, et moins de 0,5 % des communications ont été bloquées par des incidents techniques.

    Contexte de l’étude : des médecins urgentistes pas assez nombreux

    Les services d’urgence allemands reposent, pour l’acheminement des patients jusqu’à l’hôpital, sur 2 systèmes :

    • l’un concerne des paramedics, qui se déplacent jusqu’au domicile des patients atteints par des affections peu graves en ambulance ;
    • l’autre fait appel aux médecins urgentistes, emmenés jusqu’aux malades en situation d’urgence vitale par des dispositifs équivalents au services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur) français.

    Ces dernières années, les urgentistes ont été de plus en plus sollicités pour se déplacer au domicile de patients ne se trouvant pourtant pas en situation d’urgence vitale car :

    • selon le droit allemand, les médecins étant les seuls professionnels de la santé autorisés à prescrire des médicaments et les secouristes n’étant autorisés à administrer des médicaments non prescrits que dans quelques cas d’extrême urgence (seulement si le patient est en danger de mort, si l’administration du médicament est encadrée par une procédure standard prédéfinie, si une autre mesure non médicamenteuse et non invasive n’est pas indiquée et si aucun médecin n’est présent sur les lieux), les urgentistes sont souvent envoyés au domicile de personnes ne se trouvant pas en situation d’urgence vitale pour administrer rapidement un médicament ;
    • des erreurs mènent souvent à la sollicitation de professionnels inappropriés (paramedics pour des cas complexes et urgentistes pour des cas moins graves) ;
    • le nombre total de recours aux services d’urgences a fortement augmenté et ne cesse de croître.

    Ainsi, en Allemagne, 45 % des appels mènent à la sortie des médecins.

    Objectifs de l’étude : évaluer l’utilisation, la sécurité et les performances techniques d’un service de télémédecine d’urgence

    La charge de travail qui pèse sur les urgentistes a mené, dans la ville d’Aix-la-Chapelle (Aachen, Allemagne), à la mise en place d’un service télémédical préhospitalier d’urgences : actuellement, à Aix-la-Chapelle, les ambulanciers arrivés au domicile du malade découvrant une situation nécessitant l’administration d’un médicament et la présence d’un médecin peuvent soit solliciter la venue d’un urgentiste, soit demander le soutien d’un médecin du service de télémédecine d’urgence.

    Lors de cet acte de télémédecine réalisé en urgence :

    • les secouristes (ou le médecin urgentiste présent sur place mais dépassé par la situation), au moyen de l’équipement d’ambulances spécifiques dédiées à la télémédecine, transmettent instantanément au médecin des images et des vidéos de l’intervention en cours ainsi que les paramètres vitaux du patient et les coordonnées GPS de l’ambulance ;
    • le médecin, assisté par un algorithme d’aide à la décision thérapeutique, communique vocalement des conseils et des directives aux secouristes depuis un centre de contrôle ;
    • en retour, les paramedics appliquent les recommandations de l’urgentiste notamment pour l’administration de médicaments alors autorisée (puisque supervisée par un médecin).

    Cette étude consiste en une analyse rétrospective de l’utilisation, de la sécurité et des performances techniques de ce service de télémédecine d’urgence observées pendant les trois premières années d’activité de ce service.

    Les méthodes : évaluer l’utilisation, la sécurité et les performances techniques du service

    L’utilisation : les patients ayant bénéficié de ce service

    • Inclusion des patients : données quantitatives sur les interventions du service

    Tous les patients ayant été pris en charge par les urgentistes du service préhospitalier de télémédecine d’urgence au cours des trois premières années de fonctionnement de ce service (avril 2014 – mars 2017) ont été inclus dans l’étude. 

    • Données qualitatives sur les interventions du service

    Les données qui ont fait l’objet d’analyses statistiques dans le cadre de cette étude sont :

    • l’âge des patients ;
    • le sexe des patients ;
    • les scores de gravité des blessures et des affections NACA des patients ;
    • les principaux symptômes présentés par les patients ;
    • le nombre d’administrations de médicaments non opioïdes ou opioïdes ayant eu lieu dans le cadre de ces interventions à distance ;
    • les durées de téléconsultation ;
    • les modalités de transport des patients ;
    • les temps de mission des secouristes et médecins physiquement sortis de l’hôpital.

