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  • Territoires d’innovation (AAP) : Strasbourg porte un projet pour déployer la e-santé à large échelle

    Déployer la e-santé en territoire à large échelle, en zone médicale dense tout comme dans des déserts médicaux. Tel est l’objectif du projet « Territoire de santé de demain » porté par la ville et l’Eurométropole de Strasbourg, décrypté à l’occasion du forum de l’IoT, qui s’est tenu le 24 octobre 2019 sur le thème « la vie connectée : le temps des changements ».

    La région Grand Est affiche des indicateurs de santé en deçà de la moyenne nationale et des disparités d’accès aux soins en région. Pour améliorer les indicateurs de santé, la ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont créé un consortium composé des plus grands acteurs de l’innovation, du soin et du numérique afin de proposer un schéma de soins qui réponde aux problématiques actuelles, sur les territoires urbains et ruraux.

    Le projet est l’un des 2 seuls lauréat « santé », sur 24 dossiers retenus, financés dans le cadre de l’appel à projets (AAP) « Territoires d’innovation », dont les résultats ont été annoncé en septembre par le premier Ministre Édouard Philippe.

    Health & Tech Intelligence détaille le programme strasbourgeois sur la base des propos tenus au cours du forum de l’IoT par Gaston Steiner, directeur délégué e-santé de l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg, Rémy Bañuls, directeur du développement économique et de l’attractivité de la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg (plateforme régionale d’innovation e-santé mutualisée entre les 33 communes de Strasbourg) et Bérengère Ray, directrice business développement santé à Docaposte.

    AAP « Territoires d’innovation »  : contexte

    L’appel à projets « Territoires d’innovation » vise à identifier, sélectionner et accompagner des projets qui incarnent une stratégie ambitieuse de transformation des territoires, associant les acteurs publics et privés, les populations et usagers, et les forces académiques et de recherche.

    « Territoire de santé de demain » : une enveloppe de 115 millions d’euros

    L’objectif est notamment d’accélérer l’intégration de l’innovation au niveau local. Sur les 24 lauréats, seuls 2 dossiers concernent la santé, dont « Territoire de santé de demain », porté par l’Eurométropole de Strasbourg.

    Les besoins financiers de ce projet sont évalués à 115 millions d’euros, dont 10 millions issus de subventions de l’État et 25 millions de prises de participation.

    Du local au national

    « Nous sommes un territoire d’excellence mais les services du premier Ministre attendaient aussi que nous montrions notre capacité à transformer en profondeur, » explique Rémy Bañul. L’Eurométropole s’est alliée avec deux territoires ruraux pour partager leurs problématiques spécifiques, différentes de celles de la ville en termes de vieillissement plus marquée et d’isolement. Dans cette dynamique, la gouvernance large avec de nombreux partenaires est un point fort, précise Gaston Steiner.

    L’ambition est aussi nationale « grâce a l’investissement d’industriels comme La Poste pour faire de la dentelle territoire par territoire et avoir des solutions déployables à grande échelle », ajoute Rémy Bañul.

    2 premiers projets ont démarré

    Après deux ans de travail intense, des premiers projets ont démarré, dont un suivi post-chirurgie bariatrique, avec évaluation à 6 mois de l’acceptabilité du patient, de la cohérence des données et de la valeur ajoutée pour le médecin. Une trentaine de patients est intégrée dans ce programme. Un deuxième projet dans le deuxième domaine ciblé qu’est l’autonomie est en cours pour détecter les risques de dénutrition en Ehpad par des objets connectés. 200 patients sont inclus dans ce programme.

    Les ambitions de Docaposte

    Selon Rémy Bañuls, l’un des axes de vigilance est d’être transposable dans d’autres territoires en évitant la juxtaposition de solutions, ce qui implique une réflexion forte sur le modèle économique. « Territoire de santé de demain » a démarré sur une échelle territoriale significative d’1 million d’habitants, avant de réfléchir à le réplique avec des partenaires impliqués comme Docaposte. « Nous nous sommes naturellement engagés auprès de l’Eurométropole car La Poste a choisi de faire de la santé un axe de développement stratégique, basé sur ses valeurs de confiance et de sécurité, et son maillage territorial », explique Bérengère Ray. La Poste va ainsi déployer ses moyens d’investissement pour trouver un bon modèle qui permette un déploiement à l’échelle industrielle.

    « Nous participons à la construction d’une plateforme d’accélération d’innovation [en apportant] notre savoir-faire sur les sujets de sécurité, de RGPD, d’interopérabilité, d’investissement », complète Bérengère Ray. Enfin, La Poste ambitionne d’apporter son contrat de confiance et de proximité pour privilégier l’humain. « Le télésuivi du diabète, par exemple, doit être accompagné dans les territoires pour gérer les questions de fractures sociales, territoriales et numériques au plus près de l’écosystème en place », indique la directrice business développement santé de Docaposte.

    Une intégration au territoire

    Une clé du succès est l’intégration à l’écosystème du territoire. Strasbourg, par exemple, est une ville pionnière sur le sport-santé sur ordonnance pour les personnes atteintes de certaines pathologies chroniques. « Nous avons agi de la même manière avec des sociétés savantes, des associations et des startups qui proposent des services humains et numériques », précise Gaston Steiner.

    Toute cette chaîne d’acteurs du numérique, de l’humain et du médico-social vont apporter les solutions pour le service au domicile du patient. « Nous n’apportons pas une solution réfléchie au nationale pour l’imposer dans le domicile mais nous regardons les problématiques locales et travaillons avec les acteurs, » ajoute Bérangère Ray.

    Des enjeux règlementaires et de responsabilité

    Le projet strasbourgeois intègre les outils nationaux tels que le dossier médical partagé (DMP). Les plus grands enjeux ne sont pas techniques mais organisationnels et réglementaires avec, par exemple, la question de la délégation de tâches aux infirmières dans le cade du télésuivi. Cela passe aujourd’hui par des dérogations données par les agences régionales de santé (ARS). « Demain, il faudra aller plus loin pour que, à chaque moment, le bon professionnel intervienne au bon moment, avec des process nouveaux à définir », indique Rémy Bañuls.

