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  • Health Data Week : appel à candidatures challenge start-up « IA, data & patients » (deadline : 08/11/19)

    « IA, data et patients : les pépites de la data en santé » est la thématique du challenge start-up organisé dans le cadre de la deuxième édition de la Health Data Week (HDW), qui aura lieu du 18 au 22 novembre 2019. Les candidatures, qui doivent être réalisées en ligne via ce lien, sont à déposer au plus tard le 8 novembre.

    Pour participer, les candidats doivent présenter un projet proposant une solution data et IA à destination des patients. Les entrepreneurs sélectionnés disposeront de 5 minutes pour pitcher sur scène, sans support visuel, lors d’un afterwork qui se tiendra le 19 novembre, de 18h30 à 20 heures (Paris). Chaque présentation sera suivie par 3 minutes de questions-réponses avec le jury.

    Pour cette édition 2019, la HDW est consacrée aux enjeux de la data et de l’intelligence artificielle en santé. L’objectif de cette semaines spéciale, initiée en 2018 par le think tank Health & Tech (Cercle des décideurs numérique et santé), est de partager et de diffuser le savoir-faire au plus grand nombre, tout en construisant une vision partagée des enjeux et des réalités de l’IA en santé.

  • IA : Mastercard veut protéger la santé de la fraude, des défauts de paiement et des vols de données

    Le groupe Mastercard lance Mastercard Healthcare Solutions, une nouvelle gamme de produits destinés à aider les professionnels de la santé « à détecter fraudes, gaspillage et abus, à générer davantage de revenus et à protéger les données de santé des patients ».

    Dans un communiqué daté du 27 octobre 2019, l’entreprise annonce que les nouveautés présentées lors du salon HLTH de Las Vegas (27-30 octobre) cibleront à la fois les fournisseurs de soins, les payeurs et les plateformes d’intermédiation, avec notamment : 

    • une assurance paiement : avec la plateforme Mastercard Test and Learn, les établissements pourront optimiser leur facturation grâce à une analyse prédictive prenant en compte le profil de chaque patient et son historique de paiement ;

    • une fonctionnalité de détection de la fraude et du gaspillage par intelligence artificielle (IA) : les demandes de remboursement suspectes seront identifiées grâce à une surveillance permanente de l’activité de chaque professionnel de santé ;

    • une sécurisation des données de santé grâce à l’analyse comportementale et à la biométrie.

    Mastercard souligne que cette diversification bénéficie de la présence du groupe dans le secteur de la santé au travers des cartes de paiement destinées aux programmes de couverture santé proposés aux Américains : FSA (Flexible spending accounts), HSA (Health savings accounts) et HRA (Health refund accounts).

  • Chine : Sanofi renforce sa présence sur le marché de la e-santé en collaborant avec Ping An & Tencent

    L’innovation, aussi bien dans les produits (médicaments) que dans la santé numérique, sera au centre du message porté par le groupe français Sanofi lors de la deuxième édition du China International Import Expo (CIIE), un événement où sont présentées des technologies de pointes du monde entier issues de divers secteurs, qui se tient du 5 au 10 novembre 2019 à Shanghai.

    Cette année, Sanofi doit présenter au CIIE près de 20 médicaments et vaccins innovants, avec pour objectif d’en lancer plus de 30 nouveaux en Chine d’ici 2025 dans les domaines des maladies chroniques, des maladies rares et de la vaccination (source : Shine.cn). L’entreprise prévoir par ailleurs d’officialiser au cours du salon 2 partenariats conclus avec 2 grandes entreprises chinoises :
    • Ping An Insurance, le principal assureur chinois : signature d’un contrat de coopération stratégique. L’expertise et le réseau des deux sociétés dans les domaines de la médecine, des services financiers et d’internet contribueront à la mise en place d’une coopération totale en matière de gestion des maladies chroniques, d’analyse de big data dans le secteur des soins, d’offre d’assurance santé novatrice, etc. ;
    • Tencent, l’un des géants de l’internet chinois : grâce aux technologies de l’intelligence artificielle (IA) et du big data, les deux partenaires vont chercher à développer des solutions novatrices pour améliorer les soins en Chine, en allant au-delà de la délivrance d’un médicament.