    La sécurité : analyse des événements indésirables survenus pendant les actes de télémédecine

    Les critères de sélection des comptes rendus d’actes de télémédecine d’urgence témoignant de la survenue avérée ou probable d’événements indésirables ont été :

    • la présence, dans ces comptes rendus, de mots renvoyant aux concepts suivants : « échec » ; « instable » ; « agitation » ; « aucun signe de récupération » ; « médecin sur place » ; « hypotension » ; « allergie » ; « anaphylaxie » ; « accident » ; erreur » ; « confusion », etc. ;
    • la présence dans ces comptes rendus de références à l’administration de médicaments difficiles à utiliser ou associés à des effets indésirables nombreux ou dangereux (catécholamines telles que l’adrénaline ou la noradrénaline, opioïdes, etc.).

    Les performances techniques : étude des réponses des urgentistes à un questionnaire concernant la qualité des transmissions

    « Au cours de ces trois premières années d’activité du service, les médecins ont été priés, après chaque téléconsultation, de remplir un questionnaire concernant […] notamment la qualité de transmission des informations », précisent les auteurs. L’analyse des performances techniques ont été fondées sur les réponses des urgentistes à ce questionnaire.

    Selon ce formulaire étaient considérés comme des « défaillances complètes du système » :

    • les cas de transmission impossible des communications vocales ;
    • les cas de transmission impossible des données vitales en temps réel – notamment des résultats d’ECG ;
    • les cas de transmission impossible d’images fixes et de perturbations du flux vidéo.

    Résultats : hausse du recours à la télémédecine et bilan plutôt positif

    Utilisation : un important recours au service de télémédecine d’urgence préhospitalier

    • Des patients âgés pris en charge pour des affections de gravité modérée à sévère

    Pendant les trois premières années de fonctionnement du service, les urgentistes ont pris en charge à distance 6 265 patients.

    Ces patients, d’âge médian de 70 ans et qui étaient à 53 % des femmes, souffraient d’affections classées majoritairement dans les catégories III (blessures et maladies nécessitant une investigation et un traitement hospitalier, sans menace  vitale) et IV (blessures et maladies graves pouvant évoluer vers un risque vital en l’absence de traitement hospitalier) de la classification NACA. 6,43% se trouvaient par ailleurs en état d’urgence pré-réanimation (catégorie NACA V : blessures et maladies avec risque vital immédiat qui sans traitement d’urgence évolueraient probablement vers le décès).

    Ainsi, seuls 8 % des patients pris en charge à distance n’ont été ni traités à leur domicile, ni transférés à l’hôpital : seuls 8 % des patients ne présentaient pas d’affection modérée à sévère mais des pathologies peu graves.

    • Augmentation du recours au service de télémédecine au cours de la période étudiée

    Les téléconsultations ont augmenté de 152 à 420 au cours des quatre premiers trimestres suivant la mise en place du système. Puis de plus en plus d’ambulances ont été équipées du matériel nécessaire pour des téléconsultations. En 2015, 11 ambulances pouvaient être utilisées pour des actes de télémédecine d’urgence 24h/24. Là, le service a enregistré 26 téléconsultations supplémentaires à chaque nouveau trimestre.

    Alors que les téléconsultations se sont multipliées pendant 3 ans, les sorties d’urgentistes ont légèrement diminué de façon continue pendant cette période (1 % de sorties de Smue en moins par trimestre).

    • Un service utilisé principalement par les secouristes pour l’administration télé-déléguée de médicaments

    Dans l’ensemble, 91% des téléconsultations ont été conduites pour soutenir les paramedics sur site. 4,5 % de ces actes de télémédecine ont été requis par un urgentiste présent sur place.

    Dans 4 % des téléconsultations, le médecin qui menait la téléconsultation a estimé nécessaire d’envoyer un urgentiste sur place auprès des secouristes. Les secouristes ont requis un acte de télémédecine en attendant l’arrivée physique d’un urgentiste dans 3 % de leurs missions.

