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  • RGPD : la Cnil exonère d’analyse d’impact une série de traitements de données de santé (JO)

    « Une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) n’est pas requise » par la Cnil pour les traitements de données de santé nécessaires à la prise en charge d’un patient par un professionnel de santé « exerçant à titre individuel au sein d’un cabinet médical, d’une officine de pharmacie ou d’un laboratoire de biologie médicale ». C’est ce qui ressort de la délibération de la commission n°2019-118 datée du 12 septembre 2019 et publiée au Journal officiel (JO) du 22 octobre, conformément à l’article 35 du RGPD.

    Le document précise que cette dispense d’AIPD concerne notamment les traitements permettant :
    • la gestion des rendez-vous ;
    • la gestion des dossiers médicaux et l’édition des ordonnances ;
    • la gestion et la tenue des dossiers nécessaires au suivi du patient ;
    • l’établissement et la télétransmission des feuilles de soins ;
    • les communications entre professionnels identifiés participant à la prise en charge de la personne concernée ;
    • la tenue de la comptabilité.

    La Cnil souligne cependant que les traitements exonérés d’analyse d’impact doivent tout de même « faire l’objet d’une évaluation de leur conformité au RGPD tant sur le plan juridique qu’en matière de sécurité ». Elle rappelle que, conformément aux lignes directrices du Comité européen de la protection des données (CEPD), « en cas de doute quant à la nécessité d’effectuer une AIPD, il est recommandé d’en effectuer une ».

    La Commission a publié le 8 novembre 2018 une « liste des traitements pour lesquels une analyse est requise » : il s’agit des traitements touchés par au moins 2 des 9 critères définis par le CEPD comme « susceptible d’engendrer un risque élevé » (cf. article H&TI).

  • Journées nationales des industriels (Asip Santé) : les 21-22 novembre 2019 (inscriptions ouvertes)

    La Délégation du numérique en santé et l’Agence du numérique (Asip Santé) organisent les Journées nationales des industriels (JNI) les jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2019 à Paris. L’événement s’adresse à l’ensemble des industriels des secteurs de la santé et du médico-sociale (éditeurs de logiciels, intégrateurs, hébergeurs de données, SSII…).

    • La première journée sera dédiée à la feuille de route Ma Santé 2022 et à ses enjeux pour les industriels (format conférences). L’objectif sera aussi de présenter les sujets dans l’actualité tels que le cadre réglementaire et les projets nationaux. Parmi les intervenants principaux : Dominique Pon et Laura Létourneau, pilotes du chantier numérique du plan national.

    • La seconde journée sera rythmée par des ateliers technico-pratiques centrés sur la mis en œuvre des référentiels socles : interopérabilité, carte e-CPS, Pro Santé Connect.

    Au cours de ces 2 jours, un projectathon sera également organisé sur le volet de synthèse médicale (pour toute question sur le projectathon, écrire à ci-sis@sante.gouv.fr).

    Le programme détaillé de la journée sera communiqué ultérieurement. 

    Les inscriptions, gratuites, sont à réaliser sur le site Eventbrite.fr, accessible via ce lien.

  • SSII

    Société de services et d’ingénierie en informatique

  • Télésurveillance : état des lieux du programme Etapes et enjeux post expérimentation (Snitem)

    31 000 patients sont suivis dans le cadre d’Etapes (Expérimentation de télémédecine pour l’amélioration du parcours en santé) et 80 structures (industriels, fournisseurs de solutions ou de services) sont inscrites dans le programme. La fin des expérimentations réalisées dans ce cadre sera effective fin 2021. Afin de proposer de manière pérenne aux patients et aux professionnels la télésurveillance médicale, les industriels doivent faire face à des enjeux réglementaires (passage des DM de la classe I à la classe IIA conformément au règlement européen 2017/745) et d’évaluation, mais aussi techniques et organisationnels. C’est ce qui ressort, entre autres, de l’atelier organisé par le Snitem le 18 octobre 2019 sur la télésurveillance et sa place dans les pratiques aujourd’hui.

    Ont participé à la session : Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles du Snitem, et Bruno Regnault, directeur général d’Abbott Médical France.