    La transformation numérique est l’un des axes stratégiques de Sanofi sur le territoire chinois. Le commerce électronique en Chine représente 40 % du marché mondial et les investissements chinois en intelligence artificielle représente 60 % des investissements en la matière au niveau international. Pour accélérer son développement au sein du pays, le groupe pharmaceutique français collabore avec des acteurs locaux, dont des géants de l’internet mais aussi des start-ups et des universités, afin d’explorer des solutions numériques innovantes adaptées au marché chinois. Son objectif est, à terme, de contribuer à l’amélioration de la santé en Chine, en cohérence avec le plan national « Healthy China 2030 ».

    E-santé : de nouvelles solutions centrées sur les maladies chroniques et les vaccins

    Lors de la première édition du China International Import Expo, en 2018, Sanofi avait déjà mis en avant ses réalisations sur le marché chinois en matière de recherche et de développement ainsi que ses coopérations avec des partenaires de divers secteurs et son engagement en faveur des besoins de la population chinoise en matière de soins.

    Cette année, le géant pharmaceutique français s’appuiera sur le big data et l’intelligence artificielle pour présenter ses derniers résultats en matière de solutions médicales numériques innovantes au moyen de dispositifs interactifs.

    Un outil de gestion de la maladie de Parkinson basé sur l’IA

    L’une des solutions novatrices présentées au CIIE est son outil de gestion intelligente de la maladie de Parkinson, qui collecte des données sur les patients pour aider les professionnels de santé à mieux évaluer la maladie et établir un traitement, améliorant ainsi la gestion des maladies chroniques.

    Les visiteurs pourront également tester des solutions basées sur la réalité virtuelle mais aussi expérimenter des services et des outils comme « Diabetics », une plateforme à destination des personnes atteintes de diabète.

    Une solutions numérique pour améliorer la vaccination

    Parmi les dernières innovations de Sanofi figure également la solution de vaccination Omni Protection, un outil intégré conçue pour les patients chinois, comprenant des services tels que la prise de rendez-vous en ligne, la vaccination et l’éducation du public.

    Le groupe investit depuis plusieurs années en Chine

    En 2018, Sanofi China a créé un centre d’innovation numérique à Shanghai afin de fonder un écosystème numérique innovant avec des start-ups locales.

    Le 1er septembre 2019, l’entreprise a par ailleurs créé son premier institut de recherche en Chine, à Suzhou, pour renforcer ses moyens de recherche.

    « En tant que multinationale à avoir été parmi les premières à entrer sur le marché chinois, Sanofi a introduit plus de 40 médicaments novateurs et vaccins de haute qualité sur le marché chinois, commente Pius S. Hornstein, directeur général « Chine » et président national de Sanofi China. À l’avenir, nous renforcerons encore la R&D et l’innovation afin de fournir davantage de produits et de solutions de haute qualité au peuple chinois. D’ici 2025, nous prévoyons de lancer plus de 30 médicaments et vaccins innovants sur le marché chinois. »

    Des actions en harmonie avec le plan « Healthy China 2030 »

    Sanofi indique partager les mêmes objectifs que le gouvernement chinois, en particulier dans le cadre de la stratégie « Healthy China 2030 » (« Une Chine en bonne santé pour 2030 »).

    Le groupe soutient ainsi les 5 priorités du gouvernement chinois en matière de santé, en mettant l’accent sur la prévention et le contrôle des maladies cardiovasculaires, du diabète, du cancer, des maladies respiratoires chroniques ainsi que des maladies infectieuses et endémiques.

  • Doctopsy (ex Doctoconsult) lance Mon Sherpa, appli mobile d’accompagnement psychologique

    Apporter un suivi complet à toutes les personnes qui ont besoin d’un soutien et d’un accompagnement psychologique à un moment difficile de leur vie. C’est l’objectif de Mon Sherpa, une application mobile lancée courant octobre 2019 par Doctoconsult, rebaptisé « Doctopsy » il y a quelques semaines. Les premières pathologies ciblées sont l’anxiété, le stress, les troubles du sommeil et la dépression légère. Suivront l’addiction, la phobie et l’autisme asperger, indique la société dans un communiqué.

    La solution fonctionne autour d’un chatbot (ou agent conversationnel), qui dialogue avec l’utilisateur pour comprendre ses besoins afin de lui proposer un programme personnalisé basé sur des thérapies cognitives et comportementales (TCC) : techniques de pleine conscience, de visualisation, de respiration, de yoga, de méditation, ACT, etc. Les activités et le contenu éditorial de l’appli ont été rédigés par des médecins, des psychologies et des assistantes sociales.

