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  • Maladies rares : les European reference networks (ERN), un outil intéressant mais complexe (colloque)

    « Le DMP représente une avancée réelle dans le cadre de la prise en charge » des patients atteints de maladies rares par les services d’urgence, car ces pathologies « nécessitent des connaissances très spécifiques et des précautions thérapeutiques auxquelles les professionnels de santé concernés n’ont jamais été confrontés ou sensibilisés ». C’est ce qu’estime Jean-Philippe Plançon, président de l’Association française contre les neuropathies périphériques (AFNP), intervenu lors de la table ronde « La digitalisation est-elle une chance pour les maladies rares ? », organisée le 5 novembre 2019 dans le cadre de la 6e édition des Rencontres RARE à Paris. « Le DMP représente dans ce cas une protection non seulement pour le malade mais aussi pour l’équipe », souligne le spécialiste.

    Le Dr Christine Bodemer, chef du service de dermatologie de l’hôpital Necker-Enfants malades (APHP), a détaillé de son côté les activités de l’ERN Skin de l’AP-HP, dont elle est coordinatrice. Les ERN (European reference networks) sont des réseaux virtuels de professionnels de santé lancés depuis 2017 au niveau européen pour faciliter la discussion sur des affections complexes ou rares. « Cet outil est fantastique dans l’esprit », juge le médecin, regrettant dans les faits « sa complexité, le temps qu’il prend » et « le personnel nécessaire pour qu’il devienne fluide ».

    ERN : un outil pour construire un panel de discussion sur un cas précis

    L’organisation d’un ERN est « assez similaire à celles des RCP (réunions de concertation pluridisciplinaires) au niveau national », indique le Dr Christine Bodemer : « Quand il y a la volonté de discuter d’un cas entre plusieurs experts de pays différents, on construit un panel de discussion, et tous les membres d’un ERN peuvent faire cette demande. »

    Une anonymisation de la fiche patient

    La fiche du patient, nominative au départ, est « rapidement anonymisée » : « comme les maladies sont très rares on reconnait facilement un patient » mais « tout est fait » pour le respect de la confidentialité des données.

    La problématique des réglementations propres à chaque pays européens

    « Toute la difficulté et la complexité » des ERN résident selon elle dans l’impératif de « respecter les réglementations de chaque pays européen, qui sont complexes et très différentes les unes des autres ».

    Elle cite en exemple la « fiche de consentement » que le médecin référent doit faire signer par le patient : ce seul processus peut prendre « plusieurs mois » pour avoir l’accord des différents pays sur la fiche d’information.

  • crous

    Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires

  • RNCPS

    Répertoire national commun de la protection sociale

  • Numérisation des hôpitaux : Hoppen (ex Télécom Santé) lève 32 M€ et acquiert Télécom Services

    Hoppen (ex Télécom Santé), société qui développe des solutions technologiques pour accompagner les hôpitaux et les cliniques dans leur transformation numérique, recueille 32 millions d’euros et acquiert Télécom Services, premier opérateur de services TV numériques des hôpitaux publics.

    Ce rapprochement stratégique est mené par Hoppen avec le soutien de 2 nouveaux investisseurs, Extens (premier fonds européen dédié à la e-santé) et Geneo Capital Entrepreneur (fonds entrepreneurial), ainsi que de ses actionnaires historiques (Kreizig Invest, Logoden Participations, Unexo, Breizh Up et Crédit Agricole Ille et Vilaine Expansion) et d’un pool bancaire. L’entrée au capital de la société d’Extens et de Geneo Capital Entrepreneur va permettre à Hoppen d’augmenter ses investissement dans ses technologies afin de lancer de nouveaux services innovants sur le marché et de recruter des talents. Grâce à cette opération, l’entreprise va aussi pouvoir étendre ses activités à l’international, « en commençant par l’Allemagne et la Grande-Bretagne », et viser « la position de leader en Europe », indique-t-elle dans un communiqué publié le 7 novembre 2019.

