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  • Urgences : chiffres clés, le plan du ministère (focus) et les alternatives numériques au 15

    « Mettre en place dans tous les territoires un service distance universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (Sas) ». Il s’agit de la première (340 M€) des 12 mesures du Plan de refondation des urgences, présenté en septembre 2019 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, en réponse à la crise profonde qui touche le secteur, une crise marquée par un mouvement social qui dure depuis plusieurs mois.

    Dans ce contexte, Health & Tech Intelligence fait le point sur les services d’urgence en France, avec :

    • un focus sur les chiffres clés (au niveau national et par région) ;
    • une présentation des alternatives au 15 : la téléconsultation est perçue par certains acteurs comme un outil d’aide au désengorgement des urgences ; il existe par ailleurs des applications mobiles ou web visant spécifiquement à limiter le nombre de visites évitables au sein des urgences ;
    • un point sur les autres services vers lesquels se tourner avant d’envisager un passage aux urgences.

    À NOTER : l’équipe chargée de conduire les travaux sur le Service d’Accès aux Soins (SAS) a été nommée début octobre 2019 (4 membres). Elle est en train de mener une concertation (durée : 2 mois) auprès des professionnels de santé sur les différentes organisations possibles du SAS. La ministre Agnès Buzyn choisira fin novembre un modèle d’organisation pour pouvoir mettre en place ce service à l’été 2020.

    Urgences : les chiffres clés

    En général :

    • 6,3 millions d’entrées hospitalisation de court séjour dans les CHU (2017, chiffres novembre 2018);
    • 5 millions de passages aux urgences dans les CHU (2017, chiffres novembre 2018) : le nombre d’urgences a augmenté de près de 9 % entre 2015 et 2017 :
      • 637 structures d’urgence autorisées en France (2017) ;
      • 1 291 services d’urgences dans les régions métropolitaines françaises (2018) ;
      • 74 moyens aériens pour l’activité Smur (2017).

    Sources : Reseau-CHU et Statista

    Nombre de services d’urgences dans les régions de France en 2018 (hors Outre-mer) :

    Nombre de services d’urgences dans les dix plus grandes villes de France en 2018 (hors Outre-mer) :

    Pacte de refondation des urgences (753,5 M€) : repères

    « Un recours central au numérique »

    12 mesures clés figurent dans le Plan de refondation des urgences, présenté comme une déclinaison, pour les urgences, du plan Ma Santé 2022. Il est basé sur un renforcement de la proximité et la confiance accordées aux territoires, avec un « mode de financement adapté » et un recours central au numérique, « qui doit faire partie du système de santé d’avenir », indique la ministre des Solidarités et de la Santé (point presse de septembre 2019).

    Au total, ce sont 753,5 millions d’euros de crédits supplémentaires qui sont engagés sur la période 2019-2022. Pour l’année 2020, cela représente 150 millions d’euros.

    • Les 12 propositions sont présentées en détail par H&TI dans un article spécial, accessible ici.

    Pacte de refondation des urgences : une réponse globale, en soutien des initiatives de terrain

    Ces mesures du plan national « urgences » viendront « conforter et amplifier des initiatives prises localement (…) par des acteurs locaux et dont ils ont pu évaluer le caractère pertinent », commente l’ARS Centre-Val de Loire dans un communiqué publié en septembre 2019.

    L’ARS Centre-Val de Loire présente quelques initiatives clés déployées dans la Région pour désengorger les services d’urgence :

    Il existe bien entendu d’autres initiatives locales, multiples, déployées dans les autres régions au niveau territorial. Parmi elle figure notamment Entr’actes, une application de coordination des soins primaires, développée dans l’Essonne (Île-de-France) par des professionnels de santé afin notamment d’éviter aux patients d’aller aux urgences si leur état leur permet d’être soignés à domicile.

    Alternatives au 15 : les solutions numériques se développement sur le marché

    La téléconsultation comme alternative

    « La téléconsultation peut être une alternative au 15, en tous cas un complément, indique Maxime Cauterman, directeur médical France de la société de télémédecine Livi, intervenu en juin 2019 dans le cadre de l’événement FASN « Parcours innovants ». Nous avons une expérience de près de 30 000 téléconsultations en France aujourd’hui, qui tend à le prouver. Nous sommes réellement dans un concept de gradation des soins, nous ne prétendrons jamais remplacer la médecine présentielle. »

    Les structures présentielles « sont efficaces mais s’installent toujours dans des endroits plutôt urbains, où il y a de la densité [médicale], donc qui finalement vont rajouter de l’inégalité d’accès aux soins puisqu’elles ne s’adressent pas à des populations en désert médical, commente l’entrepreneur. Nous sommes contactés par des Samu ou des centres 15 qui sont demandeurs de téléconsultations. »

    Les start-ups françaises proposant un service de téléconsultation :

    Maxime Cauterman nuance cependant ses propos en indiquant que la téléconsultation ne résoudra pas à elle seule la crise des urgences. « Le problème d’effectifs est un vrai problème actuellement, à travers notre prisme d’urgentistes nous le voyons de façon très prégnante », note-t-il.

    En Bourgogne-France-Comté, par exemple, « il y a une réflexion sur les soins non programmés, qui est une réflexion, compliquée, complète Eric Blondet, président de l’URPS Médecins libéraux de la Région (FASN « Parcours innovant). Nous sommes dans une région qui souffre d’une densité médicale très faible, où la densité en médecins urgentistes est catastrophique : la télémédecine est un des axes de réflexion mais n’est pas la seule réponse. On commence la réflexion autour des CPTS car c’est un des enjeux majeurs de ce dispositif ».

    4 applications mobiles ou web pour fluidifier les services d’urgences :

    Alternatives aux urgences : les autres services vers lesquels se tourner

    Entre 8 h et 20 h en semaine :

    • médecin traitant ou généraliste : la plupart ont une permanence et gardent libres des créneaux horaires pour recevoir des patients dans la journée. 