    Sécurité : des événements indésirables liés à un geste thérapeutique peu nombreux et contrôlés

    « 6 des 6 265 patients ont présenté des effets indésirables », indiquent les auteurs de l’étude :

    • un patient a perdu connaissance après administration télé-déléguée de nitroglycérine pour un syndrome coronarien aigu : un médecin a immédiatement été envoyé sur les lieux par l’urgentiste à distance ;
    • une patiente de 94 ans a manifesté un état de grande agitation après avoir reçu de la kétamine pour le traitement d’une fracture de la hanche : un médecin a été envoyé sur place ;
    • un patient a reçu du reprotérol (bêta-2-mimétique) à la place de la scopolamine (parasympatholytique) en raison de la similitude phonétique des noms commerciaux allemands des deux molécules ; 
    • les secouristes ont accidentellement perforé l’artère cubitale au lieu d’une veine d’un patient, perforation qui a été traitée instantanément avec un bandage compressif ;
    • deux patients ont présenté un érythème après l’administration de médicaments.

    Tous ces patients ont présenté des constantes normales à leur arrivée à l’hôpital : ceci témoigne de procédures de prise en charge des événements iatrogènes adaptées. 

    Performances techniques : peu de défaillances complètes

    5 220 questionnaires portant sur la qualité technique d’autant de consultations (83 % du nombre total de téléconsultations) ont été recueillis et analysés.

    Des défaillances complètes du système sans transmission possible sont survenues :

    • pour 0,25 % (14/5220 ; IC à 95% de 0,2 % à 0,5 %) des communications vocales à deux voies ;
    • pour 1 % des transmissions de coordonnées GPS ;
    • pour 1,34 % des transmissions de flux vidéo unidirectionnelles ;
    • pour 1,43 % les transmissions d’images fixes ;
    • pour 1,66 % des transmissions des résultats d’ECG au repos à 12 dérivations ;
    • pour 1,91 % des transmissions de données vitales en temps réel.

    Au total, des défaillances complètes se sont produites dans 0,34 % des téléconsultations.

    Discussions : le nombre d’événements indésirables liés aux soins sous-estimé, des dysfonctionnements techniques surestimés

    La forte augmentation du nombre de téléconsultations au cours de la première année d’exploitation doit être attribuée principalement :

    • à l’augmentation du nombre d’ambulances équipées pour des actes de télémédecine ;
    • à l’augmentation de la durée d’ouverture du service à 24h par jour.

    Toutefois, au cours des deux années suivantes, le nombre de téléconsultations a encore augmenté, de même que la télé-délégation de médicaments. Cette augmentation est donc probablement aussi due à l’adaptation des paramedics à ce système et à leur pleine adoption de ce dernier.

    Un nombre d’événements indésirables liés aux soins légèrement sous-estimé

    Le faible nombre d’événements iatrogènes observés était sans doute dû au fait que des événements indésirables courants n’ont pas été signalés par les médecins : seuls des événements indésirables perçus comme inhabituels ou qui ne seraient pas survenus si un urgentiste avait été présent ont sans doute été signalés.

    Des dysfonctionnements techniques surestimés

    La plupart des événements rendant les transmissions impossibles ou difficiles sont liés à une mauvaise réception du service mobile (ces événements peuvent donc être résolus en déplaçant l’ambulance).

    « Le questionnaire de performance technique n’a par ailleurs pas été rempli dans 17 % des missions [conduisant probablement] à une surestimation des dysfonctionnements techniques car les médecins ont préféré remplir le formulaire après avoir rencontré des difficultés techniques au cours de la sortie », indiquent les auteurs de l’étude.

    Finalement, cette analyse rétrospective des téléconsultations préhospitalières d’urgence menées pendant 3 ans à Aix-la-Chapelle montre que le système mis en place dans la ville allemande est utilisé, sûr et techniquement fiable. « Ce service télémédical d’urgence est susceptible de fournir des soins  de haute qualité, d’alléger la charge de travail des médecins urgentistes et de rendre ces derniers plus disponibles pour les cas d’urgences vitales les plus graves », concluent les auteurs des travaux. 

  • H&TI Webinar : la prise en charge de l’AVC en France, chiffres clés et innovations (30/10/19, 11h)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, à l’occasion de la journée nationale pour la prise en charge de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en France, un enjeu majeur de santé public.

    Le Webinar sera articulé autour :

    • des principaux indicateurs de santé publique liés à l’AVC ;
    • des innovations dans la prise en charge de l’AVC ;
    • des start-ups qui proposent des solutions de prévention ou de suivi post AVC.

    Connectez-vous le 30 octobre 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct aux intervenants.

