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  • Diabète : Health2Sync (Taïwan) lève 6 M. USD et cherche à se développer au Japon

    La société de gestion du diabète taïwanaise Health2Sync a levé 6 millions de dollars (5 M. €) début décembre dans le cadre d’un ronde de financement de série B menée par Sompo Holdings, l’une des plus grandes compagnies d’assurance japonaises.

    L’entreprise a déclaré que ce nouveau fonds servira à développer ses activités au Japon mais aussi à améliorer ses services axés sur l’analyse de données et à créer des fonctionnalités spécifiques dédiées à ses partenariats avec les groupes d’assurance santé.

    Gestion du diabète : le Japon est l’un des marchés les plus attractifs au monde

    « Le Japon est l’un des plus grands marchés mondiaux pour les dépenses liées au diabète, a déclaré dans un communiqué Ed Deng, cofondateur et P.-D.G. de Health2Sync. Il est crucial d’avoir un partenaire local car il peut être perçu comme un marché difficile à pénétrer. »

    Des politiques favorables

    « D’après nos observations, le gouvernement japonais a mis en place des politiques et accordé des fonds pour les soins du diabète et la prévention des complications [de la maladie] », a précisé M. Deng au site MobiHealthNews.com.

    Health2Sync cible le Japon depuis 2016

    Health2Sync a été fondée en 2013. En août 2016, l’entreprise a recueilli 3 millions de dollars (2,5 M. €) dans le cadre d’un tour de table mené par un groupement d’entreprises de la Silicon Valley et d’Asie. Elle avait alors déclaré que cette somme serait utilisée pour étendre son programme en dehors de Taïwan et plus précisément dans les marchés environnants.

    La société avait anoncé qu’elle se concentrerait sur le marché japonais en raison du taux de pénétration élevé des smartphones et de l’importance des connaissances en matière de santé au sein du pays. La Chine l’intéresse également mais pas dans l’immédiat, avait-elle ajouté à l’époque.

    Health2Sync : une analyse des données de santé en temps réel

    Health2Sync fournit une plateforme de gestion du diabète comprenant une application pour les patients, un câble qui relie différents types de glucomètres à un smartphone et un moteur d’analyse de données qui utilise les données des patients pour établir des recommandations personnalisées.

    L’application envoie aux utilisateurs des alertes automatisées, permet d’effectuer une analyse des données comportementales du patient mais aussi d’utiliser un chatbot afin d’effectuer une analyse en temps réel de l’état de santé de l’utilisateur et donne accès à un support basé sur le web via lequel les fournisseurs de soins peuvent surveiller à distance leurs patients de manière efficace.

    Health2Sync : la glycémie moyenne des patients diminue de 22 % après trois mois d’utilisation

    Selon Health2Sync, la glycémie moyenne des utilisateurs présentant un haut risque de développer le diabète diminue de 22 % après une utilisation de son service pendant trois mois.

    Le diabète est très répandu en Asie. Le continent représente près de 50 % des cas du monde entier, note Health2Sync. En 2013, la Chine comptait le plus grand nombre de personnes atteintes de diabète au monde, selon une analyse réalisée par l’American Diabetes Association. L’étude révèle également que le nombre de personnes touchées par la maladie au Japon avait augmenté de manière significative depuis 1997, en particulier parmi la population masculine.

    Des partenariats avec des investisseurs publics et privés asiatiques

    Health2Sync, basée à Taipei, explique qu’il était avantageux pour elle de débuter ses activités à Taïwan car le gouvernement délivre des aides financières aux hôpitaux et aux cliniques pour leur permettre de lutter de manière efficace contre le diabète. Elle s’est associée avec le ministère de la Santé et du Bien-être du pays pour concevoir des services de soins en ligne dédiée à la gestion de la maladie.

    En 2016, l’entreprise a également travaillé avec des investisseurs publics et privés locaux mais aussi basés à Hong Kong, en Malaisie et à Singapour dans le but de réduire les coûts médicaux associés au développement de complications chez les personnes diabétiques.