    Le développement de l’outil a été supervisé par un conseil scientifique composé de médecins psychiatres, de psychologues, de chercheurs du CNRS et de l’ICM. « [La solution] a été utilisée pendant plusieurs semaines auprès de bêta-testeurs qui souffraient de ces pathologies avant d’être mise sur le marché », précise Doctopsy, ajoutant que des médico-économiques sont en cours d’élaboration « pour valider son impact sur ces personnes en souffrance psychologique qui n’ont aujourd’hui que très peu de solutions au quotidien ».

    Dans le cadre d’un sondage OpinionWay pour Doctopsy réalisé au lancement du projet auprès de patients ayant souffert de pathologie mentale, 59 % des personnes interrogées (sur 305) ont indiqué percevoir un intérêt à utiliser une application comme Mon Sherpa (30 % citent cependant des éléments négatifs, dont un manque d’intérêt).

    Un outil qui vise à « enrichir » le suivi médical et non à le remplacer

    « Aujourd’hui, de nombreuses personnes en souffrance psychologique n’ont aucune aide à leur disposition. D’autres sont suivies par un médecin mais la durée entre deux consultations peut être importante. Or on sait que dans ces pathologies, un accompagnement au quotidien est un vrai facteur clé de guérison, commente le Dr Fanny Jacq, psychiatre et fondatrice de Doctoconsult, rebaptisée en octobre « Doctopsy » (communiqué). Mon Sherpa est une solution globale et complète d’accompagnement psychologique, qui ne remplace pas bien sûr le suivi médical mais vient l’enrichir. »

    Une sécurisation et une anonymisation « absolues des données »

    L’appli est disponible sur l’Apple Store (offre Freemium : 5,99€/mois).

    Doctopsy garantit une sécurisation et une anonymisation « absolues des données » recueillies par la solution. Les patients peuvent, s’ils le souhaitent, partager leurs données d’activité et d’humeur avec leur médecin.

    Enseignements clés du sondage OpinionWay pour Doctopsy

    La téléconsultation, un acte encore peu courant dans la pratique des médecins et le suivi des patients

    Application type Mon Sherpa : un engouement global pour les patients sondés, quoique certains critiquent son manque d’intérêt

    Histoire de Doctopsy et solutions proposées

  • Étude – diabète et HTA : l’inertie clinique limite les économies permises par les apps mobiles (JMIR)

    Les applications mobiles visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques de patients atteints d’affections cardio-métaboliques, telles que le diabète de type 2 ou l’hypertension artérielle (HTA), permettraient de diminuer les coûts des prises en charge des individus touchés par ces maladies.
    Cependant, l’inertie clinique des prescripteurs s’avère être une limite à l’efficience économique de ces nouvelles prises en charge digitales adjointes aux traitements conventionnels : les médecins semblent tarder à diminuer les posologies des médicaments prescrits face à la rapide diminution du taux d’HbA1C et de la pression artérielle des patients, générant des dépenses de santé inutiles et réduisant les économies permises par ces applications. 

    C’est à ces conclusions que sont parvenus les auteurs d’une étude sur le sujet menée aux États-Unis, publiée le 9 octobre 2019 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Ce travail, qui survient dans le contexte d’un intérêt grandissant des spécialistes de la santé pour les thérapies digitales et les applications mobiles, doit cependant être complété par d’autres études. En effet, les résultats de cette recherche soulèvent de nombreuses questions qui demeurent sans réponse, comme le fait de savoir comment il serait possible de lutter efficacement contre l’inertie clinique sans culpabiliser les prescripteurs.

    Contexte de l’étude

    Efficacité des interventions visant à modifier les comportements

    Plusieurs études ont démontré que les interventions visant à modifier les comportements, les modes de vie et à pousser les individus à adopter des habitudes hygiéno-diététiques plus saines :

    • améliorent les résultats biologiques et cliniques des patients atteints de troubles métaboliques ;
    • peuvent conduire à la réduction des posologies des traitements médicamenteux des patients, voire à l’abandon de ces pharmacothérapies.

    Ces programmes semblent particulièrement efficaces dans la prise en charge des patients atteints :

    • de diabète de type 2 (réduction du taux d’hémoglobine glyquée HbA1C) ;
    • d’hypertension artérielle (contrôle de la pression artérielle systolique) ;
    • d’hyperlipidémie (réduction de la cholestérolémie et du taux de lipoprotéines de faible densité ou LDL).