    Dans ce nouveau schéma, pour Docaposte, beaucoup de tâches simples, des interventions de niveau 1 et complémentaires, peuvent être faites par un agent de La Poste, comme vérifier que le matériel est branché.

  • L’Angleterre généralise la prescription électronique, la France poursuit des expérimentations

    Comme plusieurs pays scandinaves dès le début des années 2000, l’Angleterre généralise en novembre 2019 le recours aux prescriptions électroniques.

    Le gouvernement britannique a en effet annoncé le 19 octobre 2019 qu’avant la fin de l’automne, la plupart des ordonnances émises dans le pays seraient traitées sous forme numérique, permettant ainsi :
    • une meilleure communication entre les professionnels de santé, en particulier entre les prescripteurs et les dispensateurs ;
    • une réduction de la charge administrative qui pèse sur les professionnels de santé ;
    • une augmentation du niveau de sécurité des prescriptions ;
    • un plus grand contrôle des dépenses de santé ;
    • le développement de nouveaux usages.

    En France, la prescription électronique fait l’objet d’expérimentations visant une généralisation plus tardive qu’en Angleterre : la généralisation de la prescription électronique est prévue pour 2022 dans le cadre du plan Ma santé 2022. Malgré les avantages que pourraient amener les ordonnances numériques, des syndicats de médecins français alertent sur les potentielles dérives de ce nouveau mode de prescriptions et la nécessité de disposer d’une base de données non contrôlée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

    Généralisation du recours aux prescriptions électroniques en Angleterre

    Généralisation prévue pour novembre 2019

    La généralisation du recours aux prescriptions électroniques sera effective en novembre 2019 à travers toute l’Angleterre, a annoncé le 19 octobre 2019 Jo Churchill, sous-secrétaire d’État chargée de la prévention, de la santé publique et des soins primaires.

    Le service de prescription électronique (EPS) délivré par le National Health Service (NHS) achèvera donc dans le même temps son déploiement, qui a débuté en mars 2019 et était arrivé, en octobre 2019, à sa quatrième phase pilote.

    Ce que le passage à la e-prescription changera pour les patients du NHS

    Pour les patients britanniques, le passage à l’ordonnance numérique signifie :

    • que la plupart de leurs prescriptions seront désormais traitées électroniquement par leur médecin et leur pharmacien ;
    • qu’ils devront désigner à l’EPS la pharmacie où ils souhaitent recevoir les traitements prescrits par voie électronique ;
    • que le choix d’une ordonnance papier demeurera possible pour une délivrance de médicaments dans toute pharmacie.

    Jo Churchill a par ailleurs déclaré que cet « élément essentiel d’une refonte numérique des prescriptions de tous les patients britanniques (…) permettra d’accroître l’efficacité et le niveau de sécurité des traitements dont ils bénéficieront ».

    Avantages attendus de l’ordonnance numérique

    Les avantages attendus liés à l’utilisation massive d’ordonnances numériques ont été évalués sur la base des résultats obtenus par les pays ayant déjà adopté ce nouveau mode de prescription et des résultats d’une étude indépendante réalisée en avril 2016 en Angleterre.

    Selon ces évaluations, les avantages du déploiement de l’EPS en Angleterre seraient les suivants :

    • Une facilitation la communication entre les prescripteurs et les pharmaciens.

    La prescription électronique devrait favoriser une bonne coordination entre les équipes médicales et pharmaceutiques. En effet, le partage automatique des données et la possibilité pour le pharmacien de commenter les ordonnances numériques permettent à la fois de faciliter l’analyse pharmaceutique à l’officine et le retour d’informations vers le prescripteur.

    De plus, la généralisation de ces ordonnances permettrait de faciliter la visualisation de l’historique des prescriptions de chaque patient et ainsi d’optimiser l’analyse des ordonnances et la pertinence des conseils délivrés par le pharmacien.

    • Une diminution de la charge administrative qui pèse sur les professionnels de santé pour augmenter le temps médical ou pharmaceutique disponible.

    L’utilisation d’ordonnances numériques est associée à une automatisation de plusieurs tâches administratives liées au recueil et à l’analyse des prescriptions mais surtout à la transmission d’informations au NHS et aux systèmes de mutuelles et d’assurances santé. Cette automatisation de certaines tâches administratives devrait donc permettre une réduction de la charge administrative qui pèse sur les prescripteurs comme sur les pharmaciens.

    La gestion des stocks des pharmacies et des flux de patients à l’officine devrait par ailleurs être facilitée par le passage à la prescription numérique.

    Il est ainsi attendu que ce système permette de dégager pour les prescripteurs et les pharmaciens plus de temps médical ou pharmaceutique. Ces professionnels pourraient ainsi délivrer des soins, des conseils, une expertise de meilleure qualité à des patients alors plus conciliants.

    • Une augmentation le niveau de sécurité des prescriptions.

    Le recours à la e-prescription pourrait réduire le nombre d’ordonnances perdues chaque année par les patients.

    Les ordonnances numériques devraient par ailleurs apparaître plus lisibles que les ordonnances papier encore souvent manuscrites qui créent des confusions et occasionnent des erreurs de dispensation.

    La prescription électronique pourrait par ailleurs améliorer la traçabilité des médicaments délivrés.

    • Un meilleur contrôle des dépenses de santé.

    Le ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC) anglais a déclaré que l’EPS pourrait permettre au NHS d’économiser jusqu’à 300 millions de livres (348 M€) d’ici 2021.

    Depuis mars 2019, de nombreuses ordonnances ont déjà été transmises par voie numérique (68 % des ordonnances traitées en août 2019) : ces prescriptions électroniques ont déjà permis de réaliser des économies importantes.

    • un encouragement du développement de nouveaux usages.

    Enfin, la transmission par voie électronique des ordonnances permettrait d’accélérer, en Angleterre, le développement de nouveaux usages liés au numérique tels que la télémédecine et en particulier la téléconsultation pharmaceutique d’urgence.