    Health2Sync travaille de près avec les compagnies d’assurance

    La société travaille actuellement avec les compagnies d’assurance américaines MetLife et Cigna et d’autres assureurs pour offrir une protection et un engagement numérique aux diabétiques. Elle a également collaboré avec divers gouvernements asiatiques.

    « Comme l’assurance maladie nationale est le principal payeur dans certains pays [asiatiques] où le coût et l’efficacité [des soins] est critiques, notre système permet aux prestataires de soins de bénéficier d’une gestion [de la maladie] plus efficace et en temps réel, explique M. Deng (source : MobiHealthNews.com). Avoir un lien direct avec la population pour l’identification des risques est [primordial] pour les payeurs publics. »

    Fin novembre, Health2Sync a annoncé un accord avec Ascensia Diabetes Care (Suisse), une entreprise mondiale dédiée à l’amélioration de la santé et de la vie des personnes atteintes de diabète. Le partenariat combinera des offres pour les personnes atteintes de diabète, dont l’accès à un système de surveillance de la glycémie (Contour Plus ou Contour TS) et à l’application Health2Sync.

  • Diabetes: Health2Sync (Taiwan) raises US$6 million and seeks to expand in Japan

    Taiwanese diabetes management company Health2Sync raised US$6 million (€5 million) in early December in Series B investments led by Sompo Holdings, one of Japan’s largest insurance companies .

    The company said the new fund will be used to expand its business in Japan, but also to improve its data-driven services and to create features specifically for health insurance partnerships.

    Diabetes management: Japan is one of the most attractive markets in the world

    « Japan is one of the world’s largest markets in diabetes-related spending, » Ed Deng, co-founder and CEO of Health2Sync, said in a statement. It is crucial to have a local partner as it can also be viewed as a difficult market to penetrate. »

    Favorable policies

    « From our observation, the Japanese government has created [policies] and made funding available for diabetes care and prevention of complications », Mr Deng told MobiHealthNews.com.

    Health2Sync plans to expand in Japan since 2016

    Health2Sync was founded in 2013. In August 2016, it raised US$3 million(€2,5 M) in funding from a combination of firms in Silicon Valley and Asia. At that time, the firm said the funding would be used to expand its program outside of Taiwan, specifically into surrounding markets.

    The company explained it will focus on the Japanese market because of the high penetration rate of smartphones and health literacy in the country. It is also interested in the Chinese market but not in the immediate future.

    Health2Sync: real-time analysis of health data

    Health2Sync provides a diabetes management platform that includes a patient-facing app, a cable that connects different types of glucose meters to a smartphone, and a data analytics engine that uses patient’ data to make personalized recommendations.

    The application sends users automated alerts, allows behavioral data analysis and the use of a chatbot to perform real-time analysis and provides access to web-based support that allows care providers to remotely monitor patients efficiently.

    Health2Sync: the average blood glucose of users decreased by 22% after 3 months of use

    According to the company, the average blood glucose of high-risk users decreased by 22% after using Health2Sync for three months.

    Diabetes is widespread in Asia. The continent accounts for nearly 50% of all cases in the world, Health2Sync said. In 2013, China had the highest total number of people with diabetes of any country, according to an analysis of the American Diabetes Association. The study also reveals that the number of people affected by the disease in Japan has increased significantly since 1997, especially among the male population.

    Partnerships with Asian public and private investors

    The company, based in Taipei, noted that it was advantageous to settle in Taiwan because the government provides financial incentives to hospitals and clinics to help them manage diabetes effectively. It has partnered with the country’s Ministry of Health and Welfare to design diabetes care online.

    In 2016, Health2Sync also worked with public and private investors in Taiwan but also in Hong Kong, Malaysia and Singapore to reduce the medical costs associated with diabetes complications.

    Health2Sync works closely with insurance companies

    The company is currently working with US insurance companies MetLife and Cigna and re-insurers to provide protection and digital engagement to diabetics, and has also worked with various Asian governments.