    Efficacité des applications mobiles comme support de ces interventions

    « Plus récemment, il a été démontré que les applications logicielles mobiles constituent des plateformes efficaces permettant de proposer des interventions comportementales aux patients atteints de maladies cardiométaboliques et addictives », indiquent les auteurs de ce travail de recherche. Par exemple, une étude menée auprès de patients diabétiques a montré qu’une application mobile dont l’utilisation était assistée par une équipe de soins permettait de réduire les taux d’HbA1C (marqueur du diabète de type 2) de 0,8 à 1,3 % sur une période de 3 mois. Un dispositif similaire dédié aux patients hypertendus a par ailleurs montré une capacité à réduire la pression artérielle des patients de 11 à 17,6 mmHg sur une période d’étude de 3 mois également.

    L’efficacité apparente de ces supports mobiles résiderait, selon une hypothèse, dans le caractère à la fois ludique et accessible de ces applications alors souvent utilisées non occasionnellement mais plusieurs fois par jour par les patients : les programmes proposés sur ces supports peuvent donc être suivis intensivement.

    L’engouement pour ces plateformes mobiles peut par ailleurs s’expliquer par la facilité de mise en œuvre des programmes qu’elles permettent à l’échelle d’un établissement de santé, d’une région, voire d’un pays : recourir à des applications mobiles permet de proposer des interventions comportementales à une population plus vaste que lors de sessions à suivre physiquement mais individuellement auprès de professionnels de santé, pour une coût réduit.

    Cependant, si ces dispositifs mobiles sont efficaces, leur efficience économique a encore été peu étudiée : l’objectif des auteurs de l’étude était précisément d’évaluer les potentielles économies que ces applications permettaient de réaliser par rapport à une prise en charge conventionnelle seulement médicamenteuse.

    Méthodes : une étude menée sur 3 ans

    Des patients suivis pendant 3 ans pour ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées

    Une période d’étude de 3 ans a été choisie par les auteurs pour évaluer l’efficience des interventions comportementales proposées via des applications mobiles. Cette durée a été choisie car aux États-Unis, où cette recherche a été menée, les programmes visant à corriger des habitudes diététiques peinent à être suivis au long cours par les patients, qu’ils soient dispensés en présentiel ou à distance via des applications. En effet, de nombreux patients abandonnent ces programmes après 1 an. Aussi, étudier l’efficience d’applications mobiles pendant 3 ans permet de ne pas surévaluer les économies potentiellement réalisées, plus importantes dans les premières semaines suivant l’instauration du programme qu’au cours des mois suivants.

    Le modèle : 2 grandes cohortes de patients observées

    Le modèle d’étude était fondé sur l’observation de deux grandes cohortes de patients. La première a reçu uniquement un traitement pharmaceutique, l’autre a bénéficié en plus des ces traitements conventionnels d’un accès à une application mobile permettant de suivre un programme d’hygiène alimentaire et d’incitation à la pratique régulière d’une activité physique.

    Ces deux grands types de cohortes ont rassemblé soit des individus souffrant plus ou moins sévèrement de diabète de type 2, soit des patients plus ou moins sévèrement hypertendus.

    L’étude visait à observer l’évolution des marqueurs biologiques ou cliniques (taux d’hémoglobine glyquée dans le diabète de type 2, pression artérielle systolique dans l’hypertension artérielle) des patients de chaque cohorte, et à suivre la progression des coûts associés à la prise en charge de tous ces patients.

    Évaluation des coûts : les programmes d’hygiène évalués concernent des patients non insulino-dépendants

    Le coûts des médicaments et des complications liées au diabète et à l’hypertension artérielle ont été évalués sur la base de récentes revues de la littérature américaine.

    Les coûts liés à l’insulinothérapie n’ont pas été pris en compte : les programmes d’hygiène évalués par l’étude concernent des patients non insulino-dépendants (de tels programmes ne sont généralement pas adaptés pour les patients insulino-dépendants).

    Résultats : des économies liée à la réduction des posologies de médicaments

    Les auteurs de l’étude ont estimé que la combinaison traitement conventionnel – programme visant à modifier les habitudes hygiéno-diététiques dispensé via une application mobile permettait de réaliser, par rapport à une pharmacothérapie seule :

    • 83 dollars (75 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la première année du programme, puis 174 (157 euros) et 178 dollars (160 euros) d’économies par patient diabétique et par mois la deuxième et la troisième année ;
    • 70 dollars (63 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la première année du programme, puis 113 (102 euros) et 107 dollars (96 euros) d’économies par patient hypertendu et par mois la deuxième et la troisième année.