    La prescription électronique en France

    Historique de la prescription électronique en France

    La prescription électronique est autorisée en France depuis la loi du 13 août 2004.

    En juillet 2010, l’ordonnance numérique avait été mentionnée par la ministre de la Santé de l’époque Roselyne Bachelot dans un discours présentant un plan de développement du dossier médical partagé (DMP) : « Seront […] expérimentés le DMP de l’enfant […] ou encore la prescription électronique », affirmait-elle.

    En 2012, le Comité de liaison des Institutions ordinales en Santé avait rendu une note d’orientation précisant les enjeux et un cadre pratique de mise en place de la e-prescription.

    En 2017, une première expérimentation avait été menée par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam).

    Aujourd’hui partie intégrante du plan Ma santé 2022, la prescription électronique de médicaments 2D (PEM2D) fait l’objet d’une nouvelle expérimentation visant à confirmer les résultats de la phase test de 2017 et à permettre une généralisation de la e-prescription d’ici 2022.

    L’expérimentation de l’Assurance maladie

    • Les acteurs de l’expérimentation PEM2D

    Dès 2017, le ministère a retenu le projet d’e-prescription de la CNAMTS et des syndicats de médecins et de pharmaciens (FSPF et UPSO).

    La première expérimentation a été menée dans 3 départements : le Val de Marne, la Saône et Loire et le Maine et Loire, où 53 médecins et 33 pharmaciens avaient été inclus dans l’étude et équipés de 2 logiciels médecins (Crossway, CLM / groupe Cegedim ou HelloDoc Imagine Editions / Compugroup) ou d’officines (LGPI,Groupe Pharmagest ou Smart RX Agile, SMART RX / groupe Cegedim). La nouvelle expérimentation de 2019 a lieu dans ces mêmes régions pilotes.

    • Objectifs des phases d’expérimentation

    La première phase d’expérimentation visait en particulier à éprouver entre médecins, pharmaciens et Assurance maladie une première solution de dématérialisation partielle.

    Cette solution s’appuyait sur un QR Code 2D imprimé par le médecin sur l’ordonnance remise au patient. Ce QR Code était alors lu par le pharmacien lorsqu’il délivrait l’ordonnance et transmettait les données à l’Assurance maladie sous forme structurée et compressée. Cependant, la lecture des QR Code n’a pas été optimale.

    Ainsi, la deuxième phase d’expérimentation lancée au début de l’année 2019 vise à tester une base de données partagée par les médecins et les pharmaciens facilitant la visualisation des ordonnances numériques : il s’agit de passer d’ordonnances semi-électroniques à des prescriptions totalement digitalisées.

    Déploiement prévu par Ma Santé 2022 : chronologie

    Le schéma suivant, extrait d’une présentation réalisée par l’Assurance maladie en mars 2019 lors de la Journée des métiers de la médecine, de la chirurgie et de l’obstétrique (MCO), résume les prochaines étapes du déploiement de la prescription électronique :

    Ce que la prescription électronique pourrait changer en France

    Les avantages recherchés par les acteurs français de la santé s’approchent des changements espérés par les décideurs du NHS anglais.

    Ces acteurs attendent en particulier que la prescription électronique :

    • facilite la communication entre les équipes médicales et officinales ;
    • permette de contrôler les dépenses de santé. Plus d’un milliard de feuilles de soins sont traitées chaque année. Or, selon la CNAMTS, le traitement d’une feuille de soins électronique ne coûte que 0,27 € en moyenne, contre 1,74 € pour une feuille de soins papier reçue par la poste. Il en résulterait une économie de 1,5 milliards d’euros par an, hors dépenses informatiques ;
    • participe à la lutte contre la fraude (vols d’ordonnanciers, falsifications d’ordonnances, etc.) dont l’ampleur est chaque année constatée par les enquêtes OSIAP (Ordonnances Suspectes, Indicateur d’Abus Possible) ;
    • encourage le développement de nouveaux services tels que des centres d’appels spécialisés dans le médicament permettant d’obtenir 24h/24 des informations sur une prescription.

    En fait, la prescription électronique apparaît comme une technologie complémentaire au dossier médical électronique et à la télémédecine.

    Cependant, des syndicats de médecins tels que le Syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UFML-S) enjoignent l’Assurance maladie à ne pas ouvrir une base de données lui appartenant comme support à la e-prescription. En effet, en mars 2018, le syndicat émettait par communiqué une alerte concernant un potentiel conflit d’intérêt : « la PEM2D aux mains de l’Assurance Maladie est la porte ouverte à la médecine protocolisée [guidée] par des intérêts économiques », au non respect du secret médical alors ouvert aux employés de la sécurité sociale, au détriment de la liberté des prescripteurs comme des patients, affirmait en 2018 l’UFML-S.

  • Les dépenses de santé dans la zone OCDE devraient dépasser la croissance du PIB d’ici 2030 (rapport)

    Les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018 : elles dépasseront ainsi la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans la quasi totalité des pays de la zone. C’est ce que révèle le Panorama de la santé 2019 de l’OCDE, publié le 7 novembre 2019.

    Dans le détail, l’organisation indique que les États-Unis est le pays qui a dépensé le plus dans le secteur de la santé en 2018, avec 16,9 % de son PIB. Suivent ensuite :
    • la Suisse : 12,2 % de son PIB ;
    • l’Allemagne, la France, la Suède et la Japon : 11 % de leur PIB.
    A contrario, certains pays affichent des dépenses de santé inférieures à 6 % de leur PIB, comme le Mexique, la Lettonie, le Luxembourg et la Turquie, avec un taux à 4,2 %.

    Les auteurs du rapport notent que les dépenses pourraient, de manière générale, être plus efficaces dans les domaines des médicaments génériques, de l’organisation des professionnels de santé (en transférant certaines tâches des médecins vers les infirmiers ou d’autres profesionnels) et de la sécurité des patients.