    « As national health insurance is the largest payer in some [Asian] countries where cost and efficiency is critical, our system enables healthcare providers with more real-time and more efficient patient management, » Mr Deng said (source : MobiHealthNews.com). Being able to have direct touch point with the population for risk identification is of huge value to public payers. »

    In late November, Health2Sync announced an agreement with Ascensia Diabetes Care (Switzerland), a global company dedicated to improving the health and lives of people with diabetes. The partnership will combine offers for people with diabetes, including the Contour Plus or Contour TS blood glucose monitoring system from Ascensia and the Health2Sync application.

  • « Mon génome », « Mon corps réparé » et le numérique au cœur des 3e Journées de l’innovation en santé

    Implanter un dispositif cardiaque sous une fausse peau, manipuler un bistouri électrique, tester un casque de réalité virtuelle servant à la chirurgie de l’obésité sont les innovations qui seront mises en démonstration pour le grand public lors des Journées de l’innovation en santé qui se tiendront du 26 au 28 janvier 2017 à la Cité des Science, à Paris.

    Cette 3ème édition a été présentée aux journalistes lors d’une conférence de presse, le 11 décembre 2017, au Ministère des affaires sociales et de la santé par le Pr Jean-Yves Fagon, délégué ministériel à l’innovation en santé. Alors que le programme et la liste des intervenants ne sont pas encore finalisés, le Ministère a souhaité communiquer autour de cette manifestation qui est amenée à être renouvelée jusqu’en 2022 à Paris et – éventuellement – à sillonner en régions.

    L’an dernier, la Cité des Sciences avait accueilli 25 000 visiteurs dans le cadre de ces journées dont l’objectif premier est de faciliter la rencontre de chercheurs, porteurs de projets et industriels avec le public, mais aussi de susciter des vocations scientifiques et démonter les préjugés de genre dans les sciences.

    Des villages dédiés à l’innovation en santé quotidienne

    • Mon génome est une exposition produite par l’INSERM pour présenter la médecine génomique et ce qu’elle va changer dans le parcours de soins.

    • Mes deux cerveaux est le village coordonné par le CNRS. Il présentera les avancées scientifiques autour du cerveau cérébral grâce à la présence du robot Pepper ou de la démonstration de l’application Stop-cannabis. Une quinzaine d’autres innovations seront en lien avec le second cerveau : le ventre.

    • Mon corps réparé, coordonné par le Snitem, présentera des dispositifs médicaux de haute technologie et tentera de prouver au public que, grâce au digital ou à la miniaturisation, l’homme aura une meilleure qualité de vie.

    • Ma santé numérique, mon bien-être dans mon environnement est un village coordonné par le ministère de la Santé. Y seront présentés des Living Labs autour du diabète ou encore des innovations organisationnelles comme celle du réseau de santé RevesDiab et sa télésurveillance des patients diabétiques ayant du mal à se déplacer. Seront également présentés les apports des technologies spatiales dans le domaine de la santé.

    Dans ce village des travaux de télé-épidémiologie – croisement de données d’observation de l’environnement par satellites avec des données sanitaires recueillies au sol qui permet d’établir des modèles de prédiction des risques d’épidémies  – seront présentés. 
    Kappa Santé fera une démonstration de son boîtier connecté Connect’Inh pour les patients asthmatiques et des solutions d’analyse des réseaux sociaux destinés à améliorer le parcours de soins.

  • OpenHealth Institute : soutien à la recherche et à la formation en analyse des données de santé

    OpenHealth Institute, l’organisme à but non lucratif créé à l’initiative d’OpenHealth Company, soutient financièrement les projets de recherche innovants centrés sur l’analyse des données de santé. Il fait le bilan ce 11 décembre 2017 de ses deux années de travail avec 20 projets soutenus.

    En 2018, sur proposition de son Conseil scientifique, l’Institut attribuera 8 bourses dont 7 visant à soutenir des travaux de doctorants sur des thématiques innovantes dans le domaine de l’analyse des données de santé et une à encourager la réalisation d’un projet post-doctoral au sein d’un laboratoire nord-américain.