    La nuit et le week-end :

    • maison ­médicale de garde (MMG) – dans les grandes villes : assure des consultations urgentes (hors urgences vitales) en médecine générale pour les patients de tout âge pendant les horaires de fermeture des cabinets médicaux, les week-ends et les soirs de semaine. Il existe des MMG dans toutes les grandes villes ;
    • le numéro 116 117 (unique et gratuit), mis en place par le Gouvernement : mise en relation avec un médecin de garde aux heures de fermeture des cabinets médicaux. Le numéro est disponible dans certaines régions seulement. Certains acteurs, dont la CSMF, réclament une généralisation du dispositif dans toute la France.

    24 h sur 24 et 7 jours sur 7

    • SOS Médecins (couvre 60 % du territoire) : service joignable au 3624 (numéro national et payant) ou au numéro local.

    Et aussi : Urgent Care, des consultations sans RDV de petites traumatologies et de soins immédiats

    En janvier 2014, le Cosem, une association qui gère plusieurs centres médicaux à Paris, a ouvert dans le centre Auber, un service appelé « Urgent Care ».

    Ce service « s’engage à prendre en charge et à prodiguer des soins sans rendez-vous dans l’heure qui suit l’arrivée du patient », explique le Cosem.

    • Fonctionnement : une équipe de médecins urgentistes, en binôme avec des infirmières, travaille dans un secteur dédié aux urgences légères ou modérées du quotidien. En cas de complication ou de cas grave, le patient est ré-orienté vers le service d’urgence d’un hôpital de proximité ou vers les cliniques avec lesquelles le Cosem a établi des conventions (secteur 1).

    Par ailleurs, plusieurs hôpitaux parisiens adressent au centre Cosem Auber des patients en petite urgence pour désengorger leur propre service via le service Urgent Care.

    • Chiffres clés :
      • équipe de 8 médecins urgentistes et de 3 infirmières ;
      • 9 600 patients reçu en 2015 : depuis sa création en 2014, l’unité de soins immédiats Auber a doublé le nombre de visites pour atteindre 10 000 patients en 2016.

    Depuis février 2017, le nouveau centre Cosem Saint-Michel dispose également d’un service Urgent Care. Il propose sans rendez-vous une prise en charge en urgence par le biais d’un plateau technique adapté, composé de médecins, d’un laboratoire de biologie et d’un service de radiologie, les patients pourront bénéficier, en urgence, d’une prise en charge globale.

    Ces Urgent Care sont placés sous la responsabilité du Dr Patrick Vidal, médecin urgentiste.

  • Cosem

    Coordination des œuvre sociales et médicales

  • Une plateforme numérique et le DMP en soutien des « proches aidants » (stratégie nationale)

    Plateforme numérique, DMP et numéro téléphonique national figurent parmi les solutions annoncées par le gouvernement dans la « stratégie de mobilisation et de soutien » 2020-2022 présentée en direction des « proches aidants », ces 8 à 11 millions de personnes qui « soutiennent un proche en perte d’autonomie pour des raisons liées à l’âge, un handicap, une maladie chronique ou invalidante », indique le ministère des Solidarités et de la Santé dans un dossier de presse daté du 23 octobre 2019.

    Est notamment prévu dans ce cadre :

    • la création d’une plateforme numérique, baptisée « Je réponds aux aidants », permettant d’identifier l’offre d’accompagnement près de chez soi, dans tous les territoires, d’ici 2022 (mesure n°3);

    • l’identification du rôle de proche aidant dans le dossier médical partagé en 2020, en application de la loi du 22 mai 2019 (mesure n° 15) : le document précise qu’« en cas d’accident du proche aidant, les professionnels de santé seront au courant du fait qu’il ou elle est aidant d’une personne dépendante » et « pourront s’assurer immédiatement du fait que le proche aidé n’est pas laissé seul à domicile » ;

    • la mise en place d’un « numéro téléphonique national de soutien des proches aidants », pour les aider à « se reconnaître » comme proche aidant, leur offrir une écoute, assurer un premier niveau d’information, et les orienter vers des interlocuteurs de proximité, et ce « dès 2020 » (mesure n° 1).

    Cette stratégie « issue de plusieurs mois de travail et d’échanges avec les aidants eux-mêmes et les associations qui les représentent » sera déployée « sur trois ans », annonce le Premier ministre Édouard Philippe (éditorial), précisant qu’il sera « particulièrement attentif » à ce que ses solutions soient « rapidement» mises en œuvre.

    Stratégie de mobilisation et de soutien des aidants 2020-2022 : les 17 mesures

    Priorité n°1 : rompre l’isolement des proches aidants et les soutenir au quotidien dans leur rôle

    • MESURE N°1 : la mise en place d’un numéro téléphonique national de soutien des proches aidants, pour les aider à se reconnaître comme proche aidant, leur offrir une écoute, assurer un premier niveau d’information, et les orienter vers des interlocuteurs de proximité, dès 2020.
    • MESURE N°2 : la création d’un réseau de lieux d’accueil labellisés « Je réponds aux aidants », pour recevoir les proches aidants et les orienter dans le paysage des aides et de l’accompagnement disponibles, en fonction de leurs besoins, à compter de 2020.
    • MESURE N°3 : la création d’une plateforme numérique « Je réponds aux aidants » permettant d’identifier l’offre d’accompagnement près de chez soi, dans tous les territoires, d’ici 2022.
    • MESURE N°4 : la diversification et le déploiement des offres d’accompagnement par des professionnels et des pairs dans tous les territoires : soutien psychologique, collectif et individuel, sensibilisation et formation (en présentiel et à distance). Objectif : + 450 000 aidants accompagnés d’ici 2022.

    Priorité n°2 : ouvrir de nouveaux droits sociaux aux proches aidants et faciliter leurs démarches administratives

    • MESURE N°5 : le congé de proche aidant indemnisé pour les salariés, les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les chômeurs indemnisés, dès octobre 2020.
    • MESURE N°6 : un congé de proche aidant qui pourra désormais être pris tout de suite à l’arrivée en entreprise, sans attendre un an comme auparavant, dès janvier 2020.
    • MESURE N°7 : des périodes de congé proche aidant qui ne compteront plus dans le calcul des droits au chômage pour éviter une baisse des allocations, dès novembre 2019.
    • MESURE N°8 : une prise en compte automatique du congé de proche aidant indemnisé au titre des droits à la retraite, sans formalités à accomplir, dès octobre 2020. Au-delà, la concertation en cours sur le système universel des retraites intègre ce sujet majeur de la prise en compte des périodes d’aide.