    Le nouveau groupe Hoppen constitué est dirigé par Matthieu Mallédant, président, épaulé par 2 directeurs généraux : Sébastien Duré, cofondateur de Télécom Santé (devenu depuis Hoppen), et Pascal Wagener, précédemment président de Télécom Services. Son activité est répartie sur les 2 sites de la société (Rennes et Nanterre). L’entreprise emploie désormais plus de 300 personnes, en conservant près de 200 personnes détachées au sein des établissements de soins. Elle bénéficie d’une expérience de 25 ans en milieu hospitalier et adresse 150 sites, publics et privés.

    Hoppen a doublé son chiffre d’affaires entre 2017 et 2018. Le groupe prévoit de le multiplier par 1,5 entre 2018 et 2019.

    Hoppen développe des solutions logicielles en collaboration avec les établissement

    Des offres organisées autour de 3 pôles : la chambre connectée, le parcours ambulatoire et l’expérience patient

    Créé en 2011 près de Rennes (Cesson-Sévigné), Hoppen développe des solutions logicielles en collaboration avec les établissements de santé pour répondre aux enjeux majeurs du système de santé français.

    L’entreprise propose un ensemble de solutions digitales conçues pour améliorer les services apportés à 600 000 patients par an et leur confort, faciliter leurs parcours de soins, optimiser les processus internes et simplifier le quotidien du personnel.

    Les offres sont organisées autour de 3 pôles : la chambre connectée, le parcours ambulatoire et l’expérience patient.

    41 millions d’euros d’opération depuis sa création

    En dehors de cette dernière levée de fonds de 32 millions d’euros, Hoppen a réalisé 9 millions d’euros d’opérations cumulées depuis sa création sous le nom de Télécom Santé :

    • 920 000 euros en 2014, notamment auprès de Kreizig Invest et de Logoden Participations ;
    • 8 millions d’euros en 2016, auprès de Kreizig Invest, d’Unexo, de Breizh Up et de Crédit Agricole Ille-et-Vilaine Expansion.

    L’entreprise « enclenche [à cette période] une stratégie plus ambitieuse et lance son offre de services « Hôpital digital », couvrant l’intégralité des besoins du parcours patient, ainsi que des outils métiers de pilotage indispensables au personnel hospitalier, en France et à l’international », commente la société dans son communiqué.

    En 2018, Télécom Santé change d’identité et devient Hoppen.

    Objectif : créer « le champion de la digitalisation des établissements de santé »

    « Le marché commence seulement à se structurer, la création de synergies est essentielle, c’est ce que nous faisons grâce à ce rapprochement avec Télécom Services », explique Sébastien Duré, co-fondateur et co-directeur général de l’entreprise.

    Hoppen s’appuie sur un socle solide d’actifs et ambitionne de créer « le champion de la digitalisation des établissements de santé ».

    Les actifs de Télécom Services représentent un accélérateur de croissance pour l’entreprise. Cette synergie amène Hoppen « vers une taille critique et lui permet de proposer une offre unique sur le marché », est-il indiqué dans le communiqué.

    Europe : un potentiel marché du divertissement patients évalué à 2,6 milliards d’euros

    Actif sur un marché potentiel de 12,8 millions de patients hospitalisés en France répartis sur 3 295 établissements de santé (source PMSI 2018 – mise à jour : juin 2019), Hoppen « est le plus important acteur spécialiste de l’hôpital numérique à se développer sur ce marché à fort potentiel », avance le groupe :

    • Europe : potentiel marché du divertissement patients (télé, multimédia, accès internet…) estimé à 2,6 milliards d’euros ;
    • France : 884 millions d’euros sur le marché du divertissement patients.

    « Une vision commune du digital pour les bienfaits du monde de la santé nous a permis naturellement de nous rapprocher, et de pouvoir dès demain être force de proposition pour davantage accompagner nos clients », commente Pascal Wagener, co-directeur général de la société.