    La panorama met par ailleurs en avant « des tendances préoccupantes pour ce qui est des résultats sur le plan de la santé et des modes de vie malsains », relevant que l’espérence de vie progresse moins vite dans la plupart des pays de l’OCDE, en particulier aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. La consommation d’alcool, de tabac et d’opioïdes ainsi que l’obésité sont notamment pointés du doigt.

    À noter : Les indicateurs de l’édition 2019 de ce panorama ainsi que les notes par pays seront disponibles ldébut décembre.

    « les systèmes de santé peuvent et doivent faire mieux pour améliorer la santé de nos populations, commente Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE. Il est essentiel, si nous voulons affecter des ressources là où elles auront le plus d’impact, d’évaluer comment les systèmes de santé transforment la vie des individus pour le meilleur. »

    Génériques, organisation et sécurité des patients : des améliorations possibles

    Dans son panorama, l’OCDE indique que les dépenses pourraient globalement être plus efficaces dans les domaines suivants :

    • les médicaments génériques : le recours à ces produits pourraient permettre de réaliser des économies, note l’OCDE, mais actuellement ils ne représentent que la moitité du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de la zone.
      •  En 2017, « les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse », précise l’organisation ;
    • la répartition des tâches des professionnels de santé : selon le rapport, transférer certaines tâches effectuées par les médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer la pression des coûts et permettre de gagner en efficacité. « Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui plus de travailleurs que jamais auparavant, les soins et les services sociaux représentant environ un emploi sur dix dans les pays de l’OCDE », contextualise l’organisme.
    •  la sécurité des patients : l’améliorer est bénéfique pour la santé et peut aussi permettre de réaliser des économies, commentent les auteurs du rapport, relevant que près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017.

    L’espérance de vie progresse moins vite dans la plupart des pays

    L’espérence de vie moyenne dans la zone OCDE est de 81 ans. L’organisation note que, depuis peu, elle progresse moins vite dans la plupart des pays, notamment aux États-Unis, en France et aux Pays-Bas. « L’année 2015 a été particulièrement mauvaise, l’espérance de vie ayant reculé dans 19 pays », indique-t-elle.

    Une augmentation de l’obésité et du diabète

    Cette évolution est notamment liée à la prévalence croissante de l’obésité et du diabète, « qui n’a pas permis de maintenir les progrès accomplis précédemment en matière de réduction des décès dus aux maladies cardiaques et aux AVC », analyse l’OCDE. Les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays de l’OCDE : 56 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants âgés de 5 à 9 ans sont en surpoids.

    À noter également que les maladies respiratoires, comme la grippe et la pneumonie, ont entraîné davantage de décès ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.

    Le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé dans certains pays

    Le problème des opioïdes est également mis en avant dans le rapport. Depuis 2011, les décès liés à ces substances ont augmenté d’environ 20 % dans les pays de l’OCDE, faisant environ 400 000 victimes aux États-Unis. Le nombre de décès dus aux opioïdes est également assez élevé aux au Canada, en Estonie et en Suède.

    La consommation de tabac et d’alcool reste préoccupante 

    « Le tabac [et] l’alcool continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie », observe par ailleurs l’OCDE :

    • les taux de tabagisme diminuent mais 18 % des adultes fument encore quotidiennement ;
    • la consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an dans les pays de l’OCDE, soit près de 100 bouteilles de vin : près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.

    La pollution atmosphérique également pointée du doigt

    La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants dans les pays de l’OCDE. Les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés dans des pays comme l’Inde et la Chine, avec environ 140 décès pour 100 000 habitants.

    Facteurs de risques pour la santé dans les pays de l’OCDE

    Panorama de la santé 2019 dans les pays de l’OCDE (en anglais)

  • L’AP-HP et Tribvn Healthcare lancent SOSlide, une plateforme de second avis dédiée aux pathologistes

    Permettre aux pathologistes d’« accéder à un réseau de correspondants qualifiés afin d’obtenir rapidement et sans contrainte géographique un avis spécialisé. » C’est l’objectif de la plateforme SOSlide (pour « Second opinion slide »), présentée par l’AP-HP et la société Tribvn Healthcare lors du congrès Carrefour pathologie organisé à Paris du 4 au 7 novembre 2019. Le développement de ce projet fait l’objet d’un partenariat de 5ans entre les deux entités, annoncé en novembre 2018.

    La plateforme « se substitue à l’envoi traditionnel par courrier qui occasionne des délais de traitement et des risques de perte » et « permet ainsi de réduire considérablement le temps de prise en charge » mais aussi de « garder une traçabilité des échanges et des échantillons », précisent les 2 partenaires dans un communiqué daté du 4 novembre.

    Les lames de verre traditionnellement lues au microscope sont numérisées via un scanner de lames puis transmises de manière sécurisée à l’anatomopathologiste, qui peut alors réaliser son diagnostic sur son ordinateur « et à distance du lieu de prise en charge du patient » grâce à « une image d’une excellente définition » et à « des possibilités de zoom comparables à celles du microscope ».

    SOSlide est ouverte à tous les pathologistes français, qu’ils exercent en milieu hospitalier ou libéral. L’inscription se fait sur le site www.soslide.org mais nécessite la mise en place d’un contrat entre Tribvn Healthcare et la structure d’exercice du professionnel pour la gestion de la facturation – la rémunération se fait par le biais d’un système de paiement à l’usage.

    Description du fonctionnement de la plateforme SOSlide :

  • AVC : l’hôpital Foch développe une appli de suivi et de coordination des soins par géolocalisation

    « Suivre en temps réel l’arrivée d’une victime » d’un accident vasculaire cérébral (AVC) pour « faciliter la coordination des équipes de santé » et des moyens de transport, et « permettre une réduction des délais de diagnostic et de prise en charge des patients. » C’est l’objectif de l’application de géolocalisation Alert’AVC, lancée par l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) à l’occasion de la journée mondiale des AVC le 29 octobre 2019, après 12 mois de développement.