    Programme Etapes : état des lieux

    • En 2014, l’article 36 de la LFSS instaure par le biais du programme Etapes le principe des expérimentations de télésurveillance sur 5 pathologies (insuffisance cardiaque, diabète, insuffisance rénale chronique, insuffisance respiratoire chronique, prothèses cardiaques implantables), prévues dans un premier temps sur 9 régions puis généralisées à tout le territoire.
    • En 2018, l’article 54 de la LFSS reconduit Etapes pour une durée de 4 ans. La fin des expérimentations réalisées dans ce cadre sera effective fin 2021.

    Bilan (fin août 2019) : 31 000 patients suivis, 80 structures inscrites dans le programme

    À fin août 2019, 31 000 patients sont suivis dans le cadre d’Etapes et 80 structures (industriels, fournisseurs de solutions ou de services) sont inscrites dans le programme.

    la répartition est la suivante :

    • diabète : 1 070 patients / 17 structures ;
    • insuffisance cardiaque : 2 200 patients / 18 structures ;
    • insuffisance respiratoire chronique : 428 patients / 48 fournisseurs de solutions (19 solutions) ;
    • insuffisance rénale chronique : 255 patients / 9 structures ;
    • prothèses cardiaques : 27 000 patients / 4 structures.

    Le peu de patients est lié au mode de recueil des données et la complexité de la mise en place du dispositif

    • Mode de recueil : les chiffres sont relevés par la DGOS sur l’envoi des données par les structures, des chiffres qui ne sont peut-être pas exhaustifs ;
    • Une mise en place complexe : prescription médicale (avec revalidation régulière de l’admissibilité du patient à la télésurveillance), contractualisations, maturité des acteurs (établissements, ARS, etc., pas toujours bien informés)… Autant de procédures et facteurs qui entraîne une mise en place du dispositif assez sont longue.

    Toutefois, il est à noter que la courbe s’infléchit positivement en 2019 et que les patients s’avèrent partants pour ces modes de prise en charge. À titre d’exemple, la solution connectée proposée par Abbott pour les personnes diabétiques fait état de 70 000 patients suivis.

    L’après Etapes : réglementaire et évaluations (Cnedimts), 2 enjeux majeurs

    • Enjeux réglementaires :
      • la génération d’alertes par les solutions techniques prévues par les cahiers des charges Etapes dans un but d’intervention médicale ou de modification de la prise en charge implique une qualification de DM a minima de classe I au titre de la directive 93/42/CEE. À compter du 26 mai 2020, conformément au règlement européen 2017/745, les solutions techniques (qualifiées de DM) devront répondre à une procédure de marquage CE a minima de classe IIA. Cette nouvelle classification nécessite que l’entreprise soit certifiée ISO 13485 et implique nécessairement l’intervention d’un organisme notifié.
    • Enjeux d’évaluation : Le programme ETapes doit être évalué par l’Irdes cahier des charges par cahier des charges, puis solution technique par solution technique afin d’aider les décideurs. En particulier, le fait d’être évalué positivement dans le cadre du programme ne permet pas à l’industriel de prétendre auprès de la Cnedimts à un remboursement sans réaliser de nouvelles études cliniques. Il faudra donc trouver une solution pour les patients télésurveillés entre la fin d’Etapes et la validation Cnedimts (1 à 2 ans plus tard).

    Les autres enjeux sont d’ordre

    • technique : intégration des solutions dans les systèmes d’information des établissements – SIH (interopérabilité et sécurité);
    • organisationnel, y compris pour les industriels :
      • réorganisation nécessaire de l’activité du service ;
      • problématique de disponibilité du personnel pour assurer le suivi au quotidien des alertes  :
        • exemple : mise en place d’un centre d’appel pour le suivi de 28 000 patients diabétiques ayant un patch de lecture de glycémie, soit 28 000 appels de patients à gérer par mois, nécessitant la mise en place de 90 agents ;
      • délégation de tâches habituelle à l’hôpital – plus difficile à mettre en place en libéral ;
      • question de responsabilité ;
    • financier : pérennité du financement post Etapes.