    Priorité n°3 : permettre aux aidants de concilier vie personnelle et vie professionnelle

    • MESURE N°9 : l’assouplissement du congé de présence parentale et de l’allocation journalière de présence parentale, qui pourront être pris de façon fractionnée, par demi-journées, dès janvier 2020.
    • MESURE N°10 : la facilitation des parcours professionnels des aidants qui ont dû arrêter de travailler pendant longtemps pour accompagner un proche avec notamment un nouveau système de reconnaissance de l’expérience acquise en tant que proche aidant, en 2021.
    • MESURE N°11 : le soutien aux proches aidants inscrit parmi les thèmes de la négociation obligatoire dans les entreprises et parmi les critères de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, en 2020.

    Priorité n°4 : accroître et diversifier les solutions de répit

    • MESURE N°12 : le lancement d’un plan national de renforcement et de diversification des solutions de répit, adossé à un financement supplémentaire de 105 M€ sur la période 2020 – 2022.

    Priorité n°5 : agir pour la santé des proches aidants

    • MESURE N°13 : la compréhension des risques qui pèsent sur la santé des proches aidants, à travers une enquête de Santé publique France en 2020.
    • MESURE N°14 : l’instauration d’un « réflexe proches aidants » chez les professionnels de santé ou d’accompagnement à compter de 2020, à travers plusieurs canaux.
    • MESURE N°15 : l’identification du rôle de proche aidant dans le dossier médical partagé en 2020, en application de la loi du 22 mai 2019.

    Priorité n°6 : épauler les jeunes aidants

    • MESURE N°16 : la sensibilisation des personnels de l’Éducation nationale, pour repérer et orienter les jeunes aidants, grâce à des outils efficaces et co-construits avec le monde associatif. Dans un premier temps, une expérimentation sera lancée en 2020 dans deux régions (Île-de-France et Occitanie).
    • MESURE N°17 : l’aménagement des rythmes d’étude (condition d’assiduité et examen) pour les étudiants aidants, dès fin 2019.

    La mise en œuvre de la stratégie :

    Aidants : chiffres clés

  • French Tech 120 (FT120) : Cédric O lance un AAC visant à compléter le Next40 avec 80 start-ups

    « Sélectionner les 80 meilleures start-ups au niveau national et par territoire sur la base de la levée de fonds ou de l’hyper-croissance ». C’est l’objectif de l’appel à candidature (AAC) « French Tech 120 » (FT120), lancé le 23 octobre 2019 par le gouvernement avec Bpifrance et la mission French Tech afin de « compléter les 40 sociétés qui composent le Next40 », dévoilé en septembre et dans lequel figurent des sociétés de e-santé (Doctolib, Bioserenity et Alan). Les 120 start-ups  sélectionnées bénéficieront d’un « programme d’accompagnement public sur mesure » visant à « faire émerger des leaders technologiques de rang mondial », précise le secrétaire d’État au Numérique Cédric O (éditorial).

    Les 80 sociétés restantes seront sélectionnées :

    • pour une première moitié, sur la base des « levées de fonds les plus importantes » : sociétés ayant réalisé au cours des deux dernières années » une levée de fonds d’au moins 20 millions d’euros en equity (part primaire uniquement) ;
    • pour une deuxième moitié, sur des « critères d’hyper-croissance » : sociétés ayant enregistré sur les 3 derniers exercices fiscaux clôturés une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 50 % ou plus (tolérance à 40 %), ou de 25 % ou plus (tolérance à 20 %) si le chiffre d’affaires est supérieur à 10 millions d’euros sur le dernier exercice. Si la société dépasse le seuil de 3 millions d’euros uniquement en 2018, « une croissance d’au moins 75% entre 2016-2017 et 2017-2018 est exigée », est-il précisé.

    « Afin de mettre en avant et d’accompagner les meilleures start-ups de tous les écosystèmes », il est ajouté dans le dossier de présentation de l’AAC que les 2 meilleurs start-ups de chaque région (Outre-mer inclus) seront « automatiquement sélectionnées » : une sur la base de la levée de fonds et une sur la base des critères d’hyper-croissance.

    Les sociétés au chiffre d’affaires compris entre 3 et 10 millions d’euros doivent avoir moins de 15 ans et ne pas avoir été rachetées. Au-delà de ce seuil, les sociétés candidates doivent être « innovantes » et avoir leur siège social en France.

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 29 novembre 2019 et à réaliser sur le site dédié, accessible via ce lien. Les lauréats seront dévoilés au mois de janvier 2020.

    Déploiement de French Tech Central dans les capitales French Tech

    Est également annoncé dans le dossier relatif à l’ACC le déploiement de French Tech Central dans les Capitales French Tech dès janvier 2020. Ce programme « assurera un soutien local par les services de l’État, destiné à toutes les start-ups », au sein des lieux totem des capitales French Tech afin d’« identifier leurs besoins spécifiques » et de « déployer une réponse coordonnée entre acteurs publics ».

    Le socle de services publics communs à chaque capitale French Tech sera complété d’une offre d’accompagnement portée par les capitales, en lien avec les acteurs locaux, à destination d’une sélection de start-ups, qui « bénéficieront d’une promotion nationale », est-il indiqué.

    Création d’un Conseil national des capitales et communautés French Tech

    « Instance de concertation et de co-construction des programmes à destination des écosystèmes territoriaux », le Conseil national des capitales et communautés French Tech réunira des représentants des capitales et des communautés French Tech et « comportera au moins 35 % de femmes », précise le gouvernement.

    Le secrétaire d’État chargé du Numérique réunira ce conseil au moins une fois par trimestre. Sa première mission sera de « co-construire d’ici la fin de l’année le programme French Tech Central ».

  • Royaume-uni : la e-prescription sera généralisée à partir de novembre 2019

    « Toutes les ordonnances en Angleterre seront numérisées ». C’est ce qu’annonce Jo Churchill, la sous-secrétaire d’État britannique chargée des Soins primaires, dans un communiqué daté du 19 octobre 2019, estimant que cette innovation permettrait d’économiser 300 millions de livres sterling (environ 347 M€) d’ici à 2021 et un temps médical « vital » pour les médecins et les pharmaciens. Le service de prescription électronique (EPS) sera déployé dans tous les cabinets de médecins généralistes à partir du 18 novembre 2019.