    La majeure partie de ces économies est liée à la réduction des posologies de médicaments permise par les applications mobiles, et dans une moindre mesure à la diminution du nombre d’hospitalisations pour complications également autorisée par l’adjonction de ce genre de dispositifs aux traitements conventionnels.

    Des économies plus importantes dans le cadre du traitement du diabète de type 2 que dans celui de l’HTA :

    Bien que les applications mobiles semblent être légèrement plus efficaces cliniquement dans la prise en charge de l’hypertension artérielle que dans la prise en charge du diabète de type 2, les économies réalisées semblent par ailleurs plus importantes dans le cadre du traitement du diabète du type 2 que dans celui de l’hypertension artérielle car :

    • le coût moyen des médicaments antidiabétiques est supérieur à celui des antihypertenseurs ;
    • le diabète de type 2 est associé à un plus grand risque d’hospitalisation que l’hypertension artérielle.

    Les applications mobiles semblent avoir été particulièrement efficientes dans la prise en charge des patients les plus sévèrement atteints recrutés pour l’étude (présentant, à l’initiation de la recherche, un taux d’HbA1C supérieur à 7,5 % ou une pression artérielle supérieure à 130 mmHg).

    Des économies moins importantes la 1ère année d’étude que les 2 suivantes

    Les économies estimées par les auteurs sont moins importantes la première année d’étude que les deux suivantes, et ce malgré la prise en compte de l’abandon de l’application par de nombreux patients après la première année du programme, car :

    • la réduction des posologies de médicaments tarde à être mise en place malgré un contrôle du taux d’HbA1C ou de la pression artérielle assez précoce. Ceci est lié à une certaine inertie clinique des prescripteurs (résistance à la modification des prescriptions par les médecins) ;
    • la réduction du nombre d’hospitalisations tarde également à survenir, en lien avec la même inertie clinique.

    Le recours à des applications mobiles visant à modifier les habitudes de vie des patients permet donc d’augmenter l’efficience économique des prises en charge médicamenteuses qui, mises en place seules, sont associées à des surcoûts. L’inertie clinique manifestée par les prescripteurs peut néanmoins diminuer les économies autorisées par le recours à ces nouvelles thérapies digitales.

    Des logiciels d’aide à la décision clinique pour lutter contre l’inertie clinique

    Lutter contre l’inertie clinique

    De plus amples recherches doivent être menées à propos de l’impact notamment économique de l’inertie clinique.

    Cependant, les auteurs de l’étude s’interrogent quant à de potentielles mesures permettant de lutter contre cette inertie clinique. Une des solutions qu’ils envisagent pour résoudre ce problème concerne l’utilisation de logiciels d’aide à la décision clinique.

    Limites de l’étude

    Le diabète et l’hypertension artérielle sont des affections chroniques : des études complémentaires doivent être menées sur de plus longues durées, idéalement en conditions de vie réelle.

    Les coûts associés aux éventuels effets indésirables de ces nouvelles prises en charge combinant pharmacothérapies et interventions comportementales sur support mobile doivent par ailleurs être mieux pris en compte dans des recherches futures, au même titre que les dépenses associées à une mauvaise observance de ces nouvelles prescriptions.

    Au fur et à mesure que des applications sont développées, de plus en plus de patients suivent dans le même temps différents programmes similaires à ceux utilisés au cours de cette étude : les économies observées n’ont-elles été dues qu’aux dispositifs mobiles étudiés ? L’effet éventuellement synergique de diverses applications devrait être analysé dans le futur.

    Enfin, les coûts des prises en charge étant assez différents aux États-Unis et dans d’autres pays tels que la France, ce travail de recherche devrait être complété par des études menées au sein d’autres systèmes de santé tels que le NHS (Royaume-Unis) ou la Sécurité Sociale française.

  • IA : le projet Artemis prévoit de créer un observatoire de la santé des militaires

    « Créer un observatoire de la santé des militaires respectant l’anonymisation des traitements. » C’est un des axes de recherche en matière d’intelligence artificielle (IA) pour les forces françaises suivis dans le cadre du projet Artemis, un programme lancé par la Direction générale de l’armement (DGA) et qui a fait l’objet d’un rapport de la task force IA du ministère des Armées, publié en septembre 2019.