    L’échange sera animé par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées via ce lien.

  • Hackathon data pharma/lauréat : un agrégateur des données patients intégré au logiciel du pharmacien

    Un agrégateur des données médicales du patient (du DMP et du DP) intégré au logiciel métier du pharmacien. C’est le dispositif au centre du projet « Ça marche » – « Integrated patient data », qui a remporté le hackathon « Health Data Hub : les données de santé au service du pharmacien d’officine », organisé les 19 et 20 octobre par R+/Résopharma et l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), en parallèle du Congrès national des pharmaciens (Bordeaux).

    Le but de cet intégrateur est de faciliter l’interprétation des données hétérogènes afin de réaliser des analyses par segmentation et prédictive pour la pharmacie. 3 000 euros ont été versés à l’équipe internationale à l’origine de cette innovation, pour l’aider à développer son innovation. Le jury était présidé par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees et pilote de la task force « réforme du financement du système de santé ».

    Autre projet récompensé : Arma, qui décroche le prix « coup de cœur » du jury. Il s’agit d’une surcouche logicielle de data visualisation des données enregistrées dans le logiciel métier et équipé d’un module centré sur le patient. L’objectif est d’aider le pharmacien à réaliser une meilleure prévention auprès de sa patientèle (rappel de vaccination par exemple) et d’optimiser le potentiel commercial de l’officine.

    Le hackathon a réuni une vingtaine d’étudiants et de professionnels aux profils pluridisciplinaires (pharmaciens, développeurs, UX designers…), qui devaient imaginer une utilisation innovante des données au service du pharmacien, le tout en répondant à des problématiques précises : « Comment utiliser les données pour prédire les ventes en pharmacie d’officine ? » ; « Comment aider le pharmacien à mieux connaître son patient à l’aide de la visualisation de données ? » ; « Comment exploiter les différentes sources de données de santé dans les outils officinaux (logiciel spécialisés, messageries, réseaux sociaux, sites fournisseurs…) ? », etc.

    Hackathon data pharma : les autres finalistes

    • P4pillon

    P4pillon est un logiciel métier centré sur la coopération entre les professionnels de santé et une nouvelle organisation à l’officine.

    L’outil est déjà utilisé sur son territoire et le réseau Mille soins (Limousin, Centre). L’idée du projet est de revoir la place du pharmacien dans le parcours de soins (anticipation des sorties hospitalières et lanceur d’alerte) et de rationaliser les stocks gérés au patient.

    • Pharmadex

    Pharmadex est une application mobile qui permet le scan d’ordonnance et la e-réservation de produit pour les patients. Le but de cette solution est d’aider le pharmacien à mieux anticiper l’arrivée du patient au comptoir et à l’orienter vers les missions qui lui seraient le plus indiquées.

    • Satya

    Satya propose une surcouche logicielle qui centralise l’ensemble des informations médicales et administratives du patient. Pour chaque patient, le pharmacien dispose des informations à jour ou d’alertes si une action est requise, ce qui lui permet de gagner du temps dans les démarches administratives (complémentaire santé, coordonnées du prescripteur, etc.) et ainsi de davantage se concentrer sur le cœur de son métier, la dispensation.

    L’équipe de Satya souhaite également s’appuyer sur un algorithme d’analyse de la délivrance pour la sécurisation du patient (interaction médicamenteuse).

  • Des démarches en cours pour le remboursement d’Odysight, appli de surveillance de l’acuité visuelle

    La start-up parisienne Tilak Healthcare est en négociation pour que son application mobile Odysight, un serious game qui permet de surveiller à distance l’acuité visuelle (Odysight), puisse bénéficier d’un remboursement optique par l’Assurance maladie. La solution, qui a obtenu un marquage CE en 2018, est actuellement prescrite comme un dispositif médical (DM) par une quarantaine de centres ophtalmologiques français : les médecins donnent un code d’accès au patient pour qu’ils puissent activer le jeu.

    Contacté par Health & Tech Intelligence le 25 octobre 2019, Tilak indique avoir commencé à travailler avec la Haute autorité de santé (HAS) pour monter un dossier « article 51 » et espérer le remboursement de l’application à terme.