    Un code-barres unique transmis aux patients pourra être scanné dans toutes les pharmacies pour récupérer les données relatives aux médicaments. Ces informations seront stockées dans NHS Spine, la base de données sécurisée du système de santé britannique (le NHS), de sorte que généralistes et pharmacies puissent y accéder rapidement.

    Selon le cabinet britannique, ce dispositif devrait éviter le recours au papier, les pertes d’ordonnances et les erreurs de prescription. Il dispensera les patients de récupérer physiquement leurs renouvellements d’ordonnance auprès de leurs médecins, ces derniers pouvant apposer ou annuler numériquement leur signature. 10 ans après l’introduction de l’ordonnance électronique, « près de 70 % de toutes les prescriptions » du pays sont déjà rédigées et délivrées par le biais de l’EPS, est-il indiqué dans le communiqué.

  • SSII

    Société de services et d’ingénierie en informatique

  • Anatomopathologie, lames numériques, IA et télémédecine : naissance de l’anatomopathologie digitale

    Comme la radiologie – sous l’influence d’innovations technologiques ou organisationnelles telles que la numérisation des images, l’intelligence artificielle (IA) ou la télémédecine -, l’anatomo-cyto-pathologie (ou anatomopathologie), discipline permettant de diagnostiquer des maladies à partir de prélèvements tissulaires au moyen de techniques notamment microscopiques, se transforme. Dans ce contexte, le fonds Nominoë a équipé le CHU de Rennes d’une solution combinant « numérique et IA pour améliorer la qualité et la fiabilité des diagnostics anatomopathologiques », indique-t-il dans un communiqué publié début octobre 2019. 

    Pour mieux cerner le marché de la pathologie digitale, exercice numérique de l’anatomopathologie, Health & Tech Intelligence présente une analyse du sujet, avec :

    •  quelques repères historiques clés sur le développement du numérique en anatomo-cyto-pathologie (qui intervient dès la fin des années 50) et un retour détaillé sur la technologie de la lame virtuelle, fondement du développement de l’histopathologie numérique ;

    • un état des lieux des avancées dans le domaine en France, des percées qui trouvent leur application dans les prises en charge (diagnostic) mais également dans les champs de l’enseignement et de la recherche. Malgré des obstacles à la fois organisationnels ou technologiques qui persistent et au moyen d’innovations telles que les lames virtuelles, l’anatomopathologie se transforme en histopathologie digitale, autorisant une augmentation du le niveau d’exactitude des diagnostics et un accès plus égalitaire aux spécialistes sur le territoire.

    La technologie de la lame virtuelle comme fondement du développement de l’histopathologie numérique

    Définition et propriétés

    En juin 2015, Catherine Guettier, anatomopathologiste et chercheuse à l’Inserm affirmait déjà que le développement de l’histopathologie digitale, soit d’un exercice de l’anatomo-cyto-pathologie assisté par des technologies numériques, était d’abord permis par technologie de la lame virtuelle.

    Cette technologie consiste en la numérisation de toute la section tissulaire d’une lame de verre (d’un prélèvement de tissu préparé pour une observation au microscope). Les images obtenues, nombreuses et de haute qualité, peuvent alors être partagées entre professionnels, observées et analysées derrière un écran, au moyen de softwares réalisant un stitching de ces images (méthode consistant à combiner plusieurs images se recouvrant, dans le but de produire un panorama ou une image de haute définition) et permettant de les visualiser.

    Ces lames virtuelles ont pour caractéristiques intéressantes :

    • de ne pas s’altérer au cours du temps, contrairement aux lames de verre ;
    • de pouvoir être partagées et ainsi d’être consultables dans des banques notamment via internet ;
    • de pouvoir être annotées ;
    • de permettre la comparaison de différents marqueurs au sein d’une même région de l’image ;
    • de pouvoir être analysées par le spécialiste avec l’aide d’outils d’analyse d’image et de solutions d’intelligence artificielle (IA).

    Notons qu’une fois acquises, ces lames virtuelles doivent pouvoir suivre les mêmes phases préanalytiques et analytiques que les lames de verre.

    Quelques systèmes d’acquisition de lames numériques

    Après préparation du tissu, les lames numériques peuvent être obtenues au moyen de microscopes spécifiques et de scanners dédiés développés récemment par différents industriels.

    Par exemple, Roche Diagnostics commercialise une gamme de scanners dédiés à la numérisation de lames de verre, dont le Ventana IScan Coreo utilisé notamment par le CHU de Nîmes. La même entreprise produit également un autre scanner, baptisé « Ventana iScan HT », permettant de scanner plus rapidement une plus grande quantité de lames et destiné aux établissements souhaitant numériser l’intégralité des lames produites.

    Solution de gestion (traçabilité) des lames

    Une fois les clichés acquis, les lames virtuelles, comme les lames de verre, doivent être tracées.

    Encore une fois, des industriels commercialisent des solutions permettant de tracer ces clichés tout au long de leur vie.

    Par exemple, Roche Diagnostics commercialise le logiciel Ventana Virtuoso, qui permet une gestion avancée des lames. « Chaque image est accompagnée des données du patient, fournies par le code-barres placé sur la lame [permettant d’associer] plusieurs lames d’un même patient », indique l’entreprise dans un communiqué. Cette solution est complétée par le middelware (intergiciel) Ventana Vantage, permettant également de suivre et de tracer les données d’histopathologie des patients.

    Analyse des lames virtuelles

    Les solutions d’analyse des lames virtuelles permettent notamment :

    • de faciliter le comptage les noyaux cellulaires ;
    • de faciliter la mesure des distances et des aires ;
    • d’estimer l’intensité des marquages et de quantifier des immunomarquages (technique de biologie cellulaire où une protéine exprimée par une cellule est identifiée par un anticorps de synthèse) ;
    • d’identifier les images d’intérêt et de trier les clichés (noyaux tumoraux/noyaux non tumoraux, cellules en interphase/cellules en mitose).

    Par exemple, le logiciel de traitement d’images Ventana Virtuoso accompagnant les scanners de la gamme Ventana iScan de Roche Diagnostics facilitent la quantification de marquage nucléaire (RH, Ki67) ou membranaire (HER2) alors réalisée automatiquement au sein de régions sélectionnées manuellement sur la lame virtuelle par l’anatomopathologiste.