    Dans sa feuille de route portant sur l’intelligence artificielle, que détaille ce document, le ministère annonce que cette technologie permettra « un traitement massif des données de santé et un élargissement de la veille sanitaire » à même d’identifier « des facteurs de risques liés aux environnements et aux conditions d’emploi des forces », et de proposer « les mesures de protection adaptées pour limiter l’impact sur la santé des militaires ». 

    Il est précisé dans le rapport que « la collecte et le traitement par des outils dotés d’IA embarqués ou non de données biométriques et médicales à l’entraînement et en opération » pourra:

    • « bénéficier à la santé des militaires au quotidien, en aidant les personnels soignants dans leur diagnostic et l’accompagnement de la prise en charge » ;
    • « optimiser la conduite des opérations », en fournissant « des informations pertinentes sur la gestion des personnels » : état de fatigue, de stress, rotation des équipages ;
    • permettre dans la durée « l’identification de facteurs de risques ou de protection pour la santé des militaires ».

    Un dispositif conforme au RGPD

    La task force IA souligne que « la collecte et l’exploitation massive de données » ne peut s’envisager que « dans le strict respect de la législation en vigueur sur les données personnelles », et notamment le RGPD.

    Création d’une Cellule de coordination de l’intelligence artificielle de défense (CCIAD)

    Elle annonce que la compétence en intelligence artificielle (IA) du ministère des Armées se structurera autour d’une Cellule de coordination de l’intelligence artificielle de défense (CCIAD) placée au sein de l’Agence innovation défense.

    Le projet inclura la création d’un « comité ministériel d’éthique » pluridisciplinaire et permanent, « centré sur les technologies émergentes dans le domaine de la défense ».

  • États-Unis : Optum (UnitedHealth) acquiert Vivify Health, société spécialisée dans le télésuivi

    La division Optum – du groupe américain d’assurance et de santé UnitedHealth – acquiert Vivify Health, une société basée au Texas spécialisée dans la surveillance à distance des patients (télésuivi). Une information confirmée le 30 octobre 2019 à la chaîne CNBC par deux personnes proches du dossier. Les termes de l’accord n’ont pas été divulgués.

    Optum fournit des services commerciaux et technologiques centrés dans le domaine de la santé. Fondé en 2009, Vivify Health propose de son côté des appareils connectés (balance sans fil, tensiomètre portable…) permettant de suivre les patients à risque depuis leur domicile, avec notamment pour objectif de réduire l’affluence au sein des services d’urgence. Les personnes principalement ciblées par ces dispositifs sont les patients souffrant de maladies chroniques, telles que l’asthme et le diabète. À noter que Vivify a recueilli environ 23,4 millions de dollars (20,97 M€) de financement depuis sa création.

    Le marché des outils de télésuivi est en croissance depuis quelques années, ce qui le rend attractif pour des sociétés spécialisées dans les soins telles que UnitedHealth, la plus grande entreprise de santé au monde en termes de chiffre d’affaires. Selon un rapport de Grand View Research publié en mars, le marché mondial des systèmes de surveillance des patients à distance pourrait atteindre plus de 30 milliards de dollars (26,89 Mds €) d’ici 2023.

    UnitedHealth a récemment investi massivement dans le secteur, avec notamment l’acquisition du réseau social de patients PatientsLikeMe et d’Equian, une entreprise qui offre des services de traitement des paiements pour les entreprises de santé et les assureurs. En juin, l’entreprise a également racheté pour 4,3 milliards de dollars (3,86 Mds €) DaVita Medical Group, qui fournit des services de dialyse, après approbation de la Federal Trade Commission.

  • Google rachète Fitbit pour 2,1 Mds $ (1,8 Mds €) : des craintes quant à l’exploitation des données

    « Google a conclu un accord définitif en vue de l’acquisition de Fitbit, une marque de wearables de premier plan ». Dans un post publié sur son blog le 1er novembre 2019, le géant américain confirme le rachat supposé depuis quelques semaines, percevant dans cette opération une occasion d’investir davantage dans Wear OS, son logiciel pour montres connectées. Le montant de la transaction, qui sera finalisée en 2020, s’établit à quelque 2,1 milliard de dollars (1,8 milliard d’euros).