    Conçue par une équipe d’ophtalmologues et de spécialistes du jeu vidéo, Odysight est un jeu médical mobile gratuit (serious game) utilisé pour surveiller de manière continue des patients atteints de maculopathies, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et l’œdème maculaire. Concrètement, la solution propose des tests visuels numériques adaptés de ceux pratiqués en cabinet et un jeu de puzzle qui vise à stimuler les capacités cognitives et visuelles. L’objectif est d’établir un meilleur diagnostic, et ce de manière plus rapide, de la maladie et de son évolution afin de proposer le traitement le plus adapté possible.

    En attendant un éventuel remboursement, « et pour permettre de proposer la solution au plus grand nombre de patients », Tilak Healthcare a signé en mai 2019 un partenariat exclusif de co-promotion avec Novartis France, qui assure dans ce cadre « la promotion de l’application au sein de son réseau de délégués, afin d’éviter les frais côté patients », précise à H&TI la société.

    Un déploiement sur l’ensemble du territoire national est en cours mais aussi à échelle mondiale. Tilak entend notamment développer son serious game à Pittsburgh, aux États-Unis. En juin, la start-up a par ailleurs annoncé le prototypage de son second jeu médical, TLK-002, dédié à la lutte contre la dépendance aux opioïdes. Pour son développement, la société va collaborer avec le Centre de neurosciences du Brigham and Women’s Hospital, aux États-Unis.

    Odysight : un puzzle numérique

    L’objectif du jeu est d’aider le personnage Iris (photo) « à rassembler les pièces manquantes des mondes brisés et [de combattre] à ses côtés pour vaincre les ombres », est-il expliqué sur le site officiel de Tilak Healthcare. Au fur et à mesure de son avancée, le patient découvre un monde fantastique composé de puzzles dynamiques à recomposer.

    Une alerte envoyée au médecin si les résultats des tests sont préoccupants

    La fréquence des tests réalisés via l’application est prédéfinie par l’ophtalmologiste, qui peut suivre en temps réel l’évolution des paramètres visuels de son patient par l’intermédiaire d’un tableau de bord en ligne.

    Le spécialiste reçoit une alerte si le dispositif détecte un changement de ces paramètres et organise, si cela s’avère nécessaire, un rendez-vous physique avec le patient au plus vite. Ce dernier peut ainsi être soigné rapidement, généralement par injections intraoculaires, une intervention qui permet d’éviter des lésions irréversibles.

    Caractéristiques principales du dispositif :

    • l’application a été pensée par des médecins et élaborée par des professionnels du jeu vidéo ;
    • les pathologies ciblées sont les maladies de la rétine ;
    • la solution suit l’évolution de paramètres établis par l’ophtalmologiste à partir de la qualité de la vision de l’utilisateur (acuité visuelle de près, sensibilité aux contrastes, présence et évolution de scotomes ou de métamorphopsies, trouble de la vision se manifestant par une déformation des images) ;
    • il est doté des avantages des serious games innovants : utilisation simple, rythme adapté en fonction du profil de chaque patient, direction artistique novatrice et mise à jour régulière.
  • USA : Amazon acquiert Health Navigator, à l’origine d’un outil numérique pour orienter les patients

    Amazon acquiert Health Navigator, une société fondée en 2013 à Chicago qui développe des outils numériques pour la vérification à distance des symptômes et le triage à destination des entreprises de santé cherchant à orienter au mieux les patients dans leur parcours de soins. L’opération, dont les détails financiers n’ont pas été dévoilés, a été confirmé par Amazon au média américain CNBC le 23 octobre 2019. Il s’agit du deuxième achat du géant américain lié au domaine de la santé, après l’acquisition de la e-pharmacie PillPack en 2018.

    Le groupe va proposer la solution Health Navigator à ses employés dans le cadre de ses cliniques virtuelles Amazon Care, qui sont mises à l’essai depuis septembre 2019 auprès des salariés de l’entreprise résidant dans la région de Seattle (État de Washington), où se trouve le siège de la société. « Amazon Care élimine les déplacements et les temps d’attente, en connectant les employés et leur famille à un médecin ou à une infirmière via un chat ou un appel vidéo, avec en option un suivi présentiel par une infirmière », explique le groupe (communiqué de septembre). Via ce service sera également proposée la prescriptions de médicaments, qui pourront être réservés dans une pharmacie.