    Logiciels d’aide au diagnostic

    Ces solutions consistent en des algorithmes d’aide au diagnostic et à la décision thérapeutique dont les performances pourront s’améliorer au cours des prochaines années avec les progrès réalisés dans le domaine de l’IA et du machine learning (apprentissage automatique).

    Quelques-uns de ces algorithmes déjà existants sont :

    • la technologie FlexMIm, conçue pour accompagner des pathologistes dans la détection ou l’analyse de zones suspectes pré-cancéreuses, de zones suspectes cancéreuses ou de tumeurs sur des biopsies MICI, de prostate ou de sein.
    • le logiciel Ventana Virtuoso de Roche, également centré sur l’analyse de lésions cancéreuses (pourcentage de cellules tumorales, scoring de la maladie) repérables sur des biopsies de sein.

    1er champ d’application des lames virtuelles : le diagnostic  

    Télédiagnostic en anatomie pathologique

    La télépathologie est l’application de la télémédecine en anatomo-cyto-pathologie. Ce mode d’exercice de l’anatomopathologie s’est réellement développé dans les années 2010 au moyen du partage facilité entre spécialiste des lames alors numérisées.

    • Contexte : pénurie de spécialistes

    L’anatomo-cyto-pathologie est une spécialité rare en France : il existe une relative pénurie de médecins anatomopathologistes souvent regroupés dans de vastes structures. Or, les actes d’anatomo-cyto-pathologie apparaissent de plus en plus complexes et nombreux, et l’on recourt de plus en plus à ces médecins spécialistes pour des doubles lectures visant à confirmer des diagnostics (l’Inca recommande par exemple une double lecture des lames et frottis lors d’une suspicion de cancer rare).

    De plus en plus de professionnels se tournent donc vers la télépathologie pour partager à distance des lames préparées et numérisées dans un premier établissement de soins éventuellement extemporanément (en peropératoire afin de guider la prise en charge chirurgicale) avec des anatomopathologistes situés dans un second site.

    En pratique, le site primaire qui réalise la demande de consultation est équipé d’une caméra numérique à haute résolution, d’un numériseur de lames et d’un ordinateur doté de logiciels de lecture des images. Le site qui propose les services d’un expert doit comporter un poste de travail performant, des logiciels de lecture d’images et un écran à haute résolution spatiale et à haute luminance permettant d’afficher les images transmises avec netteté. « Parfois, on recourt parallèlement à la visioconférence pour vérifier la qualité de la technique ou guider l’acquisition des images fixes », précise l’ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec dans son guide d’anatomopathologie.  

    • Exemples de réseaux

    Un premier exemple de dispositif de télépathologie français est le réseau MESOPATH de relecture à distance des mésothéliomes. Coordonné par des anatomopathologistes de Caen, il est fondé sur l’utilisation des lames numériques et s’intègre dans un réseau international d’experts.

    Un second exemple est le réseau de télépathologie d’Île-de-France, qui liait entre elles, et ce dès 2015, 18 structures (CHU Bicha ; CHU Cochin ; CHU HEGP ; CHU Pitié Salp. ; CHU Saint Antoine ; CHU St Louis ; CHU Trousseau ; CHU A. Paré ; CHU A. Béclère ; CHU K. Bicêtre ; CHU P. Brousse ; CHU H. Mondor ; CHG Pontoise ; CHG Eaubonne ; CHG Villeneuve St George ; CHG Marnes La Vallée/Meaux ; CHG Versailles ; CHG Montfermeil ; ACP Bièvres ; La Croix St Simon) ancrées dans un territoire comportant 12 millions d’habitants. Ce réseau avait dès lors recours à un hébergeur agréé de données de santé et s’appuyait sur le soutien de partenaires industriels tels que Tribvn ou Orange Healthcare pour l’installation et la maintenance de la plateforme centralisée de télépathologie Téléslide.

    2ème champ d’application des lames virtuelles : l’enseignement

    Dans le champ de l’enseignement, les lames virtuelles peuvent tant trouver des applications dans la formation initiale des anatomopathologistes que dans la formation continue de ces médecins spécialistes.

    En effet, les lames virtuelles peuvent être partagées lors de programmes de formation à distance (téléenseignement) ou lors d’e-conférences. Elles peuvent également être le support de systèmes de tutorat, de travaux pratiques interactif sur ordinateurs ou tablettes ou d’évaluations et examens.

    Formation initiale des médecins

    Les lames de verre sont traditionnellement utilisées dans les études de médecine afin d’observer des tissus normaux en histologie, des lésions tissulaires anormales en pathologies, des frottis sanguins ou des lames de selles en parasitologie, etc. Depuis 2005 environ, ces lames se numérisent, permettant aux étudiants d’accéder à des images de microscopie depuis les ordinateurs de l’Université ou dans le futur depuis leur propre ordinateur, tablette ou smartphone.

    Ce nouveau support d’apprentissage permet d’agrandir des détails peu visibles en microscopie photonique, d’annoter les lames pour en guider la compréhension, de diminuer les coûts de la formation (diminution de l’utilisation du matériel de microscopie fragile).

    Cependant, ces lames virtuelles au format souvent lourd peinent encore à être partagées et demeurent stockées sur quelques ordinateurs de l’université. Les serveurs des universités devront être redimensionnés pour que ces images puissent être accessibles à distance en période de révision ou dans le cadre d’examens. Par ailleurs, l’une des questions qui se posent à ce sujet est de savoir si le recours à ces lames permet réellement d’augmenter le niveau d’interaction étudiant-professeur lors des cours ou travaux pratiques d’histologie pathologique.

    En France, 2 centres semblent être précurseurs dans le domaine de la formation initiale des étudiants au moyen de ces lames virtuelles :

    • l’université Paris-Sud, qui propose un enseignement numérique aux étudiants au moyen de la solution Téléslide ;
    • Sorbonne Universités, pilote du projet Médilame, utilisé notamment par les étudiants en médecine de l’université Pierre et Marie Curie (UPCM) et prochainement également mis à disposition des étudiants de biologie de l’UPMC et de parasitologie du Muséum national d’Histoire naturelle.