  • PLFSS 2020 : le Sénat supprime en commission le référencement sélectif des DM / l’article 15 modifié

    La procédure de référencement sélectif des dispositifs médicaux (DM) « telle que proposée » par l’article 28 du PLFSS « présente les caractères d’un dispositif mal abouti aux effets trop incertains ». C’est ce qu’affirme la commission des Affaires sociales du Sénat dans le rapport rendu public le 7 novembre 2019 après examen du texte. Jugeant « plus opportun » de « déterminer au préalable les facteurs véritables du reste à charge » et de « viser ces derniers à l’aide de procédures moins contraignantes », les sénateurs ont supprimé ce dispositif qui avait été validé par les députés, par un amendement estimant notamment :

    • qu’« en se limitant au seul élément figurant à la LPPR », le dispositif « court le risque de manquer sa cible, faute d’englober l’ensemble des aides techniques réellement facteurs de reste à charge » ;
    • qu’« en empêchant tout nouvel entrant de pénétrer le marché », il suscitera la formation d’oligopoles, « ce qui engendrera à long terme une hausse des prix » ;
    • que « l’injonction qui pourra être faite aux sélectionnés de « fournir des quantités minimales de produits et de prestations sur le marché français » ne paraît pas réaliste au vu du maillage actuel de la filière du dispositif médical » composée « à 84 % de très petites entreprises » .

    La commission a validé l’introduction par l’article 15 d’une clause de sauvegarde élargie aux DM, mais jugeant que ce dispositif  « intervient peut-être de façon trop précoce », elle lui a ajouté par amendement « un mécanisme incitatif à la négociation conventionnelle similaire à celui qui s’applique à la clause de sauvegarde des médicaments ». Permettant aux futurs redevables de la contribution de conclure « avant l’établissement de leur créance » une convention avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) « susceptible d’exonérer l’exploitant en cas de versement d’une remise conventionnelle », il y ajoute « un abattement forfaitaire de 20 %, identique à celui pratiqué dans le secteur du médicament ».

    À noter que le PLFSS 2020 sera examiné en séance publique au Palais du Luxembourg à partir du 12 novembre 2019.

    La prise en charge temporaire des DM « fluidifiée »

    La commission des Affaires sociales a validé l’article 28 bis du projet de loi, introduisant sur proposition du gouvernement une prise en charge temporaire par l’Assurance maladie d’un dispositif médical (DM) dont la demande d’inscription sur la LPPR est en cours d’instruction.

    Afin de « fluidifier la procédure d’accès précoce », elle a fixé par amendement à 15 jours le délai imparti au ministère de la Santé pour « s’opposer au montant de la compensation proposée » par l’exploitant du DM pour la période de prise en charge temporaire et « faire une nouvelle proposition ».

    3 modifications à la procédure de remise en état des DM

    La commission a validé la procédure de remise en bon état d’usage d’un DM introduite par l’article 28, en lui apportant 3 modifications :

    • l’amendement 199 : énonce que « l’obligation faite au distributeur de mentionner au patient l’existence d’un dispositif médical remis en bon état d’usage » doit porter sur « le même dispositif médical que celui initialement prescrit ». Selon les parlementaires, « la mise à disposition d’un produit usagé, à laquelle on ne peut qu’adhérer, ne doit pas pour autant permettre des substitutions de produits, qui seraient dommageables à la prise en charge » ;
    • l’amendement 200 : « vise à s’assurer que la remise en bon état d’usage concernera bien » le DM « pris dans son ensemble », et non « les seuls éléments inscrits au remboursement de l’assurance maladie », soulignant qu’ »un important reste à charge peut être lié aux aides techniques qui n’ont pas la qualité de dispositifs médicaux » ;
    • l’amendement 201 : vise à « ne pas conditionner le droit au dispositif médical usagé à l’affiliation à un régime obligatoire ».
  • DMP : 8 millions de dossiers ouverts, les médecins encore sceptiques

    « Le DMP est progressivement en train d’entrer dans les mœurs et dans les pratiques », affirme le directeur général de la Cnam, Nicolas Revel, saluant le franchissement du cap des 8 millions de dossiers ouverts. Confirmé le 7 novembre 2019 en Conseil des ministres pour un second mandat à la tête de la Caisse, il relève « une belle progression » du dispositif chez les généralistes, dont « 20 % l’alimentent » et « 46 % le consultent plus ou moins » (source : AFP).

    Nicolas Revel juge ces chiffres «  très satisfaisants », alors que l’exécutif vise l’ouverture de 40 millions de dossiers médicaux partagés d’ici à 2022. Il souligne le rôle du « travail de fourmi » confié aux conseillers informatique service de la Caisse pour aider les médecins à s’approprier cet outil, dont il reconnaît que « l’ergonomie » doit être améliorée, en lien avec les éditeurs de logiciel.