    La télésurveillance hors Etapes : d’autres solutions existent

    Il existe également d’autres solutions qui peuvent être proposées, pour d’autres pathologies que les 5 du programme. Il s’agit de solutions :

    • portées par des régions ;
    • trouvant une solution de droit commun : exemple avec Moovcare et le suivi du cancer du poumon ;
    • s’inscrivant dans le cadre de l’article 51 : 3 projets adressent la télésurveillance (diabète gestationnel, greffes hépatiques et suivi de prise d’anticoagulants).

    Concernant la sortie d’Etapes, les travaux du « mode d’emploi » prendront place en 2020. L’objectif est la généralisation de la télésurveillance sans restriction de pathologies ni de typologies de patients.

  • Un outil d’aide à la détection du cancer colorectal via IA (Medtronic) testé par 2 hôpitaux AP-HP

    Deux établissements de l’AP-HP ont testé, en avant-première, GI Genius, un dispositif d’aide à la détection précoce des polypes colorectaux basé sur l’intelligence artificielle (IA). Les polypes sont les précurseurs du cancer colorectal : leur ablation permet de réduire l’incidence du cancer chez les patients. La solution a été expérimentée sur 10 personnes par l’équipe du Pr Robert Benamouzig, chef du service de gastro-entérologie de l’hôpital Avicenne en août 2019, puis par l’équipe du Pr Stanislas Chaussade, chef de service de gastroentérologie de l’hôpital Cochin, en septembre, précise l’AP-HP dans un communiqué publié le 17 octobre 2019.

    GI Genius se présente sous la forme d’un boîtier associé au matériel habituel utilisé lors d’une coloscopie. Au cours de l’examen médical, la solution analyse de manière systématique l’ensemble des images reçues. Lorsqu’une anomalie évocatrice de polypes colorectaux est repérée, elle informe l’équipe soignante en projetant en temps réel sur l’image de la coloscopie un cadre vert autour de la zone concernée et en émettant un bip sonore. 

    Le dispositif a été développé par Cosmo Pharmaceuticals, une entreprise pharmaceutique basée en Irlande spécialisée dans le traitement de certains troubles gastro-intestinaux et de l’endoscopie, et est commercialisé en Europe par Medtronic (Irlande), spécialiste des technologies médicales. La solution, qui présente une sensibilité de 99,7 %, est marquée CE et est désormais disponible en Europe. Elle a été présentée par Medtronic lors du congrès mondial de gastroentérologie au printemps 2019.

    L’AP-HP : des travaux de recherche basés sur des sytèmes d’IA

    « De manière plus globale, au sein des hôpitaux de l’AP-HP, des travaux de recherche basés sur des méthodes d’intelligence artificielle permettent le développement d’algorithmes d’aide au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des patients », indique l’établissement dans son communiqué.

    EDS de l’AP-HP : 1ère plateforme sécurisée de données de santé à bénéficier d’une autorisation de la Cnil

    Ces travaux sont notamment rendus possibles avec l’utilisation de l’Entrepôt de données de santé de l’AP-HP (EDS), qui regroupe les données administratives et médicale de plus de 8 millions de patients hospitalisés ou venus en consultation au sein des 39 établissements du groupe.

    « L’EDS est la première plateforme sécurisée de données de santé, hébergée par un centre hospitalo-universitaire (CHU), à bénéficier d’une autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés faisant ainsi de l’AP-HP, depuis plus de deux ans, le premier CHU autorisé à réutiliser les données des patients admis dans ses hôpitaux, à des fins de recherche scientifique et d’innovation dans le domaine de la santé », note l’établissement.

  • Téléconsultation : la Société française de santé digitale lance une enquête auprès des praticiens

    « Quels freins identifiez-vous pour vous lancer ? Quels sont les points sur lesquels vous auriez besoin d’être formés ? » Tel est le type de questions posées par la Société française de santé digitale (SFSD, ex Société française de télémédecine) dans le cadre d’une enquête sur la téléconsultation lancée le 21 octobre 2019 à destination des professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes…).

    Objectif : connaître les interrogations des praticiens à propos de la téléconsultation pour mieux les accompagner dans le changement et permettre à la santé digitale de rentrer dans leurs pratiques, indique la SFSD, le tout pour « prendre de bonnes décisions collectives ». L’idée est d’identifier les freins à la pratique de l’acte et les ressources nécessaires pour les lever.