    Health Navigator : une offre de télémédecine visant à mieux orienter les patients

    Health Navigator a été fondé en 2013 par David A. Thompson, son P.-D.G. Ce dernier est connu dans le secteur médical pour avoir développé un ensemble de protocoles, appelé « Schmitt-Thompson », devenu l’outil de référence des infirmiers et autres cliniciens pour orienter les patients au bon endroit pendant leur parcours de soins, généralement via des centres d’appels.

    David A. Thompson est par ailleurs médecin urgentiste et membre du corps professoral (à temps partiel) du Northwestern Memorial Hospital à Chicago, dans l’Illinois.

    Un partenariat déjà conclu avec Microsoft

    Health Navigator collabore avec divers partenaires, comme Microsoft, pour fournir des solutions en ligne tels que des outils de vérification des symptômes, facilitant les diagnostics à distance, et de triage, en aidant les patients à déterminer s’ils souhaitent rester à domicile, consulter un médecin ou se rendre directement aux urgence.

    Un grand nombre des clients de la société sont des entreprises de télémédecine, qui proposent des examens à domicile via un système vidéo et des applications permettant aux médecins de se connecter à distance avec leurs patients.

    Fonctionnement de l’appli Health Navigator

    Amazon est entré sur le marché de la e-pharmacie en 2018 avec l’achat de Pillpack

    Amazon a acquis en 2018 PillPack pour 753 millions de dollars US (678 M€) afin de se lancer sur le marché des pharmacies en ligne. Une entrée qui s’est avérée difficile à gérer pour les acteurs établis du secteur, qui tentent d’empêcher le géant américain d’accéder aux données des patients ou d’engager leurs employés (Amazon a publié environ 50 offres d’emploi pour l’unité répertoriée sur son site web).

  • NACA

    Le score NACA est une appréciation préhospitalière de la gravité des atteintes médicales ou chirurgicales selon une échelle de 0 (indemne) à VII (décès)

  • IC

    Insuffisance cardiaque

  • PLFSS 2020 : les députés suppriment la « consigne » pour les DM réutilisés (article 28)

    Les députés adoptent en première lecture l’article 28 du PLFSS, qui introduit un mécanisme de « référencement sélectif » permettant de « diversifier les outils de négociation des prix » pour les dispositifs médicaux (DM) remboursables, ainsi que des modalités de réemploi de ces dispositifs. L’adoption a eu lieu lors de la séance publique du 24 octobre 2019.

    • L’Assemblée nationale rejette en revanche le mécanisme de « consigne » prévu « pour donner un coup d’accélérateur à ce modèle de second emploi ». Le rapporteur Olivier Véran (LREM) relève que l’amendement de suppression a été déposé par la totalité des groupes, preuve qu’« effectivement il y a un sujet » sur ce dispositif qui n’est « pas mûr en l’état ». « Nous pensons que cela peut être une belle mesure. (…) Je vous invite à la retravailler  dans un débat plus élargi », réagit la secrétaire d’État Christelle Dubos. Les parlementaires imposent cependant « une homologation » des centres chargés de la remise en état des DM « afin de certifier que ceux-ci disposent des compétences nécessaires ».

    • Les députés adoptent par ailleurs l’amendement n° 1959 présenté par le gouvernement pour « ouvrir le bénéfice [de la prise en charge] pendant une période de douze mois, le cas échéant renouvelable,  avant le dépôt d’une demande d’inscription » d’un DM sur la liste LPP. La ministre Agnès Buzyn défend « une très grande avancée » pour toutes les parties prenantes, jugeant que le « forfait innovation » qui tient lieu actuellement d’ATU pour les DM « ne fonctionne pas très bien » car « trop lourd à mettre en œuvre ».

    • Les parlementaires adoptent enfin l’amendement 1357 présenté par Pierre Dharréville (PCF) issu du rapport de la mission d’information sur les dispositifs médicaux réalisée début 2019 avec Julien Borowczyk (LREM), imposant la remise par le gouvernement au parlement d’un rapport sur le montant consolidé de l’ensemble des dépenses d’Assurance maladie résultant du remboursement des dispositifs, « ventilé selon les différentes modalités de remboursement ». Le texte a été adopté avec avis favorable du rapporteur et avis « de sagesse » de la ministre.