    Téléchargeable via IOS ou Androïd, l’application Alert’AVC  est utilisable par les professionnels de santé après authentification.

    L’AP-HP précise dans un communiqué daté du 30 octobre que les deux lignes de traitement des AVC qui existent actuellement en France, la thrombolyse et la thrombectomie, nécessitent toutes deux « une prise en charge extrêmement rapide de la victime » et la coordination de 10 à 15 professionnels : Samu, pompiers, infirmières, neurologues, radio-neurologues, anesthésistes et chirurgiens. « Chaque demi-heure perdue représente 15 % de chance de récupération en moins » pour une victime d’AVC, souligne le neurologue Bertrand Lapergue, coordinateur scientifique du projet. « Cette connaissance précise de l’arrivée des victimes dans un centre de soins spécialisé est fondamentale : elle détermine l’efficacité des nombreuses avancées thérapeutiques actuelles. »

    L’hôpital Foch souligne qu’une personne est touchée par un AVC en France toutes les 4 minutes (chiffre Inserm) mais aussi que ces accidents représentent « la première cause de handicap acquis chez l’adulte » et « la première cause de mortalité des femmes en France ». Un quart des personnes victimes d’un AVC en décèdent, la moitié survivent avec un handicap.

    Description du fonctionnement de l’application Alert’AVC :

  • Doctrine technique du numérique en santé : les chapitres Health Data Hub et e-precription publiés

    Urbanisation des SI de santé ; Health Data Hub ; programme de transformation numérique des ESMS ;  modernisation des SI en établissements de santé ; certification SIH ; e-prescription : il s’agit des 6 nouveaux chapitres de la doctrine technique du numérique en santé, mis en ligne par l’Asip Santé  – rebaptisée « Agence du numérique en santé » – le 6 novembre 2019 sur un espace dédié, accessible via ce lien, et sur lequel les acteurs du secteur sont invités à réagir.

    Les autres éléments déjà publiés sont les suivants :
    • schéma d’architecture cible ;
    • interopérabilité des systèmes d’information de santé (SIS) ;
    • sécurité des systèmes d’information ;
    • MSSanté pour l’échange d’information de santé (MSSanté) ;
    • services numériques de coordination pour les parcours de santé.
    H&TI présente ces parties en détail dans un article dédié, ici.

    L’espace web consacré à la doctrine permet à tout acteur de la santé qui le souhaite d’accéder aux éléments constitutifs du document, progressivement mis en concertation publique « pour être débattus et enrichis tant sur le fond que sur la forme jusqu’à fin décembre 2019« , est-il précisé.

    Les chapitres restants seront mis en ligne dans les semaines à venir, indique l’Asip. Les acteurs peuvent déposer leurs propositions et commentaires dans les espaces dédiés (un lien est accessible sous le titre de chacun des chapitres) ou par le biais d’un formulaire de contact, accessible en suivant ce lien.

    Présentation des 6 nouveaux chapitres publiés

    Urbanisation des SI de santé

    • Ce chapitre présente les règles à suivre pour assurer la cohérence de l’ensemble des systèmes d’informations de santé ;
    • appelle à décliner les principes d’urbanisation des SI de santé, issus du cadre d’urbanisation européen et du cadre d’urbanisation des SI de l’État.

    Le cadre d’urbanisation des SI de santé est également publié avec ce chapitre sur la plateforme de concertation.

    Synthèse des actions clés :

    Health Data Hub

    Le dispositif vise  :

    • à faciliter l’accès et l’usage des données ;
    • à appuyer la collecte et la standardisation du patrimoine de données ;
    • à lancer des appels à projets pour accompagner des projets emblématiques et développer des nouveaux services.

    Synthèse des actions clés :

    Programme de transformation numérique des ESMS

    Ce programme vise, en développant l’usage du numérique, à accompagner la transformation :

    • de l’offre des établissements et services médico-sociaux (ESMS) ;
    • les services d’aide et d’accompagnement à domicile pour personnes handicapées et pour personnes âgées.

    Synthèse des actions clés :

    Modernisation des SI en établissements de santé (programme Hop’en, Simphonie et convergence des SI de GHT)

    Ce chapitre vise à présenter :

    • les axes de modernisation des systèmes d’information des établissements de santé ;
    • les modalités d’accompagnement proposées par les services de l’état.

    Synthèse des actions clés :

    Certification SIH

    En lien avec le programme de modernisation des SI des établissements de santé, le dispositif de certification SI est constitué :

    • d’une part d’un référentiel de certification ;
    • d’autre part de modalités de contrôle permettant de s’assurer du bon recueil des informations nécessaires au référentiel.

    Synthèse des actions clés :

    E-prescription

    • La e-prescription vise à moderniser la relation médecin-pharmacien.
    • Elle permet de dématérialiser et de fiabiliser les échanges entre les prescripteurs et les professionnels qui délivrent les prestations prescrites, contribuant ainsi à l’amélioration de la coordination des soins entre professionnels

    Synthèse des actions clés :

    DOCTRINE TECHNIQUE : UNE DÉCLINAISON EN 5 PARTIES 

    Les chapitres publiés apparaissent en gras.