    Le DMP se heurte à un fort scepticisme de la part des médecins, comme en témoignent les réactions partagées sur Twitter au sujet du dispositif. Sylvaine Le Liboux, secrétaire générale du syndicat Les Généralistes-CSMF, estime que « sans volet médical de synthèse rédigé par le médecin traitant », le DMP « n’a aucun intérêt pour le patient » car « chercher l’aiguille de l’info pertinente dans la botte de foin de compte rendus disparates accumulés est inutile médicalement parlant », juge-t-elle. Son confrère Richard Talbot (FMF) n’y voit de son côté qu’ »un empilement de PDF non indexés, même pas par ordre chronologique et sans aucun moteur de recherche » avec « des temps d’accès démesurés ».

  • Recouper la base Transparence Santé avec le SNDS permet de pointer les mauvais prescripteurs (BMJ)

    « Les médecins généralistes français ne recevant pas d’avantage de l’industrie pharmaceutique sont associés à des prescriptions plus efficaces et moins chères. » C’est la conclusion d’une étude réalisée par l’université Rennes 1 en recoupant les données 2016 de la base Transparence Santé sur les liens d’intérêts des médecins avec l’industrie, et celles du SNDS sur les prescriptions. « De par sa méthodologie, l’étude ne peut pas montrer de lien de cause à effet », souligne cependant ses auteurs dans un communiqué daté du 6 novembre 2019.

    Créée en 2013 par le ministère chargé de la Santé, la base Transparence Santé « rend accessible l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé ». Recouper les données qu’elle contient avec les indicateurs du SNDS « évaluant le coût et la qualité des prescriptions utilisés par l’Assurance maladie dans le calcul de la ROSP (Rémunération des médecins sur Objectifs de Santé Publique) » permet aux auteurs des travaux d’établir, qu’en moyenne, le groupe de médecins « n’ayant reçu aucun avantage en 2016 ni depuis la création de la base Transparence Santé en 2013 » est associé à :

    • des prescriptions moins coûteuses (« le groupe de médecins ayant bénéficié de 1 000 euros ou plus en avantages est associé à des coûts de prescription en moyenne 5.33 euros plus élevés que le groupe sans avantage ») ;
    • plus de prescriptions de médicaments génériques par rapport aux mêmes médicaments non génériques (antibiotiques, antihypertenseurs, statines) ;
    • moins de prescriptions de vasodilatateurs et de benzodiazépine pour des durées longues « comparativement aux groupes de médecins ayant reçu le plus d’avantages » ;
    • moins de prescriptions de sartans comparativement aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC),« recommandés pour leur efficacité similaire avec un moindre coût », «comparativement aux groupes de médecins ayant reçu le plus d’avantages ».

    Selon l’étude, publiée dans la revue British Medical Journal (BMJ), ces résultats « renforcent l’hypothèse selon laquelle l’industrie pharmaceutique peut influencer les prescriptions des médecins généralistes », et offrent un aperçu sur l’étendue de cette influence.

    Transparence Santé : une base actualisée tous les 6 mois

    La base de données publique Transparence Santé du ministère des Solidarités et de la Santé inclut « l’ensemble des informations déclarées par les entreprises sur les liens d’intérêts qu’elles entretiennent avec les acteurs du secteur de la santé, du médecin généraliste aux sociétés savantes». La base, actualisée tous les 6 mois et conservant les informations sur 5 ans, vise à « porter ces liens à la connaissance de tous et à les rendre aisément accessibles ».

    Une interface simplifiée et un outil statistique ajouté

    En pratique, est-il souligné dans le communiqué, « la technicité du système et les erreurs contenues dans la base en rendent l’accès difficile », de sorte que le collectif EurosforDocs a développé en complément une interface simplifiée, « ajoutant un outillage statistique et s’efforçant d’améliorer la qualité des données enregistrées ».