    En parallèle, des formations à distance sont proposées, notamment dans le domaine du deep learning et l’analyse des données issues des dossiers patients.

    Viser l’efficience des systèmes de santé grâce à l’analyse des données et à la formation

    L’OpenHealth Institute soutient des travaux de recherche axés sur l’analyse des données de santé au service de la santé publique et de l’évaluation des systèmes de santé.

    Ces recherches doivent apporter un éclairage sur la façon dont les données peuvent contribuer à améliorer l’efficience des systèmes de santé.

    Sa deuxième vocation est la diffusion des connaissances sous forme de formation en ligne depuis 2016. En 2018, trois thèmes principaux sont au programme :

    • «L’épidémiologie moderne à l’ère du digital. Utilisation des objets connectés et des réseaux sociaux dans les études de cohorte» (Guy Fagherazzi, INSERM Paris);
    • «Deep learning et applications en santé » ;
    • «Analyse visuelle de motifs temporels dans les données des dossiers patients».

  • Assurance santé en ligne : la banque singapourienne OCBC se lance avec Early Cancer Care

    La banque singapourienne OCBC Bank a annoncé en novembre 2017 que les consommateurs pourront acquérir des plans d’assurance santé via ses canaux bancaires mobiles et internet.

    « Habituellement, les régimes d’assurance-maladie concernant les maladies graves, l’invalidité, l’hospitalisation et les opérations chirurgicales ne sont pas vendus en ligne car ils nécessitent un bilan de santé pour évaluer l’état de santé du demandeur. (…) Avec [le service] « Early Cancer Care », les clients admissibles de la banque OCBC ont simplement besoin de faire une déclaration de santé en cliquant sur un bouton », a déclaré l’organisme.

    « Le début de « la démocratisation de l’assurance » » (OCBC)

    Early Cancer Care est le premier produit d’assurance maladie à être déployé sur les canaux bancaires mobiles et Internet d’OCBC. Il proposera davantage de contrats d’assurance, qui seront ajoutés progressivement au dispositif.

    Il s’agit d’un « changement de stratégie » et « le début de ce que j’appelle « la démocratisation de l’assurance » », a déclaré Aditya Gupta, responsable de la division « e-business » à Singapour à OCBC (source : Bankingtech.com).

    Adopté par la compagnie d’assurance singapourienne Great Eastern Life, le programme d’assurance contre le cancer offre au consommateur une couverture en cas de diagnostic précoce ou si un cancer est détecté à un stade avancé.

    Un environnement sécurisé

    La question de la protection des données personnelles des usagers est prise très au sérieux. Le processus sera « privé et confidentiel » et mis en place « dans un environnement sécurisé », assure le groupe bancaire.

    Une fois que le client se sera connecté à la plateforme par le biais d’une double authentification, ses informations personnelles seront pré-remplies sur le formulaire de demande de produit d’assurance et il pourra effectuer le paiement à partir de ses comptes bancaires ou de ses cartes de crédit OCBC.

    OCBC mise sur l’high tech pour renforcer la sécurité de ses services

    La banque singapourienne a récemment montré un fort intérêt pour les nouvelles technologies afin de moderniser et d’améliorer ses services.

    Elle a notamment investi dans l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) dans l’optique de mettre en place des systèmes plus efficaces pour mieux lutter contre les crimes financiers.

    Par ailleurs, les clients des services bancaires aux particuliers et aux entreprises d’OCBC peuvent désormais se connecter à l’application de la banque via un selfie s’ils utilisent l’iPhone X. La banque affirme qu’elle est la première à offrir une telle technologie biométrique à Singapour.

  • Online health insurance : OCBC Bank (Singapore) launches Early Cancer Care

    Singapore’s OCBC Bank announced in November 2017 the possibilty for users to purchase health insurance plans via its mobile and internet banking channels.