    Formation continue des anatomopathologistes

    En France, au regard du nombre réduit d’anatomopathologistes libres pour dispenser des enseignements à leurs pairs, l’offre de formation continue est très faible. Aussi, les lames virtuelles sont utilisées dans ce cadre avant tout pour pallier la rareté des anatomopathologistes formateurs et le manque de temps dont disposent les spécialistes pour se former.

    Des programmes tels que la e-formation centrée sur l’analyse des biopsies de foie fondée sur l’utilisation de lames virtuelles, et conçue par la Société française de Pathologie (SFP) en 2012, se sont donc multipliés.

    Des industriels mettent également à disposition de leurs clients libéraux ou le plus souvent hospitaliers des logiciels de télé-enseignement destiné en particulier à la formation universitaire des spécialistes. À ce titre, Roche commercialise la solution Ventana Vector, logiciel de formation dédié à l’histologie et l’histopathologie permettant, à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone doté d’une connexion internet, d’accéder à une bibliothèque de lames numériques présentant des cas normaux, pathologiques complexes ou rares.

    3ème champ d’application des lames virtuelles : la recherche

    Un troisième domaine d’application de la technologie des lames virtuelles est celui de la recherche.

    Un premier enjeu de leur utilisation concerne le partage des résultats ou données de recherche. En effet, les lames numérisées peuvent faciliter le partage des données entre les hôpitaux et les équipes de recherche ainsi qu’entre les équipes de recherche elles-mêmes.

    Un deuxième enjeu concerne l’analyse des données : on attend des chercheurs à la fois qu’ils développent de nouveaux outils d’aide à l’analyse des clichés et qu’ils découvrent, à l’aide de ces nouveaux outils, de nouveaux phénomènes histologiques.

    Enfin, ces lames pourraient également permettre l’essor des publications interactives en anatomopathologie.

    Ainsi, la plateforme d’imagerie du groupement hospitalier (GH) Paris Sud, ouverte aux chercheurs de unités des hôpitaux du GH permet :

    • d’analyser les images de lames numérisées non à des fins médicales mais de recherche ;
    • de lire les immunomarquages de façon automatisée ;
    • de réaliser des analyses en recourant à des puces à ADN et ainsi d’étudier le niveau de transcription des gènes à l’échelle des tissus.

    Difficultés liées au développement de la pathologie digitale

    Aspects légaux

    L’utilisation des lames virtuelles pose d’abord des questions d’ordre légal et réglementaire. Parmi ces questions :

    • Les systèmes de numérisation des lames doivent demeurer des dispositifs médicaux de classe III (risque le plus élevé) comme le décidait la FDA en 2012 alors que les microscopes optiques sont des dispositifs médicaux de classe I ? ;
    • Comment garantir que le consentement libre et éclairé du patient a été recueilli avant réalisation de l’acte de télépathologie ? ;
    • Comment et pour combien de temps stocker ces lames numériques ?

    Aspects organisationnels 

    Les enjeux du développement de l’histopathologie digitale sont autant organisationnels que techniques.

    Ils concernent notamment les exigences de rapidité (moins de 30 minutes de réponse pour un télédiagnostic extemporané, moins de 3 jours pour une téléexpertise) communément pratiquées.

    Un risque du développement de la pathologie numérique est également lié avec le maillage territorial de la médecine de spécialité : une surutilisation de la télépathologie ne risquerait-elle pas de conduire à une centralisation des sites production des lames d’une part et des sites d’expertise d’autre part, soit à une séparation physique des centres chirurgicaux et de spécialités diagnostiques (imagerie, anatomopathologie, etc.) ?

    De plus, la digitalisation de l’anatomopathologie modifie les pratiques professionnelles :

    • des techniciens qui, dans le même temps qu’ils acquièrent de nouvelles compétences en imagerie, portent de nouvelles responsabilités qui changent leur profession ;
    • des pathologistes, qui doivent de plus en plus réaliser des diagnostics sans palpation, accepter une aide collégiale pour le diagnostic extemporané et une nouvelle relation de confiance avec le technicien qui réalise à distance la numérisation des lames ;
    • des chirurgiens des sites primaires ;
    • des personnels dédiés à l’installation et la maintenance des matériels et SI hospitaliers.

    Aspects techniques 

    Le site requérant de la téléexpertise doit disposer d’une plateforme de visioconférence, d’un scanner de lames et d’un logiciel de mise en ligne en interface avec le système de gestion du laboratoire local respectant les normes de sécurité (en particulier des données de santé) en vigueur. L’acquisition numérique en e-stacking est par ailleurs attendue pour mieux explorer l’épaisseur des coupes tissulaires, technique qui augmentera cependant le temps de numérisation et les volumes de stockage.

    Le site requis doit disposer d’une station de télépathologie autorisant une visualisation optimale des lames virtuelles et la bonne réalisation d’un compte rendu. Le développement d’algorithmes intelligents est d’ailleurs attendu pour faciliter l’affichage optimisé des régions d’intérêt de la biopsie.

    Les deux sites doivent pouvoir être liés par un débit minimal rendant nécessaire le recours à un réseau dédié.

    Notons par ailleurs que l’objet sur lequel se fonde le diagnostic reste l’échantillon tissulaire, bien physique, qui nécessite encore l’intervention des pathologistes pour des marquages complémentaires : il sera toujours nécessaire de retourner, dans certains cas, au tissu.

    Exactitude et rapidité des diagnostics

    Pour que les diagnostics soient aussi rapides et fiables à partir des lames numériques qu’à partir des lames de verres, il est nécessaire de former les anatomopathologistes spécifiquement à l’analyse de ce nouveau type de lames.

    En effet, sans formation préalable sur ce support numérique particulier, les diagnostics réalisés par les pathologistes sont moins fiables et rendus moins rapidement qu’à partir d’une visualisation directe des coupes tissulaires après préparation de lames de verres en microscopie photonique. Après une formation, les diagnostics rendus à partir des lames virtuelles égalent en exactitude et en rapidité ceux donnés après examen des lames de verre.

    Cependant, pour que la fiabilité et la rapidité des diagnostics rendus à partir des lames virtuelles surpassent celles associés aux diagnostics classiques, il faudra développer plus d’algorithmes intelligents d’aide à l’analyse des images et à la prise de décision.