    Le questionnaire (5 questions, 1 minute de sollicitation au total) est accessible sur le site Enquete-telemedecine.carteblanchepartenaires.fr.

    Les réponses recueillies serviront de support à une table ronde, organisée sous la forme d’un webinaire le 3 décembre 2019, de 19h à 19h45, par la SFSD, en partenariat avec les URPS, France Assos Santé, AVECsanté (ex FFMPS), Carte Blanche Partenaires et Nile. Les intervenants pourront échanger à distance avec les professionnels de santé et répondre à leurs questions en direct. Les inscriptions sont à réaliser par le biais d’un formulaire en ligne (suivre ce lien).

  • Étude : beaucoup de marketing et de faux espoirs dans les applis mobiles dédiées au cancer (BMJ Open)

    Des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen ont mené une revue exploratoire de la littérature sur les applications mobile dédiées au cancer. Ils en ont étudié 151 et ont constaté que la plupart d’entre elles sont développées par des organisations commerciales. Quant aux promesses d’autonomisation dans la lutte contre le cancer, elles sont tempérées par le fait que beaucoup d’allégations de santé sont exagérées. Les résultats de cette étude ont été publiés en septembre 2019 dans le BMJ Open.

    Cancer : des applis pour rendre les patients plus autonomes

    Pas moins de 200 applications de santé viennent chaque jour grossir les rangs des magasins type Apple Store et Google Play. Une bonne partie d’entre elles sont consacrées au cancer. Elles s’inscrivent dans la tendance à l’empowerment et à l’autogestion de la maladie. Les auteurs d’une étude parue en 2012, dans laquelle 295 applications avaient été analysées, avaient conclu qu’elles avaient une portée limitée et visaient principalement à fournir des informations et à sensibiliser sur le cancer.

    Des chercheurs écossais de l’université d’Aberdeen viennent, quant à eux, de mener une étude sur les applis mobiles à destination des personnes vivant avec le cancer mais aussi de celles qui sont en rémission ou guéries. Leur objectif est de classer et d’organiser les applications – gratuites et payantes – de manière à ce que les cliniciens, les développeurs d’applications et les décideurs puissent donner un sens au marché international actuel des applications mobiles pour les personnes souffrant ou ayant souffert d’un cancer.

    Ayant constaté que « les applications deviennent beaucoup moins pertinentes après les quelques centaines de résultats », ils ont donc décidé de limiter leur recherche dans l’App Store d’Apple aux 500 premiers résultats du terme « cancer ».

    Sur les 1 265 applis sélectionnées dans un premier temps, les auteurs de ces travaux n’en ont finalement sélectionné que 151 ; ils ont exclu celles qui ciblaient uniquement les médecins mais aussi qui étaient devenues indisponibles au cours de l’étude.

    Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue BMJ Open.

    Résultats : un paysage hétérogène

    • 60 % des applis portaient sur tous les types de cancer (14 % étaient dédiées au cancer du sein).
    • 90 % étaient téléchargeables gratuitement.
    • 64 % d’entre elles ont été développées par des sociétés privées, 20 % par des associations caritatives, 10 % par des organisations de santé, 5 % par des universitaires.
    • 43 % avaient été téléchargées moins de 100 fois (source Google play uniquement).
    • Elles portaient sur 3 thèmes principaux : la lutte pour la vie, reprendre de l’autonomie et du contrôle ainsi que s’orienter dans les différentes étapes.
    • Les applis étaient nombreuses à contenir des métaphores, comparant le cancer à un envahisseur, un ennemi contre lequel il faut livrer une bataille.
    • Le réseautage social et l’accès à des groupes de pairs étaient souvent conseillés dans un but de soutien émotionnel.
    • La majorité des applis se présentaient comme une méthode permettant de s’impliquer activement dans l’autogestion.
    • 16,6 % des applis permettaient aux utilisateurs de saisir et de stocker des informations concernant leurs soins, tels que les résultats d’analyse.
    • 16 % offraient l’accès à une communauté en ligne (réseau social), et quelques-unes offraient aussi une interaction avec des professionnels de la santé.
    • Les thérapies complémentaires et alternatives constituaient un élément important chez 7,9% des applis.
    • Quelques applis vantait les mérites de produits miracles, type « le brocoli ou la tomate guérit le cancer ».