    « Typically, health insurance plans like critical illness, disability, hospitalization and surgical are not sold via online channels as they require a health check-up to evaluate the applicant’s medical condition. (…) With [the] « Early Cancer Care » [service], eligible OCBC Bank customers simply need to make a health declaration with the click of a button, » the group said.

    « The start of ‘democratization of insurance’ » (OCBC)

    Early Cancer Care is the first health insurance product to be deployed on OCBC’s mobile and internet banking channels. It will offer more non-general insurance plans, which will be added gradually to the device.

    This is a « game changer » and « the start of what I call ‘democratization of insurance’, » said Aditya Gupta, head of e-business Singapore at OCBC (source: Bankingtech.com).

    Adopted by the Singaporean insurance company Great Eastern Life, the cancer insurance plan provides coverage in the event early or major cancer is detected.

    A secured environment

    Personal data protection is taken very seriously by OCBC. The process will be « private and confidential » and set up « in a secured environment », the banking group assures.

    Once the customer has logged into the platform via two-factor authentication, his/her personal information will be pre-populated on the insurance product application form, and he/she will be able to make the payment from his/her OCBC Bank accounts or credit card.

    OCBC invests on high tech to enhance the security of its services

    The bank recently showed a strong interest in the field of new technologies in order to modernize and improve its services.

    The company has recently invested in artificial intelligence and machine learning to put in place more effective systems in order to fight against financial crime.

    Moreover, OCBC’s retail and business banking customers can now log in to the bank’s app via a selfie if they use the iPhone X. The bank says it’s the first to offer such a biometric technology in Singapore.

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  • E-santé et IA : quelles perspectives pour l’avenir ? (Etude Terra Nova)

    Terra Nova a publié le 5 décembre 2017 une note sur « La santé à l’heure de l’intelligence artificielle ». Les experts du think tank esquissent des perspectives pour l’avenir en partant des systèmes, programmes et algorithmes déjà existants dans le champ de la santé.

    L’idée est aussi de proposer une réflexion sur les politiques publiques à mettre en oeuvre pour faire émerger une stratégie française de santé en intelligence artificielle, et ainsi permettre la transformation du secteur médical à moyen et long terme dans les meilleures conditions.

    H&TI a résumé les grandes lignes de cette note.

    Les impacts envisageables dès à présent sur les métiers médicaux

    L’AI pourrait contribuer à hauteur de 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2030, selon le cabinet de consultants Pricewaterhouse-Coopers, soit une hausse respective de 26 %, de 14,5 % et de 9,9 % des PIB de la Chine, des États-Unis et de l’Europe du Nord. Le monde de la santé est  l’un des secteurs où ces enjeux sont les plus forts. « Comme beaucoup d’autres innovations numériques, va transformer, déplacer les métiers du monde médical, au risque de bouleverser certains schémas qui semblaient acquis, pointe Terra Nova. Mais elle le fera aussi en améliorant les conditions de vie des patients, voire en contribuant à sauver des vies, ce qui donnera de ces nouveaux moyens techniques une perception moins impersonnelle ou menaçante ». Quelques exemples :