  • Traumatismes graves : un partenariat de recherche pour déployer des outils d’aides à la décision

    TrauMatrix est un partenariat de recherche scientifique et médicale, signé pour une durée de 3 ans, qui a pour objectif de « développer les premiers outils d’aide à la décision (basé sur intelligence artificielle) pour la gestion des patients atteints de traumatismes graves dans les 24 premières heures ». Cette initiative, dont le lancement a été annoncé le 25 octobre 2019 par communiqué, est portée par l’association Traumabase, l’AP-HP, le CNRS, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’École polytechnique et Capgemini Invent.

    3 axes sont privilégiés dans le cadre de ce projet : la prise en charge du patient, le diagnostic et la gestion de la stratégie de soins (dont la prise en charge du choc hémorragique et du traumatisme crânien). Le but est de permettre un accompagnement des acteurs médicaux tout au long de la chaîne de décision des 24 premières heures, en plaçant « l’intelligence artificielle au cœur de la pratique de la traumatologie de demain », commentent les partenaires (communiqué).

    Un outil d’aide à la décision pour les médecins anesthésistes réanimateurs

    TrauMatrix vise à aboutir à un outil d’aide à la décision à destination des médecins anesthésistes réanimateurs. La solution permettra :

    • de les accompagner en temps réel dans leur prise de décision, en orientant la prise en charge des patients grands traumatisés vers les bonnes unités de soins ;
    • de prédire la probabilité d’événements comme le choc hémorragique ou le traumatisme crânien et l’ajustement de la stratégie de soins ;
    • de préciser, en parallèle, la nature des ressources hospitalières, matérielles et humaines à anticiper « afin d’apporter une meilleure réponse aux besoins du patient et d’augmenter ses chances de survie et d’absence de séquelles », précisent les partenaires (communiqué).

    Le projet repose sur la Traumabase, registre national de données sur les traumatismes graves

    Le projet repose sur la Traumabase, un observatoire régional crée en 2011 et devenu depuis un registre national de données médicales sur les traumatismes graves.

    Cette base est portée par un réseau d’une centaine de médecins urgentistes et anesthésistes-réanimateurs répartis dans toute la France. Elle fédère actuellement une grande partie des acteurs français de la traumatologie lourde.

    La Traumabase permet :

    • d’alimenter les démarches d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    • de faciliter la recherche scientifique autour d’études prospectives et interventionnelles.

    Une collaboration multidisciplinaire

    « La collaboration avec l’École des hautes études en sciences sociales, le CNRS et l’École polytechnique initiée par le Dr Tobias Gauss, le Pr Catherine Paugam-Burtz et le Dr Sophie Hamada, des hôpitaux Beaujon et Bicêtre (AP-HP), a permis de lancer une dynamique de recherche autour du choc hémorragique et d’initier les premiers travaux sous l’impulsion de Julie Josse, professeur au Centre de mathématiques appliquées (CMAP – CNRS/École polytechnique) et à l’Inria XPOP et DataIA, et de Jean-Pierre Nadal, chercheur CNRS au Centre d’analyses et de mathématiques sociales (CNRS/École des hautes études en sciences sociales) », indiquent les partenaires.

    Capgemini Invent en charge du développement de modèle de prédiction via l’IA

    Capgemini Invent a rejoint le partenariat en tant qu’expert de la valorisation des données et de l’intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de TrauMatrix, la société va développer des modèles de prédiction et a pour mission d’élaborer, à terme, une plateforme de services en collaboration avec les experts médicaux de la Traumabase et les scientifiques de l’EHESS, du CNRS et de L’École polytechnique

    « Un des enjeux est notamment de bien cibler les moments clefs du parcours de soin des traumatisés sévères dans un écosystème complexe de prise en charge et de soins », est-il précisé.

    « TrauMatrix est un catalyseur d’interactions entre médecins et chercheurs ou ingénieurs »

    « Outre l’opportunité de développer des méthodes dans une situation où les données ont tous les défauts (hétérogénéité, données manquantes, de sorte qu’aucune méthode connue n’est bien adaptée), le projet TrauMatrix est un catalyseur d’interactions entre médecins et chercheurs ou ingénieurs, entre chercheurs de disciplines ou d’expertises différentes, et contribue à la formation de jeunes scientifiques autant attirés par le côté hautement technique du point de vue mathématique et informatique, que par la problématique de santé publique », commente Jean-Pierre Nadal, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, chercheur au laboratoire de physique de l’École normale supérieure (CNRS/ENS Paris/Sorbonne Université /Université de Paris) et directeur du Centre d’analyse et de mathématique sociales (CNRS/EHESS).