    I. La démarche, la doctrine et le schéma d’architecture cible

    • 1 – Sommaire, objet et glossaire du document
    • 2 – Synthèse
    • 3 – Macro-planning récapitulatif
    • 4 – Schéma d’architecture cible

    II. Fondations des systèmes d’information de santé et référentiels socles

    • 1 – Ethique
    • 2 – Urbanisation des SI de santé
    • 3 – Interopérabilité des systèmes d’information de santé
    • 4 – Sécurité des systèmes d’information
      • 4.1. Politique générale de sécurité des systèmes d’information de santé (PGSSI-S)
      • 4.6. Identité du patient dans sa prise en charge sanitaire et médico-sociale, identifiant national de santé (INS)
      • 4.7. Sécurité opérationnelle
    • 5 – Offre de santé

    III. Les services numériques socles

    • 1 – Le Dossier médical partagé (DMP) pour le partage des documents et constantes de santé
    • 2 – MSSanté pour l’échange d’information de santé (MSSanté)
    • 3 – e-Prescription
    • 4 – Services numériques de coordination pour les parcours de santé

    IV. Les plateformes numériques de santé

    • 1 – ENS
    • 2 – Bouquet de services pro
    • 3 – Health Data Hub

    V. Soutenir l’innovation et favoriser l’engagement des acteurs

    • 1 – Télésanté : télémédecine et télésoin
    • 2 – Programme HOP’EN – Soutien à la modernisation des SI des établissements de santé « ouverts sur leur environnement »
    • 3 – Programme de transformation numérique des ESMS
    • 4 – Système d’évaluation : contrôle de conformité, labels, certification
      • 4.3. SI en ES : Certification des SIH
    • 5 – Lab e-Santé
    • 6 – Réseau national de structures 3.0
  • Health Data Hub : signature de la convention constitutive ; un nouvel AAP envisagé d’ici fin 2019

    Un nouvel appel à projets (AAP) dédié au Health Data Hub (HDH) est envisagé d’ici la fin 2020 – les 10 lauréats (sur 189 dossiers reçus) du premiers AAP ont été dévoilés en avril 2019. C’est ce qu’annonce à la presse Stéphanie Combes, cheffe du projet HDH à la Drees, dans le contexte de la signature de la convention constitutive du hub, le 6 novembre 2019, qui acte la constitution juridique du HDH. À noter par ailleurs que le chapitre dédié au dispositif de la doctrine technique du numérique en santé vient d’être publié par l’Asip Santé et que la plateforme technologique de mise à disposition des données de santé doit être lancée au cours du premier semestre 2020.

    La signature de cette convention constitutive officialise la transformation de la structure de l’Institut national des données de santé (INDS) vers le Health Data Hub. Une nouvelle convention qui a été approuvée par les membres de l’INDS.

    L’action 17 de la feuille de route du numérique en santé présentée en avril prévoyait le lancement du hub d’ici la fin de l’année. Cette nouvelle plateforme des donnés de santé vise à se substituer à l’INDS tout en élargissant ses missions, qui seront de réunir, d’organiser et de mettre à disposition les données du système national des données de santé (SNDS). L’objectif est d’enrichir ce dernier avec d’autres sources, dont l’ensemble des données collectées lors des actes pris en charge par l’Assurance maladie.

    Health Data Hub : synthèse des actions clés

    Source : doctrine technique du numérique en santé

    Health Data Hub : état des lieux

    Contexte

    En octobre 2018, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a fixé comme objectif la création de la structure juridique du Health Data Hub avant la fin de l’année 2019 (signature de la convention constitutive) et la réalisation d’une première phase de test sur des projets pilotes (AAP) afin de démontrer des résultats concrets dès cette année.

    Le chapitre « Health Data Hub » de la doctrine technique du numérique en santé présente les principaux jalons pour 2019, qui sont les suivants :

    • lancer des appels à projets afin de co-construire l’offre de services et d’enrichir le catalogue de données (publication d’un premier appel à projet fin janvier 2019 et annonce des lauréats en avril 2019, un deuxième appel devrait être réalisé d’ici la fin 2019) ;
    • l’adoption de la loi le 24 juillet 2019, qui crée le groupement d’intérêt public « Health Data Hub » en remplacement de l’INDS et la signature de la convention constitutive pour fin 2019 ;
    • le test de la plateforme technologique et de l’offre de services par des projets pilotes (fin 2019) ;
    • la détermination de la gouvernance de l’accès aux données, de la première version du catalogue de données et de premiers scénarios de modèle économique (fin 2019) ;
    • l’ouverture des services à tous (début 2020).

    Un groupement d’intérêt public (GIP)

    La plateforme des données de santé prendra la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), constitué entre l’État, des organismes assurant une représentation des malades et des usagers du système de santé, des producteurs de données de santé et des utilisateurs publics et privés de données de santé, y compris des organismes de recherche en santé, est-il précisé dans la doctrine technique du numérique en santé.

    Le nouveau groupement sera composé des membres de l’INDS actuel. Il reprendra les missions de ce dernier, notamment :

    • le secrétariat unique par lequel transitent toutes les demandes d’accès des porteurs de projet à des bases de données, hors recherches impliquant la personne humaine ;
    • l’accompagnement des utilisateurs ;
    • la contribution à la mise en place de procédures simplifiées en accord avec la Cnil.

    Il assurera également « la mise à disposition des données du SNDS élargi (et dans ce cadre étendra la liste de ses membres aux organismes utilisateurs et producteurs de ces nouvelles données disponibles), la promotion de l’innovation et la réalisation de traitements de données pour le compte d’un tiers », est-il indiqué (doctrine technique).

    Un enrichissement du SNDS

    L’objectif étant de démultiplier l’utilisation des données du SNDS, celui-ci sera enrichi notamment :

    • des données cliniques collectées lors des actes pris en charge par l’Assurance maladie (résultats d’analyse de biologie, imagerie, compte-rendu médicaux, etc.) ;
    • des données à caractère personnel des enquêtes dans le domaine de la santé ;
    • des données recueillies lors des visites médicales et de dépistage obligatoires ;
    • des données recueillies par les services de protection maternelle et infantile ;
    • des données de santé recueillies lors des visites d’information et de prévention.

    Un premier AAP lancé en 2019

    Les 10 lauréats du premier appel à projets Health Data Hub ont été dévoilés en avril 2019.

    L’accompagnement des projets pilotes a pour objectif de préparer l’industrialisation des services en vue de leur ouverture plus large à la communauté courant 2020.

    « Cette offre de service couvrira différentes opérations comme l’appui à la collecte de données chez le producteur, la préparation du jeu de données (appariées ou non) pour le porteur, la mise à disposition d’un espace informatique sécurisé pour permettre l’analyse des données avec des outils à l’état de l’art sans que ces dernières ne sortent de la plateforme, la mise à disposition d’expertises, etc. », est-il expliqué dans la doctrine technique.   