    • L’imagerie médicale : Mammographie, dermatologie, rétinopathie diabétique… sont autant de domaines où l’IA accélère le travail médical et fournit des résultats plus affinés que ceux apportés par le seul regard expert du clinicien. On peut citer en exemples ce qui est déjà développé par Aidoc Medical, Zebra Medical Vision, Therapixel, MedyMatch, le programme dédié aux diabétique de Google, programme dédié aux diabétiques ou encore Tilak Healthcare.
    • Le diagnostic : L’analyse, à un moment « t » ou de façon constante, de données de santé facilite l’émergence d’alertes en temps réel aux fins d’établir des diagnostics de plus en plus précis ou d’assurer un suivi exhaustif des patients, notamment ceux qui souffrent de pathologies chroniques. Parmi les avancées celles de Your.MD, chatbot de prédiagnostic, Clustaar, experte sémantique, Syllabs, qui propose de rédiger certains documents à la place du praticien grâce à une IA. DreamQuark, propose des solutions d’analyse de données pour détecter des phénomènes rares et invisibles pour l’homme, ou encore Cardiologs, solution web de lecture des électrocardiogrammes. On peut encore citer Implicity, dont la solution doit permettre de gérer à distance les pacemakers et WinterLight Labs, programme de diagnostic de maladies mentales et cognitives.
    • La recherche : Si l’on a accès à la totalité de la littérature scientifique, aux résultats des centaines de milliers de recherches existantes, aux comptes rendus cliniques mais aussi aux données génétiques des patients… il ne faut que quelques jours, voire quelques heures à des IA pour mettre en évidence de premiers résultats, détecter une pathologie, proposer une molécule utile ou sortir des médicaments du circuit au regard de leurs dangers potentiels ou avérés. Travaillent sur ce créneau, le programme Watson d’IBM qui s’est illustré en diagnostiquant en dix minutes un cas rare de leucémie. La CNAM et l’École polytechnique se sont quant à elles alliées dans l’objectif de développer, d’ici 3 ans, des technologies autour du Big Data dans le champ de la santé.

    Ces quelques exemples montrent à quel point les IA semblent déjà supérieures à la capacité technique humaine ou tendent à la dépasser dans certains domaines spécifiques. 

    Une articulation du médecin avec les autres professionnels de santé bouleversée

    Au-delà du médecin dans sa propre activité, les IA pourraient bouleverser la gradation des réponses apportées aux patients, à travers les rapports entre le médecin et les autres professionnels de santé.

    Terra Nova estime que, dans  dans la perspective d’une démographie médicale qui se contracte, avec la persistance des déserts médicaux et de contraintes budgétaires lourdes, une éventualité serait d’évoluer, pour les tâches les plus simples, souvent chronophages, vers un duo pole infirmiers praticiens/cliniciens et IA, y compris dans le cas de pathologies lourdes ou chroniques.

    Le médecin serait alors plus attendu sur d’autres champs d’activité, les taches les moins automatisables, l’écoute et le conseil et la maîtrise des machines complexes. 

    Cette délégation de tâches pourrait aussi se faire envers une autre IA, experte cette fois-ci : les chatbots qui collaborent avec les médecins pour se charger des premières questions à poser lors d’un rendez-vous médical. Ces même chatbots peuvent aussi aider à poser les premiers diagnostics pour aiguiller un patient vers tel ou tel spécialiste ou hôpital ou service hospitalier.

    Vers une stratégie française de santé en intelligence artificielle

    Afin de mieux appréhender les transformations à venir des métiers de la santé et préparer les évolutions futures, il est nécessaire de développer des politiques publiques adaptées.

    L’anticipation et la réactivité comme philosophie de régulation

    La France doit dès aujourd’hui, selon Terra Nova, affirmer son ambition au niveau européen en matière d’IA et en faire un facteur d’attractivité grâce à une meilleure compétitivité de ses entreprises. Cet objectif doit guider l’action des pouvoirs publics comme des acteurs économiques : il s’agit de permettre à la France d’être connue et reconnue comme l’un des pays les plus en pointe en matière d’IA et offrant les meilleures conditions à son développement.

    Anticipation et réactivité doivent être par ailleurs au fondement de notre modèle de régulation. Il est indispensable de pouvoir questionner en permanence la manière dont les hommes et leurs pratiques vont évoluer au contact de cette « espèce inorganique » que sont l’IA et ses diverses incarnations robotiques.

    Les évolutions technologiques et techniques vont nous imposer de renégocier, collectivement et progressivement, un compromis entre nos valeurs et le surcroît de puissance que nous apportent ces nouveaux outils.

    Vie privée et secret médical : les lignes rouges à ne pas franchir

    Être volontariste sur le développement des IA ne signifie pas suspendre toute forme d’interdiction : respect de la vie privée et du secret médical, droit individuel d’accès, de rectification et de suppression des données personnelles, limitations dans l’accès aux données non anonymisées de santé pour les assureurs et les industries pharmaceutiques… sont autant de principes qui méritent d’être affirmés et défendus.