  • PLFSS 2020 : les députés adoptent la clause de sauvegarde pour les DM à l’hôpital (article 15)

    Les députés adoptent l’article 15 du PLFSS pour 2020, qui prévoit la création d’une clause de sauvegarde pour le secteur des dispositifs médicaux (DM) à l’hôpital. La décision a été prise en séance publique le 24 octobre 2019. Cet article avait initialement été supprimé en commission des Affaires sociales après le rejet d’un amendement présenté par le rapporteur général Olivier Véran (LREM).

    La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn défend cette disposition du PLFSS en soulignant que le secteur du DM à l’hôpital a cru « de plus de 4 % entre 2012 et 2018 », ce qui « fait peser mécaniquement la régulation sur d’autres dépenses de l’hôpital dans le contexte actuel que chacun connaît ». Elle souligne que le nombre de patients traités par un dispositif médical remboursé au sein de l’hôpital « augmente faiblement », entre 1 et 2 % par an, expliquant que « c’est l’effet prix et l’effet structure qui sont donc les plus importants dans l’augmentation des dépenses ».

    « S’agissant du périmètre, cette clause est limitée au secteur hospitalier, ce qui minimise l’impact sur le secteur des DM », ajoute la ministre, relevant au passage que « 80 % des dépenses de DM » orthopédique et cardiovasculaire à l’hôpital sont portés par « moins de 20 entreprises », qui « ne sont pas des start-ups mais de grandes entreprises ».

    « La clause de sauvegarde s’envisage dans un paysage global du DM caractérisé par un équilibre des mesures au sein de ce PLFSS », équilibre qui « serait remis en cause si cette clause n’était pas votée », poursuit Agnès Buzyn. Elle compte au nombre des mesures du texte « très positives pour les DM » :

    • l’abrogation, à partir de 2021, de la taxe sur les premières ventes de DM, avec à la clé « un gain économique pour le secteur de 40 à 45 millions d’euros » ;
    • la proposition « d’aligner le taux de TVA pour tous les DM hospitaliers[, soit de tous] les passer à 5,5 % alors que certains sont encore à 20 % » ;
    • l’amendement 1959 présenté par le gouvernement pour introduire un équivalent de l’ATU « ouvrant largement l’accès précoce pour les DM qui ont un fort intérêt clinique » avec « de nouvelles conditions tarifaires ».

    La ministre relève que le taux retenu de 3 %, « identique à celui qui existait pour les médicaments les plus innovants au niveau hospitalier », correspond également « à l’engagement de progression annuelle des dépenses relatives aux médicaments innovants », engagement pris dans le cadre du Comité stratégique des industries de santé (CSIS).

    Des arguments en faveur de la suppression de la clause de sauvegarde

    Le député Paul Christophe (LR), auteur de l’amendement de suppression de cet article en commission, estime pour sa part qu’en matière de DM, l’augmentation des coûts est aussi « liée à l’augmentation des coûts des technologies » et qu’il faut « raisonner en dépense nette » en incluant la baisse de charges induite « si grâce à un implant on peut n’être immobilisé qu’une seule journée ou deux au lieu de subir six mois [d’hospitalisation] avec une opération à cœur ouvert ».

    Le rapporteur général Olivier Véran, auteur de l’amendement examiné en séance en faveur de la suppression de la clause de sauvegarde, indique de son côté que la « dynamique » du secteur du DM peut selon lui s’expliquer en partie par une évolution des volumes car « la pratique des DM change ». Il cite l’exemple de la « révolution » de la thrombectomie, grâce à laquelle des patients victimes d’AVC « repartent quelques heures plus tard sans handicap ».

    45 millions d’euros seront « sans doute » redonnés au secteur du DM avec la suppression de la taxe sur les premières ventes, cependant, l’Ondam prévoit lui d’imposer 250 millions supplémentaires d’économies cette année dans le domaine du DM, relève par ailleurs, à l’adresse de la ministre, le député Jean-Carles Grelier, auteur d’un amendement en commission pour la suppression de la clause de sauvegarde.