  • PLFSS 2020 et lutte antifraude : 2 élues proposent un « cachet électronique » pour la carte Vitale

    « Désactiver en temps réel » la carte Vitale en fin de droits, et pour ce faire décider que les ajouts de données de la base de la Cnam seront « vérifiés par les professionnels de santé ». C’est ce que propose le rapport remis le 6 novembre 2019 par la députée Carole Grandjean (LREM, Meurthe-et-Moselle) et la sénatrice Nathalie Goulet (UDI, Orne) sous le titre « Lutter contre les fraudes aux prestations sociales, un levier de justice sociale pour une juste prestation », aboutissement d’une mission confiée en mai par le Premier ministre Édouard Philippe.

    Nathalie Goulet a déposé sur la base de cette mission un amendement au PLFSS proposant une « désactivation automatique de la carte Vitale » en cas de perte des droits. La sénatrice relève dans son exposé sommaire qu’« il n’existe à ce jour aucun lien ni aucune interface [permettant cette procédure alors qu’]il y a en France des cartes Vitale en grand surnombre ». Les auteurs du rapport soulignent que l’application de cette mesure, « rendrait inutile la proposition » d’une carte Vitale « de validité limitée dans le temps », émises en septembre 2019 par les deux rapporteures lors de la présentation de leurs premières conclusions.

    Les deux élues proposent l’utilisation du cachet électronique visible* (CEV) par les administrations ou organismes du service public qui « délivrent des documents administratifs ou pièces justificatives », et notamment les cartes Vitale. Elles estiment que ce mode de sécurisation mis en place en 2019 par le Crous « offre une garantie de fiabilité à tous types de documents ». Convaincue par l’audition de l’Association internationale de gouvernance du cachet électronique visible (AIGCEV), Nathalie Goulet a déposé un amendement au PLFSS afin d’«étendre la pratique de ce certificat aux attestations de cartes vitale, les rendant ainsi infalsifiables ». Un autre amendement de sa part propose la suppression de la photo d’identité sur la carte Vitale, jugeant qu’elle « n’apporte aucune sécurité complémentaire dans le cadre de la lutte contre la fraude ».

    À noter que le PLFSS 2020 sera examiné par le Sénat en séance publique à partir du 12 novembre 2019.

    Des propositions en faveur de l’interconnexion des fichiers

    Carole Grandjean et Nathalie Goulet estiment dans leur rapport que « l’amélioration des systèmes de renseignement, notamment dans la centralisation des informations  (décès, etc.), passera nécessairement par un renfort de l’interconnexion des données entre organismes de protection sociale » et par « une alimentation automatique des fichiers sur le format « dites-le nous une fois » ».

    Des mesures présentées pour améliorer le RNCPS

    Les deux élues formulent par conséquent plusieurs propositions pour améliorer le RNCPS (Répertoire national commun de la protection sociale), fichier créé en 2006. Il s’agit notamment pour elles :

    • de « faire pleinement participer l’ensemble des organismes octroyant des prestations d’aides sociales au dispositif d’interconnexion », « caisses de façon annexe, mais également collectivités et CIAS/CCAS (Centres intercommunaux et communaux d’action sociale) » ;
    • de « permettre des demandes de renseignements massifiées à l’ensemble des acteurs du dispositif simultanément » ;
    • de prévoir « un guichet accessible pour chaque assuré social par une e-carte d’identité, cumulant les avantages de la carte Vitale » et de la carte européenne d’assurance maladie ;
    • de renforcer la Dinsic (Direction interministérielle du numérique et des systèmes d’information), devenue récemment la Dinum (Direction interministérielle du numérique), dans ses missions de « contribution à l’organisation de l’interconnexion des données à visée de la juste prestation ».

    « À ce jour, la plupart des échanges entre organismes se font sur processus d’interrogations individuelles », regrettent les deux parlementaires, qui appellent de leurs vœux « une démarche automatisée », avec pour objectif une situation dans laquelle « l’identifiant NIR étant correctement renseigné, l’ensemble des dispositifs accordés sous gestion seraient accessibles sur format consolidé pour l’ensemble des opérateurs et désormais des assurés sociaux ».

    L’exemple de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale belge

    Les rapporteures donnent en exemple la Banque Carrefour de la Sécurité sociale belge, « une plateforme d’interconnexion des données entre organismes et administrations, sans stockage des données, qui restent stockées au sein de chaque institution afin de renforcer la sécurisation ». Au sein de cette base, « l’actualisation des données alimente chaque organisme en simultané et empêche des écarts de déclarations, erreurs ou fraudes», grâce aux « contrôles et recoupement de données ».

  • Asie : MyDoc (Singapour) et l’assureur BaoViet déploient des services de santé numériques au Vietnam

    La société singapourienne MyDoc, qui propose l’une des principales applications de téléconsultation en Asie, signe un accord avec BaoViet, l’une des plus importantes sociétés d’assurance du Vietnam avec une part de marché de 40 %. L’objectif de cette alliance est de développer des cliniques numériques (solutions de e-santé) au Vietnam afin d’améliorer l’accès aux soins au sein du pays. Selon les 2 partenaires, qui ont annoncé leur alliance début novembre 2019, c’est la première fois qu’un service de clinique cashless est proposé aux titulaires d’une assurance maladie au Vietnam.

    Le service sera déployé par étapes, avec des médecins locaux agréés du groupe de cliniques DHA, établissement partenaire, et un grand groupe de pharmacies multi-sites. Les adhérents de l’assurance BaoViet pourront accéder gratuitement à une conciergerie numérique et à des services de santé à valeur ajoutée sur leur téléphone mobile, dont des téléconsultations et la e-prescription, en anglais mais aussi en vietnamien.

    En dehors du Vietnam, MyDoc étend actuellement ses activités à Hong Kong, en Thaïlande, aux Philippines et en Inde, où il exploite des cliniques virtuelles et physiques pour les employés du siège de son investisseur UST Global.