    Il faudra envisager de travailler notamment au plan technique à la définition de solutions sécurisées et respectueuses de la vie privée, en renforçant la compréhension de ce que font réellement les systèmes reposant sur l’IA, et en améliorant la transparence sur les traitements réalisés par ces derniers. Mais trouver un équilibre entre précaution et progrès ne doit pas conduire à des réglementations trop rigides. Il faut au contraire demeurer pragmatique.

    L’éducation, un levier de développement

    Pour développer ce nouveau domaine technologique en France , il est nécessaire de s’appuyer sur :

    • La formation initiale et continue des professionnels de santé ;
    • Une action éducative plus globale auprès du grand public pour favoriser dès le plus jeune âge l’acquisition de certaine compétences.

    Faciliter le transfert des travaux de recherche vers l’industrie

    La stratégie #FranceIA a fait de nombreuses propositions jugées intéressantes par Terra Nova :

    • Étudier la possibilité et l’intérêt de favoriser, via une défiscalisation, le rachat de start-ups de l’IA par les grands groupes français afin qu’ils s’approprient plus rapidement des technologies innovantes et pointues pour garder leur avantage compétitif.
    • En prolongement de l’action de la BPI, soutenir la mise en place de fonds pour des investissements unitaires en capital supérieurs à 25 millions d’euros pour aider à la transformation des start-ups de l’IA en futurs champions.
    • Faciliter les transferts recherche-entreprises grâce à des démarches d’open innovation.
    • Attribuer un financement de recherche, sur une période de cinq ans, pour des projets innovants.
    • Détecter, soutenir et accompagner les talents entrepreneuriaux.
    • L’investissement dans l’innovation directe pour produire de nouvelles machines.
    • L’investissement en équipement.

  • Douleur chronique : déploiement du programme numérique de l’Institut Analgesia prévu en 2018

    L’Institut Analgesia qui participe à l’émergence d’innovations dans le domaine de la douleur, a annoncé le lancement de la phase pilote de sa solution numérique pour la prise en charge de la douleur chronique à l’occasion de la journée mondiale contre la douleur, fin octobre 2017.

    Fruit de son partenariat avec bepatient conclu à l’été 2017, l’Institut Analgesia a mis au point un dispositif de e-santé innovant pour l’évaluation et la gestion de la douleur chronique au cœur duquel elle place le patient.

    L’outil en développement fait appel à la gamification et intègre une communauté de spécialiste gravitant autour du patient. La phase pilote est entamée et l’outil sera testé tout au long de la première moitié de 2018 avant d’être déployé à plus grande échelle.

    Selon la directrice opérationnelle de l’Institut Analgesia, Alice Corteval, l’objectif du programme consiste à :

    • caractériser la douleur ;
    • établir un lien entre l’ensemble des acteurs du parcours patient ;
    • permettre une gestion de la douleur par le patient lui-même.

    Gamification et réseau social pour in fine améliorer le parcours de soins

    Le programme numérique développé doit faciliter la gestion quotidienne de sa douleur par le patient lui-même. Pour cela, le programme a recours à la gamification qui embarque le patient dans différents challenges visant à diminuer son appréhension face à la douleur et le motiver à agir de façon à diminuer le ressenti de la douleur.

    Par le biais de l’application dédiée, le patient pourra avoir accès à une communauté réunie sous forme de réseau social incluant l’ensemble des patients recourant au programme et la communauté scientifique (généralistes, algologues, soignants et autres spécialistes).

    Actuellement en phase pilote, le programme sera testé en 2018 au sein d’une dizaine de centres antidouleur. Cette seconde phase de tests contribuera à amélioration de l’outil avant qu’il ne soit déployé à plus large échelle au deuxième semestre de 2018.

  • Le CNNum : « Penser demain », telle est la mission du nouveau collège constitué par Marie Ekeland

    La composition tripartite ainsi que les missions et obligations du Conseil national du numérique (CNNum) ont été instituées par le décret n° 2017-1677 du 8 décembre 2017 publié au Journal officiel du 10 décembre 2017. Il se compose de trente membres issus du milieu académique, économique et de la société civile.