    Des promesses exagérées

    Dans leur conclusion, les auteurs de cette étude ont tenu à souligner que « des applications semblaient faire des affirmations exagérées, par exemple, sur les aliments qui guérissent le cancer et les régimes qui réduisent les tumeurs ». Des applications « commercialisent même des produits avec une efficacité douteuse (par exemple, l’eau Kangen ou l’Aloe Vera) », ajoutent-ils. Par ailleurs, ils estiment que l’utilité potentielle des applications sérieuses peut être compromise par le fait qu’elles apparaissent dans les magasins aux côtés de celles qui le sont moins.

    Des magasins d’applications plus regardants…

    Des questions demeurent donc sur le rôle clinique des applications anticancéreuses, leur incidence sur les soins médicaux et sur les résultats cliniques. « Cependant, certaines des applications que nous avons examinées ont aidé les utilisateurs à générer des listes de questions pouvant être abordées lors de rendez-vous ou pour faciliter l’enregistrement vidéo ou audio de consultations », précisent les chercheurs.

    Actuellement encore, médecins et patients ont potentiellement du mal à se repérer dans ce marché foisonnant des applis mobiles. Les auteurs de l’étude proposent donc que « les magasins d’applications assument davantage leurs responsabilités quant au contenu des applications qu’ils proposent ».

  • PLFSS 2020 : le texte adopté en commission, la « clause de sauvegarde » pour les DM supprimée

    La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale adopte le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020. Elle supprime la clause de sauvegarde prévue pour les dispositifs médicaux (DM) par l’article 15 du texte (adopté le 17 octobre 2019) : l’amendement AS 108 déposé en ce sens par le député Paul Christophe (Agir) a été adopté lors de la séance du 15 octobre, avec avis favorable du rapporteur général Olivier Véran (LREM). En commission, Paul Christophe s’est fait le relais de la « véritable inquiétude » ressentie par les industriels d’un secteur « très hétérogène » face à la clause de sauvegarde, un dispositif « difficilement applicable aux dispositifs médicaux » et qui «  fait peser une menace sur un écosystème d’entreprises innovantes », déjà confrontées au « défi colossal » de l’application du règlement européen MDR.

    La commission a amendé le 16 octobre l’alinéa 121 de l’article 28 du PLFSS, qui prévoit que certains dispositifs médicaux à usage individuel figurant sur une liste établie par arrêté « peuvent faire l’objet d’une remise en bon état d’usage en vue d’une réutilisation par un patient différent de celui l’ayant initialement utilisé ». Après adoption de 6 amendements identiques, avec le soutien du rapporteur général, le texte énonce que « la réalisation de cette remise en bon état d’usage « est » – et non plus « peut être » – subordonnée au respect de critères permettant de garantir la qualité et la sécurité sanitaire d’emploi du dispositif médical » en question, ainsi qu’« à une procédure d’homologation des centres ou des professionnels autorisés à réaliser cette remise en bon état d’usage ».  Il s’agit selon les termes du député Gilles Lurton (LR) de « garantir le meilleur état d’usage » des DM, « notamment parce que les dispositifs médicaux visés par ces dispositions sont utilisés par des personnes particulièrement fragiles ».

    L’idée d’une consigne obligatoire sur les DM contenue dans l’article 28 a fait l’objet de vifs débats en commission lors de la séance du 16 octobre mais tous les amendements concernant cette disposition ont été rejetés. Le rapporteur général a émis un avis défavorable, jugeant que ces textes, qu’il attribue à France Assos Santé, n’étaient « pas suffisamment aboutis en l’état ». Il a appelé « à ce qu’ils soient retravaillés afin de pouvoir servir de base au débat en séance publique » et projeté de « faire évoluer le dispositif dans le cadre d’une initiative parlementaire ».

    À NOTER : le PLFSS sera examiné en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du 22 octobre.