  • H&TI Webinar : la prise en charge de l’AVC, chiffres clés et innovations (visionner l’échange)

    À l’occasion du webinar portant sur la prise en charge de l’AVC en France, organisé le 30 octobre 2019, Health & Tech Intelligence a eu le plaisir de recevoir Franz Bozsak, P.-D.G. et cofondateur de Sensome, qui a notamment présenté sa solution dédiée à la thrombectomie, une alternative à la prise en charge de l’AVC qui consiste à retirer par voie endovasculaire, à l’aide d’un stent, le caillot qui bouche l’artère cérébrale pour rétablir la circulation sanguine. La technique a été validée par la Haute autorité de santé (HAS) en 2017.
    La session était animée par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Lors de cette conférence, les deux participants sont revenus sur le plan AVC 2010-2014, comprenant notamment la mise en place de la télé-AVC, ainsi que sur les facteurs de risques et la répartition géographique de cette pathologie. L’alternative à la thrombolyse intraveineuse qu’est la thrombectomie était au cœur de la discussion. Cette pratique en augmentation pose désormais la question de son accessibilité à tous.
    La vidéo de cet échange est disponible en ligne et visionnable ci-dessous. 

    Le prochain H&TI Webinar sera consacré aux challenges IA en santé, avec comme invité Hugo Mania, chargé de mission cloud & datacenter au ministère de l’Économie et des Finances. Connectez-vous le 19 novembre 2019 de 11 heures à 11h35 pour suivre cette nouvelle session. Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser via ce lien.

    Visionner le webinar « la prise en charge de l’AVC en France » :

    Pour aller plus loin :

    Consulter ici l’indicateur réalisé par H&TI sur l’AVC.

  • WeHealth (Servier) et Ad Scientiam lancent une appli mobile dédiée à la réadaptation cardiaque

    Cardicare est une nouvelle application mobile dédiée au domaine de la réadaptation cardiaque. Développée à destination des patients par WeHealth Digital Medicine, la division e-santé de Servier, et Ad Scientiam, start-up pionnière dans le développement de dispositifs médicaux connectés et de biomarqueurs digitaux, la solution sera distribuée par Servier en Europe. Le partenariat entre les deux sociétés, présenté à l’occasion du congrès de l’ESC 2019 à Paris en septembre, a été officialisé fin octobre.

    Cardicare propose plus précisément des programmes d’activité physique personnalisés aux patients ayant besoin d’une réadaptation cardiaque. Conçu dans le respect des recommandations de l’ESC et de l’American Heart Association (AHA), l’outil comprendra les modules suivants :
    • des questionnaires d’auto-évaluation, avec des échelles analogiques visuelles mesurant, entre autres, l’appétit, la fatigue, la perception de soi ;
    • un contenu d’éducation thérapeutique pour accompagner la réduction des facteurs de risques et augmenter l’adhésion du patient ;
    • un moteur de recommandations d’activité physique fournissant des plannings hebdomadaires personnalisés qui s’adaptent automatiquement aux antécédents et aux préférences du patient, grâce à un algorithme propriétaire. 

    La première version de Cardicare devrait être achevée en 2021. Dans les prochains mois, le dispositif sera évalué dans le cadre d’une étude clinique multicentrique de validation (France, Italie, Espagne et Portugal). L’objectif est de démontrer que la solution permet une amélioration de la capacité physique des patients ainsi qu’une meilleure observance aux programmes de réadaptation cardiaque prescrits. Les premiers recrutements sont prévus au cours du premier semestre 2020.

    Contexte : une sous-utilisation de la réadaptation cardiaque

    Le développement de Cardicare intervient dans un contexte où il est démontré que la pratique régulière d’une activité physique améliore la capacité physique et baisse la mortalité cardiovasculaire1.

    Malgré ces bénéfices reconnus, chez les patients ayant subi un infarctus du myocarde, la réadaptation cardiaque est sous-utilisée dans la plupart des pays. En France, une étude récente a montré un taux de participation de 22,7 %2.

    Par manque d’accompagnement, les patients qui participent à ces programmes ont ensuite du mal à suivre les recommandations d’activité physique de leur cardiologue.