    Le gouvernement y fixe le périmètre des missions de l’institution et ses obligations :
    • informer et conseiller le Gouvernement dans l’élaboration, la conduite et l’évaluation des politiques et de l’action publiques ;
    • contribuer à l’élaboration des positions de la France aux niveaux européen et international ;
    • formuler de manière indépendante et rendre publics des avis et des recommandations.

    La présidente du CNNum, Marie Ekeland, publie sa stratégie de travail et présente les 29 membres de son équipe en rappelant la mission confiée par le Secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, et les questions auxquelles le CNNum tentera d’apporter une réponse :
    • la France peut-elle imaginer et proposer sa vision de l’avenir technologique ? ;
    • comment construire collectivement le monde numérique de demain et faire en sorte qu’il soit, pour tous, juste, durable, sûr et heureux ?.

    Fonctionnement et missions étendues de conseil et de soutien au gouvernement

    La composition du CNNum est modifiée de façon à intégrer au sein d’une formation unique l’ensemble des expertises nécessaires.

    Le président et les membres du Conseil national du numérique sont nommés par arrêté du Premier ministre, sur proposition du ministre chargé du numérique, pour une durée de deux ans renouvelable, le mandat du président étant renouvelable un seule fois.

    Outre sa mission d’étudier les questions relatives au numérique et en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique, les missions de conseil et de soutien au Gouvernement pour les questions relevant de son champ de compétences lui sont ajoutées par ce décret.

    De façon générale, le CNNum devra soumettre un rapport d’activité au Président de la République, au Premier ministre et au ministre chargé du Numérique chaque année. Il pourra être saisi pour avis concernant toute question entrant dans son champ de compétence en étant chargé de missions de prospective, d’expertise, d’étude et de consultation.

    Investi de la mission de « penser demain »

    À l’occasion de ce décret la présidente du CNNum, Marie Ekeland, a publié ce 11 décembre 2017 un mot sur le site Internet de l’institution dans lequel elle rappelle la mission confiée par le Secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi – penser le futur et la façon dont il se décline dans toutes les sphères de la société, à savoir politique, sociale, économique, sanitaire, financière, etc.

    Elle y annonce également les thématiques de travail du nouveau collège et les noms des experts attitrés :

    • les conséquences des percées actuelles de l’IA et de la robotisation sur le modèle social et l’élaboration d’un accompagnement adéquat de la population active et des entreprises dans la transformation des métiers, des usages et des modes d’organisation du travail (Michèle Sebag, Clémentine Gallet, Amandine Brugière) ;
    • les conséquences des percées actuelles de l’IA et de la robotisation sur le modèle de protection sociale et notre système de santé (Pierre-Yves Geoffard, Nguyen Tran) ;
    • la cyberstratégie et la cybersécurité, le droit des données et des plates-formes, ainsi que des nouveaux modes de régulation agiles (Frédérick Douzet, Rand Hindi, Benoît Thieulin, Celia Zolynski) ;
    • l’éducation et l’égalité des chances (François Taddéi, Hicham Kochman aka Axiom, Jean-Marc Merriaux, Claude Térosier, Margault Phelip, Rokhaya Diallo, Jean-Philippe Delbonne) ;
    • l’agriculture efficiente (Perrine Hervé-Gruyer, Dominique Dron, Xavier Duportet) ;
    • les modèles de financement (Aymeril Hoang, Flore Vasseur, Antoine Petit, Gaël Duval) ;
    • la stratégie d’entreprise et le modèle centré sur l’usage avec des besoins en innovation accrus (Laurence Fontaine, Eric Carreel, Pascal Daloz, Françoise Mercadal-Delasalles) ;
    • la numérisation des services publics et l’articulation des droits et des libertés entre citoyens, institutions locales et nationales (Nadège Guiraud, Godefroy Beauvallet).