    À noter que la start-up n’est pas la seule société singapourienne à s’intéresser au marché vietnamien. Depuis le mois de septembre, Doctor Anywhere, une plateforme de télémédecine de la cité-État, a conclu deux accords respectifs avec deux entreprises vietnamiennes pour déployer des services de e-santé au sein du pays.

    « Des normes et des procédures strictes » pour sélectionner les partenaires cliniques

    « Nous sélectionnons soigneusement les meilleurs partenaires cliniques à travers une série de normes et de procédures strictes, indique le Dr Snehal Patel, P.-D.G. et cofondateur de MyDoc dans un communiqué. Toutes les équipes cliniques sont tenues de suivre une formation clinique et sur les produits [mais aussi de] passer des consultations tests avant d’obtenir la certification. Ce n’est qu’en faisant passer nos patients au premier plan que nous pourrons fournir des soins de qualité aux 600 millions de personnes en Asie du Sud-Est. »

    MyDoc multiplie les partenariats avec les compagnies d’assurance

    MyDoc a récemment noué des partenariats avec d’autres compagnies d’assurance telles que Prudential, en 2019, et AIA, en 2018, pour offrir à leurs clients respectifs un système intégré de gestion de santé ou de dépistage, généralement au moyen d’applications destinées aux clients conçues par les compagnies d’assurance.

    « Nous simplifions le processus de réclamation de l’assurance maladie et nous nous attaquons au manque de capacité dans le domaine des soins en réduisant les réadmissions à l’hôpital, commente le Dr Snehal Patel (communiqué). Notre modèle de passerelle intégrée offre plus qu’un accès rapide aux meilleurs soins. Nos équipes de recherche clinique peuvent utiliser des millions d’études réalisées sur des données cliniques anonymisées sur sept ans pour identifier les modèles de maladie et leurs traitements. Nous permettons aux fournisseurs leaders comme BaoViet d’obtenir les bons soins au bon moment et de les pratiquer hors des hôpitaux. »

    Le Vietnam attire les start-ups de e-santé singapouriennes

    Un taux d’inflation médicale en hausse

    Le Vietnam affiche actuellement le taux d’inflation médicale le plus élevé d’Asie (14,2 %). Selon les chiffres officiels, d’ici 2021, le pays devrait dépenser 22,7 milliards de dollars (20,48 Mds €) dans le domaine des soins, soit une augmentation de 12,5 % par rapport à 2017 (16,1 Mds USD ; 14,52 Mds €).

    Doctor Anywhere a signé 2 accords avec des sociétés vietnamiennes depuis septembre

    Les sociétés de e-santé basées à Singapour ont récemment étendu leur présence au Vietnam.

    En septembre 2019, Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine de la cité-État, a signé un accord de coopération stratégique avec Bao Minh Insurance, un autre grand groupe d’assurance vietnamien. Le but de ce partenariat est de regrouper sur une plateforme unique une série de services de santé en ligne et hors ligne, notamment de téléconsultation et de délivrance de médicaments, un marché en ligne pour les achats en matière de santé et de bien-être ainsi que des services de santé à domicile.

    Doctor Anywhere a également signé en octobre un accord avec ViettelPay, une société qui appartient à Viettel, le plus grand opérateur de téléphonie mobile du Vietnam. Par le biais de cette alliance, les clients de ViettelPay vont pouvoir se connecter directement à la clinique virtuelle de Doctor Anywhere pour consulter un médecin et accéder à une gamme de services de bien-être directement sur l’application ViettelPay.

  • Maladies rares : les European reference networks (ERN), un outil intéressant mais complexe (colloque)

    « Le DMP représente une avancée réelle dans le cadre de la prise en charge » des patients atteints de maladies rares par les services d’urgence, car ces pathologies « nécessitent des connaissances très spécifiques et des précautions thérapeutiques auxquelles les professionnels de santé concernés n’ont jamais été confrontés ou sensibilisés ». C’est ce qu’estime Jean-Philippe Plançon, président de l’Association française contre les neuropathies périphériques (AFNP), intervenu lors de la table ronde « La digitalisation est-elle une chance pour les maladies rares ? », organisée le 5 novembre 2019 dans le cadre de la 6e édition des Rencontres RARE à Paris. « Le DMP représente dans ce cas une protection non seulement pour le malade mais aussi pour l’équipe », souligne le spécialiste.

    Le Dr Christine Bodemer, chef du service de dermatologie de l’hôpital Necker-Enfants malades (APHP), a détaillé de son côté les activités de l’ERN Skin de l’AP-HP, dont elle est coordinatrice. Les ERN (European reference networks) sont des réseaux virtuels de professionnels de santé lancés depuis 2017 au niveau européen pour faciliter la discussion sur des affections complexes ou rares. « Cet outil est fantastique dans l’esprit », juge le médecin, regrettant dans les faits « sa complexité, le temps qu’il prend » et « le personnel nécessaire pour qu’il devienne fluide ».

    ERN : un outil pour construire un panel de discussion sur un cas précis

    L’organisation d’un ERN est « assez similaire à celles des RCP (réunions de concertation pluridisciplinaires) au niveau national », indique le Dr Christine Bodemer : « Quand il y a la volonté de discuter d’un cas entre plusieurs experts de pays différents, on construit un panel de discussion, et tous les membres d’un ERN peuvent faire cette demande. »

    Une anonymisation de la fiche patient

    La fiche du patient, nominative au départ, est « rapidement anonymisée » : « comme les maladies sont très rares on reconnait facilement un patient » mais « tout est fait » pour le respect de la confidentialité des données.

    La problématique des réglementations propres à chaque pays européens

    « Toute la difficulté et la complexité » des ERN résident selon elle dans l’impératif de « respecter les réglementations de chaque pays européen, qui sont complexes et très différentes les unes des autres ».

    Elle cite en exemple la « fiche de consentement » que le médecin référent doit faire signer par le patient : ce seul processus peut prendre « plusieurs mois » pour avoir l’accord des différents pays sur la fiche d’information.