    « Avec les appareils portables comme avec nos autres produits, nous ferons preuve de transparence concernant les données que nous recueillons, promet Google dans son communiqué. Nous ne vendrons jamais d’informations personnelles à qui que ce soit ». Les données de santé et de bien-être Fitbit  « ne seront pas utilisées pour les annonces Google », ajoute l’entreprise, précisant qu’elle donnera aux utilisateurs Fitbit « le droit de réviser, de déplacer ou de supprimer leurs données ». 

    Ces déclarations n’ont pas convaincu le représentant démocrate David Cicilline, un des leaders de l’action antitrust engagée contre Google, qui accuse le groupe de vouloir ainsi accéder aux « informations les plus sensibles des Américains », soit leurs données de santé et de localisation. Il demande « une investigation immédiate et exhaustive » sur cette acquisition.

    Plusieurs analystes du secteur soulignent que Fitbit fédère une communauté de plusieurs millions d’utilisateurs de ses appareils wearables et utilise leurs données personnelles (nombre de pas quotidiens, calories brûlées, distance parcourue, durée et qualité du sommeil, fréquence cardiaque) pour leur fournir des conseils et un accompagnement personnalisé.

  • ACT

    Acceptance and commitment therapy (thérapie d’acceptation et d’engagement)

  • Pratique avancée : 2 syndicats (FNI et Sniil) signent l’avenant n° 7 à la convention des infirmiers

    L’Union nationale des caisses d’Assurance maladie (Uncam) et 2 des syndicats représentatifs de la profession, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), signent l’avenant n°7 à la convention nationale des infirmiers, qui définit les modalités de valorisation des infirmiers exerçant en pratique avancée (IPA) en ville.

    « Destiné à répondre aux enjeux qui pèsent sur notre système de santé (vieillissement de la population, augmentation du nombre de malades chroniques, virage ambulatoire…), le nouveau métier d’infirmier en pratique avancée a été inscrit dans la loi de modernisation du système de santé de 2016 et réaffirmé dans Ma santé 2022« , note l’Assurance maladie dans un communiqué publié le 4 novembre 2019, jour de la signature de l’avenant. C’est la première profession de santé pour laquelle est mise en place un exercice dit en « pratique avancée », à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres pays (Australie, Canada, États-Unis, Finlande, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni).

    Les textes mettant en place le métier d’IPA visent à :
    • 1. améliorer l’accès aux soins notamment dans les territoires sous dotés en médecins ;
    • 2. améliorer la qualité des parcours des patients par le biais d’une coordination renforcée ;
    • 3. soutenir les médecins dans la prise en charge de patients atteints de pathologies ciblées ;
    • 4. diversifier l’exercice des infirmiers et à développer des perspectives de carrières.

    La Cnam souhaite encourager le développement de ce nouveau métier pour « améliorer le suivi de patients atteints de pathologies chroniques », « optimiser le temps médical » et « renforcer ainsi l’accès aux soins des 5,6 millions de personnes potentiellement concernées ».

    IPA : une formation sur 2 ans

    Le métier d’IPA s’adresse à des infirmiers expérimentés, exerçant en établissement de soins ou en ville, soit en libéral, soit comme salarié d’un centre de santé ou d’une maison de santé pluri-professionnelle.

    Un diplôme d’État niveau master

    Pour devenir IPA, l’infirmier doit, depuis la rentrée 2018, suivre une formation de 2 ans avec :

    • un tronc commun la première année ;
    • une spécialisation la deuxième année

    La durée de formation est plus courte dans le cadre d’une validation des acquis de l’expérience (VAE).

    La formation fait l’objet d’un diplôme d’État de niveau master, précise l’Assurance maladie (communiqué).

    Des compétences élargies par rapport à celles de l’infirmier classique

    Dans le respect du parcours de soins, l’IPA participe à la prise en charge globale des patients atteints de maladies chroniques dont le suivi lui a été confié par un médecin.

    Pour cela, l’infirmier en pratique avancée dispose de compétences élargies par rapport à celles de l’infirmier.