  • Étude : un algorithme prédit la mortalité à 6 mois des patients souffrant de cancer (Jama)

    Des algorithmes d’apprentissage automatique ont permis d’identifier avec précision les patients à risque élevé de mortalité dans les 6 mois. Tels sont les résultats issus d’une étude* menée sur une cohorte de plus de 26 000 patients. Les chercheurs, issus de l’université de Pennsylvanie, estiment qu’un tel outil pourrait faciliter des conversations plus précoces entre patients et médecins sur le traitement et les préférences de fin de vie. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 25 octobre 2019 dans le Jama Network Open.

    L’intelligence artificielle pour préparer la fin de vie

    La majorité des patients atteints de cancer décèdent sans avoir bénéficié de soins palliatifs et sans avoir pu échanger sur leurs souhaits pour leur fin de vie. Préparer cette étape est pourtant un souhait exprimé par la plupart des malades ainsi que par leur entourage. Si ce temps d’échange fait défaut, c’est en partie parce que les oncologues ne parviennent pas à identifier avec précision les patients présentant un risque de mortalité à court terme. Soit par excès d’optimisme, soit parce que les outils actuels permettant d’estimer le risque de mortalité ne sont pas très performants. Ces derniers ne s’adaptent pas à tous les cancers et sont très consommateurs de temps pour rentrer les données des malades.

    Des chercheurs américains de l’université de Pennsylvanie ont donc émis l’hypothèse que des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning) pourraient identifier avec précision tous les patients cancéreux présentant un risque de mortalité à court terme. « Il est bien connu que la connaissance et l’exactitude des pronostics peuvent éclairer les conversations en temps opportun sur les objectifs de traitement et les préférences de soins des patients atteints de cancer, commente Ravi Parikh, MD, le principal auteur des travaux. Néanmoins, en utilisant les outils existants, les oncologues ne peuvent identifier qu’environ 30 % des patients qui mourront au cours de la prochaine année. »

    Trois algorithmes testés pour prédire la mortalité

    Les chercheurs ont développé, validé et mis en œuvre un algorithme d’apprentissage automatique permettant de prédire la mortalité dans un contexte d’oncologie générale à l’aide de données du dossier médical électronique.

    Quelque 26 525 adultes traités dans un grand centre universitaire de cancérologie et 10 cabinets communautaires affiliés ont été inclus dans l’étude et les patients ont été suivis jusqu’à 500 jours après la consultation oncologique.

    3 algorithmes (forêt aléatoire, renforcement de gradient et régression logistique) ont été testés. Ils reposaient sur plusieurs indicateurs, tels que l’âge du patient, le caractère métastatique du cancer et les lymphocytes.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 octobre 2019 dans le Jama Network Open.

    Résultats : plus de conversations médecin-malade

    • 51 % des patients identifiés comme « hautement prioritaires » par le système sont décédés dans un délai de 180 jours.
    • moins de 4 % des patients considérés comme « moins prioritaires » sont décédés dans le même laps de temps.
    • 5 mois après la mise en œuvre de l’intervention, le taux mensuel moyen de conversations a augmenté de 23 %.

    « Notre processus d’apprentissage automatique permettant de repérer les patients à haut risque en temps réel est tout à fait applicable, et notre approche consiste à stratifier les risques de manière utilisable, ce qui n’était tout simplement pas disponible pour nous auparavant, explique Ravi Parikh, principal auteur de l’étude. Avec un tel algorithme, les médecins de la clinique pourraient s’arrêter et se demander : « Est-ce le bon moment pour parler des préférences de ce patient ? » »

    Ces résultats vont maintenant être testés plus formellement dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé.

    Bientôt un algorithme de prévision de la mortalité à l’AP-HP 

    En juin 2019, des épidémiologistes français de l’AP-HP ont également mené une étude pluridisciplinaire qui s’est appuyée sur une méthode originale de machine learning afin de mettre au point un algorithme prédictif de la mortalité à un an chez les patients âgés atteints de cancer.

    Dans ce cas aussi, le modèle de survie utilisant la méthode d’apprentissage automatique s’est révélé plus performant pour prédire la mortalité à un an que le modèle statistique traditionnel. Implémenté via une interface web interactive, simple et rapide d’utilisation, il devrait prochainement être mis à disposition des cliniciens pour faciliter l’évaluation du pronostic de leurs patients âgés atteints de cancer. Par ailleurs, il fera l’objet d’évaluations complémentaires auprès de différents utilisateurs potentiels.