    Article 28 du PLFSS : les interrogations du rapporteur général

    Le rapport remis par le rapporteur général Olivier Véran au nom de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale permet de préciser les dispositions de l’article 28, qui modifie les conditions de prise en charge des dispositifs médicaux.

    Cet article permet la prise en charge par l’Assurance maladie de dispositifs médicaux réutilisés, s’ils offrent toutes les garanties de sécurité sanitaire nécessaires. Il instaure par conséquent un système de « consigne » incitant les assurés à rendre le dispositif lorsqu’ils n’en n’ont plus l’usage.

    Le rapporteur général, médecin hospitalier de profession, affirme dans son commentaire qu’il « soutient pleinement cette disposition » mais « s’interroge sur certaines modalités de son application« , qu’il a appelé en commission à préciser lors de l’examen en séance publique. Ses interrogations sont les suivantes :

    • « Quel partage de responsabilité pour ces dispositifs médicaux réutilisés, en cas de problème, entre le fabriquant et le centre de reconditionnement ? » ;
    • « Quelle articulation entre le nouveau système d’information prévu pour les dispositifs réutilisés et le nouveau règlement européen 2017/745, qui prévoit la mise en place d’un système d’identification unique des dispositifs, appelé IUD ? » ;
    • « Quelle articulation entre les dispositions prévues par cette mesure et celle de ce règlement, notamment de son article 17 relatif aux dispositifs à usage unique et leur retraitement ? Pourquoi ne pas préférer ce terme de retraitement au terme de remise à neuf ? » ;
    • « Quel sera le montant de la consigne fixée ? Comment, dans la pratique, l’Assurance maladie restituera-t-elle cette consigne à l’assuré ? Comment et par qui cette consigne sera-t-elle récupérée en cas de décès de l’assuré ? » ;
    • « Quelle est aujourd’hui la maturité de la filière de retraitement de ces dispositifs médicaux ? »
    • « Qui vérifiera que les distributeurs informent bien l’assuré de la possibilité d’acquérir ces produits, afin le cas échéant d’appliquer la sanction prévue ? ».
  • La CAIH retient la start-up Lifen pour la dématérialisation et l’optimisation des courriers

    La Centrale d’achat de l’informatique hospitalière (CAIH) choisit Lifen, une start-up spécialisée dans l’échange sécurisé de documents médicaux, comme « attributaire unique de son marché pour la dématérialisation et l’optimisation des courriers ».

    Dans ce cadre, la société va proposer au 1 100 établissements de santé adhérents à la CAIH d’intégrer sa solution logicielle pour la dématérialisation et le traitement postal de leurs courriers médicaux, précisent les 2 partenaires dans un communiqué publié le 16 octobre 2019.

    Lifen, fondé en 2015, a mis au point un logiciel qui analyse de manière automatique les documents médicaux afin de faciliter l’échange des informations entre les établissements de soins publics et privés et la médecine de ville, le tout par le biais de messageries sécurisées de santé (MSSanté) ou par voie postale. La solution est interopérable avec les dossiers patients informatisés (DPI) et les logiciels des cabinets libéraux. Selon les chiffres communiqués par Lifen, son logiciel assure le partage de plus de 5 millions de documents médicaux par an après de plus de 90 000 praticiens.

    L’intégration de cette solution permet aux établissements « de dématérialiser en moyenne plus de 85 % des courriers et de diviser par 3 les budgets postaux, faisant ainsi économiser 3 heures de traitement hebdomadaire aux secrétaires médicales« , indiquent la CAIH et la start-up. À noter que le dispositif est facturé aux établissements selon un modèle de paiement à l’usage, soit en fonction du volume de documents échangés.

    De manière plus précise, le logiciel développé par Lifen permet :

    • d’envoyer de façon dématérialisée des courriers médicaux par le biais d’une messagerie sécurisée, garantissant délivrabilité et traçabilité ;
    • d’intégrer automatiquement les comptes rendus médicaux au sein du DMP ;
    • d’accéder à un annuaire de professionnel de santé mis à jour sur une base quotidienne et agrégeant diverses sources (MSSanté, Apicrypt, RPPS) ;
    • de dématérialiser les envois de documents vers les patients.