    Aspects économiques

    Malgré les coûts de scanner, des softwares, des serveurs et de leur maintenance, des personnels dédiés à la numérisation et à l’entretien des outils, etc. et l’investissement initial important lié à l’achat de matériel, il semble, selon une étude réalisée en 2014 (Can digital pathology result in cost savings? A financial projection for digital pathology implementation at a large integrated health care organization) que la pathologie soit rentable à plus long terme.

  • Health Data Hub : le DMP pourrait « fluidifier » la gestion des données par les patients (E. Bacry)

    Emmanuel Bacry, directeur scientifique du futur Health Data Hub (HDH), plaide pour « structurer » le DMP de façon à faire remonter les données « utiles à la recherche d’intérêt public ». Entendu par la Mecss le 6 octobre 2019 à l’Assemblée nationale, il estime que le citoyen n’aura pas peur de partager ses informations « si on garantit ses données, s’il sait que l’État est derrière, (…) où elles vont et dans quel but on pourra les utiliser ».

    « Dans mes rêves les plus fous, je me dis que pour toute application présente dans notre smartphone et qui recueille des données de santé, le citoyen devrait pouvoir dire « je les donne à l’État » », déclare Emmanuel Bacry. Le DMP « peut avoir son rôle à jouer dans ce processus », souligne-t-il : il pourrait notamment être « la plateforme d’objection » à disposition du citoyen quand il « ne veut pas que ses données soient utilisées pour certaines choses », et cela « fluidifiera terriblement » le processus. Il prévoit à cet égard que la Cnil pourrait bloquer des projets du Health Data Hub « parce que l’accord du citoyen n’est pas clair ».

    « Les start-ups disent « on aimerait bien pouvoir remonter dans le DMP après un diagnostic réalisé par un objet connecté pour prévenir le médecin au lieu de passer par des circuits extrêmement compliqués » » témoigne le directeur scientifique du HDH. Selon lui, ces sociétés « aimeraient pousser les données dans le DMP, avoir les autorisations, être agréées » et « cela semble envisageable ».

    En dehors de la plateforme de recherche que constituera le Health Data Hub, « il faut aussi une plateforme de production » qui « n’existe pas » actuellement, « une plateforme dans laquelle les applications en production pourraient aller piocher, que les médecins pourraient aller consulter directement », estime Emmanuel Bacry. Selon lui, « le DMP est un peu l’embryon de cela ». Cependant, précise-t-il, « autoriser des applications à lire dans le DMP serait beaucoup plus complexe : si on veut fluidifier [la démarche], des applications devraient être certifiées pour ce faire ».

    Aujourd’hui, « la façon dont transitent les données de santé doit faire peur à tout le monde, c’est terrifiant », commente l’expert : cela se passe « sur des disques durs qu’on porte dans nos poches, les plus grosses bases transitent comme ça ». « Le système est tellement mal fichu, complexe, que personne ne veut l’utiliser et que tout le monde se passe les bases sous le manteau ». Pour lui, « on ne peut pas faire pire que ce qui se passe aujourd’hui » et, quand on fluidifiera cette circulation avec un pipeline, « ce sera infiniment mieux ».

    Le Health Data Hub, future « plus belle base de données de santé au monde »

    « Nous avons la chance d’avoir en France certaines bases de données centralisées comme le SNDS historique d’avant Ma Santé 2022, l’ancien Sniiram, c’est une force spécifiquement française », rappelle Emmanuel Bacry devant la Mecss. Selon lui, « si on arrive à les réunir, à les mettre dans un format commun, dans 5 à 10 ans tous les chercheurs du monde entier viendront y travailler et toutes les entreprises [puisqu’] on aura probablement la plus belle base de données de santé au monde ».

    Homogénéiser les bases de données de santé

    Pour parvenir à ce résultat, il faut homogénéiser les bases de données de santé en France, « un travail titanesque », commente l’expert, qui indique cela « va prendre énormément de temps» . En France, c’est « un gros bazar » contrairement aux pays nordiques où lorsque la décision politique est prise cela peut aller beaucoup plus vite. Pour le chercheur, « ce n’est de la faute de personne, c’est juste que chacun a dû faire avec ses moyens, de sorte qu’on se retrouve avec de très belles bases mais plus ou moins structurées et dans des formes excessivement différentes ».

    Emmanuel Bacry dessine le projet d’«un portail unique qui devrait être capable de faire remonter à la demande de nombreuses bases de données de santé et de les chaîner entre elles ». « À la fin de l’année on aura identifié ces bases là », annonce-t-il, et il faudra « les mettre au catalogue du hub, trouver une valorisation qui revienne aux producteurs et mettre en place les interfaces ». Cela prendra selon lui « quelques années si on met les moyens financiers mais aussi organisationnels » avec des structures « agiles » et qui « attirent les jeunes talents ».

    « Travailler avec les producteurs » des données

    « Il n’y a pas de propriété des données de santé »

    Pour récupérer les données, « il faut travailler avec les producteurs de façon extrêmement rapprochée », estime le directeur scientifique du Health Data Hub : sans cela, il n’y a selon lui « aucune chance que les projets aboutissent [car] c’est eux qui font le travail ». « On doit demander l’avis du producteur, il doit pouvoir dire ce qu’il pense du projet car il connait les données mieux que tout le monde mais il ne faut pas pour autant lui garantir de droit de veto, explique-t-il. Il se sent propriétaire de ces données [mais] il n’y a pas de propriété des données de santé ». Emmanuel Bacry indique qu’« il ne faut pas qu’un producteur puise mettre un veto parce que l’utilisation ne lui plaît pas ». « Sur un sujet chaud avec une urgence sanitaire, il faut que tous les chercheurs puissent s’attaquer tout de suite au projet [et ne pas] donner la priorité a celui qui a travaillé dessus », complète-t-il.

    « Un gros risque de non-ouverture de données »

    « On trouve des producteurs prêts à tout donner sans conditions mais d’autres ont un mal fou à se séparer de leurs données », affirme le directeur scientifique. Il rapporte avoir « mis deux ans et demi pour récupérer les données de services d’urgence qui sont toutes sauf nominatives ».