    L’IPA peut ainsi :

    • conduire un entretien, effectuer le questionnement nécessaire (anamnèse) et réaliser l’examen clinique ;
    • conduire toute activité d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage ;
    • effectuer tout acte d’évaluation,de conclusion clinique ou de surveillance clinique et paraclinique consistant à adapter le suivi du patient en fonction des résultats ou sur l’évaluation des risques liés aux traitements ; réaliser des actes techniques sans prescription médicale et en interpréter les résultats, demander des actes de suivi et de prévention pour les pathologies dont il assure le suivi. La liste est fixée par arrêté ;
    • prescrire, pour les pathologies dont il assure le suivi, des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire,des dispositifs médicaux ou des examens de biologie et dont la liste est fixée par arrêté ;
    • renouveler, en les adaptant si besoin, des prescriptions médicales pour les pathologies dont il assure le suivi et dont la liste est fixée par arrêté.

    Les domaines d’intervention et les activités des infirmiers en pratique avancée sont définis dans le code de la santé publique.

    Par ailleurs :

    • les IPA réalisent une activité transversale de coordination et de concertation avec l’équipe de soins, « indispensables pour la prise en charge des patients », note la Cnam.
    • les IPA peuvent être amenés à réaliser des actions d’évaluation et d’amélioration des pratiques professionnelles comme des études et travaux de recherches en santé publique.

    Une rémunération au forfait

    « La nature même des missions conduites dans le cadre de la pratique avancée exige de sortir d’une logique de paiement à l’acte pour privilégier une rémunération au forfait, indique l’Assurance maladie. L’enjeu de la négociation a donc été de s’accorder sur le niveau approprié de valorisation des IPA en ville. Ainsi, cette rémunération prend en compte la prise en charge des patients confiés et les missions transversales de coordination et de recherche associées. »

    Les partenaires conventionnels ont convenu d’une valorisation de plusieurs forfaits :

    • 1. un forfait, destiné à vérifier l’éligibilité du patient au suivi par l’IPA, valorisé à hauteur de 20 euros et facturable une seule fois ;
    • 2. une fois l’éligibilité vérifiée, 4 forfaits trimestriels de suivi peuvent être facturés par an et par patient (si au moins un contact par trimestre). Chaque forfait valorise toutes les interventions réalisées par l’IPA au cours du trimestre de prise en charge y compris les actions de coordination et de concertation nécessaires :
      • le premier forfait de l’année correspond à un contact plus long avec le patient, il est valorisé à 58,90 euros par patient ;
      • les trois forfaits suivants,sont valorisés chacun à 32,70 euros par patient et par trimestre.

    À l’exception du premier contact de suivi avec le patient, les autres contacts de suivi par l’IPA peuvent être réalisés à distance par vidéotransmission en alternance avec un suivi du patient en présentiel.

    Par ailleurs :

    • Pour les patients dont la prise en charge est plus complexe en raison de leur âge (enfants de moins de 7 ans et patients âgés de 80 ans et plus, soit 20% de la patientèle prévue) :
      • une majoration d’un montant de 3,90 euros pourra être associée à ces forfaits. Si besoin, les frais de déplacement peuvent être facturés à chaque passage au domicile du patient.
    • « Compte tenu de l’activité transverse de coordination réalisée par les IPA avec les médecins et les autres professionnels de santé, les partenaires conventionnels ont convenu de majorer l’indicateur d’exercice coordonné du forfait annuel d’aide à la modernisation », explique l’Assurance maladie :
      • cet indicateur d’un montant de 100 euros pour les infirmiers libéraux a été porté à 400 euros pour les IPA conventionnés, et jusqu’à 1 120 euros pour les IPA conventionnés exerçant en zone en sous-densité médicale.
    • Est prévue la mise en place d’une aide financière pour soutenir le démarrage de l’activité exclusive en pratique avancée et ce, quelle que soit la zone d’installation de l’IPA :
      • cette aide d’un montant de 27 000 euros est versée sur 2 ans. Le versement de cette aide est conditionné au suivi par l’IPA d’un nombre minimal de patients sur l’année (50 patients la première année et 150 patients la deuxième année) ;
      • « au-delà de 300 patients, les partenaires conventionnels ont considéré que la viabilité économique de l’activité est assurée et ne nécessite plus cette aide », précise la Cnam.

    « L’IPA exerçant une activité exclusive en pratique avancée n’est pas soumis au dispositif de conventionnement en zones surdotées, ni au dispositif d’encadrement de l’activité en zones périphériques des zones surdotées. De même, il n’est pas soumis à l’obligation d’avoir réalisé une expérience professionnelle préalable, ces professionnels étant déjà des infirmiers expérimentés », complète l’Assurance maladie.