    Les données hébergées sur la solution sont traitées par OVH, certifié hébergeur de données de santé (HDS) et Lifen, certifié HDS aussi.

    Une complémentarité avec les plateformes et services régionaux des ARS et GCS

    « Nous avons sélectionné Lifen pour ses performances de dématérialisation et sa complémentarité avec les plateformes et services régionaux proposés par les ARS et GCS, commente Michel Treins, président de la CAIH. Cette nouvelle offre va permettre aux établissements d’accélérer leur transformation digitale concernant l’envoi des courriers médicaux. »

    La solution de Lifen figure également, depuis juillet 2018, dans le catalogue de l’Union des groupements d’achats publics (Ugap).

    Lifen : 20 millions d’euros levés en juin 2019

    Pour rappel, Lifen a levé 20 millions d’euros en juin 2019 dans un tour de table de série B mené par Partech, Idinvest Partners,​ Majycc eSanté Invest et ses investisseurs historiques, Serena et Daphni. La start-up avait déjà recueilli 7,5 millions d’euros en mars 2018 dans le cadre de sa première levée de fonds.

    De nouvelles fonctionnalités vont être mises en place

    Cette dernière opération va permettre à Lifen « d’accélérer le déploiement de sa solution de communication médicale à l’ensemble des établissements publics et privés ainsi qu’aux praticiens libéraux », indique la société dans un communiqué.

    La start-up souhaite aussi doubler ses effectifs, notamment sur les profils développeurs, opérations et ventes.

    Elle ambitionne également de mettre en place de nouvelles fonctionnalités souhaitées par les acteurs de santé comme la simplification du remplissage du DMP et la traçabilité du parcours de soins entre médecines de ville et hôpitaux, « l’objectif étant d’offrir aux établissements et praticiens une coordination simple, efficace et sécurisée pour leurs patients », ajoute Amélie Faure, operating partner à Serena.

  • Symposium « Les 3 Sphères » par Docaposte : « La e-santé rend-elle plus heureux ? » (25/11/2019, Paris)

    « Et si le numérique en santé contribuait au bonheur ? » C’est la question centrale du symposium « Les 3 Sphères », organisé par Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, le 25 novembre 2019 à Paris sur le thème « La e-santé rend-elle plus heureux ? ».

    Experts, institutionnels et patients partageront leurs expériences et convictions au cours de l’événement.

    Au programme :

    • la vision internationale : USA, Canada, Italie ;
    • la volonté des institutionnels français, nationaux et territoriaux ;
    • la parole aux patients et professionnels de santé ;
    • des projets concrets en France au service d’une ambition : numérique et santé for good ? ;
    • la clé de voûte : la confiance dans le numérique en santé ? ;
    • la révélation d’une innovation e-santé qui contribue au bonheur.

    Pour les inscriptions, envoyer un email à gaelle.picard@docaposte.fr.

    La e-santé, c’est :

    • « mieux guérir et accompagner les patients mais c’est aussi prévenir, informer, conseiller, soutenir, simplifier… ; permettre à chacun de devenir acteur de sa santé ;
    • aider les professionnels de santé, médico-sociaux et les institutionnels pour alléger leurs tâches quotidiennes et les rapprocher de leurs patients comme des citoyens ;
    • nourrir la science pour offrir à tous la qualité de vie à laquelle on aspire », contextualisent les organisateurs de l’événement.

    Parmi les intervenants :

    • Nicolas Bouzou : essayiste et économiste ;
    • Professeur Gérard Fletcher (Italie) : professeur de politique et coordinateur du programme européen MyHealthMyData de blockchain en santé ;
    • Sandrine Degos : fondatrice du think tank et présidente de Care Insight ;
    • Michel Nadeau (Canada) : P.-D.G. de Tactio, un des leaders de la e-santé en Amérique du Nord ;
    • Chahra Louafi : directrice du fonds Patient Autonome à Bpifrance ;
    • Et des scientifiques, des médecins, des représentants de patients ainsi que d’autres intervenants, acteurs clés du secteur.

    L’événement sera animé par Fabien Guez, médecin et journaliste télé spécialisé dans la santé.