    Alors qu’on évoque souvent les risques afférents à l’ouverture des données, Emmanuel Bacry souligne qu’« il y a un gros risque de non-ouverture de données » : il souligne qu’avec le Health Data Hub, « on arrivera à détecter beaucoup plus rapidement les médicaments qui posent problème » dans les affaires de pharmacovigilance.

  • CSA

    Coordination and Support Action (action de coordination et de soutien)

  • Europe : présentation des AAP H2020 du défi 1 « santé », gérés par la DG Connect (deadline : 13/11)

    La Commission européenne (CE) a publié en juillet 2019 le programme de travail 2020 du défi sociétal « santé, changement démographique et bien-être » d’Horizon 2020. Dans ce cadre, les appels à projets (AAP) du défi 1 « santé » sont composés de 2 actions de coordination et de soutien (CSA) et d’1 action de recherche et d’innovation (RIA). Dotés d’un budget de 42 millions d’euros, ils sont gérés par la Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies (DG Connect), un service de la CE.

    1. Appel « Digital Transformation of Health and Care » (transformation numérique de la santé et des soins) :

    • SC1-HCC-06-2020: Coordination and Support to better data and secure cross-border digital infrastructures building on European capacities for genomics and personalised medicine (coordination et soutien pour améliorer les données et sécuriser les infrastructures numériques transfrontalières en s’appuyant sur les capacités européennes en génomique et en médecine personnalisée) ;

    • SC1-HCC-07-2020: Support for European eHealth Interoperability roadmap for deployment (prise en charge de la feuille de route européenne d’interopérabilité e-santé pour son déploiement).

    2. Appel « Trusted Digital Solution and Cybersecurity in Health and Care » (solution numérique de confiance et cybersécurité dans les domaines de la santé et des soins) :

    • DT-TDS-05-2020: AI for Health Imaging (IA pour l’imagerie médicale).

    La date limite de dépôt des dossiers de candidatures est le 13 novembre 2019.

    À noter : Il est possible de revoir les webinaires de présentation détaillée des appels sur le site Horizon2020.gouv.fr, accessible via ce lien.

    Appel SC1-HCC-06-2020

    Coordination and Support to better data and secure cross-border digital infrastructures building on European capacities for genomics and personalised medicine

    • En français : coordination et soutien pour améliorer les données et sécuriser les infrastructures numériques transfrontalières en s’appuyant sur les capacités européennes en génomique et en médecine personnalisée.

    Cette action vise à soutenir l’identification de normes communes, d’infrastructures numériques transfrontalières et de mécanismes de coordination afin de faire progresser la médecine personnalisée en Europe. Il devrait s’appuyer sur les initiatives, projets et ressources existants aux niveaux national, régional et européen.

    Cette CSA devrait consolider les connaissances issues des initiatives et projets existants afin d’identifier les pratiques, normes et modèles de gouvernance les plus appropriés pour la mise en place d’infrastructures numériques transfrontalières soutenant la recherche en génomique et la médecine personnalisée en Europe.

    • Le programme de travail de cet appel est à télécharger ci-contre.
    • Date limite de soumission des candidatures : le 13 novembre 2019, 17 heures (heure de Bruxelles). Les dossiers doivent être envoyés à partir du site Ec.europa.eu, accessible ici.

    Appel SC1-HCC-07-2020

    Support for European eHealth Interoperability roadmap for deployment

    • En français : prise en charge de la feuille de route européenne d’interopérabilité e-santé pour son déploiement.

    L’objectif de cet appel est de soutenir le déploiement et la surveillance de l’interopérabilité de la santé en ligne, ce qui signifie des plateformes numériques interopérables et des solutions concrètes à utiliser par les citoyens, les chercheurs, les services de santé et le marché du travail dans l’Union européenne (UE) et la main-d’œuvre transfrontalière sur le marché unique numérique de l’UE.

    Ce soutien devrait comprendre un ensemble cohérent d’activités qui amélioreront le déploiement de solutions et de plateformes de santé en ligne interopérables, un nombre important de citoyens de plusieurs États membres ayant accès à leurs propres données sur la santé et les fournissant sur ces plateformes.

    Le déploiement devrait prendre en compte l’interopérabilité des dossiers de santé (électroniques) au-delà des frontières nationales, le citoyen européen habilité, le respect du règlement général sur la protection des données, la directive sur les réseaux et les systèmes d’information et le fonctionnement sur un marché unique numérique européen. Le déploiement devrait s’appuyer sur la recommandation de la Commission relative au format d’échange de DSE européen et s’inspirer de contributions solides et systémiques pour obtenir de meilleures données et de meilleures approches informatiques permettant de faire progresser la prévention des maladies et la médecine personnalisée.

    • Le programme de travail de cet appel est à télécharger ci-contre.
    • Date limite de soumission des candidatures : le 13 novembre 2019, 17 heures (heure de Bruxelles). Les dossiers doivent être envoyés à partir du site Ec.europa.eu, accessible ici.

    Appel DT-TDS-05-2020

    AI for Health Imaging

    • En français : IA pour l’imagerie médicale

    Cette action devrait contribuer à tester et à développer des outils et des analyses basés sur l’intelligence artificielle (IA) axés sur la prévention, la prévision et le traitement des formes de cancer les plus courantes, tout en apportant des solutions permettant de partager en toute sécurité des images médicales en Europe.

    Les propositions doivent définir et contribuer à constituer un vaste référentiel d’images de santé interopérables, permettant de développer, de tester et de valider des solutions d’imagerie médicales basées sur l’IA afin d’améliorer le diagnostic, la prédiction de la maladie et le suivi des formes de cancer les plus courantes.

    Le référentiel doit inclure des ensembles de données de cas annotés de haute qualité, interopérables, anonymes ou pseudo-anonymes, basés sur le don de données, et doit être conforme à la législation sur l’éthique, les exigences de sécurité et la protection des données. Les aspects de genre doivent être considérés de manière appropriée. Il devrait assurer la qualité et l’interopérabilité des données sur la base de normes communes et d’interfaces de programmation d’applications (API) ouvertes.

    • Le programme de travail de cet appel est à télécharger ci-contre.
    • Date limite de soumission des candidatures : le 13 novembre 2019, 17 heures (heure de Bruxelles). Les dossiers doivent être envoyés à partir du site Ec.europa.eu, accessible ici.